Bric à brac

Niko Rodamel | Lundi 27 novembre 2017

Photo : Dessin @ Léna von BusseCoussin @ Daniela et Vincent Jean-Yves


Tout comme le font l'Atelier du Coin et d'autres galeries-boutiques stéphanoises à l'approche de Noël, le Beluga propose une exposition collective qui donne à ceux qui en manqueraient quelques idées de cadeaux originaux. Les créations des garçons et celles des filles (une trentaine de créateurs au total) se répondent dans un face à face malicieux, de mur à mur (mais aussi dans les vitrines), dans un jeu de doubles et de correspondances, déclinant les voies multiples du portrait. L'occasion de retrouver côte à côte les productions d'artistes stéphanois parmi lesquels Manu Chandès, Deloupy, Claire Malen, Esperanza Pena, Charlotte Piérot, Véronique Vernette, Léna von Busse, Daniela Vincent Jean-Yves… Au programme : acryliques et aquarelles, dessins au Posca ou à l'encre de Chine, tirages argentiques et typographies, photomontages et photogrammes, sérigraphies et carnets, grès et porcelaine papier, collages, gravures sur bois et autres broderies sur coussins. Boys meet girls, une expo en forme de jeu de piste, à découvrir au Beluga jusqu'au 24 décembre, à Saint-Étienne.


Boys meet girls

Exposition collective qui pose la question du portrait d'hommes et de femmes d'aujourd'hui.
Beluga 9, rue Denfert Rochereau Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Histoires délivrées

Littérature ado | C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son (...)

Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

Histoires délivrées

C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son premier festival entièrement dédié à la littérature ado. Vendredi 2 et samedi 3 juillet, Livreurs d'histoires réunira dix auteurs dont les œuvres s'adressent aux 12/18 ans. Parmi ceux-là, Clémentine Beauvais (marraine de cette première), Élise Fontenaille, Myriam Gallot, Jean-Claude Mourlevat - dont nous avons tiré le portrait ce mois -, Zac Deloupy ou encore Jhon Rachid & Léni Malki. À noter que ces deux jours seront également ponctués de plusieurs animations telles que des ateliers Tik Tok (avis aux non-initiés...), coaching vocal et d'écriture mais aussi un concert avec le rappeur Djemin et une adaptation dansée par le Ballet 21 de l'ouvrage Décomposée de Clémentine Beauvais. Festi

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Songwriter

MUSIQUES | Au fil des albums, tous aussi subtils les uns que les autres, Piers Faccini n’en finit pas de nous caresser les tympans. Tel un artisan aux mains (...)

Niko Rodamel | Mardi 6 octobre 2020

Songwriter

Au fil des albums, tous aussi subtils les uns que les autres, Piers Faccini n’en finit pas de nous caresser les tympans. Tel un artisan aux mains d’or, il tisse une pop-folk salée-sucrée, aérienne et délicate. Il y a chez cet homme du Léonard Cohen, c’est certain, mais ici la poésie l’emporte sur la noirceur. Aussi à l’aise à la guitare et à l’harmonica qu’au chant, Faccini sera accompagné par Simone Prattico (batterie, xylophone), Malik Ziad (guembri, mandole), Juliette Serrad (violoncelle) et Séverine Morfin (violon alto). Piers Faccini Quintet, samedi 10 octobre à 20h30, théâtre de Couzon à Rive-de-Gier

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"Voir le jour" : Sages femmes

ECRANS | De Marion Laine (Fr., 1h31) avec Sandrine Bonnaire, Brigitte Roüan, Aure Atika…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

À l’hôpital de Marseille, Jeanne est auxiliaire dans un service de maternité. Son quotidien, entre les arrivées, les départs, les naissances ; les relations tantôt coulantes, tantôt houleuses avec les collègues ou l’administration… Et puis la vie à côté, avec sa fille de 18 ans, presque autonome… Qu’elles soient documentaires ou frictionnelles, issues d’un long métrages (comme Hippocrate) ou non, les séries thématiques hospitalières nous ont familiarisés depuis deux décennies avec les couloirs aseptisés et le vocabulaire spécifique ou l’adrénaline qui les parcourent. Faisant partie de la cohorte des films décalés par la pandémie, Sages femmes tombe à point nommé dans la mesure où il s’articule autour des difficultés récurrentes de fonctionnement du service : la continuité des soins, l’usure des personnels, le manque de suivi des stagiaires, les risques, la vétusté sont compensés par l’investissement surhumain des équipes plaçant leur mission au-dessus de leur vie personnelle — ce qui n’empêche pas, hélas, les fautes. L’eût-on vu avant la crise de la Covid-19 (ce qu

