Croire en son imagination

Nicolas Bros | Mardi 1 décembre 2015

Photo : © Pierre Seinturier - In the twilight zone of his own secret thoughts, 2015 Crayon de couleur sur papier et pierre noire 29, 7 x 21 cm Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris


Depuis six ans, le Musée d'art moderne et contemporain propose, via le prix annuel décerné par son club de partenaires, à un jeune artiste des arts graphiques, vivant en France, d'exposer quelques œuvres, puis en acquiert une, à l'issue de ce temps d'accrochage. Après Agathe Pitié en 2014, c'est Pierre Seinturier qui s'y colle. Avec un parcours énigmatique au cœur du musée ou l'on plonge successivement entre les peintures, un diorama, des dessins ou encore des gravures, l'exposition proposée par Seinturier est un jeu de piste très complet, tel un cabinet de curiosités édifié par un talent émergent possédant déjà de l'expérience. Une exploration construite autour de quatre séquences distinctes mais cohérentes. Inspiré autant par la littérature que par l'architecture ou la musique (beaucoup de titres de ses œuvres sont des références à des chansons), le diplômé des Arts Déco s'amuse à nous prendre par la main et nous invite à fureter entre les dolomites ou à nous pencher sur des pastels sombres très cinématographiques. On retrouve du Hopper ou du Modiano, on plonge dans cette collection d'œuvres travaillant sur les couleurs, la lumière et la matière. « Chaque visiteur est le propre réalisateur de son propre film », explique l'artiste qui continue en ajoutant que « ce que nous ne savons pas, nous l'imaginons. » Et c'est bien là la force de cette exposition où les œuvres touchent, intriguent. On imagine avec plaisir et délectation. NB

Pierre Seinturier, I want to believe, jusqu'au 21 février 2016, au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole


Pierre Seinturier

"I want to believe", peintures, diorama, gravures, etc
Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole Rue Fernand Léger Saint-Priest-en-Jarez
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Volumes

Musée | Avec Au seuil de soi, l'artiste français Gyan Panchal met en scène des volumes massifs où les matériaux sont réduits à leur plus simple expression, ainsi que (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Volumes

Avec Au seuil de soi, l'artiste français Gyan Panchal met en scène des volumes massifs où les matériaux sont réduits à leur plus simple expression, ainsi que des objets glanés en milieu rural devenus presque méconnaissables. Une invitation à déambuler parmi une trentaine d'oeuvres dans une succession d'atmosphères très épurées. Gyan Panchal, jusqu'au 22 septembre, Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole

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Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Art contemporain | Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et (...)

Nicolas Bros | Lundi 1 avril 2019

Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Né en 1977, l'artiste est sorti diplômé en 2003 de l'École des Beaux-Arts de Paris. Il a exposé à Paris, Montpellier, Sarajevo et aux Pays-Bas. Il créé des dessins-poèmes, en petits formats « nous incitant à considérer non seulement l'aritculation entre texte et image, mais aussi l'idée du tecte en tant qu'image. » Ses oeuvres seront présentées en septembre 2019 au MAMC.

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Damien Deroubaix décoiffe le MAMC

Musée | Dans le cadre de son trentième anniversaire, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole présente conjointement pas moins de cinq nouvelles expositions, défendant des thématiques qui se répondent intelligemment ou se télescopent délicieusement. Headbangers Ball met à l’honneur le travail de Damien Deroubaix, un artiste stéphanois de coeur à (re)découvrir absolument.

Niko Rodamel | Mercredi 9 janvier 2019

Damien Deroubaix décoiffe le MAMC

Après les expositions consacrées à Valérie Jouve et Jean-Michel Othoniel, le MAMC+ a donc choisi d’offrir une carte blanche à Damien Deroubaix, autre artiste issu du terreau artistique local connaissant un succès international amplement justifié. L’œuvre du plasticien est à la fois singulière par sa patte dadaïquement trash truffée de références ironiquement graves, et plurielle par son étonnante variété formelle. Les multiples sources d’inspiration de l’artiste prennent corps au travers d’une grande diversité de techniques mises en œuvres : peinture à l’huile et aquarelle, gravure et tapisserie, sculpture ou encore installation. Sous le bienveillant commissariat de Martine Dancer-Mourès, conservatrice en chef du patrimoine, Deroubaix a pensé de A à Z cette exposition qui lui offre l’occasion de présenter des oeuvres inédites et de définir sa propre vision de la peinture. La visite commence par une sorte d’antichambre où sont livrées quelques clés de l’univers du peintre, une pièce dans laquelle est présenté un foisonnement de dessins préparatoires, de croquis, de collages et de carnets d'inspirations, témoignant dans un joyeux foutoir (le chaos ?) des nombreuses recherches eff

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Best of

ARTS | Après une année passée en Chine à combler près d’un million de visiteurs, une cinquantaine de chefs-d’oeuvre de la collection du MAMC+ rentre au bercail (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Best of

Après une année passée en Chine à combler près d’un million de visiteurs, une cinquantaine de chefs-d’oeuvre de la collection du MAMC+ rentre au bercail pile-poil pour clôturer la programmation fleuve de son trentième anniversaire. Des toiles de Monet, Courbet, Matisse, Picasso, Soulages ou Dubuffet qui témoignent des circonvolutions de l’histoire de la peinture française depuis deux siècles, sur « les chemins de la modernité ». De Monet à Soulages, du 1er décembre 2018 au 17 février 2019, Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole

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Grand angle

Photographie | Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole n’en finit pas de fêter son trentième anniversaire. L’exposition consacrée à l'artiste indien Anish Kapoor laisse la place à deux nouvelles expositions qui mettent à l’honneur la photographie, avec notamment les images de Valérie Jouve.

