"Les Nouveaux Mutants" : L'âge des (super)possibles

MARVEL | De Josh Boone (É.-U., int.-12 ans, 1h33) avec Blu Hunt, Maisie Williams, Anya Taylor-Joy, Charlie Heaton…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Photo : © Disney•Pixar © & ™ Lucasfilm LTD © Marvel.


Seule survivante de l'attaque de sa réserve indienne, la jeune Danielle Moonstar se réveille au sein d'une étrange institution où la Dr Reyes retient captifs de jeunes mutants jusqu'à ce qu'ils sachent canaliser leurs nouveaux pouvoirs. Mais de violents phénomènes vont survenir…

À celles et ceux qui en douteraient face à l'affiche déviant de codes de la “maison”, le logo d'entrée le confirme : il s'agit bien d'un film Marvel. Mais quelle différence par rapport aux opéras habituels ! Avec sa poignée d'interprètes, son décor quasi unique, l'absence de tenues moulantes bariolées pour les héros, Les Nouveaux Mutants fait preuve d'un minimalisme plus coutumier des productions indé. D'ailleurs, sa noirceur appuyée lorgnant autant du côté Del Toro, Shyamalan que Buffy contre les vampires (explicitement citée) évoque comme une tentation de diversification vers le style Blumhouse, qui renouvelle l'épouvante par la série B de prestige.

Une petite chose pyrotechnique par rapport aux X-Men ou aux Avengers, mais aussi un film plus recentré sur la part traumatique de l'adolescence, cet âge des changements (ce que Raimi avait développé dans son Spider-Man) où les souvenirs de l'enfance commencent à disparaître face au gouffre béant de l'avenir et de ses incertitude ; où se forgent aussi les groupes d'amitié en dehors de la famille.

Curieusement, alors qu'il présente un potentiel pour ouvrir une brèche dans une production risquant l'uniformisation sclérotique, ce film loin d'être honteux a été depuis des années sous exploité par Disney. Est-ce dû au manque de têtes d'affiches cinématographiquement rentables ? Est-ce de la pudibonderie ou une gêne d'avoir des héroïnes ouvertement lesbiennes à l'écran ? La sortie a minima le 26 août, dans une discrétion poussée à l'extrême, semble n'avoir qu'un objectif : n'être présent que pour souffler des écrans à Tenet du gros concurrent Warner. Au passage, on rappellera qu'il y a d'autres choix possibles…

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"Cro Man" : Un sport qui se joue à bronze contre bronze

Animation | de Nick Park (Fr., 1h29) avec les voix (v.o./v.f.) de Eddie Redmayne/Pierre Niney, Maisie Williams/Kaycie Chase, Tom Hiddleston…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

La tenue de la Coupe du monde en juin prochain est un prétexte commode pour nous faire manger du ballon rond à toutes les sauces : en salade russe en l’honneur du pays hôte, à la française (en hommage aux vingt ans de la victoire de 1998), et même en pâte à modeler dans Cro Man grâce aux Studios Aardman — jadis mieux inspirés. A priori, rien ne laisse supposer qu’un film se déroulant à l’âge du bronze se raccroche ainsi à la grand-messe footballistique. Elle en est pourtant l’alpha et l’omega, puisque Nick Park y “dévoile” les origines accidentelles du jeu, en attribuant son invention à des hommes des cavernes pré-mancuniens. Et il montre comment leurs héritiers, menés par Doug, doivent affronter l’équipe de l’âge de Bronze dirigée par le cupide Lord Nooth, afin de conserver leur vallée. Même si les productions Aardman, référence dans le domaine du stop-motion, restent d’une constante qualité technique, Cro Man se révèle une petite déception, à l’instar de Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout

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