Juin : Un été en famille

Théma été 21 | Qui a dit que la saison chaude n’était pas adaptée à la fréquentation des salles obscures ? Sans doute quelqu’un qui n’en a pas été privé six mois, a oublié leur fraîcheur durant la canicule et ignore la tenue de “l’estival de Cannes“ cette année… Allez, tous au cinéma cet été !

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

Photo : ©Les Films Velvet - Les Films du Fleuve


Bénéfice collatéral de la disette hivernale et printanière : il n'y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Et tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination. Cocon surprotecteur, emprisonnant les individualités par ses étouffantes habitudes ou traditions, le désir de s'en libérer rend son emprise tragique, comique… ou les deux.

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S'ensuivent d'inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l'injonction à faire de la comédie aseptisée. Quant à la fin, qui ne résout rien, elle permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, de retour avec un second opus, une nouvelle ère, signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d'heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre les anciens et les modernes, mâtinée d'un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le finale délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s'engager sur les rails d'une animation ordinaire. Également animé, FRITZI de Ralf Kukula & Matthias Bruhn (même date) explore un passé plus récent et grisâtre : celui d'une petite fille est-allemande dont la meilleure copine a profité des vacances pour passer à l'Ouest. Un sujet à la fois politique et historique rendu abordable pour un public préado, avec l'intégration d'images d'archives et des séquences de cache-cache avec la Stasi (audacieux !). Très différent est Aya et la sorcière de Goro Miyazaki, qui marque une révolution pour les Studios Ghibli avec le passage aux images de synthèses. Si l'esthétique trahit une certaine raideur et les couleurs manquent de luminosité, on retrouve ce qui a fait la gloire de la maison de Totoro : un caractère d'enfant effronté plus ou moins orphelin, de la sorcellerie, des démons mignons et une fin tire-larmes. Inutile d'en dire plus : ce film constituera un feu d'artifice pour le 14 juillet.

Partir, quand même…

On change d'univers et de continent avec Kuessipan de la Québécoise Myriam Verreault (7 juillet), racontant la fracture entre une jeune fille innue et sa communauté, lorsqu'elle décide de quitter la réserve, d'étudier et de se mêler avec les blancs. La trame s'avère des plus classiques, mais l'intérêt sociologique est, évidemment incontestable pour relayer la parole et l'existence des peuples premiers souvent contraints à une lente extinction, aggravée par l'ostracisme et les spoliations de territoires — ici, les sous-sols pétrolifères de la réserve sont convoités. Plus au sud de l'Amérique, en Argentine, Juan José Campanella concocte avec La Conspiration des belettes (21 juillet) un délice de manipulation métafilmique. À la fois comédie sardonique sur les vieilles peaux-vieilles gloires de l'écran, policier vachard, réflexion sur le couple élargi à la “famille professionnelle“, sur l'écriture, sur le temps qui passe ou la séduction, il s'agit là d'un très plaisant moment de cinéma sur le cinéma avec en sus le toujours excellent Oscar Martinez.

Retour en France pour finir avec Rouge (11 août, photo) de Farid Bentoumi montrant le cas de conscience d'une infirmière embauchée dans l'usine où son père est syndicaliste, découvrantl'existence de pollutions cachées. La problématique intime peut-elle s'effacer face au scandale humain ? Une tragédie shakespearienne contemporaine résonant comme un Todd Haynes ou un Cayatte. Ah ! Et Kaamelott – Premier volet de et avec Alexandre Astier, alors ? On se doute bien qu'il s'agira d'un film de troupe autant que de famille. Et que sa sortie prévue le 21 juillet, où l'on commémorera le 52e anniversaire du premier pas de l'Homme sur la lune —coïncidence ? On ne croit pas — annonce une longue fratrie…

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Le street c’est chic

Expo | A l’occasion de son exposition de Noël la galerie PASQUI ouvre ses cimaises à de nouveaux artistes, augmentant une offre déjà riche et (...)

