Alexandre Astier : « J'avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Photo : ©SND


Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l'équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu'il a été celui de la préparation du film…

Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l'arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n'a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d'Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte.

L'autre avantage concerne l'écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas savoir ce que donnerait le film, car j'écris toujours avec ce que j'ai dans les mains, avec “ce que je suis” au moment où j'écris. Comme tous les auteurs qui font à peu près leur boulot. C'est un truc qu'on doit. Et souvent ce que j'écris m'aide à passer un cap. Il m'a donc fallu attendre pour Kaamelott - Premier Volet de savoir “qui j'étais” pendant que j'écrivais. Visiblement, quelqu'un dans la répurgation, avec un côté un peu vengeur (rires) Cela, je n'aurais pas pu l'anticiper. En tout cas, je n'ai jamais vécu l'attente douloureusement. J'avais plutôt l'impression de laisser un vinaigre à la cave… Et j'ai pris du plaisir à faire resurgir des gens qu'on n'a pas vu depuis longtemps, à écrire des préquelles — puisqu'il y a encore des flashbacks dans celui-là. Que cela prenne des allures de saga me remplit d'aise : j'ai hâte d'écrire un Arthur avec les cheveux parfaitement blancs, en un vieux mec qu'il faut aider à marcher pour s'asseoir sur un trône. Peut-être que ce sera vrai, qu'il faudra vraiment m'aider à marcher pour m'asseoir, si j'y arrive, bien entendu (rires). Le temps qui passe est un truc d'auteur hyper inspirant et hyper agréable. J'ai l'impression d'avoir une grande chance.

Bon, évidemment, je ne dis pas que je n'ai pas pesté lorsqu'il a fallu attendre pour de mauvaises raisons. Mais je suis plutôt philosophe : au finish, je ne pense pas que ça aurait pu mieux se passer. Et puis, entretemps, il y a eu les BD. C'est très agréable, car c'est pour moi un monde très doux à écrire puisqu'elles ne bougent pas de la saison 1 ou 2. On n'est pas entré dans le conflit avec Lancelot. Il n'y a pas de drame, tout le monde sort indemne de ces histoires qui sont des aventures pour se distinguer dans l'épopée du Graal.

La série avait déjà exploré un passé d'Arthur ; on en découvre un autre insoupçonné ici à travers des flashbacks qui construisent le film autant que son personnage. Comme ils construisaient Vito et Michael Corleone dans Le Parrain II de Coppola…

C'est ma meilleure référence en terme de flashback, tout confondu ! Il y a des gens qui détestent les flashbacks par principe. Je ne sais pas pourquoi, c'est très con. J'aurais l'impression d'être perdu si je ne parlais pas du passé des personnages que je présente : ça a un pouvoir narratif tellement puissant et ça permet une inventivité tellement folle en racontant deux histoires à trente ans d'écart qui, a priori, n'ont aucun rapport mais finalement vont se lier. Parce que la vie et les destins ont toujours des répercussions inattendues.

Et puis, c'est une chance que de pouvoir inventer un passé à quelqu'un à qui le public voue une tendresse ou, en tout cas, une inquiétude, un intérêt ! Quand j'ai imaginé ce passé, j'avais envie de dire aux gens : « vous croyiez connaître Arthur, mais en fait ce gars-là, il porte un sac sur son dos depuis ses 15 ans et il ne s'en libèrera jamais. » Je voulais que le truc soit un peu choquant ; que ce soit trop pour lui. Un des ces actes que certains ados peuvent commettre dans un accès de colère, puis ne plus du tout assumer parce que ce sont encore des bébés. J'éprouve un vrai attendrissement pour l'adolescence, et puis pour la notion de traumatisme.

Il nous est tous arrivé des trucs plus ou moins graves qui, parce qu'ils étaient perçus comme des drames, ont pu constituer un traumatisme. Quand j'écris des drames, des traumatismes qui se passent au Ve siècle, c'est avec ma version supposée d'une brutalité du monde qui n'est pas la nôtre. Un traumatisme pour un gars de 15 ans dans une légion de Maurétanie Césarienne à cette époque-là, j'imagine que c'est pas parce que son prof entre en lui disant : « dis-donc tu bosses comme un con ! ».

J'avais donc cette envie de dépeindre un ado ne trouvant pas la bonne réponse aux choses et que le public voie qu'il a du sang sur les mains depuis l'âge de 15 ans parce qu'il a assassiné quelqu'un salement et froidement avant de partir à des milliers de kilomètres, en abandonnant son premier amour. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il prend Shedda dans ses bras comme Aconia… On ne peut plus le regarder de la même manière ensuite. Car si plus tard il ne veut plus de torture, plus d'esclavagisme ; s'il ne veut pas tuer — tout guerrier qu'il est — ce n'est pas par souplesse ni par flemme, mais peut-être par aversion profonde pour la violence et l'intransigeance. La séquence où Lancelot le traite d'incapable et lui reproche de ne pas prendre sa vengeance alors qu'il l'a en mains, prend un tout autre sens…

Justement, Lancelot est une grande figure mélancolique : plus que le méchant, il est celui qui a trahi alors que Horsa le Saxon présente une forme de sérénité dans la manière dont il avance ses pions…

Lancelot décroche complètement. Parce que son moteur est chaotique : c'est la rage et la jalousie vis-à-vis d'un mec qui est plus populaire que lui et moins bon — dans sa tête à lui en tout cas — pour trouver le Graal. Je m'étais toujours dit que Lancelot, une fois au pouvoir, comprendrait qu'il ne trouverait pas plus le Graal que les autres. Parce que quand tu as le pouvoir dans la main, tu ne gères que de la merde. Et c'est exactement ça ! Parce qu'il est complètement taré et qu'il veut tous les rattraper, les annuler, les buter… Il y a donc une espèce de chasse aux sorcières permanente et Guenièvre qu'il a enfermée… Ce gars est une boule de frustration permanente, ce qui est pour moi la marque des dictateurs.

J'ai la vision de Lancelot sur les trois films ; je vois où il doit aller

— ce n'est pas forcément le cas pour tout le monde, mais lui, c'est vraiment l'amorce de ce qui va suivre. Ça a déjà commencé parce qu'on sent à la saison V dans la grotte avec l'autre qu'on peut facilement le faire basculer mais là c'est la progression, vers la Tour de Ban. Il a une progression à suivre, je ne doute pas trop de là où il doit aller mais c'est vrai que ça met en scène un gars qui fait tout… qui n'a plus rien de réfléchit. Les Saxons savent où ils vont, ce qu'ils veulent… Lui, il dépense tout le pognon, inconsidérément ; son rêve dès le début c'est de payer les Saxons à chercher. Il fait n'importe quoi, il file de la terre ; il promet tout. Il n'y a plus qu'un truc qui le tient debout : la rage et l'empressement de retrouver Arthur.

