"Vivarium" : Restez chez vous…

Enter the VOD | Un jeune couple pris au piège dans une maison-témoin diabolique doit élever jusqu’à l’âge adulte un bébé tyrannique comme tombé du ciel. Une fable de circonstances, entre Le Prisonnier, La Malédiction et le mythe de Sisyphe.

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Photo : ©The Jokers Films


En quête d'une maison, Gemma et Tom suivent un étrange agent immobilier dans un non moins bizarre lotissement, Yonder, fait de résidences identiques et désert. Prisonniers de ce cadre cauchemardesque, ils seront délivrés (leur promet-on) s'ils élèvent un bébé reçu dans un carton…

Voici un le parfait film à regarder sur un divan… et à déconseiller aux tourtereaux en âge de convoler ou de concevoir des projets de descendance ! Riche de ses lectures métaphoriques et psychanalytiques évidentes, ce conte fantastique — qu'on aurait bien vu signé par Ben Weathley —, raconte dans un décor empruntant autant à Magritte qu'à Hopper comment l'enfant prend sa place dans un foyer, excluant l'un des parents (bonjour l'Œdipe !), puis finit par remplacer les deux dans la société en les “tuant“, reproduisant ainsi un cycle immuable… La fable est cruelle, l'illustration aussi brillante que plastiquement réussie dans ce qu'elle donne à voir du monde “suburbien“ idéalisée empli de petites maisons identiques — les “Sam Suffit“ ayant fait florès avec les Trente Glorieuses. Un monde de la standardisation aux couleurs pastel écœurantes à force d'être uniformes ; un monde de façade et d'individualisme.

Une vipère en leur sein

Mais Vivarium développe aussi une vision très subversive de la parentalité (en particulier de la maternité ordinairement assortie d'un amour inconditionnel) puisqu'elle repose sur le déni : la progéniture, à l'instar du coucou ouvrant le film, se trouve ici assimilée à une espèce tumorale, un parasite d'une espèce étrangère aux desseins machiavéliques. Et surtout sans affect : l'enfant non désiré, nourri-logé-blanchi à défaut d'être élevé, s'éduque plus ou moins seul en copiant les attitudes des adultes, en les imitants vocalement et gestuellement. Un mimétisme visant à reproduire les interactions sociales qu'il perturbe de ses hurlements stridents lorsque ses besoins vitaux (la faim, notamment) ou ses désirs ne sont pas immédiatement satisfaits. Dans la représentation de cet être singulier, on se demande si Lorcan Finnegan n'a pas glissé des traits empruntés aux troubles du spectre de l'autisme.

Qui aurait pensé, il y a un an tout juste lorsque ce film, primé à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, jouirait lors de sa sortie d'une interprétation supplémentaire et semblerait d'une parfaite prescience ? Car il pose aussi, en définitive, la question de la perception évolutive du lieu-foyer : de but, il mute en espace de réclusion, étriqué pour qui cherche à s'en échapper, infini quand il se mesure en durée. Malheureusement pour lui, Vivarium est arrivé sur les écrans des salles le 11 mars ; ce qui signifie qu'il n'a eu droit qu'à quatre jours jours seulement d'exposition avant le confinement. Un triste comble lui valant de poursuivre son existence aujourd'hui en VOD. Pour les spectateurs, observant des personnages reclus dans un lotissement sans issue et enfermés dans une maison aux pièces décorées d'images desdites pièces, cet emboîtement supplémentaire à la limite de l'effet miroir constitue une intéressante (pour ne pas dire délicieusement angoisseuse) mise en abyme.

de Lorcan Finnegan (Irl-Bel-É.-U., 1h38) avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots, Jonathan Aris…

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"Canción sin nombre / Nuestras Madre" : L’une sort en salle, l’autre pas

