La bière dans tous ses états

GUIDE URBAIN | Depuis le regain d’intérêt pour la bière artisanale et le développement exponentiel des microbrasseries, le monde brassicole français demeure en pleine ébullition. À la veille de la très attendue troisième édition du festival Faut Que Ça Brasse, état des lieux et nouvelles tendances à la lumière de quelques experts.

Niko Rodamel | Mardi 30 avril 2019

Nous avons tout d'abord demandé à Emmanuel Gillard, auteur du site Projet Amertume et de l'annuaire La bière en France, une succinte analyse du marché français, que l'on serait en droit d'imaginer déjà saturé…. « Dans les années 80 la France comptait une trentaine de brasseurs, mais avec la relance de la microbrasserie on en est aujourd'hui à près de 1600 unités ! » En effet, tous les indicateurs économiques sont au vert : après 30 ans de chute régulière de la consommation, celle-ci progresse de nouveau avec une quatrième année de hausse consécutive et une augmentation cumulée de 20% sur seulement 4 ans. Pour faire face à la demande qui explose, la France doit recourir à des importations, notamment depuis la Belgique. « Preuve que pour l'instant les microbrasseries ne phagocytent absolument pas les gros producteurs comme Kronenbourg, Heineken ou Carlsberg qui concentrent encore 85% du volume : ils investissent des millions d'euros dans leurs sites de production et réembauchent. » Tandis que certaines grandes marques commencent à copier les codes de la brasserie artisanale, d'autres proposent des partenariats comme Pietra et la Brasserie du Pays Basque qui sont désormais distribuées par le groupe Kronenbourg. « Un autre indicateur intéressant montre que les ventes de bières ont augmenté de 11% l'an passé dans la grande distribution. Les grandes enseignes communiquent davantage sur l'aspect qualitatif et l'on voit déjà apparaître dans certaines d'entre elles de magnifiques caves en bois, réfrigérées, où sont installées les bouteilles les plus sensibles. Il s'impose maintenant à la France la nécessité de mettre en place une vraie filière de production de houblon et d'orge. « Son absence fait pour l'instant peser un bilan carbone catastrophique sur toute la filière. » Et bim !

Dernières tendances

Entre deux salons, Cyril Hubert, biérologue franco-suisse dresse pour nous les contours des dernières tendances. « Il y a depuis quelques temps déjà un vrai engouement pour les bières barriquées, vieillies dans des fûts qui ont auparavant contenu un alcool fort : rhum, cognac, calvados, bourbon, gin ou tequila. C'est une production qui demande plus de temps car le vieillissement est allongé de plusieurs semaines avant l'embouteillage. » Avec l'été qui arrive Cyril parie volontiers sur le succès des sour (prononcez sawer), ces bières acidulées et acides, très désaltérantes, avec lesquelles on découvre une multitude de saveurs et d'arômes. « J'ai récemment goûté au Mexique des bières au melon ou à la pêche et, en Suisse, une bière à la betterave ! » L'Indian Pale Ale a toujours la cote et se maintient grâce à l'apparition de sous-styles avec les White IPA, Black IPA ou Brut IPA. Cyril poursuit avec une autre tendance, mais cette fois-ci au niveau du contenant : « Même si elle peine à se défaire d'une image ordinairement liée aux bières industrielles, la canette fait son grand retour, plus facile à stocker. » Egalement sommelier de la bière, Cyril n'oublie pas de revenir sur les accords mets-bières, avec des ponts qui se dressent désormais en nombre entre la gastronomie et les breuvages houblonnés. « Enfin, les lagers semblent également revenir en force mais il va falloir garder un œil sur les nouvelles bières sans alcool qui peuvent réserver de belles surprises. »

Qu'est-ce qui se trame à Sainté ?

Notre histoire brassicole locale est aussi riche que méconnue, quasiment tombée dans l'oubli. En 1850, Saint-Étienne comptait 12 brasseries, dont les noms ne vous disent sans doute pas grand chose : Mosser et Striffling, Oppermann, Wilcké, Rinck et autre Schleps… A partir des années 50, plus rien, le néant, la seconde guerre mondiale semble avoir eu raison des derniers brasseurs. Aujourd'hui, il se crée régulièrement de nouvelles caves à bière et un bar dédié aux binouzes artisanales vient d'ouvrir dans les rues piétonnes du quartier Saint-Jacques. Il n'existe en revanche à Saint-Étienne qu'un seul brasseur… Dans les nouveaux locaux de la Brasserie Stéphanoise (quartier Bellevue), nous retrouvons Yann Petiteaux et Benjamin Valentin. Des collaborations ont été menées avec le magasin Geek & Beer, le Bieristan (bar et restaurant de Villeurbanne) ou la Farlodoise (brasserie de Chazelles-sur-Lyon). Yann précise : « Avec le magasin Forum, nous venons de brasser une bière noire à la vanille, une stout, à l'occasion du Disquaire Day. La Vinyla est un clin d'œil aux disques vinyls. » La Brasserie Stéphanoise vient de sortir trois variantes de la Baronte : une vieillie en fût de Cognac et l'autre de Bourbon, la troisième est une bière d'orage dans l'esprit des Barley Wine dont l'appellation est strictement protégée. « Les ateliers de brassage connaissent chaque week-end un vrai succès, nous allons prochainement installer un poste supplémentaire. » Avec quatre salariés à plein temps, l'entreprise se porte bien. Benjamin explique : « Nous produisons désormais environ 1 100 hectolitres par an, ce qui nous classe en quatrième position dans le département, derrière Les Brasseurs du Sornin, la Brasserie du Pilat et la Brasserie de la Loire. » Les Stéphanois commencent à être approchés par les grossistes locaux qui vont devoir s'adapter à un marché quelque peu bousculé. « La grande distribution nous fait aussi de l'oeil, à nous d'imaginer comment il sera possible de travailler avec eux tout en gardant notre esprit artisanal. » La gamme se concentre désormais sur neuf variétés de bières que l'on retrouve un peu partout entre Saint-Étienne et Lyon, dans les bars, les restaurants et les événements de la région.

Ça va brasser sévère

Organisé par l'association Faut Que Ça Brasse en partenariat avec Forez Boisson et Le Petit Bullletin, le festival stéphanois de la bière promet un alléchant programme pour sa troisième édition. Sont attendus 35 brasseries françaises ou internationales, 4 foodtrucks, des ateliers dégustation avec le biérologue Cyril Hubert, un beer escape game, une expo photo et bien entendu l'élection de la meilleure bière. Tout ça, en musique et dans la bonne humeur. Save the date : les vendredi 24 mai (17h à minuit) et samedi 25 mai (15h à minuit), au Hall B (parc expo plaine Achille).


Nouvelles tendances, nouveaux mots

Le ticker, aussi surnommé scooper, cherche à goûter le plus grand nombre de bières possible et par tous les moyens : magasins, bars, salons et festivals de bières (le paradis du ticker), achats à distance ou même voyages ! Le ticker tient à jour son nombre de ticks, crée des petites fiches, une pour chaque bière testée, sur un calepin qu'il a toujours sur lui : on ne sait jamais.

Le hand-bottling consiste à re-embouteiller une bière qui a été tirée d'un fût pour la boire plus tard à la maison, à gorge reposée, voire essayer de la revendre comme un produit rare !

Le Beer Geek est accroc à internet et surtout à l'application Untappd, cherche à goûter un maximum de variétés de bières mais veut aussi tout savoir sur les modes de fabrication.

Une DONG (acronyme pour Draft Only No Growler) est une bière exclusivement vendue à la pression, jamais en bouteille, forcément convoitée par les adeptes du hand-bottling.

Les One-Offs sont des bières brassées en édition ultra limitée, avec des recettes expérimentales et bien souvent des ingrédients rares voire franchement chelous !


Faut Que Ca Brasse #03

3e édition du festival des brasseries artisanales avec + de 30 brasseurs (FR et internationaux), des animations, des food trucks...
Parc des expositions (Parc Expo) 31 boulevard Jules Janin Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Amandine Gaye au Méliès Saint-François

ECRANS | Le succès de son premier long métrage documentaire, Ouvrir la voix (2017) — consacré à la situation des afro-descendantes francophones — a d’emblée placé (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juillet 2021

Amandine Gaye au Méliès Saint-François

Le succès de son premier long métrage documentaire, Ouvrir la voix (2017) — consacré à la situation des afro-descendantes francophones — a d’emblée placé Amandine Gaye sur la liste des cinéastes à suivre. Il n’aura pas fallu longtemps attendre pour découvrir son nouvel opus, Une histoire à soi, dans lequel la question de la transmission et de la filiation figure à nouveau au cœur de ses préoccupations puisqu’elle y donne la parole à cinq personnes partageant l’expérience de l’adoption. Venus du Brésil, du Sri Lanka, du Rwanda, de Corée du Sud et d’Australie, ces témoins évoquent leur parcours au sein de familles françaises, leur ressenti et le regard des autres sur elles et eux. Paroles, archives, parallélismes… Ces histoires particulières trouveront sans nul doute leur écho dans les salles ; elles seront en tout cas partagées lundi 12 juillet à 20h30 au Méliès Saint-François à l’occasion de la séance programmée en partenariat avec EFA 42 (Enfance Famille Adoption 42) : celle-ci sera en effet suivie d’une rencontre-débat en présence de la réalisatrice Amandine Gaye.