Quant à Arthur, c'est un peu Ludwig à l'envers : au lieu de bâtir, il détruit…

Absolument. Dans le fait qu'Arthur détruise Kaamelott, il y a de ça. Mais ce n'est plus Kaamelott, c'est noyé de corruption. C'est un peu luxueux comme réaction de fin. Mais bon… On est dans un film (rires) On ne peut pas être shakespearien et économiser les cailloux des châteaux ! Il pète tout. Il reste une ruine, on verra, il reviendra…

Restons sur Shakespeare avec les chefs des Semi-Croustillants, Perceval et Karadoc qui délivrent à la Résistance souterraine l'équivalant de la Harangue de la Saint-Crépin de Henri V. Même si, dans leur bouche, elle ressemble à une harangue de saints crétins, elle a pour effet de fonctionner sur leur auditoire…

Oui… Elle n'était pas prévue pour fonctionner (rires) Après… « Bienheureux les simples d'esprit, le royaume des cieux leur appartient ». Kaamelott c'est un peu ça : il y a les cœurs purs et les cœurs purs sont récompensés. C'est sûr que le monde leur appartient, mais ils vont passer par où ? J'ai su assez tôt que ces mecs seraient tous sous terre, sans raison valable. Comme des gamins. Ils sont inefficaces jusqu'au bout, puisque nous les retrouvons dix ans après avoir commencé leur entreprise — le départ est sous la taverne qui a cramé dans la saison VI, on peut s'imaginer qu'ils ont eu très vite cette lubie là, cette lumière. Dix ans plus tard, ils n'ont toujours pas réglé le principe fondamental qui est d'effectuer la cartographie des lieux. Ils ont failli mourir plusieurs fois ensevelis, étouffés et il faut les revigorer, les galvaniser sinon ils sont perdus, paumés. Effectivement, en creusant dans tous les sens depuis dix ans, il y aura bien un boyau qui partira plus ou moins vers Kaamelott que Merlin, profitant de leur absence va exploiter en recardant les choses.

Je me suis toujours dit que Merlin en souterrain, druidiquement est encore plus à plat que d'habitude — parce qu'il n'est pas en lien avec les élément, il pourrait être cartographe ; il pourrait se trouver une seconde vocation. Donc oui ça finit par leur servir. J'espère que le spectateur sentira bien que c'est pas grâsce à eux, que c'est une exploitation secondaire et opportuniste.

Encore un mot sur Perceval : il lui arrive de citer les Écritures…

…Qui n'en sont pas pour lui. Ça lui vient. Au même titre qu'il a été baptisé en fin de saison IV. Ben ouais, je ne sais pas quoi dire. Devant une grande émotion, comme découvrir que Arthur est là et vivant, alors qu'il ne l'a pas vu depuis dix ans, voilà ce qui sort. « Heureux les simples d'esprit… » Il y a une liaison quelque part. Je suis très athée dans la vie… Mais pas dans ce que j'écris, non jamais : Dieu existe toujours dans ce que j'écris. Je suis très cartésien dans la vie, mais je rends les choses mystiques cartésiennes dans ce que j'écris, carrément là. Au même truc qu'un truc tout à fait concret.

Je suis très athée dans la vie… Mais pas dans ce que j'écris, non jamais : Dieu existe toujours dans ce que j'écris.

En découvrant la Nouvelle Table ronde, Arthur rend un hommage spontané et sincère à sa qualité artisanale. Kaamelott - Premier Volet apparaît également dans son ensemble comme une expression de votre goût pour la belle ouvrage. En particulier dans le travail sur l'image. Votre choix de caméra — la Arri Alexa 65, adoptée par Alfonso Cuarón pour Roma — en témoigne…

Avec Jean-Marie Dreujou, le chef-opérateur, on a essayé énormément de caméras, en prenant un un plaisir de geek. Sans être trop technique, l'Alexa avec ses deux capteurs super 35 collés l'un à l'autre, possède la signature d'image du 70mm, en plus de particularités techniques inimitables — comme un type de profondeur de champ réduite qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Avec Jean-Marie, on s'est d'ailleurs appliqué à fermer le diaphragme pour récupérer le point sans avoir des fonds complètement flous : ça aurait été une manière un peu fastoche de faire du cinéma que de détacher en permanence tous les sujets sur une espèce de pâte feuilletée bizarre ! En revanche, la qualité de ce flou, et le fait qu'on ait à lutter contre, font que cette caméra a toujours été incomparable, dans le sens littéral du terme.

Bien entendu, il fallait des optiques à la hauteur pour aborder un capteur de cette taille-là. Or il n'y en a pas tant que ça. On en a pris une relativement récente qui est une merveille : un recarossage pour le cinéma d'une optique moyen format photo Hasselblad. Avec ce pedigree d'optique, le résultat est complètement dingue. On l'avait constaté dès les essais : la caméra réagissait toujours parfaitement avec le feu, la saturation des blancs sur la neige, les ciels, les textures, les costumes, les fourrures, les moirages que le numérique n'aime pas trop d'habitude. C'était absolument fou !

Seulement, cet instrument nécessite une mise en place de data un peu chiante : on a tourné en raw et en open gate pour avoir toutes les infos. C'est-à-dire que si le format final est en 2, 39:1 (le cinémascope normal), il a fallu tourner en 2, 11:1, un petit peu plus haut, ce qui permet par exemple de recadrer pour enlever une perche dans le champ sans effets spéciaux. La très grande résolution permet en plus de zoomer sans détériorer le tout. Alors, ça en fait du téraoctet… On a atteint le peta ! (rires) C'était un gros chantier.

Bien sûr, cela représente un surcoût conséquent mais on a joué pendant tout le film avec un appareil complètement fou qui donne envie de faire du cinéma. Un outil exigeant mais gratifiant poussant à fouiller les couleurs, à privilégier les distances et les profondeurs, parce qu'il prend tout. Les gens qui bossent à la lumière, à l'électricité ont donc envie de montrer ce qu'il savent faire ; du coup ça met la pression à tout le monde à la déco, aux costumes… Quand on bosse avec des bons, ils ne demandent pas mieux : ils aiment qu'on voie leur boulot, leur exigence, leur minutie à faire leur travail. C'est une caméra qui rend hommage à l'équipe.

Justement, y a-t-il une “écriture” de la couleur ?

