Les vêtements ont-ils un sexe ?

Jérémy Tronc | Mardi 4 janvier 2022

Photo : ©Intrépide studio


Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la marque grenobloise Intrépide studio. Tee-shirts roses, hoodies noirs, sweats mauves ou bordeaux, peu importe son sexe, son orientation sexuelle, sa morphologie : les 24 pièces de la collection d'Intrépide studio sont censées être portées indifféremment par tout le monde.

À une époque où le vêtement se fait de plus en plus “sans genre”, la démarche de la marque est-elle purement opportuniste ou bien « authentique et sincère » comme elle le proclame ? Justine Blanchin, sa créatrice, nous répond : « Nous avons imaginé une marque qui soit la plus éthique et la plus proche possible de nos valeurs. Nous voulions qu'elle apporte de la visibilité à ceux qui n'en ont pas, qu'elle donne une vraie représentation de la société et qu'elle soit parfaitement transparente. » Elle nous assure d'ailleurs avoir vérifié les bonnes conditions de travail de l'entreprise marocaine qui fabrique les vêtements, tous en coton bio labellisé GOTS.

La marque, qui reverse une partie de ses bénéfices à des associations militantes, s'affiche aussi comme « un outil communautaire et un outil militant et inclusif » et décline des slogans engagés ou plus inoffensifs : "nique la peau lisse" ; "Métro boulot vibro" ; "Badass" ; "Non, c'est non" ; "Féministe"… Un marketing bien rôdé qui fonctionne : lors de la campagne de financement participatif de la marque, l'objectif des 100% a été atteint en une heure.

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Statut : en couple

Donation | Le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole présente actuellement une nouvelle expo dédiée à la donation récente du couple de galeristes Durand-Dessert, qui entre en dialogue avec la collection du musée.

Cerise Rochet | Mardi 30 novembre 2021

Statut : en couple

Extraordinaire, et tout à la fois totalement cohérente. Reçue récemment, la donation du couple de galeristes parisiens et collectionneurs Liliane et Michel Durand-Dessert au MAMC+ est de celles qui s’expliquent tout à fait logiquement… Même si son envergure revêt un caractère assez exceptionnel : 180 œuvres et une cinquantaine d’éditions, qui reflètent le parcours fou de deux amoureux des Arts au sens large du terme. De la part des Durand-Dessert, dont l’activité parisienne s’est étirée de 1975 à 2004, le soutien au Musée d'Art Moderne et Contemporain n’est pas nouveau : déjà, dans les années 80, le couple offrait au musée Le Crâne, de Gerhard Richter et L’Œil de Dieu, de Luciano Fabro, par engagement au profit d’une reconnaissance de ces artistes et de leurs courants artistiques, alors très largement sous-évalués en France. Passerelles Rien d’étonnant, donc, à ce que cet Œil et ce Cr&ac

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dé ou ré générescence du vivant

Expo | Pour sa toute dernière exposition, le Musée d’art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole a offert une carte blanche à Lionel Sabatté, qui propose une cinquantaine d’œuvres spécialement conçues pour l’occasion.

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

dé ou ré générescence du vivant

Lorsqu’on lui a proposé de créer de toute pièce une exposition pour le MAMC, Lionel Sabatté s’est précipité pour découvrir Saint-Etienne et ses environs, en prendre le pouls, ressentir, jusqu’à faire naître son inspiration. Touché par l’importance de la forêt pour la ville, et dans la lignée de sa série d’œuvres intitulées Printemps, l’artiste, installé entre Paris et Los Angeles, a jeté son dévolu sur un ancien châtaigner du château de la Perrotière n’ayant pas survécu aux derniers épisodes de sécheresse. Au bout des branches mortes, Lionel Sabatté est alors venu déposer de jolies fleurs, reconstituées à partir de petites peaux de plantes de pieds, récupérées chez des podologues de la Loire : « Elles sont faites de rebus, de petits déchets, alors même que les fleurs sont peut-être ce qu’il y a de plus classieux au monde. Transformer quelque chose en son extrême inverse, ça m’intéresse beaucoup », souffle le plasticien tandis que l’arbre ainsi ressuscité est désormais installé dans le hall du musée, en préambule de l’exposition qui s’étire ensuite sur 5 salles. Le cycle du vivant Plus qu’une visite, Eclosion est un

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35 15 Vintage

ARTS | Le MAMC possède une des plus importantes collections de design en France. L’exposition Déjà vu présente une sélection de 300 pièces, explorant leur (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

35 15 Vintage

Le MAMC possède une des plus importantes collections de design en France. L’exposition Déjà vu présente une sélection de 300 pièces, explorant leur processus de création et leur raison d’être en lien avec leurs contextes territoriaux. Nous vivons et grandissons tous avec des objets esthétiques et fonctionnels, sans toujours prendre conscience que le design fait partie de notre quotidien depuis plusieurs générations. Témoins de leur époque, mobilier, appareils ménagers et outils de communication reflètent les évolutions de notre société. Formes, coloris et matières marquent chaque décennie de leur empreinte et s’inscrivent dans notre mémoire collective : la cocotte en fonte Le Creuset, l’iconique tabouret translucide Tam Tam, le kitchissime Minitel aux côtés des premiers Macintosh, la déferlante Tupperware ou encore la saga des appareils électriques de la firme SEB, du moulin à café au grille-pain en passant par la yaourtière ! L’exposition aborde l’évolution de l’habitat par le prisme des expérimentations qu’ont menées designers et architectes qui, dès l’après-guerre, ont souhaité inventer la ville du futur. Les photographies de Jean-Louis Schoellkopf et de It

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Mode, éthique et pièces uniques : la sape change de camp

Fringues | En quelques années seulement, six friperies ont ouvert leurs portes à Saint-Étienne, proposant leurs pièces uniques à celles et ceux qui souhaitent se démarquer. Zoom sur ces sapeurs nouvelle génération.

Cerise Rochet | Mardi 8 décembre 2020

Mode, éthique et pièces uniques : la sape change de camp

Pour Sarah, tout a commencé il y a 15 ans, lors d’une première étude de marché lancée comme ça, pour voir. Dénicheuse de pièces vintages depuis toujours, la jeune femme se tâte alors à monter une boutique... Un projet long, qui va demander du temps, de la patience et de la réflexion. Et puis il y a 6 ans, tout s’accélère. Alors qu’elle est à la recherche d’un local, elle apprend que Banana’s, véritable institution stéphanoise, est sur le point de fermer ses portes. « J’ai aimé l’idée de laisser la lumière allumée dans ce magasin. Je n’ai pas repris l’affaire, je me suis simplement installée au même endroit, parce qu’en réalité, hormis le côté vintage qui fait le lien entre les deux boutiques successives, tout est assez différent », explique la modeuse. Ainsi, à la Belette, on vient trouver des vêtements anciens, de qualité car conçus pour durer, et qu’on ne verra pas chez tout le monde… We love vintage Ce que propose également Chloé, dernière-née de la fripe, qui a ouvert sa Dealeuse de Chiffons en septembre. D’abord lancée sur internet, sa boutique est aussi la concrétisation de sa passion pour la seconde main, la chine, et le besoin irrépressible

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Le design domestiqué

Expo | André Wogenscky, Ludwig Mies Van Der Rohe, Jean Parthenay, Charles et Ray Eames, Maarten Baas, Pierre Guariche... Voilà (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 décembre 2020

Le design domestiqué

André Wogenscky, Ludwig Mies Van Der Rohe, Jean Parthenay, Charles et Ray Eames, Maarten Baas, Pierre Guariche... Voilà quelques-uns des grands noms que l'on trouve dans l'exposition Déjà-vu. Le design dans notre quotidien. Avec sa sélection de 300 œuvres tirées des collections du Musée d'art moderne et contemporain, cette proposition nous embarque dans un parcours qui nous démontre la place que le design a eu sur les objets qui ont peuplé notre quotidien depuis le milieu du XXe siècle. Petit plus, l'expo ne se contente pas d'être un reflet du passé, mais permet, grâce à la mise en place d'ateliers au fil de la visite et d'un laboratoire de création en fin de parcours, de préparer le monde de demain, celui post-crise sanitaire. Tout un programme qui trouvera un écho avec la prochaine Biennale du design (28 avril au 22 août 2021) dont le thème annoncé est Bifurcations. Déjà-vu. Le design dans notre quotidien, du 16 décembre 2020 au 22 août 2021 au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole

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Ça matche !

ARTS | Approcher les œuvres du Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+) de manière ludique, c'est le but du nouveau jeu mobile "Trouve ton œuvre sœur". Un bon moyen de découvrir les collections du musée de manière originale, qu'on soit petit ou grand.

