Bayou

Niko Rodamel | Vendredi 29 octobre 2021

Photo : Dans la brume électrique © DR Le détective Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones) © DR


La Cinémathèque de Saint-Étienne offre une belle occasion de (re)découvrir l'excellent long métrage de Bertrand Tavernier, Dans la brume électrique (In the Electric Mist), avec Tommy Lee Jones, John Goodman et Peter Sarsgaard. S'inspirant d'un roman de l'écrivain américain James Lee Burke publié en 1993, Tavernier nous balade dans une sombre histoire de tueur en série où se croisent un inspecteur hanté par son passé, une figure de la mafia locale et une vedette hollywoodienne venue en Louisiane pour un tournage. La projection sera précédée d'une conférence de Lionel Lacour, dès 16h30 : Le Tavernier moins connu, éclectique et cinéphile.

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (2019, 1h57), mercredi 24 novembre à 18h30 à la Cinémathèque municipale, 24 rue Jo Gouttebarge à Saint-Étienne

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Un classique

Adaptation | Connu pour ses comédies légères durant les années 30, le réalisateur Georges Stevens, documentariste pour (...)

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Un classique

Connu pour ses comédies légères durant les années 30, le réalisateur Georges Stevens, documentariste pour l’Armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale, restera à jamais marqué par l’horreur découverte dans les camps d’extermination. En 1959, il adapte ainsi Le Journal D’Anne Frank au cinéma, tandis que l’ouvrage s’est d’ores et déjà vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Sublime par sa capacité à rendre compte de la sensation d’enfermement des personnages dans leur cachette, en même temps que leur angoisse et les liens forts qui les unissent, ce film s’avère être une très fidèle retranscription à l’écran de l’ouvrage de l’adolescente. A voir ou à revoir en ce début janvier à Saint-Etienne. Le Journal d’Anne Frank, de George Stevens le 6 janvier de 14h30 à 17h30 à la cinémathèque à Saint-Etienne.

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Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 23 mars

Confinement Covid19 / Idées culture | Que faire pendant le confinement ? Régulièrement, nous essaierons, dans la mesure du possible, de vous fournir quelques idées pour vous divertir, apprendre ou partager de bons moments dans cette période compliquée.

Nicolas Bros | Lundi 23 mars 2020

Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 23 mars

Plongée dans les archives et les bouquins La Ville de Saint-Étienne a ouvert en fin de semaine dernière l'ensemble du catalogue des films de la cinémathèque municipale mais également des livres numériques des médiathèques municipales. L'occasion de plonger dans l'ancien temps et de découvrir des pépites nichées dans les films possédés par cette institution qui fêtera en 2022 ses 100 ans d'existence. Plus d'infos sur(www.mediatheques.saint-etienne.fr et www.cinematheque.saint-etienne.fr Enquêter depuis chez soi Prends ta loupe, de quoi noter et file sur la page Facebook du 1909 Escape Game. L'établissement stéphanois lance aujourd’hui même un jeu interactif pour maintenir éveiller nos sens. L'histoire débute ainsi : « Une perle de pierre de lune vient d’être découverte sur la colline de Rochetaillée. Malheureusement, elle vient d’être volée lors de son transport entre Saint-Etienne et Sain

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"L'Ombre de Staline" : Le premier qui dit la vérité

ECRANS | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Londres, 1933. Ex- conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique, vantés par la presse. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret adoucissant le propos de sa cruelle morale. Tragique est la destinée des lanceurs d’alertes ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. La condition actuelle de Chelsea Manning, de Julien Assange, de Edward Snowden ; la fin cruelle du docteur Li Wenliang prouvent que les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (1905-1935). L’œil de Moscou Agnieszka Holland poursuit avec ce dernier son voyage à travers l’histoire politique si mouvementée du XXe siècle, déjà documenté dans Le Complot,

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Forman à ses débuts

Rétro ciné | Milos Forman fait partie des génies du 7e Art. S'il est connu pour des oeuvres majeures telles que Vol au-dessus d'un nid de coucou, ou Amadeus, ses (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 janvier 2020