ECRANS | "Canción sin nombre" de Melina León (Pér.-Esp.-É.-U., 1h37) avec Pamela Mendoza, Tommy Párraga, Lucio A. Rojas… (en salles) "Nuestras Madres" de César Diaz (Gua.-Bel.-Fr., 1h17) avec Armando Espitia, Emma Dib, Aurelia Caal… (en SVOD)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Tous deux figuraient à Cannes l’an dernier : le premier à la Quinzaine des réalisateurs, le second à la Semaine de la Critique où il a ravi la Caméra d’Or. Dévolue au meilleur premier film de la compétition toutes sections confondues, cette prestigieuse distinction ne l’exonère pourtant pas d’une sortie directe en SVOD tandis que l’autre, à peine une semaine sur les écrans avant le confinement, renoue avec les salles. Aussi dissemblables par leur destinée que leur facture ou leur approche esthétique, Canción sin nombre / Nuestras Madres ont beaucoup en commun, à commencer par leur inscription spatiale (l’Amérique latine) et donc, historique (les années 1980). Car même si Nuestras Madres se situe de nos jours, il se déroule réellement dans le passé puisque le protagoniste y est un anthropologue de médecine légale identifiant les dépouilles de victimes de la guerre civile guatémaltèque, lui-même orphelin de père et d’une mère torturée par le pouvoir d’alors. Un régime dont on sait qu’il pratiquait l’enlèvement d’enfants —

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"Le Lac aux oies sauvages" : Pêche à l’homme

ECRANS | De Diao Yinan (Chi., avec avert. 1h50) avec Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan…

Vincent Raymond | Mercredi 18 décembre 2019

Une guerre des gangs de voleurs de motos laisse Zhou Zenong blessé et en cavale dans la région du Lac aux oies sauvages, traqué par les hommes du capitaine Liu. Alors qu’il s’attend à retrouver son épouse Yang Shujun, c’est une mystérieuse prostituée, Liu Aiai qui est au rendez-vous… Aux dires des festivaliers, Diao Yinan était le plus sérieux compétiteur de Bong Joon-ho sur la Croisette cette année. Précédé de l’aura de sa précédente réalisation et Ours d’Or 2014, Black Coal, Le Lac aux oies sauvages pouvait bénéficier d’un a priori favorable. Mais, suivant l’adage vaticanesque appliqué à Cannes, un palmé putatif durant la Quinzaine se retrouve souvent fort dépourvu au palmarès ; Diao est donc reparti bredouille. La sortie de son film en salles devrait lui permettre de se rattraper. Car il s’agit d’un thriller haut en couleurs. Pas uniquement du fait de sa somptueuse photographie magnifiant les séquences nocturnes illuminées aux néons, dans de subtils jeux d’alliances chromatiques. Mais également par sa construction à la linéarité non strictement euclidienne, où le présent subit d’entrée les contrecoups d’

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"Une vie cachée" : Celui qui croyait au Ciel et à la terre

Biopic à la Malick | L’inéluctable destin d’un paysan autrichien objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant passif au nazisme. Ode à la terre, à l’amour, à l’élévation spirituelle, ce biopic conjugue l’idéalisme éthéré avec la sensualité de la nature. Un absolu de Malick, en compétition à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Sankt Radegund, Autriche, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Fermier de son état, Franz Jägerstätter refuse par conviction d’aller au combat pour tuer des gens et surtout de prêter serment à Hitler. Soutenu par son épouse, honni par son village, il sera arrêté et torturé… Il convient d’emblée de dissiper tout malentendu. Cette “vie cachée“ à laquelle le titre se réfère n’évoque pas une hypothétique clandestinité du protagoniste, fuyant la conscription en se dissimulant dans ses montagnes de Haute-Autriche pour demeurer en paix avec sa conscience. Elle renvoie en fait à la citation de la romancière George Eliot que Terrence Malick a placée en conclusion de son film : « Car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et le fait que les choses n’aillent pas aussi mal pour vous et moi qu’il eût été possible est à moitié dû à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et reposent dans des tombes que l'on ne visite plus. ». Un esprit saint Créé bienheureux par l’Église en 2007, Jägerstätter est de ces forces tranquilles dont Malick ne pouvait que raffoler : un mixte entre la haute élévation spirituelle d’un homme

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Ladj Ly : « Ma banlieue est joyeuse, mais ça peut partir en vrille »

Les Misérables | Il y a quelques années, Ladj Ly tournait Les Misérables, court métrage matriciel dont l’accueil a permis (dans la douleur) la réalisation de son premier long en solo. Primé à Cannes, il est à présent en lice pour représenter la France dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger.