La rédaction | Mercredi 21 octobre 2020

Ça matche !

Développant des outils destinés à amener le plus grand nombre à découvrir ses collections, le MAMC propose un nouveau jeu mobile : "Trouve ton œuvre sœur" ! Ce dernier vient compléter l’appli mobile du musée disponible depuis 2017. Avec "Trouve ton œuvre sœur", on est invité à effectuer une visite de manière interactive en répondant à une quinzaine de questions qui permettent de définir notre profil, comme dans un test de personnalité. À la fin du questionnaire "Trouve ton œuvre sœur" nous fait matcher avec une œuvre présentée au MAMC+. Un indice visuel apparaît sur l'écran. À nous ensuite de nous promener dans les salles du musée pour retrouver notre œuvre sœur ! Créer le selfie le plus réussi Une fois l’œuvre retrouvée, le jeu nous donne la révélation, explique pourquoi ce tableau, cette sculpture ou cet objet nous correspond et nous propose ensuite de nous prendre en selfie avec elle. Un concours Instagram permet ensuite de désigner

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Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Mercato | On a appris cet été que le 1er janvier 2021, le metteur en scène Arnaud Meunier succédera à Jean-Paul Angot à la tête de la MC2, l’une des plus importantes scènes nationales de France. On l’a rencontré début septembre alors qu’il se rendait à ses premiers rendez-vous grenoblois (on passait juste avant la Ville de Grenoble) pour en savoir un peu plus sur son projet et ses envies.

Aurélien Martinez | Vendredi 4 décembre 2020

Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Pourquoi avez-vous décidé d’être candidat au poste de directeur de la MC2 ? Arnaud Meunier : Il y a plusieurs raisons. D’abord, ça fait maintenant dix ans que je suis dans la région comme je dirige la Comédie de Saint-Étienne. Une région que je connaissais mal avant d’y arriver mais que j’ai appris à découvrir et dans laquelle je me sens aujourd’hui très bien, d’où l’envie très forte d’y rester. Ensuite, après dix ans d’aventure heureuse à Saint-Étienne, je voulais un nouveau défi tout aussi excitant. Dans le paysage régional, la MC2 me semblait passionnante, tant du point de vue historique que dans ses enjeux en 2020. C’est l’une des institutions françaises les plus richement dotées, elle a donc un rôle important dans l’économie du spectacle vivant et de la création. Et puis il y a Grenoble en tant que telle, qui me paraît elle aussi passionnante. C’est, par exemple, une ville qui concentre une moyenne de CSP+ plus importante que d’autres, et qui en même temps a des quartiers parmi les plus difficiles de France. Pour quelqu’un comme moi qui œuvre à la mixité des publics, à faire se rencontrer des gens d

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"Poissonsexe" : L’amour en queue de poisson

ECRANS | De Olivier Babinet (Fr.-Bel., 1h29) avec Gustave Kervern, India Hair, Ellen Dorrit Petersen…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Un futur inquiétant, où il ne reste qu’une seule baleine. Scientifique dans un institut de recherches maritimes, Daniel s’échine à essayer de faire s’accoupler des poissons et échoue à trouver l’âme sœur. Son existence change lorsqu’il ramasse sur la plage un poisson mutant doté de pattes… Initialement prévu le 1er avril sur les écrans, jour ô combien adapté à une fable poissonneuse, ce film avait dû pour cause de confinement rester le bec dans l’eau attendant l’avènement de jours meilleurs. S’il est heureux de le voir émerger, on frémit en découvrant le monde pré-apocalyptique qu'il décrit en définitive aussi proche du nôtre : certains ne prophétisent-ils pas la pandémie comme faisant le lit de la 6e extinction massive ? Guère optimiste, mais comme s’en amusait Gustave Kervern, « je ne joue que dans des films tristes ; je refuse les films gais ». Au-delà de la boutade, Poissonsexe marie les menaces du conte philosophique d’anticipation et la poésie du parcours sentimental de Daniel, colosse au cœur de fleur bleue égarée

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Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Portrait | Commissaire principale de la Fête du Livre de Saint-Etienne, Isabelle Rabineau est du genre à n'en faire qu'à sa tête. Jamais à cours d'envies, toujours pleine d'idées, elle bouscule et révolutionne tout ce qu'elle touche... Et le meilleur, c'est que ça marche.

Cerise Rochet | Mardi 1 octobre 2019

Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Elle porte la frange courte et le rouge à lèvres rosé, le perfecto de cuir et la jupe cintrée, les ongles vernis et les talons carrés. Gamine, elle était bonne élève, mais faisait ses devoirs « n'importe comment », durant l'interclasse ou à la récré. Commissaire à la voix douce, passionnée de culture et de foot, rêveuse déterminée, Isabelle Rabineau est une tout-et-son-contraire, une hors-cadre, une faiseuse-de-ponts. Elle a 18 ans, lorsque, bac en poche et raide dingue d'un peintre, elle quitte son Strasbourg natal pour le rejoindre dans la capitale, lecture et écriture chevillées au corps. Là-bas, la brillante littéraire suit des cours à la Sorbonne, tout en multipliant les petits boulots pour remplir le frigo. Elle atterrit à Beaubourg, où elle remet les livres en place, sur les étagères. Un « début de quelque chose » qu'Isabelle évoque aujourd'hui avec des papillons dans les yeux : « Ça m'a beaucoup aidée, de comprendre ce que lisaient les gens. Et puis, j'étais tellement fière, je travaillais à Beaubourg, c'était fou. » De rencontre en rencontre, elle collabore ensuite à l'écriture du magazine de psychanalyse L'Âne, di

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Passerelle

Centre d'art | Cinq ans après sa participation à l'exposition Le générique du début au sein du collectif Les Ateliers, la plasticienne Audrey Galais retrouve l'espace de la (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Passerelle

Cinq ans après sa participation à l'exposition Le générique du début au sein du collectif Les Ateliers, la plasticienne Audrey Galais retrouve l'espace de la Serre, cette fois-ci en solo. Depuis sa formation à l'École Supérieure d'Art de Clermont Métropole et l'obtention d'un Diplôme National Supérieur d' Expression Plastique, Audrey enchaîne les expositions collectives ou personnelles, les publications et les résidences, en France comme à l'étranger, notamment en Thaïlande et en Ecosse. Avec Du modèle, accrochage inédit créé spécifiquement pour sa nouvelle exposition à Saint-Étienne, l'artiste propose d'extraire du monde visible des formes de peu, par l’empreinte et l’emprunt. Il est ici question de reproductibilité à travers différents dispositifs techniques, scénographiques et naturalistes : trois îlots végétaux et trois nouvelles sculptures se répondent dans un jeu d'hypothétiques doubles, créant une passerelle entre le maintenant et l’autrefois. Audrey Galais associe des moulages de bois flotté à des objets manufacturés, évoquant ainsi de potentielles et hasardeuses natures mortes que les éléments tels que le vent ou les marées auraient le pouvoir de fair

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Volumes

Musée | Avec Au seuil de soi, l'artiste français Gyan Panchal met en scène des volumes massifs où les matériaux sont réduits à leur plus simple expression, ainsi que (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Volumes

Avec Au seuil de soi, l'artiste français Gyan Panchal met en scène des volumes massifs où les matériaux sont réduits à leur plus simple expression, ainsi que des objets glanés en milieu rural devenus presque méconnaissables. Une invitation à déambuler parmi une trentaine d'oeuvres dans une succession d'atmosphères très épurées. Gyan Panchal, jusqu'au 22 septembre, Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole

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What a wonderful world

Design | L'exposition "Design & Merveilleux" se poursuit au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole pendant la Biennale. Une belle occasion de se faire raconter l'histoire du design sous un angle inédit.

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

What a wonderful world

En étroite collaboration avec le Centre Pompidou, le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole réunit pour l’exposition Design et merveilleux une centaine d’objets issus des collections publiques françaises, racontant une histoire inédite du design où l’ornement ouvre sur la notion de "merveilleux". En dialogue permanent avec la nature depuis l’Antiquité, l’ornement passera sous le rouleau compresseur de la standardisation inhérente aux logiques de production de masse du début du XXème siècle, avant de refaire surface en Italie dans les années quatre-vingt. Mais à l’aube du troisième millénaire, avec son lot de logiciels de simulation, de machines à commande numérique ou d’imprimantes 3D, l’avènement du numérique redistribue les cartes et insuffle à l’ornement une dimension de forme animée, au croisement des sciences informatiques et de la biologie. Au final, l’exposition donne à voir un remarquable cabinet de curiosités dans une ambiance zen et lumineuse étonnamment poétique, au fil des œuvres d’une cinquantaine d’artistes, designers et architectes contemporains. Design et merveilleux / De la nature de l’ornement, jusqu'a

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Damien Deroubaix décoiffe le MAMC

Musée | Dans le cadre de son trentième anniversaire, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole présente conjointement pas moins de cinq nouvelles expositions, défendant des thématiques qui se répondent intelligemment ou se télescopent délicieusement. Headbangers Ball met à l’honneur le travail de Damien Deroubaix, un artiste stéphanois de coeur à (re)découvrir absolument.