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L'École-Musée Chappe, l'enfance de l'art

Art urbain / Lieu | Une fois n'est pas coutume c'est d'un lieu, non pas d'une personne, dont nous dressons ce mois-ci le portrait. Septembre oblige, c'est la rentrée, à la fois celle des classes et celle de la culture. Nous sommes donc allés visiter une école stéphanoise plutôt atypique, l'École-Musée Chappe. Nous y avons rencontré le jeune directeur de "la maternelle", Jérémy Rousset, pilote d'un projet aussi original qu'audacieux.

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

L'École-Musée Chappe, l'enfance de l'art

Nous sommes bien ici dans une école publique. Les frères Chappe qui donnent leur nom à l'école n'étaient pas des religieux, mais une fratrie de cinq frangins à l'origine du télégraphe. Dont acte. C'est dans la salle des profs commune, entre le photocopieur et la cafetière, que Jérémy Rousset nous reçoit, tout sourire, à quelques jours de la rentrée. Enseignant depuis 2007, Jérémy a presque toujours travaillé en réseau d'éducation prioritaire (REP), avec une petite parenthèse australienne. Il est arrivé dans cette école en 2013 où il assure la direction de l'école maternelle tout en ayant lui-même la charge d'une classe à mi-temps. « L'école maternelle compte sept classes et l'école élémentaire 17 classes, pour un total d'environ 500 élèves. Nous avons une vraie mixité sociale, à l'image du centre-ville de Saint-Étienne et plus précisément du Crêt de Roch, avec à la fois des familles parfois en grande précarité et d'autres plus middle class, voire favorisées. » Une mixité dont on fait ici une richesse, grâce à un projet novateur qui permet de rassembler tout le monde autour d'une culture commune. L'élément déclencheur fut sans doute la venue à l'école du couple de stree

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Elise Otzenberger : « Si ça permettait à des gens d’être curieux, ce serait formidable »

Lune de miel | D’une histoire intime inscrite dans l’Histoire, Élise Otzenberger a tiré une tragi-comédie aux faux-airs de Woody Allen émaillée de séquences documentaires et de dialogues volontiers corrosifs. Tête à tête à l’occasion des Rencontres de Gérardmer…

Vincent Raymond | Mercredi 12 juin 2019

Elise Otzenberger : « Si ça permettait à des gens d’être curieux, ce serait formidable »

Avec ses couleurs désaturées et ses contrastes marqués, votre film possède un côté un peu passé, semblable aux vieilles photos patinées — des photos qui sont très présentes, évoquant l’idée d’une mémoire qui ressurgit… Élise Otzenberger : Oui, effectivement. J’avais beaucoup parlé à ma cheffe-opératrice de références dans le cinéma américain des années 1970, et de films comme Le Lauréat ou Kramer contre Kramer ayant cette notion de couleur assez importante. Très rapidement, on s’est aussi rendues compte de l’importance des photos dans l’histoire et qu’il fallait leur donner une présence très forte. Chez moi, ma mère a passé sa vie à dire : « Ah, je vais faire des albums photos, je vais faire des albums photo ! » sans jamais en faire. On avait des tonnes de cartons dans lesquels les photos formaient un fouillis complètement anachroniques, et où j’ai passé des heures de mon enfance — c’était assez joyeux ! Je pense qu’on est pas mal de familles dans ce cas, pas uniquement juives.