Elle est rendue possible parce que les informations chromatiques sont totales. C'est un film en parcours, avec des zones très claires, des flashbacks en plus… Avec Jean-Marie Dreujou et notre étalonneuse Aline Conan, il fallait créer des mondes compréhensibles dès le premier coup d'œil. Des mondes en colorimétrie et en contrastes formant des bulles, des limites. Quand on passe d'un endroit à un autre, on est censé y voir une signature graphique. Par exemple, lorsque Arthur et le Duc d'Aquitaine marchent vers Gaunes, ils traversent un champ de souches. Le décor se situe dans le Pilat où une tempête venait d'arracher des arbres. Du fait du temps qu'il faisait on a une grande prépondérance de bleu, tout est froid sauf l'intérieur ambre de ces arbres brisés qui ne sont pas encore assez vieux pour avoir pris le côté gris du bois sec.

Cette séquence contraste nettement avec celles qui précèdent chez le Duc d'Aquitaine, où la couleur surgit réellement pour la première fois…

À la décoration, on s'était mis d'accord assez tôt sur le fait qu'il y ait des glycines au-dessus de leurs têtes, et de ce violet-là, on en a fait la signature colorimétrique, l'étalonnage de ce moment. Ce qui fait que comme ils ne bouffent que des fruits rouges, des framboises, la violine de ces glycines nourrit aussi les fruits, ainsi que la robe de Chabat qui a un rouge très profond. Instinctivement, le spectateur doit se sentir dans une bulle violette-rouge nacrée, puisqu'il y a encore la baignoire du Duc — son spa (sourire) — dans cette teinte.

Une couleur/texture sert aussi parfois de lien dramatique entre des séquences : on note ainsi une synchronicité entre le premier sang versé, le jus des dattes et la cire déversée sur le parchemin lors de la cession de l'île de Thanet…

C'est vrai, j'espère que d'autres personnes le remarqueront. Effectivement la cire qui est versée sur l'île de Thanet lorsque Lancelot la cède — c'est le Pêché de Lancelot, qui déclenche tout le bordel — c'est la couleur… Lancelot fait vraiment la connerie de commencer à morceler le royaume sacré en en filant un bout à l'ennemi. Les dieux, sous la forme d'un vent, soufflent sur la gueule des gens jusqu'à Alzagar pour lui dire : « t'as oublié un truc dans la cale ». Ce qui l'amènera finalement à Arthur. Ce cousinage des teintes est le pont entre tous ces trucs. Et avec cette caméra-là, avec cette lumière-là, tu peux vraiment avoir une discussion très artisanale avec ton accessoiriste. C'est un peu plus chronophage aussi, mais parce que tout le monde veut bien faire.

Vous signez naturellement la bande originale. Mais il y a en plus de la musique une autre partition : le dialogue, porteur d'une rythmique particulière…

Je ne peux pas imaginer une réplique qui ne serve qu'à informer ! C'est lié à un très très vieux souvenir : entendre mes parents acteurs parler de choses qu'ils avaient dû faire et qui étaient mal dialoguées. Les gens qui dialoguent bien sont très rare. D'ailleurs quand il y en a un, on le voit tout de suite. Je n'ai pas eu cette chance, mais quand tu vas jouer chez Bertrand Blier, tu ne sais pas ce qu'il va te faire faire, mais tu peux y aller tranquille ; c'est fait pour toi.

Un dialogue, c'est toujours périphérique : les gens ne donnent pas d'information ni sur eux, si sur ce qu'ils sont. Si on commentait tout ce qu'on est en train de faire, on serait tous des robots. Or on vit dans un monde où les répliques servent à dire qui on est autour d'une action. Les gens viennent pour entendre une langue et la musique — même s'ils le savent moins. Ça suffirait presque.

D'ailleurs, Michel Audiard l'a dit il y a très longtemps : ce qui compte, c'est que ça sonne. S'il le dit, ce n'est pas pour rien. Oui, c'est une histoire de musique parce que le spectateur n'écoute pas une réplique qui ne sonne mal. La pseudo information qui est censée passer au détriment de la musique, en fait, elle ne passe pas. Il n'y a pas de mystère : si ça sonne pas, il ne faut pas le mettre ou le mettre autrement. Au cinéma, le prix à payer pour avoir le droit de leur raconter une histoire, c'est que les dialogues sonnent, et que la musique soit juste. On peut faire beaucoup d'erreurs ailleurs, mais là, ça ne passe pas.

Une réplique trahit votre attachement profond à la musique, au sens premier. Elle est même l'une des clefs de l'histoire : « La guerre, c'est de la musique ! » Est-ce une conviction personnelle ?

Oui oui ! J'aime bien croire que tout est question de “quand“ plus de “quoi” ou de “comment”. C'est aussi vrai à mon avis en boxe, en tennis qu'en stratégie militaire : la première chose qui est perdue, c'est une brèche rythmique dans laquelle l'autre peut s'engouffrer. Alors, je n'ai aucun goût pour la guerre en tant que personne mais en tant que metteur en scène, c'est rigolo de mettre en scène des bastons (rires) Kaamelott - Premier Volet est la une démonstration du fait que la musique et la rythmique passent les barrières : on s'en fout de la langue, toutes les ethnies ont une musique, même si elle nous est très étrangère, qui devient le seul langage possible. Cette démonstration à la fin du film est la chose la plus ancienne à laquelle j'aie pensé, la première idée.

Pour le compositeur que vous êtes aussi, peut-on inverser la maxime : « la musique, c'est VOTRE guerre » ?

Absolument ! J'ai eu le malheur sur tomber sur Youtube sur des gens qui ont lancé une série qui s'appelle Star Wars minus Williams (rires) La scène du remise de médailles dans la Throne Room, c'est affreux ! Donc n'ayons pas peur de le dire : Star Wars c'est un score illustré (rires) Rien ne tient sans Williams. En plus j'adore tellement Lucas, c'est tellement un dieu pour moi. Mais si on enlève John Williams, qui est un très grand compositeur classique, c'est très dur à regarder. La musique prend en charge le risque, l'épique, la splendeur, le doute, l'échec… J'ai même entendu Lucas le dire lui-même en salle de montage, en déconnant parce qu'il venait de se prendre le chou sur une scène avec les effets spéciaux : « de toute façon, ne vous inquiétez, les gens ne regardent pas les effets, ils écoutent la musique ! »

Du coup, quand je compose et que j'orchestre, je ne demande l'avis à personne parce que ce n'est pas un truc collectif, alors que le cinéma est le regroupement de talents divers sur des artisanats différents.

La musique fait partie des choses que je ne partage pas ; je garde mes erreurs, mes inélégances, je fais avec ce que je ne sais pas faire.

