"Baby Boss 2" : une affaire de famille : À l'école du pire

Vincent Raymond | Vendredi 27 août 2021

Photo : © 2020 DreamWorks Animation LLC. All Rights Reserved.jpg


Plusieurs années après leurs précédentes aventures, Tim et Ted Templeton sont devenus adultes et se sont éloignés l'un de l'autre. Ted est très riche, Tim a fondé une famille s'occupe de ses deux filles. Ce qu'il ignore, c'est que sa benjamine est une nouvelle Baby Boss et qu'elle va retransformer Tim et Ted en enfants pour 48h afin d'infiltrer l'école du mystérieux Dr Armstrong…

Face à cette Affaire de famille… on ne peut lier l'évident lien de parenté entre les bébés agents secrets investissant l'école du professeur fou Armstrong et la troupe de pingouins déglingués de Madagascar : ils sortent du même esprits fantasque et féru d'absurdité, celui de Tom McGrath. Mais poussons un peu. Racontant une histoire d'adultes ayant oublié le monde merveilleux de leur enfance en accédant à celui des grandes personnes ; montrant un savant fou perturbé par ses jeunes années, voulant contrôler le monde et le laisser aux mains d'enfants, Baby Boss 2 aurait pu être un Disney (entre Peter Pan, Mary Poppins et Winnie l'Ourson) mais revu par Tim Burton, avec un méchant à la Willy Wonka recyclé dans l'éducation. Car derrière le non sense des gags ou les sucreries bariolées dont Armstrong se gave, le propos est délicieusement acide : McGrath tape sur les pseudo écoles alternatives hors de prix dans lesquelles les classes moyennes supérieures inscrivent leurs enfants, historie de reproduire les élites — des parents qu'il est si facile de duper lorsqu'il s'agit de leur progéniture, et que le conformisme égotiste transforme en zombies numériques. Plus subversif qu'il n'y paraît, donc…

Baby Boss 2 : une affaire de famille de Tom McGrath (É.-U., 1h47) avec les voix de Alec Baldwin, James Marsden, Amy Sedaris…

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"Sonic le film" : Hérisson carré contre Carrey hérissant

ECRANS | De Jeff Fowler (É.-U., 1h40) avec James Marsden, Jim Carrey, Tika Sumpter…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petit ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair… La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun·e éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunes. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu-vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne

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Blue Jasmine

ECRANS | Aussi surprenant que Match point en son temps dans l’œuvre de Woody Allen, Blue Jasmine est le portrait cruel, léger en surface et tragique dans ses profondeurs, d’une femme sous influence, une Cate Blanchett géniale et transfigurée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 25 septembre 2013

Blue Jasmine

Le titre du dernier Woody Allen est en soi un formidable puzzle : Jasmine, son héroïne, possède entre autres lubies une passion monomaniaque pour la chanson Blue Moon. Mais c’est aussi son état d’esprit lorsque le film commence : bluesy et déprimée suite à la rupture avec son mari, sorte de Bernie Madoff ruiné par la crise financière. Elle, la femme entretenue, rumine à voix haute sa déconvenue : elle doit quitter son standing new-yorkais pour s’installer chez sa sœur prolo à San Francisco. Il y a peut-être un dernier sens derrière ce Blue-là : Jasmine semble débarquer de nulle part, out of the blue, ou du moins la savante construction dramatique du film laisse-t-il un noir — ou un bleu — sur un passé qu’elle rabâche mais qu’elle est peut-être surtout en train de réinventer. Car dans la première partie du film, Jasmine est une victime, femme bafouée que ce déclin entraîne bord de la folie et qui cherche à tout prix à retrouver sa dignité mais surtout son rang, cette place sociale qu’elle estimait avoir durement conquise. Petits arrangements avec soi-même La question de la lutte des classes n’est pas neuve chez Allen ;

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