Niko Rodamel | Mardi 8 décembre 2020

Le street c’est chic

A l’occasion de son exposition de Noël la galerie PASQUI ouvre ses cimaises à de nouveaux artistes, augmentant une offre déjà riche et diversifiée. Imprégné de pop-culture et animé par la volonté de démocratiser l’art, le sculpteur-designer-musicien Richard Orlinski décline son Kiwikong en deux séries, dont l’une en édition limitée. Aux côtés de trois œuvres de Caroline Maurel dans lesquelles l’artiste fait prendre la pose aux jouets, nous découvrons le travail en 3D lenticulaire d’Alain Vaissiere. Dans la vitrine Est, ne ratez pas le clin d’œil coquin à Miss.Tic signé Ladamenrouge (voir notre article). Exposition de Noël à la galerie PASQUI, décembre et au-delà, 9 rue des Creuses à Saint-Étienne

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L'Alhambra et le Camion Rouge vendus

ECRANS | Selon le magazine Box Office Pro, Sylvie Massu exploitante des cinémas l'Alhambra (depuis 2014) et du Camion Rouge (depuis 2015) aurait trouvé un (...)

Nicolas Bros | Jeudi 2 juillet 2020

L'Alhambra et le Camion Rouge vendus

Selon le magazine Box Office Pro, Sylvie Massu exploitante des cinémas l'Alhambra (depuis 2014) et du Camion Rouge (depuis 2015) aurait trouvé un repreneur pour ces deux établissements après de nombreux mois de recherche. Il s'agirait de Jean-Pierre Lemoine, président du groupe Megarama, qui aurait confirmé ce jour le rachat des deux complexes stéphanois. Megarama, avec l'acquisition de ces cinémas, possède désormais 25 établissements en France.

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Dans ta rue

Art urbain | La vie normale reprend prudemment son cours. Les hôpitaux reprennent leur souffle, l’économie balbutie un timide redémarrage et le monde de la culture se réveille d’un sommeil profond. Puisque les lieux d’expression artistique ne rouvriront leurs portes que très progressivement, voilà peut-être l’occasion de regarder avec une plus grande attention l’art qui s’offre à nos yeux, à ciel ouvert dans la ville… Le temps de prendre des nouvelles de la planète street art auprès de quelques créateurs locaux, nous avons concocté pour vous une balade stéphanoise en mode art urbain. Alors sortez dans la rue et ouvrez grand les yeux.

Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Dans ta rue

Drôle d’époque. Né aux confins de la Chine sous les écailles d’un malheureux pangolin qu’on ne reprendra plus à fricoter avec les chauve-souris, un virus-grippette devenu pandémie vient secouer la planète. Crise sanitaire puis économique en cascade. L’effet Eyjafjallajökull (toujours imprononçable depuis son éruption en 2010), mais cette fois-ci poussé à son paroxysme. Et patatras, un strict confinement nous prive soudain de tout, de nos familles, de nos amis et de culture partagée. Les visites virtuelles proposées par les plus grands musées, les rediffusions de spectacles ou encore les surréalistes visio-apéros n’y feront rien ou pas grand-chose. Huit semaines de blackout. Marasme total. Nulle part où se retrouver, pas un bar ouvert, aucun restaurant, pas même un stade. Au moment où l’assourdissante nouvelle du confinement tombait, deux campagnes d’affichage semblaient se répondre dans les rues de Saint-Étienne. D’une part, la mise en scène très réglementée des affiches électorales, alignant côte à côte huit candidats et candidates, bien identifiés puisque soumis au suffrage universel. D’autre part, la série (en)Regards de la plasticienne stéphanoise MS Nourdi

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Le Camion Rouge et l'Alhambra sont à vendre

Ciné | Dans un entretien accordé à notre consœur Muriel Catalano du Progrès Saint-Étienne, l'exploitante des cinémas Alhambra et Camion Rouge de Saint-Étienne explique que ces derniers sont à vendre.

