Flânez, écoutez, regardez

S'occuper pendant le confinement / Initiatives autres | Après quelques idées locales, voici une sélection d'autres occupations, principalement en ligne, dont vous pourrez profiter pendant votre confinement.

La rédaction | Jeudi 2 avril 2020

Photo : © William Beaucardet - Philharmonie de Paris


Visiter les plus beaux musées du monde

Plus de 500 musées et galeries dispatchés dans le monde entier sont entièrement visitables depuis votre fauteuil ! Ce concept, c'est encore une fois le géant du Net Google qui l'a lancé avec Google Arts & Culture, plateforme créée en 2011. Furetez dans les couloirs du Musée d'Orsay, découvrez les collections de The National Gallery de Londres ou encore allez faire un coucou à La Laitière de Vermeer dans les salles du Rijksmuseum d'Amsterdam... Alors poussez les portes des musées et laissez-vous émerveiller par tant de splendeurs ! Pour accéder aux salles d'expos, c'est par ici que ça se passe. Signalons également les musées de la Ville de Paris (dont Carnavet ou Bourdelle) qui permettent de consulter gratuitement plus de 324 000 œuvres sur leur site, le Metropolitan Museum de New York (MET) qui a mis en ligne toutes ses oeuvres ou encore le MoMa, toujours à NYC, et ses 84 000 oeuvres en ligne dont 18 000 photos. Nicolas Bros

Des films à profusion mais pas seulement...

Il existe de nombreuses plateformes payantes pour "streamer" de nombreux films ou séries ou encore lire romans, BD... Mais revenons un instant sur Open Culture, un site gratuit qui porte très bien son nom propose 1 150 films mis à disposition gratuitement. Une aubaine en cette période de restriction de déplacement et de confinement à la maison. Des longs, des courts, des films culte, des moins vus, dessins animés, classiques... de nombreux choix sont disponibles sur cette plateforme "éducative" qui convient aussi bien aux cinéphiles qu'à celles et ceux qui souhaitent découvrir des images nouvelles. Educative, car ce site n'est pas seulement une énorme base de données de films car elle propose également des MOOC ou cours en ligne, des livres, des audio-livres... Oui, c'est principalement en anglais mais c'est une bonne occasion pour s'améliorer ! NB

L'harmonie file droit dans vos oreilles

Et pourquoi pas profiter d'un concert exceptionnel ? La Philharmonie de Paris propose un catalogue de concerts enregistrés et disponibles sur son site internet. L'occasion de se délecter d'une des nombreuses performances proposées. Attention, il n'y a pas seulement de la musique classique au programme. Vous pourrez retrouver également du jazz, du rock et même de l'électro. Rendez-vous sur cette page pour en profiter. NB

L'Opéra de Paris s'y met aussi

L'institution lyrique parisienne se met également à proposer du contenu gratuitement en ligne avec la publication d'enregistrements de quelques-unes de ses plus belles productions. Voici la liste des opéras qui seront disponibles jusqu'au 03 mai sur ce site :
30/03 au 05/04: Le Lac des cygnes (2019)
06/04 au 12/04: Le Barbier de Séville (2014)
13/04 au 19/04: Soirée Robbins (2018)
20/04 au 26/04: Les contes d'Hoffmann (2016)
27/04 au 03/05: Carmen (2017)
NB

Culture chez vous

« Une seule règle, un seul message : restez chez vous ! » C'est le mot d'ordre pour toutes et tous. Mais pour faire face à l'ennui ou à l'isolement, de nombreuses initiatives se mettent en place et ce ministère n'est pas en reste. La preuve avec l'initiative #Culturecheznous, une plateforme initiée par Franck Riester et ses équipes, qui recensera « toutes les offres culturelles numériques gratuites. » Au programme, visites virtuelles de musées et d'expos, podcasts, concerts en ligne, jeux, contenus éducatifs pour les enfants... Le site est d'ores et déjà en ligne à cette adresse : https://www.culture.gouv.fr/Culturecheznous NB

La poésie au bout du fil

Chaque jour du lundi au samedi de 10h30 à 11h30 ou de 17h à 18h, il est possible de recevoir un coup de fil un peu particulier. Sous la direction d'Emmanuel Demarcy-Mota, vingt comédiens proposent des consultations poétiques. Une manière de se soigner l'esprit à travers des mots choisis parmi ceux de très belles plumes : Juliette Armanet, Charles Baudelaire, Emiliy Dickinson, Paul Éluard, Jacques Prévert, Pablo Neruda ou encore Édith Piaf. Pour profiter de ces médications artistiques, il suffit de remplir un formulaire en ligne à retrouver sur cette page. En plus, la consultation n'a pas besoin d'être remboursée par la Sécu… elle est gratuite. NB

Découvrir des humoristes parisiens depuis son canapé

Connue pour faire une place de choix aux nouvelles pépites de l'humour comme à ceux qui souhaitent faire leurs armes, l'Apollo Théâtre parisien a mis en place un système de spectacles à distance durant cette période de confinement. Le principe ? Proposer à tous les artistes programmés de venir jouer sur l'une des scènes du théâtre… Equipée de caméras. Les spectateurs, qui pour une fois pourront donc se vautrer et mettre les pieds sur la table sans crainte d'être jugés, paieront -en fonction des one man show présentés – soit une somme fixe, soit une somme laissée à leur libre appréciation (au chapeau), pour pouvoir assister à la représentation. Les recettes engrangées seront ainsi partagées entre les artistes et le théâtre. Pour réserver votre place, rendez-vous sur le site de l'Apollo Théâtre, rubrique Apollo Live. Cerise Rochet

Tous des Oiseaux en questions/réponses

La pièce de l'auteur libano-québecois Wajdi Mouawad n'aura finalement pas eu lieu. Programmée à la Comédie de Saint-Etienne à partir du 13 mars dernier, l'épidémie aura en effet eu raison de sa représentation. Une annulation doublement dommageable pour les lycéens ligériens, puisque la pièce fait cette année partie du programme du baccalauréat pour les élèves qui suivent une option théâtre. Mais, avec ou sans confinement, ces derniers auront prochainement l'occasion de jouer au jeu des questions réponses avec Wajdi Mouawad, puisqu'un Facebook Live sera organisé avec l'auteur par Le Théâtre de la Colline dont il est le directeur, le 2 avril prochain, de 18 heures à 19 heures. Avis aux concernés : vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions avec le mot-dièse #tousdesoiseauxaubac, via le site Internet du théâtre. CR