Forman à ses débuts

Milos Forman fait partie des génies du 7e Art. S'il est connu pour des oeuvres majeures telles que Vol au-dessus d'un nid de coucou, ou Amadeus, ses premiers films constituent des témoignages précieux d'une jeunesse tchécoslovaque commençant à montrer des vélléités de sortir du carcan soviétique. La cinémathèque stéphanoise ainsi que Le Méliès proposent de découvrir quatre pellicules qui permettent de plonger dans cet univers singulier : L’Audition, L’As de pique, Les Amours d’une blonde et Au feu les pompiers. Des oeuvres également en forme de prémisses des réalisations américaines à venir du cinéaste. Infos et horaires sur le site de la cinémathèque et du cinéma le Méliès

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Cinémathèque 2.0

ECRANS | Vieille de près d'un siècle, la Cinémathèque de Saint-Étienne est remplie de trésors du septième art, sauvés de l'oubli par ses missions de sauvegarde et de (...)

Antoine Desvoivre | Jeudi 11 juillet 2019

Cinémathèque 2.0

Vieille de près d'un siècle, la Cinémathèque de Saint-Étienne est remplie de trésors du septième art, sauvés de l'oubli par ses missions de sauvegarde et de valorisation du patrimoine cinématographique. Grâce à elle, notre cité a reçu du ministère de la culture, le label « Bibliothèque Numérique de Référence ». Afin de partager ses contenus avec le plus grand nombre, la cinémathèque lance son site internet dédié. Celui-ci permet notamment le visionnage en ligne de plus d'une soixantaine de films. Site dédié à retrouver ici.

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Lee Chang-dong : « Je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning | Invité à ouvrir la saison de la Cinémathèque française (qui lui consacre une rétrospective), le cinéaste coréen y a présenté l’avant-première post-cannoise de son nouveau film, "Burning", adapté de Murakami et Faulkner. Conversation privée avec l’auteur de "Peppermint Candy".

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

Lee Chang-dong : « Je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning usant volontiers d’une forme métaphorique, comment interpréter votre choix de faire de votre héros Jongsu un écrivain ayant du mal à écrire, sachant que justement vous avez débuté comme écrivain ? L C-d : Effectivement, Jongsu représente un aspirant écrivain, et je voulais montrer un caractère inhérent de ces jeunes gens, au moment où ils se posent beaucoup de questions sur ce qu’ils doivent absolument écrire. J’ai été écrivain. Il y a même un moment où je voulais écrire un roman : après avoir démissionné de mes fonctions ministérielles. Mais autour de moi, les gens étaient furieux, et me disaient de recommencer à faire des films. Alors j’ai abandonné. À présent, je suis un vieux cinéaste (sourire), mais dans mon for intérieur, je pense ne pas avoir trop changé. À chaque fois, je me demande comme un débutant quel film réaliser ; comment dialoguer avec les spectateurs… Cela traduit mes limites et mes faiblesses.

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La médiathèque de Tarentaize fête l’Euro 2016

ECRANS | Si c’est dans les grands chaudrons que se mijotent les plus belles histoires de foot, imaginez celles que le Geoffroy-Guichard a à nous faire déguster ! (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 mai 2016

La médiathèque de Tarentaize fête l’Euro 2016

Si c’est dans les grands chaudrons que se mijotent les plus belles histoires de foot, imaginez celles que le Geoffroy-Guichard a à nous faire déguster ! Pour son dernier rendez-vous de la saison, la Cinémathèque se plonge dans les archives pour une évocation de l’antre des Stéphanois. Stade parmi les plus mythiques de l’Hexagone, dont ceux qui ignorent les règles du hors-jeu connaissent cependant le nom, le repaire des Verts a connu bien des métamorphoses depuis sa construction par Thierry Meyer et Michael Saidoun en 1930. Rénové pour chaque grande échéance internationale (l’Euro 1984, la Coupe du monde 1998 et enfin l’Euro 2016), il a vu en 85 ans sa capacité multipliée par 23 pour atteindre aujourd’hui… 42 000 spectateurs — 42 ? ce n’est certainement pas un hasard ! Les grandes étapes ayant été filmées, Grégory Charbonnier des Archives municipales et Philippe Gastal du Musée des Verts n’ont eu que l’embarras du choix pour composer le montage d’archives d’une heure qu’ils commenteront. Ah, et on a vérifié : il n’y aura pas de match en même temps : ce n’est que le lendemain à 15h que les 8e de finales opposant le 2e du groupe A au 2e du groupe C

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La cinémathèque

CONNAITRE | Créée en 1922 sous le nom d'Office du Cinéma Éducateur, la Cinémathèque de Saint-Étienne est une des seules en France à être municipale. Situé depuis 1993 à côté de la (...)

