Jérémie Janot : Des pieds et des mains

Portrait | Gardien emblématique des Verts durant 16 ans, Jérémie Janot retrace les grandes étapes de sa vie et de son parcours dans un livre d’entretien, qui paraitra prochainement. Ou comment aller très loin en ne partant de rien.

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

À l'école, dans la rue, au supermarché, sur son vélo… Gamin, le t'cho Jérémie n'a jamais pu aller quelque part sans trimballer son ballon avec lui, bien calé sous son bras. Une sorte de meilleur copain avec qui découvrir le monde, une occupation fidèle, pour lui qui, sans père, ni frère, ni sœur, attend chaque soir le retour de sa mère, aussi aimante qu'absente, forcée d'enchaîner les petits boulots pour assurer le quotidien. Sa vocation, Jérémie Janot la doit à Jojo, son oncle, gardien d'une petite équipe fanion réputé un brin kamikaze. Plonger, si possible dans la boue ou dans les flaques. Voilà, ce qui a conduit le petit gars du Nord à devenir un jour l'emblématique portier stéphanois.

Il a 5 ans, lorsqu'il signe sa première licence, à l'US Valenciennes-Anzin. Et, dès ses débuts, c'est entre les poteaux, qu'il veut être. « Le plus bel endroit du monde. » Pourtant, déjà, Jérémie est petit. Mais qu'importe. Jérémie plonge, même quand la balle passe à 5 mètres des cages.

Janot, petit, mais costaud

« J'ai fait toutes mes classes à l'US Valenciennes. Un club extraordinaire. Où l'on m'a appris à devenir un homme, avant même de m'apprendre à être un bon gardien. Les encadrants, les coachs, c'étaient des mecs à l'ancienne. Des mecs qui te donnent les armes pour affronter la vie, qui t'inculquent le don de soi, le travail, le respect. Des mecs qui te cassent les doigts à chaque fois qu'ils te serrent la main. Ils ont fait de nous des bons gars. Et comme on était des bons gars, on est devenu des bons joueurs », se souvient-il aujourd'hui. Une progression qui n'empêchera pas le petit Jérémie d'être évincé de son équipe, après un grave accident de mobylette qui le tient éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Petit oui. Trop petit. Et maintenant casse-cou, par-dessus le marché.

Son destin le rattrape pourtant. Intégré au centre de formation de l'ASSE à l'âge de 15 ans grâce au soutien d'Alain Blachon et malgré son mètre 73, Janot devient match après match, saison après saison, le gardien numéro 1 de la formation stéphanoise. Et quel gardien ! 386 matches en professionnel, 1 534 minutes à domicile sans prendre le moindre but. Un record jamais égalé.

« Les supporters des Verts m'ont donné beaucoup de force, c'est clair. C'était un plus indéniable. Et avec les supporters adverses, un petit jeu s'est vite installé. »

Janot le coéquipier

« Ce qui me rend le plus fier, ce ne sont pas les 1 534 minutes. C'est la connexion avec mon bloc défensif de l'époque. On a réussi à réunir en défense les cinq ou six mecs les plus complémentaires qui soient, à tel point que chacun savait exactement quand et comment intervenir. Ces 1 534 minutes, c'est une superbe histoire. Mais ce qu'il y a de mieux encore, c'est le processus qui a fait qu'on en est arrivé là. » Sous ses traits de grand solitaire, Janot n'en est pas moins généreux, excellent coéquipier et modeste. Sans doute est-ce d'ailleurs un peu pour cela, que les supporters des Verts, l'ont toujours beaucoup aimé… Ou presque. « Il ne faut pas croire, à mes débuts, j'ai aussi beaucoup été sifflé. Ça arrivait quand j'étais pas bon, et c'était normal. Ça m'a permis de me remettre en question. La première fois que je me suis fait siffler, je me suis dit « un jour, ils crieront mon nom ». Et puis, je me suis remis au travail. »

« J'ai connu des épreuves qui m'ont beaucoup marqué au cours de ma vie. Et j'ai tendance à me dire qu'il faut profiter tant que tout va bien. »

Entre les kops et Janot, l'histoire sera longue, et jalonnée de banderoles, de larmes, d'applaudissements. De chambrages aussi. « Les supporters des Verts m'ont donné beaucoup de force, c'est clair. C'était un plus indéniable. Et avec les supporters adverses, un petit jeu s'est vite installé. C'était de bonne guerre mais j'ai fait des trucs qu'on ne pourrait plus faire aujourd'hui. Avant d'entrer sur le terrain, Julien Sablé me disais souvent : « T'as prévu quelque chose ? Jé, fais pas le con hein, reste cool ». Et moi je répondais « Mais oui t'inquiète, je la joue tranquille. » Et puis une fois dans mes cages, si j'entendais le kop chanter « vas-y Janot, montre-nous tes fesses ! » … Bah… Je baissais mon short. J'ai toujours aimé chambrer, mais j'ai aussi beaucoup aimé me faire chambrer. Ce que les supporters ont toujours apprécié je crois, c'est que je n'ai jamais rien calculé. Tout a toujours été hyper spontané, et jamais méchant. »

Janot, le croqueur de vie

De ses fesses, montrées sans rechigner, à ses bonds de plusieurs mètres, pour stopper le ballon, en passant par ses entrées sur la pelouse tout en fluo, tout en pois ou même tout en Spiderman - cagoule comprise - Janot s'amuse, sans réfléchir, incapable de résister au besoin de vivre chaque seconde comme une chance. « J'ai connu des épreuves qui m'ont beaucoup marqué au cours de ma vie. Et j'ai tendance à me dire qu'il faut profiter tant que tout va bien. C'est comme ça, que j'ai vécu le terrain. Et puis, le plus important, c'est que tout ça a aussi aidé à fédérer le groupe. »

Réaliste, sincère et franc, c'est d'ailleurs avec une certaine philosophie, qu'il vit son remplacement. « Ça faisait 10 ans que j'étais titulaire, je me doutais que les dirigeants songeaient à quelqu'un d'autre. Le jour où Monaco est descendu, j'ai dit à ma femme que j'étais certain qu'ils allaient prendre Ruffier. Je ne l'ai pas mal pris. Au contraire. Il est le meilleur gardien avec lequel j'ai joué, donc c'est une fierté, de me dire qu'il a fallu un cador comme lui pour me remplacer. Avec son arrivée, Steph a validé mes bonnes années. »

« Ils avaient déjà vu mon cul, maintenant, ils vont me voir me mettre à nu. »

Aujourd'hui entraîneur des gardiens de l'AJ Auxerre, Janot garde en mémoire chaque moment de sa carrière. Cette histoire si particulière, ce destin improbable et pourtant si juste, le portier a d'ailleurs eu envie de les transmettre, en les racontant dans un livre. 236 pages d'entretien, livré au directeur du magazine VESTIAIRES Julien Gourbeyre, dans lesquelles il retrace tout son parcours. Son enfance, son début de carrière, ses derbies, ses moments de gloires, ses inspirations, ses secrets de vestiaire. Son cœur de Ch'ti devenu vert en un rien de temps et pour toujours… Janot déballe tout. « J'espère que les gens aimeront le bouquin, souffle-t-il à quelques jours de la sortie. Ils avaient déjà vu mon cul, maintenant, ils vont me voir me mettre à nu. »

Jérémie Janot, Sans Filet, en librairie le 15 mai aux éditions Marabout. Dédicace à la librairie de Paris le 23 mai


Dates repères :

11 octobre 1977 : naissance de Jérémie Janot à Valenciennes

1982 : première licence de football pour le petit Jérémie. Il a 5 ans.

1993 : Janot intègre le centre de formation de Saint-Étienne

1997 : premier match pro avec les Verts, en D2

2000 : premier match en Ligue 1

2011 : arrivée au club de Stéphane Ruffier, Janot redevient numéro 2

2013 : Janot raccroche, avant de devenir entraîneur

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Du nouveau sur la fête du Livre

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Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Du nouveau sur la fête du Livre

Après 35 ans passés à arpenter ses allées de long en large, sans doute devrait-on la connaitre par cœur… Eh bien non. Car, d’édition en édition, la fête du Livre de Saint-Etienne se renouvelle en même temps qu’elle s’enrichit, proposant toujours plus d’animations autour du livre, pour les mordus de lecture, mais aussi pour ceux qui ne le sont pas (encore). Au rayon des nouveautés, donc, cap cette année sur le quartier Chavanelle, qui accueillera plusieurs espaces dédiés à la jeunesse. Sur la grande place seront installés les stands dédiés à la littérature à destination des enfants et des ados. Le Collectif X lira des extraits de textes en continu, et des ateliers seront organisés durant 3 jours. Un peu plus loin à l’Espace Boris-Vian, les jeunes gens pourront venir tester un escape game, ou participer à des ateliers autour de la bédé. Des spectacles de rue avec jonglage et mimes, orchestrés par la compagnie Maintes et une Fois, auront également lieu samedi 16 et dimanche 17 au square Cocteau. Et, pour cette 35e, la Fête se prolongera également du côté de la bourse du Travail. Le lieu, dédié aux auteurs locaux et régionaux, révèlera la vitalité de n

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Un 10e pour les Tit’Nassels

Album | Après plus de 20 ans de carrière et des mois passés loin de la scène, le groupe roannais fait coup double : un dixième album, et deux concerts à la maison pour fêter ça comme il se doit.

