Trêve hivernale

ARTS | Le 11 décembre a pris fin à l'Assaut de la menuiserie l’exposition Salon D’automne (remix) carte blanche accordée à Marc Geneix, Sébastien Maloberti et Simon Feydieu, membres de la galerie associative In Extenso qui a vu le jour en 2002 à Clermont Ferrand. Une exposition inscrite dans le cadre d’un échange artistique entre l’Assaut de la Menuiserie et son homologue clermontois.

Marc Chassaubene | Jeudi 29 décembre 2011

Après avoir accueilli du 17 juin au 15 juillet 2011 à Clermont-Ferrand l'exposition collective Ce que je vois (whoo hee ha ha) conçu par l'Assaut, c'était donc au tour de la galerie stéphanoise de rendre l'invitation.

Ainsi les trois artistes, ayant également une pratique de commissariat à travers la galerie In Extenso pour Marc et Sébastien, et par la galerie Néon à Lyon pour Simon, ont réalisé une exposition collective avec une forte résonance entre les pièces, conçue tout en contraste entre les salles. Dans la première salle, investie par Marc Geneix, une sensation de vide se faisait ressentir. Deux pièces : une table noire sciée en son milieu et recollée semblable à un livre ouvert, puis au fond, posé sur une étagère, un exemplaire du quotidien Le Monde converti en masque. Cette première salle contrastait avec la suivante, tout d'un coup rapetissée face à la sculpture monumentale, réalisée in situ par Simon Feydieu. Hommage au Merzbau de Kurt Schwitters, massive et agressive par ses volumes géométriques, ses pleins, ses angles et arrêtes, à la surface comme bétonnée faussement lissée. Son autre face laissant découvrir un amas d'objets lourds (pneus, canapés, réfrigérateurs…) récoltés dans les rues stéphanoises par l'artiste. Dans cette même salle, partageant l'espace, était accrochée une imposante affiche traitée en monochrome de Sébastien Maloberti. Ces 2 monstres ne donnant que plus de fragilité au tube en acier de Sébastien posé discrètement dans un coin. La salle suivante, l'esquisse ou les traces d'un mobile : un chapiteau (en faux) marbre flotte sur les restes de la colonne qui semble à terre, écroulée, le tout lié par un frêle câble en acier. Enfin, la dernière salle met en parallèle deux vidéos. De cette association libre et aléatoire va naître un véritable dialogue d'instants sensibles, qui font apparaître de façon furtive de réels tableaux animés.

Cette exposition fut construite par les artistes-commissaires de façon empirique et « improvisée » à priori, qui offrait un cheminement poétique dans lequel les objets quotidiens détournés, destitués de leur fonctions et de leur sens pour devenir médiums, supports ou matériaux d'un autre langage variant entre légèreté, poésie voire onirisme,  se risquant même à la violence.

C'est ainsi que la troisième admirable année conçue par la nouvelle équipe de l'association l'Assaut de la Menuiserie, co-dirigée par Franck Lestard, Blandine Gwizdala et Wandrille Duruflé,  s'est clôturée sur une programmation 2011 riche par les œuvres et travaux proposés, variée par la palette d'artistes accueillis proposant des pratiques diverses.

Laissons maintenant le temps à l'équipe de faire quelques travaux afin de nous offrir dès le mois de mars un lieu repensé qui sera inauguré par deux artistes Belges Charles et Adrien. Un travail pour Adrien en partenariat avec le cinéma le Méliès.

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