Si j'osais, je dirais que je ne fais pas de films, j'illustre des scores. Attention : ça ne veut pas dire que je ne tiens pas à ce que je raconte. Mais je sais qu'on écoute la musique d'abord.

Quel “chef d'orchestre“ êtes-vous en compagnie des équipes techniques ?

La création collective, au départ, ce n'est pas mon truc. Mais tout au cinéma est collectif, de toute façons, partout. Et je veux que les gens s'amusent quand ils viennent travailler avec moi. Pas juste pour qu'ils passent du bon temps, mais parce que dans notre métier, quand on s'amuse, on commence à être bon. Certains techniciens sont venus après le tournage me dire qu'il n'avaient jamais vécu ça. Pourtant, ce n'est pas compliqué d'organiser la liberté sur un plateau. Prenons le cas des costumes du film : le pire aurait été de les limiter à mon imagination. Si j'engage Marilyn Fitoussi, c'est par qu'elle en sait un milliard de fois plus que moi sur ce sujet, qu'elle a un vocabulaire “costumique“ cent fois plus développé que le mien, qu'elle connaît les matières, ce que d'autres costumiers ont fait dans d'autres films ou opéras… Et lorsqu'elle vient avec une idée, a priori elle doit avoir raison — à moins d'un très fort contresens. Pour moi, c'est ça aussi, être metteur en scène : comprendre ce que tu es en train de faire par le biais des autres. On dit parfois que je veux tout faire, que je veux avoir avoir la mainmise sur tout. Je ne crois pas car je respecte beaucoup les artisans : ils m'impressionnent. En fait, une fois que j'ai fait le texte, que je sais ce que je raconte, que j'ai la musique, que je sais où je vais techniquement, je crois que chez moi c'est hyper libre.

Le tournage de la séquence du Robobrole en est un exemple…

Avec mon premier assistant Stéphane Moreno, l'un des grands artisans de ce film, on parlait de cette séquence. On avait des trucs, mais il manquait des boss, du genre avec un super pouvoir. Alors on a mis le mot “superpower“ comme nom de code. Et du coup ce mot a traversé les étages, aux costumes, à la déco, aux accessoires… Tout le monde est venu me voir : « — C'est quoi, le superpower ? — On ne sait pas, mais les idées sont les bienvenues ? — On ne comprend pas les règles du jeu ! — Mais moi non plus je ne les comprends pas, vous vous doutez bien que personne n'y comprend rien » (rires) Du coup, c'était hyper agréable de composer avec toute l'équipe deux mecs ayant des espèces de casques qui venaient pour tabasser les joueurs. C'est un bonheur d'avoir une équipe aussi talentueuse, de pouvoir les inviter à faire les cons… mais sérieusement.

Cela est aussi dû au fait que, pour une grande part de l'équipe, la confiance s'est construite sur le long terme…

Mais il y aussi toujours beaucoup de nouveaux, j'y tiens, qui sont là parce qu'ils ont du talent.

En particulier du côté des interprètes…

Même si je manque de temps pour aller chercher de nouvelles têtes, entre les nouveaux et les anciens, il y a beaucoup de personnages dans le film. Une vraie galerie ! Mais comme c'est une fresque, le genre supporte le nombre.

Parmi eux, j'aimerais dire quelques mots sur ces trois aventuriers qui se présentent chez les “semi-croustillants”, pleins de fougue pour la résistance. Ce sont des jeunes gens que j'ai vus à l'Acting Studio où je donne quelques cours de temps en temps. Ils m'ont plu dans des vaudevilles ou dans Molière, qui sont des exercices où l'on sent l'envie rythmique d'un acteur : parfois ils, veulent quelque chose de juste mais de si ambitieux qu'ils en bafouillent. Ils sont jeunes mais ils sonnent. Les rôles sont écrit pour eux, avec le peu que j'en avais vu et beaucoup de plaisir.

Et puis j'aime faire venir Guillaume Gallienne, qui est un comédien dans le sens le plus profond du terme. Gallienne, c'est de la Ferrari ; c'est le même qu'Isabelle Adjani en garçon. Et un rêve pour moi qui aime bien travailler avec le sous-texte, c'est-à-dire pouvoir prendre la réplique, la vider de son sens et un mettre un autre, pour en déclencher l'ironie. Ça, j'avoue qu'à ce jeu, Gallienne est inépuisable : tu ne peux pas le coincer ! Tu peux lui demander vingt-cinq intentions différentes, les vingt-cinq seront là et aucune d'entre elle ne sera polluée par la sémantique supposée de la réplique. Elles seront toutes nues et tu peux foutre tout ce que tu veux : du orange, du bleu, du rouge… Ça l'amuse, en plus, et il t'en trouve d'autres ! Par exemple au moment où je suis dans la cage et qu'il dit « c'était mieux quand vous vous la fermiez », j'en ai seize différentes. Pourtant on ne change pas un mot, c'est le support sur lequel il faut s'amuser. Gallienne, Cornillac, Clavier sont comme ça. Ça vient avec la maîtrise.

On en revient à la musique : la partition est la même, l'interprétation seule diffère…

Exactement : il ne viendrait l'idée à aucun des quatre-vingt-quinze musiciens de changer une note à une partition de Brahms. Et pourtant quand on écoute une interprétation, elle ne raconte jamais la même chose qu'une autre. La vie commence quand le texte est dans la poche. De très bons acteurs accueillent ce mouvement libertaire avec anxiété. Les très jeunes aussi, parce qu'ils sont impressionnés. Mais un Gallienne, ce n'est pas moi qui vais l'effrayer ! C'est vraiment la classe.

Parmi les nouveaux venus, il faut évoquer l'arrivée de deux personnes habituées à la musicalité : Jehnny Beth et Sting.

J'avais l'impression que les Saxons devaient être joués par des acteurs anglais. Déjà, un Anglais qui parle français comme il peut donne une couleur d'envahisseur un peu chouette. Et puis une figure anglaise comme Sting en espèce de rétro punk, c'est une marque de pop culture. Parce que pour moi, les Saxons, c'est…

…la “British invasion“ ?

Exactement ! Les Saxons font partie des gens qui ont donné les Anglo-Saxons, un peuple germain qui est encore là. Et on sait qu'ils ont vraiment commencé leur invasion par l'île de Thanet — qui, elle, n'existe plus puisque le sable la relie désormais au Kent.

L'idée de Sting s'est présentée grâce à Marc Cardonnel, l'un de mes collaborateurs qui bosse beaucoup avec le monde de la musique. Ça m'a beaucoup plu. Il apporte un truc, d'une marée qui monte, des incursions anglaises… Il a accepté, j'ai eu du bol. Je me suis enregistré en train de de dire ses répliques pour qu'il les mémorise. Sting est incroyable, hyper discipliné, bosseur. Il pourrait faire le con s'il le voulait, mais il était hyper sérieux très humble, inquiet de mal faire. C'était super.