Se fendre la poire avec Pierre-Emmanuel Barré

Il a sans doute créé le journal du confinement le plus drôle du moment sur sa chaîne YouTube. Combien de temps tiendra-t-il comme ça ? Personne ne le sait ! Et, si vous n'en avez jamais assez de Pierre-Emmanuel Barré, ce confinement pourrait être le moment idéal pour visionner son dernier spectacle en streaming. Humour mordant capté lors de ses dernières représentations au Grand-Rex, paiement au chapeau (5, 10 ou 15 euros), stream accessible depuis le propre site Internet de l'artiste… Riez, tant que vous pouvez ! CR

Un Molière d'aujourd'hui via le théâtre de l'Odéon

Il y a un an tout juste, les Ligériens assistaient aux représentations d'une École des Femmes sauce XXIe siècle données à la Comédie de Saint-Etienne. Mise en scène aussi surprenante que juste signée Stéphane Braunschweig, prestation géniale de Claude Duparfait dans le rôle d'Arnolfe… En bref, l'illustration parfaite que, sans doute, Molière nous est plus contemporain qu'il n'y parait. Une pièce à revoir durant ce confinement, ou à faire découvrir à ceux qui n'étaient pas là l'an dernier, puisque le théâtre de l'Odéon a rendu sa captation disponible gratuitement via la plateforme Vimeo. CR

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Le plein d'idées de randos dans le Forez

Bon plan | L'association Forez Tourisme vient de sortir, pour la deuxième année, sa carte Randonnez en Forez. Une véritable mine d'idées de balades pour tous les (...)

Nicolas Bros | Jeudi 24 juin 2021

Le plein d'idées de randos dans le Forez

L'association Forez Tourisme vient de sortir, pour la deuxième année, sa carte Randonnez en Forez. Une véritable mine d'idées de balades pour tous les niveaux avec pour cette seconde version 25 circuits proposés. Petit plus, elle est complètement gratuite. D'autre part, elle permet également de varier les plaisirs. En effet, cette carte a été pensée autour de six thématiques générales : randonnez en nouveautés, seul au monde, tout en fraîcheur, en famille, en vélo ou VTT et en séjour. Autre nouveauté cette année, la possibilité de réserver des séjours tout compris avec guide, hébergement et repas. Et si vous le souhaitez, vous pouvez même faire porter vos bagages. Elle est pas belle la vie dans la Loire ? Carte Randonnez en Forez Vous pouvez vous procurer cette carte en version pdf ici ou bien la demander en version papier.

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Le Département de la Loire dégage 100 000 € pour le spectacle vivant

Politique | En marge de la dernière Assemblée Départementale de lundi 3 mai, le Département de la Loire a annoncé débloquer une enveloppe de 100 000 euros à destination du (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 mai 2021

Le Département de la Loire dégage 100 000 € pour le spectacle vivant

En marge de la dernière Assemblée Départementale de lundi 3 mai, le Département de la Loire a annoncé débloquer une enveloppe de 100 000 euros à destination du secteur du spectacle vivant. Ce dispositif d'aide exceptionnelle intervient en plus des subventions habituelles et s'adresse aux associations ligériennes détentrices d’une licence d’entrepreneur du spectacle. Ces dernières peuvent solliciter une aide allant jusqu'à 2 500 euros via une demande à effectuer auprès du Département avant le 30 juin 2021. Cette aide est destinée à : soutenir la reprise des temps de répétition accompagner la diffusion des spectacles faciliter la reconquête des publics pour les organisateurs. D'autre part, la collectivité a validé 11 subventions pour un total de 200 000 euros dans le cadre des aides aux résidences et scènes départementales et des aides aux festivals. Ces soutiens financiers sont destinés à la Limace (association gestionnaire du Fil à Saint-Etienne), la ville d’Andrézieux-Bouthéon pour le Théâtre du Parc, la ville de Montbrison pour le Thé

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Médiathèque Numérique de la Loire : gratuite, illimitée et à volonté !

ACTUS | Le Département de la Loire a ouvert à tous les Ligériens, gratuitement et sans condition, la Médiathèque Numérique de la Loire. La culture, c’est pour tous et maintenant. Pour se divertir, se cultiver, apprendre, s’informer, se détendre, comprendre, découvrir, se former, s’émerveiller, … Pour vivre mieux, ensemble !

Article Partenaire | Vendredi 18 décembre 2020

Médiathèque Numérique de la Loire : gratuite, illimitée et à volonté !

Parce que Le Département de la Loire s’engage pour un accès à tous, partout, à la culture et aux savoirs, la Médiathèque Numérique de la Loire ouvre ses ressources à tous ! Méditation, stretching, code de la route, soutien scolaire, vidéos (films et documentaires), découvrez une large gamme de titres de presse et de livres à consulter en ligne. Pour vous inscrire et profiter de l’ensemble des ressources numériques disponibles rendez-vous sur

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Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 17 mars

Confinement Covid19 / Idées culture | Que faire pendant le confinement ? Chaque jour, nous essaierons, dans la mesure du possible, de vous fournir quelques idées pour vous divertir, apprendre ou partager de bons moments dans cette période compliquée.

Nicolas Bros | Mardi 17 mars 2020

Que faire pendant le confinement ? Nos idées du 17 mars

Vous retrouverez également sur notre page Facebook du contenu complémentaire. N'hésitez pas également à nous donner vos conseils culture sur cette même page Facebook : Le Petit Bulletin Saint-Étienne. Des films à profusion et pas seulement... Il existe de nombreuses plateformes payantes pour "streamer" de nombreux films ou séries ou encore lire romans, BD... Mais revenons un instant sur Open Culture, un site gratuit qui porte très bien son nom propose 1 150 films mis à disposition gratuitement. Une aubaine en cette période de restriction de déplacement et de confinement à la maison. Des longs, des courts, des films cultes, des moins vus, dessins animés, classiques... de nombreux choix sont disponibles sur cette plateforme "éducative" qui convient aussi bien aux cinéphiles qu'à celles et ceux qui souhaitent découvrir des images nouvelles. Educative, car ce site n'est pas seulement une énorme base de données de films car elle propose également des MOOC ou cours en ligne, des livres, des audio-livres...

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Kora corps

Sono mondiale | Selon la légende, la première kora fut l'instrument d'une femme-génie qui squattaient les grottes de Missirikoro, charmant petit patelin du sud (...)

