On Air

Cerise Rochet | Vendredi 29 octobre 2021

Photo : ©Reproduçao IMDB


L'espoir Mitterrand, l'amour, les radios pirates… Au début des années 80, Philippe Bichon vit une jeunesse bercée de joie et d'optimisme. Jusqu'à ce que le service militaire ne le rattrape, et ne l'entraine en plein cœur d'un Berlin alors coupé en deux. Bientôt, son monde, ce monde ne sera plus. A l'occasion de la sortie des Magnétiques le 17 novembre, le Méliès organise une projection en présence du réalisateur Vincent Maël Cardona et du producteur Christophe Barral. Une émission du Saturday Night Blues sera enregistrée en direct de la salle et live streamée sur Twitch.

Ciné-rencontre Les Magnétiques, dimanche 21 novembre à 18h30 au Méliès Jean-Jaurès.

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Kervern, Delépine, Gardin : « Les films, ça sert à montrer le pire »

Effacer l’historique | Sortant en salle alors qu’ils assurent chacun “la demi-présidence“ du Festival d’Angoulême — « trop content parce qu’on adore la présidence et les demis » — le 9e long métrage du duo Kervern & Delépine accueille une nouvelle convive, Blanche Gardin. Les trois ont la parole.

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Kervern, Delépine, Gardin : « Les films, ça sert à montrer le pire »

Effacer l’historique est-il un film intemporel ? Benoît Delépine : J’espère qu’il l’est ! Il est contemporain dans le sens qu’on parle de choses qui arrivent en ce moment… et qui seront bien pire plus tard. Quelle a été l’idée première ? BD : On s’était juré il y a 15 ans d’essayer de faire 10 films ensemble et de commencer en Picardie pour finir à l’île Maurice. Chaque film on essaie de placer l’île Maurice, à chaque fois ça a merdé, c’est compliqué — et là on en a fait 10 si on compte le court métrage avec Brigitte Fontaine. Il suffit qu’on trouve une idée à la con qui nous fasse rire pour qu’on reparte sur un nouveau projet ; on aura au moins réussi ça. Et nous hantait de l’île Maurice l’histoire du dodo… Le jour où on s’est rendu compte à quel point on se fait pigeonner par l’ensemble de GAFAM réunis et qu’on a appris que génétiquement c’était un cousin du pigeon moderne, c’était trop beau

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"Effacer l’historique" : Contrôle, hâte, suppression

ECRANS | Bienvenue dans un monde algorithmé où survivent à crédit des banlieusards monoparentaux et des amazones pas vraiment délivrées. Bienvenue face au miroir à peine déformé de notre société où il ne manque pas grand chose pour que ça pète. Peut-être Kervern & Delépine…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Un lotissement, trois voisins anciens Gilets jaunes, une somme de problèmes en lien avec l’omniprésente et anonyme modernité d’Internet. Au bout du rouleau, les trois bras cassés unissent leurs forces dans l’espoir de remettre leur compteur numérique à zéro. Faut pas rêver ! L’évaporation de l’humain et sa sujétion aux machines… Ce que la science-fiction, l’horreur ou le techno-thriller avaient déjà traité, est désormais une pièce jouée dans vie quotidienne de chacun. Une histoire à la Ionesco ou à la Beckett dont Effacer l’historique pourrait constituer une manière d’adaptation. Est-ce la présence de Blanche Gardin et de Denis Podalydès qui confère un cachet de théâtralité à ce film ? Il ne se démarque pourtant guère des autres réalisations du duo grolandais, suivant une mécanique de film à saynètes ou à tableaux (plus qu’à sketches) déclinant ce thème confinant à celui l’ultra-solitude contemporaine. Et dévoilant la vérité à peine extrapolée d’un air du temps fait de surendettement, de pavillons identiques, de GAFAM, de surconsommation d’images et de l’obsession performative où il faut n

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Votre salon, votre nightclub

Danser pendant le confinement | Besoin de vous détendre un peu, de relâcher la pression sur votre dancefloor/tapis de la célèbre marque suédoise ? Soyez rassurés, voici quelques tuyaux (...)