Quant à Jehnny Beth, elle ne ressemble à personne avec sa toque de horse-guard bizarre et ses bijoux. Pour la suite, il faudra persévérer dans cet inattendu du cast. Je serai le plus chanceux de tous si Emma Thomson voulait venir, mais c'est presque trop facile — d'autant qu'elle parle français, en plus ! Ce serait presque plus surprenant de voir Brian Johnson de ACDC, ou un mec de télé de Top Gear qui joue de la musique, ou Mark Knopfler de Dire Straits…

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

Continuer à lire

Un Muzik'Casting tout 9

MUSIQUES | 9e édition pour le tremplin de musiques actuelles Muzik'Casting organisé par le Crédit Agricole Loire Haute-Loire. Ouvert à tous les groupes amateurs et (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 octobre 2019

Un Muzik'Casting tout 9

9e édition pour le tremplin de musiques actuelles Muzik'Casting organisé par le Crédit Agricole Loire Haute-Loire. Ouvert à tous les groupes amateurs et artistes solos résidant en Loire ou Haute-Loire, ce concours est chapeauté cette année par Kadebostany. En neuf éditions, ce sont 40 artistes qui ont été révélés dont les Raqoons (lauréats 2017) ou encore Gat' et Rim' (lauréats 2018). Les groupes et artistes intéressés peuvent poser leur candidature jusqu'au 28 novembre 2019 directement sur www.castingcreditagricole.fr. C'est le vote du public ajouté à la sélection du jury de pros qui permettra de déterminer quel artiste jouera en première partie de Kadebostany sur la grande scène du Fil le 11 février 2020 et pourquoi pas remporter ensuite le tremplin national (lauréat désigné par Kadebostany) qui comporte un accompagnement musical d'une valeur de 6 000€.

Continuer à lire

"Le Dindon" : Du plomb à la patte

FEYDEAU-DO | De Jalil Lespert (Fr., 1h25) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mercredi 25 septembre 2019

Séducteur impénitent, Pontagnac suit chez elle Victoire qu’il aimerait mettre dans son lit, ignorant qu’elle est l’épouse de son ami Vatelin. Quand celui-ci apparaît, il faut composer. Encore plus quand un autre soupirant de Victoire débarque. Et davantage à l’irruption de Mme Pontagnac… Transposer une pièce de Feydau : pourquoi pas ? La situer au début des années 1960 : l’idée se défend, révélant à quel point les codes de la bourgeoisie patriarcale ont peu évolué jusqu’au schisme sociétal de 68. Reste la question de l’adaptation… C’est-à-dire pas uniquement un ripolinage cosmétique visant à “actualiser“ ici quelques répliques, là du décor, ailleurs des situations ou des personnages ; juste rendre le matériau compatible avec les contraintes propres à l’écran. Bien sûr, il ne faut pas attendre d’un vaudeville sa métamorphose en fresque de David Lean (ce serait un contresens stupide), mais à tout le moins qu’il trouve une équivalence dans sa mécanique rythmique. Ici, seul le deuxième acte parvient à s’abstraire de la langue pour donner vie aux corps en osant burlesque et absurde : le premier reste prisonnier d’une exposition laborieuse et le troisième d’un dénouement mol

Continuer à lire

Des voix et des gueules

Nuits de Fourvière | Les Nuits sont chaque été très chaudes du côté de nos voisins lyonnais et plus particulièrement à Fourvière. Côté musique, il y a de quoi faire, notamment grâce à (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 juillet 2019

Des voix et des gueules

Les Nuits sont chaque été très chaudes du côté de nos voisins lyonnais et plus particulièrement à Fourvière. Côté musique, il y a de quoi faire, notamment grâce à des voix inoubliables ! Avec sa douce poésie planante, le Canadien Patrick Watson (lundi 8 juillet) propose une pop où la légereté n'a d'égale que la finesse. En l'écoutant, on pense forcément à cette génération de virtuoses qui le place aux côtés de Sufjan Stevens et Andrew Bird. De l'émotion à l'état pure en somme. Dans le même rayon, on se laisse également bercer par le timbre de Bon Iver (mardi 16 juillet), qui s'avère toujours aussi bon l'été... Justin Vernon, de son vrai nom, revient sept ans après avoir foulé la scène de la colline. Il devrait laisser filtrer quelques titres de son - très attendu - nouvel album. Enfin, on ne peut passer sous silence la venue de deux gueules et deux voix on ne peut plus marquantes. Tout d'abord, celle d'Arthur H qui habillera la musique de l'Orchestre d'harmonie de Bordeaux lors d'un projet inédit (vendredi 19 juillet). Ensuite, celle de Sting, reconnaissable entre mille, qui rallumera les souvenirs d'un théâtre antique forcément archi-comble (m

Continuer à lire

"Haut les filles" : 36 chants d’elles

ECRANS | de François Armanet (Fr., 1h19) avec Françoise Hardy, Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l’énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle… Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s’avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d’écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée ou de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas : infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là… Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu’est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée, et ses mot simples tranchent avec le

Continuer à lire

Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Rap | Le duo de rap stéphanois Gat & Rim se débrouille pas mal. À l'aune de la sortie de leur premier EP ou album - l'avenir nous le dira - ils ont remporté un joli tremplin qui les engage sur une belle voie musicale. Rencontre avec deux jeunes artistes (19 et 21 ans) très complémentaires. #breizhequateur !

Nicolas Bros | Vendredi 22 février 2019

Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Quelles sont les origines du groupe ? Comment en êtes-vous arrivés à faire de la musique ensemble ? Gat' : J'écrivais mes petites chansons dans ma chambre depuis longtemps. À un moment donné, je me suis entouré d'un musicien mais l'expérience n'a rien donné. Je me suis remis à la recherche de quelqu'un qui pourrait me proposer des instrus, en gros je cherchais "mon Voulzy". Je suis tombé sur un son qu'avait produit Renan. Je me suis mis en contact avec lui par l'intermédiaire d'un ami commun. C'était il y a deux ou trois ans en arrière. Rim, tu es originaire de Bretagne et Gat d'Équateur. Est-ce que ces origines influencent votre musique ? Rim : D'une certaine manière, un peu. Pour les prochains sons qui arriveront, on retrouvera un côté exotique. Mais le côté Breizh/Équateur, mélange de nos origines, c'est quelque chose d'assez fou, pas trop vu. Gat : Et c'est surtout une grosse blague... C'est un délire de potes. Nous avons commencé à divulguer malencontreusement un #breizhequateur sur nos réseaux et c'est devenu un peu plus important que ce que l'on ava

Continuer à lire

Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Tremplin | Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit Agricole. Après avoir fait forte impression en première partie de Hoshi sur la scène du Fil le 8 janvier dernier, le groupe a brillamment brigué la première place de ce concours en Auvergne-Rhône-Alpes. Il remporte un accompagnement musical d'une valeur de 6 000 €, comprenant notamment un booking de plusieurs dates. Rappelons que l'année dernière c'était d'ores et déjà des Ligériens qui avaient remporté ce tremplin : les rockeurs du groupe Raqoons.