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Jean-Claude Mourlevat : le bonheur simple des mots

Portrait | Premier récipiendaire français du prestigieux Astrid Lindgren Memorial Award récompensant chaque année un auteur d'enfance et de jeunesse, Jean-Claude Mourlevat voit ainsi couronnées vingt-trois années d’écriture. L’occasion de revenir avec lui sur son parcours d’homme, une vie plurielle faite de rebondissements inattendus et de beaux succès.

Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

Jean-Claude Mourlevat : le bonheur simple des mots

Jean-Claude Mourlevat est né au printemps de l’année 1952 à Ambert, en Auvergne. Il se souvient d’une enfance heureuse, au Moulin de la Cour, un lieu-dit situé tout près du village de Job. « Mon père était meunier, il allait chercher le grain dans les fermes et il en faisait de la farine qu'il livrait ensuite aux boulangers. Mais chez nous, c'était aussi une ferme, nous avions des vaches, des cochons, des lapins et des poules. Ma mère s'occupait de ses six enfants, dont les trois aînés sont nés à la maison. Cinquième de la fratrie, j’ai trois frères et deux sœurs. » Jusqu’à ses 10 ans, le petit Jean-Claude fréquente l'école communale du village. Mais en septembre 1962, il doit rejoindre ses frères à l'internat du lycée Blaise Pascal, à Ambert. « La première année s'est très mal passée. » Une autre page se tourne quelques années plus tard, lorsque le paternel est contraint de fermer son moulin. « Notre Moulin de la Cour s'est peuplé de dizaines, puis de centaines de porcs grognant et hurlant. Je n'ai pas aimé ça. » Bac en poche, Jean-Claude prend la poudre d'escampette et poursuit ses études à Strasbourg, Toulouse, Stuttgart,

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Juin : Un été en famille

Théma été 21 | Qui a dit que la saison chaude n’était pas adaptée à la fréquentation des salles obscures ? Sans doute quelqu’un qui n’en a pas été privé six mois, a oublié leur fraîcheur durant la canicule et ignore la tenue de “l’estival de Cannes“ cette année… Allez, tous au cinéma cet été !

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

 Juin : Un été en famille

Bénéfice collatéral de la disette hivernale et printanière : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Et tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination. Cocon surprotecteur, emprisonnant les individualités par ses étouffantes habitudes ou traditions, le désir de s’en libérer rend son emprise tragique, comique… ou les deux. Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. Quant à la fin, qui ne résout rien, elle permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, de retour avec un second opus, une nouvelle ère,

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Des clowns qui ne s’ennuient jamais

SCENES | À 18 ans tout juste, la compagnie Maintes et Une fois fait de son âge adulte un joyeux bazar, qui mêle les membres et les projets dans une bonne humeur instinctive.

Cerise Rochet | Lundi 10 mai 2021

Des clowns qui ne s’ennuient jamais

Ils aiment danser-chanter-jongler, sont des touches à tout que l’on ne saurait mettre dans une case, piochant ci, dans le théâtre, là, dans le théâtre d’objet, un peu plus loin, dans le genre clownesque. Partis tout petits, ces drôles d’oiseaux ont peu à peu ajouté des cordes à leurs arcs, au gré des envies, des propositions et des rencontres, jusqu’à former ce bien joli bazar organisé. Née en 2003 des mains de Gérald et Marlou, pour porter un spectacle de clowns, la compagnie Maintes et Une Fois compte ainsi aujourd’hui une dizaine de membres, plus ou moins réguliers, en fonction des projets, des besoins, des envies des uns et des autres. Spectacles, mais aussi ateliers, stages, projets culturels, ou même, événementiel et intervention en entreprise… On se demanderait presque comment la petite équipe fait pour s’y retrouver. « C’est vrai qu’on fait beaucoup de choses, qu’on mène souvent plusieurs projets à la fois. Mais ce qui nous caractérise vraiment, c’est que tout ce que l’on fait est très tourné vers le burlesque. On ne fait pas du théâtre avec un grand respect du texte. C’est toujours un peu en décalage », explique Marlou, tandis qu’à ses côtés

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Les jeunes prennent le pouvoir

Contemporain | C'est une première ! Sur plus de 2 400 m² répartis entre la Cité du design et le Musée d'art moderne et contemporain, Saint-Étienne accueille sa première Biennale dédiée à de jeunes artistes issus d'écoles d'art françaises. Son nom : Biennale artpress. Son programme : 36 artistes qui proposent des oeuvres singulières et dotées d'un parti pris certain. Un événement qui confirme la position forte de Saint-Étienne dans l'art contemporain français.

Nicolas Bros | Mardi 6 octobre 2020

Les jeunes prennent le pouvoir

C'est un choix osé que nous proposent la Cité du design et le MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne en partenariat avec le magazine artpress : construire une biennale destinée à promouvoir le travail de jeunes artistes, fraîchement diplômés et déjà engagés dans une voie pro. Le résultat s'appelle Après l'école - Biennale artpress des jeunes artistes et la 1ere édition vient d'ouvrir ses portes et dure jusqu'au 22 novembre. Au programme, 36 artistes formant la relève de l'art français qui, avec un parti pris certain, proposent des oeuvres de techniques très diverses, formant une sorte d'état de la création d'une scène de créateurs en perpétuel renouvellement. Pas un panorama, mais une sélection Si cette biennale réunit bon nombre de jeunes talents fraîchement émoulus de différentes écoles d'art françaises, les deux commissaires de l'événement, Étienne Hatt et Romain Mathieu, tiennent à préciser un point. « Ce n'est pas le panorama d'une génération d'artistes, mais bien une sélection », expliquent-ils. Un comité présidé par le curateur Robert Storr (directeur de la Biennale de Venise en 2007 et conservateur en chef du d

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"Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" : La rouée vers l’Ouest

Animation dès 6 ans | ★★★☆☆ de Rémi Chayé (Fr.-Dan., 1h24) avec les voix de Salomé Boulven, Alexandra Lamy, Alexis Tomassian… ​Sortie le 14 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Tolérée dans un convoi de pionniers rigoristes, la famille Cannary fait désordre. Quand le père malchanceux se blesse, sa fille Martha Jane choque en prenant les rênes, puis en s’habillant en garçon. Injustement accusée d’un vol, la pré-ado rebelle quitte cette horrible compagnie et part à l’aventure… Cette évocation romancée et héroïque de la future Calamity Jane, légende du Far West dont elle constitue l’une des rares icônes féministes/féminines, est moins une biographie qu’une chronique de cette époque de toutes les fortunes ou l’occasion d’en revisiter les codes : caravanes, ville-champignon avec saloon, régiment de cavalerie, trappeurs, mine d’or, aiglefins, Indiens… C’est un concentré du mythe fondateur de l’Amérique que Chayé nous offre, avec en sus cet art poétique de la couleur n’appartenant qu’à lui, et dont on avait pu profiter dans Tout en haut du monde. Ses jeux d’aplats et son flat design créent, étonnamment, une grande profondeur à ses images. Plus haute distinction pour un long métrage au Festival d’Annecy, le Cristal qu’il a décroché est largement mérité.

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Animé ou contaminé ?

Panorama ciné octobre | Au moment où nous écrivons ces lignes, l’on ignore si de nouvelles mesures restrictives vont toucher les salles ; elles méritent d’être épargnées, eu égard à la drastique réglementation sanitaire qu’elles respectent déjà. Ironie des choses, l’épidémie pourtant présente à l’écran. Mais moins représentée que l’animation — proximité des vacances de la Toussaint oblige…

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Animé ou contaminé ?

