Arts majeurs et vaccinés

Galerie | Depuis sa création en 2006, la p’tite entreprise de François Ceysson et Loïc Bénétière ne connait pas la crise : avec des galeries à Lyon, Paris, Genève, Luxembourg et New York, la nouvelle adresse stéphanoise apparait aujourd’hui comme le véritable fer de lance de la maison. Rencontre avec le co-fondateur Loïc Bénétière et Ivana Garel, responsable du nouvel espace.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Photo : Galerie Ceysson & Bénétière © Niko Rodamel


Pouvez-vous tirer un premier bilan quelques mois après le lancement du nouveau site ?

Loïc Bénétière : « Nous sommes très satisfaits, les retours sont positifs et la fréquentation très encourageante. Les personnes qui poussent notre porte sont avant tout des gens curieux et ouverts. Ouvrir un espace de plus de 1000 m2 avait pour but de maximiser les conditions de monstration des œuvres. Une exposition comme celle de Bernar Venet n’aurait pas été possible dans notre espace historique rue des Creuses où nous avions aussi un réel problème de stationnement. En termes de volume et d’accès, tout redevient possible ici, les artistes acceptent plus facilement de sortir et de montrer certaines œuvres. Le projet nous a demandé deux ans de réflexions et de recherches, puis deux autres années de travaux. Si la mairie nous a aidé à trouver le site, nous en sommes propriétaires, nous sommes ici chez nous ! »

Ivana Garel : « Nous voyons venir des personnes qui n’avaient pas l’habitude de côtoyer les galeries privées. Le fait de proposer un restaurant et une boutique en plus des expositions a sans doute contribué à élargir notre panel de visiteurs. Sans compter que nous nous implantons dans le nouveau pôle culturel de la ville, aux côtés de la Comédie, du Zénith, de la Cité du design et de l’ESADSE. Notre volet médiation en direction des scolaires a d’ailleurs également pris de l’ampleur. »

Combien de personnes vos galeries font-elles travailler et pour combien d’événements par an ?

LB : « Dans chacune de nos six galeries, nous avons en moyenne une exposition toutes les six semaines, soit jusqu’à quatre vernissages chaque mois, à quoi il faut ajouter cinq à dix foires d’art contemporain par an. Étonnamment, nous avons une équipe assez réduite, avec moins de vingt personnes au total. Chaque lieu a sa propre équipe indépendante, généralement composée d’un responsable de site, d’au moins un régisseur ainsi que d’un ou deux assistants.»

IG : « Entre deux expositions, plusieurs semaines sont nécessaires pour tout démonter, remettre l’intégralité de l’espace au propre et installer la nouvelle exposition. La prochaine installation va être assez longue puisque Florian Pugnaire et David Raffini travaillent autour de la question de processus. Ils seront présents deux semaines sur le site pour réaliser une vidéo autour du montage. Les deux artistes vont à la fois montrer des œuvres préexistantes qui ont marqué leur travail jusqu’ici et dévoiler de nouvelles pièces, créées pour et dans le site. »

Avec combien d’artistes travaillez-vous et comment dénichez-vous de nouveaux talents ?

LB : « Nous sommes très sollicités mais la plupart du temps c’est nous qui allons vers les artistes avec lesquels nous avons envie de travailler. Nous échangeons avec les collectionneurs, les critiques et les jeunes galeries qui tous peuvent nous interpeller au sujet d’artistes émergents. Au-delà des douze figures étroitement liées à notre base historique Supports/Surfaces, nous représentons environ vingt-cinq artistes, auxquels s’ajoute une trentaine de plasticiens avec lesquels nous collaborons régulièrement sans être leur galeriste principal. »

Quelle place la photographie tient-elle dans votre champ artistique ?

IG : « C’est un domaine que l’on est en train de consolider. Nous étions présents pour la première fois à PARIS PHOTO cette année. C’était pour nous l’occasion de défendre des artistes que l’on ne peut pas montrer sur d’autres foires. Ce fut nous un vrai challenge de communication car on ne nous attendait pas sur la photographie. Nous avons présenté au Grand Palais Éphémère le travail de ORLAN, Mounir Fatmi, Tania Mouraud et Aurélie Pétrel. »

Florian Pugnaire & David Raffini, du 21 janvier au 16 avril, galerie Ceysson & Bénétière 10 rue des Aciéries à Saint-Étienne

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Implantée au Luxembourg, à Paris, Genève, New York, Lyon et bien sûr Saint-Étienne où tout a commencé, la galerie d’art moderne Ceysson & Bénétière se devait d’offrir à sa ville originelle un espace à la hauteur de son dessein : diffuser dans les meilleures conditions possibles la production des artistes promus et servir au mieux les collectionneurs. Quittant la rue des Creuses pour rejoindre la rue des Aciéries (entre le Zénith et la Comédie de Saint-Étienne), François Ceysson et Loïc Bénétière ouvriront le 18 septembre un tout nouvel espace de 1000m2 comprenant, en plus des espaces d’exposition, une librairie-boutique et un café-restaurant. L’exposition inaugurale dévoilera un ensemble de sculptures et reliefs de Bernar Venet. Reliefs - Bernar Venet, du 18 septembre au 13 novembre 2021 à la galerie Ceysson & Bénétière, 10 rue des Aciéries à Saint-Étienne