Niko Rodamel | Mercredi 9 janvier 2019

Damien Deroubaix décoiffe le MAMC

Après les expositions consacrées à Valérie Jouve et Jean-Michel Othoniel, le MAMC+ a donc choisi d’offrir une carte blanche à Damien Deroubaix, autre artiste issu du terreau artistique local connaissant un succès international amplement justifié. L’œuvre du plasticien est à la fois singulière par sa patte dadaïquement trash truffée de références ironiquement graves, et plurielle par son étonnante variété formelle. Les multiples sources d’inspiration de l’artiste prennent corps au travers d’une grande diversité de techniques mises en œuvres : peinture à l’huile et aquarelle, gravure et tapisserie, sculpture ou encore installation. Sous le bienveillant commissariat de Martine Dancer-Mourès, conservatrice en chef du patrimoine, Deroubaix a pensé de A à Z cette exposition qui lui offre l’occasion de présenter des oeuvres inédites et de définir sa propre vision de la peinture. La visite commence par une sorte d’antichambre où sont livrées quelques clés de l’univers du peintre, une pièce dans laquelle est présenté un foisonnement de dessins préparatoires, de croquis, de collages et de carnets d'inspirations, témoignant dans un joyeux foutoir (le chaos ?) des nombreuses recherches eff

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Best of

ARTS | Après une année passée en Chine à combler près d’un million de visiteurs, une cinquantaine de chefs-d’oeuvre de la collection du MAMC+ rentre au bercail (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Best of

Après une année passée en Chine à combler près d’un million de visiteurs, une cinquantaine de chefs-d’oeuvre de la collection du MAMC+ rentre au bercail pile-poil pour clôturer la programmation fleuve de son trentième anniversaire. Des toiles de Monet, Courbet, Matisse, Picasso, Soulages ou Dubuffet qui témoignent des circonvolutions de l’histoire de la peinture française depuis deux siècles, sur « les chemins de la modernité ». De Monet à Soulages, du 1er décembre 2018 au 17 février 2019, Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole

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Tsunami

Art contemporain | Depuis ses premiers accrochages dans les années 80, on ne compte plus les expositions personnelles ou collectives de Jean-Michel Othoniel. Régulièrement (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 juin 2018

Tsunami

Depuis ses premiers accrochages dans les années 80, on ne compte plus les expositions personnelles ou collectives de Jean-Michel Othoniel. Régulièrement invité à créer des œuvres in situ dans des sites historiques, le plasticien honore de nombreuses commandes publiques ou privées et jouit d’une belle reconnaissance dans les plus prestigieux musées de la planète. Othoniel, c’est l’enfant du pays, formé en partie à Saint-Étienne, installé à Paris et infatigable globe-trotter. Pour autant, l’homme ne renie pas les origines de sa vocation : sa sensibilité esthétique et son histoire restent intimement liées au territoire qui l’a vu naître en 1964, reconnaissant aux musées stéphanois un rôle essentiel dans son chemin vers l’art. Spécialement conçue dans le cadre du trentième anniversaire du MAMC+, Face à l’obscurité est la troisième exposition personnelle de Jean-Michel Othoniel au sein du musée. Toujours pétries de poésie et de mystère, ses installations se font plus intimes, ouvertement autobiographiques, plus sombres aussi. Faisant dialoguer œuvres anciennes et créations plus récentes, Othoniel laisse entrevoir une certaine inquiétude fac

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« Vivre sa passion en vrai »

Festival / Interview | Né en 2014 à Marseille (où le public est de plus en plus nombreux chaque année), le HeroFestival débarque début juin à Saint-Étienne. Un salon dans lequel on croisera aussi bien des fans de Superman que de Game of Thrones et de Goldorak, et où l'on pourra échanger avec des passionnés, rencontrer des artistes ou encore jouer à tout un tas de jeux, vidéo ou non. Pour en savoir plus sur cet événement intrigant, on a posé quelques questions à la commissaire générale Annabelle Fouques.

Nicolas Bros | Mercredi 2 mai 2018

« Vivre sa passion en vrai »

Qu'est-ce que le HeroFestival ? Le HeroFestival est né à Marseille en 2014 et correspond, comme son nom l'indique, au festival des héros ! L'idée de cet événement est née d'une rencontre avec des cosplayers (passionnés qui jouent le rôle de personnages de fictions, souvent animées, en mettant leur costume et en se grimant, ndlr) à la Foire d'Avignon en 2013. Nous nous sommes rendus compte qu'ils étaient réellement des artistes, qui avaient besoin d'une vitrine pour partager leurs créations entre eux et avec le public. L'idée du "héros" est venue car il traverse le temps, les continents et rassemble tous les univers. Depuis, nous avons mis en place trois éditions à Marseille et nous avons été contactés par plusieurs Parcs des expos en France pour accueillir un HeroFestival. Nous avons reçu un très bon accueil à Grenoble et à Saint-Étienne, d'où la concrétisation de deux nouvelles éditions. Le principe du HeroFestival est de créer un lieu qui réunit les passionnés, les professionnels, les créateurs et les néophytes autour du thème des "héros" issus de la littérature, des BD, des comics, des mangas, du cinéma, du jeu vidéo... En résumé, c'est vivre sa passio

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Grand angle

Photographie | Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole n’en finit pas de fêter son trentième anniversaire. L’exposition consacrée à l'artiste indien Anish Kapoor laisse la place à deux nouvelles expositions qui mettent à l’honneur la photographie, avec notamment les images de Valérie Jouve.

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Grand angle

Appelouse de naissance, Valérie Jouve expose son travail pour la toute première fois au MAMC. Egalement vidéaste et réalisatrice, la photographe construit depuis le début des années quatre-vingt-dix une œuvre singulière, interrogeant la présence humaine dans la ville avec un angle documentaire pétri d’empathie. La démarche est avant tout intuitive, l’artiste préférant partager ce qu’elle-même ressent plutôt que de chercher à faire comprendre. « C'est par l'émotion que l'image photographique engage les spectateurs dans ce monde » affirme-t-elle. Pour l’exposition Formes de vie, Valérie Jouve présente conjointement un film et une sélection de photographies figurant des êtres et des lieux. L’accrochage rassemble et rapproche des images inédites réalisées à Saint-Étienne par le passé et d’autres, plus récentes. La photographe laisse ainsi poindre une silencieuse et intime conversation avec sa région. Quand on arrive en ville La seconde exposition, Vues urbaines, présente des œuvres peu montrées d’une dizaine de photographes dont Günther Förg, Jochen Gerz, Laurent Gueneau, Nigel Henderson, Ito Josué, Rajak Ohanian ou Wolf Vostell. Bala

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Plus de 30 000 visiteurs pour Anish Kapoor

Art moderne et contemporain | L'exposition du Britannique Anish Kapoor au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, dans le cadre des 30 ans de l'établissement (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 mars 2018

Plus de 30 000 visiteurs pour Anish Kapoor

L'exposition du Britannique Anish Kapoor au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, dans le cadre des 30 ans de l'établissement stéphanois, a fait le plein. Plus de 30 000 visiteurs se sont pressés au MAMC+ depuis novembre 2017 pour découvrir les œuvres de My Red Homeland. Pour celles et ceux que cette présentation intéresserait, il leur faudra se presser avant le dimanche 8 avril et la fermeture de cette expo-événement pour le démontage et la préparation de nouvelles expositions, notamment de la photographe Valérie Jouve (dès le 19 mai) et de l'artiste sculpteur d’origine stéphanoise, internationalement reconnu, Jean-Michel Othoniel (dès le 26 mai). Parallèlement, l'exposition des collections Considérer le monde restera accessible au public à tarif réduit pendant cette période d'installation.

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Des caisses aux cimaises

Art moderne et contemporain | Le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole fête en grande pompe son trentième anniversaire, proposant simultanément une singulière exposition du Britannique Anish Kapoor et une abondante sélection d’œuvres puisée dans les propres collections de l’institution. Deux très bonnes raisons de redécouvrir le MAMC !