Vincent Raymond | Mercredi 20 novembre 2019

Ladj Ly : « Ma banlieue est joyeuse, mais ça peut partir en vrille »

Comment vous êtes-vous remis dans l’énergie du court métrage ? Ladj Ly : J’avais toujours eu cette idée de faire un long métrage : plein de séquences étaient écrites. Mais comme vous savez, c’est le parcours du combattant de tourner un long. J’ai voulu faire le court pour rassurer et montrer que j’étais capable de faire de la fiction et des trucs cool. Ça aurait pu tomber à l’eau, mais j’étais convaincu par cette stratégie. Et puis, je savais ce que je voulais : mon énergie était déjà là. Ce court a bien marché dans les festivals, puisqu’on a gagné un quarantaine de prix. Et malgré ça, on a quand même eu du mal à financer le long… Malgré votre parcours et À voix haute, vous aviez encore besoin de prouver des choses ? Clairement. Ça fait 20 ans qu’on fait des films avec Kourtajmé ; notre parcours est assez riche, avec des clips, du long du documentaire… Mais malgré tout ça, c’est compliqué de faire financer un projet. J’ai galère à financer le film alors que la même année j’avais eu mon court et mon documentaire sélectionnés aux César. C’est un problème ! A quoi l’attrib

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"Little Joe" : Graine de malheur

Thriller | Et si le bonheur de l’Humanité se cultivait en laboratoire ? Jessica Hausner planche sur la question dans une fable qui, à l’instar de la langue d’Ésope, tient du pire et du meilleur. En témoigne son interloquant Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Emily Beecham.

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Amy travaille dans un laboratoire de phytogénétique sur le projet Little Joe, une plante rendant ses possesseurs heureux. Mais à la suite d’une série de dysfonctionnements, le “prototype“ contamine son fils et certains chercheurs, qui commencent à agir étrangement… Sur le papier, Little Joe aguiche plus qu’il ne promet tant ce conte moral paraît en phase avec des préoccupation sociétales, éthiques, biologiques et écologiques. Jessica Haussner coche toutes les cases en abordant autant les dangers encourus par la manipulation du vivant que le désir illusoire de fabriquer un bonheur universel… mais totalement artificiel — sur ce chapitre, la science n’est pas la seule concernée par cette philippique filmique : les religions affirment à leurs adeptes que leurs doctrines aspirent aux mêmes résultats. Cette promesse de mieux vivre ne peut qu’aboutir à une catastrophe, au nom de l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » : le pollen de Little Joe transforme ceux qui le respirent en monstres dépourvus d’empathie. À cette fable effrayante, la cinéaste ajoute une dimension plastique stupéfiante : palette trav

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Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

J’ai perdu mon corps | Seul contre tous (ou presque), le patron de Xilam a voulu et porté ce projet atypique, s’inscrivant dans le sillage des grands producteurs indépendants voyant au-delà du tiroir-caisse, l'œuvre en devenir dans le projet cinématographique. Un exemple et un avertissement pragmatique à l’adresse des circuits traditionnels, décidément trop formatés…

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

En 2015, lors de la présentation du pitch du film au Carton Movie de Lyon, vous confiiez qu’il s’agissait d’un projet difficile à monter… Marc du Pontavice : On savait qu’on allait affronter vents et tempêtes pour le faire. Et ça a été pire : en-dehors du soutien des Régions et d’un peu d’argent que le CNC nous a accordés au titre des nouvelles technologies, on n’a rien eu. On a donc dû y aller tout seuls ! C’est un film qui a été financé à 50% sur les fonds propres de Xilam. Il y a peu, Coppola disait à Lyon que plus personne n’était aventureux dans le cinéma, à part les indépendants… C’est un bon exemple ! Très modestement, je suis heureux de me mettre dans les traces de Monsieur Coppola, qui un exemple d’aventurier du cinéma. Parfois, si l’on veut repousser des frontières, renouveler l’offre du cinéma avec des programmes qui ne sont pas fabriqués pour rentrer dans le système, il faut effectivement être aventureux ; prendre des risques et suivre très très loin ses convictions. Dans notre mé

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Jérémy Clapin : « J’ai dû “détruire“ le roman pour construire le film. »

J’ai perdu mon corps | Avant de remporter le Grand Prix de la Semaine de la Critique (une première pour un film d’animation) et le Cristal à Annecy, le premier long métrage de Jérémy Clapin a connu une lente maturation en dialogue et confiance avec son producteur ainsi que l’auteur du roman (et coscénariste) Guillaume Laurant.