Cerise Rochet | Jeudi 23 septembre 2021

Un 10e pour les Tit’Nassels

Cinq ans qu’ils n’avaient pas sorti de nouvel album studio. Et puis… ça y est. Après un live édité en 2020 à l’occasion du 20e anniversaire du groupe, les Roannais des Tit’Nassels sont de retour dans les bacs avec un 10e opus. Ecrit avant le début de l’épidémie de Covid, cet album en deux volumes -dont le second sortira en janvier- reprend efficacement la recette qui a fait le succès du duo, devenu quatuor en 2013 : de la poésie, de l’engagement qui ne veut pas dire son nom, de l’humour, aussi. Avec leurs textes, Axl et Sophie, copains de lycée et membres originels du groupe, posent leurs regards empathiques, indignés ou railleurs sur les choses de la vie. Sur « les Invisibles qu’on ne voit même plus », pour lesquels « il n’y a pas de compte-rendu », alors qu’ils « sont là, juste devant toi ». Sur les réseaux sociaux et le culte du soi-même, sur le bonheur, qui « est en toi (et) ne se caresse pas du bout des doigts » … Sur l’amour, sur la peine, sur les gens, le monde, l’absurde. Avec peut-être un peu plus de guitare qu’à l’accoutumée, et aussi grande première, une chanson en anglais, le groupe fêtera sans attendre la sortie de ce disque

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André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves de son livre en me demandant si ça m’intéressait, parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais dit que je ne me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK. Mais elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce qui m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité

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Marion Cotillard - Flore Vasseur : « On arrive à un point où on engage le processus vital. »

Bigger Than Us | Produit par Marion Cotillard, réalisé par Flore Vasseur, Bigger Than Us empile les témoignages de jeunes adultes porteurs d’initiatives citoyennes et/ou environnementales partout sur le globe. Un documentaire un peu trop lisse qui cependant donne l’occasion de s’emparer d’un sujet hélas brûlant : l’urgence d’agir. Rencontre.

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Le titre de votre documentaire est porteur d’une intéressante ambivalence : Bigger than us évoque à la fois la dimension tétanisante d’une entreprise dont l’immensité peut (ou doit) justement dynamiser, galvaniser le spectateur… Flore Vasseur : C’est relativement assumé. D’habitude, j’ai toujours du mal à trouver les titres, et plutôt à la fin. Là, il nous est tombé dessus avant même le début. Je tournais autour des concepts de bigger than life — ces personnages, souvent américains comme Martin Luther King, qui font des choses plus grandes que la vie. J’avais envie de parler du nous, pas d’être dans une dimension individualiste. C’était important aujourd’hui de montrer qu’on est “un seul”. Le titre est sorti, et je suis arrivé assez timidement devant Marion et Denis Carot [le coproducteur du film] et on a tout de suite cliqué en assumant le fait que ça voulait dire plein de choses différentes. C’est la magie d’un bon, d’un vrai titre, pour moi. Et vous avez raison, le premier entendement, est que l’on est dans un constat d’impu

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On n’a pas tous les jours 60 ans

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On n’a pas tous les jours 60 ans

C’est une vieille dame avec tout l’allant de la jeunesse. La Librairie de Paris, institution littéraire stéphanoise, fête en 2021 ses 60 années d’existence. L’occasion pour l’établissement repris en 2015 par deux de ses salariés, Alexandra Charroin-Spangenberg et Rémi Boute, de mettre les petits livres dans les grands avec de nombreuses animations prévues chaque mois, de septembre 2021 à juin 2022. Mais également de revoir l’identité graphique de leur librairie. « Il est important de marquer d’un côté la continuité de notre travail mais également l’avenir, de montrer que notre librairie n’a pas un côté poussiéreux », explique la dirigeante. Pour son associé, la nouvelle identité de la Librairie de Paris se devait de symboliser la diversité des publics qu’elle accueille : « Nous sommes un lieu de vie culturelle, où l’on doit se sentir bien. Avec la crise sanitaire, nous avons perçu l’importance que nous avons auprès de notre clientèle, et nous en sommes fiers. » 60 événements prévus Pour célébrer ces 60 ans de bons et loyaux services, la Librairie de Paris proposera 60 événements aussi variés que des lectures, des brunchs littéraires mensuels, des rencontres

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Le ciné est-il dans son assiette ?

Panorama ciné septembre | De la guerre, de l’exil, de la lutte, de l’oppression et de la mort au programme du mois de septembre. Oui, mais on se met aussi à table ; alors ça va…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Le ciné est-il dans son assiette ?

Résonance En entrée, ça commence fort : candidat malheureux à l’Oscar du film étranger au printemps dernier, La Voix d'Aida de Jasmila Žbanić (22/09) va trouver dans l’actualité afghane un stupéfiant écho dramatique. Le film se déroule en effet lors de la chute de Srebrenica en 1995, quand l’ONU laisse la ville aux mains de Mladic. On y suit la course folle d’Aida, interprète pour les Casques Bleus, tentant d’exfiltrer son mari et ses fils alors que la milice se rapproche. Le film glace les sangs, par son tragique (et hélas historique) suspense, transmettant l’étouffement progressif saisissant Aida. Respectueux des victimes, il rappelle la réalité des épurations ethniques comme la fragilité de la paix. Sur une thématique voisine mais dans un traitement fort différent, La Traversée de Florence Miailhe (22/09) relate sous forme de conte atemporel l'exil de Kyona et Adriel, sœur et frère tentant de gagner un pays plus tolérant. Une route semée d’embûches, inspirée par l’histoire familiale de la réalisatrice et mise en images

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Virginie Tournebise, Auteure stéphanoise

Article Partenaire | Ancienne joueuse de tennis professionnelle, la Stéphanoise Virginie Tournebise a entamé à l’aune de ses 40 ans une formation en ferronnerie d’art et coutellerie, à l’atelier Foultier de Pont-Salomon. Un apprentissage dont elle tire aujourd’hui un ouvrage photographique accompagné de textes en fragments, Traverser. Elle signera lors de la prochaine Fête du Livre sur l'Espace Littérature locale et régionale à la Bourse du Travail, tout nouveau site de l’événement. Là-bas, on pourra découvrir chaque auteur grâce à une lecture et un entretien. L'ambiance y sera très amicale, le lieu jouxtant les Halles Mazerat, qui proposeront elles aussi de l'excellence, mais en nourritures terrestres. En référence au fil rouge design de l’édition 2021 et à quelques semaines de la Fête du Livre, rencontre, avec une sportive qui exprime ce qu’elle a dans le cœur.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Virginie Tournebise, 

Auteure stéphanoise

Virginie, pouvez-vous nous expliquer comment on passe du tennis à la forge et à la coutellerie ? Cela paraît surprenant… En réalité, ça ne l’est pas tant que ça. Lorsque j’ai quitté les courts, j’ai intégré le monde salarial, mais en travaillant toujours en lien avec le tennis : j’étais directrice d’une société de construction et d’entretien de terrain de tennis. Puis, j’ai eu envie d’être à mon compte, et j’avais besoin de quelque chose de manuel. Les sportifs ont besoin de beaucoup de choses je crois, ils sont curieux. En tout cas, moi, je le suis ! J’ai choisi la forge parce que je voulais créer, et puis pour le geste. Comme dans le tennis, ce métier sollicite le bras, la main, je savais que je pourrais retrouver des sensations assez proches de ce que j’avais connu comme joueuse de tennis. Mais j’ai aussi le sentiment que ce métier est venu à moi, au moins autant que je ne suis venue à lui. Il s’agit également d’un métier ancestral, et, on peut le dire, en voie de disparition. Est-ce que ce facteur a joué dans votre décision ? Il est vrai que d’une certaine manière, à 40 ans, j’avais envie d’un certain retour a

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Dégueu

Crasse | Les Présidentes, ce sont Erna, Grete et Marie, trois figures de la majorité silencieuse empêtrées dans leurs minables existences de petites-bourgeoises (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Dégueu

Les Présidentes, ce sont Erna, Grete et Marie, trois figures de la majorité silencieuse empêtrées dans leurs minables existences de petites-bourgeoises autrichiennes. Attablées dans la cuisine, elles entament une diarrhée verbale qui va les mener à l’horreur absolue, tandis que le pape parle à la télé. Présidentes de leur égo, c’est peut-être déjà trop. Poète de la merde, chroniqueur du crasse, Werner Schwab nous tend ici un miroir dans lequel on observe avec dégout toutes les bassesses de l’être l’humain. Âmes sensibles s’abstenir, ces trois présidentes-là sont ici pour bousculer le spectateur... Et ce n’est pas seulement scato, mais aussi et surtout, puissant, drôle, émouvant et sidérant. Les Présidentes, du 14 au 17 décembre au Centre Culturel La Ricamarie

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Mariera ou mari rapiat ?