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Des caisses aux cimaises

Les prémices de l’aventure remontent à l’année 1833 avec la création du Palais des Arts qui deviendra plus tard le Musée d’Art et d’Industrie. Dès 1947, le Conservateur Maurice Allemand met en place une politique tournée vers l’art moderne, posant les bases de la collection de l’actuel MAMC+. En 1944, Pablo Picasso lui-même offrira au Musée Nature morte, pot, verre et orange. Les premières acquisitions notoires seront celles des Nymphéas de Claude Monet en 1924, de Selfportrait d’Andy Warhol en 1973 ou encore Trois femmes sur fond rouge de Fernand Léger en 1983. La création d’un nouveau bâtiment devient très vite une évidente nécessité. Après la visite du Président de la République François Mitterrand un mois plus tôt, le Musée d’Art Moderne sera officiellement inauguré le 10 décembre 1987 en présence du Ministre de la Culture François Léotard, Bernard Ceysson devenant alors directeur de l’un des premiers musées d’art contemporains créés hors de la capitale. Une dimension internationale Dans les années quantre-vingt-dix, d’importantes donations contribueront à hisser la collection du Musée à un niveau international. En tr

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"Battle of the Sexes" : No zob in lob

ECRANS | de Jonathan Dayton & Valerie Faris (G.-B.-E.-U., 2h02) avec Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Auteur·e·s d’un redoutable hold up aux bons sentiments et au box office il y a une décennie avec sa grossière contrefaçon de *pitit* film indépendant (Little Miss Sunshine), la paire mixte Jonathan Dayton & Valerie Faris reprend les raquettes. Pour un biopic se doublant d’un sujet de société pile dans l’air du temps : l’inégalité de traitement salarial entre les hommes et les femmes, spectacularisée lors du match de tennis mixte opposant l’ancien champion Bobby Riggs — rien à voir avec L’Arme fatale — à la n°1 mondiale Billy Jean King. Joueur compulsif et macho invétéré, le premier fanfaronnait qu’aucune athlète féminine n’était apte à défaire un porteur de testicules. Jusqu’à ce qu’il se retrouve la queue entre les jambes (6-4, 6-3, 6-3). Les boules pour lui ! Ruisselant d’une musique “contexte temporel” omniprésente, ce catalogue de grimaces attendues s’intéresse moins au sport, à la politique ou au cinéma qu’à la potentielle quantité de citations au Golden Globe et à l’Oscar qu’il peut ravir en surfant sur du consensuel lisse et joliment photographié. Ah sinon, ça fait plaisir de revoir Eli

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"Wallace & Gromit - Cœurs à modeler" : Deux bonnes pâtes

ECRANS | de Nick Park (G.-B., 0h59) animation…

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que frustrantes : depuis Le Mystère du Lapin-Garou (2005), les deux comparses semblaient avoir été délaissés au profit d’un personnage plus mignon ou plus lucratif puisqu’il est devenu le héros d’une série autonome, Shaun le mouton. Composé de deux courts métrages, Cœurs à modeler accentue ce double sentiment puisqu’il réunit A Close Shave (1995) — une fantaisie fantastique entre Delicatessen et Terminator, marquant d’ailleurs la “naissance” du jeune ovidé Shaun — et A Matter of Loaf and Death (2008), un inédit où Wallace, reconverti dans la boulange, tombe sous le charme d’une femme fatale aux allure d’ogresse jetant son dévolu sur tous les mitrons. Heureusement que l’enfariné benêt pourra compter sur la clairvoyance muette de Gromit pour le tirer de ce fichu pétrin… Bourrée d’astuces visuelles virtuoses et rythmée par un sens du gag irrésis

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Matches nuls, balles au centre

Panorama ciné novembre | Nul besoin de beaujolais nouveau pour voir double : la masse absurde de films déferlant ce mois sur les écrans contient déjà son pesant de décalques, miroirs et autres psittacismes…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Matches nuls, balles au centre

Grosse bataille de romans d’apprentissage en perspective sur les écrans : d’un côté, un délinquant manqué repris en mains par un convoyeur à la retraite dans un bon petit polar argentin, La Educación del Rey de Santiago Esteves (22 novembre) ; de l’autre, trois apprentis comédiens francophones réussissent à force d’échouer. D’abord Maryline (15 novembre) de — mais sans — Guillaume Gallienne, où Adeline D’Hermy incarne sans beaucoup de charisme une aspirante actrice rongée par le trac tombant dans l’alcool. Bof. Ensuite, Marvin ou la belle éducation (22 novembre), lointaine adaptation de l’autobiographie d’Eddy Bellegueule, dans laquelle Anne Fontaine dépeint le quart-monde picard avec une telle ironie qu’on a du mal à percevoir l’intention. Rebof. Enfin, Nawell Madani dans C'est tout pour moi (29 novembre), un autobiopic tiré de ses nombreuses galères assumant son ego et sa réflexivité, où la comédienne se joue elle-même sans pour autant (trop) se la jouer.

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Aurélie Voltz est la nouvelle directrice du MAMC

Tête de culture | À 44 ans, Aurélie Voltz vient d'être nommée directrice générale du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Elle prendra ses fonctions dès le (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 septembre 2017

Aurélie Voltz est la nouvelle directrice du MAMC

À 44 ans, Aurélie Voltz vient d'être nommée directrice générale du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Elle prendra ses fonctions dès le 1er octobre et succédera à Martine Dancer, directrice par intérim de l'institution depuis le mois de janvier 2017. LA nouvelle directrice générale a notamment été directrice des Musées de Montbéliard (Doubs/région Bourgogne-Franche-Comté), commissaire indépendante à Berlin, assistante d'exposition à l'ARC-Musée d'art moderne de la Ville de Paris, "chief curator" au Palais de Tokyo à Paris jusqu'en 2004 et responsable de la programmation de ce même établissement jusqu'en 2006. En arrivant à Saint-Étienne, elle s'appuiera sur Martine Dancer et Agnès Lepicard (nouvelle conservatrice du patrimoine en charge du département des collections et arrivée en juillet 2017 à ce poste) afin de mettre en place l'ensemble des expositions et événements qui vont jalonner l'année du trentième anniversaire de l'institution muséale dès le mois de novembre.

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Anish Kapoor pour les 30 ans du MAMC

Art | En 2018, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole fête ses 30 ans. À cette occasion, c'est une année riche en expos et événements que les équipes de l'institution muséale ont concoctée, avec notamment la venue du célèbre Anish Kapoor mais également l'occasion de forger une exposition très dense, en s'appuyant sur l'ampleur colossale des collections de ce "musée référence".

Nicolas Bros | Jeudi 7 septembre 2017

Anish Kapoor pour les 30 ans du MAMC

Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne va avoir 30 ans. Édifiée sur les plans de l'architecte Didier Guichard et sous l'impulsion de François Dubanchet (maire de Saint-Étienne entre 1983 et 1994), l'institution muséale fut inaugurée le 10 décembre 1987. Sur ses quelques 3 000 m² de surface d'exposition, le musée aura vu défiler les oeuvres des plus grands noms de l'art et se sera enrichi au fil des années d'une collection de plus de 20 000 pièces. Afin de fêter dignement ces trois décennies, c'est une programmation inédite qui est prévue dès le 10 novembre 2017 et s'étirant jusqu'à la fin de l'année 2018. Pour débuter, c'est une "star" de l'art contemporain qui viendra proposer son travail aux yeux des Stéphanois. Du 10 novembre au printemps 2018, l'artiste plasticien britannique Anish Kapoor aura carte blanche dans la grande salle centrale du bâtiment et proposera la découverte de son installation My Red Homeland ainsi que des oeuvres inédites, encore jamais montrées. Cette première exposition a été rendue possible notamment grâce aux bonnes relations qu'entretiennent Lorand Hegyi, directeur du MAMC jusqu'en 2016, et l'artiste anglais.