Nicolas Bros | Jeudi 2 avril 2020

Votre salon, votre nightclub

Besoin de vous détendre un peu, de relâcher la pression sur votre dancefloor/tapis de la célèbre marque suédoise ? Soyez rassurés, voici quelques tuyaux pour trouver des sets aux rythmiques frénétiques. Le premier nous mène forcément vers les incontournables Boiler Room. Lancé en 2010, ce projet londonien propose des Dj sets de prestige ou de découvertes, enregistrés avec audience réduite dans des lieux très variés. Autre plateforme devenue référence en très peu d’années : Cercle. L’idée de cette initiative est de proposer également des prestations de Djs à travers le monde mais dans des lieux inédits, insolites et au patrimoine souvent remarquable. On se retrouve avec Nina Kraviz sur la Tour Eiffel, avec Tale of Us à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ou encore au sommet du Schilthorn en Suisse avec Stephan Bodzin. Signalons aussi UnitedWeStream, initiative menée par de nombreux clubs berlinois afin de maintenir une activité pendant le confinement ou encore, toujours dans la capitale allemande, la chaîne YouTube de

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Niko Rodamel remporte le "Black & White International Photography Awards"

Prix photo | Le photographe stéphanois Niko Rodamel (également journaliste pour Le Petit Bulletin Saint-Étienne) remporte le premier prix lors des Black & White International Photography Awards, organisés par l'Institut supérieur des arts visuels IMAGO de Mexico.

Nicolas Bros | Vendredi 7 février 2020

Niko Rodamel remporte le

Avec sa photo Berlin, où l'on aperçoit un avion dans le creux d'un carré formé par des immeubles (visible ci-dessous), le photographe stéphanois Niko Rodamel remporte une belle victoire : le premier prix des Black & White International Photography Awards, organisés par l'Institut supérieur des arts visuels IMAGO de Mexico. « C'est une photo réalisée lors d'un séjour à Berlin en 2015, puis retravaillée en France, qui m'a valu de remporter ce prix, explique Niko. Une première sélection de 30 images finalistes avait été effectuée, parmi plusieurs centaines d'images, par un jury composé de trois photographes latino-américains : Elizabeth Vinck (Mexique), Una Pardo (Colombie) et Yunier Escobar (Cuba). » Ayant placé trois images parmi les 30 finalistes, Niko Rodamel aura de ce fait trois photos présentées lors d'une prochaine exposition

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"Grâce à Dieu" : La voix est libre

Biopic | D’une affaire sordide saignant encore l’actualité de ses blessures, Ozon tire l’un de ses films les plus sobres et justes, explorant la douleur comme le mal sous des jours inattendus. Réalisation au cordeau, interprétation à l’avenant. En compétition à la Berlinale 2019.

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Lyon, années 2010. Fervent chrétien de quarante ans, Alexandre découvre qu’un prêtre ayant abusé de lui lorsqu’il était jeune scout est encore au contact de mineurs. Il saisit donc la hiérarchie épiscopale et Mgr Barbarin afin que le religieux soit écarté. Un long combat contre l’hypocrisie, l’inertie et le secret s’engage, révélant publiquement un scandale moral de plusieurs décennies… Il faut en général une raison impérieuse pour qu’un cinéaste inscrive à sa filmographie une œuvre résonant avec l’histoire immédiate. Surtout si l’originalité de son style, sa fantaisie naturelle et ses inspirations coutumières ont peu à voir avec la rigueur d’une thématique politique, sociétale ou judiciaire. De même que Guédiguian avait fait abstraction de son cosmos marseillais pour Le Promeneur du Champ de Mars, François Ozon pose son bagage onirique pour affronter un comportement pervers non imaginaire dans un film filant comme une évidence dès la première image du trauma à la révélation. A-t-on déjà vu en France pareille écriture scénaristique, à la fois méthodique et limpide, dans l’adaptation d’un f

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Lucy in the sky

MUSIQUES | Né en Italie, mais résidant à Berlin, Luca Mortellaro alias Lucy, fait partie des Djs incontournables de la scène techno européenne. Proposant des sets (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 septembre 2018