Continuer à lire

Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mercredi 5 décembre 2018

Transmission réussie :

L’accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d’un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette… Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d’aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n’avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l’adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d’émancipation : tout en respectant le principe d’une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l’astierisquien”. Entièrement original dans l’écriture, ce nouvel épisode inscrit la transgression dans son cahier des charges. Oh, il s’a

Continuer à lire

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de "L’Île aux enfants", de "Goldorak", de Marvel, de manga et d’une note de "Kaamelott"…Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? AA : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce que Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni nouveau cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qui a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et très impressionné par les images numérique. Il ne s’est jamais caché de vouloir faire Disney en France —

Continuer à lire

Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

Un amour impossible | Après Laetitia Colombani et sa variation sur Pourquoi le Brésil ?, Catherine Corsini adapte à son tour un livre de Christine Angot empreint d’un vécu douloureux et de secrets vénéneux. Un grande fresque digne.

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

À quelle occasion avez-vous découvert le roman de Christine Angot ? CC : Par ma productrice, trois-quatre mois après sa parution. J’ai mis un peu de temps à le lire d’ailleurs, mais je suis tombé dedans : je l’ai ressenti à la fois comme une lectrice extrêmement bouleversée et comme une cinéaste qui prend de la hauteur. Il y avait un incroyable mélo à faire ! Et moi qui sortais de La Belle Saison, j’avais curieusement cette envie de mélodrame — une envie qui vient de mon amour des films de Douglas Sirk, revisitée ensuite par Todd Haynes ; ce truc assez formidable de parler des années 1950 jusqu’à aujourd’hui en essayant de moderniser le mélodrame classique hollywoodien. Comment Christine Angot a-t-elle reçu votre proposition ? C’était très courtois, elle a réfléchi. Ensuite, c’était une histoire d’engagement et d’argent, avec une liberté totale d’écrire, en lui soumettant le scénario une fois qu’il était terminé — et le fait qu’elle pouvait retirer son nom et la ment

Continuer à lire

"Un amour impossible" : Odieux le père

Drame | de Catherine Corsini (Fr., 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth…

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le “roman autobiographique“ — on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique — de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui si elle évoque dans la forme le dénouement le dénouement Psychose, où le compor

Continuer à lire

Un tremplin plein d'espoir

Tremplin | Le Crédit Agricole remet le couvert avec la 8e édition du tremplin Musik'CASTING. Un concours musical ouvert aux musiciens amateurs, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 23 août 2018

Un tremplin plein d'espoir

Le Crédit Agricole remet le couvert avec la 8e édition du tremplin Musik'CASTING. Un concours musical ouvert aux musiciens amateurs, donnant l'opportunité de fouler la scène du FIL en première partie de têtes d'affiche. L'an dernier, ce furent les Raqoons qui avaient ouvert le bal du groupe Broken Back avant d'aller jusqu'à l'Olympia en devenant le "super-lauréat" national Muzik'CASTING 2017. Pour l'édition 2018, les inscriptions sont ouvertes aux formations locales (résidant en Loire et Haute-Loire) et se font sur le site www.casting-creditagricole.fr, jusqu'au 17 septembre. Cinq groupes de la région seront sélectionnés grâce aux votes du public et un jury sélectionnera le vainqueur de chaque secteur (Saint-Étienne, Lyon, Annecy, Grenoble et Clermont-Ferrand). Chaque formation assurera la 1ere partie d'un groupe dans les différentes salles des musiques actuelles de chaque ville concernée. Enfin, dernière étape, le super lauréat national

Continuer à lire

Tribute

Jazz et autres | Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de (...)

Niko Rodamel | Vendredi 8 juin 2018

Tribute

Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de Sting, sorti en janvier 1991. Les trois jazzmen (mais pas que !) se réapproprient des titres devenus d'incontournables standards pop-rock. Soul Cages Trio est LE nouveau projet du musicien et pédagogue Yannick Robert qui évolue au sein de plusieurs formations, toujours aux frontières du jazz, du blues et du rock. En étroite collaboration avec la marque nipponne Ibanez, Yannick a également développé un étonnant modèle de guitare fretless qui porte sa signature, s'il vous plait ! On retrouve dans le power trio l'un des frères Coquard, fratrie bien connue dans notre région, qui remplace brillamment le contrebassiste initial, Bruno Schorp. Soul Cages Trio, samedi 9 juin 20h30, Château du Rozier à Feurs

Continuer à lire

Sting de retour à Vienne

Rock | L'ex-leader de The Police est de retour dans la région. Le lundi 16 juillet 2018, il sera sur la scène du Théâtre Antique de Vienne (Isère - 38), trois ans (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 décembre 2017

Sting de retour à Vienne

L'ex-leader de The Police est de retour dans la région. Le lundi 16 juillet 2018, il sera sur la scène du Théâtre Antique de Vienne (Isère - 38), trois ans après s'y être déjà produit dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Pour plus d'infos, rendez-vous sur cette page.

Continuer à lire

"Santa & Cie" : Lutins de sa glace !

ECRANS | de & avec Alain Chabat (Fr., 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mercredi 6 décembre 2017

Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d’Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c’est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l’occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n’ayant pas l’habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, va un peu patiner… Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ — ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l’avion et compagnie —, le réalisateur-comédien s’est depuis affranchi de ces tutelles d’outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n’étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie. Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch façon glaçage de

Continuer à lire

"Maryline" : Démise en scène

ECRANS | de Guillaume Gallienne (Fr., 1h47) avec Adeline D'Hermy, Vanessa Paradis, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mercredi 15 novembre 2017

Venue de sa province, Maryline se rêve comédienne. Outre la blondeur attachée à son prénom si lourd à porter, elle dégage un je-ne-sais quoi séduisant les cinéastes. Las ! Son incapacité à fendre l’armure la plombe et elle végète, quand elle ne s’auto-détruit pas dans l’alcool… La bonne nouvelle, c’est que Guillaume Gallienne a renoncé à jouer dans son second long métrage — il nous devait bien cela, après avoir doublement imposé sa présence dans Les Garçons et Guillaume, à table ! La mauvaise, c’est le choix de la presque jeune Adeline D’Hermy, empruntée au Français. Son visage marqué est dépourvu de la cinégénie requise pour ce rôle : on ne perçoit jamais la radieuse séduction censée émaner de son personnage. La malheureuse semble pourtant se donner du mal pour être à la hauteur ; sans beaucoup de succès malheureusement : on est plus enclin à la conspuer avec ses opposants qu’à éprouver de la compassion pour elle. Paradoxalement, le réalisateur parvient à tirer de ce malaise un effet productif à la toute fin de son film, quand Maryline au bord

Continuer à lire

Tremplin Muzik’Casting 2017

MUSIQUES | Vous souhaitez encourager les jeunes musiciens de la région et élire l’artiste qui aura la chance de se produire en première partie de Broken Back ? C’est par ici avec le tremplin Muzik’Casting du Crédit Agricole!