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Le Prix du succès : La rançon de la gloire (et la monnaie de sa pièce)

Drame | de Teddy Lussi-Modeste (Fr., 1h32) avec Tahar Rahim, Maïwenn, Roschdy Zem…

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Le Prix du succès : La rançon de la gloire (et la monnaie de sa pièce)

Sur scène, Brahim fait rire. Et son succès profite à toute sa famille, en particulier à son irascible aîné Mourad qui le cornaque depuis toujours. Violent, jaloux de Linda (la fiancée et metteuse en scène de Brahim) Mourad devient un obstacle dont son frère décide se séparer. Sans le lui dire… Teddy Lussi-Modeste quitte le monde gitan servant de décor à Jimmy Rivière, sa première réalisation, mais n’abandonne pas pour autant les histoires d’emprises claniques, où la parole (autant le verbe que la promesse) joue un rôle central. Il reste également proche des Écritures : ces histoires de bisbille entre frères, de prodigalité, de respect des anciens, de trahison des proches, de tentation… tout cela à des relents ma foi bien bibliques. Mais si la progression dramatique de son intrigue impliquait un inéluctable virage vers le genre polar, celui-ci intervient hélas trop tard, dans un croupion de film — alors qu’il y avait matière à en faire un ressort palpitant : la cristallisation amère des rancœurs ravalées ; la sanglante matérialisation du prix du succès.

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Le Musée d'Art Moderne et Contemporain s’exporte en Chine

International | Pour fêter les 30 ans du MAMC (Musée d'Art Moderne et Contemporain) de Saint-Étienne et l’ouverture récente au public du Musée d’art de l’Université de Tsinghua à Pékin, les deux institutions s’associent dans le cadre de l’exposition "De Monet à Soulages : chemins de la modernité (1800-1980)".

La rédaction | Jeudi 18 mai 2017

Le Musée d'Art Moderne et Contemporain s’exporte en Chine

51 œuvres de la collection d’art ancien, moderne et contemporain du MAMC de Saint-Étienne ont embarqué début mai en direction du Musée d’art de l’Université de Tsinghua à Pékin en Chine, pour y séjourner du 6 mai au 31 août. Ces œuvres de Picasso, Monet et Dubuffet, longtemps dissimulées dans les énormes réserves du MAMC, prennent place dans une exposition hors-les-murs inédite : De Monet à Soulages : chemins de la modernité (1800-1980). Montée dans le cadre du 12e festival Croisements voué à mettre en avant les collaborations artistiques franco-chinoises, cet événement retrace l’histoire de la peinture française à travers les mouvements qui l’ont marquée depuis le XVIIIe siècle. Tous les courants principaux ou presque y sont représentés : impressionnisme, cubisme, surréalisme... Ces musées offrent ainsi une chance aux Chinois de s'ouvrir à la culture française, qui n'est pas forcément bien véhiculée dans leur pays. Cette exposition devrait par la suite s’installer dans différentes villes de Chine, pour enfin, être présentée à Saint-Étienne au cours de l’année 2018.

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Les grosses têtes au musée

ARTS | Parmi les expositions en place au Musée d'Art Moderne et Contemporain, il en est une qui étonne, impressionne et questionne à la fois. L’artiste catalan (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 mai 2017

Les grosses têtes au musée

Parmi les expositions en place au Musée d'Art Moderne et Contemporain, il en est une qui étonne, impressionne et questionne à la fois. L’artiste catalan Jaume Plensa est venu installer deux séries inédites d’œuvres monumentales dans l’espace central du musée. Réalisées entre 2015 et 2016, les déformations sculpturales Lou, Laura Asia, Wilsis, Mar et Julia représentent cinq visages féminins aux yeux fermés, cinq têtes en fonte de fer de 4 à 5 mètres de hauteur et pesant chacune près de 3 tonnes, dont l’apparence change selon le point d’observation. Jaume Plensa tiraille le regard du visiteur entre 2D et 3D, altérant malicieusement son point de vue au gré des déambulations parmi les cinq belles endormies parées d’un noir lisse et profond. Pour autant, une des particularités du travail de l’artiste espagnol est aussi de chercher à faire entrer la lumière dans la sculpture, laquelle reste le plus souvent pleine, compacte et donc impénétrable. Comme en témoignent les deux autres pièces, Laura et Lou, créées en 2017, deux volumineuses têtes d’acier inoxydable qui se font face. Jaume Plensa, jusqu’au 17 se

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Danse avec les pixels

Danse | Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 mai 2017

Danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge donc pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : récemment avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe), avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil) ou encore avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne pour ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun des deux arts a priori éloignés ne dévore l'autre, chacun sortant renforcé par ce contact. Sur scène, les (excellents) danseurs jouent ainsi avec les formes abstraites qui envahissent le sol ou les murs, plongent en elles, les envoient valser. Fascinant. Pour la beauté du geste Adrien Mondot : un nom connu notamment à Grenoble, cet ancien informaticien devenu artiste à temps plein ayant

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Le design à l'écran

Design | À l'occasion de la Biennale du design, le Musée d'art moderne et contemporain jette un regard croisé sur les liens entre design et cinéma (et d'autres arts)... Une exposition restreinte à peu de salles mais digne d'intérêt.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 5 avril 2017

Le design à l'écran

Moins importante en "quantité" que nous l'espérions, l'exposition Popcorn est néanmoins une exposition réussie sur le plan qualitatif... Elle entrecroise art, cinéma et design en trois temps, respectivement dédiés aux thématiques du travail, de la conquête spatiale et du western. Rappelons que le design et le cinéma sont nés à peu près en même temps (en 1851 pour le design avec une exposition au Crystal Palace à Londres défendue par Sir Henry Cole ; en 1895 pour le cinéma avec la première projection des frères Lumière) et qu'ils partagent, à leurs débuts, la même réputation de sous-disciplines artistiques. Le cinéma est rattaché aux attractions et spectacles forains et le design au monde un peu sombre et encrassé de la technique et de l'industrie ! Bref, c'est en sortant peu à peu des « bas-fonds » que le cinéma comme le design gagneront leurs lettres de noblesse, qui ne sont plus remises en question aujourd'hui... Le travail à l'oeil Bizarrement, c'est la partie la moins "fun" de l'exposition (comparée au glamour du western et aux rêveries quasi enfantines de la conquête spatiale et des voyages sur la Lune) qui a le plus retenu notre attention : c

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Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Humour | Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette (...)

Nicolas Bros | Vendredi 24 février 2017

Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette année avec son seul-en-scène S'il se passe quelque chose. Déjà complets le 14 avril à La Ricamarie et le 18 octobre à la salle Jeanne d'Arc, une nouvelle date vient d'être programmée le lundi 18 septembre dans cette même salle. Vincent Dedienne dans S'il se passe quelque chose, vendredi 14 avril au Centre culturel de La Ricamarie (complet), mercredi 18 octobre à 20h30 (complet) et lundi 14 septembre à 20h, à la salle Jeanne d'Arc à Saint-Étienne

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Des mythes en mouvement

Danse | Puisant dans la mythologie grecque, François Veyrunes trouve dans les figures d'Achille, Antigone et Sisyphe matière, et chair, à explorer. Au-delà de l'histoire, le chorégraphe sonde la puissance du vivant par le mouvement au gré d'un triptyque, dont les deux premiers volets se dévoilent samedi 21 janvier au Théâtre du parc.

Charline Corubolo | Mercredi 4 janvier 2017

Des mythes en mouvement

Dans la mythologie grecque, Achille incarne la puissance du héros de guerre, Antigone le caractère intrépide en désobéissant au roi de Thèbes et Sisyphe la figure fondatrice du mythe de Corinthe. Trois incarnations emblématiques aux trajectoires divergentes. Mais ce qui intéresse le chorégraphe de la Cie 47•49 François Veyrunes, au-delà du récit, ce sont les archétypes véhiculés par ces histoires antiques. Chair Antigone, deuxième volet du triptyque amorcé en 2014 avec Tendre Achille et qui se termine en 2017 avec Sisyphe heureux, se compose tel un corps-à-corps physique pour trois danseuses tandis que celui consacré à Achille met en mouvement trois danseurs à travers un exercice où la lenteur dilue le geste. Une opposition narrative qui permet au chorégraphe d'ausculter l'engagement individuel, et collectif. Le point de convergence se déployant dans la dernière partie avec Sisyphe, où les six interprètes sont réunis. En chair et en combat Un troisième volet à découvrir courant 2017, tandis que les deux premiers se dansent samedi 21 janvier au Théâtre du parc. Antigone, fille d'Œdipe et de la reine Jocaste, désobéit à un ordre de

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Les mythes, l’œil et les sensations

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain présente trois artistes encore peu connus du grand public. Soit trois univers plastiques différents nous entraînant aux confins des mythes, des dispositifs de vision et de familles hybrides imaginaires.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 novembre 2016

Les mythes, l’œil et les sensations

J'étais saoulé d'images » lance abruptement Jérémy Demester lors de la présentation de son exposition à la presse. « J'ai donc consulté et acheté des livres anciens, des traités ésotériques, dont les images ne sont pas répertoriées ni reproduites sur Internet. » Le jeune artiste, né à Digne en 1988, s'intéresse, depuis plusieurs années, aux traces visuelles les plus anciennes et les plus rares, aux rites Vaudou du Bénin où il s'est rendu à plusieurs reprises, aux sculptures antiques et aux ruines, « à ce qui libère de l'intérieur des statues le sacré qu'elles contiennent ». Une vingtaine de petites gravures à l'eau forte constituent le cœur de son exposition (pour laquelle il a reçu le Prix des partenaires 2016 du MAMC). Certaines d'entre elles ont été agrandies et partiellement repeintes... Chaque image est composée d'une trame irrégulière de points bleus, à la manière des techniques de tatouage. Les figures hybrides de Jérémy Demester, issues de diverses mythologies ou religions, semblent ainsi constituées d'une matière pulvérulente et fragile. A quoi tient une représentation se demande-t-on devant ces œuvres ? A peu de choses, mais à des

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Sainté décalée

Guide touristique insolite | Voilà des guides touristiques bien différents de ceux auxquels vous êtes habitués. Laissez de côté les classiques Lonely Planet ou autres Guide du Routard et (...)