Indémodable | « Au voleur ! Au voleur ! À l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

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« Au voleur ! Au voleur ! À l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent ! » Harpagon, dont les centres d’intérêt se résument à la protection d’une cassette pleine d’écus d’or, tente à la fois de marier sa fille de force au vieux Anselme, et d’épouser la conquête de son fils, bien plus jeune que lui. Pour son arrivée à la direction de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert présentera son Avare, sous la forme d’un conte horrifique et drôle, inspiré par le personnage d’Harpagon lui-même. Toujours aussi délicieux. L’Avare, du 18 au 29 janvier à la Comédie de Saint-Etienne

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Le jour, on oublie, on enfouit ses souvenirs et ses pensées, simplement pour continuer à vivre. Mais la nuit… Les mémoires ont des choses à dire. Quatre femmes, encore adolescentes à l’époque de la dictature de Pinochet, tentent de discerner le cauchemar de la réalité, en reconstituant l’histoire d’Estrella, leur ancienne camarade de classe, fille d’un gradé responsable du meurtre de trois militants communistes, elle-même victime d’un féminicide. Parce que l’Histoire n’est jamais linéaire, et que l’on bâtit l’avenir en rendant justice au passé. Space Invaders, le 12 octobre à la Passerelle de Saint-Just-Saint-Rambert

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Le festival Baroque en Forez retrouve son sépia automnal, pour une édition dédiée à la variation en musique. Ce procédé de transformation et d’ornementation agrée l’oreille humaine depuis ses premiers engouements pour la mélodie. Il révèle aussi au profane un heureux rapprochement du geste baroque avec des formes plus actuelles. Ainsi Joël Forrester ou encore le Big Band du Conservatoire Massenet administreront la preuve par neuf de sa gémellité avec l’improvisation de jazz - les célèbres « impro ». Autres dates, autres formes : un concert-promenade consacré au répertoire bucolique de Philibert de Lavigne, un consort de violes à Valinches, un récital de clavecin à Lavieu, « une enquête policière » sur un célèbre « fait divers » - Le Viol de Lucrèce - par trois « experts » : Haendel, Scarlatti, Montéclair, un concert dédié à la Folia qui saisit la Cour de Madrid et porta le baroque sur les fonts baptismaux… Le talentueux ensemble Comet Musicke y consacrera toute une soirée. Le festival atteindra les cimes avec le sublime Messie ou Messiah, résurrection compositionnelle d’un Haendel à bout de souffle, littéralement tou

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Elle s'appelait Concepción…

MUSIQUES | Injustement négligé par la postérité, La Vierge, oratorio très inspiré de Jules Massenet, retrouve sur la Colline Villeboeuf, sa poussée ascensionnelle vers (...)

Alain Koenig | Mardi 7 septembre 2021

Elle s'appelait Concepción…

Injustement négligé par la postérité, La Vierge, oratorio très inspiré de Jules Massenet, retrouve sur la Colline Villeboeuf, sa poussée ascensionnelle vers l'extase. Le Dernier sommeil de la Vierge reste une des plus belles pages du maître, inspirant les plus grandes voix de l'art lyrique, de Janine Micheau à Monserrat Caballé, ou plus récemment, Véronique Gens. Massenet administre, encore et toujours, l'éblouissante démonstration de son sens de la fresque et de la profonde spiritualité du sentiment humain. La Vierge, oratorio de Jules Massenet, vendredi 1er octobre à 20h à l'Opéra de Saint-Etienne

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Work it harder, make it better

ARTS | Casser la figure est la toute première exposition personnelle de Florian Poulin, un artiste sincère et attachant qui nous a accueilli dans l’étonnant décor de son atelier stéphanois.

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Se frayant patiemment une place plus que méritée dans la jungle du marché de l’art, Florian Poulin est de ces plasticiens stéphanois besogneux, creusant leur sillon à mains nues avec une résilience qui force le respect. Lorsqu’il évoque son parcours ou présente son travail, on devine sans peine les valeurs morales qui animent cet homme plutôt réservé. Comme l’on dit dans la région, c’est un vaillant. Florian ne compte ni ses heures, ni sa sueur, ni les litres de café. Il y a chez cet homme bourré de talent une étonnante humilité et par-dessus tout une intégrité rare. Il faut le voir à l’œuvre, dans son atelier planqué au sous-sol d’un bâtiment industriel de l’ouest stéphanois, assemblant ses éléments un à un tels les pixels d’un tout en gestation, soudant, brossant, martelant, domptant le métal à travers la petite fenêtre du masque de protection, tournant tel un boxeur autour de son ouvrage sur lequel il s’appuie autant qu’il le travaille au corps. « L’acier est un matériau vraiment intéressant, son étonnante malléabilité me permet de construire mes pièces selon l’idée précise que j’ai en tête. C’est incroyable de sentir la matière à l’état liquide au bout de l’él

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Une passerelle qui porte bien son nom

Lieu | Fière d’avoir pu maintenir de la vie dans un lieu fermé au public durant 6 mois, l’équipe de La Passerelle à Saint-Just-Saint-Rambert a su se rendre indispensable -essentielle ! – aux yeux des artistes accueillis… Et des enfants qui ont malgré tout eu droit à quelques moments de rêverie.

Cerise Rochet | Lundi 7 juin 2021

Une passerelle qui porte bien son nom

De nombreuses réflexions. D’innombrables discussions. Des actions de fond. À la Passerelle de Saint-Just-Saint-Rambert, la période de fermeture n’aura pas été vaine. Pas essentielle, la culture ? Ici, toutes les initiatives menées ces 6 derniers mois auront suffi à prouver le contraire, et à convaincre l’équipe que son travail avait une immense valeur. Dans ce lieu flambant neuf, si la privation du public a bien sûr été vécue comme un crève-cœur, la vie ne s’est jamais éteinte. Des résidences à foison, un accueil des scolaires… Et puis, des interventions dans les classes, que Marion Simonet, responsable de la saison culturelle, décrit aujourd’hui comme de véritables bouffées d’air : « Je crois que les enfants, tout comme leurs instits, ont pris ces interventions comme de vrais cadeaux. Il fallait voir les yeux des gosses briller… Le travail que l’on a fait avec eux a pris la forme d’une vraie soupape, pour eux, pour les profs, pour nous, pour les artistes… ça avait du sens. Ça voulait dire que l’on est essentiel. » Quelques instants de joie indispensables En deux mois, 1000 petits écoliers, venus de toutes les écoles de la ville, ont ains

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Histoires délivrées

Littérature ado | C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son (...)

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Histoires délivrées

C'est un peu comme si les ados avaient désormais leur propre Fête du livre. La Ville de Saint-Étienne a en effet d'annoncer la tenue de son premier festival entièrement dédié à la littérature ado. Vendredi 2 et samedi 3 juillet, Livreurs d'histoires réunira dix auteurs dont les œuvres s'adressent aux 12/18 ans. Parmi ceux-là, Clémentine Beauvais (marraine de cette première), Élise Fontenaille, Myriam Gallot, Jean-Claude Mourlevat - dont nous avons tiré le portrait ce mois -, Zac Deloupy ou encore Jhon Rachid & Léni Malki. À noter que ces deux jours seront également ponctués de plusieurs animations telles que des ateliers Tik Tok (avis aux non-initiés...), coaching vocal et d'écriture mais aussi un concert avec le rappeur Djemin et une adaptation dansée par le Ballet 21 de l'ouvrage Décomposée de Clémentine Beauvais. Festi

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Drapé comme jamais

Photos | La photographe stéphanoise Myette Fauchère poursuit une résidence artistique de plus de six mois à La Maison du Passementier, ponctuée de nombreuses rencontres (...)

