"Nomades" : Routes et déroutes du sud

ECRANS | de Olivier Coussemacq (Fr.-Mar., 1h27) avec Jamil Idrissi, Jalila Talemsi, Assma El Hadrami…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Photo : ©Local Films


Pour dissuader son ultime fils Hossein de 16 ans de tenter l'exil illégal vers l'Europe par la voie maritime, Naïma quitte Tanger, direction la campagne du sud. Chez son oncle et sa tante, Hoissein se sent coupé du monde moderne et en veut à sa mère…

« Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console », dit un proverbe que Hossein pourrait faire sien : son exil dans le sud rural lui permet de relativiser sa situation et de constater les privilèges dont il dispose. Mais relativiser marche dans l'autre sens : comment ne pas vouloir quitter un pays qui interdit à ses locaux l'accès aux hôtels, à moins qu'ils ne soient escortés par les touristes ? Comment ne pas être écœuré de voir sa cousine quasiment “vendue“ à un compatriote établi à l'étranger ? Comment ne pas désespérer de n'avoir pour seul perspective l'exercice de cireur de chaussures — soumis de surcroît à une forte concurrence ?

Dans le sillage des brûlots Nabil Ayouch, Olivier Coussemacq porte un regard intérieur sans concession sur la société marocaine, où la jeunesse et les femmes n'ont le choix qu'entre le désarroi et le désespoir. Demeurent ici en bout de course des graines d'espoir pour la méritante Naïma et par ricochet pour son entêté de fils. Il n'est pas défendu de croire qu'elles fleuriront.


Nomades

De Olivier Coussemacq (2019, Fr-Mar, 1h27) avec Jamil Idrissi, Jalila Talemsi...

De Olivier Coussemacq (2019, Fr-Mar, 1h27) avec Jamil Idrissi, Jalila Talemsi...

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A Tanger, Naïma élève seule ses trois fils. Les côtes espagnoles sont à portée de regard, les deux aînés succombent à la tentation de l'exil. Avant que le dernier, Hossein, ne suive le même chemin, Naïma entre en résistance.


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Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

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Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

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Habituellement, les films traitant des questions de migration du point de vue du Sud sont produits ou réalisés par des Marocains. Quel est votre rapport au Maroc ? Olivier Coussemacq : Cela a été une des difficultés du projet, en effet… Quand j’ai présenté le film à Tanger, en avant-première marocaine dans le cadre du festival du cinéma marocain, on n’a pas reconnu au film son identité marocaine. Quand je suis en France avec ce film, on me dit « Mais c’est un film avec des inconnus en langue arabe ! » J’ai un rapport ancien avec le Maroc, un rapport d’amour surtout, comme pour un certain nombre de pays et des liens anciens avec le Maghreb, ainsi qu’un intérêt pour ce qui n’est pas “nous“. J’ai envie d’aller voir ailleurs pour éviter de trop parler de nous — d’autres le font très bien. Enfin, j’ai eu quelques difficultés dans le passé, à titre intime, avec ma mère que je ne développerai pas et les mères du Maghreb en règle générale, sont des femmes qui m’émeuvent par leurs capacités de résistance, leur générosité. Un caractère de mère

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