Nicolas Bros | Lundi 27 janvier 2020

Le Camion Rouge et l'Alhambra sont à vendre

C'est au cours d'un entretien réalisé par notre consoeur du Progrès, Muriel Catalano, que Sylvie Massu, exploitante des cinémas Alhambra et Camion Rouge, explique que les deux cinémas sont à vendre depuis « des années ». Et ce malgré une progression de 2% de fréquentation pour le Camion Rouge lors de la dernière année d'exploitation (avec 212 338 entrées comptabilisées) et plus de 300 000 spectateurs à l’Alhambra. Une entrevue à retrouver sur le site du quotidien à cette adresse.

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L'absurdité soviétique

Théâtre | C'est à une oeuvre magistrale que s'attaque le metteur en scène Emmanuel Meirieu avec La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement. Cet écrit de (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 novembre 2019

L'absurdité soviétique

C'est à une oeuvre magistrale que s'attaque le metteur en scène Emmanuel Meirieu avec La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement. Cet écrit de l'auteure biélorusse Svetlana Alexievitch, prix nobel de littérature en 2015, condense une série de témoignages poignants et bouleversants à prospos de ce qu'a pu être l'absurdité de l'URSS et de ce qui constitue le post-soviétisme entre déshérance et perdition. Un morceau d'Histoire et de ces effets notoires sur les femmes et les hommes qui ont vécu dans ce pays hors du commun. Après Stéphanie Loïk, c'est donc au tour de Meirieu, habitué des adaptations de romans (on pense à À tombeau ouvert de Joe Connelly en 2010 ou à Mon traître de Sorj Chalandon en 2013), de se lancer dans une mise en scène où sept comédiens viennent tour à tour déclamer un de ces témoignages, au micro, dans un décor de désolation. Intensité et profondeur, pour un spectacle qui permet d'entrer dans ce livre parmi les plus forts de ce début de siècle. La fin de l'homme rouge, du mercredi 13 au vendredi 15 novembre à 20h à La Comédie de Saint-Étienne

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Le lundi, c'est tarif réduit pour le ciné à Sainté

Cinéma | Forts du succès de l'opération "Sainté fête le cinéma", les quatre cinémas stéphanois (l'Alhambra, Le Camion Rouge, Le Méliès Jean Jaurès et le Méliès Saint-François) (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 septembre 2019

Le lundi, c'est tarif réduit pour le ciné à Sainté

Forts du succès de l'opération "Sainté fête le cinéma", les quatre cinémas stéphanois (l'Alhambra, Le Camion Rouge, Le Méliès Jean Jaurès et le Méliès Saint-François) s'associent à nouveau afin de proposer une opération spéciale depuis lundi 2 septembre. Tous les lundis, dans ces quatre établissements, le tarif d'une place de cinéma sera désormais de 6.90 €. L'offre est valable pour tous, pour tous les films, à toutes les séances (hors séances spéciales et supplément 3D). Une raison supplémentaire de sortir de chez soi le lundi !

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La Fête du ciné prolongée à Sainté

Fête du ciné | La Fête du cinéma se déroule cette année du 30 juin au 3 juillet. Cet événement permet à toutes et tous de se rendre dans les salles obscures pour 4 euros la (...)

Nicolas Bros | Mercredi 19 juin 2019

La Fête du ciné prolongée à Sainté

La Fête du cinéma se déroule cette année du 30 juin au 3 juillet. Cet événement permet à toutes et tous de se rendre dans les salles obscures pour 4 euros la séance. À Saint-Étienne, on prolonge le plaisir jusqu'au 7 juillet du côté de l’Alhambra, du Camion Rouge, du Méliès Jean Jaurès et du Méliès Saint-François. L'événement s'appelle Sainté Fête le Cinéma avec, toujours, la place de ciné à 4 euros. 4 jours de fête supplémentaire dans les 4 cinémas stéphanois. À signaler que Le Méliès propose huit avant-premières pour l'occasion comprenant leurs six coups de coeur du Festival de Cannes 2019 (dont Lord of Chaos de Jonas Åkerlund le 30 juin, Sorry We Missed You de Ken Loach le 2 juillet ou encore J'ai Perdu Mon Corps de Jérémy Clapin le 6 juillet ainsi que deux films musicaux. Programmation complète de la Fête du Cinéma et de Sainté fête le Ciné à retrouver sur le site du Méliès et sur le site de l'Alhambra/Camion Rouge