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Jérémy Clapin : « J’ai dû “détruire“ le roman pour construire le film. »

Comment le livre dont est inspiré J’ai perdu mon corps, Happy Hand, vous est-il tombé entre les mains ? Il semble vous avoir été destiné… Jérémy Clapin : On le doit à mon producteur, Marc du Pontavice. Il a demandé à me rencontrer en 2011 après avoir vu mes courts métrages : dans tous mes films, il y a un élément fantastique qui vient interroger la réalité. Cette intrusion du fantastique me permet d’aborder des thèmes plus délicats à aborder frontalement, d'éclairer certaines zones d’ombre. Ce n’est pas un fantastique gratuit juste parce qu’il est spectaculaire ; il parle d’autre chose que du sujet lui-même. Comme dans le réalisme magique dans la littérature sud-américaine ? Oui : la combinaison des deux crée une autre réalité qu’on accepte en tant que telle. Et ces éléments fantastiques et réels sont séparés, chacun appartenant à leur monde, ils fabriquent une autre réalité. Mais ça c’est très présent aussi dans la littérature asiatique, japonaise, notamment chez Murakami, o

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"Le Traître" : Paroles contre parole

ECRANS | De Marco Bellocchio (It.-Fr.-All.-Br., avec avert. 2h31) avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Fabrizio Ferracane…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Italie, années 1980. Afin d’échapper à la guerre des clans minant la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta s’est réfugié au Brésil d’où il assiste à l’élimination des siens. Son arrestation, puis son extradition le conduisent à collaborer avec la justice, en la personne du juge Falcone… Depuis une dizaine d’années, le prolifique Marco Bellocchio jalonne sa filmographie d’œuvres aux allures de sommes ou de sage embrassant les grands “moments“ de l’Histoire transalpine : Buongiorno, notte (2003) traitait des années de plomb à travers l’épisode de l’enlèvement d’Aldo Moro, Vincere (2009) de l’avènement de Mussolini ; et celui-ci donc de la dislocation de l’organisation mafieuse Cosa Nostra devant les tribunaux à la suite du procès géant de Palerme. S’il s’agit à chaque fois de retracer des saignées dans le récit collectif italien, Bellecchio les incarne “de l’intérieur“, mais en habitant le point de vue de personnages dont le jugement va se décaler, voir s’opposer à celui du groupe auquel ils appartiennent. C’est le cas de Buscetta, *homme d’honneur* selon les critères à l’a

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"Matthias & Maxime" : Embrasse-moi idiot

ECRANS | De et avec Xavier Dolan (Can., 1h59) avec également Gabriel D'Almeida Freitas, Anne Dorval…

Vincent Raymond | Mercredi 16 octobre 2019

À la suite d’un pari perdu, deux amis d’enfance (Matthias et Maxime) doivent s’embrasser devant une caméra. La situation les perturbe profondément et affecte leur relation, d’autant plus tendue que Maxime va partir deux ans en Australie. Ce baiser aurait-il révélé une vérité enfouie ? Débarrassons-nous tout de suite des tics dolanniens qui, à l’instar d’excipients dans une recette, font du volume autour du “principe actif“ ; en l’occurrence, le cœur palpitant et original du film. Oui, on retrouve un portrait vitriolé de la génération parentale, en particulier des mères — les pères étant globalement absents. La génitrice du personnage de Maxime joué par Dolan apparaît comme de juste dysfonctionnelle, excessive (et droguée, violente, sous tutelle pour faire bonne mesure). Autre constante, la B.O. ressemble encore au juke box personnel du cinéaste, les aplats de musiques se révélant bien commodes pour faire des ponts entre séquences. Sorti de cela, Matthias & Maxime se situe dans un registre moins exalté qu’à l’ordinaire : la trentaine approchant, la ré

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"Sorry We Missed You" : Misère UBER alles

ECRANS | Un intérimaire se lance dans l’entrepreneuriat franchisé avec l’espoir de s’en sortir… précipitant sa chute et celle de sa famille. Par cette chronique noire de l’ère des GAFA, Ken Loach dézingue toujours plus l’anthropophagie libérale. En compétition à Cannes.