Pour un peu, la défection des blockbusters hollywoodiens affolant certaines gazettes passerait inaperçue. Voyez les affiches aux frontons de vos salles : nulle pénurie, le choix s’offre à tous les âges, y compris au rayons animation. Pour les tout-petits, on restera en territoire de connaissance avec des programmes de moins d’une heure très animalier. La nouvelle collection de courts métrages La Chouette en toque (14 octobre), autour de la thématique de l’alimentation, un poil (ou une poêle ?) plus appétissante que la précédente, revisitant notamment la chanson dame Tartine en l’allégeant en sucres pour la bonne cause. Autre réussite, le lumineux conte La Baleine et l'Escargote et ses deux mini films d’avant-programme) narrant l'amitié improbable de deux voyageuses dans une réalisation somptueuse (le 21) ; ou encore le plus décalé — mais normal car co-signé Aubier & Patar, les papas de Pic Pic André Show, ici rejoints par Davy Durand —, Chien Pourri, la vie à Paris ! (le 7) Cette irrésistible adaptation d’une série parue à l’Éco

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"Jeunesse sauvage" : Les Sète cents coups

ECRANS | Portrait d’une jeunesse à la marge, entre la cour de récréation et la cour des grands, à la lisière de la délinquance et du crime ; portrait d’une jeunesse à la rue et sans amour, à l’heure des choix ou de la mort. Un premier long métrage réussi de Frédéric Carpentier.

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Les rues de Sète. Quand il ne veille pas sur son père malade psychique SDF, Raphaël règne sur son gang avec sa gueule d’ange. Détroussant les passants, piquant des caisses, il joue volontiers du poing sans jamais aller trop loin. Pas assez pour son bras droit Kevin qui, lui, en veut plus… Quelque part entre L’Enfant sauvage vieilli et un Pickpocket contemporain, Raphaël est le héraut de cette jeunesse farouche et féroce si bien dépeinte par le titre, autant que le héros d’une épopée dont on devine dès les premières images sa trajectoire de longue fuite tragique. Redoutable de beauté solaire, inquiétant comme ces démons androgynes nés de la plume de Manara ; prénommé comme l’archange annonciateur du Jugement dernier et le peintre de la délicatesse, Raphaël est aussi un concentré de paradoxes, écartelé entre ses pulsions de conquête violente et la prescience d’une fatalité immanente. S’il donne l’impression de reprendre à son compte la phrase de Chirac « un chef doit cheffer

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The Architect : « M'exprimer à nouveau sur différents sujets »

Talent local | The Architect revient à la construction personnelle. Après avoir bourlingué dans le monde entier, produit pour de nombreux artistes, le "digger" stéphanois propose un nouvel album ce 12 juin intitulé "Une plage sur la lune". On y retrouve la patte de l'artiste entre abstract hip-hop, sono mondiale et jazz.

Nicolas Bros | Mardi 9 juin 2020

The Architect : « M'exprimer à nouveau sur différents sujets »

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps entre Foundations sorti en 2013 et ce nouvel album Une plage sur la lune ? Pendant cette période, j'ai beaucoup produit pour d'autres et j'ai eu deux enfants. J'étais en mode "moins de productions" qu'auparavant. Les enfants ont grandi et j'avais envie de m'exprimer à nouveau sur différents sujets. J'avais besoin de ressentir cet album. Je pense que d'autres albums suivront, pas au même rythme qu'avant. Pour cet album, j'ai sélectionné parmi au moins cinquante titres créés au cours de ces dernières années. As-tu toujours la même manière de travailler ? Es-tu toujours un digger – quelqu'un qui fouille les bacs à disques pour trouver des perles – qui va chercher des samples, les remanier pour produire ? Oui, je ne me suis jamais arrêté de "digger" des disques. Justement car je produis pour d'autres et que j'ai la passion du disque vinyle. Pour cet album, j'ai sélectionné parmi au moins cinquante titres créés au cours de ces dernières années. Je n'ai gardé que des morceaux qui résumaient mon ressen

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"Une sirène à Paris" : Amour en eaux douces

ECRANS | De Mathias Malzieu (Fr., 1h42) avec Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima, Rossy de Palma…

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie — les surprisiers — Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui… S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dyonisos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis ciné

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Défions-nous des apparences…

Panorama ciné mars | Mois de la bascule entre les saisons, du changement d’heure — bref, de toutes les métamorphoses — mars incite à aller au-delà de la surface des choses. Et donc de l’écran…

Vincent Raymond | Mercredi 4 mars 2020

Défions-nous des apparences…

Puisque l’on célèbre en mars la Journée internationale des droits des femmes (le 8) et que 2020 doit censément voir aboutir dans l’industrie l’objectif paritaire 50/50, posons crânement la question : où sont les femmes ce mois-ci au cinéma ? Derrière les fourneaux, en train de faire le repassage ou de se pomponner pour leur mari dans La Bonne Épouse (11 mars). Situé dans une école ménagère en déclin à la veille de mai-68, cette comédie de Martin Provost joue sur un second degré évident entre la fin de l’époque patriarcale et l’espoir de l’avénement d’une autre, en bénéficiant d’un trio féminin de choc : Juliette Binoche en directrice d’école prenant la vague, Yolande Moreau en vieille fille éberluée par les changements et surtout Noémie Lvosky en bonne sœur façon Don Camillo en cornette — une distribution compensant des inégalités de forme et de rythme. Pour Mathias Malzieu, la femme est coupée en deux et dans la baignoire — mais c’est pour son bien puisqu’il s’agit d’Une Sirène à Paris (même date). Dans ce nouveau conte burtonien,

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Le premier beergarden stéphanois ouvre ses portes

Bar/Resto à bières | Ca va mousser place Jean-Jaurès ! Avec l'ouverture en avril du Beer Garden, en lieu et place du restaurant Chez Colette, Grégory Descot et Guillaume Tardy poursuivent leur investissement à Saint-Étienne en ouvrant le premier resto/bar hybride proposant des bières artisanales (craft beers) exclusivement françaises et locales mais également une cuisine "brassonomique".

Nicolas Bros | Vendredi 7 février 2020

Le premier beergarden stéphanois ouvre ses portes

Inspiré des Biergärten allemands, le Beer Garden a ouvert ses portes en lieu et place du restaurant Chez Colette. Les clients de ce nouvel établissement, lancé par Grégory Descot et Guillaume Tardy, trouveront de la bière artisanale française et locale avec 13 à 17 becs pression, mais également de la cuisine "brassonomique". « L’idée qui se cache dans ce nouveau concept c’est de créer un resto de forme hybride, expliquent les deux entrepreneurs, déjà à la tête du Slag Heaps, de Geek & Beers et du Hop Square, premier bar stéphanois 100% bières artisanales. Les clients pourront profiter d’une offre de restauration traditionnelle le midi et le soir découvrir un resto et un bar à bières en même temps. » Avec un investissement de 350 000 €, ce nouveau lieu de vie peut accueillir 110 couverts et 90 personnes en extérieur, sur une terrasse équipée d'un cabanon. Tournée générale de craft beer Avec la volonté farouche d'investir dans le centre-ville de Saint-Étienne, les deux amis d'enfance poursuivent leur aventure entrepre

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Une belle équipe : Sorties de leur réserve

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr., 1h35) avec Kad Merad, Alban Ivanov, Céline Sallette…

Vincent Raymond | Mercredi 15 janvier 2020

Une belle équipe : Sorties de leur réserve

Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village… Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires uti

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Une biennale pour la jeune création à Saint-Étienne

Art contemporain | Saint-Étienne va accueillir en juin 2020 un nouveau rendez-vous national d'art contemporain avec une biennale dédiée à la jeune création. Organisée par (...)

La rédaction | Mercredi 8 janvier 2020

Une biennale pour la jeune création à Saint-Étienne

Saint-Étienne va accueillir en juin 2020 un nouveau rendez-vous national d'art contemporain avec une biennale dédiée à la jeune création. Organisée par l'ESADSE (École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne), le MAMC (Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole) et Art Press (revue internationale de référence dans le monde de l'art actuel), l'événement s'intitule : Après l'école : biennale Art Press des jeunes artistes. Cette première édition réunira une quarantaine d'artistes dans deux lieux, le MAMC et le Campus Manufacture, et sera financée par Saint-Étienne Métropole, l'État (via la Direction générale de la création artistique au sein du ministère de la Culture) et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Art Press sortira à cette occasion un numéro spécial qui tiendra lieu de catalogue. Niko Rodamel & Nicolas Bros Après l'école : biennale Art Press des jeunes artistes, juin 2020 à Saint-Étienne

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Saint-Étienne obtient un nouveau label UNESCO

ACTUS | Après avoir été la première ville française à intégrer le Réseau Unesco des villes créatives de design à la fin de l'année 2010, (...)