La rédaction | Jeudi 5 octobre 2017

Tremplin Muzik’Casting 2017

Le Crédit Agricole Loire Haute-Loire a lancé la septième édition du concours Muzik’Casting. Il est ouvert à tous les groupes amateurs et artistes solo résidant en Loire ou en Haute-Loire. L’objectif : encourager l’émergence des jeunes talents locaux d’une part, et organiser un bel événement musical avec une tête d’affiche internationale d’autre part. Une initiative inédite qui participe à l’animation et l’attractivité du territoire. Après Skip the Use, les BB Brunes ou encore Charlie Winston, c’est la révélation indie pop Broken Back qui partage sa scène cette année. Lors des précédentes éditions, Hope Ration a joué aux côtés de Synapson (en 2016), Life Opus a rejoint la scène de Charlie Winston (2015) et les Tontons d’Alice ont joué avec As Animals (en 2014). Pour voter et élire le talent de votre région, rien de plus simple : rendez-vous sur www.casting-creditagricole.fr et suivez les étapes pour accéder aux œuvres des 19 musiciens en lice en Loire et Haute-Loire. Le vainqueur du tremplin sera invité à se produire

Continuer à lire

Percez le secret de Broken Back

Concours Muzik'Casting 2017 | Chaque année, la banque Crédit Agricole donne l'occasion à des groupes locaux (résidant en Loire et Haute-Loire) de participer au tremplin (...)

Nicolas Bros | Lundi 11 septembre 2017

Percez le secret de Broken Back

Chaque année, la banque Crédit Agricole donne l'occasion à des groupes locaux (résidant en Loire et Haute-Loire) de participer au tremplin Muzik’CASTING, leur permettant d'accéder à la scène du Fil à Saint-Étienne en première partie d'un groupe pro. Après avoir reçu Skip The Use, Charlie Winston ou encore les BB Brunes, c'est Broken Back qui prendra d'assaut le 28 novembre la scène stéphanoise. Le groupe sera précédé par une formation locale sélectionnée par les internautes. Pour les jeunes talents qui souhaitent participer, le tremplin Muzik’CASTING se déroule en 3 temps : - Avant le 17 septembre, inscription des groupes sur cette page - Du 18 septembre au 5 novembre : chaque internaute écoute les différentes créations et vote pour son groupe préféré - le mardi 28 novembre : concert privé au Fil à Saint-Étienne avec le lauréat du Tremplin Muzik’CASTING 2017 en 1ère partie de Broken Back Une place à l'Olympia également en jeu Pour cette 7ème édition du tremplin, un des cinq lauréats 2017 aura la chance d'être accueilli en 1ère partie du concert de Brok

Continuer à lire

Des stars comme s'il en pleuvait

Musilac (Savoie) | Phoenix, Ibrahim Maalouf, Jamiroquai, Julien Doré, Two Door Cinema Club, Sting, Texas, Justice, Calypso Rose, Archive, Vianney, Juliette Armanet… Comme chaque année, Musilac aligne les grands noms quatre jours durant. Ce qui ne doit pas faire oublier les autres, plus discrets, moins bankables… Tour d’horizon jour par jour de ce que l’on découvrira à Aix-les-Bains entre le 13 et le 16 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 juillet 2017

Des stars comme s'il en pleuvait

Amplitude sonique le jeudi Ça commence fort Musilac le 13 juillet, et tous azimuts avec ça. De Juliette Armanet, la nouvelle petite fiancée des branchés, à l'alien sud-af' Die Antwoord (que ces mêmes branchés aiment pour de toutes autres raisons) ; de la pop variété joueuse de Lulu Gainsbourg (comme Armanet, on aime ou on déteste) aux hardos australiens d'Airbourne, en passant par le rap engagé de Kery James : il va y avoir dès le premier jour de l'amplitude thermique et sonique sur les bords du Lac du Bourget. Or on est loin du compte si l'on n’ajoute pas aussi l'électronicien teuton tout en délicatesse Fritz Kalkbrenner – délicatesse partagée par le duo Paradis, même si leur électronique empreinte des chemins plus pop. Reste que le gros des troupes est lui, ce soir-là, résolument pop rock : pop dansante chez Two Door Cinema Club, schlass comme jamais chez Warhaus, rentre-dans-lard chez Last Train, renfrognée chez Lescop. Et puis en haut de la pyramide : la grande renaissa

Continuer à lire

Une "Hope Ration" bien menée

Muzik'Casting 2016 | Le sixième tremplin de talents amateurs Muzik'Casting, organisé par cinq caisses régionales du Crédit Agricole, a vu ses lauréats désignés par secteur. Pour la zone (...)

Nicolas Bros | Lundi 21 novembre 2016

Une

Le sixième tremplin de talents amateurs Muzik'Casting, organisé par cinq caisses régionales du Crédit Agricole, a vu ses lauréats désignés par secteur. Pour la zone Loire-Haute-Loire, c'est le groupe de reggae roots Hope Ration, originaire de Saint-Martin-la-Plaine, qui aura le privilège de partager la scène avec Synapson pour un concert inédit demain soir au Fil. Une aubaine pour les cinq Ligériens qui avaient sorti leur premier album Get Ready en 2014 où se mêlent, outre le reggae roots, du funk, du jazz et du rock. Le groupe a su marquer les internautes avec leur musique sans bornes et ont récolté 840 votes au total.