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L’exposition collective 10x15 réunit chez Beluga une généreuse sélection de travaux graphiques et de pièces céramiques, proposés par une vingtaine d’artistes invités dans un format carte postale spécial Noël à prix doux. 10x15, du 16 novembre au 24 décembre, galerie-boutique Beluga à Saint-Étienne

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David Raffini s’intéresse aux problématiques qui sont à la fois de l’ordre de la composition, de la matière et de la profondeur. Dans l’épreuve solitaire de la peinture, il malmène les surfaces et les matériaux qu’il met en œuvre dans un processus accumulatif. Au gré des altérations, de couches en surcouches, de décroûtements en recouvrements, apparaissent traces, empreintes et tâches, où se joue une archéologie de l’épaisseur et du geste. Matières primaires de David Raffini, du 13 Septembre au 20 octobre, galerie Ceysson et Bénétière à Saint-Étienne

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Batteur d’origine allemande installé à New York depuis plus de vingt ans, Jochen Rueckert s’est fait un nom en jouant notamment aux côtés de Marc Copland, Pat Metheny ou encore Nils Wogram. S’investissant dans des projets artistiques très divers, le percussionniste verse notamment dans les musiques électroniques sous le pseudo Wolff Parkinson White. En amont des séances de studio, Rueckert préfère longuement expérimenter ses compositions en live, comme pour mieux les façonner avant de les graver. Il en résulte un jazz brut mais parfaitement orchestré, quelque part entre Coltrane et Shorter, avec cependant une approche très contemporaine. Le dernier CD en date, We Make the Rules (2014), témoigne de l’étonnante maturité d’un quartet créé à peine cinq ans plus tôt. Jochen Rueckert sera accompagné par Lage Lund à la guitare, Orlando le Fleming à la contrebasse et, comme lors du concert de mai 2013 sur la même scène, Mark Turner au sax tenor. Un événement pour tous les jazzophiles ! Ze cherry on ze cake Natif de l’Ohio, Turner a

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En cette fin d’année la photographe Aurélie Pétrel expose simultanément ses travaux dans les Magasins Généraux de Pantin, au Musée de l'horlogerie de Cluses, à la galerie Arena d’Arles, au Musée des beaux-arts d’Angers, mais aussi à la galerie Gowen de Genève ainsi qu’en Allemagne pour la Biennale für aktuelle Fotografie de Ludwishafen et Mannheim. Rien que ça ! C’est donc une chance inespérée de la recevoir aussi à Saint-Étienne. La démarche de l’artiste est pour le moins singulière : Aurélie Pétrel conserve dans son atelier des centaines d’images réalisées au fil du temps, un fonds qui patiente dans une sorte de sommeil latent jusqu’à ce que la photographe les réactive en leur attribuant un support inédit, utilisant indifféremment le verre, le plexiglas, le contreplaqué résineux, le chêne, la vitrauphanie... Les installations polyptiques viennent ainsi briser la platitude du tirage photographique, leur insufflant une nouvelle place dans l’espace tridimensionnel. Aurélie se joue des perspectives mais avant tout de la lumière, avec ses transparences et ses reflets, trouvant sans cesse une fenêtre nouvelle, un regard nouveau, où la photographie est déclinée à l

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ECRANS | Ce deuxième épisode retrouve les défauts d’Un voyage inattendu, même si Peter Jackson a soigné et densifié en péripéties son spectacle, seul véritable carte dans sa manche pour faire oublier qu’au regard de la première trilogie, ce Hobbit fait figure de série télé sur grand écran. Christophe Chabert

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Tout d’abord, la sortie de ce deuxième volet du Hobbit donne lieu à une surenchère technologique quant à sa diffusion, si bien qu’entre la 2D, la 3D, l’IMAX, le HFR, le Dolby Atmos et ce truc tellement XXe siècle qu’est la VO, il y a presque autant de versions du film que de cinémas qui le projettent — quoique certains les diffusent toutes, sait-on jamais, faudrait pas perdre un spectateur potentiel et sa carte illimitée.… Cela pourrait être purement anecdotique, mais cela en dit long aussi sur le statut même de cette nouvelle trilogie tirée de Tolkien : elle semble chercher à compenser par de la nouveauté technique son évidente infériorité thématique par rapport au Seigneur des anneaux, comme un petit frère qui voudrait à tout prix se hisser sur les épaules de son aîné. Rien n’y fait pourtant, et même si les efforts de Jackson sont louables pour inverser les carences manifestes d’Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug ne tient pas la comparaison avec Les Deux tours, l’opus ma

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