Nicolas Bros | Vendredi 6 décembre 2019

Saint-Étienne obtient un nouveau label UNESCO

Après avoir été la première ville française à intégrer le Réseau Unesco des villes créatives de design à la fin de l'année 2010, Saint-Étienne vient d'obtenir un nouveau label auprès de l'instance internationale. La préfecture ligérienne intègre officiellement la coalition des villes inclusives et durables. « Cette distinction montre que l'Unesco n'est pas restée insensible aux politiques contre le racisme, l'homophobie et toutes les formes de discriminations que nous menons depuis 2014, explique Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne. L'Unesco nous a incités à postuler pour cette reconnaissance et Marc Chassaubéné, adjoint à la culture, est allé défendre notre candidature à Barcelone le 22 novembre dernier. » ­En répondant point par point au cahier des charges édité par l'Eccar (Coalition européenne des villes contre le racisme) et composé de 10 mesures clé, la Ville de Saint-Étienne rejoint donc ce "club" couvrant 23 pays dans le monde et comptant 15 villes françaises dont Lyon, Bordeaux, Nantes, D

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"Jeune Juliette" : Gros câlins

ECRANS | De Anne Émond (Qué., 1h37) avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert…

Vincent Raymond | Mercredi 11 décembre 2019

Précoce et obèse, Juliette souffre d’une vie qu’elle juge médiocre, banale et quasi solitaire, malgré un père aimant et un grand frère vaguement protecteur. L’approche des vacances d’été exacerbant les sentiments, des déclarations d’amour vont éclore en tous sens. Parfois inattendues. Si vous êtes familier du journal Spirou, vous connaissez sans doute les BD Tamara (dont l’héroïne est en surpoids) et surtout Les Nombrils du duo québécois Dubuc & Delaf narrant le quotidien de lycéennes ; Jeune Juliette s’inscrit précisément à l’intersection de ces deux séries en jetant sur l’âge des possibles un regard certes bienveillant mais dénué de complaisance ou d’hypocrisie. Anne Émond filme davantage que son excellente comédienne Alexane Jamieson : elle capte l’absence d’une mère carriériste et le manque qui en découle, la naissance du désir ou l’angoisse de ne pas être désiré·e, mais aussi les instants de solitude ainsi que les blessures narcissiques propres à l’adolescence. Sans donner l’impression de faire catalogue ni un film à thèse, la cinéaste aborde nombre de situations d’exclus

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Le Ninkasi stéphanois a ouvert ses portes

Resto/bar | Ninkasi avait annoncé il y a quelques mois son retour à Saint-Étienne, huit ans après la fermeture de son établissement du centre-ville. C'est désormais en face du Zénith que le concept a rouvert ses portes dans la préfecture ligérienne.

Nicolas Bros | Vendredi 6 décembre 2019

Le Ninkasi stéphanois a ouvert ses portes

La franchise lyonnaise Ninkasi mêlant bières, burgers et musique est de retour en terres stéphanoises. Lancé en 1997 par le Stéphanois Christophe Fargier, le concept a depuis longtemps essaimé dans la région. On pouvait même trouver un Ninkasi il y a quelques années place Jean Jaurès, en lieu et place de la toute nouvelle Méliès Brasserie. Depuis le 27 novembre dernier, l'enseigne a rouvert ses portes dans la préfecture ligérienne, quelques semaines après l'inauguration de l'établissement d'Andrézieux-Bouthéon. C'est pile en face du Zénith que Grégory Arsac (également patron du Café Saint-Jacques dans le centre-ville stéphanois) a choisi d'installer le Ninkasi Saint-Étienne. Un choix validé par Christophe Fargier : « En tant que stéphanois, je suis fier de présenter le nouveau Ninkasi Saint-Étienne, explique-t-il par communiqué. Il y a quelques mois, Grégory Arsac est arrivé sur la friche industrielle de Sam Outillage avec un challenge : réinstaller Ninkasi dans ma ville natale et participer à la revitalisation de ce quartier, une véritable zone de brassage comme on les aime. » Pourvu de 180 places assises intérieures, d'une terrasse, d'un terrain de pétanque et d'une s

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Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

GUIDE URBAIN | L’établissement accueille chaque samedi une douzaine de brasseurs en herbe. Une activité portée par l’engouement actuel pour les bières artisanales.

Article Partenaire | Lundi 2 décembre 2019

Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

Découvrir la fabrication de la bière et apprendre à brasser la sienne. Ou tout simplement passer un bon moment en famille ou entre amis. C’est ce que propose la Brasserie stéphanoise à travers ses ateliers d’initiation au brassage. Accessibles à tous, ces stages se déroulent dans un espace entièrement aménagé et équipé de six petites cuves de brassage (jusqu’à deux personnes par poste). Des sessions sont actuellement proposées chaque samedi, de 9h30 à 16h30. Les réservations se font en ligne directement via le site de la brasserie (http://atelier-brassage.fr). Du concassage à la fermentation Une journée de stage comprend le brassage de sa propre bière (du concassage du grain à la mise en fermentation), au choix parmi huit recettes : blanche, blonde, brune, ambrée, abbaye, IPA, triple et stout. Elle inclut également une visite de la brasserie, un casse-croûte paysan et une dégustation de bières de la Brasserie stéphanoise. A l’issue du stage, les participants repartent avec un petit livret

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Décembre : On casse la baraque ?

Panorama ciné | Alors que se profile Noël, fête familiale par excellence, une foule de films dont les protagonistes ressemblent à des escargots hors de leur coquille sort sur les écrans. Un choix pour le moins singulier, quand on connaît le destin des escargots en période de réveillon(s)…

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Décembre : On casse la baraque ?

Qu’est-ce qui caractérise une famille ? Figée pendant des décennies (voire des siècles), la définition a connu ces dernières années moult révisions liées à la naturelle évolution des mœurs et de la société. Il demeure toutefois un paramètre central dans la qualification de la cellule familiale, fût-elle éclatée : le fait que des individus partagent un toit, en plus d’un patrimoine affectif et/ou génétique. Leur façon d’appréhender leur logis commun, et la manière dont les cinéastes les représentent, en disent souvent long sur les relations de ceux qui les occupent. Prenez La Famille Addams (4 décembre) : certes ils habitent une bâtisse plus que pourrie, mais leur cohésion s'avère totale face à l’adversité, incarnée par une sorte de Stéphane Plaza blonde et diabolique. En dépit d’un script dépourvu de la moindre originalité, cette énième résurrection de la pacifique tribu de morts-vivants (ici en version animée et signée par Conrad Vernon & Greg Tiernan) se laisse plutôt regarder, et même entendre en français : Kev Adams, voix de Gomez, se met au service de son personnage sans en faire d

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"Une vie cachée" : Celui qui croyait au Ciel et à la terre

Biopic à la Malick | L’inéluctable destin d’un paysan autrichien objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant passif au nazisme. Ode à la terre, à l’amour, à l’élévation spirituelle, ce biopic conjugue l’idéalisme éthéré avec la sensualité de la nature. Un absolu de Malick, en compétition à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Sankt Radegund, Autriche, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Fermier de son état, Franz Jägerstätter refuse par conviction d’aller au combat pour tuer des gens et surtout de prêter serment à Hitler. Soutenu par son épouse, honni par son village, il sera arrêté et torturé… Il convient d’emblée de dissiper tout malentendu. Cette “vie cachée“ à laquelle le titre se réfère n’évoque pas une hypothétique clandestinité du protagoniste, fuyant la conscription en se dissimulant dans ses montagnes de Haute-Autriche pour demeurer en paix avec sa conscience. Elle renvoie en fait à la citation de la romancière George Eliot que Terrence Malick a placée en conclusion de son film : « Car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et le fait que les choses n’aillent pas aussi mal pour vous et moi qu’il eût été possible est à moitié dû à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et reposent dans des tombes que l'on ne visite plus. ». Un esprit saint Créé bienheureux par l’Église en 2007, Jägerstätter est de ces forces tranquilles dont Malick ne pouvait que raffoler : un mixte entre la haute élévation spirituelle d’un homme

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"Le Char et l'Olivier, une autre histoire de la Palestine" : Sacré enfer !