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Kora corps

Selon la légende, la première kora fut l'instrument d'une femme-génie qui squattaient les grottes de Missirikoro, charmant petit patelin du sud Mali. Mais un grand chef de guerre eut l'idée saugrenue de lui subtiliser l'objet magique pour la refourguer à un griot qui lui-même l'a transmise à sa descendance. Depuis, si les cavités gréseuses de Missirikoro sont devenues un lieu de culte où se recueillent musulmans, animistes et chauve-souris, la kora et ses répliques n'ont jamais cessé de traverser les âges, passant de mains en mains, mais toujours de père en fils, parce qu'autant de cordes (de ving et une à trente-deux suivant les modèles) à jouer avec seulement quelques doigts, ça rigole pas, c'est une affaire d'hommes, pas touche minouche ! Autant dire que dans cette tradition masculine qui perdure depuis sept siècles, Sona Jobarteh fait figure de pionnière avec son statut de première femme virtuose derrière un instrument jusqu'ici dominé par les gars. Originaire de Gambie où la culture mandingue est reine et issue d'une famille de griots, son talent d'instrumentiste, de chanteuse, de compositrice mais aussi de conférencière fait désormais l'unanimité sur la scène i

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La Vie invisible d'Euridice Gusmao : Les sœurs cachées

ECRANS | De Karim Aïnouz (Br.-All., 2h19) avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier…

Vincent Raymond | Mercredi 11 décembre 2019

La Vie invisible d'Euridice Gusmao : Les sœurs cachées

Rio de Janeiro, 1950. Les sœurs Gusmao ne se quittent jamais. Jusqu’au jour où Euridice, part avec un marin de fortune mais revient au bercail où son père la répudie en lui interdisant de revoir sa sœur Guida qui rêve de devenir concertiste. Des années durant, elles se frôleront sans se voir… Il semble appartenir à un passé révolu, subit l’infamante qualification de sous-genre… Pourtant, le mélo n’a rien perdu de sa vigueur ; au contraire bénéficie-t-il d’un regain d’intérêt de la part des cinéastes, trouvant sans doute dans l’inéluctable fatalité de son dénouement une pureté proche de la tragédie antique, et une manière de résistance à l’insupportable mièvrerie du happy end. Au reste, n’est-il pas plus aisé d’obtenir l’empathie du public en sacrifiant ses personnages ? Karim Aïnouz ne se prive pas de le faire dans cet habile tire-larmes qui joue avec les nerfs en multipliant les occasions manquées de retrouvailles entre Euridice et Guida, entre frôlements fortuits et croisements entravés. Balayant 70 ans de vie brésilienne, il opère un sacré raccourci dans le récit de la condition féminine de ce pays qui, aujourd’hui semble oublie

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Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Art contemporain | Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et (...)

Nicolas Bros | Lundi 1 avril 2019

Alexandre Léger, lauréat du prix des partenaires du MAMC+

Après Maxime Duveau (2018), Jérémy Demester (2017) ou Agathe Pitié (2014), c'est Alexandre Léger qui obtient le Prix des partenaires du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Né en 1977, l'artiste est sorti diplômé en 2003 de l'École des Beaux-Arts de Paris. Il a exposé à Paris, Montpellier, Sarajevo et aux Pays-Bas. Il créé des dessins-poèmes, en petits formats « nous incitant à considérer non seulement l'aritculation entre texte et image, mais aussi l'idée du tecte en tant qu'image. » Ses oeuvres seront présentées en septembre 2019 au MAMC.

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Parisien en province

Jazz | Sous la houlette de Canal Jazz, l’écrin du théâtre de Roanne accueille le quartet avec lequel le saxophoniste multi-récompensé Emile Parisien écume la planète (...)

Niko Rodamel | Mardi 8 janvier 2019

Parisien en province

Sous la houlette de Canal Jazz, l’écrin du théâtre de Roanne accueille le quartet avec lequel le saxophoniste multi-récompensé Emile Parisien écume la planète jazz depuis une quinzaine d’années avec toujours autant d’inventivité. Emile Parisien Quartet, samedi 19 janvier à 20h, Théâtre Municipal de Roanne

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Daniel Auteuil : « Rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Amoureux de ma femme | C’est sur les terres de sa jeunesse avignonnaise, lors des Rencontres du Sud, que le réalisateur et cinéaste Daniel Auteuil est venu évoquer son nouvel opus, Amoureux de ma femme. Le temps d’une rêve-party…

Vincent Raymond | Jeudi 26 avril 2018

 Daniel Auteuil : « Rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Le scénario est adapté d’une pièce de Florent Zeller que vous avez jouée. Y a-t-il beaucoup de différences ? D.A : Ah oui, il est très très librement adapté ! On a beaucoup parlé : je lui ai raconté à partir de la pièce de quelle genre d’histoire j’avais envie. Je voulais parler des pauvres, pauvres, pauvres hommes (rires), et de leurs rêves, qui sont à la hauteur de ce qu’ils sont. Certains ont de grands rêves, d’autres en ont des plus petits. Et puis il y avait l’expérience de cette pièce, qui était très drôle et qui touchait beaucoup les gens. Mon personnage est un homme qui rêve, plus qu’il n’a des fantasmes. Un homme qui, au fond, n’a pas tout à fait la vie qu’il voudrait avoir, peut-être ; qui s’identifie dans la vie des autres. Le cinéma vous permettait-il davantage de fantaisie ? La pièce était en un lieu unique et était très axée sur le verbe, sur le texte. Une grande partie était sur les pensés, les apartés. Ici, c’est construit comme un film : le point de départ était cette idée de

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"Amoureux de ma femme" : Sale rêveur

De quoi Zeller ? | de et avec Daniel Auteuil (Fr., 1h24) avec également Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain, Adriana Ugarte…

Vincent Raymond | Jeudi 26 avril 2018

Daniel a invité à dîner son meilleur ami Gérard afin qu’il lui présente, ainsi qu’à sa femme, sa nouvelle compagne. Lorsqu’il découvre sa jeunesse et sa beauté, Daniel se prend à imaginer des choses, sous l’œil de son épouse. Qui n’est pas dupe. Daniel Auteuil signe un film comme on fait plus. Un truc peu inconscient et naïf, de l’époque où les sexagénaires exhibaient sans complexes leur nouvelle voiture, leur nouvelle montre, leur nouvelle minette, comme autant de gages de succès. Aujourd’hui, on dissimule tout ces “attributs” sous le vocable commun de “bonheurs” — cela fait moins égoïste et moins démon de seize heures. On n’assume moins que le personnage de Sydney Pollack qui vantait dans Maris et Femmes de Woody Allen (1992) les vertus de sa récente et jeune compagne : « sa bouche ? c’est du velours… » Amoureux de ma femme, raconte peu ou prou la même histoire que Woody Allen, mais corsetée par l’ère du politiquement correct, dans un (vaste) appartement parisien et se sert de l’imaginaire d’un époux rêveur pour fanta