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"Je vois rouge" : Brassée façon bulgare

Documentaire | De et avec Bojina Panayotova (Fr., 1h23)…

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Son père sculpteur et sa mère professeure ayant émigré de Bulgarie dans les années 1970, Bojina Panayotova a grandi en France. La récente ouverture des archives de son pays d’origine la pousse à partir enquêter sur sa famille, contre l’avis de celle-ci. Elle y découvrira d’inattendues collusions avec le régime communiste… Documentaire en voix-je comme son titre l’indique, ce film-enquête inscrit un récit familial dans la grande Histoire avec un mixte d’ingénuité et d’exhibitionnisme : Bojina Panayotova semble indifférente aux remarques embarrassées de ses proches lorsqu’elle leur annonce vouloir fouiller ce passé, pas plus qu’elle ne prend la peine de les prévenir qu’elle les filme ou enregistre leurs conversation à leur insu — à sa décharge, ce comportement à la hussarde ne traduit pas une intention malveillante de sa part ; il est en revanche assez emblématique des Millennials autocentrés. En découlent des crispations et des crises entre la fille et ses parents, faisant apparaître un psycho-drame extime comme second motif dans le documentaire, aux enjeux dramatiques si puissants — le tournage devient la cause d’un

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Intérieurs

Panorama ciné avril 2019 | L’esprit de contradiction, vous connaissez ? C’est cette pulsion bizarre qui, par exemple, vous incite à vous enfermer dans les salles obscures au moment où les beaux jours reviennent…

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Intérieurs

Quitte à se replier sur soi-même, autant le faire jusqu’au bout en balayant le spectre des films explorant les mondes reclus et clos : ils poussent mieux que des champignons en ce mois d’avril — l’effet des giboulées de mars ? Commençons par les territoires les plus vastes : les zones entièrement fermées, ces “pays frères“ de l’époque du Rideau de fer, dont tout un chacun aspirait justement à s’échapper. Dans Le Vent de la liberté (10 avril) Michael Bully Herbig retrace la rocambolesque évasion aérienne grâce à un aérostat artisanal d’une famille d’Est-Allemands coursée par les limiers de la Stasi. Traitée comme un thriller, mais d’un classicisme à l’américaine, cette reconstitution limite ostalgique change des évasions par tunnel et devrait enfin valoir à son réalisateur, le champion de la comédie allemande, son billet pour Hollywood. Plus profond et dramatique se révèle Je vois rouge (24 avril), documentaire où Bojina Panayotova, dont les parents ont émigré de Bulgarie dans les années 1970, enquête sur sa famille après l’ouverture des archives du pays. Et découvre d’inattendues collusions avec le ré

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"Le Collier rouge" : Chienne de guerre !

Pacifiste | de Jean Becker (Fr., 1h23) avec François Cluzet, Nicolas Duvauchelle, Sophie Verbeeck…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