Documentaire | De Roland Nurier (Fr., 1h41)

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Un retour sur la douloureuse situation actuelle des Palestiniens tentant d’expliquer comment (et par qui) leur pays leur a-t-il été confisqué, appuyé par les témoignages de nombreux intellectuels, diplomates palestiniens ou non, juifs ou non… Reconnaissons à Roland Nurier du courage d’avoir par ce documentaire voulu aborder l’une des questions les plus épineuses et les plus vitrifiées du monde. Surtout en assumant de partager le point de vue des Palestiniens — sans acrimonie de ton ni hostilité de principe vis-à-vis des Israéliens, c’est important de le préciser. Car ce genre de position vaut en général à qui la tient des volées d’anathèmes et des accusations infamantes de révisionnisme et/ou d’antisémitisme. Or le propos n’est pas de s’abriter derrière la contestation de l’existence de l’État d’Israël — c’est son lieu d’implantation qui est critiqué — pour manifester un archéo-néo-antisémitisme putride, mais d’empiler des faits historiques incontestables en les recontextualisant. Entre autres, que le sionisme théorisé par Herzl était contemporain des grandes politiques colonialistes, ou que la culpabilité ressentie par la communaut

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"Vous êtes jeunes, vous êtes beaux" : Battling Vieux

Réforme des retraites | De Franchin Don (Fr., 1h40) avec Gérard Darmon, Josiane Balasko, Patrick Bouchitey…

Vincent Raymond | Mercredi 2 octobre 2019

À 73 ans, Lucius se sait condamné à brève échéance. Mais il a encore du jus. Alors, quand on lui propose contre un petit pactole de participer à des combats clandestins entre “vieux“, il accepte. Pour se prouver qu’il existe encore. Ou pour sa chère Mona, qui sait ? Inutile de frapper la viande pour attendrir. La preuve avec ce premier long métrage aux lisières de la série blême et du surréel onirique lynchéen, dont la stylisation extrême s’ajoute à un propos fort ainsi qu’à une interprétation solide. Or si c’est un plaisir de retrouver Josiane Balasko déployant ce registre dramatique qu’elle a déjà offert à Guillaume Nicloux ou François Ozon, voix basse et gravité à fendre les pierres ; Bouchitey en clown épuisé et Denis Lavant en meneur de jeu méphistophélique, il est plus surprenant de voir Gérard Darmon distribué dans une “non-comédie” — et qui plus est, au premier rôle. Quel dommage que les cinéastes n’aient pas l’imagination de Franchin Don, car Darmon se révèle aussi brillant que touchant dans cet emploi sacrificiel rappelant à bien des égards le Wrestler d’Aronofsky. La confidentialité de cette production r

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Partagez un repas avec des étudiants étrangers

GUIDE URBAIN | Depuis plusieurs années, Sainté Jeunes, qui organise l'événement Sainté Accueille Ses Étudiants (SASE), a mis en place une opération inédite et insolite (...)

Nicolas Bros | Vendredi 23 août 2019

Partagez un repas avec des étudiants étrangers

Depuis plusieurs années, Sainté Jeunes, qui organise l'événement Sainté Accueille Ses Étudiants (SASE), a mis en place une opération inédite et insolite : Mission Gaga’stronome. Le principe est simple. Les étudiants étrangers, fraîchement arrivés à Saint-Étienne, sont invités par des familles stéphanoises pour partager un moment convivial autour d'un repas. Nul besoin d'être un cuisinier hors pair pour proposer d'accueillir deux étudiants chez soi. Sainté Jeunes est actuellement à la recherche de nouvelles familles volontaires afin d'accueillir les nouveaux arrivants de la rentrée 2019 pour un repas le samedi 5 octobre. Pour plus d'infos sur cette initiative, rendez-vous sur cette page où un formulaire explicatif est disponible.

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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Saint-Étienne, une ville qui reste attractive pour les étudiants

Vie étudiante | Quel est le coût d'une année universitaire à Saint-Étienne ? Deux études viennent, coup sur coup, d'apporter des informations à ce sujet. Une première, d'envergure nationale, menée par l' Union nationale des étudiants de France (UNEF) ainsi qu'une autre, menée au niveau locale par la Fédération des Associations de Saint Etienne Etudiantes (FASEE).

Nicolas Bros | Jeudi 22 août 2019

Saint-Étienne, une ville qui reste attractive pour les étudiants

Chaque année, Saint-Étienne et l'ensemble de ses campus et écoles (Université Jean Monnet, École supérieure d'Art dramatique, École nationale supérieure d’architecture, École nationale supérieure des Mines, Télécom...) accueillent environ 25 000 étudiants, ce qui en fait l'une des 42 plus grosses villes universitaires de France métropolitaine (selon l'Unef). Dans son étude annuelle, l'UNEF classe la préfecture ligérienne comme étant la plus attractive de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec des dépenses mensuelles s'élevant à 770, 50 € (contre 800, 25 € à Clermont-Ferrand, 849, 25 € à Grenoble et 962, 41 € à Lyon), plaçant Saint-Étienne à la 5e place sur 42 villes concernées. Cette donnée est mesurée en prenant en compte trois facteurs sur les années 18/19 et 19/20 : le logement (352 € à Saint-Étienne), les transports (abonnement STAS à 213 €, soit une augmentation de 1, 91%) et un socle fixe commun*. Concernant l'

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez offrir aux acteurs cet accueil-là. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… Alors, quand vous pouvez offrir ça aux acteurs qui vous ont tant donné pendant le tournage, c’est très, très, émouvant. À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Et puis après toute sa carrière, Indigènes…

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Objectif Lune

Festival des 7 Lunes | Et si, cet été, on passait la frontière du département pour aller respirer un peu l’air frais du pays des Sucs ? Et si on en profitait, en plus, pour (...)

Cerise Rochet | Mardi 2 juillet 2019

Objectif Lune

Et si, cet été, on passait la frontière du département pour aller respirer un peu l’air frais du pays des Sucs ? Et si on en profitait, en plus, pour se plonger dans des bouquins ? Ennuyeux ? Trop calme et silencieux ? Que nenni ! Chaque année depuis 19 ans, le festival des 7 Lunes propose d’entrer dans l’univers du livre grâce à des lectures à voix haute. Entendre les mots afin de mieux les comprendre, se faire choper par des voix pour mieux suivre les histoires racontées, se laisser émerveiller par cette forme hybride, à mi-chemin entre lecture et théâtre… Durant 5 jours à Lapte, Grazac et Yssingeaux, 7 compagnies se relaieront ainsi pour (re)donner vie aux textes. Mon Village, de Philippe Valette, Le Merle, d’Arthur Keelt, Le Reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent, mais aussi une lecture sous les étoiles, un stage de lecture à voix haute, une scène ouverte, ou encore une lecture musicale autour d’interviews données par Georges Brassens à la presse de l’époque… Demandez le programme ! Festival des 7 Lunes, du 30 juillet au 3 août à Lapte, Grazac et Yssingeaux

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"Roubaix, une lumière" Divers faits d’hiver

Film de l'été | Arnaud Desplechin retourne dans son Nord natal pour saisir le quotidien d’un commissariat de police piloté par un chef intuitif et retenu. Un polar humaniste où la vérité tient de l’épiphanie, et la parole du remède. Le premier choc de la rentrée cinématographique.

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

L’arrivée d’un nouveau lieutenant, des incendies, une disparition de mineure, le crime d’une personne âgée… Quelques jours dans la vie et la brigade de Yacoub Daoud, patron du commissariat de Roubaix, pendant les fêtes de Noël… « On est de son enfance comme on est de son pays », écrivait Saint-Exupéry. Mais quid du pays de son enfance ? En-dehors de tous les territoires, échappant à toute cartographie physique, il délimite un espace mental aux contours flous : une dimension géographique affective personnelle, propre à tout un chacun. Et les années passant, le poids de la nostalgie se faisant ressentir, ce pays se rappelle aux bons (et moins bons) souvenirs : il revient comme pour solder un vieux compte, avec la fascination d’un assassin de retour sur les lieux d’un crime. Aux yeux du public hexagonal, voire international, Arnaud Desplechin incarne la quintessence d’un cinéma parisien — un malentendu né probablement de l’inscription de La Sentinelle et de Comment je me suis disputé dans des élites situées, jacobinisme ob

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Rêves de Jeunesse : Conte… sur toi

ECRANS | de Alain Raoust (Fr., 1h32) avec Salomé Richard, Yoann Zimmer, Estelle Meyer…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Rêves de Jeunesse : Conte… sur toi

Salomé quitte pour l’été sa coloc’ afin d’aller bosser dans la déchèterie du petit village de son enfance. Sur place, livrée à elle-même, elle renoue avec une partie de son passé et enchaîne des rencontres baroques. Dont celle d’une participante d’un jeu télé, échouée devant sa cahute… Les romans d’apprentissage illustrés ont toujours quelque chose d’attachant, surtout lorsqu’ils sont en phase avec la saison ; bien davantage s’ils touchent un public en osmose avec le sujet. En apparence soumis à une intrigue ténue, porté par une héroïne discrète pour ne pas dire mutique — plus observatrice qu’actrice — squattant une camionnette abandonnée dans la solitude du mois d’août, Rêves de jeunesse tient plus des “Vacances de Monsieur Godot” que d’une fantaisie d’étudiants à la Klapisch ! Cependant, ce cadre rural où l’absurde surgit volontiers (rappelant le cinéma d’Alain Guiraudie) se révèle un creuset propice à la déconnexion et à l’introspection : Salomé peut poursuivre son histoire grâce au surgissement d’une fille en tout point opposée à ce qu’elle est et… “grandir“. Période e

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"Joel, une enfance en Patagonie" : Un village pas très classe