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Newcastle, de nos jours. Abby et Ricky s’en sortent tout juste avec la paie de l’une et les intérim de l’autre. Alors, Ricky convainc son épouse de vendre leur voiture pour acheter un utilitaire afin de devenir livreur “indépendant“. Le mirage d’une vie meilleure s’offre à eux. Le début de l’enfer. D’aucuns pourraient reprocher — c’est une figure de style : en fait, ils le font — à Ken Loach de rabâcher sous toutes les formes sa détestation du modèle capitaliste. Ou d’avoir joué depuis trente ans les prophètes de mauvais augure en dénonçant avec constance les ravages de la politique thatchéro-reagano-libérale qui, ayant désagrégé le tissu socio-économique britannique, n’en finit plus de saper ce qu’il reste de classe moyenne, après avoir laminé les classes populaires, au nom de la “libre“ entreprise, “libre“ concurrence… bref de toute cette belle liberté octroyée au haut de la pyramide pour essorer le lumpenprolétariat. Trente ans que Loach essuie les mêmes remarques condescendantes des partisans du marché (qui le voient

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"Atlantique" : Eau-delà

ECRANS | De Mati Diop (Fr.-Sén.-Bel., 1h45) avec Mama Sané, Amadou Mbow, Ibrahima Traore…

Vincent Raymond | Mercredi 2 octobre 2019

Dakar, de nos jours. Lassés de travailler sans être payés, les ouvriers d’un chantier décident de quitter le pays dans une embarcation de fortune qui chavire en mer. Mais leurs esprits reviennent posséder les vivants et réclamer justice pour les vies qui leur ont été volées… La vie actuelle est-elle à ce point si désespérante qu’il faille se résigner à recourir à des extensions post mortem pour pouvoir la vivre pleinement ? C’est un peu le sentiment que l’on éprouve face à la déferlante de films de zombies, revenants et autres fantômes dont nos écrans sont les réceptacles depuis quelques semaines. Ces non-morts à qui la paix du repos a été refusée viennent hanter les vivants comme des incarnations — souvent désincarnées — de leur mauvaise conscience, dans une mouvement de balancier moral très judéo-chrétien. Amalgamant une situation sociale et géopolitique (le drame des réfugiés économique) à une structure fantastique, Atlantique est représentatif de cette tendance. Et s’il parle d’une histoire d’amour interrompue entre Ada et Suleiman avant que d’avoir été consommée, il y est surtout question de possession

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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"Bacurau" : Qui s’y frotte…

ECRANS | Après Aquarius, Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre "Les Chasses du Comte Zaroff" et "Les Aventures d’Astérix" version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet dans Aquarius à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste — en duo ici avec Juliano Dornelles — en propose avec Bacurau une manière d’extrapolation, histoire d’en mesurer les conséquences. Et de se montrer encore plus critique avec le pouvoir en place, sans (trop) avoir l’air d’y toucher. Légitime défonce À la fois chronique et saga, Bacurau

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez offrir aux acteurs cet accueil-là. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… Alors, quand vous pouvez offrir ça aux acteurs qui vous ont tant donné pendant le tournage, c’est très, très, émouvant. À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Et puis après toute sa carrière, Indigènes…

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"Once Upon a Time… in Hollywood" : Quentin se fait son cinéma

ECRANS | Les coulisses de l’usine à rêves à la fin de l’ère des studios, entre petites histoires, faits divers authentique et projection fantasmée par Quentin Tarantino. Une fresque uchronique tenant de la friandise cinéphilique, mais qui s’égare parfois dans ses digressions.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Hollywood, 1969. Rick Dalton, vedette sur le déclin d’une série TV, Cliff Booth, son cascadeur homme à tout faire ; leur voisine, la jeune comédienne Sharon Tate, épouse Polanski : trois destins parallèles et convergents dans une ville entre décors, faux-semblants et rêves brisés… Lors de l’une de ses venues au Festival Lumière, Quentin Tarantino avait concocté une sélection de films portant l’estampille 1970. Au-delà du nombre rond, cette année charnière marque en effet l’ancrage définitif du Nouvel Hollywood, l’irrésistible ascension de ses nouveaux moguls et l’inéluctable déclin des anciens nababs. Autant dire que le choix de 1969 pour situer cette semi-fiction est signifiant : il correspond à la fin d’un âge d’or — en tout cas idéalisé par ceux qui l’ont vécu a posteriori. Et à travers l’écran d’argent. Dans sa reconstitution appliquée, Tarantino est loin de tout repeindre en rose pailleté, même si la tentation est grande : le Hollywood de 1969 transpire de coolness ambiante, d’érotisme débridé, ruisselle de musiques indépassables — même les covers

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"Parasite" : Coucous, c’est nous !