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"Lune de Miel" : Suites polonaises

ECRANS | De Elise Otzenberger (Fr., 1h28) avec Judith Chemla, Arthur Igual, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Mercredi 12 juin 2019

Anna et Adam partagent leur vie, un enfant et des origines juives polonaises. Quand Adam est invité à une commémoration dans le village de Pologne d'où venaient ses grands-parents, Anna saisit l'occasion pour l'entraîner dans un pèlerinage intime. Qu'elle prend plus à cœur que lui… Ce film tient de la quadrature du cercle, et il pourrait faire bondir celles et ceux qui s’arrêteraient à sa surface de comédie sentimentale et familiale traitant… de l’héritage de la Shoah. Nulle provocation chez Élise Otzenberger, bien au contraire, pour qui l’humour a sans doute été un formidable outil cathartique. Nourrie d’histoire(s) familiale(s), Lune de Miel rappelle avec son entame rapide dynamisée par les répliques délirantes du personnage de Brigitte Roüan, les grandes heures du cinéma de Woody Allen époque Annie Hall/Manhattan : le socle dramatique est submergé par le rire et l’absurde, comme pour faire diversion. Au fil du voyage cependant, la fiction va à plusieurs reprises être entrecoupée par des séquences plus documentarisantes : cer

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Budz l’éclair

Reggae | Né il y a trois ans à peine dans le 74, le projet Willy Budz trace sa route l’air de rien. Après quelques premières parties plutôt encourageantes (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Budz l’éclair

Né il y a trois ans à peine dans le 74, le projet Willy Budz trace sa route l’air de rien. Après quelques premières parties plutôt encourageantes (Slimane, Danakil et I Woks, Le Peuple de l’Herbe, Black Roots…), les Haut-Savoyards s’invitent dans les festivals régionaux, prennent un peu de hauteur sur la BalconyTV de Genève et squattent le top 3 de divers tremplins, comme le dispositif d’accompagnement Sortie de Pistes à Annemasse ou le Musik’CASTING de la banque verte à Annecy. Step by step, les Budz boys peaufinent les contours d’un style bien à eux, avec un propos reggae qui se coule sans calcul dans une soul teintée de hip hop, un mix d’influences diverses qui au final accouche d’un son étonnamment cohérent. La voix au timbre singulier survole dans un flow puissant des lignes mélodiques bien inspirées que livre un combo guitare-clavier-trompette-basse-batterie sans faille. C’est frais et couillu à la fois ! Déjà quelques titres prometteurs font mouche, à l’image de Super Lion ou de Groove avec son imparable refrain. Un groupe à découvrir sur scène à l’occasion de leur passage par la SMAC stéphanoise aux côtés de deux groupes stéphanois, Néréides et Le Coin

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Lerpt de rien

Festival photo | Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Lerpt de rien

Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, Photos dans Lerpt est un festival exigeant et populaire, s’employant à mettre en lumière les regards créatifs des photographes d’aujourd’hui. Ce sont chaque année dix jours d’expositions et de rencontres qui rapprochent amateurs éclairés et professionnels dans leur passion commune pour l’image fixe. Dans la sélection officielle qui regroupe vingt-six photographes issus de toute la France, on retrouve avec plaisir le travail de l’artiste stéphanoise Claire Malen. Photographe résolument militante, Claire poursuit son engagement et sa quête photographique au plus près des femmes en lutte pour leurs droits. Avec Portraits de femmes Tunisiennes (série qui a reçu le soutien de la bourse FIACRE International de la région Rhône-Alpes en 2015), l’artiste restitue des images emplies d’humanité, à la fois poignantes et porteuses d’un vrai espoir. La plupart des expositions sont à découvrir, à l’Espace polyvalent Louis Richard de Saint-Genest-Lerpt, du 11 au 19 mai.

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Murs murs

Street | Nous l'avions rencontré à l'automne 2017 pour retracer son parcours personnel avec, en filigrane, l'aventure des éditions Jarjille. Porté par le succès (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 janvier 2019

Murs murs

Nous l'avions rencontré à l'automne 2017 pour retracer son parcours personnel avec, en filigrane, l'aventure des éditions Jarjille. Porté par le succès de Love Story à l'iranienne (avec Jane Deuxard), Deloupy était alors en plein bouclage de deux nouveaux albums, Algériennes (Marabulles) et Pour la peau (Decourt). Depuis, notre fécond illustrateur a notamment participé au quatrième numéro de Pandora, le classieux pavé-magazine des éditions Casterman. En acceptant l'appel du MUR, le dessinateur stéphanois relève le défi de passer des petites cases de la BD au maxi format de cet ancien panneau publicitaire : vingt-quatre mètres carrés de surface à couvrir en mode panoramique, en bas de la rue du Frère Maras. Mais il en faut bien davantage pour effrayer l'auteur des Faussaires. Chaque premier vendredi du mois, c'est un peu la surprise, l'artiste dévoile son collage en direct, avec l'appui logistique des papiers peintres Ella et Pitr, sous le regard imbibé des étudiants abonnés à la terrasse du BXL. Zac Deloupy ouvre ainsi l'année 2019 avec, sur le MUR de janvier, une œuvre réalisée en famille ! Making of Dans un pr