ECRANS | de Carlos Sorín (Arg., 1h39) avec Victoria Almeida, Diego Gentile, Joel Noguera…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Cecilia et Diego ont enfin reçu une réponse favorable à leur demande d’adoption. L’enfant qu’on leur propose a 9 ans, et un passé chargé qui l’a traumatisé. Si eux l’acceptent avec amour, il n’en va pas de même pour le petit village glacial de Patagonie où ils viennent d’emménager… Est-ce le fait, pour le moins inhabituel, de voir une population sud-américaine évoluer dans une décor digne des pays nordiques (pourtant, c’est cela la Patagonie) ? Toujours est-il que ce film donne une impression de décalage, comme si l’histoire ne se déroulait pas au bon endroit. Un sentiment à prendre avec des pincettes car il peut tout aussi bien signifier que le potentiel de Joel… sera pleinement développé lorsque le film sera transposé dans un autre contexte à l’occasion d’un remake nord-américain ou européen (vu la trame, les possibilités sont hélas infinies). Ou bien que le malaise suscité par l’enfant, issu d’une famille marginale, à la petite communauté recluse dans sa tranquillité, a par capillarité diffusé dans tout le film. Car même si Joel…

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Une cour, comme le dos d'un géant blanc

Tout peinturluré | L'odeur de peinture flotte encore dans la cour du collège-lycée Saint-Louis. Elle émane d'un drôle de géant endormi. Depuis quelques années déjà, ces titans apathiques sont devenus indissociables du couple de peintres stéphanois Ella & Pitr. Partout où ils passent, un nouveau colosse se prélasse.

Antoine Desvoivre | Mercredi 19 juin 2019

Une cour, comme le dos d'un géant blanc

Après avoir signé la plus grande fresque d’Europe sur un toit de Paris (cf. vidéo ci-dessous), Ella & Pitr perpétuent leur folie des grandeurs en donnant forme à un nouveau personnage au cœur d'un lycée de Saint-Étienne.« C'est un ou une jeune personne, on ne peut pas définir son sexe, il est coincé dans une cour d'école, il rêve » , raconte les Papier-Peintres. Si les étudiants partent bientôt en vacances, le géant, lui, n'est pas près de quitter l'établissement. Mais avant de l'abandonner pour l'été, parents et enfants sont venus l'admirer. Et déjà, sur ses épaules de pigment, on s'installe, on discute ou l'on se promène. Des ribambelles d'ados entrent et sortent de la cour d'école, telle une colonie de fourmis qui courent le long de son dos. Un travail main dans la main avec les élèves Pour réaliser cet ouvrage, de plus de 2 000 mètres carrés, les artistes ont reçu de l'aide d'une main-d'oeuvre composée des élèves de Saint-Louis. Pour le duo, cet engagement est primordial. « Il est important de fair

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Elise Otzenberger : « Si ça permettait à des gens d’être curieux, ce serait formidable »

Lune de miel | D’une histoire intime inscrite dans l’Histoire, Élise Otzenberger a tiré une tragi-comédie aux faux-airs de Woody Allen émaillée de séquences documentaires et de dialogues volontiers corrosifs. Tête à tête à l’occasion des Rencontres de Gérardmer…

Vincent Raymond | Mercredi 12 juin 2019

Elise Otzenberger : « Si ça permettait à des gens d’être curieux, ce serait formidable »

Avec ses couleurs désaturées et ses contrastes marqués, votre film possède un côté un peu passé, semblable aux vieilles photos patinées — des photos qui sont très présentes, évoquant l’idée d’une mémoire qui ressurgit… Élise Otzenberger : Oui, effectivement. J’avais beaucoup parlé à ma cheffe-opératrice de références dans le cinéma américain des années 1970, et de films comme Le Lauréat ou Kramer contre Kramer ayant cette notion de couleur assez importante. Très rapidement, on s’est aussi rendues compte de l’importance des photos dans l’histoire et qu’il fallait leur donner une présence très forte. Chez moi, ma mère a passé sa vie à dire : « Ah, je vais faire des albums photos, je vais faire des albums photo ! » sans jamais en faire. On avait des tonnes de cartons dans lesquels les photos formaient un fouillis complètement anachroniques, et où j’ai passé des heures de mon enfance — c’était assez joyeux ! Je pense qu’on est pas mal de familles dans ce cas, pas uniquement juives.

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Lever de rideau

SCENES | Une saison riche en réflexions et en émotions se prépare au centre culturel de la Ricamarie. Au travers de ses 20 spectacles, la programmation propose une thématique dominante sur la relation au pouvoir ainsi que des pièces centrées sur des histoires et des destins hors du commun.

Antoine Desvoivre | Mardi 18 juin 2019

Lever de rideau

Cette saison, au centre culturel de la Ricamarie, les acrobates tutoient les empereurs romains, les résistants chantent, les sourds trouvent leur voix et les scientifiques donnent la réplique aux dévots. Certains brisent les codes et d'autres partent jouer en forêt. On peut être poète, enfant ou Don Juan... La cage s'est ouverte et les rêvent s'échappent. Trois récits de vie, trois époques et trois pays, voici trois histoires vraies qui se sont glissées dans cette programmation. Comment subit-on la violence ? Comment réagit-on à la tyrannie ? Ce sont les questions que pose Une Opérette à Ravensbrück. Adaptée du livre de la résistante Germaine Tillon, l'oeuvre dépeint en théâtre et en chansons, la vie dans les camps de concentration. La pièce, mise en scène par Claudine Van Beneden, raconte comment, afin de préserver leur dignité et leur sanité, Germaine et certaines de ses codétenues, montent une opérette au sein du camp. Un bel exemple de résistance par l'art, qui leur a permis de créer des moments de vie, de joie et d’espoir au cœur de l'horreur. C'est un autre type de réflexion que propose Le Projet Rimb

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"Lune de Miel" : Suites polonaises

ECRANS | De Elise Otzenberger (Fr., 1h28) avec Judith Chemla, Arthur Igual, Brigitte Roüan…

Vincent Raymond | Mercredi 12 juin 2019

Anna et Adam partagent leur vie, un enfant et des origines juives polonaises. Quand Adam est invité à une commémoration dans le village de Pologne d'où venaient ses grands-parents, Anna saisit l'occasion pour l'entraîner dans un pèlerinage intime. Qu'elle prend plus à cœur que lui… Ce film tient de la quadrature du cercle, et il pourrait faire bondir celles et ceux qui s’arrêteraient à sa surface de comédie sentimentale et familiale traitant… de l’héritage de la Shoah. Nulle provocation chez Élise Otzenberger, bien au contraire, pour qui l’humour a sans doute été un formidable outil cathartique. Nourrie d’histoire(s) familiale(s), Lune de Miel rappelle avec son entame rapide dynamisée par les répliques délirantes du personnage de Brigitte Roüan, les grandes heures du cinéma de Woody Allen époque Annie Hall/Manhattan : le socle dramatique est submergé par le rire et l’absurde, comme pour faire diversion. Au fil du voyage cependant, la fiction va à plusieurs reprises être entrecoupée par des séquences plus documentarisantes : cer

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Toujours là

Reggae | Pas forcément évident de se remettre à l'ouvrage après la période d'hyper-médiatisation qui accompagna le tubissime Pour le bonheur du monde. Et pourtant, (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Toujours là

Pas forcément évident de se remettre à l'ouvrage après la période d'hyper-médiatisation qui accompagna le tubissime Pour le bonheur du monde. Et pourtant, Sinsémilia est toujours là quinze ans après. Les Grenoblois reviennent une fois encore sur le devant de la scène avec une nouvelle galette, A l'échelle d'une vie, chaque membre mettant de côté pour un temps ses projets persos. Au son d'un reggae communicatif le combo nous invite de plus belle à nourrir nos cerveaux car le savoir est une arme de paix. Sinsémilia, dimanche 16 juin à 19h45, parc Nelson Mandela à Saint-Chamond

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Feu de Broussaï

Reggae | Depuis la création du groupe au début des années 2000, Broussaï s'est imposé comme l'une des figures de proue du reggae hexagonal, parcourant sans relâche (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Feu de Broussaï

Depuis la création du groupe au début des années 2000, Broussaï s'est imposé comme l'une des figures de proue du reggae hexagonal, parcourant sans relâche l'Europe de l'ouest mais aussi le Canada, jusqu'à la mythique cité de Kingston. Les Mâconnais furent même les premiers Français, en 2012, à passer à la télévision jamaïquaine. Avec son tout nouvel album, Une seule adresse, Broussaï semble revenir aux fondamentaux (un reggae new roots très acoustique), portant haut et fort un message humaniste plein de lucidité. Broussaï, vendredi 14 juin à 20h45, parc Nelson Mandela à Saint-Chamond

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Samuel Tilman : « Le spectateur doit prendre position »