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"Une femme heureuse" : Chaînes conjugales

Desperate Housewife | de Dominic Savage (G.-B., 1h45) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Frances Barber…

Vincent Raymond | Jeudi 26 avril 2018

Vu de l’extérieur, Tara semble mener la vie d’épouse et mère anglaise comblée. En y regardant de plus près, son Mark n’est pas si attentionné : il lui impose sa routine sexuelle et domestique, bride ses aspirations artistiques. Un jour de trop plein, Tara craque et fait son bagage. Direction, Paris. Que l’on aurait aimé aimer ce film écrit, produit et interprété par Gemma Arterton ! La rousse comédienne aux choix éclectiques s’avère à elle seule une raison d’attachement inconditionnel, surtout si elle porte un projets sur l’insidieuse question de l’asservissement conjugal. Las, il y a hélas loin de l’intention à l’œuvre, autant que de la coupe aux lèvres. Car ce qui aurait pu être le portrait à la Sautet d’une femme conquérant sa liberté s’abîme dans une insistante (et redondante) contemplation de ses désarrois quotidiens. Plombée par une musique affligeante, la première partie insiste au-delà du raisonnable sur la cruauté de Mark et l’état de sujétion de Tara, en esthétisant un peu volontiers le beau visage triste de la comédienne. Quand vient (enfin) le temps de la rupture et d

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Carte blanche à l'humain

Danse | Contorsionniste, comédienne, chorégraphe et metteur en scène, Raphaëlle Boitel est une artiste aux multiples facettes. Elle nous offre, fin avril, une soirée atypique, conviviale et pleine de petites surprises, placée sous le signe de l'humain.

Monique Bonnefond | Mercredi 4 avril 2018

Carte blanche à l'humain

Est-ce avec James Thierrée que Raphaëlle Boitel a acquis un tel sens de l'espace et du regard ? Sa création in situ, Carte blanche, mélange très personnel de danse, de cirque et de théâtre sans paroles, va répandre un puissant souffle de vie sur le Théâtre du Parc où, justement, elle utilise ingénieusement l'espace, le théâtre et le parc. La soirée, inédite, se déroulera en trois temps ponctués par quelques petites surprises comme le mini concert donné par le compositeur pop-folk Arthur Bison. Une vraie pépite à découvrir. Mais d'autres découvertes nous attendent avec deux formes courtes : La Bête Noire, solo de danse et performance acrobatique et Consolations ou interdiction de passer par-dessus bord, pièce de théâtre circassienne créée pour trois jeunes virtuoses de l'Académie Fratellini. L'amour, la vie, le partage de notre humanité Pour Raphaëlle Boitel, qui a appris à la dure école de la vie « qu'il fallait toujours persévérer », l'école de la scène est aussi l'école de la vie. « C'est le reflet du quotidien, de la vie, de ce que l'on est » dit-elle. On y trouve les mêmes plaisirs, souffrances, part

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Travelling

Jazz | Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir (...)

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Travelling

Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir éclore leur style propre et s’affirmer leur sensibilité musicale. Le pianiste Camille Mouton est de ceux-là. Nous l’avions découvert au sein du quintet No Logic, apprécié dans le Honey Jungle Trio et aperçu parmi la horde tonitruante du Big Band de Saint-Étienne. Avec le ASAP Quartet, Camille s’est entouré de brillants sidemen régionaux pour donner corps à ses compositions personnelles dans lesquelles se dévoilent des paysages changeants, au gré d’un long travelling empli d’émotions sincères. On retrouve ici Vincent Périer au saxophone, Thomas Belin à la contrebasse et Francis Decroix à la batterie. Mouton s’inscrit dans les pas des pianistes actuels qui ouvrent le jazz sur une bienfaitrice modernité, tels que Aaron Parks, Brad Melhdau ou Yaron Herman. ASAP Quartet sera pour la première fois sur la scène du Hall Blues Club, le 22 décembre à Pélussin.

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L'épopée des cartes

Musée | Au XVIIe et XVIIIe siècles, la donne cartographique en France a fondamentalement changé grâce aux Cassini. César-François Cassini et son (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 septembre 2017

L'épopée des cartes

Au XVIIe et XVIIIe siècles, la donne cartographique en France a fondamentalement changé grâce aux Cassini. César-François Cassini et son fils Jean-Dominique Cassini ont ainsi réalisé, à l'échelle 1/86 400, la cartographie de l'ensemble du Royaume de France. Une prouesse à l'époque qui continue d'être une référence pour tout géographe qui se respecte. À la Maison du patrimoine et de la mesure de La Talaudière, l'exposition Les cartes de Cassini, l'histoire d'une fantastique épopée propose de plonger dans les cartes et leur parcours de création. Les cartes de Cassini, l'histoire d'une fantastique épopée, jusqu'au 27 avril 2018 à la Maison du patrimoine et de la mesure

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Orpheline : Toute seule(s) au monde

ECRANS | De l’enfance à l’âge adulte, le portrait chinois d’une femme jamais identique et cependant toujours la même, d’un traumatisme initial à un déchirement volontaire. Une œuvre d’amour, de vengeance et d’injustices servie par un quatuor de comédiennes renversantes.

Vincent Raymond | Mercredi 1 mars 2017

Orpheline : Toute seule(s) au monde

Enseignante et enceinte, Renée reçoit la visite surprise dans sa classe de la belle Tara, fantôme d’autrefois Peu après, la police l’arrête dévoilant devant son époux médusé sa réelle identité, Sandra. Elle qui avait voulu oublier son passé, se le reprend en pleine face : sa jeunesse délinquante, son adolescence perturbée, jusqu’à un drame fondateur. Comme vivre après ça ? Il faut rendre grâce à Arnaud des Pallières d’avoir osé confier à trois actrices aux physionomies différentes le soin d’incarner les avatars successifs d’un unique personnage. Ce parti-pris n’a rien d’un gadget publicitaire ni d’une coquetterie, puisqu’il sert pleinement un propos narratif : montrer qu’une existence est un fil discontinu, obtenu par la réalisation de plusieurs “moi” juxtaposés. À chaque étape, chaque métamorphose en somme, Kiki-Karine-Sandra abandonne un peu d’elle-même, une exuvie la rendant orpheline de son identité passée et l’obligeant à accomplir le deuil de sa propre personne pour évoluer, grandir, s’améliorer. Ce qui n’est pas le cas de son vénéneux génie, l’immarcescible Tara, qui revêt les traits de Gemma Arterton. Brelan de dames La construction par fl

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Ce sont des gens dans des chemises...