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Carte postale

Galerie | L’exposition collective 10x15 réunit chez Beluga une généreuse sélection de travaux graphiques et de pièces céramiques, proposés par une vingtaine d’artistes (...)

Niko Rodamel | Mercredi 31 octobre 2018

Carte postale

L’exposition collective 10x15 réunit chez Beluga une généreuse sélection de travaux graphiques et de pièces céramiques, proposés par une vingtaine d’artistes invités dans un format carte postale spécial Noël à prix doux. 10x15, du 16 novembre au 24 décembre, galerie-boutique Beluga à Saint-Étienne

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Entrelacements

ARTS | Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Entrelacements

Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de toiles, Lignes aériennes. Fidèle à son univers en nuances de gris, Sandra s'inscrit pour autant dans une recherche picturale permanente. Le trait épuré, fait d'entrelacements de lignes doucement brisées, laisse entrevoir derrière le geste graphique une quête assurément spirituelle. Les œuvres sur papier entrent en dialogue avec l'architecture de la Médiathèque, des murs au sol, jusqu'à l'esplanade extérieure avec les back-paintings. La ligne d'encre de Chine en mouvement révèle le sens de la transmission et l'échange entre art et culture. Le jeudi 11 octobre à partir de 19h, l'artiste invite le public à participer à la création d'un grand papier peint. Sandra explique : « le projet est de créer un dialogue pictural entre mes compositions, des productions issues des ateliers-laboratoires vécus avec les habitants et enfin les interventions du public le jour du vernissage. Il s'agit donc de développer les trois dimensions de la résidence : artistique d'une part, culturel

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Éric Judor - Julien Guetta : « Le beau ne sort que d’accidents heureux »

Roulez jeunesse ! | Pour son premier long métrage Roulez jeunesse, Julien Guetta a osé demandé à Éric Judor de changer de registre. Cela tombe bien : celui-ci voulait glisser vers un format plus dramatique. Rencontre en deux temps et à deux voix.

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Éric Judor - Julien Guetta : « Le beau ne sort que d’accidents heureux »

Votre film flirte avec la comédie italienne et la comédie à l’anglaise… JG : C’était une des ambitions, clairement. Comme de choisir Eric, qui fait beaucoup de comédies, pour l’emmener vers quelque chose d’autre, dans quelque chose de plus singulier qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir en France. J’ai une très grande admiration pour Éric. C’est un acteur très technique, quelqu’un de très professionnel qui gère la comédie — c’est hyper agréable quand on est réalisateur — et même le drame. Et il est aussi réalisateur… D’où vient ce personnage d’Alex, l’adulte un peu enfant qu’il interprète ? JG : Je pense que j’étais comme ça quand j’ai commencé à écrire. Et que je n’aimais pas trop cette figure — c’est pour ça que je ne trouve pas le personnage complètement irresponsable non plus. C’est un bon gars maladroit, un mec trop gentil, qui sait quand même se démerder avec la vie. Et puis, j’ai eu un fils pendant l’écriture du film, ça a modi

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"Roulez jeunesse" : Père de dépannage

Comédie familiale | de Julien Guetta (Fr., 1h24) avec Éric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Peu rongé par l’ambition, Alex s’épanouit au volant de la dépanneuse du garage administré par sa mère. Son bon cœur le conduit un soir à aider une jeune femme déboussolée, qui l’entraîne chez elle et le plaque le lendemain en lui laissant ses trois enfants en cadeau… Comment grandir quand on n’en éprouve pas le besoin impérieux ; comment accepter de couper le cordon quand on a toujours surprotégé son fils ; comment admettre que l’on a encore besoin de référents adultes lorsque l’on est adolescent ; est-il normal de ne pas éprouver d’instinct maternel ? Roulez jeunesse mesure chaque terme du syntagme “comédie familiale“ en explorant avec finesse le lien et l’attachement sous toutes ses formes — voilà pour les lecteurs·trices de Françoise Dolto. Pour son premier long en tant que réalisateur, Julien Guetta approfondit donc des questionnements entamés dans ses courts métrages Les Ventres vides et surtout Lana del Roy (primé à Villeurbanne), où la famille en crise constituait à la fois le périmètre et la rai