Nicolas Bros | Mercredi 2 novembre 2016

Sainté décalée

Voilà des guides touristiques bien différents de ceux auxquels vous êtes habitués. Laissez de côté les classiques Lonely Planet ou autres Guide du Routard et tournez vous vers ceux édités par Deux Degrés. Cette agence d'urbanisme bordelaise a lancé en 2014 un premier guide urbain au ton décalé et libre. Depuis Grenoble a vu le sien naître en 2015 et c'est au tour de Saint-Étienne de voir la sortie de Sainté Safari. « Au début, nous avions peu de travail avec notre agence d'urbanisme, du coup nous avons décidé de faire un guide différent pour découvrir Bordeaux, avec la participation des habitants, explique Mathieu Zimmer, co-dirigeant de l'agence Deux Degrés. Nous avons choisi de créer un Sainté Safari car nous sommes intéressés en tant qu'urbanistes aux villes en renouveau. » Avec un style propre assez détonant et des graphismes attrayants, ce guide-jeu essaie de montrer Saint-Étienne de manière humoristique et décalée afin d'attirer surtout l'oeil des non-Stéphanois. Sainté Safari Éditions Deux Degrés, 96 pages

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Griot urbain

MUSIQUES | Après plus de deux cents concerts dans toute la France (et quelques belles récompenses) avec le spectacle Conte & Soul, l’inépuisable Patrice (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 mai 2016

Griot urbain

Après plus de deux cents concerts dans toute la France (et quelques belles récompenses) avec le spectacle Conte & Soul, l’inépuisable Patrice « Pat » Kalla s'est engagé dans une toute nouvelle aventure musicale. Le spectacle La Légende d'Eboa King est une réécriture très actuelle de contes traditionnels africains, habillée d’un mix de soul, de hip-hop et de sonorités africaines. Le personnage d’Eboa King fait référence au griot-chanteur camerounais Eboa Lotin, figure emblématique de la parole douala. Le groove reste foncièrement urbain, Pat s’est entouré d’une belle équipe de musiciens, la rythmique guitare-basse-batterie déploie une énergie jubilatoire que viennent renforcer les cuivres avec leur coloration so funky, le tout habillé par le timbre inimitable du Fender Rhodes. Le spoken word du chanteur traduit toute l’influence qu’exerce sur son disciple francophone le poète et musicien américain Gil Scott-Heron, précurseur du rap. Rien de très étonnant : bien que né à Lyon, Patrice Kalla a été nourri au makossa et à l’afrobeat dès son plus jeune âge. Les chiens ne font pas des chats. Niko Rodamel Pat Kalla, le 21 mai à 18h, Musée d’Art Mo

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation, à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes — ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du film laisse croire avec l’apostrophe au

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L'ombilic du dessin au Musée d'art moderne et contemporain

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne propose simultanément cinq nouvelles expositions, toutes passionnantes. La plus troublante d'entre elles, "Intrigantes incertitudes", est consacrée à l’inquiétante étrangeté du dessin contemporain.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 16 mars 2016

L'ombilic du dessin au Musée d'art moderne et contemporain

Chez les grands artistes classiques, le dessin servait surtout d'esquisse, d'étape intermédiaire de travail... À posteriori, nous sommes déjà touchés par la fragilité des traits et des figures, par le désir naissant et hésitant de l’œuvre à venir. Cette fragilité propre au dessin, les artistes contemporains s'en saisissent souvent pour représenter une incertitude non plus de forme, mais de fond. L'incertitude du médium rejoint l'incertitude même des choses, leur inquiétante étrangeté, notre difficulté à les appréhender de manière claire et distincte. « Même si le dessin est mimétique, comme on dit, écrivait Jacques Derrida, reproductif, figuratif, représentatif, même si le modèle est présentement en face de l'artiste, il faut que le trait procède dans la nuit. Il échappe au champ de la vue. » Lorand Hegyi, directeur du MAMC, a rassemblé une quarantaine d'artistes internationaux pour son exposition consacrée au dessin : « Intrigantes Incertitudes, écrit le commissaire, explore la question du doute et de l’incertain. Le visiteur est invité à parcourir les "royaumes intérieurs" des artistes, peuplés de questions, de fantômes et de rêves, e

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Les artistes et l'objet

ARTS | Le Musée d'art moderne et contemporain, bientôt trentenaire, ouvre simultanément plusieurs expositions. Parmi elles : un projet inédit de Jacques Villeglé, et "Archéologie du présent", nouvelle présentation de ses collections qui fait la part belle à l'objet. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 mars 2016

Les artistes et l'objet

L'importante exposition Archéologie du présent rassemble cent cinquante œuvres pour la plupart issues des collections du Musée d'art moderne et contemporain. Des collections exceptionnelles, rappelons-le, comptant environ dix neuf mille œuvres et des ensembles importants concernant la photographie, l'abstraction américaine, la peinture allemande, ou encore des artistes comme Soulages ou Dubuffet... Sébastien Delot, commissaire de l'exposition, a pensé sa sélection en fonction de trois objectifs : un parcours historique des collections (de Picasso et ses œuvres cubistes à Claude Lévêque qui propose au Musée une installation inédite), une contextualisation des artistes exposés en parallèle (Jacques Villeglé et bientôt Anne & Patrick Poirier), un rappel de quelques-unes des grandes thématiques de l'art récent. L'une des thématiques fortes d'Archéologie du présent a trait notamment à ce curieux et essentiel "personnage" de l'art moderne et contemporain : l'objet. Le retour de l'objet En 1912, dans sa Nature morte à la chaise cannée, Picasso utilise un morceau de toile cirée dans son tableau. Et le Cubisme en génér

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Laissez les murs propres

CONNAITRE | Ils ont fait ensemble un spectacle sur le graffiti et le tag, Vernissage, qui connaît un grand succès depuis ces dernières années. Ils remettent le couvert (...)

Florence Barnola | Mercredi 9 décembre 2015

Laissez les murs propres

Ils ont fait ensemble un spectacle sur le graffiti et le tag, Vernissage, qui connaît un grand succès depuis ces dernières années. Ils remettent le couvert sur le thème, en réalisant un livre de photographies. La compagnie La Quincaillerie Moderne, Pitr et Totipoten sortent un recueil de tags et graffitis répertoriés sur le blog qu’ils ont créé il y a quatre ans. « Ce blog participatif recense des tags et graffitis photographiés dans la rue par nous ou d’autres. Ce sont des tags amateurs, faits par des gens qui n’ont pas de velléités artistiques mais simplement une envie d’écrire un message sur un mur », raconte Benjamin Villemagne directeur artistique de la Quincaillerie Moderne. « On donne peu d’importance en règle générale à ce genre d’expression qui est brute. C’est l’expression de la rue. Cela nous semblait intéressant de recenser ça. C’est éphémère on capte un truc d’une époque, d’un moment. » L’ouvrage ne peut pas être exhaustif, un choix a dû s’opérer en conservant les messages ou dessins les plus absurdes, drôles, durs ou originaux : « On publie quasiment tous les jours. Il y a plus de mille cinq cent photos sur le web. La condition pour ê

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Croire en son imagination

ARTS | Depuis six ans, le Musée d'art moderne et contemporain propose, via le prix annuel décerné par son club de partenaires, à un jeune artiste des arts (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 décembre 2015

Croire en son imagination

Depuis six ans, le Musée d'art moderne et contemporain propose, via le prix annuel décerné par son club de partenaires, à un jeune artiste des arts graphiques, vivant en France, d'exposer quelques œuvres, puis en acquiert une, à l'issue de ce temps d'accrochage. Après Agathe Pitié en 2014, c'est Pierre Seinturier qui s'y colle. Avec un parcours énigmatique au cœur du musée ou l'on plonge successivement entre les peintures, un diorama, des dessins ou encore des gravures, l'exposition proposée par Seinturier est un jeu de piste très complet, tel un cabinet de curiosités édifié par un talent émergent possédant déjà de l'expérience. Une exploration construite autour de quatre séquences distinctes mais cohérentes. Inspiré autant par la littérature que par l'architecture ou la musique (beaucoup de titres de ses œuvres sont des références à des chansons), le diplômé des Arts Déco s'amuse à nous prendre par la main et nous invite à fureter entre les dolomites ou à nous pencher sur des pastels sombres très cinématographiques. On retrouve du Hopper ou du Modiano, on plonge dans cette collection d'œuvres travaillant sur les couleurs, la lumière et la matière. « Chaque visiteur est le p

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Laissons faire Alizart

CONNAITRE | Les liens entretenus entre vie post-moderne et foi. Sujet décalé et prisme de vision philosophique passionant. Voilà ce que nous propose de discuter le (...)