Lucy in the sky

Né en Italie, mais résidant à Berlin, Luca Mortellaro alias Lucy, fait partie des Djs incontournables de la scène techno européenne. Proposant des sets intenses et hypnotiques (jetez donc une oreille aux Boiler Room dans lesquelles il se produit), il prendra part au "line-up" du 1001 Bass Music Festival qui accueillera également sur trois soirées Acid Division, Bambounou ou encore le rappeur du 91, Alkapote alias "l'Empereur de la Crasserie". Une sélection éclectique et exigeante pour ce festival qui fête sa septième édition. Lucy, vendredi 19 octobre au Fil à Saint-Étienne pour le 1001 Bass Music Festival

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"3 jours à Quiberon" : La passante aux cent soucis

ECRANS | Emily Atef et Marie Bäumer ressuscitent Romy Schneider au cours d’un bref épisode de sa vie. Mais davantage qu’un “biopic à performance“, ce film tient de l’essai cinématographique, du huis clos théâtral et du portrait de femme, d’actrice, de mère.

Vincent Raymond | Jeudi 14 juin 2018

1981. En plein doute sentimental et professionnel, Romy Schneider est partie en cure de repos à Quiberon. Bien qu’en froid depuis des lustres avec la presse allemande, elle accepte au nom de son amitié avec photographe Lebeck une interview pour le Stern. L’occasion de faire le point… Cénotaphe froidement révérencieux, hagiographie méthodique, recueil d’images dorées autorisées… Le biopic est sans nul doute le genre cinématographique le plus prévisible et le moins passionnant. Si l’on y songe, il procède d’ailleurs trop souvent d’un dialogue d’initiés entre un fétichiste — le cinéaste — et une foule de fans autour de l’objet de leur fascination commune ; fascination quasi-morbide puisque l’idole en question a la plupart du temps trépassé. Alors que le cinéma est un art (collectif) de la fabrication, de la reconstitution, rares sont les films osant s’affranchir du cadre illusoire de l’histoire officielle pour construire une évocation : ils préfèrent s’engager dans l’impossible réplique du modèle… S’employer à le cerner plutôt que de le contrefaçon permet de se débarrasser du leurre du mimétisme, et donner lib

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3 jours à Quiberon - Marie Bäumer : « Je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

ECRANS | Prêtant sa voix et sa silhouette à Romy Schneider, la comédienne Marie Bäumer compose un portrait de troublant de sa compatriote. Instantanés recueillis lors des Rencontres du Sud d’Avignon, à proximité de sa résidence française.

Vincent Raymond | Jeudi 14 juin 2018

3 jours à Quiberon - Marie Bäumer : « Je me suis approchée de Romy Schneider en prenant de la distance »

Aimez-vous, autant que Romy semble l’apprécier dans le film, être prise en photo ? M. B. : J’ai toujours beaucoup aimé la photographie ; j’ai toujours aimé voir le résultat, mais pas forcément le moment-même. Je me suis dit toujours en grandissant que ça allait être plus facile, mais c’est le contraire : le moment avec un photographe est beaucoup plus intime que dans le cinéma où l'on a encore la protection du personnage. Avec un photographe, c’est vraiment que moi et lui ou elle. Je suis toujours contente quand je peux faire des séances de photo avec des photographes que je connais ; c’est beaucoup plus facile. Qu’avez-vous reconnu de Romy Schneider en vous qui vous a convaincue d’accepter ce personnage — au-delà d’une évidente similitude physique ? M. B. : Depuis que j’ai 16 ans, les gens m’ont comparée à Romy Schneider. À l’époque, je ne savais pas qui c’était : j’ai grandi sans téléviseur et j’allais rarement au cinéma, et quand j’étais petite, je ne regardais pas ses film

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"L’Île aux Chiens" : Rōnins canins

Ouah l’animation ! | Wes Anderson renoue avec le stop motion pour une fable extrême-orientale contemporaine de son cru, où il se diversifie en intégrant de nouveaux référentiels, sans renoncer à son originalité stylistique ni à sa singularité visuelle. Ces Chiens eussent mérité plus qu’un Ours argenté à Berlin.