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Drapé comme jamais

La photographe stéphanoise Myette Fauchère poursuit une résidence artistique de plus de six mois à La Maison du Passementier, ponctuée de nombreuses rencontres et ateliers. Après un premier accrochage avec les séries Zoo, Pieds, Gants et Portraits caméléon, l'artiste dévoile sur les cimaises saint-jeandaires le fruit d'une nouvelle création, en partie réalisée au sein du musée pour l'occasion transformé en studio. Avec Achevé et Fantôme, Myette photographie objets usuels et modèles humains qu’elle habille de bâche transparente ou de tissu, donnant naissance à des volumes sculpturaux étonnants. Faisant référence aux drapées des statuaires antiques, aux modèles de la Renaissance ou encore aux figures modernes, la photographe questionne la fonctionnalité des objets et leur place dans notre société. Myette Fauchère, jusqu’au 13 juillet, Atelier-musée La Maison du Passementier à Saint-Jean-Bonnefonds

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Ca rocke encore en France

Bouquin | L'auteur stéphanois Pascal Pacaly revient avec le troisième volume de sa série La France est rock. Intitulé La France est (toujours) rock, cet opus (...)

Nicolas Bros | Mercredi 12 mai 2021

Ca rocke encore en France

L'auteur stéphanois Pascal Pacaly revient avec le troisième volume de sa série La France est rock. Intitulé La France est (toujours) rock, cet opus condense nouvelles biographiques et chroniques écrites par Pacaly après avoir collectionné de nombreuses interviews d'artistes au fil du temps. Au programme de ce tome troisième du nom : Loudblast, Magma, Miossec, Marcel et son Orchestre, Tagada Jones ou encore Debout sur le Zinc. La France est (toujours) rock, de Pascal Pacaly, aux éditions du Joyeux Pendu

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Une belle édition

Publications locales | Ils sont 10 éditeurs stéphanois à donner rendez-vous aux lecteurs au bas de la rue de la République pour quelques idées cadeaux bienvenues. Des mots, des pages, (...)

Nicolas Bros | Lundi 14 décembre 2020

Une belle édition

Ils sont 10 éditeurs stéphanois à donner rendez-vous aux lecteurs au bas de la rue de la République pour quelques idées cadeaux bienvenues. Des mots, des pages, des dessins... Tout cela voltige entre romans, essais, BD, livres d'art ou fanzines, le tout bien de chez nous. L'occasion par exemple de se laisser tenter par l'émotion transportée par la BD Somaliland sous la plume du journaliste Clément Goutelle chez Jarjille Editions ou bien par un polar frissonnant des Editions du Caïman. Il y en a pour tous les goûts ! Noël des éditeurs stéphanois, du 18 au 23 décembre (14h/19h) au 6 rue de la République à Saint-Étienne Avec Jarjille, Sous le Sceau du Tabellion, Abribus éditions, Editions du Caïman, Le Réalgar, Editions du Joyeux Pendu, Abatos, Olifanzine, Limax et Collectif Eina

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Rapetassage

Belles feuilles | Prolongeant son exposition éponyme, le photographe Claude Benoît à la Guillaume présente le livre Rapetassage. L’ouvrage de 80 pages (...)

Niko Rodamel | Lundi 14 décembre 2020

Rapetassage

Prolongeant son exposition éponyme, le photographe Claude Benoît à la Guillaume présente le livre Rapetassage. L’ouvrage de 80 pages regroupe une cinquantaine d’images qui, dans un superbe un noir et blanc, mettent en raisonnance de vieux textiles usés par le temps et les imperfections épidermiques de quelques modèles qui se sont prêtés au jeu d’un singulier mannequinat. Sortie officielle du livre, séance de dédicaces et finissage de l’exposition dimanche 20 décembre, de 10h à 18h à l’atelier-musée La Maison du Passementier, 20 rue Victor Hugo à Saint-Jean-Bonnefonds.​ Claude Benoît à la Guillaume, Rapetassage, chez Nouveautés Éditeurs

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Retour sur un confinement stéphanois

Album photos | Eric Viou, photographe et directeur de la publication du magazine stéphanois STEMP, s'est lancé dans un projet photographique inédit pendant le confinement (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 octobre 2020

Retour sur un confinement stéphanois

Eric Viou, photographe et directeur de la publication du magazine stéphanois STEMP, s'est lancé dans un projet photographique inédit pendant le confinement vécu de mars à mai dernier. Immortalisé « ce qui était impensable, inimaginable, iréel, devenait réalité. La France était confinée. » Le résultat de ce travail est d'abord un livre d'art, MAM (MarsAvrilMai2020) Saint-étienne confinée, condensé de 226 photos sur 196 pages sur lesquelles viennent s'ajouter les mots de plusieurs auteurs stéphanois : Martine Goubatian, Karine Guérit, Elsa Lorente, Caroline Puig Grenetier, Chloé Radix et Gilles Rossary-Lenglet. Une épreuve dans laquelle on peut découvrir l'oeil du graphiste et photographe sur la ville qui l'aime tant tout en percevant ici et là des références multiples à Richard Long, Buren, Villeglé ou encore les Beatles. Un livre donc, mais également une exposition à L'Art Demeure & J'ai 2 Amours visible jusqu'au 14 novembre. MAM (MarsAvrilMai2020) Saint-Etienne confinée par Eric Viou [STEMP éditions] livre en vente à la Librairie de Paris ou à commander sur : stempmagazine@icloud.com Exposition jusqu'au 14 novembre

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7 prix littéraires malgré le report Fête du livre 2020

Littérature | Si la Fête du livre de Saint-Étienne a été reportée au printemps 2021, l'attribution des 7 prix littéraires qui lui sont affiliés a bien eue lieu. Voici la liste (...)

Nicolas Bros | Lundi 19 octobre 2020

7 prix littéraires malgré le report Fête du livre 2020

Si la Fête du livre de Saint-Étienne a été reportée au printemps 2021, l'attribution des 7 prix littéraires qui lui sont affiliés a bien eue lieu. Voici la liste des lauréats 2020 : - Grand Prix de Littérature de la Ville de Saint-Étienne : Thibault Bérard, « lauréat pour les qualités stylistiques, l'approche générationnelle originale et émouvante de son récit Il est juste que les forts soient frappés, publié aux éditions de L'Observatoire. » - Prix Littéraire Jeunesse de la Ville de Saint-Étienne : Gwenaël David « séduit le jury par la très grande actualité de son propos environnemental, sa tonitruante drôlerie et le caractère aussi insolite que réaliste de Kid au 1er sommet des animaux publié aux éditions Hélium. » - Prix Design de Littérature Jeunesse de la Ville de Saint-Étienne : c'est Nuit polaire de Delphine Chedru publié aux éditions Sarbacane qui est couronné. « Un objet fascinant, onirique et très beau où chaque page est une aventure.

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Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Entretien | Début novembre, Jacques Weber propose de redécouvrir Victor Hugo, à Saint-Just Saint-Rambert. Rencontre avec l’un des plus grands hommes de théâtre de son temps… Et peut-être même plus.

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Avec ce spectacle, vous mêlez un peu toutes les facettes de Victor Hugo, en proposant des lectures de ses textes, lettres, discours, poèmes, romans… Qu’est ce qui vous en a donné envie ? Tout a démarré en 2017, pendant la campagne présidentielle. J’ai constaté que de nombreux candidats citaient Hugo, et j’ai essayé de comprendre pourquoi. Le style épique d’Hugo, son lyrisme, ont ceci d’extraordinaire qu’ils parviennent à faire passer toutes ses idées, et condamnent de fait celui qui écoute à la réflexion. Et puis… J’avais aussi envie de dépiédestaliser cet homme, de le mettre à la portée de n’importe quelle oreille. Donc, je l’ai emmené dans ces endroits pleins d’humanité que sont les bistrots. Des endroits où l’on commente, où l’on s’amuse, où l’on discute. Emmener Hugo au bistrot, c’est aussi permettre à des tas de gens qui ne vont pas au théâtre de le redécouvrir… Il ne faut pas avoir de prétention là-dessus, en se disant qu’on va voir des foules se déplacer. Je crois qu’en France, 1% de la population seulement va au théâtre… Mais oui, d’une certaine manière, on peut malgré tout continuer à espérer que cette prop

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Vers les lumières

Images | De tout temps le principe de la chambre noire titilla les scientifiques et intéressa les peintres, avant de donner naissance à la photographie puis au (...)