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À l'origine : "Un loup pour l'homme" de Brigitte Giraud

CONNAITRE | C'est parce qu'elle ne connaissait rien de son pays natal que Brigitte Giraud, née à Sidi-Bel-Abbès, a choisi de s'intéresser à la guerre d'Algérie. Parce (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

À l'origine :

C'est parce qu'elle ne connaissait rien de son pays natal que Brigitte Giraud, née à Sidi-Bel-Abbès, a choisi de s'intéresser à la guerre d'Algérie. Parce que c'est dans ce contexte qu'elle est venue au monde et que de ce contexte longtemps elle n'a rien su tout en le portant en elle, comme un héritage familial, un secret qu'elle aura mis du temps à débusquer : l'histoire des vingt ans de ses parents. Quand son père est appelé à rejoindre l'Algérie en 1960, sa femme est enceinte. Dans le roman, ils sont Antoine et Lila. Ne sachant rien de cette guerre dont personne ne lui a dit qu'elle en est une, il refuse néanmoins de porter les armes et officie comme infirmier à Sidi-Bel-Abbès. Elle refuse de vivre sa grossesse loin de son homme et le rejoint pour mettre au monde leur fille auprès de lui. Antoine se trouve alors coincé « entre les blessés et sa femme, entre la mort qui rôde et la vie à venir (…) dans un grand vide qu'il ne sait habiter. » Car au contact des appelés qu'il soigne chaque jour, quand il n'en ramasse pas les morceaux ou consigne les dépouilles, Antoine comprend l'horreur et « la guerre invisible » dont ils son

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Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Rencontre | Avec Un Loup pour l'homme, nominé pour les prix Goncourt et Fémina, Brigitte Giraud livre le roman qui l'habitait depuis toujours et l'histoire dont elle est issue. Celle d'Antoine, un appelé d'Algérie qui découvre en soignant les autres les horreurs de cette guerre dont tout le monde tait le nom. Et de sa femme venue donner la vie sur ce théâtre de mort.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Un Loup pour l'homme romance l'expérience de votre père durant la guerre d'Algérie et de votre mère qui l'a rejoint pour vous mettre au monde. Comment ce qui était au départ un sujet familial est devenu un sujet littéraire ? Brigitte Giraud : De plus en plus, je pense être devenue écrivain pour écrire ce livre. Sur ma carte d'identité, il est écrit « née à Sidi-Bel-Abbès, Algérie » et ce mot, Sidi-Bel-Abbès, est devenu quelque chose de très intime. J'avais ça dans un coin pas tellement reculé de ma tête mais cela m'effrayait d'ouvrir la boîte noire contenant ce qui s'était passé pour mon père pendant la guerre d'Algérie. Il fallait que je prenne le temps de parler avec lui. Ce n'était pas impossible ou tabou mais parfois il faut des années pour s'embarquer sur une voie aussi forte. Il fallait aussi que je me sente un peu plus armée en tant qu'écrivain pour construire un objet littéraire à partir de cela. Et d'un autre côté, ce qui m'a fait ouvrir cette boîte, c'est que je voulais le faire pendant qu'il était temps. Vous n'en aviez jamais parlé avec votre père ? Mon père disait simplement qu'il n'avait ja

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Serge Prud’homme alias Deloupy

Portrait BD | Co-fondateur des Editions Jarjille, Serge Prud’homme (aka Deloupy) est un illustrateur heureux. L’album Love story à l’iranienne sorti aux éditions Delcourt en 2016 (d’après une enquête de Jane Deuxard) a reçu plusieurs prix très encourageants, ouvrant au dessinateur de nouveaux horizons à la lumière d’une reconnaissance amplement méritée. Rencontre, dans son atelier du centre-ville de Saint-Étienne, avec un homme curieux de tout et humainement attachant.