Vincent Raymond | Mercredi 4 avril 2018

Sale temps pour les cabots de Megasaki ! Prétextant une épidémie de grippe canine, le maire décide de bannir tous les toutous et le parque sur une île dépotoir. Atari, 12 ans, refuse d'être séparé de son Spots adoré. Il vole un avion pour rallier l’Île aux Chiens. Ce qu’il y découvrira dépasse l’entendement… Peu de cinéastes peuvent se targuer d’être identifiables au premier coup d’œil, qu’ils aient signé un film d’animation ou en prises de vues réelles. Tel est pourtant le cas de Wes Anderson, dont le cosmos se trouve, à l’instar d’une figure fractale, tout entier contenu dans la moindre de ses images. Martelée par trois tambourineurs asiates dans une pénombre solennelle, l’ouverture de L’Île aux Chiens est ainsi, par sa “grandiloquente sobriété”, un minimaliste morceau de bravoure andersonien en même temps qu’une mise en condition du public. Au son mat des percussions, celui-ci entame sa plongée dans un Japon alternatif nuke-punk, synthèse probable entre le bidonville de Dodes'kaden ! et le sur-futurisme compos

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"La Prière" : Joints, les poings

ECRANS | de Cédric Kahn (E.-U., 1h47) avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl…

Vincent Raymond | Mercredi 21 mars 2018

C'est la dernière chance pour Thomas. Lourdement dépendant, violent, le jeune homme a accepté une retraite dans une communauté montagnarde dirigée par d’ex-toxicomanes n’ayant pour soutien que le groupe, l’amitié et la foi. Il va falloir tenir, avec la prière pour seul expédient. Restant extérieur au protocole, comme un observateur privilégié un brin éthologue, Kahn s’intéresse crûment à la trajectoire particulière de son protagoniste durant sa parenthèse thérapeutique hors le monde “ouvert”. Ni prosélyte, ni film à charge, La Prière ne prouve ni n'élucide rien : il montre les effets — placebo ? Sur ce point, chacun se fera sa religion — d’une thérapie par l’ascèse, où une addiction est délogée par une autre (menant du désordre aux ordres), avant d’être chassée par une nouvelle idée fixe, d’ordre sentimental celle-là. Le déclic de la guérison reste aussi brutal dans son mystère que la cristallisation amoureuse ou la survenue d’un miracle : il faut vivre l’événement pour le ressentir ; aussi, les ellipses ménagées par Kahn laissent-elles toute leur place

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Cédric Kahn : « J’ai une attirance pour une forme de radicalité »

"La Prière" | De retour de la Berlinale, où son film a été distingué de l’Ours d’argent pour son jeune interprète Anthony Bajon, Cédric Kahn se confie. Sans se faire prier.

Vincent Raymond | Mercredi 21 mars 2018

Cédric Kahn : « J’ai une attirance pour une forme de radicalité »

Votre personnage “n’existe” cinématographiquement que durant son passage dans la communauté… C. K. : J’avais écrit une première version du scénario il y a 5 ans, où on racontait l’avant, d’où il venait. Mais il ne fonctionnait pas. Ce projet a marché à partir du moment où l’on a mis la prière au centre du récit. Cela s’est fait par étapes : le film commence quand il arrive et finira quand il part, comme un western ; comme quelqu’un qui tape à la porte du ranch et dit : « sauvez-moi ! ». La situation était tellement forte, simple et lisible que plus on en racontait, plus elle s’affaiblissait. On ne trouvait pas de meilleur enjeu que l’histoire d’un gars arrivant en disant : « j’ai failli mourir et j’ai envie de vivre ». Tous les détails ajoutés sur la biographie amenuisaient le personnage. C’est assez étrange, et un peu contraire à toutes les règles du scénario. Quelles ont été vos sources documentaires ? Comment avez-vous recueilli les parcours de vie des résidents s’exprimant face caméra ?