Palme d'Or | Une famille fauchée intrigue pour être engagée dans une maison fortunée. Mais un imprévu met un à terme à ses combines… Entre "Underground" et "La Cérémonie", Bong Joon-Ho revisite la lutte des classes dans un thriller captivant empli de secrets. Palme d’Or 2019.

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

Recommandé par un ami étudiant, Kevin devient le professeur d’anglais de la fille de riches Coréens, les Park. Ce faisant, il tire un peu sa famille de sa misère. Puis, grâce à d’habiles ruses, sa sœur, son père et sa mère finissent par se placer chez les Park. Jusqu’où cela ira-t-il ? Un film asiatique montrant une famille soudée vivant dans la précarité, devant astucieusement flirter avec la légalité pour s’en sortir… Les ressemblances avec Une affaire de famille s’arrêtent là : quand Kore-eda privilégiait la dramédie, Joon-Ho use du thriller psychologique teinté d’humour noir pour raconter une fable sociale corrosive bien qu’elle elle ne soit pas exempte de traits caricaturaux — après tout, la persistance d’une dichotomie franche entre une caste de super-riches et une d’infra-pauvres ne constitue-t-elle pas une aberration grotesque pour une société censément civilisée ? Certes, la famille Ki-taek se rend bien coupable de faux en écriture ainsi que de quelques machinations visant à congédier les employés occupant

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Justine Triet : « La particularité de Sibyl, c’est son côté kaléidoscopique »

Sibyl | Le troisième long métrage de Justine Triet sera le dernier à être présenté aux jurés du 72e festival de Cannes. Avant les marches et donc le palmarès, la scénariste-réalisatrice évoque la construction de ce film complexe et multiple…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Justine Triet : « La particularité de Sibyl, c’est son côté kaléidoscopique »

Est-ce difficile de parler d’un film où la confession occupe une place aussi importante ? Le plus difficile quand on fait un film, c’est quand il n’est pas assez vu ou qu’il reste très peu en salle… C’est une expérience que j’ai un peu connue avec mon premier, La Bataille de Solférino. Le reste franchement, c’est chouette… (rires) Sibyl parle de la création et aussi de la transgression (des confessions, des serments médicaux)… Est-ce qu’il faut une part de transgression dans tout acte de création ? Je pense que oui. C’est difficile de ne pas être tenté de transgresser pour écrire, pour faire un film, pour tourner : on est tous des vampires, d’une certaine façon. Après, Sibyl va beaucoup plus loin que la majorité des gens et ça m’intéressait de pousser mon personnage dans les limites extrême. Quand elle est sur l’île, elle ne distingue même plus ce qui est de l’ordre de la réalité et de la fiction : elle est dans un vertige absolu de son existence, elle a dépassé les limites

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"Le Jeune Ahmed" : Le ver dans le fruit

FRÈRES DARDENNE | ​Après un passage à l’acte, un ado radicalisé est placé dans un centre de réinsertion semi-ouvert où, feignant le repentir, il prépare sa récidive. Un nouveau et redoutable portrait de notre temps, renforcé par l’ascèse esthétique des frères Dardenne. En compétition Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Ahmed, 13 ans, vient de basculer dans l’adolescence et fréquente avec assiduité la mosquée du quartier dirigée par un imam fondamentaliste. Fasciné par le destin de son cousin djihadiste et désireux de plaire à son mentor, Ahmed commet une tentative d’assassinat sur une professeure… Toujours identique à lui-même et cependant constamment différent, le cinéma des frères Dardenne n’en finit pas de cartographier le paysage social contemporain, à l’affût de ses moindres inflexions pour en restituer dans chaque film la vision la plus rigoureuse. À eux (donc à nous) les visages de la précarité, la situation des migrants ou des réfugiés ; à eux également comme ici — avant peut-être un jour leur regard sur l’exploitation “uberissime“ de la misère — la radicalisation dans les quartiers populaires d’ados paumés entre deux cultures, la cervelle lessivée par de faux prophètes les brossant dans le sens du poil pour mieux les manipuler. À l’horreur économique s’est en effet ajoutée une très concrète abomination terroriste tout aussi internationalisée, usant de techniques de recrutement n’ayant rien à envier au cynisme des

