"Haut les filles" : 36 chants d'elles

ECRANS | de François Armanet (Fr., 1h19) avec Françoise Hardy, Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Photo : ©Sonia Sieff


Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l'énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle…

Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s'avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d'écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée ou de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas : infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là…

Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu'est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée, et ses mot simples tranchent avec le commentaire spiralé lu par par Élisabeth Quin, tout droit sorti de la plume d'Armanet et Bayon.

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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À p

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Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

Un amour impossible | Après Laetitia Colombani et sa variation sur Pourquoi le Brésil ?, Catherine Corsini adapte à son tour un livre de Christine Angot empreint d’un vécu douloureux et de secrets vénéneux. Un grande fresque digne.

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

À quelle occasion avez-vous découvert le roman de Christine Angot ? CC : Par ma productrice, trois-quatre mois après sa parution. J’ai mis un peu de temps à le lire d’ailleurs, mais je suis tombé dedans : je l’ai ressenti à la fois comme une lectrice extrêmement bouleversée et comme une cinéaste qui prend de la hauteur. Il y avait un incroyable mélo à faire ! Et moi qui sortais de La Belle Saison, j’avais curieusement cette envie de mélodrame — une envie qui vient de mon amour des films de Douglas Sirk, revisitée ensuite par Todd Haynes ; ce truc assez formidable de parler des années 1950 jusqu’à aujourd’hui en essayant de moderniser le mélodrame classique hollywoodien. Comment Christine Angot a-t-elle reçu votre proposition ? C’était très courtois, elle a réfléchi. Ensuite, c’était une histoire d’engagement et d’argent, avec une liberté totale d’écrire, en lui soumettant le scénario une fois qu’il était terminé — et le fait qu’elle pouvait retirer son nom et la ment

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"Un amour impossible" : Odieux le père

Drame | de Catherine Corsini (Fr., 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth…

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le “roman autobiographique“ — on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique — de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui si elle évoque dans la forme le dénouement le dénouement Psychose, où le compor

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Mansfield. TYA : « Avec le temps, nous nous sommes affirmées »

MUSIQUES | Sans sombrer dans le pathos dégoulinant, "Corpo Inferno", le quatrième album de Mansfield. TYA est un disque élégant et inédit sur la scène française. Réussissant à créer un pont entre musique baroque et électro, Julia Lanoë (ou Rebeka Warrior dans le groupe Sexy Sushi) et Carla Pallone imposent un style bien à elles. Une sorte de musique progressive d'un genre nouveau. Rencontre avec la première nommée avant leur passage à Saint-Étienne en tout début de mois. Propos recueillis par Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 1 décembre 2015

Mansfield. TYA : « Avec le temps, nous nous sommes affirmées »

Vous avez situé votre travail entre Jean-Baptiste Lully et Laurent Garnier... C'est très extrême comme références ? Oui, c'est vrai. Nous avons pris ces deux références car elles correspondent à deux styles de musiques que nous apprécions : la musique baroque et la techno. Cela correspond globalement à ce que nous faisons car notre musique n'est ni simplement de la techno, ni de la musique baroque. Je pense aussi qu'il était important pour nous de nous situer entre deux artistes français. Un très contemporain et un de l'ancien temps. Sur Corpo Inferno, il ressort une impression que vous allez encore plus dans les extrêmes que sur Nyx, votre précédent opus. Était-ce une volonté claire de votre part lors de la composition ? Nous avons toujours travaillé sur les extrêmes avec Mansfield. TYA. Avec le temps, nous nous sommes encore plus affirmées. Nous avons réussi à atteindre ce que nous souhaitions depuis longtemps. À savoir mélanger des morceaux très mélancoliques, construits dans une veine minimale, avec des titres plus violents et plus arrangés. C'est une volonté affichée depuis les débuts de notre group

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Jeanne is Added

MUSIQUES | Sensationnelle révélation des dernières Trans Musicales de Rennes, après des années dans le jazz, Jeanne Added a fait table rase de tout pour pratiquer un mélange de post-punk-électro et de pop-grunge. Et se pratiquer surtout elle-même. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 1 décembre 2015

Jeanne is Added

C'est ainsi, le jazz mène à tout mais pas toujours à soi. Pour se trouver, il faut parfois savoir s'en échapper. En la matière, Jeanne Added est un cas d'école. La preuve que le jazz mène à tout quand on voit comment cette interprète courtisée par les formations jazz s'est muée en créature pop-grunge. La preuve que le jazz ne mène pas toujours à soi quand on n'est justement qu'interprète (même courtisée). Dans certains cas, on y reste au service des autres, fussent-ils, comme de bien entendu en jazz, les plus grands (Trotignon, Kerecki et consorts). En musique, Jeanne Added en a vu des vertes et des bien mûres côté passages obligés : Conservatoire national et la Royal Academy de Londres après une formation classique en violoncelle et quelques tiraillements à l'endroit de la part rock d'elle-même. Devenue vocaliste de jazz (elle sera d'ailleurs nominée en trio aux Victoires du jazz), elle donne de la voix pour les autres puis finit par ne plus pouvoir s'entendre. Elle décide de muer, de muter, de tout changer. Ça parle Ce changement de voie et de voix, Jeanne Added l'a préparé comme si une guerre arrivait (A war is coming

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