Nicolas Bros | Mercredi 20 avril 2016

La cinémathèque

Créée en 1922 sous le nom d'Office du Cinéma Éducateur, la Cinémathèque de Saint-Étienne est une des seules en France à être municipale. Situé depuis 1993 à côté de la Médiathèque du quartier de Tarentaize, l'établissement est caractérisé par son gigantesque fonds d'archives. Ce dernier est constitué de films pédagogiques, amateurs, publicitaires et de répertoires (7800 titres) ainsi que de 2 800 ouvrages et 120 titres de revue de cinéma de 1924 à nos jours. Une collection de matériel est également conservée avec notamment des projecteurs ou des appareils photo. Enfin, elle accueille également jusqu'à 110 spectateurs dans sa salle de projection. NB Cinémathèque de Saint-Étienne, 24 rue Jo Gouttebarge

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10 Cloverfield Lane

ECRANS | Critique du film 10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg (É-U, 1h50) avec Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mars 2016

10 Cloverfield Lane

En 2008, Matt Reeves électrochoquait le principe du film catastrophe apocalyptique en hybridant faux found footage et monstres exterminateurs dans Cloverfield, une expérience de cinéma aussi accomplie du point de vue théorique que spectaculaire. Ni suite, ni spin-off classique, 10 Cloverfield Lane s’inscrit dans sa lignée en combinant atmosphère de fin du monde, huis clos sartrien avec potentiel(s) psychopathe(s)… et monstres exterminateurs. Producteur des deux volets, J.J. Abrams pourrait lancer une franchise en s’attaquant ensuite au mélo, à la comédie musicale, au polar : tout peut convenir, du moment que l’on ajoute “Cloverfield” dans le titre et intègre des monstres en codicille ! Si Cloverfield montrait une fiesta virant au massacre, puis au survival, 10 Cloverfield Lane démarre privé de toute insouciance par une rupture pour se précipiter, très vite, dans le confinement subi d’un bunker et sa promiscuité. C’est que les temps ont changé : l’inquiétude et la paranoïa règnent. Plus pressante, la menace n’est plus le seul fait d’entités étrangères ; elle émane aussi de bon gros rednecks se révélant immédiatement

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Qu’as-tu vu à la guerre, Johnny ?

ECRANS | Si la question de la mort choisie fait l’objet en ce moment d’une mise en lumière particulière grâce au film de Pascale Pouzadoux La Dernière Leçon (04/11), (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Qu’as-tu vu à la guerre, Johnny ?

Si la question de la mort choisie fait l’objet en ce moment d’une mise en lumière particulière grâce au film de Pascale Pouzadoux La Dernière Leçon (04/11), adapté du livre de Noëlle Châtelet, elle traverse le cinéma depuis des années, avec des œuvres ayant contribué à porter à la connaissance du grand public cette problématique douloureuse. La Cinémathèque de Saint-Étienne en projette une significative jeudi 12 novembre à 18h dans le cadre de l’événement « Une ville en partage » : Johnny got his gun (Johnny s’en va-t-en guerre, 1971). Unique réalisation de Dalton Trumbo — l’un des « 10 d’Hollywood » à avoir été blacklistés par le Macchartysme —, il s’agit à la fois d’une leçon de cinéma et d’humanisme : on y suit en effet en « vision » subjective le ressenti d’un soldat étasunien de la Grande Guerre gravement mutilé au front — il ne reste de lui qu’un tronc et un fragment de visage. Privé de l’ouïe, de la vue, Johnny vit dans ses souvenirs (sa jeunesse, sa famille, l’ivresse du départ, ses étreintes avec sa fiancée…) et tente de faire comprendre à son entourage qu’il est encore, malgré tout, conscient

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L’art subtil de passerelle

ECRANS | La Cinémathèque de Saint-Étienne s’inscrit comme indispensable : un point de rencontre dans la Cité ; un lieu où convergent les idées, les époques mais (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 septembre 2015