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"The Dead Don't Die" : Comme un petit goût de reviens-y-pas

Cannes 2019 | Quelle mouche a piqué Jim Jarmusch (ou quel zombie l’a mordu) pour qu’il signe ce film ni série B, ni parodique, ni sérieux ; ni rien, en fait. Prétexte pour retrouver ses copains dans une tentative de cinéma de genre, ce nanar de compétition figure dans celle de Cannes 2019 dont il effectue en sus l’ouverture.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Centerville, États-Unis. Depuis la fracturation des Pôles, la terre est sortie de son axe et de drôles de phénomènes se produisent : la disparition des animaux ou l‘éveil des macchabées qui attaquent la ville. Au bureau du shérif Robertson, on commence à lutter contre les zombies… Certes oui, l’affiche de The Dead Don’t Die vantant son « casting à réveiller les morts » a de la gueule. Mais empiler des tombereaux de noms prestigieux n’a jamais constitué un gage de qualité, ni garanti de provoquer le tsunami de spectateurs escompté par les producteurs. Voyez les cimetières, où l’on trouve pourtant la plus forte concentration de génies au mètre carré (et une proportion non négligeables de sinistres abrutis) : outre les taphophiles, ils ne rameutent guère les foules. Blague à part, cette affiche reproduisant luxueusement celle plus brute de décoffrage de La Nuit des Morts-Vivants (1968) annonce d’emblée la couleur : Jarmusch vient rejouer la partition du classique horrifique de George A. Romero. C’est loin d’être la premiè

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"Douleur et Gloire" : Autoportrait de l’homme en vieil artiste

Almodóvar | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Entre Les Fraises sauvages, Stardust Memories, Journal Intime et Providence, Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif. En compétition Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire, à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma d’Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes… sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. À la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité) le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Almodóvar parvient cependant à les “habiter” au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique — il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en notoriété avec les

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"Mobile Homes" : Cellule familiale

Home/road movie | de Vladimir de Fontenay (Can.-Fr., 1h41) avec Imogen Poots, Callum Turner, Callum Keith Rennie…

Vincent Raymond | Mercredi 4 avril 2018

Ali partage avec Evan une vie nomade faite de petits trafics, se servant au besoin de Bone son garçonnet. Après un ultime plan foireux, Ali et Bone se réfugient dans un mobile home qui justement est déplacé par Bob, son constructeur. L’espoir pour eux de refaire leur vie ailleurs… En s’attardant sur coulisses des combines d’Evan (combats de coqs, vente de poudre, effractions etc…) et en insistant sur la déréliction de Bone, ce premier film prend un peu trop de temps à en venir au fait : l’espoir d’une reconstruction pour la mère et le fils dans un environnement sécurisant et stable — quel paradoxe pour un village de mobile homes. On suppose que Vladimir de Fontenay, qui développe ici la trame d’un de ses courts métrages, a eu du mal à sacrifier l’ambiance canaille du début : la violence interlope et nocturne s’avère toujours séduisante à l’écran. Mais le cocon blanc des mobile homes, havre en chantier ne manque pas non plus d’atouts. D’autant plus qu’il constitue un apaisant contrepoint visuel. Mention spéciale pour finir à Imogen Poots, dont

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Café Society : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Café Society : Hollywoody boulevard

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

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Batman v Superman : L’Aube de la Justice

ECRANS | Critique du film Batman v Superman : L’Aube de la Justice de Zack Snyder (É-U, 2h32) avec Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg…

Vincent Raymond | Mercredi 23 mars 2016

Batman v Superman : L’Aube de la Justice

Marvel ne sera plus désormais la seule “maison” à pratiquer le crossover au cinéma : très attendu par les geeks, les amateurs de gaillards en collants, mais aussi redouté par les contempteurs de Ben Affleck (choisi pour incarner le justicier de Gotham City), Batman vs Superman marque l’entrée de DC Comics dans la ronde sans fin des films additionnant les super-héros comme d’autres collectionnent des Oscars — ou des Razzie Awards. Zack Snyder conserve la maîtrise des opérations, après Man of Steel (2013), qui avait révélé Henry Carvill dans la tunique du Kryptonien. Il sera à nouveau aux manettes en 2017 pour le prochain opus intégrant Wonder Woman, Justice League, partie 1. À suivre. VR

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