Joel Forrester, musicien libre et exigeant

Marc Chassaubene | Mercredi 21 décembre 2011

Photo : Niko Rodamel


On ne peut pas dire que le musicien new-yorkais jouisse d'une grande notoriété dans notre pays, en dehors bien sûr des cercles de fins connaisseurs de la note bleue. Joel Forrester est pourtant une pointure incontestée de jazz américain à travers le monde, considéré comme l'un des meilleurs improvisateurs-accompagnateurs de films muets. Son curriculum vitae est d'ailleurs des plus bluffants : unique élève du grand Thelonious Monk dans les années 60, Forrester a composé les musiques des premiers films d'Andy Warhol, l'inventeur du Pop Art. Excusez du peu ! Puis il a passé la seconde moitié du vingtième siècle à jouer dans le monde entier, de concerts en enregistrements, avec toujours le même goût pour l'improvisation. On lui demande régulièrement d'animer des masterclasses sur l'histoire du rôle de la main gauche dans le jazz, c'est dire s'il sait de quoi il parle quand il ne joue pas ! A Paris, les musées du Louvre et d'Orsay ont aussi fait appel à ses talents d'accompagnateur. Après deux passages absolument mémorables en 2010 et 2011 dans deux bars du quartier St Roch, Joel Forrester nous fait l'immense plaisir de revenir à Saint-Étienne, retrouvant ses camarades de jeu avec qui il forme désormais le "French Quintet" : Ludo Murat et Vincent Perrier aux saxophones, Philippe Euvrard à la contrebasse et Yvan Oukrid à la batterie. La formation se produira lors d'une mini-tournée, du 17 au 28 janvier, à Salon de Provence, Auxerre, Chambéry, Marseille, Viviers et bien sûr Saint-Étienne. Depuis qu'il a débarqué pour la première fois dans notre cité pour y accompagner une pièce du Chok Théâtre aux côtés d'Alain Besset, le pianiste ne manque plus une occasion de partager son talent et son flegme avec le public stéphanois. Sur scène, moustaches blanches et cheveux gris, costume impeccable, quelques verres au pied du piano, Forrester égraine ses compositions personnelles sans jamais oublier de rendre hommage au maître, Mister Monk. L'ambiance "club" et la moiteur "piano-bar" lui vont à merveille. Entre deux interprétations il s'adresse généralement à l'auditoire tel un clown-pince-sans-rire, plaisante en anglais avec le nom du morceau à venir et comprend qui peut ! Mais il faut surtout le voir et l'entendre mener d'une main de fer les musiciens qui l'accompagnent, les embarquer là où il vient de décider d'aller, sans prévenir, se jouant de la structure pourtant écrite sur les partitions ! A l'image du jazz, Joel Forrester est un musicien exigeant, libre et imprévisible. Ses concerts sont à ce titre des moments uniques.

Jeudi 26 janvier à la Maison de l'Université

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