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Serge Prud’homme alias Deloupy

Gamin, Serge lit et relit mille fois les BD familiales, les classiques Tintin, Astérix et Gaston… « Je ne dessinais ni plus ni mieux qu’un enfant ordinaire. » En revanche, sa rencontre avec Michel Jacquet (qui deviendra plus tard son complice Alep) a sans doute été décisive. Les deux garçons se sont connus vers l’âge de huit ans, dans le voisinage de la maison de campagne familiale, entourés de toute une bande de gosses. Pendant des années, les deux copains vont partager leurs lectures mais ils commencent aussi à échanger sur la BD. Il faudra attendre quelques années avant que l’adolescent, optant pour un Bac A3, prenne conscience que le dessin pourrait bien prendre une place grandissante dans son champ des possibles. Après une année infructueuse aux Beaux-arts de Saint-Étienne puis une année sabbatique aux Pays-Bas, Serge s’inscrit presque sur un coup de tête aux Beaux-arts d’Angoulême, capitale nationale autoproclamée de la bande-dessinée. « J’ai passé là-bas trois années très riches dans l’atelier BD où j’ai pu beaucoup mieux cerner les finalités du métier, grâce à de nombreuses rencontres avec des pros, des auteurs ou des éditeurs. » Serge Prud’homme débute

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Black is back

ARTS | La plasticienne Sandra Sanseverino installe une toute nouvelle création, NOIRE LUMINEUSE, imaginée spécialement pour l'ambiance jour/nuit du Fil, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Black is back

La plasticienne Sandra Sanseverino installe une toute nouvelle création, NOIRE LUMINEUSE, imaginée spécialement pour l'ambiance jour/nuit du Fil, jouant comme à son habitude sur les courbes et les variations de noirs dans une apparente monochromie qui recèle pourtant bien des surprises. À découvrir à partir 19 septembre au Fil.

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Comme chez soi

Expo | C’est après avoir découvert ses illustrations dans le livre Poèmes en paysages que Maud Salançon, l’une des gestionnaires de la galerie Beluga, a décidé d’inviter (...)

Léa Pternitis | Mardi 6 juin 2017

Comme chez soi

C’est après avoir découvert ses illustrations dans le livre Poèmes en paysages que Maud Salançon, l’une des gestionnaires de la galerie Beluga, a décidé d’inviter Clothilde Staes à exposer ses gravures lors d’une exposition. Par habitude, elle proposa à cette dernière de convier un autre artiste à exposer à ses côtés. C’est ainsi que naquit l’association de ces gravures colorées à la couture de cordes de Mélanie Clénet. Chacune de leur côté, les deux artistes ont crée ou sélectionné des pièces, proposant une exposition très poétique, laissant l’imaginaire circuler à son gré. Notre regard se promène entre les différentes lithographies, gravures à l’eau-forte, tapis et autres objets faits de cordes qui s'accordent parfaitement, comme dans un cadre intime. Dans un univers très féminin faisant également écho à l’enfance au moyen de ses couleurs vives et de ses formes minimalistes, les deux femmes défendent une esthétique colorée et minimale qui se tourne vers la beauté domestique. Si bien, qu’on se verrait presque vivre au sein de cette exposition. Clothilde Staes & Mélanie Clénet, jusqu'au 30 juin à la galerie Beluga

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Expos : notre sélection

Panorama 16/17 | Emulsions D’origine espagnole, née à Paris et installée à Lyon, Esperanza Peña a toujours dessiné puis s’est très vite intéressée à la peinture et enfin à la (...)

Nicolas Bros | Mardi 6 septembre 2016

Expos : notre sélection

Emulsions D’origine espagnole, née à Paris et installée à Lyon, Esperanza Peña a toujours dessiné puis s’est très vite intéressée à la peinture et enfin à la photographie, avec un attrait prononcé pour le mouvement. Les images qu’elle présentera du 17 septembre au 1er octobre à la galerie Une Image… sont le fruit d’un travail de recherches universitaires, représentant différents états du corps en conjuguant dessin, peinture et photographie en pose longue. Un univers visuel hybride à découvrir. Niko Rodamel Esperanza Peña, du 17 septembre au 1er octobre à la galerie Une Image... Féroces L’illustratrice Amélie Fontaine accrochera aux murs de la galerie Beluga une nouvelle série d’images dessinées à la plume et à l'encre de chine, ainsi que plusieurs sérigraphies. Du 7 octobre au 10 novembre, l’exposition Carnivores mettra en scène des animaux et des personnages évoluant dans une relation ambiguë, entre amour et peur, désir et répulsion. Tigres, guépards, loups, serpents… autant de bêtes sauvages à la beauté dangereuse qu'il faut éviter d'approcher de trop près. Niko Rodamel Amélie Fo

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Initiales B.B.