Niko Rodamel | Mardi 6 octobre 2020

Vers les lumières

De tout temps le principe de la chambre noire titilla les scientifiques et intéressa les peintres, avant de donner naissance à la photographie puis au cinéma. Sans renier Aristote, Niepce ou Daguerre, Anthony Plasse se réapproprie d’une façon très personnelle la camera obsura, proposant in situ une expérience du temps qui met à l’épreuve l’espace même de la Serre. L’artiste s’appuie notamment sur le processus photosynthétique dans lequel les plantes convertissent l'énergie lumineuse. Anthony Plasse sort comme à son habitude de l’usage commun de la photographie, expérimentant des processus inédits et créant des outils singuliers qui, comme dans la plupart des procédés anciens (cyanotypes, ferrotypes, sténopés, photogrammes…), révèlent des images monochromes chargées d’une énigmatique force poétique. États de faits de Anthony Plasse, jusqu’au 21 novembre, La Serre à Saint-Étienne

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Changement de trame

Musée / C'est nouveau | La Maison du passementier de Saint-Jean-Bonnefonds s’est refait une beauté pendant l’été et ouvre désormais ses espaces d’expo à la photo, à la musique et à des workshops.

Nicolas Bros | Mardi 8 septembre 2020

Changement de trame

Depuis 15 ans, la Maison du passementier présente l’histoire de la passementerie au cœur d’un ancien atelier situé rue Victor Hugo à Saint-Jean-Bonnefonds. Là-bas, on plonge dans le quotidien de ceux qui exerçaient un métier qui a façonné l’histoire de la région stéphanoise pendant des années. On peut y voir deux métiers à tisser Jacquard mais également la cuisine des années 1920, reproduite à l’identique. L’institution muséale propose également des expositions temporaires en lien avec l’histoire locale. Avec cette rentrée 2020, l’atelier-musée prend un nouveau virage sous la houlette de son nouveau directeur, Arnaud Rodamel. « Nous avons entrepris des travaux conséquents pour la mise aux normes du lieu, la réfection du hall d’accueil et l’allégement des espaces d’expositions afin d’ouvrir le musée à d’autres formes artistiques, détaille le nouveau directeur. L’idée est d’aller au-delà de la vie locale en proposant des expos photos, des concerts de petites formes musicales, des workshops, des ateliers créatifs… » Avec ces nouvelles propositions, l’atelier-musée espère renouveler ses publics et moderniser son image. Le premier artiste à s’y coller est le photogr

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Usure

Galerie | L’exposition du photographe Claude Benoît à la Guillaume à Saint-Jean-Bonnefonds avait été écourtée au printemps dernier par l’irruption du (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Usure

L’exposition du photographe Claude Benoît à la Guillaume à Saint-Jean-Bonnefonds avait été écourtée au printemps dernier par l’irruption du confinement. Qu’à cela ne tienne, L’Atelier-Musée La Maison du Passementier reprend et prolonge cette proposition pour le moins original jusqu’à la mi-décembre. Pour son premier accrochage dans le bassin stéphanois, l’artiste propose un ping-pong esthétique entre les corps naturels de ses modèles et un stock de textiles (vêtements, draps, nappes, torchons, voiles…) découvert dans une vieille bâtisse des monts du Forez. Sans maquillage ni Photoshop, la peau apparaît ici comme un matériau redessiné par le temps dont les marques, plis, vergetures, et cicatrices répondent habilement aux tissus réparés, recousus, reprisés… rapetassés ! Rapetassage de Claude Benoît à la Guillaume, du 15 septembre au 20 décembre, Atelier-Musée La Maison du Passementier à Saint-Jean-Bonnefonds

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À Roche aussi...

Fête de la Musique 2020 | À l'instar de Saint-Étienne, la commune de Roche-la-Molière propose également une Fête de la musique 2020 malgré les restrictions sanitaires. Au programme des (...)

Nicolas Bros | Mardi 16 juin 2020

À Roche aussi...

À l'instar de Saint-Étienne, la commune de Roche-la-Molière propose également une Fête de la musique 2020 malgré les restrictions sanitaires. Au programme des concerts live d'Alkabaya, Organ Trio, Les Tit'Nassels, Les Mirabelles Kitchen et de l'incontournable rappeur gaga MC Pampille. Ces prestations seront retransmises le 21 juin sur la page Facebook de la ville de Roche-la-Molière et chez nos confrères de TL7. À noter, que Roche étant un centre reconnu dans le domaine de l'art urbain, les concerts seront accompagnés par des performances de PEC, FACÉE, AZOTE, DAVILA et d'autres "street artistes".

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Véronique Vernette : c’est le Wax qu’elle préfère

Portrait | Illustratrice de littérature jeunesse et formatrice tous azimuts, amoureuse éperdue de l’Afrique, Véronique Vernette est une Stéphanoise d’adoption bien dans ses baskets qui dessine et colorie avec un talent continuellement mis au service de l’émotion.

Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Véronique Vernette : c’est le Wax qu’elle préfère

Véronique est née à Marseille en 1972, année du doublé historique coupe-championnat réalisé par l’OM. Pour autant, ce n’est pas du tout le monde du sport qui attirera la fillette, laquelle grandira d’ailleurs à Valence. « Nous étions quatre enfants à la maison. Je crois que très tôt j’ai aimé dessiner alors qu’il n’y avait pas vraiment de prédisposition artistique dans la famille. Mais nous avons eu la chance d’avoir des parents qui étaient à l’écoute de nos envies. » Dès l’âge de sept ans, la jeune fille commence à suivre des cours de dessin. Elle se souvient d’une grande complicité avec son grand-père qui l’emmène un jour à Nîmes pour visiter une exposition de Picasso. « Il m’avait même acheté le catalogue de l’expo, que j’ai encore aujourd’hui. Sur le chemin du retour, j’avais l’impression de revenir chez moi avec un trésor dans les mains ! » Attirée par l’Inde ou l’Afrique noire, Véronique rêve aussi de voyages au long cours, lit les grands récits des premiers voyageurs. Après des années collège et lycée sans histoires pendant lesquelles elle poursuit les cours du soir pour dessiner toujours plus, l’adolescente obtient son Bac A1, option arts plastiques.

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28 avril : les nouvelles annonces d’Édouard Philippe

Déconfinement | Dans un discours à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a détaillé le plan de déconfinement envisagé par le gouvernement à partir du 11 mai prochain. Il a fait quelques annonces importantes pour le secteur culturel.

La rédaction | Mardi 28 avril 2020

28 avril : les nouvelles annonces d’Édouard Philippe

La situation générale Devant la représentation nationale, le chef du gouvernement a visiblement pesé ses mots. Son discours a duré une heure et s’est d’abord appuyé sur le contexte général actuel : « Depuis le 17 mars dernier, notre pays vit confiné (…). Jamais il ne l'avait été comme il l’est aujourd’hui, et, de toute évidence, il ne peut l’être durablement ». La date du lundi 11 mai, annoncée par Emmanuel Macron comme celle du début du déconfinement progressif, reste pleinement d’actualité. Des objectifs sanitaires importants y sont étroitement associés. Les explications du Premier ministre maintiennent une part d’incertitude sur ce point précis : le déconfinement prévu pourrait en pas avoir lieu « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous » ou, s’il est effectif, être mis en œuvre « plus strictement ». En complément des moyens sanitaires publics disponibles, Édouard Philippe parle de « discipline » et entend inciter « à lutter contre les signes de relâchement que nous sentons monter dans le pays ». Et d’ajouter : « Le risque d’une seconde vague, qui ruinerait les efforts et sacrifices con

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La Fête du livre chez soi

Littérature | La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour (...)

Nicolas Bros | Mardi 21 avril 2020

La Fête du livre chez soi

La 35e Fête du livre de Saint-Étienne est encore loin (16 au 18 octobre 2020). Mais l'équipe d'organisation, confinée, a décidé de mener un joli projet pour faire vivre le livre même pendant cette période de crise. Pendant un mois - au moins -, l'opération "Ma Fête du livre à la maison", propose chaque semaine des chroniques, portraits, vidéos, entretiens sur le site de la Fête du livre stéphanoise. Pour la première semaine (jusqu'au 26 avril), la thématique principale de l'événement est "Les animaux dans la ville" avec pour parrain l'écrivain et architecte Nicolas Gilsoul qui a sorti en 2019, Bêtes de villes, Petit traité d’histoires naturelles au cœur des cités du monde, aux éditions Fayard. Un livre qui tombe à pic avec cette période si particulière ! Chaque semaine également, un jeu concours est organisé pour faire gagner des livres aux internautes. Ces derniers sont invités à créer chansons, poèmes ou BD... Plus d'infos sur le site de la Fête du livre.

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Spi en lecture à Sainté

Lecture x performance artistique | Le chanteur Jean-Michel Poisson, plus connu sous le nom de Spi (Les Naufragés/OTH) sera en lecture d'extraits de son dernier livre "Le chant (...)