Art moderne et contemporain | L'artiste danois Peter Martesen présente à Saint-Étienne sa première exposition personnelle dans un musée français. Son œuvre, particulièrement troublante, sonde notre condition post-moderne et quelques énigmes atemporelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 1 mars 2017

Ce sont des gens dans des chemises...

« C’est un grand terrain de nulle part / A la lunette d’un microscope / On regarde, on regarde, on regarde dedans / On voit de toutes petites choses qui luisent / Ce sont des gens dans des chemises... » chantent Gérard Manset, et Alain Bashung... Écrit par Manset, « Comme un légo » dit la mélancolie d'une époque où les individus font masse, où les villes et les hommes deviennent interchangeables, et où les microscopes et les statistiques scrutent et gouvernent les âmes... L'auditeur est alors partagé entre une compassion émue pour notre condition dérisoire et un grand dégoût face à tant d'objectivité, de calcul, de fonctions comptables... Rarement morceau de musique aura résonné aussi bien avec l’œuvre (peinte ou dessinée) d'un artiste, celle du danois Peter Martensen en l'occurrence. Même s'il se défend d'être un peintre d'histoire, et s'il rappelle qu' « [il] peint d'abord et réfléchit après », Peter Martensen se réclame d'un "réalisme mental" : soit une plongée dans la psyché humaine contemporaine, psyché qui ne peut être abstraite de son environnement social. Ses figures dédoublées, apathiques, absentes à elles-mêmes et aux autres, se présentent c

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Schubert in jazz

MUSIQUES | Entre jazz, rock et Schubert, Edelweiss Quartet revisite d'une façon sensible, romantique et énergique à la fois la partition originale du compositeur (...)

Niko Rodamel | Mercredi 30 novembre 2016

Schubert in jazz

Entre jazz, rock et Schubert, Edelweiss Quartet revisite d'une façon sensible, romantique et énergique à la fois la partition originale du compositeur autrichien, que viennent entrecouper des savantes compositions des quatre jazzmen. Le quartet joue une musique qui prend son temps. Le temps d'installer un climat. Le temps de laisser s'exprimer chaque instrument, séparément puis ensemble. Le temps de faire monter la tension pour mieux la retenir, la mettre en suspension pour quelques mesures, avant de lâcher à nouveau les notes, les rythmes, les solos, toutes les couleurs de sa palette et de nous prendre aux tripes quand on s'y attend le moins. À la manière de Schubert lui-même, Thomas Koenig au sax, J.J. Burred au piano, Grégoire Carpentier à la basse et Romain Bessin à la batterie semblent cheminer de façon consentie et volontaire dans une quête d'un ailleurs sans cesse poursuivi et jamais atteint. Ils poursuivront cette exploration musicale le dimanche 11 décembre 2016 à 18h au Fil à Saint-Étienne

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Jazz : notre sélection de 5 concerts

Panorama 16/17 | Lady Dee Au cœur de l’éclectique et toujours aussi riche programmation du Rhino Jazz(s) festival, arrêtons-nous sur la venue de l’immense chanteuse Dee (...)

Niko Rodamel | Mardi 6 septembre 2016

Jazz : notre sélection de 5 concerts

Lady Dee Au cœur de l’éclectique et toujours aussi riche programmation du Rhino Jazz(s) festival, arrêtons-nous sur la venue de l’immense chanteuse Dee Dee Bridgewater, à Saint-Chamond le 7 octobre. Dans la foulée de son dernier album en date (Dee Dee Feathers), la diva revient en force avec un projet qui rend hommage à la Nouvelle-Orléans, autant à la ville elle-même qu’au jazz qui lui est propre. Elle sera accompagnée sur scène par la formation du jeune trompettiste Théo Croker. Niko Rodamel Dee Dee Bridgewater, vendredi 7 octobre à 21h, salle Aristide Briand à Saint-Chamond, dans le cadre du Rhino Jazz(s) Festival Pour quelques pennies Remarquée en 2014 par le titre sorti de nulle part Suddenly, Ala.ni enfonçait le clou l’année suivante avec Cherry Blossom. Petite-nièce d'une ancienne vedette du music-hall anglais (Leslie Hutchinson), la chanteuse avait pourtant commencé par le mannequinat avant de devenir choriste puis oser graver ses propres compositions sous la houlette de Damon Albarn. L’artiste fera planer son style vocal rétro, hérité du jazz et de la comédie musicale, le 16 oct

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"Julieta" : Almodóvar se met à nu

ECRANS | de Pedro Almodóvar (Esp., 1h36) avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…

Vincent Raymond | Mercredi 18 mai 2016

Accrochant un nouveau portrait de femme abattue aux cimaises de sa galerie personnelle, le cinéaste madrilène semble avoir concentré sur cette malheureuse Julieta toute la misère du monde. Avec son absence de demi-mesure coutumière, Almodóvar l’a en effet voulue veuve, abandonnée par sa fille unique, dépressive, en délicatesse avec son père et rongée par la culpabilité. Un tableau engageant – qui omet de mentionner son amie atteinte de sclérose en plaques… Construit comme une lettre à l’absente, Julieta emprunte la veine élégiaque de l’auteur de La Fleur de mon secret. On est très loin des outrances, des excentricités et des transgressions des Amants passagers (2013), son précédent opus façon purge s’apparentant à un exercice limite de dépassement de soi – et qui s’était soldé par un colossal décrochage. Revenu les pieds sur terre, Almodóvar se met ici au diapason de sa bande originale jazzy : en sourdine. Au milieu de ce calme relatif, seules les couleurs persistent à crier – les personnages et le montage faisan

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L'E.O.C. fait un Mahler !

MUSIQUES | Mahler pourrait être à l'Ensemble Orchestral Contemporain ce que Clément Janequin est au Philharmonique de Berlin. Pourtant, l'anachronisme académique de (...)

Alain Koenig | Mardi 3 mai 2016

L'E.O.C. fait un Mahler !