MUSIQUES | Avec une programmation toujours aussi riche qu’éclectique, le festival Country Rendez-Vous de Craponne-sur-Arzon trace inexorablement sa route avec notamment, pour sa vingt-neuvième édition, la belle Bri Bagwell et le truculent Sanseverino.

Niko Rodamel | Mardi 5 juillet 2016

Initiales B.B.

Niché à mille mètres d’altitude au cœur de la Haute-Loire, le village de Craponne, avec ses deux mille habitants, se transforme chaque année pendant trois jours et depuis bientôt trente ans, en un cinquante et unième État américain. Tout ici est fait pour célébrer la musique country et tout ce qui s’y rapporte, dans une ambiance décalée assumée. Le programme musical fait généralement la part belle aux artistes américains mais pas que ! Cette année, parmi moult formations US, le public pourra découvrir Bri Bagwell, une belle blonde venue tout droit du Nouveau Mexique. Elle avait débuté en 2011 avec le groupe The Banned, dont le premier album annonçait la sortie deux ans plus tard d’un premier EP sous son propre nom. La voix unique et profonde de Bri Bagwell lui a valu d’être élue meilleure chanteuse du Texas en 2013 et 2014. Depuis, la chanteuse passe le plus clair de son temps en tournée, on the road. Papillon Le frenchy (d’origine italienne) de l’édition 2016 n’est pas un inconnu, loin de là. Depuis ses débuts, Sanseverino a tout joué, de Django Reinhardt à Jimi Hendrix, des musiques de l'Est à la Country Music, du jazz manouche à la java en pass

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Le dessin dans la peau

ARTS | Issu de l'école des Beaux-Arts de Saint-Étienne, Manu Chandès est un dessinateur d'exception qui propose son travail dans de nombreux lieux de la cité (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 avril 2016

Le dessin dans la peau

Issu de l'école des Beaux-Arts de Saint-Étienne, Manu Chandès est un dessinateur d'exception qui propose son travail dans de nombreux lieux de la cité forézienne. Avec un trait caractéristique variant selon ses intentions, l'artiste explore le territoire qu'il soit industriel ou naturel. Il nous invite à nous promener et à découvrir sous un œil différent des aspects paysagers nous semblant familiers ou bien des objets tel cet immense cargo qui tient le regard en émoi. NB Manu Chandès, Du Trait, du 18 mars au 23 avril, à la Serre (Saint-Étienne)

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Tu honoreras ta mère et ta mère

ECRANS | De Brigitte Roüan (Fr, 1h32) avec Nicole Garcia, Éric Caravaca, Gaspard Ulliel, Emmanuelle Riva…

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Tu honoreras ta mère et ta mère

À l’image de Nous York, Tu honoreras ta mère et ta mère ressemble à un film de vacances, dans tous les sens du terme. Vacances des protagonistes, venus en Grèce participer à un festival finalement annulé pour cause de crise économique, et du coup réduits à des chamailleries familiales où la mère (Nicole Garcia) devient le centre de toutes les névroses ; mais aussi vacances du scénario, dont on attend sans succès qu’il fasse apparaître un quelconque enjeu dramatique. Le film ne joue donc que sur l’accumulation, à commencer par celle des personnages, innombrables et dont on survole les caractères sans jamais les approfondir. Cette superficialité se retrouve aussi dans des allusions à l’actualité sans conséquence — de la Syrie à l’influence néfaste du FMI — ou les références brouillonnes à la tragédie grecque. Le film avance en roue libre, amenant des péripéties qu’il règle dans la minute suivante, des conflits qu’il oublie en cours de route. Du coup, quand le film s’achève, on a le sentiment qu’il n’a même pas commencé. Christophe Chabert

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