1919. L’officier Lantier doit instruire le dossier de Morlac, un héros de guerre accusé d’un mystérieux crime contre la Nation. Pendant qu’un chien aboie sans cesse hors de la caserne où le prévenu est retenu, Lantier cherche à comprendre et, pourquoi pas, à obtenir son élargissement… De Jean Becker, on espère encore la sécheresse et la sensualité d’un Été meurtrier ; hélas, depuis Les Enfants du marais, il semble préférer les crépuscules du passé ou d’un présent vitrifié. Parfois, cela donne des moments de grâce (le tendre La Tête en friche) ; parfois de fausses bonnes idées. Tel ce film-dossier montant tout une mayonnaise autour d’un acte que des yeux contemporains jugeront insignifiants de banalité. Car jamais il ne leur est permis d’épouser le regard de l’époque, ni de s’installer dans la mentalité d’alors. L’emboîtement des récits, la romance et la politique se marchent sur les pieds au point de se faire trébucher ; quant aux personnages, il n’ont pas le temps d’être incarnés dans leurs profondeurs

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Juin : on bouge ou on reste ?

Panorama ciné | Les ponts de mai vous ont donné des envies de vacances ? Dommage, il vous faut encore patienter. Profitez donc du mois de juin, qui s’achève par la Fête du Cinéma, pour faire escale dans les salles obscure (et climatisées) ; vous irez ensuite cuire au soleil.

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

 Juin : on bouge ou on reste ?

“Should I Stay or Should I Go“ ? Qu’il s’agisse de rester groupés ou de prendre son indépendance, d’hésiter entre rester sur place ou aller de l’avant ; de prendre son élan avant d’accomplir un acte décisif, nombreux sont les films semblant illustrer ce mois-ci le lancinant refrain des Clash ! Mais n’en déplaise aux survivants de la formation punk-rock, leur hymne convient particulièrement à des films marqués par la violence et la guerre. À commencer par l’adaptation du roman de Laurent Binet, HHhH (7 juin). Signée Cédric Jimenez, cette biographie du nazi Reinhard Heydrich (le concepteur de la Solution finale) s’attache aussi aux martyrs ayant organisé son exécution à Prague — l’Opération Anthropoid. Malgré quelques efforts d’originalité dans sa construction, l’ensemble peine à conjurer la malédiction de l’euro-pudding. Tiré du Terroriste noir de Tierno Monénembo, lequel s’inspirait de l’histoire authentique d’un résistant noir, Nos Patriotes de Gabriel Le Bomin (14 juin) se déroule à la même époque. Et n’est pas exempt de critiques, tant il accumule de facilités et de conventions :

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Cinéma : Le Camion Rouge et l’Alhambra en mode phénix

ACTUS | Il y a parfois des coups de théâtre au cinéma : celui ménagé par Sylvie Massu est de nature à relancer la fréquentation de l’Alhambra et du Camion Rouge, où un nouveau directeur vient d’être nommé. Une nouvelle donne pour un deuxième souffle ?

Vincent Raymond | Vendredi 22 juillet 2016

Cinéma : Le Camion Rouge et l’Alhambra en mode phénix

Au printemps dernier, Sylvie Massu avait dressé devant la presse un état des lieux de son parc cinématographique stéphanois — l’Alhambra et le Camion Rouge —, procédant à quelques annonces : accords négociés avec les opérateurs de stationnement pour ses clients, création d’une carte de fidélité “Privilège” limitée à 1 000 détenteurs et offrant au bénéficiaire une place au tarif préférentiel de 6 euros ; ouverture pour la rentrée d’une salle de sport et d’un restaurant de part et d’autre du Camion Rouge… Cette cachotière avait omis une information de taille : la nomination Patrick Gabet au poste de directeur de réseau du groupe ABC (Alliance Bourguignonne Cinématographique), en charge des sites dijonnais et stéphanois du holding familial… mais basé à Saint-Étienne. C’est un professionnel aguerri qui fait ainsi son retour à la tête d’un ensemble de cinémas : il fut en effet directeur d’exploitation pour UGC à Lyon de 1996 à 2007, avant de se lancer avec succès dans le conseil et la communication, notamment aupr

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Cinéma : Opération reconquête pour Le Camion Rouge et l’Alhambra

