Courants d'art

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Photo : © OAKOAK


Depuis le New-York des années 70 jusqu'à Amsterdam, Paris, Londres, Berlin et Munich, hauts lieux d'infection du virus, le phénomène du "graffiti" ne cesse d'évoluer depuis qu'il a troqué ses oripeaux de subculture contre la reconnaissance unanime d'un vrai statut d'art urbain. On compte aujourd'hui dans le monde des milliers de graffeurs, tous aussi créatifs (ou presque), faisant vivre un courant artistique qui ne se cantonne plus aux murs des cités, puisqu'il trouve aussi peu à peu sa place dans les galeries chic ou chez les collectionneurs. La subversion s'étiole au profit d'une création tous azimuts. Les techniques se diversifient, du pochoir à la mosaïque en passant par le sticker ou encore le yarn bombing qui habille les arbres de tricots ultra colorés. Le Posca et la bombe aérosol font bon ménage mais tous les street artistes ne vivent pas de leurs dessins et nombreux sont ceux qui demeurent, par choix ou par la force des choses, dans l'anonymat. Certes, c'est là aussi l'un des traits de l'art de rue, presque un sport, que de cultiver le mystère (à l'instar du britannique Banksy) en dissimulant son identité (le plus souvent sous une large capuche) pour éviter par la même occasion quelques soucis avec la loi. À Saint-Étienne, le couple à-la-vie-à-la-rue Ella & Pitr semble avoir ouvert la voie aux artistes dont on tolère les collages, voire à qui l'on passe des commandes d'œuvres éphémères avec de l'argent public. Les mœurs évoluent à pas de velours.

On écrit sur les murs

Pour sa quatrième édition, le Street Art Festival de Roche la Molière invite une belle sélection de huit créateurs à venir recouvrir en toute légalité quelques murs choisis. La commune affirme ainsi, année après année, son souhait de devenir un musée à ciel ouvert, comme pour mieux gommer (sans pour autant le renier) son passé minier. Aux côtés de Lady M, Daco, Apogé, RNST, Astheber, Rauky et du Stéphanois OAKOAK, nous retrouverons notamment C215, alias Christian Guémy. L'artiste parisien qui avait peint le visage de Christiane Taubira sur un mur de Vitry en 2013 pour soutenir la Ministre de la Justice prise sous un feu d'attaques racistes, avait vu en 2015 l'une de ses œuvres se faire arracher à la rue (une armoire électrique EDF !), en marge de son exposition à la galerie stéphanoise Les Tournesols. C215 est un pochoiriste poético-réaliste dont l'univers lumineux est peuplé d'anonymes, d'amoureux ou d'animaux, des portraits qui offrent inopinément une nouvelle fraîcheur aux façades grises. Quant à OAKOAK, plus habitué à détourner le mobilier urbain ou les défauts de la chaussée, gageons qu'il nous étonne une fois encore par son inventivité espiègle.

S.A.F.I.R #4, du 25 au 27 mai à Roche la Molière

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Candyman : Double crochet du droit

Ecrans | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre, pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Lundi 20 septembre 2021

Candyman : Double crochet du droit

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés… Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation, offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

D’art d’art

La galerie PASQUI fait partie de ces lieux d’art qui ont traversé la crise covidienne sans trop d’encombre, les acheteurs n’hésitant à enrichir leurs collections en cliquant à distance et à se faire livrer (parfois à l’autre bout du monde) des œuvres choisies sur écran. Un rapport d'Artprice (LA référence) révèle pourtant que, s’il est parvenu à limiter la casse en basculant massivement vers le numérique, le marché de l’art enregistre une perte de seulement 21% de chiffre d'affaires. Entre street art, art brut, abstraction, pop art, art cinétique et sculptures, le catalogue PASQUI regroupe déjà une quarantaine d’artistes, dont plusieurs plasticiens locaux soutenus par la galerie, à l’image de LUMA ou de Viza. Pour son exposition estivale, Agnès Court et David Pasquinelli mettent à l’honneur quelques grands noms : Mr Brainwash, C215, Takashi Murakami, JonOne, Richard Orlinski, Hervé Di Rosa, Robert Combas, Erro et Jef Aérosol, avec des sérigraphies numérotées de Banksy himself et de Shepard Fairey (Obey). Exposition d’été, du 19 juin au 31 juillet, galerie PASQUI à Saint-Étienne

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Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

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Qu’on se le dise : le Street Art Festival In Roche-la-Molière en remet une couche (déjà la cinquième édition) un peu partout sur les murs de la cité rouchonne, invitant le public à découvrir de nouvelles réalisations à ciel ouvert qui viennent chaque année compléter les précédentes. S.A.F.I.R., jusqu’au 26 mai, Roche-la-Molière

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Nicolas Bros | Mardi 3 octobre 2017

La musique de maintenant

L'EOC (Ensemble Orchestral Contemporain) sévit depuis 25 ans dans la région et au-delà, en proposant un répertoire de qualité autour de la musique contemporaine. Dirigée par le chef appelou Daniel Kawka, cette formation se lance dans un nouveau projet inédit : un nouveau festival dédié aux musiques contemporaines françaises, intitulé Maintenant Musiques !. Se déroulant du 23 novembre au 2 décembre entre Saint-Étienne, Roche-la-Molière, Rive-de-Gier et Firminy, cet événement permettra aux spectateurs de découvrir 15 œuvres de compositeurs tels que Debussy, Jünger, Mantovani, Schoeller, Jakubowski ou Gaussin. Festival Mainteant Musiques ! du 23 novembre au 2 décembre à Saint-Étienne, Roche-la-Molière, Rive-de-Gier et Firminy

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