Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mercredi 5 décembre 2018

L'accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d'un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette…

Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d'aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n'avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l'adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d'émancipation : tout en respectant le principe d'une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l'astierisquien”.

Entièrement original dans l'écriture, ce nouvel épisode inscrit la transgression dans son cahier des charges. Oh, il s'agit pas de révolutionner les fondamentaux, mais d'oser déplacer le curseur d'un cran ou changer de parallaxe. Ainsi si le vivier référentiel dans lequel Goscinny, puis Uderzo seul, pêchaient pour composer leurs gags était nourri de leurs humanités et d'une infime fraction de pop culture, celui de la paire Astier/Clichy s'avère un univers étendu débordant, ciblant autant la Bible façon Monty Python que la japanimation. Preuve qu'un classique résiste au temps lorsqu'il est bien réinterprété et qu'on se le réapproprie avec respect et intelligence — voir l'exemple de Spirou en BD.

La réussite esthétique, narrative (et publique, on mise quelques sesterces dessus) des deux films du duo Astier/Clichy aurait de quoi les inciter à remettre le couvert pour une troisième louche. S'il faut pour cela attendre que Jupiter chute de l'Olympe, on patientera…


Astérix - Le secret de la potion magique

De Louis Clichy et Alexandre Astier (Fr, 1h25) animation

De Louis Clichy et Alexandre Astier (Fr, 1h25) animation

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À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique…


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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À p

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Jason Chicandier jouera dans le prochain Astérix

Bonne nouvelle | Notre chroniqueur adoré, Jason Chicandier, sera à l'affiche du prochain Astérix, Astérix et Obélix : l'empire du milieu. C'est Guillaume Canet, le réalisateur, (...)

Nicolas Bros | Lundi 8 juin 2020

Jason Chicandier jouera dans le prochain Astérix

Notre chroniqueur adoré, Jason Chicandier, sera à l'affiche du prochain Astérix, Astérix et Obélix : l'empire du milieu. C'est Guillaume Canet, le réalisateur, qui l'a annoncé sur les ondes de France Inter dans l'émission Popopop d'Antoine de Caunes. L'humoriste stéphanois aura l'occasion d'interpréter Ordralphabetix, le célèbre poissonnier du village gaulois.

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Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de "L’Île aux enfants", de "Goldorak", de Marvel, de manga et d’une note de "Kaamelott"…Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? AA : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce que Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni nouveau cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qui a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et très impressionné par les images numérique. Il ne s’est jamais caché de vouloir faire Disney en France —

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Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Astérix – Le Domaine des Dieux

C’est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu’aucun d’entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d’Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d’ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés. L’apport d’Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s’en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l’univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l’esprit d’Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après un modèle de blockbuster hexagonal voué à la laideur et à la surenchère. Le Domaine des Dieux, modestement, cherche à r

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Astier : Back to Bach

SCENES | Entretien avec Alexandre Astier, à l’occasion de son nouveau spectacle, "Que ma joie demeure !", présenté à l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne le 31 décembre. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Astier : Back to Bach

Cela fait plus de dix ans que nous avons entamé un long et fructueux dialogue journalistique puis artistique avec Alexandre Astier. Précisément à la création du Jour du Froment en 2002 au Théâtre de la Croix-Rousse de Lyon, suivi par l’odyssée triomphale de sa série Kaamelott et enfin le long parcours du combattant de son premier long-métrage, David et Madame Hansen. Aujourd’hui, il revient sur les planches avec Que ma joie demeure !, un solo où il s’est distribué le rôle de Jean-Sébastien Bach, donnant une leçon au cours d’une journée portes ouvertes tout en réparant un orgue et en pleurant la mort d’un de ses enfants. Un spectacle magistral, virtuose, sincère, drôle et émouvant, celui d’un auteur et d’un comédien à la liberté retrouvée. Que ma joie demeure marque ton retour au théâtre, dix ans après Le Jour du froment. Est-ce que ta vision a changé du fait d’être passé par la télévision et le cinéma ?Alexandre Astier : Oui, car quand j’ai fait Que ma joie demeure !, j’avais conscience d’avoir d’autres terrains de jeu et de pouvoir bénéficier de leur spécificité : un s

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 17 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir été écrit sur mesure. Il y a dans Au service de sa Majesté un petit charme très français du second rôle savoureux, plus digeste que la pratique éculée de la guest écrasante. Guillaume Gallienne, Vincent Lacoste, Valérie Lemercier, Catherine Den

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