Mahler pourrait être à l'Ensemble Orchestral Contemporain ce que Clément Janequin est au Philharmonique de Berlin. Pourtant, l'anachronisme académique de surface ne résiste pas à l'analyse, tant les musiciens de la talentueuse phalange sont aguerris à tous les répertoires de la frise chronologique. Troquant leurs coutumières créations pour un grand cru du plus célèbre directeur de l'Opéra de Vienne, l'E.O.C. se lance, avec cette 4e Symphonie, dans les grandes boutiques. Daniel Kawka, de retour de Nantes, revisitera ses classiques, puisque c'est la transcription d'Erwin Stein qu'il nous livrera pour ce concert exceptionnel. Achevée par Mahler pendant l'été 1900, l'étonnante mais très respectueuse orchestration de Stein voit le jour en 1921. Soucieuse de respecter les lignes mélodiques, cette dernière réduit l'effectif au quatuor à cordes, contrebasse, flûte, hautbois, clarinette, piano, harmonium et percussions. Gageons que l'ouvrage, fils spirituel des Knaben Wunderhorn du tourmenté maître autrichien, dégagera à l'Hôtel du Département, le grand lyrisme de ses premières symphonies ! Alain Koenig Mahler, Symphonie n°4 (transcription d'E.Stein),

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Un auteur ligérien en web résidence

CONNAITRE | L’auteur-photographe ligérien, Arnaud Rodamel, effectue une résidence en ligne sur l’ENT Cybercollèges42, en lien avec cinq classes du département. L’auteur (...)

Florence Barnola | Jeudi 28 avril 2016

Un auteur ligérien en web résidence

L’auteur-photographe ligérien, Arnaud Rodamel, effectue une résidence en ligne sur l’ENT Cybercollèges42, en lien avec cinq classes du département. L’auteur partage régulièrement avec les élèves concernés des chapitres de son prochain ouvrage, Destination Ouaga, un carnet de voyage intimiste d’une adolescente de 12 ans partant vivre au Burkina avec son père. Les élèves créent d’après le récit, des danses, de la musique, des histoires, des dessins postés sur le site départemental. Au terme de cette action est prévue une adaptation musicale par la Maîtrise de la Loire. FB

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La Bâtie sous toutes les coutures

ACTUS | Un concours photo nommé "Créez un regard neuf sur la Bâtie d'Urfé" est lancé par le Département de la Loire à destination des amateurs. L'idée et de photographier (...)

Nicolas Bros | Jeudi 24 mars 2016

La Bâtie sous toutes les coutures

Un concours photo nommé "Créez un regard neuf sur la Bâtie d'Urfé" est lancé par le Département de la Loire à destination des amateurs. L'idée et de photographier selon son inspiration propre l'édifice forézien érigé au XVème siècle. Tous les styles sont permis. Le dépôt des photos doit s'effectuer entre le 6 et le 25 avril 2016 via le site du Departement. Une vingtaine de photos seront présélectionnées et un vote public est prévu pendant l'été afin de déterminer les trois lauréats en septembre. NB

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Georges Ziegler de l'économie à la culture

ACTUS | Selon nos confrères de l'Essor-Affiches, Georges Ziegler, actuel vice-président à l'économie au Conseil Départemental, va devenir, dès janvier 2016, le nouveau (...)

Nicolas Bros | Lundi 30 novembre 2015

Georges Ziegler de l'économie à la culture

Selon nos confrères de l'Essor-Affiches, Georges Ziegler, actuel vice-président à l'économie au Conseil Départemental, va devenir, dès janvier 2016, le nouveau délégué à la culture dans cette même maison. Il prend la suite de Véronique Chaverot qui avait en cahrge cette délégation, conjointement au tourisme, depuis avril dernier. Cette dernière reste néanmoins déléguée au tourisme. La raison de ce changement est à chercher du côté du transfert de la compétence économique à la Région. NB

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Croire en son imagination

ARTS | Depuis six ans, le Musée d'art moderne et contemporain propose, via le prix annuel décerné par son club de partenaires, à un jeune artiste des arts (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 décembre 2015

Croire en son imagination

Depuis six ans, le Musée d'art moderne et contemporain propose, via le prix annuel décerné par son club de partenaires, à un jeune artiste des arts graphiques, vivant en France, d'exposer quelques œuvres, puis en acquiert une, à l'issue de ce temps d'accrochage. Après Agathe Pitié en 2014, c'est Pierre Seinturier qui s'y colle. Avec un parcours énigmatique au cœur du musée ou l'on plonge successivement entre les peintures, un diorama, des dessins ou encore des gravures, l'exposition proposée par Seinturier est un jeu de piste très complet, tel un cabinet de curiosités édifié par un talent émergent possédant déjà de l'expérience. Une exploration construite autour de quatre séquences distinctes mais cohérentes. Inspiré autant par la littérature que par l'architecture ou la musique (beaucoup de titres de ses œuvres sont des références à des chansons), le diplômé des Arts Déco s'amuse à nous prendre par la main et nous invite à fureter entre les dolomites ou à nous pencher sur des pastels sombres très cinématographiques. On retrouve du Hopper ou du Modiano, on plonge dans cette collection d'œuvres travaillant sur les couleurs, la lumière et la matière. « Chaque visiteur est le p

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Kartel en tête

MUSIQUES | Pour la neuvième année déjà, le festival Jazz au Sommet sonne la rentrée du swing avec une grosse dizaine de concerts disséminés sur plusieurs communes du Haut (...)

Niko Rodamel | Mercredi 2 septembre 2015

Kartel en tête

Pour la neuvième année déjà, le festival Jazz au Sommet sonne la rentrée du swing avec une grosse dizaine de concerts disséminés sur plusieurs communes du Haut Pilat, misant encore et toujours sur une programmation tous-terrains et tous public. Jazz manouche avec Marian Badoï Trio, New Orleans avec le Skokiaan Brass Band ou métissage épicé avec le trio Dreisam, la part belle sera faite au chant avec trois formations de choix (Short Songs, Kay Jass et The Buttshakers) reposant sur des voix féminines à découvrir absolument. La soirée du 17 sera stéphanoise (au cinéma le Méliès Saint-François) et fort intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord l’occasion plutôt rare de revoir sur grand écran le film emblématique de Louis Malle, Ascenseur pour l’échafaud, pour lequel Miles Davis signa une de ses plus belles improvisations, bande originale qui fera date dans l’Histoire du jazz. Mais également pour le plaisir de retrouver un quartet ligérien de haut vol, Kartel, dont la liberté et l’énergie sont mises au service d’une inventivité tous azimuts, avec un sens du rythme et des lignes mélodiques qui vous remue les trippes, quelque part entre Aar