Nicolas Bros | Jeudi 19 novembre 2015

Laissons faire Alizart

Les liens entretenus entre vie post-moderne et foi. Sujet décalé et prisme de vision philosophique passionant. Voilà ce que nous propose de discuter le philosophe Mark Alizart. Auteur et penseur à contre-courant d'une idée un peu générale selon laquelle notre société virerait au nihilisme dernier stade. Philosophe mais également acteur à part entière de la vie culturelle française (a été chargé de développement culturel du Centre Pompidou, directeur adjoint du Palais de Tokyo ou encore conseiller chargé des arts plastiques, de la mode, du design, des métiers d'art et des patrimoines immatériels sous l'ère Frédéric Mitterrand), cet auteur singulier traite par exemple dans son dernier ouvrage Pop théologie, de la présence du protestantisme dans notre société actuelle, tournée vers la consommation et l'individualisme. Il affiche une posture suggérant que la religion n'est pas en déshérance mais encore bien présente dans tous les objets et créations qui nous entourent, au coeur-même de la culture et d'une société à la modernité réformée. Apportant un regard différent, ce natif d'Angleterre offre une matière à discussion entre culture pop, "réveil de la foi

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La face cachée de la bible

CONNAITRE | Patrick Banon, écrivain spécialisé en systèmes de pensées religieux aborde dans son nouvel ouvrage le sexe dans la Bible. Dans Et Dieu créa le sexe, il tisse le (...)

Florence Barnola | Mardi 3 novembre 2015

La face cachée de la bible

Patrick Banon, écrivain spécialisé en systèmes de pensées religieux aborde dans son nouvel ouvrage le sexe dans la Bible. Dans Et Dieu créa le sexe, il tisse le lien historique, social ainsi que religieux entre les grands textes sacrés et les réalités de notre monde contemporain. L’auteur nous révèle des sens (pas si) cachés de la Bible qui font encore débats dans notre société. À travers les récits bibliques se lisent de nombreux thèmes liés à la sexualité comme l’orgasme, la masturbation, la sodomie, le sadomasochisme mais aussi l’abstinence et le célibat… On apprend que « selon les textes bibliques du judaïsme, l’union charnelle entre un homme et une femme reflète, sur terre, l’union entre Yahvé et son peuple. » L’acte sexuel revêt une dimension hautement spirituelle avec comme magnifique exemple d’érotisme de la foi, le très sensuel Cantique des Cantiques. Tout commence au jardin d’Eden : « séparer à la naissance du monde, le féminin et le masculin cherchent à se retrouver pour ne faire qu’un. » Le perfide serpent, grand séducteur devant l’Eternel, va faire commettre à Eve son premier adultère. La coquine va entraîner Adam dans son vice, e

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Promenade en forêt

ARTS | Parmi les trois nouvelles expositions du Musée d'art moderne et contemporain, notre coup de cœur va au photographe coréen Bae Bien-U. Ses paysages sont tout simplement somptueux, tant sur le plan sensible que sur le plan formel. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 septembre 2015

Promenade en forêt

Quelles sont ces ombres longilignes qui glissent parmi la brume, ploient légèrement sous des halos de lumière, fantômes fragiles et puissants à la fois ? Ce pourrait être, au fond, des traits de peinture à la Franz Kline, des griffures d'espace pictural à la Hans Hartung ou des rythmes syncopés de plans à la Barnett Newman. Mais en l’occurrence il s'agit de troncs de pins photographiés par Bae Bien-U (né en 1950 en Corée), artiste pratiquant la photographie depuis les années 1970 et qui se concentre essentiellement sur le motif des forêts de pins depuis 1985. Notre questionnement un peu forcé, hésitant entre image vivante et peinture abstraite, correspond pourtant bel et bien à la tension présente dans les photographies (souvent de très grand format horizontal) de Bae Bien-U : une tension entre nature et abstraction, entre expérience phénoménologique et émotion esthétique plus distanciée, entre incarnation et fiction imaginaire. Pour parvenir à ces fins, le photographe distord son propre médium et déconstruit la perspective qui lui est, techniquement, inhérente : l'horizon est supprimé, le cadrage effectué à hauteur d'homme et resserré annule toute possibilité d

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Nicolas Brun : « Avoir une sensibilité artistique est essentiel dans ce métier»

ARTS | Derrière les expositions du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne (MAMC), toute une équipe s’affaire afin d'installer et entretenir chaque œuvre présentée au public. Rencontre avec Nicolas Brun, régisseur technique du musée. Propos recueillis par Marlène Thomas

Marlène Thomas | Vendredi 24 juillet 2015

 Nicolas Brun : « Avoir une sensibilité artistique est essentiel dans ce métier»

Quel parcours professionnel avez-vous suivi ? Nicolas Brun : Je suis venu pour la première fois au Musée d’art moderne et contemporain pour mon stage de fin d’études, puisque j’ai passé un master professionnel dans les métiers du patrimoine à Saint-Étienne et un master de recherche en science de l’art à Metz. Depuis 2008-2009, je travaille sur les montages d’expositions. Ma titularisation est intervenue en 2011. Au sein de mon mon service, nous sommes trois techniciens et deux supérieurs hiérarchiques. Il y a aussi un pôle "courant fort, courant faible" comprenant un électricien et un éclairagiste qui s’occupent aussi du bon déroulement des conférences. J’ai toujours été passionné par l’art, j’ai écrit sur l’art et je suis aussi artiste plasticien parallèlement à mes activités professionnelles. Initialement, je voulais continuer la recherche mais sans être enseignant, donc je me suis tourné vers les métiers de la conservation. J’ai fait mon stage ici avec le conservateur de l’époque, mais je me suis vite rendu compte que j’avais besoin de plus d’action. Quatre mois après le début de mon stage, une grande exposition réunissant de nombreux artistes internat

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Le MAM, sans dessus-dessous

ARTS | Le mois de juin va être chargé au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole. L’institution propose pas moins de cinq expositions à visiter. L’occasion de voyager sans se déplacer (enfin presque) en Italie, en Allemagne, en Russie, en Autriche et ainsi perdre ses repères… Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 2 juin 2015

Le MAM, sans dessus-dessous

En pénétrant le Musée d’art Moderne et contemporain, on explore, on traverse cinq univers qui se répondent et existent par eux-mêmes. Dans l’espace central, l’une des figures incontournables de l’Arte Povera, Giovanni Anselmo, voit une rétrospective lui être consacrée à travers plus de quarante ans de créations. Depuis la fin des années 1960, l’artiste italien réalise des sculptures à partir de matériaux naturels tels que le bois, le fer ou la pierre en utilisant leurs propriétés physiques pour suggérer des notions de pesanteur ou de gravité. Une mention spéciale est donnée pour l’installation Dove le stelle si avvicinano di una spanna in più mentre la terra si orienta, réactivée spécialement pour l’exposition à Saint-Étienne, qui invite le spectateur à flâner… Une déambulation qui le pousse vers d’autres expériences organiques. Passages est une exposition proposée par la fondation romaine «Volume !». Le projet culturel de celle-ci demande aux artistes d’aborder l’espace comme un organisme vivant avec ses propres particularités, son histoire, son adaptabilité. Il s’agit donc pour les expos

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L'homme, ce rêveur définitif