Une part d’ombre | Invité par les Rencontres de Gérardmer à présenter le film qu’il a tourné en partie dans la région vosgienne, le réalisateur belge Samuel Tilman revient sur la genèse d’Une part d’ombre et sa complicité avec Fabrizio Rongione…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Samuel Tilman : « Le spectateur doit prendre position »

Quelle est l’origine de ce thriller ? Le sujet, c’est vraiment l’envie de parler du regard que l’on peut porter sur l’autre, de l’incapacité de se dévoiler totalement et donc de connaître l’autre totalement. Mais également la peur d’être jugé, comment le jugement impacte un groupe… J'avais envie aussi de mettre les personnages dans de grands paysages, qu’ils soient un peu perdus dans une forme de nature oppressante. Au départ, ils auraient dû être en vacances à la Costa Del Sol, mais il n’y avait pas l’isolement que je voulais : ça ne pouvait pas fonctionner dans un club de vacances ou un camping. Comme je suis un grand fan de montagne — mon père m’emmenait en montagne faire des randos quand j’avais 7, 8 ans, faire des randos et j’avais vécu une expérience extraordinaire sur un court métrage précédent —, les Vosges se sont imposées. Et j’ai découvert qu’il y a de la forêt et que c’est très sauvage. En plus de la montagne, un autre élément ajoute une inquiétude diffuse au film : c’est l’ambiguïté que peut dégager Fabrizio Rongione, l’interprète de David…

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"Une part d'ombre" : Présumé coupable

ECRANS | De Samuel Tilman (Bel., 1h30) avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier, Baptiste Lalieu…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Père et mari comblé, professeur apprécié, David peut compter sur sa bande d’amis. Du moins, c’est ce qu’il croyait : entendu comme témoin puis suspect dans une affaire de meurtre, il voit ses fidèles potes s’éloigner quand une facette de son existence qu’ils ignoraient est mise au jour… N’y aurait-il pas comme une once d’inspiration simenonesque dans ce thriller aussi belge que l’était le créateur de Maigret ? C’est ici en effet moins l’enquête (et ses rebondissements portant sur les dessous ou les recoins de la vie de David) qui importent que l’étude psychologique des personnages — de la dynamique groupe — et la morale que l’on peut en tirer. Une morale évidemment peu réjouissante quant à la valeur des relations humaines et le potentiel hypocrisie que chacun peut recéler. En accentuant le plus possible la subjectivité, Tilman accroît le sentiment de malaise, voire de paranoïa, de son protagoniste admirablement servi par l’ambigu Fabrizio Rongione. Le comédien, malheureusement trop rare, dégage un je-ne-sais-quoi de trouble et d’inquiétant rendant crédible l’hypothèse de la culpa

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"Le Jeune Ahmed" : Le ver dans le fruit

FRÈRES DARDENNE | ​Après un passage à l’acte, un ado radicalisé est placé dans un centre de réinsertion semi-ouvert où, feignant le repentir, il prépare sa récidive. Un nouveau et redoutable portrait de notre temps, renforcé par l’ascèse esthétique des frères Dardenne. En compétition Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Ahmed, 13 ans, vient de basculer dans l’adolescence et fréquente avec assiduité la mosquée du quartier dirigée par un imam fondamentaliste. Fasciné par le destin de son cousin djihadiste et désireux de plaire à son mentor, Ahmed commet une tentative d’assassinat sur une professeure… Toujours identique à lui-même et cependant constamment différent, le cinéma des frères Dardenne n’en finit pas de cartographier le paysage social contemporain, à l’affût de ses moindres inflexions pour en restituer dans chaque film la vision la plus rigoureuse. À eux (donc à nous) les visages de la précarité, la situation des migrants ou des réfugiés ; à eux également comme ici — avant peut-être un jour leur regard sur l’exploitation “uberissime“ de la misère — la radicalisation dans les quartiers populaires d’ados paumés entre deux cultures, la cervelle lessivée par de faux prophètes les brossant dans le sens du poil pour mieux les manipuler. À l’horreur économique s’est en effet ajoutée une très concrète abomination terroriste tout aussi internationalisée, usant de techniques de recrutement n’ayant rien à envier au cynisme des

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"Just Charlie" : Surface de séparation

ECRANS | De Rebekah Fortune (G.-B., 1h39) avec Harry Gilby, Karen Bryson, Scot Williams…

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent mal dans sa peau : au plus profond de lui, il se sait femme. Quand son entourage l’apprend, les réactions divergent… Il en va du football comme d’un culte en Angleterre (et tout particulièrement à Manchester) : on s’y consacre avec dévotion, on entre dans un centre de formation comme dans les ordres avec, outre l’ambition de faire triompher les couleurs de son Église/club, la promesse d’un paradis bien terrestre. Ce prérequis semble nécessaire pour comprendre pourquoi la “confession“ courageuse — en réalité, l’affirmation de son identité — de Charlie est perçue par certains proches comme la trahison d’un apostat. Pour son père, qui fantasmait une carrière par procuration, c’est une double peine : croyant perdre un fils et un futur glorieux, son rejet égoïste est aussi violent que celui des homophobes excluant Charlie… ou lui cassant la figure. Girl de Lukas Dhont avait déjà l’an dernier, on s’en so

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Bandes à part

Panorama ciné mai 2019 | Contrairement aux plateformes vidéo destinées à un usage domestique souvent solitaire, le cinéma se partage — et en très grand format. Autant en profiter avec des films de troupes…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Bandes à part

Mai équivaut à un supplice de Tantale pour l’amateur de cinéma : pendant dix jours, on lui distille des images de la quintessence d’une production mondiale dont l’écrasante majorité sera invisible jusqu’à l’automne ou l’hiver. Alors, pour tromper son attente, et pendant que la masse des Élus gravite autour de la Croisette, le commun du public pourra toujours faire foule dans les salles en allant voir des films de bandes, particulièrement représentées. Premier (et plus attendu) de ceux-ci, la suite de la “comédie générationnelle“ de Guillaume Canet Les Petits Mouchoirs, Nous finirons ensemble (1er mai) Même distribution (avec l’ajout bienvenu de Clémentine Baert et celui, hélas inutile, de José Garcia), même concept (faire fermenter dans une résidence de nabab texan un groupe “d’amis“ aux égos hypertrophiés se mesurant la longueur du portefeuille pour savoir qui sera le nouveau mâle alpha de la cohorte), même succession de séquences culminant en crise, même longueurs et même succès à prévoir si le principe d’adoration des dominants est, comme toujours,

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Lux Æterna

Musée | Avec "Habiter la lumière" et "La Luce", le Site Le Corbusier de Firminy accueille simultanément deux expositions temporaires qui replacent la lumière au centre de la pensée corbuséenne et présente des créations de sa consœur Charlotte Perriand.

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Lux Æterna

Architecte de génie, urbaniste et designer, théoricien de la beauté formelle et père de l’habitat moderne, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier fut assurément un artiste visionnaire autant qu’un personnage complexe et paradoxal. L’ensemble de son œuvre témoigne de l’invention d’un nouveau langage architectural en rupture avec le passé. La lumière tient dans cette œuvre immense une place prépondérante. Le Corbusier affirmait lui-même que « l’architecture est le jeu, savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière ». C’est là l’objet de l’exposition Habiter la lumière, dans l’aile nord de la Maison de la Culture : montrer à quel point la lumière est un matériau brut qui participe pleinement à la conception de l’espace architecturé. Par son jeu d’échelles ou d’ombres et son intensité changeante au fil des heures, la lumière habite l’espace, le révèle, jusqu’à lui insuffler une épaisseur émotionnelle que la pierre seule ne saurait garantir. Et la lumière fut La Luce (exposition itinérante conçue par Nemo Lighting) présente quant à elle, à l’église Saint-Pierre, le travail de recherche et de cr

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"J'veux du soleil" : Moteur, ça tourne !