L’art subtil de passerelle

La Cinémathèque de Saint-Étienne s’inscrit comme indispensable : un point de rencontre dans la Cité ; un lieu où convergent les idées, les époques mais aussi les talents. On le constatera par exemple avec la venue de l’immense Catherine Hiegiel (faisant partie aux côtés de Didier Bezace notamment de la distribution réunie par Arnaud Meunier pour sa création de Retour au désert de Koltès à la Comédie de Saint-Étienne), à l’occasion de la projection du film de Dominique Cabrera, L’autre côté de la mer (1996) en présence de la comédienne le vendredi 9 octobre à 14h30. Toujours d’actualité, cette œuvre racontant la confrontation, faite d’incompréhensions et d’amitié, entre un pied-noir resté en Algérie et un Français issu de l’immigration algérienne, vaut la (re)découverte. Autres rendez-vous notables, deux dates dans le cadre de l’événement « Une ville en partage » dédié à la question de l’accessibilité et du handicap. Le documentaire Quelque chose en plus (2014) de Sophie Robert, consacré à la relation entre des enfants autistes et leurs éducateurs — donc à l’importance de la transmission — bénéficiera

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Quai d’Orsay

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 1h54) avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz, Niels Arestrup…

Christophe Chabert | Lundi 4 novembre 2013

Quai d’Orsay

Le cinéma de Bertrand Tavernier ne brille pas par sa légèreté ; d’où étonnement de le voir s’emparer de la BD de Blain et Lanzac relatant sur un mode de comédie picaresque le passage au ministère des affaires étrangères de Dominique de Villepin, rebaptisé Alexandre Taillard de Worms. Grand bien lui en a pris : c’est son meilleur film depuis des lustres, malgré ses évidentes faiblesses. Adoptant le point de vue du candide Arthur Wlaminck, recruté pour s’occuper du «langage» au sein du cabinet, Tavernier met en lumière le bordel intégral que le ministre sème autour de lui, mélange d’égocentrisme, de cuistrerie, de copinage et d’agitation pure et vaine. Tant qu’il reste dans l’enceinte du Quai d’Orsay, le film est franchement plaisant, notamment grâce à la double prestation de Lhermitte et Arestrup, antinomiques comme le feu et la glace. La lourdeur de Tavernier revient dès qu’il en sort, notamment pour aller filmer les scènes parfaitement inintéressantes entre Arthur et sa compagne, aération inutile d’un récit qui méritait plus de radicalité. Se plaçant sous la Présidenc

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Malavita

ECRANS | Pur fantasme d’un Luc Besson emballant à la va-vite des concepts de plus en plus boiteux, Malavita tente de greffer en Normandie la mythologie du film de mafia new-yorkais. Écrit n’importe comment, sans angle ni point de vue, cette comédie pas drôle sent le naufrage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 28 octobre 2013

Malavita

Un film d’animation pour enfants, une bio d’Aung San Suu Kyi, une comédie de mafia avec De Niro… La filmographie de Luc Besson prend des allures d’inventaire à la Prévert, alignant les versions premium des produits cheaps livrés par EuropaCorp, dont il assure lui-même la réalisation en y apposant un savoir-faire de moins en moins flagrant. Malavita, adapté d’un roman de Tonino Benacquista, portait pourtant en lui une belle promesse : celle de faire se rencontrer la mythologie phare du cinéma américain, celle des films de mafieux new-yorkais façon Scorsese, et la réalité de la France d’aujourd’hui. On y voit ainsi une famille de repentis s’installer dans un bled paumé en Normandie et tenter d’y faire profil bas, même si le naturel revient toujours au galop. De tout cela, il ne sort qu’une médiocre comédie policière, nonchalante dans ses enjeux, incroyablement mal écrite, et où seuls les deux acteurs principaux (De Niro et Pfeiffer) réussissent à tirer leur épingle du jeu en ne cherchant ni à être des parodies de leurs personnages mythiques, ni des pantins au service d’un film opportuniste.