Continuer à lire

Appel aux talents locaux

MUSIQUES | Groupes ou artistes solos amateurs, résidant en Loire ou Haute-Loire, vous êtes invités à proposer vos créations musicales pour le tremplin Muzik'Casting 2016, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 septembre 2016

Appel aux talents locaux

Groupes ou artistes solos amateurs, résidant en Loire ou Haute-Loire, vous êtes invités à proposer vos créations musicales pour le tremplin Muzik'Casting 2016, organisé par le Crédit Agricole Loire/Haute-Loire. Première étape avec une inscription sur ce site, jusqu'au 18 septembre, puis une écoute et un vote effectués par les internautes et peut-être une 1e partie du groupe Synapson au Fil à Saint-Étienne, lors d'un concert privé le mardi 22 novembre. Cette formation succédera au groupe Life Opus, lauréat en 2015 et qui avait partagé la scène du Fil avec Charlie Winston. Synapson + gagnant du Tremplin Musik'Casting 2016, mardi 22 novembre, au Fil (concert privé, invitations à demander au Crédit Agricole Loire/Haute-Loire)

Continuer à lire

Les groupes amateurs invités à concourir

MUSIQUES | Après les Tontons d'Alice l'année dernière, qui sera le groupe ou l'artiste qui jouera en première partie de Charlie Winston le 18 novembre prochain au Fil de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 2 septembre 2015

Les groupes amateurs invités à concourir

Après les Tontons d'Alice l'année dernière, qui sera le groupe ou l'artiste qui jouera en première partie de Charlie Winston le 18 novembre prochain au Fil de Saint-Étienne ? Si vous vous sentez capable de relever le défi, vous avez jusqu'au 13 septembre pour vous inscrire au 5ème concours Musik Casting. Les artistes seront départagés par un vote des internautes du 14 septembre au 25 octobre.

Continuer à lire

Réalité

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Réalité

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi, c’est-à-dire un grand film réflexif sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient — autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginaire-là n’est rien d’autre que celui de Dupieux lui-même ; dans les rêves de Réalité, il y avait ce long rêve éveillé qu’est Ré

Continuer à lire

Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Astérix – Le Domaine des Dieux

C’est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu’aucun d’entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d’Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d’ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés. L’apport d’Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s’en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l’univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l’esprit d’Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après un modèle de blockbuster hexagonal voué à la laideur et à la surenchère. Le Domaine des Dieux, modestement, cherche à r

Continuer à lire

Les Garçons et Guillaume, à table !

ECRANS | De et avec Guillaume Gallienne (Fr, 1h25) avec André Marcon, Diane Krüger…

Christophe Chabert | Lundi 18 novembre 2013

Les Garçons et Guillaume, à table !

Ce premier film de Guillaume Gallienne tiré de la pièce de Guillaume Gallienne avec Guillaume Gallienne dans le rôle de Guillaume Gallienne — à quand le mug ? provoque des ovations partout où il passe. Qu’y voit-on pourtant, sans grossir le trait ? Gallienne entrer sur scène pour y jouer ledit spectacle, avant que celui-ci ne s’anime sous la forme d’une suite de saynètes souvent vulgaires et réalisées comme des programmes courts pour la télé, avec toujours le texte de Gallienne en voix-off. Ça reste du théâtre, mais c’est surtout du "théâââtre", c’est-à-dire cette écriture factice, pleine de licences poétiques et de bons mots, ce que le cultureux aime à appeler avec une pointe de condescendance une "langue". Le cinéma, lui, est oublié en route sinon lorsque Gallienne incarne aussi cette drôle de créature qu’est sa mère, même si elle n’est qu’un alibi pour revenir au vrai sujet du film : le comédien lui-même et son identité (sexuelle). Et là, l’incompréhension monte d’un cran ; efféminé et maniéré, le regard que sa famille pose sur lui le persuade d’abord qu’il est une fille. D’où quiproquos. Mais quand on vient lui dire qu’il est homo, il ne comprend pas, puis te

Continuer à lire

Quadrophenia, un film à la Mods

ECRANS | Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia passionnant à (...)

Christophe Chabert | Mardi 25 juin 2013

Quadrophenia, un film à la Mods

Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia passionnant à redécouvrir 35 ans après sa réalisation, à la fois évocation d’une époque passée — le courant Mods, à son apogée dans les années 60 — et œuvre importante du réalisme à l’Anglaise au même titre que les premiers Loach ou les téléfilms d’Alan Clarke. Jimmy, le jeune héros de Quadrophenia, tente d’échapper à sa poisse sociale — coincé entre une famille qu’il ne supporte plus et un boulot merdique — en courant après un rêve dérisoire : intégrer les Mods et leur existence sexe, drogue, rock’n’roll et scooter customisé. Frank Roddam, le réalisateur, surveillé de près par Pete Townshend et Roger Daltrey, s’autorise un grand pont entre ce courant finalement éphémère et le punk qui alors faisait figure de culture dominante dans la jeunesse anglaise. Quadrophenia n’est ainsi pas très loin de la démarche de certains cinéastes du Nouvel Hollywood : la musique entre dans le film comme dans Mean Streets de Scorsese, au détour d’un juke box ou d’une radio, et le parcours de Jimmy, direction Brig

Continuer à lire

Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Lundi 11 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

Continuer à lire

Astier : Back to Bach

SCENES | Entretien avec Alexandre Astier, à l’occasion de son nouveau spectacle, "Que ma joie demeure !", présenté à l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne le 31 décembre. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Astier : Back to Bach

Cela fait plus de dix ans que nous avons entamé un long et fructueux dialogue journalistique puis artistique avec Alexandre Astier. Précisément à la création du Jour du Froment en 2002 au Théâtre de la Croix-Rousse de Lyon, suivi par l’odyssée triomphale de sa série Kaamelott et enfin le long parcours du combattant de son premier long-métrage, David et Madame Hansen. Aujourd’hui, il revient sur les planches avec Que ma joie demeure !, un solo où il s’est distribué le rôle de Jean-Sébastien Bach, donnant une leçon au cours d’une journée portes ouvertes tout en réparant un orgue et en pleurant la mort d’un de ses enfants. Un spectacle magistral, virtuose, sincère, drôle et émouvant, celui d’un auteur et d’un comédien à la liberté retrouvée. Que ma joie demeure marque ton retour au théâtre, dix ans après Le Jour du froment. Est-ce que ta vision a changé du fait d’être passé par la télévision et le cinéma ?Alexandre Astier : Oui, car quand j’ai fait Que ma joie demeure !, j’avais conscience d’avoir d’autres terrains de jeu et de pouvoir bénéficier de leur spécificité : un s

Continuer à lire

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 17 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir été écrit sur mesure. Il y a dans Au service de sa Majesté un petit charme très français du second rôle savoureux, plus digeste que la pratique éculée de la guest écrasante. Guillaume Gallienne, Vincent Lacoste, Valérie Lemercier, Catherine Den

Continuer à lire