ARTS | Après le Futurisme, le Dadaïsme, le Constructivisme, l'historienne d'art Ulrike Kasper poursuit son exploration du 20e Siècle artistique sur la piste du rêve et de l'inconscient, à travers Sigmund Freud, André Breton et le Surréalisme. Une conférence qui s'annonce passionnante et dont nous déployons ici quelques enjeux. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 mai 2015

L'homme, ce rêveur définitif

«L'homme, ce rêveur définitif», comme le qualifie André Breton au début du premier Manifeste du Surréalisme en 1924, doit, afin de se libérer, se défaire se la logique, du plat réalisme de la vie quotidienne, des lois asphyxiantes de la rationalité... Pour cela, André Breton voit en Freud et la psychanalyse un appui et une ouverture formidables : «L'imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d'étranges forces capables d'augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter...». La libido et ses puissances méconnues, l'inconscient et son fourmillement de pulsions et de désirs insoupçonnés, le rêve, cette «voie royale» pour parvenir à l'inconscient selon Freud, semblent à Breton et à ses comparses autant de possibilités pour renverser et étendre notre point de vue sur la psyché humaine, autant de possibilités de créativité et d'images nouvelles. Les surréalistes multiplient dès lors les récits de rêves, lancent des questionnaires sur l'amour ou la sexualité, usent de l'automatisme comme Freud de l'association libre des pensées, se passio

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Le V.I.A. fait confiance au MAMC

ARTS | Le VIA (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement) est un organisme qui, depuis 1979, regroupe des industriels de l'ameublement. Le but de ce (...)

Nicolas Bros | Vendredi 3 avril 2015

Le V.I.A. fait confiance au MAMC

Le VIA (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement) est un organisme qui, depuis 1979, regroupe des industriels de l'ameublement. Le but de ce regroupement est de financer les projets de jeunes designers. Depuis sa création, c'est une collection de plus de 470 oeuvres qui a été constituée par le VIA. On retrouve parmi les projets financés la coiffeuse La Lune d'Andrée Putman, l'ensemble Tolozan d'Éric Jourdan ou encore la lampe murale, la méridienne et la table d'appoint Corpus de Benjamin Graindorge (création soutenue cette année). Après avoir fait une donation de 49 oeuvres en 2009 au Centre Georges Pompidou de Paris, le V.I.A. a décidé de prolonger cette politique en confiant la totalité de sa collection au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne. Pour Henri Griffon, président du V.I.A., le choix de Saint-Étienne pour cette donation de près de 500 oeuvres était naturel : "c'est la ville du design en France, explique-t-il. Elle s'engage depuis plusieurs années auprès des designers. Pour nous, industriels, c'était la ville qui convenait." Une partie de cette nouvelle collection de mobiliers design pour le MAMC devrait f

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Wang Luyan, artiste des paradoxes

ARTS | Un peu d'autosatisfaction régionale pour commencer : alors que l'hiver dernier Paris découvrait l’œuvre du peintre chinois Zeng Fanzhi, les Stéphanois la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 juin 2014

Wang Luyan, artiste des paradoxes

Un peu d'autosatisfaction régionale pour commencer : alors que l'hiver dernier Paris découvrait l’œuvre du peintre chinois Zeng Fanzhi, les Stéphanois la connaissaient déjà depuis 2007, année de son exposition au Musée d'art moderne. Et c'est aujourd'hui un autre artiste contemporain chinois, Wang Luyan (né en 1956), qu'expose pour la première fois dans une institution muséale le MAM. Très tôt, en 1979, Wang Luyan intègre le groupe des « Étoiles », le mouvement artistique le plus subversif de son pays, contestant à la fois l'académisme artistique et le système social chinois. Il s’en éloigne dans les années 90 considérant que « le contenu de leurs œuvres est dominé par l’idéologie, par l’esthétique politique et sociologique qui se conforment au point de vue des occidentaux. L’art chinois à la fin des années 90 n’a pas été animé par une force venant de son propre pays, mais par une dynamique occidentale. » Les créations de Luyan, elles, s'ancrent dans des problématiques sociales actuelles et jouent fondamentalement de paradoxes mêlant le vrai et le faux, le normal et l'anormal, l'envers et l'endroit, la vitesse et la lenteur... Et utilisent comme motifs ou élémen

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Les corps suspendus de Djamel Tatah

ARTS | Parmi les quatre nouvelles expositions du Musée d'art moderne, Djamel Tatah présentera une vingtaine de toiles inédites. Une œuvre humble, silencieuse, obstinée, sous tension, qui propose au spectateur nombre de sensations et de questions essentielles. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 juin 2014

Les corps suspendus de Djamel Tatah

Dans les années 1980-90, un anathème a été lancé par beaucoup d'institutions et d'écoles d'art en France : non à la peinture ! Jusqu'au milieu des années 1990, le tableau fut synonyme de ringardise, de passéisme, de fausse route créative. Les peintres n'entendaient rien au cours de l'histoire de l'art et faisaient taches (d'huile ou d'acrylique) sur le progressisme de l'installation, de la vidéo, de l'art conceptuel ou autre. Mais, de ses cendres, la peinture se donna peu à peu la possibilité de renaître. Et parmi d'autres phénix, Djamel Tatah défia les ostracismes officiels et partit chercher ses pères tutélaires parmi la peinture allemande (G. Richter, G. Baselitz), l'arte povera (M. Pistoletto, G. Anselmo) ou encore l'abstraction américaine des années 1950 (B. Newman, M. Rothko). Son œuvre, pour autant, n'a rien d'un retour au passé ou d'une nostalgie de la représentation classique, mais se nourrit du plus « contemporain » : le monochrome, la mise en espace des œuvres, la tension entre figuration et abstraction, le rôle actif du spectateur... Sur de tout petits ou (plus souvent) de très grands formats à l'échelle 1, des figures spectrales, livides,

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Pas son genre

ECRANS | Lucas Belvaux raconte l’histoire d’amour utopique et contrariée entre un prof de philo parisien et une coiffeuse d’Arras, avançant sur le fil des clichés pour renouveler adroitement son thème de prédilection, la lutte des classes, ici envisagée sous l’angle de la culture. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Pas son genre

Pas son genre débute comme une version sérieuse de Bienvenue chez les Ch’tis, avec un prof de philo parisien dans le rôle de Kad Merad. Muté à Arras, qui prend la place de Bergues en guise de punition sociale, il ne tombe pas amoureux de la chaleur humaine des gens du Nord, mais d’une coiffeuse, mère célibataire, lectrice d’Anna Gavalda et adepte du karaoké. D’où choc culturel. Grâce à la mise en scène de Lucas Belvaux, ce choc est aussi cinématographique : si Clément semble l’héritier naturel d’une tradition «nouvelle vague» d’intellectuels beau parleur, un brin arrogants et peu avares en citations littéraires, Jennifer paraît s’être échappé d’un film de Jacques Demy, aimant la vie, les couleurs, les chansons et la légèreté. Belvaux démarre donc leur romance sur le fil des clichés, même s’il a l’intelligence de les renverser régulièrement : Jennifer décale sans cesse le moment de la relation physique, tandis que Clément se pique au jeu de cet amour courtois anachronique envers celle qu’il a d’abord pris pour une proie facile. Quant à Arras, cette ville où l’on répète à plusieurs reprises qu’il n’y a rien à y faire, elle se transforme en carte p

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«Quand on parle d’un film d’auteur, les gens fuient…»

ECRANS | Rencontre avec Lucas Belvaux autour de son dernier film, "Pas son genre".

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

«Quand on parle d’un film d’auteur, les gens fuient…»

Pourquoi, lorsque vous abordez des histoires de couple, en parlez-vous toujours sous l’angle de l’inquiétude, de la crise ou de la distance ? Lucas Belvaux : Parce que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il y a un ressort dramatique forcément. Et puis je pense que l’amour est toujours extrêmement fragile et qu’il repose sur une forme d’inquiétude. Il faut peu de choses pour provoquer un désamour. La différence, c’est qu’ici vous montrez un couple en train de se former, alors qu’auparavant, c’était des couples installés, tellement installés qu’ils étaient au bord de la crise… C’était le roman, mais c’était aussi une manière d’avoir de la légèreté. L’inquiétude ici vient du fait que c’est un amour asymétrique. Comme il y a des conflits avec une armée lourde d’un côté et une guerilla de l’autre, ici c’est une femme sujette au coup de foudre et un homme qui a du mal à s’engager, qui est à combustion lente… Avant même que l’histoire ne commence réellement, il y a déjà une espèce d’inquiétude, parce que ce ne sont plus des jeunes gens ;

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