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Flight

ECRANS | L’héroïsme d’un pilote d’avion est remis en cause lorsqu’on découvre ses penchants pour la boisson et les stupéfiants. Délaissant ses expérimentations technologiques, Robert Zemeckis signe un grand film qui célèbre l’humain contre les dérives religieuses, judiciaires et techniques. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 1 février 2013

Flight

Au commencement était la chair : celle d’une femme nue qui déambule au petit matin dans une chambre d’hôtel pendant que son amant se réveille en s’enfilant une ligne de coke qui lui permet d’évacuer sa gueule de bois. Ce long plan d’ouverture sonne comme une déclaration d’intention de la part de Robert Zemeckis : après trois films à avoir essayé de recréer par le numérique, la 3D et la motion capture les émotions et le corps humain, le voilà revenu à des prises de vues garanties 100% réelles et incarnées. Son cinéma a depuis toujours été obsédé par les limites plastiques de la figuration : les corps troués, aplatis, étirés comme des chewing-gums de La Mort vous va si bien, les cartoons vivants de Roger Rabbit, Forrest Gump se promenant dans les images d’archives ou le Robinson supplicié de Seul au monde… Flight introduit une subtile variation autour de ce thème : ici, la chair est fragile, mais cette fragilité signe en définitive la grandeur humaine. Y a-t-il un pilote dans le pilote ? Whip Whitaker (fabuleux Denzel Washington) prend donc son service comme pilote de ligne et réussit un exploit : un atterrissage en plein milieu d’un ch

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Lincoln

ECRANS | On pouvait craindre un film hagiographique sur un Président mythique ou une œuvre pleine de bonne conscience sur un grand sujet, mais le «Lincoln» de Spielberg est beaucoup plus surprenant et enthousiasmant, tant il pose un regard vif, mordant et humain sur les arcanes de la démocratie américaine. Une merveille, qui conclut une (inégale) trilogie spielbergienne sur l’esclavage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 29 janvier 2013

Lincoln

On peut n’y voir qu’un hasard… Toujours est-il que ce film sur Abraham Lincoln au début de son second mandat de Président des États-Unis est sorti au moment où Barack Obama, qui n’a jamais caché son admiration pour Lincoln, était lui-même réélu Président. Hasard aussi, Lincoln affronte sur les écrans (et aux Oscars) Django unchained, Spielberg et Tarantino se disputant ainsi un même sujet : celui de l’esclavage. Tarantino n’a pas caché au cours de ses interviews avoir souhaité faire avec Django un anti-Amistad, c’est-à-dire un film où les Noirs ont vraiment la parole et n’ont pas besoin de portes voix blancs pour plaider leur cause. De fait, Spielberg, à l’époque un peu écartelé entre ses grands films sérieux, sa franchise jurassique et ses productions télé, était passé à côté de son affaire. Lincoln pourrait tomber exactement sous le coup de la même critique : un film qui se dissimule derrière la vérité historique — car, scoop, ce sont bien des blancs qui ont mis fin à l’esclavage — pour mieux réduire au silence sur l

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Argo

ECRANS | Pour son troisième film derrière la caméra, Ben Affleck s’empare d’une histoire vraie où un agent de la CIA a fait évader des otages en Iran en prétextant les repérages d’un film de SF. Efficace, certes, mais très patriotique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 novembre 2012

Argo

Acteur sujet à de nombreuses railleries, Ben Affleck est en train de gagner ses galons en tant que réalisateur. Il faut dire qu’il est du genre élève appliqué, et si ni Gone baby gone, ni The Town ne révolutionnaient le film noir, ils prouvaient une certaine intelligence de mise en scène et un goût prononcé pour les personnages mélancoliques, en équilibre instable sur les frontières morales. En cela, Affleck s’affichait comme un disciple de Michael Mann ; si The Town était un peu son Heat, Argo est de toute évidence son Révélations : un thriller politique où un preux chevalier en voie de décomposition personnelle regagne l’estime de soi en allant défier un pouvoir inflexible. Ici, c’est l’Iran en 1979, juste après la chute du Shah et l’accession au pouvoir de Khomeiny, en pleine crise diplomatique : une attaque de l’ambassade américaine entraîne une vaste prise d’otages, dont seuls six personnes réussissent à réchapper pour se réfugier chez l’ambassadeur canadien. La CIA fait donc appel à son meilleur agent, Tony Mendez (Affleck lui-même), pour élaborer un plan afin de les ramener au bercail. Après maintes hypothèses

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