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Le MAM, sans dessus-dessous

ARTS | Le mois de juin va être chargé au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole. L’institution propose pas moins de cinq expositions à visiter. L’occasion de voyager sans se déplacer (enfin presque) en Italie, en Allemagne, en Russie, en Autriche et ainsi perdre ses repères… Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 2 juin 2015

Le MAM, sans dessus-dessous

En pénétrant le Musée d’art Moderne et contemporain, on explore, on traverse cinq univers qui se répondent et existent par eux-mêmes. Dans l’espace central, l’une des figures incontournables de l’Arte Povera, Giovanni Anselmo, voit une rétrospective lui être consacrée à travers plus de quarante ans de créations. Depuis la fin des années 1960, l’artiste italien réalise des sculptures à partir de matériaux naturels tels que le bois, le fer ou la pierre en utilisant leurs propriétés physiques pour suggérer des notions de pesanteur ou de gravité. Une mention spéciale est donnée pour l’installation Dove le stelle si avvicinano di una spanna in più mentre la terra si orienta, réactivée spécialement pour l’exposition à Saint-Étienne, qui invite le spectateur à flâner… Une déambulation qui le pousse vers d’autres expériences organiques. Passages est une exposition proposée par la fondation romaine «Volume !». Le projet culturel de celle-ci demande aux artistes d’aborder l’espace comme un organisme vivant avec ses propres particularités, son histoire, son adaptabilité. Il s’agit donc pour les expos

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The Voices

ECRANS | Marjane Satrapi s’exile aux États-Unis pour s’approprier une commande de film d’horreur à petit budget qu’elle transforme en comédie sanglante et cinglante à l’esprit très 80’s. Sympathique même si l’affaire peine à tenir la longueur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

The Voices

Il faut imaginer ce que The Voices aurait pu être si Marjane Satrapi ne s’en était emparé pour lui faire subir une torsion toute personnelle : un de ces films d’horreur pour ados comme il s’en produit à la pelle, où l’esprit de sérieux n’est qu’une façade pour masquer le cynisme mercantile. Le film raconte comment un schizophrène tout juste sorti de l’asile, suivi de près par sa psychiatre et tenu en laisse par une puissante camisole chimique, finit par craquer son vernis de ravi de la crèche et retomber dans ses pulsions homicides. D’entrée, Satrapi repeint son univers aux couleurs irréelles d’un arc-en-ciel de bonheur, quand bien même celui-ci napperait un paysage d’usines et de banlieues branlantes ; l’effet Prozac contamine une mise en scène qui choisit l’option humour noir et transforme le minet Ryan Reynolds en une parodie de lui-même, sourire extatique figé perpétuellement sur son visage de puceau imberbe. Lorsqu’il rentre chez lui après une journée à bosser et à tenter de séduire la belle secrétaire de son entreprise — Gemma Arterton, parfaite incarnation du charme canaille de la girl next door british — plutôt que de nourrir son cha

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Le Dernier coup de marteau

ECRANS | D’Alix Delaporte (Fr, 1h23) avec Clotilde Hesme, Grégory Gadebois, Romain Paul…

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Le Dernier coup de marteau

Avec Angèle et Tony, Alix Delaporte s’aventurait dans la fable sociale, en quête de justesse et de finesse dans la peinture de ses personnages ébréchés par la vie. Pour son deuxième film, elle reconduit la formule, qui plus est avec les deux mêmes comédiens (Clotilde Hesme et un extraordinaire Grégory Gadebois, qui bouffe l’écran à chacune de ses apparitions), en en modifiant à peine l’équation : la grise Normandie est remplacée par un Montpellier solaire et l’enfant, au second plan précédemment, devient ici le pivot de la narration. Tandis que sa mère souffre d’un cancer, son père, chef d’orchestre perfectionniste qu’il n’a jamais connu, vient diriger à l’opéra la sixième symphonie de Mahler. Commence alors un jeu d’approche feutrée, fidèle au goût de la demi-teinte de la réalisatrice, mais qui s’apparente à un programme déjà vu ailleurs, en mieux : chez les frères Dardenne, évidemment, dont Delaporte ne possède ni le sens de la mise en scène physique, ni la hauteur de vue morale. Aussi noble soit-il dans ses intentions, Le Dernier Coup de marteau est rattrapé par son manque d’ambition, ce côté étriqué excusable pour un premier film, nettem

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Gemma Bovery

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h39) avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng…

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin Joubert, un boulanger féru de littérature, s’ennuie dans son petit village normand jusqu’à ce que débarquent de leur Angleterre natale Gemma Bovery et son mari Charles. À la fois troublé par la sensualité de la jeune femme et par sa ressemblance avec Emma Bovary, l’héroïne de Flaubert, Martin s’embarque dans un jeu fait de voyeurisme et de fantasmes, érotiques autant que littéraires, envers elle. Cette trame-là est de loin ce qu’il y a de plus intéressant dans le nouveau film d’Anne Fontaine, mais la cinéaste n’en tire aucun point de vue fort dans sa mise en scène. Plutôt que de coller au regard de Martin et à sa capacité à interpréter sauvagement la réalité en fonction de son désir et de ses références, elle va régulièrement filmer son contrechamp, ce qui tue instantanément toute ambiguïté et tout trouble. L’exemple évident est la relation entre Gemma et Hervé, le fils à maman friqué qui devient son jeune amant fougueux ; la scène où Martin "double" leur dialogue à distance est une belle idée, mais Fontaine la réduit à néant en enregistrant aussi la vraie conversation entre les deux tourtereaux. Cette manière tiède et rassurante de raconter son histoire i

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Fakear en lévitation

MUSIQUES | A seulement 23 ans, Théo Le Vigoureux alias Fakear est devenu la coqueluche de la presse spécialisée et du public avec une musique contemplative, située aux (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 juillet 2014

Fakear en lévitation

A seulement 23 ans, Théo Le Vigoureux alias Fakear est devenu la coqueluche de la presse spécialisée et du public avec une musique contemplative, située aux confins d'un trip hop onirique et inspirée par une musique world toujours en finesse. Avec seulement trois mini-albums dont le sublime Sauvage, cet ami de longue date du dj Superpoze, lui aussi originaire de Caen, convainc autant par ses productions que par ses performances scénique. Après moultes premières parties de Wax Tailor, Fakear a pris son envol afin d'offrir son maximum au public et de façonner une approche différente du studio. «Pour moi, le live est un exercice complémentaire à l'enregistrement studio, explique-t-il. Sur scène, je veux montrer quelque chose au spectateur. Sans dénigrer la pratique d'un dj derrière ses platines qui fait un métier différent, j'ai une autre culture. C'est pourquoi, je montre mes deux boîtes à rythmes sur scène et je vais jusqu'à travailler un personnage.» Accompagné par la chanteuse O'Kobbo, Fakear viendra prendre possession avec ses deux MPC de la cour du château de Goutelas, dans la plaine du Forez, le 4 juillet pour la seconde édit