ACTUS | Du passé, faisons table rase (ou presque)… Convoquant la presse pour annoncer un florilège de bonnes nouvelles, la directrice générale des deux complexes cinématographiques stéphanois n’a pas souhaité évoquer le bilan de la première année du Camion Rouge. Sauf, bien sûr, lorsqu’il lui permettait de valoriser son action en cours…

Vincent Raymond | Jeudi 14 avril 2016

Cinéma : Opération reconquête pour Le Camion Rouge et l’Alhambra

Connaissez-vous l’“effet Streisand” ? Les communicants redoutent comme la peste cette manœuvre contre-productive visant à tenter d’empêcher la propagation médiatique d’un fait au départ anodin, au moyen d’une diversion (voire d’une pression), laquelle ne fait que le diffuser à une plus large audience… Sylvie Massu n’aime peut-être pas Barbra Streisand. Visiblement échaudée par le traitement fait de l’actualité de ses salles, confrontées à une série de déconvenues depuis l’ouverture du Camion Rouge voilà un an, la patronne du groupe ABC a préféré jeter un voile pudique sur le bilan 2015, en se focalisant sur celui du premier trimestre 2016. Boosté par Star Wars, il est certes bon avec un cumul pour mars sur les deux salles de 73 847 entrées — rapporté à la référence de 48 947 pourtant établie en… 2015, jugez du paradoxe. Toutefois, ces chiffres du premier trimestre doivent être appréciés avec des pincettes, et comme des encouragements, car ils ne permettent pas encore d’établir une réelle tendance : mars 2016 est en progression, mais mars 2015 était en chute spectaculaire. Il faut donc attendre avant

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Cinéma : L’Alhambra et Le Camion Rouge dans l’écarlate ?

ECRANS | Moins de public et bientôt moins de salariés… La situation ne cesse de se dégrader pour les deux salles stéphanoises gérées par Sylvie Duparc.

Vincent Raymond | Jeudi 21 janvier 2016

Cinéma : L’Alhambra et Le Camion Rouge dans l’écarlate ?

En novembre dernier, l’exploitante de cinéma Sylvie Duparc se voulait rassurante. Bien sûr, elle reconnaissait « ne pas être dans ses objectifs », mais faisait peser une partie des mauvais résultats du Camion Rouge sur des retards de travaux et la Ville (coupable selon elle, d’avoir refait le parvis pendant l’été) et ceux de l’Alhambra sur ses problèmes sociaux qui auraient « nui à son image ». Elle affirmait toutefois qu’octobre avait « effacé le passif ». Rétrospectivement, son enthousiasme ressemble à de la méthode Coué, car les navires amiraux de sa flotte stéphanoise tanguent de plus en plus. Le cumul des pertes est tel pour les deux derniers exercices (- 521 100 € en 2014) qu’il conduit leur société exploitante, ABC (Alliance Bourguignonne Cinématographique), à entreprendre des procédures de licenciements économiques — 4 salariés sur un effectif de 25. Avec 172 000 tickets vendus durant ses (presque) 11 premiers mois d’exploitation, Le Camion Rouge est en effet très loin des chiffre

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Exploitation cinématographique à Saint-Étienne : où en est-on ?

ECRANS | Un an après notre dernier focus sur l’état des lieux du cinéma à Saint-Étienne, la situation a sensiblement évolué, hélas pas en faveur des opérateurs. Entre le désamour conjoncturel du public et un marché en reconfiguration perpétuelle, la fin du feuilleton n’est pas encore écrite… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Exploitation cinématographique à Saint-Étienne : où en est-on ?