Nicolas Bros | Mercredi 12 février 2020

Spi en lecture à Sainté

Le chanteur Jean-Michel Poisson, plus connu sous le nom de Spi (Les Naufragés/OTH) sera en lecture d'extraits de son dernier livre "Le chant des baleines en rut" (aux éditions du Joyeux Pendu) du côté de la Galerie Rêves d'Ailleurs ce vendredi 14 février. L'occasion de découvrir également le travail de l'artiste Johanne Joe qui proposera quant à elle un live painting pendant cette lecture. Spi x Johanne Joe, vendredi 14 février à 18h30 à la Galerie Rêves d'Ailleurs. Plus d'infos sur cette page.

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Saint-Étienne, ville où il fait bon vivre

ACTUS | Le palmarès des villes et villages où il fait bon vivre, édité par l'association du même nom, vient d'être publié. Saint-Étienne apparaît plutôt en bonne posture.

Nicolas Bros | Mardi 28 janvier 2020

Saint-Étienne, ville où il fait bon vivre

Si Saint-Étienne peut encore souffrir d'une image parfois terne au niveau national, souvent par méconnaissance, certains classements viennent redorer le blason de la préfecture ligérienne. C'est le cas de celui que vient de publier l'association des Villes et villages où il fait bon vivre, relayé par le Journal Du Dimanche, mettant logiquement en avant les villes et villages de France où il fait bon vivre. Saint-Étienne apparaît à la 13e place de ce dernier regroupant près de 35 000 communes. Elle se classe également 4e de cette liste lorsque l'on ne retient que les villes de plus de 160 000 habitants (derrière Nice, Bordeaux et Strasbourg). Ce palmarès des villes et villages où il fait bon vivre suit une méthodologie précise, comprenant 182 critères répartis dans huit catégories définies et pondérées par le biais de sondages OpinionWay (qualité de vie, sécurité, transports, commerces et services, santé, éducation, sports et loisirs et solidarité). Ce clas

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Percussif

Sono mondiale | Avis de tsunami musical : quand les Percussions Claviers de Lyon rencontrent les triples championnes du monde de Batudaca du groupe Zalindê, ça nous (...)

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Percussif

Avis de tsunami musical : quand les Percussions Claviers de Lyon rencontrent les triples championnes du monde de Batudaca du groupe Zalindê, ça nous promet une chaude soirée ! Constitué exclusivement de femmes, l'orchestre afro-brésilien envoie la sauce auriverde à grand renfort de tambours, caisses claires et autres cloches agogôs, mêlés à la danse et au chant : chauds les tympans et attention les yeux. Première Batucada féminine d'Europe, Zalindê est née d’une belle amitié franco-brésilienne entre les artistes Chloé Deyme et Roberta Paim, en 2002 à Paris. Le collectif féminin-pluriel est aujourd'hui composé de musiciennes d'origines très diverses : Brésil, Bénin, France, Antilles, Maroc, Colombie, Japon et Vietnam. À l'image du métissage musical brésilien dont il s'imprègne, le groupe assimile et cuisine à son goût le groove bahianais, la syncope du Pernambuco et le sambodrome carioca, n'hésitant pas à mixer samba, reggae, merengue, ijexà, maracatu, hip-hop, raï, sabar et rythmes africains. Pour le projet Caleidoscópio, les percussions traditionnelles dialoguent avec les vibraphones et les marimbas de cinq musiciens des Percussions Claviers de Lyon : un mariage de déraison q

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Âne hidalgo

Lyrique | Taillé à la démesure vocale du grand Chaliapine, la plus grande basse russe ayant vécu, le costume de Don Quichotte est un "cousu-main vocal". Tiré de la (...)

Alain Koenig | Mercredi 8 janvier 2020

Âne hidalgo

Taillé à la démesure vocale du grand Chaliapine, la plus grande basse russe ayant vécu, le costume de Don Quichotte est un "cousu-main vocal". Tiré de la pièce de Le Lorrain, elle-même inspirée du magique roman de Cervantès, le tailleur se nomme Jules Massenet. Pour son dernier opéra, le plus abouti musicalement, le maître français, adulé en ce début de 20e siècle, aura été épaulé par un bien sage librettiste : Henri Cain. Ici, Dulcinée est une intringante sans étoffe, cruelle, injuste, railleuse, jusqu'à la révélation quasi-mystique qui s'abat sur elle, au dernier râle du héros. Cette tiédeur du livret affectera longtemps l'injuste postérité de l'oeuvre. Pourtant, l'ouvrage, comme Carmen, est un véritable chef d'oeuvre : une dramaturgie sous forme de descente aux Enfers, une reflexion profonde sur la fin de la jeunesse, les fils de la réalité se coupant l'un après l'autre, une musique aux thèmes qu'admirait tant Puccini, des duos avec Sancho Pança, d'un lyrisme à faire rougir toute une gay pride. La dernière reprise en France, à la Halle aux Grains de Toulouse en 2017, avait casté Ferruccio Furlanetto himself, dans le costume de l'hidalgo visionnaire. À Saint-

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Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

GUIDE URBAIN | L’établissement accueille chaque samedi une douzaine de brasseurs en herbe. Une activité portée par l’engouement actuel pour les bières artisanales.

Article Partenaire | Lundi 2 décembre 2019

Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

Découvrir la fabrication de la bière et apprendre à brasser la sienne. Ou tout simplement passer un bon moment en famille ou entre amis. C’est ce que propose la Brasserie stéphanoise à travers ses ateliers d’initiation au brassage. Accessibles à tous, ces stages se déroulent dans un espace entièrement aménagé et équipé de six petites cuves de brassage (jusqu’à deux personnes par poste). Des sessions sont actuellement proposées chaque samedi, de 9h30 à 16h30. Les réservations se font en ligne directement via le site de la brasserie (http://atelier-brassage.fr). Du concassage à la fermentation Une journée de stage comprend le brassage de sa propre bière (du concassage du grain à la mise en fermentation), au choix parmi huit recettes : blanche, blonde, brune, ambrée, abbaye, IPA, triple et stout. Elle inclut également une visite de la brasserie, un casse-croûte paysan et une dégustation de bières de la Brasserie stéphanoise. A l’issue du stage, les participants repartent avec un petit livret

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Platini de retour à Sainté

Dédicaces | La librairie Forum organise un événement inédit à Saint-Étienne avec la venue du numéro 10 éternel de l'ASSE : Michel Platini. Il sera en dédicaces jeudi 28 (...)

Nicolas Bros | Lundi 25 novembre 2019

Platini de retour à Sainté

La librairie Forum organise un événement inédit à Saint-Étienne avec la venue du numéro 10 éternel de l'ASSE : Michel Platini. Il sera en dédicaces jeudi 28 novembre au restaurant le Concept de la Cité du design, de 16h à 18h, pour présenter son livre Entre nous, co-écrit avec Jérôme Jessel et sorti aux éditions de l'Observatoire. Michel Platini en dédicaces jeudi 28 novembre de 16h à 18h, au restaurant Concept à la Cité du design de Saint-Étienne

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Une brasserie au Méliès

Resto | Le Méliès Jean Jaurès, célèbre cinéma indépendant du centre-ville stéphanois, s'est refait une beauté cet été, avec des salles et des espaces d'accueil rénovés dans un (...)

Nicolas Bros | Mardi 26 novembre 2019

Une brasserie au Méliès

Le Méliès Jean Jaurès, célèbre cinéma indépendant du centre-ville stéphanois, s'est refait une beauté cet été, avec des salles et des espaces d'accueil rénovés dans un style art déco très tendance. Après ces travaux conséquents, c'était au tour de l'ex-Nouai Borfa d'être repris par l'équipe du Méliès Café pour devenir le Méliès Brasserie. Une belle opportunité pour Grégoire Claret et son équipe afin de proposer un nouvel espace restauration. « Il y a une cohérence architecturale art déco avec le cinéma puisque ce sont Clémence Boyer et Philippine Lemaire, déjà intervenues pour la rénovation des salles et du hall d'accueil, qui ont dessiné les traits de la brasserie, explique Grégoire Claret, dirigeant de la brasserie et du Méliès Café. Nous avons prévu 102 couverts assis et environ 25 places sur des mange-debout, ainsi qu'un espace cave à vins. » C'est dans un cadré épuré, classieux et cosy que l'on pénètre. Une cuisine fraîche et maison à partir de bons produits Côté carte, tout est fait maison, à base de produits régionaux. Le menu ne p

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Ils se marièrent et eurent beaucoup de malheurs

Théâtre | Une histoire très connue comme on nous ne l’a jamais racontée : avec "Blanche-Neige, histoire d'un prince", l’autrice Marie Dilasser a livré un texte bourré d’intelligence et d’humour qui nous transporte des années après le fameux baiser. Le metteur en scène Michel Raskine en a fait un excellent spectacle pour tous (petits et grands) à découvrir à la Comédie.