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"Corps et Âme" : Cerf moi fort

ECRANS | Improbable comme la rencontre entre un homme au bras handicapé et une femme légèrement autiste dans un abattoir hongrois, cette romance nimbée d’onirique pleine de vie dans un lieu de mort touche au cœur par sa subtile poésie. Ours d’Or à la Berlinale 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 25 octobre 2017

Contrôleuse qualité récemment arrivée dans l’abattoir que dirige Endre, Mária se distingue par sa distance impassible et sa froideur mécanique. Découvrant par hasard qu’ils effectuent chaque nuit le même rêve, ils tentent de se rapprocher l’un de l’autre les jours suivants. À pas feutrés… À mille lieues du cynisme dont l’époque se pourlèche, deux des plus grands festivals cinématographiques de la planète ont accordé cette année leur distinction suprême à des œuvres présentant une étrange gémellité, ainsi qu’une formidable audace : elles proposaient une authentique romance ; une histoire d’amour pure et simple entre deux être marginalisés par le reste du monde. Ainsi le Lion vénitien a-t-il rugi pour La Forme de l’eau de Guillermo del Toro — patience : il ne sera sur les écrans qu’en février —, et l’Ours berlinois hurlé pour cet apprivoisement délicat, cette union de deux solitudes glacées célébrée par une cinéaste aussi rare que résolue dans ses choix. De l’amour Car tourner une histoire sentimentale sans dérision g

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Yanis : « J'ai laissé du temps aux choses »

MUSIQUES | Sous le pseudo de Sliimy, il avait cotôyé le succès très (trop) jeune. Le Stéphanois a pris du recul quelques années, avant de revenir sur le devant de la scène sous son vrai nom, Yanis, et de proposer une musique qui lui ressemble vraiment sur un premier EP L'Heure Bleue. Un come-back réussi dans une électro-pop bleutée aux contours marqués et aux méandres sonores de qualité. Il sera sur scène au Fil pour Paroles et Musique le jeudi 26 mai. Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Vendredi 20 mai 2016

Yanis : « J'ai laissé du temps aux choses »

Votre premier EP, sous le nom de Yanis, s'intitule L'Heure Bleue. Ce titre est-il inspiré de ce moment de la journée où le soleil n'est pas encore levé et la nuit pas tout à fait terminée ? Yanis : Il y a plein de sens et de symboliques à ce choix. C'est vrai que c'est un moment "entre deux" où les choses se métamorphosent assez vite et où l'on est vraiment conscient du temps qui passe. Il se trouve que c'est assez à l'image de ce que j'ai vécu ces dernières années lorsque je composais cet EP. J'ai laissé du temps aux choses et c'était une métamorphose. Je me suis rapproché de la couleur bleue également, qui m'a détendu. Je fonctionne beaucoup avec les couleurs quand je compose ou que je visualise ce que je veux faire musicalement. C'est devenu un fil conducteur. Enfin, je trouvais intéressant d'avoir un titre en français, ça faisait un clin d'oeil également à la France. « La pochette représente aussi cet état dans lequel j'étais à Berlin, où j'étais au bord des choses, et où j'ai pris des risques. » Vous avez travaillé ce mini-album entre Paris et Berlin. Est-ce que la cap

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Ce sentiment de l'été

ECRANS | De Mikhaël Hers (Fr., 1h46) avec Anders Danielsen Lie, Judith Chemla, Marie Rivière...

Vincent Raymond | Mercredi 17 février 2016

Ce sentiment de l'été

Si Mikhaël Hers situe son film successivement à Berlin, Paris, Annecy et New York, lui semble résider en ce pays plus virtuel mais transversal qu’est la nostalgie. L’inspiration qu’il en tire connaît des fortunes diverses : Memory Lane (2010), film de bande flasque, avait manqué le coche ; Ce sentiment de l’été réussit en revanche avec une remarquable délicatesse à emmagasiner tout les promesses de son titre elliptique (telle l’impression physique de la chaleur irradiante) en évoquant comme rarement le deuil à travers l’absence. Celle d’un personnage dont la mort survient de manière inattendue et dont la cérémonie funéraire elle-même est occultée. Seuls restent les vivants, devant composer avec leur stupeur muette, avant de recomposer leur vie. Plutôt que de les montrer succombant à la déréliction et la déprime, Hers les présente pendant des phases de reconstruction. Ce parti-pris se retrouve à l’écran : avec son gros grain vibrionnant, ses couleurs vives, l’image rappelle le format 16mm du cinéma son direct, avide de parcourir les rues en quête d’un souffle de vie nouveau et d’inattendu. Une pulsion d’énergie vitale