Avec une fréquentation en baisse de 14% (1) par rapport à 2014 début octobre, c’est un peu la Bérézina pour l’exploitation cinématographique stéphanoise. Certes, le contexte est morose pour tout le monde, notamment du fait de l’absence de film porteur depuis la rentrée, et les salles attendent avec gourmandise les sorties phares que sont 007 Spectre ou Star Wars pour se refaire sinon le moral, du moins de la trésorerie avant la fin de l’année civile. Mais cette évolution négative est la plus importante parmi les trente premières agglomérations hexagonales — et, symboliquement, la seule à deux chiffres. Cela, malgré des écrans supplémentaires, puisque le volume du parc intra muros a augmenté grâce à l’ouverture du Camion rouge. Pin-pon ! Sylvie Duparc, à la tête de ce multiplexe flambant neuf de 10 salles, (mais aussi de l’Alhambra, ex-Gaumont, tous deux programmés par Pathé, ainsi que de salles dijonnaises), reconnaît qu’elle « n’est pas dans [ses] objectifs ». « 2015 n’est pas une vraie année : on a été un peu pénalisés pendant les 8 premiers mois, explique-t-elle. Notamment par de

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Le Dos rouge

ECRANS | D’Antoine Barraud (Fr, 2h07) avec Bertrand Bonello, Jeanne Balibar, Géraldine Pailhas, Joana Preis…

Christophe Chabert | Jeudi 30 avril 2015

Le Dos rouge

Dans Le Dos rouge, Bertrand Bonello est Bertrand, cinéaste en quête d’inspiration pour un nouveau projet autour de l’idée de «monstruosité». Mais dans cette autofiction, les choses ne sont pas si simples : lorsque Bonello va présenter un de ses films à la Cinémathèque, c’est en fait un de ses scénarios non tournés — un remake de Vertigo du point de vue de Madeleine — qui est projeté ; et si certains acteurs jouent leur propre rôle (Pascal Greggory, Isild Le Besco), d’autres incarnent des personnages (notamment celui de Célia, tenu alternativement par une Jeanne Balibar en pleine autoparodie et par Géraldine Pailhas). Autant dire qu’aborder le film d’Antoine Barraud sans un certain nombre de clés rend sa vision pour le moins difficile, surtout qu’on ne sait jamais vraiment si le cinéaste prend au sérieux certains dialogues ridiculement pédants ou des séquences à la limite du grotesque — la chanson au téléphone, digne d’un Christophe Honoré, ou les conversations avec un Nicolas Maury pathétique d’absence à l’écran. Pourtant, comme dans son précédent Les Gouffres, Barraud a un sens réel de l’étrangeté, une envie de tordre ses images pour en fair

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Cinéma : les écrans montent d’un cran

ECRANS | En quatre mois, le parc des cinémas stéphanois aura été bouleversé du tout au tout, ou presque. De l’ouverture du Camion rouge à la reprise du France devenu Méliès Saint-François, en passant par celle du Gaumont transformé en Alhambra, gros plan sur les enjeux de ce grand chambardement. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 décembre 2014

Cinéma : les écrans montent d’un cran

Tout s’est passé à la vitesse de la lumière projetée sur un écran. Façon Blitzkrieg, en l’espace de quelques mois, le parc cinématographique stéphanois aura donc été bouleversé quasiment de fond en comble. Début 2014, la perspective de l’ouverture du Camion rouge sur le site rénové de la caserne Chavanelle était la seule grande nouveauté à l’horizon. Mais en septembre, Le France a été racheté par Paul-Marie Claret, propriétaire du Méliès, et rebaptisé Méliès Saint-François. Dans la foulée, la direction du Gaumont annonçait que le groupe ne souhaitait plus continuer l’exploitation à Saint-Étienne. Sylvie Duparc, déjà gérante du Royal, dont la fermeture est annoncée pour début janvier, et du futur Camion rouge, a décidé de reprendre le cinéma, lui rendant son nom historique, L’Alhambra. D’où question : en quoi cette nouvelle répartition des forces va-t-elle affecter l’offre cinématographique locale ? Un camion rouge pour éteindre l’incendie ? Sylvie Duparc n’est pas une inconnue dans le monde de l’exploitation cinématographique, française comme stéphanoise… Son père possédait depuis les années 70 deux salles à Dijon et, en 1981, la famille débarque à Saint-Étienn

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