Aurélien Martinez | Mercredi 4 décembre 2019

Ils se marièrent et eurent beaucoup de malheurs

L’histoire de Blanche-Neige, on la connaît – la méchante reine, la pomme empoisonnée, les nains sympathiques, le prince salvateur… « Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants » comme il est coutume de terminer chaque conte. Mais après ? C’est la question que se sont posés l’autrice Marie Dilasser et le metteur en scène Michel Raskine dans le spectacle Blanche-Neige, histoire d'un prince. Et, heureusement, ils se sont éloignés du sentier bordé de bons sentiments… L’histoire était belle, la suite moins. Le couple s’ennuie. Surtout Blanche-Neige, qui se retrouve, géante, dans un royaume ravagé par les fastes de son despote d’époux tout rabougri. Écologie, féminisme, jeu sur le genre (Blanche-Neige est interprétée par un homme, le prince par une femme) : Marie Dilasser et Michel Raskine se sont amusés à dynamiter le fameux conte des frères Grimm, en gardant les références populaires qui font récit mais en les emmenant ailleurs. 101 nains Blanche-Neige, histoire d'un prince est ainsi une pièce tout public (à partir de 8 ans) d’une grande intelligence (le j

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Coup de grisou littéraire

Polars | Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar (...)

Nicolas Bros | Lundi 18 novembre 2019

Coup de grisou littéraire

Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar de la Librairie de Paris, Les Gueules Noires du Polar, reviennent vendredi 22 et samedi 23 novembre. « La formule reste la même que l'année dernière avec le parti-pris d'avoir un événement convivial, dans un format plus restreint qu'un salon littéraire classique, tout en ayant une programmation de qualité, explique Anne-Laure Billon, libraire du rayon polar à la Librairie de Paris. Cette année, ce sont huit auteurs qui seront présents pour des rencontres et tables rondes. » Pour cette seconde édition, la librairie peut compter sur la présence de Deloupy, Céline Denjean, Pascale Dietrich, Sylvain Forge, Nicolas Lebel, Eric Plamondon, Romain Strajnic et Niko Tackian. Trois tables rondes sont programmées avec différentes thématiques abordées, toutes modérées par un professionnel. D'autres animations sont proposées, comme un apéro-dédicace le vendredi 22 novembre en partenariat avec le Lycée hôtelier Le Renouveau ou encore des jeux pour les ados pendant les tables rondes (sur inscription à lesgueulesnoiresdup

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Rémi Guichard dans l'Oeil du Petit Bulletin #39

Oeuvre caritative | Rémi Guichard a monté un projet inédit avec 200 boîtes de cigares stylisées par différents artistes. Livre "Collection particulière, toute une histoire", expo (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 novembre 2019

Rémi Guichard dans l'Oeil du Petit Bulletin #39

Rémi Guichard a monté un projet inédit avec 200 boîtes de cigares stylisées par différents artistes. Livre "Collection particulière, toute une histoire", expo aux Domaines Qui Montent à Andrézieux et vente aux enchères prévue en 2020 au profit de l'association #HelpDoctors. Il nous en dit davantage Dans l'Oeil du Petit Bulletin #39. Vente aux enchères en ligne sur cette adresse.

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Molière, son pair et père

SCENES | Avec Molière par Francis Huster, La Passerelle de Saint-Just Saint-Rambert accueille début décembre deux ballons d’Or de la scène, que de nombreuses années séparent pourtant…

Cerise Rochet | Mardi 5 novembre 2019

Molière, son pair et père

Molière, par Francis Huster. Mazette. Quel chic, quel choc, quelle bonne idée. Deux géants sur une même scène. L’un, mort il y a 346 ans, jamais oublié. L’autre, bien vivant mais déjà légendaire, et plus que jamais en forme lorsqu’il s’agit de défendre le premier. La classe à la française, la liberté incarnée. Car, c’est bien de cela, dont on parle ici. De liberté, d’indépendance, d’esprit… De politique. Outré par la manière dont Molière est trop systématiquement décrit par les livres ou enseigné par l’école de la République, Huster s’interpose. Costume de gentleman sur le dos, et aidé dans son affaire par Yves Le Moign’, il n’incarne pas Molière, il nous le raconte. Sa vie, son œuvre, son courage. Molière, ou « l’auteur de la plus grande pièce du répertoire français. De la pièce la plus jouée à la Comédie Française depuis 1680. De la pièce française la plus jouée dans le monde* ». Rien que ça. Molière ou le dramaturge qui a osé, en son temps, défier des pouvoirs que l’on ne défiait pas. Moquer une caste que l’on ne moquait pas. Et puis raconter les autres. Les p’tites gens. Ceux qui ne méritaient nul regard, nulle attention, nul intérêt. Ceux qui déjà pensaie

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Assemblage

USA | Depuis le 18 septembre et jusqu'au 5 janvier, la quinzième biennale d'art contemporain de Lyon bat son plein sur les 29 000 m² des Usines Fagor, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 novembre 2019

Assemblage

Depuis le 18 septembre et jusqu'au 5 janvier, la quinzième biennale d'art contemporain de Lyon bat son plein sur les 29 000 m² des Usines Fagor, mais aussi dans près de cent cinquante lieux de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui entrent en résonance avec la Métropole lyonnaise. Au 14 de la rue Sainte-Catherine à Saint-Etienne, l'Espace 181 - librairie La Ciguë propose avec Art is love is god de découvrir les « assemblagistes ». Précurseurs méconnus de la beat generation. ce réseau informel de poètes et d'artistes est né à la fin des années quarante sur la côte ouest des USA. A San Francisco puis à Los Angeles, Wally Hedrick, Jess, Bruce Conner, George Herms, Wallace Berman, Edward Kienholz, Jay DeFeo ou encore Charles Brittin formaient ainsi un courant éclectique et protéiforme, livrant une exploration critique de la société américaine à travers des installations mêlant peinture, collage et sculpture à base de matériaux récupérés, mais aussi à travers la poésie, le cinéma. Il faudra attendre 1961 pour que le courant prenne une forme plus officielle, avec l’exposition The art of assemblage au MoMA de New-York. Art is love is god, jusqu'au 30 nov

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Les étoiles les plus lumineuses de notre Galaxie

Culture scientifique | Au cœur de la constellation australe de la Carène se trouve un amas de jeunes étoiles très brillantes, appelé Trumpler 14. Situé à environ 9000 années-lumière de la (...)

La rédaction | Mardi 5 novembre 2019

Les étoiles les plus lumineuses de notre Galaxie

Au cœur de la constellation australe de la Carène se trouve un amas de jeunes étoiles très brillantes, appelé Trumpler 14. Situé à environ 9000 années-lumière de la Terre, cet amas ouvert se compose d'environ 2000 étoiles massives, extrêmement lumineuses et chaudes, âgées de seulement 500 000 ans. On distingue, au milieu de ce fourmillement d'étoiles, un nuage noir appelé globule de Bok. Il s'agit d'une nébuleuse sombre et dense, faite de poussières et de gaz. Avec le temps, ce globule pourrait évoluer en un système planétaire autour d'une jeune étoile mais celui-ci risque de ne pas résister aux vents stellaires des étoiles géantes voisines. Laurent ASSELIN (Médiateur scientifique au Planétarium de Saint-Étienne)

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"Hors Normes" : Pas sages mais protégés

ECRANS | De Eric Toledano & Olivier Nakache (Fr., 1h54) avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Au sein de leurs associations respectives, Bruno et Malik accueillent ou accompagnent des adolescents et jeunes adultes autistes mettant en échec les circuits institutionnels classiques. Quelques jours dans leur vie, alors qu’une enquête administrative frappe la structure de Bruno… Ceux qui connaissent un peu Nakache & Toledano savent bien que la réussite (et le succès) de leurs meilleurs films ne doit rien au hasard, plutôt à une connaissance intime de leurs sujets ainsi qu’à une envie sincère de partage : Nos jours heureux, puis Intouchables, puisaient ainsi à des degrés divers dans leur vécu commun et complice. Ainsi, Hors Normes “n’exploite pas un filon“ en abordant à nouveau à la question du handicap, mais souligne l’importance que les deux auteurs accordent aux principes d’accueil et d’entraide sous-tendant (en théorie) notre société ; cet idéal républicain décliné au fronton des bâtiments publics qu’il célèbrent film après film dans des fables optimistes et humanistes. Hors Normes

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Brassens c'est son fort

Chanson | Nelson Montfort, Fred Karato et les musiciens de la Cie Les Enjoliveurs ont entrepris de rendre un hommage à Georges Brassens à travers un spectacle à point (...)