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Grand angle

Appelouse de naissance, Valérie Jouve expose son travail pour la toute première fois au MAMC. Egalement vidéaste et réalisatrice, la photographe construit depuis le début des années quatre-vingt-dix une œuvre singulière, interrogeant la présence humaine dans la ville avec un angle documentaire pétri d’empathie. La démarche est avant tout intuitive, l’artiste préférant partager ce qu’elle-même ressent plutôt que de chercher à faire comprendre. « C'est par l'émotion que l'image photographique engage les spectateurs dans ce monde » affirme-t-elle. Pour l’exposition Formes de vie, Valérie Jouve présente conjointement un film et une sélection de photographies figurant des êtres et des lieux. L’accrochage rassemble et rapproche des images inédites réalisées à Saint-Étienne par le passé et d’autres, plus récentes. La photographe laisse ainsi poindre une silencieuse et intime conversation avec sa région. Quand on arrive en ville La seconde exposition, Vues urbaines, présente des œuvres peu montrées d’une dizaine de photographes dont Günther Förg, Jochen Gerz, Laurent Gueneau, Nigel Henderson, Ito Josué, Rajak Ohanian ou Wolf Vostell. Bala

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Plus de 30 000 visiteurs pour Anish Kapoor

Art moderne et contemporain | L'exposition du Britannique Anish Kapoor au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, dans le cadre des 30 ans de l'établissement (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 mars 2018

Plus de 30 000 visiteurs pour Anish Kapoor

L'exposition du Britannique Anish Kapoor au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, dans le cadre des 30 ans de l'établissement stéphanois, a fait le plein. Plus de 30 000 visiteurs se sont pressés au MAMC+ depuis novembre 2017 pour découvrir les œuvres de My Red Homeland. Pour celles et ceux que cette présentation intéresserait, il leur faudra se presser avant le dimanche 8 avril et la fermeture de cette expo-événement pour le démontage et la préparation de nouvelles expositions, notamment de la photographe Valérie Jouve (dès le 19 mai) et de l'artiste sculpteur d’origine stéphanoise, internationalement reconnu, Jean-Michel Othoniel (dès le 26 mai). Parallèlement, l'exposition des collections Considérer le monde restera accessible au public à tarif réduit pendant cette période d'installation.

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Des caisses aux cimaises

Art moderne et contemporain | Le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole fête en grande pompe son trentième anniversaire, proposant simultanément une singulière exposition du Britannique Anish Kapoor et une abondante sélection d’œuvres puisée dans les propres collections de l’institution. Deux très bonnes raisons de redécouvrir le MAMC !

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Des caisses aux cimaises

Les prémices de l’aventure remontent à l’année 1833 avec la création du Palais des Arts qui deviendra plus tard le Musée d’Art et d’Industrie. Dès 1947, le Conservateur Maurice Allemand met en place une politique tournée vers l’art moderne, posant les bases de la collection de l’actuel MAMC+. En 1944, Pablo Picasso lui-même offrira au Musée Nature morte, pot, verre et orange. Les premières acquisitions notoires seront celles des Nymphéas de Claude Monet en 1924, de Selfportrait d’Andy Warhol en 1973 ou encore Trois femmes sur fond rouge de Fernand Léger en 1983. La création d’un nouveau bâtiment devient très vite une évidente nécessité. Après la visite du Président de la République François Mitterrand un mois plus tôt, le Musée d’Art Moderne sera officiellement inauguré le 10 décembre 1987 en présence du Ministre de la Culture François Léotard, Bernard Ceysson devenant alors directeur de l’un des premiers musées d’art contemporains créés hors de la capitale. Une dimension internationale Dans les années quantre-vingt-dix, d’importantes donations contribueront à hisser la collection du Musée à un niveau international. En tr

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Les grosses têtes au musée

ARTS | Parmi les expositions en place au Musée d'Art Moderne et Contemporain, il en est une qui étonne, impressionne et questionne à la fois. L’artiste catalan (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 mai 2017

Les grosses têtes au musée

Parmi les expositions en place au Musée d'Art Moderne et Contemporain, il en est une qui étonne, impressionne et questionne à la fois. L’artiste catalan Jaume Plensa est venu installer deux séries inédites d’œuvres monumentales dans l’espace central du musée. Réalisées entre 2015 et 2016, les déformations sculpturales Lou, Laura Asia, Wilsis, Mar et Julia représentent cinq visages féminins aux yeux fermés, cinq têtes en fonte de fer de 4 à 5 mètres de hauteur et pesant chacune près de 3 tonnes, dont l’apparence change selon le point d’observation. Jaume Plensa tiraille le regard du visiteur entre 2D et 3D, altérant malicieusement son point de vue au gré des déambulations parmi les cinq belles endormies parées d’un noir lisse et profond. Pour autant, une des particularités du travail de l’artiste espagnol est aussi de chercher à faire entrer la lumière dans la sculpture, laquelle reste le plus souvent pleine, compacte et donc impénétrable. Comme en témoignent les deux autres pièces, Laura et Lou, créées en 2017, deux volumineuses têtes d’acier inoxydable qui se font face. Jaume Plensa, jusqu’au 17 se

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