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Cartel

ECRANS | La rencontre entre Cormac McCarthy et le vétéran Ridley Scott produit une hydre à deux têtes pas loin du ratage total, n’était l’absolue sincérité d’un projet qui tourne le dos, pour le meilleur et pour le pire, à toutes les conventions hollywoodiennes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 novembre 2013

Cartel

Il y a sans doute eu maldonne quelque part. Comment un grand studio hollywoodien a-t-il pu laisser Cormac McCarthy, romancier certes adulé mais absolument novice en matière d’écriture cinématographique, signer de sa seule plume ce Cartel, le faire produire par la Fox et réaliser par un Ridley Scott réduit ces dernières années à cloner sans panache ses plus grands succès (Robin des Bois, sous-Gladiator, Prometheus, sous-Alien…) ? Le film est en tout point fidèle à la lettre et à l’esprit de ses œuvres littéraires : omniprésence de la corruption morale, déliquescence d’un monde livré à la sauvagerie et s’enfonçant dans une régression inéluctable vers le chaos, voilà pour l’esprit ; pour la lettre, c’est là que le bât blesse, tant McCarthy se contrefout éperdument des règles élémentaires de la dramaturgie cinématographique. Pas d’expositions des personnages, de longues conversations plutôt virtuoses dans leur façon d’exprimer les choses sans vraiment les nommer, mais qui versent aussi dans une emphase sentencieuse explicitant autant les intentions de l’auteur que la réalité des protagonistes, une action qui progresse dans les art

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Réchauffons-nous les oreilles en attendant l’été…

MUSIQUES | Encore quelques belles soirées jazz à se mettre sous la dent en attendant les festivals estivaux : Gaël Horellou Quartet au Café Jules, Jochen Rueckert et Mark Turner au FIL et Vincent Perier Quartet à Saint-Victor-sur-Loire. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 23 avril 2013

Réchauffons-nous les oreilles en attendant l’été…

L’été des festivals de jazz approche à grands pas malgré la météo scandinave qui nous endort depuis de longs mois déjà, la programmation viennoise s’annonce une fois encore des plus alléchantes, mais nul n’est besoin d’attendre juillet pour se faire plaisir avec encore quelques beaux concerts à Saint-Étienne et alentours. Le Café Jules proposera le 16 mai un concert du saxophoniste alto Gaël Horellou : des compositions personnelles mais aussi quelques standards revisités avec le soutien d’Etienne Déconfin au piano, Antoine Paganotti à la batterie et Nicolas Moreaux à la contrebasse. Dix jours plus tard, les jazz-au-FIL ne manqueront pas le rendez-vous du dimanche 26 mai : Jochen Rueckert invite Mark Turner (sax ténor) à rejoindre sa formation sur la scène du Club. Né en Allemagne mais résidant à New-York, Rueckert fait partie de ces batteurs incontournables de la scène américaine actuelle. Avec Turner à ses côtés (mais aussi le guitariste Lage Lund et le bassiste Matt Penman), il faut s’attendre à un show de haute volée ! Un Périer sinon rien ! Une fois n’est pas coutume, un

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En double FIL

MUSIQUES | La saison Gaga Jazz cloturera l’année 2012 lors d’un double concert avec notamment Alex Stuart Quartet, dimanche 9 decembre au fil, dans le cadre du Festival National Jazz en Scènes. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mercredi 21 novembre 2012

En double FIL

La Fédération des Scènes de Jazz et de musiques improvisées (FSJ pour les intimes) renouvelle pour la quatorzième année consécutive son festival annuel. Etalé sur quatre jours, ce ne sont pas moins de vingt-huit double-plateaux qui seront proposés sur les scènes adhérentes au réseau, de Lille à Toulouse, de Brest à Genève en passant bien sûr par Saint-Etienne. C’est donc dans ce cadre-là que l’association Gaga Jazz alignera deux formations (pour le prix d’une) le 9 décembre prochain au FIL. La soirée débutera dare-dare avec le Daniel Jeand’heur Quartet B12. Le batteur (membre par ailleurs du groupe jazz-rock-façon-Magma One Shot) s’est entouré de Boris Blanchet (saxophone), Benoît Alziary (vibraphone) et Basile Mouton (contrebasse) pour former ce quartet-laboratoire. Les compositions du leader offrent à ses comparses un jubilatoire terrain de jeu où la libre improvisation peut laisser éclater le talent et le bagage de chacun des musiciens. Décollage garanti ! Mais… Y a-t-il un Stuart dans l’avion ? Deuxième

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Swing et jazz à tous les étages

MUSIQUES | Une fois n'est pas coutume, la scène jazz de la fête de la musique à Saint-Étienne sera installée cette année sur la place Jacquard où se succèderont le jeudi 21 juin trois formations Rhônalpines. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Samedi 19 mai 2012

Swing et jazz à tous les étages

L’habitude avait été prise depuis plusieurs années de retrouver la programmation jazz sur la place Dorian. Il faudra marcher quelques minutes de plus pour gagner la nouvelle place Jacquard où se produiront Rue des 2 amis, Third Roam et Bocca Quartet, sous la houlette de la décidemment très active association GagaJazz. Si le quartet manouche Rue Des Deux Amis a donné en quelques années une bonne centaine de concerts aux six coins de l’hexagone, sa composition a évolué au fil du temps et sa musique s’est enrichie au gré des musiciens qui l’ont nourrie. Bruno Decerle et David Caillet (guitares), Rémy Jacquet (saxophone) et Jéremy Magand (contrebasse) jouent un répertoire issu du jazz swing américain des années 30, de la musique « guinguette » française des années 40, avec en bonus quelques influences tziganes. Entre valses, swings et ballades, le trio livre une musique imprégnée d'émotions, tour à tour intimiste ou festive et qui, sous l’influence indéniable de Django Reinhardt, laisse la part belle à l'improvisation et à l'interaction entre les quatre musiciens. Un trio pas banal

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