Nicolas Bros | Lundi 14 octobre 2019

Brassens c'est son fort

Nelson Montfort, Fred Karato et les musiciens de la Cie Les Enjoliveurs ont entrepris de rendre un hommage à Georges Brassens à travers un spectacle à point nommé Les Copains d'abord. Les chansons du "pornographe du phonographe" sont reprises en jazz, salsa ou encore pop. Une manière plutôt originale de diversifier ses activités pour l'un des commentateurs sportifs français les plus connus. Une curiosité qui peut valoir le détour... Les Copains d'abord avec Nelson Monfort et la Cie Les Enjoliveurs, samedi 19 octobre à 21h à la salle polyvalente de La Fouillouse

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Saint-Étienne à la page

Fête du livre 2019 | Pour sa 34e édition, l'événement majeur de la littérature à Saint-Étienne, la Fête du livre propose quelques nouveautés et toujours une ribambelle d'auteurs qui font la rentrée littéraire francophone. Présentation générale et focus sur Nicolas offenstadt, auteur invité et historien qui a levé le voile sur ce qu'était l'ex-RDA, via un travail minutieux d'exploration urbaine (urbex).

Nicolas Bros | Mardi 1 octobre 2019

Saint-Étienne à la page

Une 7e édition des toujours très réussis Mots en scène, des mots en design ou en magie, des expos, les fameux débats et conférences... et surtout la présence de 270 auteurs avec toujours son lot de stars mais aussi de découvertes. La Fête du livre fait battre le rythme culturel du mois d'octobre stéphanois. Marrainée par Françoise Bourdin et Anne Goscinny, cette 34e édition verra pour la première fois, la tenue d'une journée dédiée aux professionnels, "La Fête du livre Côté Pro" ainsi que la mise en place de grandes thématiques "chapeautant" les rencontres-débats : "être une femme", "un modèle social en construction", "où en est la démocratie dans le monde ?", "archéologie au XXie siècle" et "mon environnement & moi". 34e Fête du livre, du 17 au 20 octobre à Saint-Étienne Plus d'infos et programme complet sur fetedulivre.saint-eti

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Ex-fan des sixties

ARTS | Deux décennies avant l’explosive et libératrice année 68, la mode des années cinquante et soixante marquait déjà un tournant dans l'histoire de l'habillement (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 octobre 2019

Ex-fan des sixties

Deux décennies avant l’explosive et libératrice année 68, la mode des années cinquante et soixante marquait déjà un tournant dans l'histoire de l'habillement contemporain. La Maison du Passementier présente un ensemble de vêtements et d’accessoires qui témoignent de ces changements majeurs au sein d'une société qui tend à se libérer de ses carcans. Vintage 1950-1960, jusqu'au 20 décembre, La Maison du Passementier de Saint-Jean-Bonnefonds

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Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Portrait | Commissaire principale de la Fête du Livre de Saint-Etienne, Isabelle Rabineau est du genre à n'en faire qu'à sa tête. Jamais à cours d'envies, toujours pleine d'idées, elle bouscule et révolutionne tout ce qu'elle touche... Et le meilleur, c'est que ça marche.

Cerise Rochet | Mardi 1 octobre 2019

Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Elle porte la frange courte et le rouge à lèvres rosé, le perfecto de cuir et la jupe cintrée, les ongles vernis et les talons carrés. Gamine, elle était bonne élève, mais faisait ses devoirs « n'importe comment », durant l'interclasse ou à la récré. Commissaire à la voix douce, passionnée de culture et de foot, rêveuse déterminée, Isabelle Rabineau est une tout-et-son-contraire, une hors-cadre, une faiseuse-de-ponts. Elle a 18 ans, lorsque, bac en poche et raide dingue d'un peintre, elle quitte son Strasbourg natal pour le rejoindre dans la capitale, lecture et écriture chevillées au corps. Là-bas, la brillante littéraire suit des cours à la Sorbonne, tout en multipliant les petits boulots pour remplir le frigo. Elle atterrit à Beaubourg, où elle remet les livres en place, sur les étagères. Un « début de quelque chose » qu'Isabelle évoque aujourd'hui avec des papillons dans les yeux : « Ça m'a beaucoup aidée, de comprendre ce que lisaient les gens. Et puis, j'étais tellement fière, je travaillais à Beaubourg, c'était fou. » De rencontre en rencontre, elle collabore ensuite à l'écriture du magazine de psychanalyse L'Âne, di

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L’attablé du coin

Créations | Le festival Roanne Table Ouverte invite les créateurs du collectif d'artisans stéphanois l’Atelier du Coin à exposer dans un lieu atypique. L’occasion de (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 octobre 2019

L’attablé du coin

Le festival Roanne Table Ouverte invite les créateurs du collectif d'artisans stéphanois l’Atelier du Coin à exposer dans un lieu atypique. L’occasion de redécouvrir le travail de Malika Ameur, Marie Eve Ginhoux, Sandra Coelho, Maud Salançon, Jean-François Bazzara, Marie Dubois, MatTim, Laurence Pasero ou Florie Keller. La Savonnerie du Pilat sera également présente aux côtés d’un invité-bonus, l'ébéniste Jean Sylvain Masse. À Table 2 par L’Atelier du Coin, jusqu'au 10 novembre, salle d’exposition de La Cure à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire

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Des livres au faîte

Fête du livre 2019 | La Fête du livre, manifestation littéraire stéphanoise majeure, fête cette année sa 34e édition du 17 au 20 octobre. Ce sont 270 auteurs tous genres littéraires (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Des livres au faîte

La Fête du livre, manifestation littéraire stéphanoise majeure, fête cette année sa 34e édition du 17 au 20 octobre. Ce sont 270 auteurs tous genres littéraires confondus, qui sont attendus entre les places de l'Hôtel-de-Ville, Dorian, Jean Jaurès et Jacquard. On retrouve dans cette programmation Cécile Pivot, François Bégaudeau, Kaspar Colling Nielsen, Raphaëlle Giordano, Nicolas Offenstadt, Denis Lachaud, Guy Carlier, Claire Berest ou encore le sportif local Jérémie Janot. Cette année ce sont deux femmes qui marrainent l'événement. Tout d'abord la romancière Françoise Bourdin, auteure notamment du livre Au nom du père (Belfond, 2015) qui a été choisie pour marrainer l'ensemble de la Fête. À ses côtés, Anne Goscinny, fille du célèbre dessinateur d'Astérix René Goscinny, pour chapeauter Les Mots en Scène, le cabaret littéraire de la Fête du livre qui prend place sous le Magic Mirrors, place Jean Jaurès. Comme d'habitude, le chapiteau de la place Jacquard sera dédié à la jeunesse et celui de la place Dorian au « versant documentaire vert et littéraire » de l'événement.

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Bérengère Cournut : « J'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire »

CONNAITRE | Bérengère Cournut est l’une des plus intenses et belles romancières de notre temps, que la Fête du livre vous propose de découvrir à l’occasion de sa venue à Saint-Etienne pour sa nouvelle parution : "De pierre et d’os", qui vient de remporter le prix Fnac 2019. Un ouvrage de survie et d’espaces, de liberté et de chocs qui emmène le lecteur aux confins de l'Arctique. Une auteur à suivre de près et qui se rendra pour la première fois à Saint-Étienne.

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Bérengère Cournut : « J'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire »

Après avoir plongé le lecteur dans la vie de la tribu amérindienne Hopi, cette fois-ci vous l'emmenez dans le peuple Inuit. Pour quelle raison avoir fait ce choix ? Bizarrement, j'ai découvert ces deux cultures simultanément, en 2011. Jusque-là, j'écrivais des fictions ou des proses poétiques ancrées dans mon seul imaginaire. Le paysage y occupait toujours une grande place, mais souvent nimbé d'un certain onirisme. Là, en découvrant à la fois les grandes étendues désertiques de l'Ouest-américain et les cultures des peuples autochtones d'Amérique du Nord, toutes profondément liées à leurs territoires respectifs, j'ai ressenti un besoin d'exploration, à la fois personnel et littéraire. Le choix du peuple hopi, dont j'ai parcouru le territoire, et celui du peuple inuit, que je n'ai en revanche jamais approché, s'explique sans doute par le contraste entre une hostilité certaine des deux environnements et des conditions de vie difficiles, contrebalancées par une spiritualité foisonnante, à mille lieues de nos repères occidentaux. Il paraît que cette nouvelle aventure est partie de la découverte de petites sculptures inuit en os ?

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