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T’as voulu voir Berlin

ARTS | Pour sa toute nouvelle exposition, le photographe Bernard Pharabet présente une série d’images réalisées au cours de deux séjours à Berlin, en juin 2013 et mars (...)

Niko Rodamel | Jeudi 3 septembre 2015

T’as voulu voir Berlin

Pour sa toute nouvelle exposition, le photographe Bernard Pharabet présente une série d’images réalisées au cours de deux séjours à Berlin, en juin 2013 et mars 2014. Grandement imprégné de son histoire personnelle consciente ou inconsciente, familiale et professionnelle, l’artiste a ressenti une forme d’intranquillité qui s’avérera étonnement motrice pour réaliser, sélectionner puis partager les photographies de ce BERLIN on LINE. Il décortique ainsi la cité allemande en fin observateur avec une sensibilité aussi sincère que personnelle : « La ville de Berlin est un très vaste espace vert taillé de lignes qui s’entrechoquent horizontalement et verticalement dans un concert de grues et de chantiers permanents, cicatrices de l’histoire, vestiges, traces, monuments, pistes d’atterrissages sans avion, zones vierges, collines artificielles, fleuves, lacs… Des lignes interconnectées avec un réseau de communications, de métros, trains, bus, routes et pistes cyclables... Ce qui m’a frappé, non pas les restes du mur que l’on sait aujourd’hui, surmonté et franchi, mais la présence d’une vitalité instantanée dans ces fragments du quotidien qui m’ont fait prendre

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«Laisser l'essence de la partition s'exprimer»

MUSIQUES | Après avoir dirigé «La Clémence de Titus» en février dernier, David Reiland, premier chef invité à l´Opéra-Théâtre de Saint-Étienne, va diriger une nouvelle fois une œuvre du grand Mozart, «La Flûte Enchantée», à la fin du mois. Rencontre avec ce jeune chef d'orchestre qui partage sa vie entre la Loire, la Belgique, le Luxembourg et bientôt l'Allemagne. Propos recueillis par Alain Koenig.

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

«Laisser l'essence de la partition s'exprimer»

Vous semblez avoir pour la musique de Mozart des prédispositions naturelles, La Clémence, Mithridate à Paris, et maintenant La Flûte Enchantée. Quelle conception avez-vous de la musique de Mozart ? Mozart m'accompagne effectivement depuis mes débuts à l'opéra. C'était en Autriche, il y a un peu moins de 10 ans déjà. L'univers d'un compositeur est pleinement comparable à une langue vivante. Il recèle sa propre syntaxe, ses accents toniques, sa prononciation, ses conventions rhétoriques et il reflète également un art de vivre, une philosophie, une profondeur d'âme...Et, je l'avoue, c'est un bonheur exquis pour moi de parler "Mozart". Pendant mes études au Mozarteum de Salzbourg, j' ai fait la rencontre de Nikolaus Harnoncourt qui m' a considérablement encouragé à développer ma propre conception- intuitive et fidèle- de l'œuvre de Mozart, tout en tenant compte des connaissances musicologiques et historiques dont nous disposons. Mozart se caractérise, à mon sens, par la théâtralité et la vocalité de ses lignes contrapuntiques et par son incroyable sens de la narration et de l'articulation. Comment abordez-vous La Flûte Enchantée en particuli

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L’Enquête

ECRANS | De Vincent Garenq (Fr, 1h46) avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto…

