Théma : Si loin, si proches

ECRANS | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de Vers la bataille et de Si le vent tombe ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 2 juin 2021

Photo : ©Be For Films


La Guerre et ce qui s'ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l'âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l'angoisse d'être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique.

Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c'est d'aller photographier au plus près l'Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l'armée française, histoire oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c'est d'aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l'autorisation d'ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables pour des raisons diplomatiques…

Un road movie, un stand movie, mais deux Français paumés. Tous deux détachés de leur langue, de leurs habitudes, de leurs repères, confrontés à l'absurdité humaine dans ce qu'elle a de plus servilement bureaucratique, ces deux personnages spiralent lentement vers un abime hypnotique ressemblant à un suicide social, prélude à une évaporation de leur corps physique. Si les parcours de Louis et Alain paraissent jumeaux par-delà les siècles et les continents, c'est aussi parce que la géopolitique les unit : à l'origine de à leur “délocalisation“, elle extériorise leur introspection en curiosité autodestructrice. Le reste est cosmétique : Aurélien Vernhes-Lermusiaux esthétise l'image de ce récit montrant un faiseur d'images stérile, Nora Martirosyan composant plutôt une sorte de ballet éthéré pour personnage en transit. Dans les deux cas, le fond de l'air (et de l'époque) effraie…

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Debout les cinéphiles !

Prem's ! | Le Méliès célèbre dignement la réouverture des salles le 19 mai avec une programmation alléchante et des séances événementielles dès… 6h du matin. Parce que le grand écran n’attend pas.

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Debout les cinéphiles !

En vérité, on n’en attendait pas moins de ses équipes : un coup d’éclat et de fouet pour faire repartir en beauté la lumineuse vie des salles obscures. En proposant dès 6h du matin un petit-déjeuner agrémenté de deux avant-premières le mercredi 19 mai, le Méliès crée l’événement dans l’événement de la réouverture. D’abord, la projection du nouveau Céline Sciamma, Petite maman (sur les écrans le 2 juin) et puis Si le vent tombe de Nora Martirosyan, à la fois dans la sélection officielle de Cannes et celle de l’ACID l’an dernier. Ces deux films avalés, vous pourrez enchaîner avec les séances de 10h. Et il y a du choix parmi les nouveautés : l’excellent et donc attendu Mandibules de Quentin Dupieux, Slalom de Charlène Favier, Falling de Viggo Mortensen ainsi que L’Étreinte de Ludovic Bergery. Également au programme de cette reprise, des reprises (justement) de films ayant prématurément quitté l’affiche : Adieu les cons auréolé de ses César

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