Ciné-Tract | De François Ruffin & Gilles Perret (Fr., 1h16) avec des gilets jaunes

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Peu après le 1er Acte du mouvement des gilets jaunes, le cinéaste Gilles Perret et le député France Insoumise François Ruffin sont partis à la rencontre des manifestants occupant les ronds-points afin d’écouter leurs histoires personnelles et de collecter leurs revendications collectives… Tels des héros d’un road-buddy-movie militant, Gilles et François sillonnent donc l’Hexagone du nord au sud dans la voiture du second — on serait taquin, on leur rappellerait que d’un point de vue géographique, ils auraient eu plus de chance d’avoir le soleil tant désir en ligne de mire en suivant un axe est-ouest. Rythmé par des chansons nostalgiques et désuètes — quand elles ne prennent pas un tour ironique (Nationale 7, Douce France… ) —, entrecoupé d’un florilège de la morgue verbale d’Emmanuel Macron à l’endroit du peuple, ce cahier de doléances audiovisuel contient des témoignages aussi concrets que poignants donnant des visages et des corps à la crise, à la misère, à la désertification rurale, à la désespérance ordinaire. De ce point de vue, ce film complète les grand-

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"Curiosa" : Chambre avec vues

ECRANS | De Lou Jeunet (Fr., 1h47, avec avert.) avec Noémie Merlant, Niels Schneider, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Paris, fin XIXe. Pour sauver les finances familiales, Marie de Héredia est “cédée“ par son poète de père au fortuné Henri de Régnier, alors qu’elle aime son meilleur, le sulfureux Pierre Louÿs. Tous deux entretiendront malgré tout une liaison suivie, émaillée de photographies érotiques… Quand une chambre (noire) peut être le lieu de toute les passions… Lou Jeunet donne une vigueur nouvelle et réciproque à l’expression “taquiner la muse“ en animant son élégant trio — lequel ne restera pas longtemps prisonnier de sa relation triangulaire. La relation entre Pierre et Marie (où Henri fait figure d’électron satellite, ou d’observateur consentant) admet plus ou moins volontiers d’autres partenaires et inspire, outre des clichés porno/photographiques, une abondante correspondance ainsi qu’une féconde production littéraire chez les deux amants — sans parler d’un rejeton adultérin. Aussi paradoxal que cela paraisse, c’est le voyeurisme de l’érotomane Louÿs qui permettra l’émancipation de Marie : en découvrant l’exultation des corps, la jeune femme va trouver les ressources pour

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Nuit vertigineuse

Soirée | L'Américaine Louisaahhh fait tourbillonner les dancefloors avec son côté dark mais toujours avec bonne humeur. Elle (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 avril 2019

Nuit vertigineuse

L'Américaine Louisaahhh fait tourbillonner les dancefloors avec son côté dark mais toujours avec bonne humeur. Elle distille une techno avec un côté punk bien prononcé, qui se retrouve d'ailleurs au cœur du label RAAR (curieux, bizarre en Néerlandais) qu'elle a monté en 2015 aux côtés du Nantais Maelström. Sans concession si ce n'est celle de donner la pêche, les apparitions de Louisaahhh sont propices aux vertiges musicaux. Ce qui tombe divinement sous le sens puisque c'est pour l'inauguration d'un nouveau concept de soirées, concocté par l'équipe du Fil et intitulé Vertiges de la nuit, qu'elle se produira en terres stéphanoises. Une soirée qui se tient également à l'occasion du Disquaire Day 2019, pendant lequel on vous conseille de vous délecter de nouvelles galettes chez vos disquaires indépendants favoris. Mais aussi de goûter - avec modération - à la bière Vynila brassée par la Brasserie Stéphanoise et approuvée par Harold, disquaire de Forum à Saint-Étienne. Pour couronner le tout, on pourra aussi apprécier sur scène La Fraî

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"Aïlo : une odyssée en Laponie" : Wolverine, en vrai

Documentaire dès 6 ans | De Guillaume Maidatchevsky (Fr., 1h26) avec les voix de Aldebert, Anke Engelke…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Au-delà du Cercle polaire, Aïlo, un petit renne, est né. Dès ses premières heures, sa vie est un combat, puisqu’il doit en compagnie de sa maman rejoindre le troupeau protecteur et gagner des terres nourricières. Sur le chemin, les embûches sont nombreuses, et les prédateurs également… Porté en français par la douce voix du héros des enfants, Aldebert, ce rafraîchissant documentaire animalier vaut, comme tout film à suspense ou polar efficace, pour la qualité de l’opposant du héros. Car, à la vérité, comme personne ne doute de la bonne fortune d’Aïlo et que tout se terminera bien pour lui, autant que son adversaire soit redoutable. On n’est pas déçu puisqu’il s’agit de l’animal totem de Wolverine, le carcajou, autrement connu sous le nom de glouton. Oubliez Hugh Jackman : derrière son mignon minois de nounours croisé blaireau se cache une vieille saloperie vicieuse ; un prédateur sournois capable de toutes les ruses pour croquer du renne, si possible bien tendre, ou de fatiguer des chiens pour aller en prélever dans un élevage. La bête est fascinante d’intelligence, et vaut à ell

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Jason Chicandier, parrain de Faut Que Ca Brasse 2019

Festival Faut Que Ca Brasse à Saint-Étienne | L'humoriste stéphanois Jason Chicantier sera de la partie pour la troisième édition du festival Faut Que Ca Brasse ! Et pas qu'un peu puisqu'il sera le (...)

Nicolas Bros | Jeudi 28 février 2019

Jason Chicandier, parrain de Faut Que Ca Brasse 2019

L'humoriste stéphanois Jason Chicantier sera de la partie pour la troisième édition du festival Faut Que Ca Brasse ! Et pas qu'un peu puisqu'il sera le parrain de cette troisième édition qui se déroulera les 24 et 25 mai 2019 au Parc Expo de Saint-Étienne. Réunissant une quarantaine d'exposants dont plus d'une vingtaine de brasseurs différents, venus des quatre coins de France, c'est l'événement incontournable autour des #BonsVivants. Jason ne s'y est pas trompé et participera à cette jolie fête. Le rendez-vous est donc fixé et la billetterie est en ligne : https://yurplan.com/event/Faut-Que-Ca-Brasse-3/37512 Faut Que Ca Brasse #03, Festival de la bière artisanale Vendredi 24 et samedi 25 mai 2019 au Parc Expo de Saint-Étienne Parrain : Jason Chicandier

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La danse de la musique

Danse/Jeune public | Tchaï-Kov-Ski, trois syllabes pour les trois pièces de danse créées par Davy Brun sur la musique du célèbre compositeur. Eloignée de tout académisme, cette création (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 mars 2019

La danse de la musique

Tchaï-Kov-Ski, trois syllabes pour les trois pièces de danse créées par Davy Brun sur la musique du célèbre compositeur. Eloignée de tout académisme, cette création montre que la musique de Tchaïkovski qui magnifie la gestuelle est une musique dansante. Tchaï-Kov-Ski, samedi 16 mars à 17h à l'Opéra de Saint-Étienne

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"Jeune Bergère" : Il était une néo-bergère

Documentaire | De Delphine Détrie (Fr., 1h31) avec Stéphanie Maubé…

Vincent Raymond | Mercredi 27 février 2019

Il y a quelques années, Stéphanie a lâché Paris et sa vie de graphiste pour s’installer comme éleveuse d’ovins en Normandie. Si son couple n’y a pas survécu, la jeune bergère a tenu bon en dépit des contraintes physiques, administratives ou des petites bassesses de ses “confrères“… On est loin ici du retour à la terre de jadis, cette toquade portée par des baby-boomers urbains traversant un questionnement intérieur transitoire. Stéphanie Maubé incarne une nouvelle race de bergères qui, revendiquant des valeurs éthiques fortes, a choisi et conscientisé son nouveau métier. Succession de tranches de vie de cette néo-rurale, Jeune bergère montre un combat ordinaire mené avec panache et opiniâtreté. La nature y est belle sans être enjolivée, rude sans exagération ; quant aux “opposants“ de cette héroïne du quotidien, ils n’ont pas d’incarnation : fonctionnaires hors-sol établissant des règlements abstrus, voisins rivaux commettant des déprédations sur son cheptels, gros éleveurs dérangés dans leur logique industrielle, ils demeurent des fantômes revêtus de leurs habits d’invisibilité. Et de sour

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Rokia, connecting people

Sono mondiale | La chanteuse et guitariste malienne Rokia Traoré sera sur la scène du Firmament avec un concert très attendu qui, de surcroit, tombe pile-poil pour la Journée internationale de la femme.

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

Rokia, connecting people

Officialisée par l’ONU en 1977, la Journée internationale des femmes prend sa source dans les luttes féministes du tout début du XXème siècle aux Etats-Unis et en Europe. La question des inégalités entre les sexes n’étant aujourd’hui toujours pas résolue, la date de 8 mars revêt chaque année dans le monde un caractère nécessairement plus militant que festif. Pour autant, hasard du calendrier ou fin calcul des programmateurs, le 8 mars prochain sera jour de fête à Firminy avec la venue de la sublime Rokia Traoré. La chanteuse malienne est devenue en vingt ans une des plus grandes voix de l’Afrique contemporaine sur la scène internationale. Née en 1974 dans la banlieue de Bamako, fille de diplomate, Rokia a dès son plus jeune âge beaucoup voyagé. Mais après des études universitaires en anthropologie, son intérêt pour la musique prendra définitivement le dessus. Elle enregistrera ses premiers titres en 1995 sous la houlette du grand Ali Farka Touré, avant de sortir un premier album, Mouneïssa, en 1998. Suivront cinq autres disques au fil d’un parcours étonnamment diversifié. Militante Depuis ses débuts la chanteuse n’a de cesse de multiplier les collaborations

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