Christophe Chabert | Mardi 10 février 2015

L’Enquête

C’était un défi : raconter le calvaire de Denis Robert, aux prises avec l’affaire Clearstream pendant près de dix ans en une fiction (très) documentée de 106 minutes. D’autant plus que L’Enquête vient après une série de films français tirés de faits réels tous plus inopérants les uns que les autres, incapables de transcender leur matériau de départ ou de contourner les clichés du genre. Vincent Garenq, peut-être parce qu’il avait déjà essuyé les plâtres avec le pas terrible Présumé coupable d’après l’affaire d’Outreau, s’en sort avec les honneurs : son film est prenant, rapide, habilement construit et cherche en permanence à donner de l’ampleur cinématographique à son sujet. Il n’y parvient pas toujours, les scories du polar hexagonal sont bien là — les flics sont raides comme des flics, les avocats parlent comme des avocats — et on reste loin d’un Sidney Lumet. Mais L’Enquête a pour lui son désir de ne rien cacher, ni les noms des protagonistes, ni leurs renoncements, ni leurs énigmes. De Libération à De Villepin en passant par le boss d’Elf, le film ne fait pas de prisonniers et fonce à la même allure que son héros — incarné par un Gilles Lel

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Vandal

ECRANS | D’Hélier Cisterne (Fr, 1h23) avec Zinedine Benchedine, Chloé Lecerf, Emile Berling…

Christophe Chabert | Lundi 7 octobre 2013

Vandal

Chérif, ado à problème, est envoyé à Strasbourg pour passer son CAP de maçon, où il est accueilli par son oncle pète-sec — un Jean-Marc Barr très bear — et où il retrouve son père démissionnaire mais sympa — étonnant Ramzy. Il découvre alors, fasciné, que son cousin, sous ses allures de gentil garçon propret, fait partie d’un collectif de graffeurs sévissant la nuit sous le pseudo de Ork, à la recherche de leur rival sans visage, Vandal. Auteur d’un court métrage magnifique — Les Paradis perdus — Hélier Cisterne signe un premier long qui ressemble un peu trop à un premier long français : un récit d’initiation que l’on essaye de renouveler par son background plus que dans sa mécanique. C’est bien le problème : le scénario est vraiment trop appliqué, où rimes et intentions sont maladroitement soulignées, tellement scolaire que l’on a toujours une bonne longueur d’avance sur les événements. En revanche, Vandal possède une belle énergie, que ce soit celle de ses jeunes comédiens, excellents, par celle qui se dégage des scènes de graff, portées par une mus

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La Femme déferle sur Saint-Étienne

MUSIQUES | Après avoir déchaîné Lyon et Grenoble, c'est au tour de Saint-Étienne de prendre sa planche et d'aller rider aux sons de La Femme, groupe phénomène chic et choc de la scène rock française. Attention, alerte tsunami dans le Forez ! Nicolas Bros

Nicolas Bros | Dimanche 22 septembre 2013

La Femme déferle 
sur Saint-Étienne

S'il y a bien un groupe qui aura explosé (dans le bon sens du terme) en 2013, c'est assurément La Femme. Avec son premier album Psycho Tropical Berlin sorti en avril 2013 et son titre phare La Planche, devenu hymne « officiel » du groupe, La Femme a imposé sa musique synthétique. Un son situé aux confins du rock et de la pop et affilié tantôt à la surf music tantôt à la mélancolie bien frappée de la cold wave 80's. Après avoir enflammé Lyonnais et Grenoblois (cf article Une Femme fatale sur scène par B. Mialot dans PB Grenoble n°889, 17 mai 2013), le groupe viendra retourner à son tour le public stéphanois. Habitués à délivrer des prestations scéniques déglinguées et renversantes, ces pourvoyeurs de sons psychés ont pris de l'allure et surtout de l'ampleur depuis leurs premiers lives de 2010/2011 où leur style restait encore à peaufiner. Aujourd'hui, l'identité du groupe est bien ancrée dans le paysage musical. La Femme fait figure, au même titre que Fauve, Lescop ou encore Aline (avec qui le groupe partagera la scène du FIL), des formations ambassadrices d'une nouvelle "hype à la française". Accumulant les dates aux quatre coins de l'Hexagone mais sur

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