La «Sylficulture»: l'art que cache le Forez!

MUSIQUES | Le SyLF, orchestre de chambre professionnel, enregistre son premier CD "Sérénade romantique" dans la petite église de Pommiers en Forez. Ce disque préfigure une saison impressionnante de concerts et de projets dans la région, en France et à l’étranger. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 22 mai 2012

Photo : Jérôme Bertrand


Sur la porte du petit prieuré de Pommiers, une feuille de papier plie au vent, sur laquelle on peut lire: enregistrement silence ! Quelques marcheurs s'approchent et tendent l'oreille, bâton de pèlerin en main. Sous la voûte de pierre, les archets poussent et tirent, sous l'oreille bienveillante de l'homme au casque, l'ingénieur du son, un ami. Ces hommes et ces femmes qui font résonner les harmonies d'Edward Elgar ou Edvard (autre orthographe) Grieg, sont les musiciens du SyLF (Symphonie Loire-Forez), seul orchestre de chambre professionnel de notre département. Au menu de ce CD, la Suite pour cordes du temps de Holberg, op. 40 de Grieg, la Sérénade pour cordes en mi mineur, op. 20 d'Elgar et la transcription pour cordes d'une oeuvre vocale de Josef Gabriel Rheinberger: Abendlied. Un cocktail résolument romantique d'oeuvres maîtresses du répertoire pour cordes. «Il manquait un véritable orchestre de chambre dans la région», confie Jérôme Bertrand, contrebassiste et membre fondateur du SyLF. «Depuis deux ans, nous avons la volonté d'apporter un travail professionnel, avec la recherche artistique la plus poussée. Désormais, tous nos musiciens sont des «chambristes» à la base. Ils ne viennent pas spécialement de l'opéra ou de l'orchestre symphonique, mais ont déjà une expérience de quatuor ou de quintette», précise-t-il.

L'association qui a «plus d'une corde à son archet»

«C'est une démarche plutôt anglo-saxonne de la musique; les musiciens peuvent jouer du Schubert avec le plus grand raffinement comme ils peuvent jouer un tango ou tout autre style de musique». Pas de cloisonnement, ni de snobisme musical dans cette chaleureuse phalange, où l'humain est au centre de tout. Il ne s'agit pas d'une équipe de «cachetonneurs»... Et Jérôme Bertrand de rappeler: «Si le SyLF est une aventure musicale, c'est avant tout une belle aventure humaine. Le partage et le bonheur de se retrouver pour jouer ensemble sont le ciment du groupe.» Ils sont australiens, britanniques, allemands ou plus familièrement lyonnais ou stéphanois. Le même amour pour notre région les unit et nombre d'entre eux jouent aussi avec l'Orchestre de l'Opéra de Lyon, l'Orchestre National de Lyon, l'Ensemble Orchestral Contemporain, l'Orchestre des Pays de Savoie, l'Orchestre de St Etienne-Loire entre autres... Autre particularité de cet ensemble à cordes, sa structure associative lui conférant souplesse, réactivité et un goût prononcé pour les aventures musicales. Le SyLF n'est donc pas seulement, un orchestre au service des manécanteries de la région, mais aussi un laboratoire pour des expériences musicales d'envergure. Une raison supplémentaire qui lui permet de garantir le soutien du Conseil Général de la Loire.

Un agenda qui «tire sur la corde»

Un rapide coup d'oeil sur le site web du SyLF et vous comprendrez très vite que le succès est au rendez-vous. Outre le CD qui sera disponible à la FNAC et à la sortie des concerts dans le courant de l'été, les projets du groupe sont aussi nombreux que variés. Ils accompagneront la Maîtrise de la Loire dans le Stabat mater de Pergolese, Symphonia dans les extraits du Messie de Haendel, la reprise de la messe de Pascal Descamps «Rivages» avec Dominique Magloire, participeront au festival des Monts de la Madeleine, au festival «Cuivres en Dombes», accompagneront des concertos pour piano avec en soliste Pascal Amoyel... Ils seront à Fréjus, au Puy-en-Velay, en Allemagne. C'est dans ce pays que sera répétée la création Mozart à Paris qui aura lieu à la collégiale de Montbrison pour l'Estival de la Bâtie, le 26 juillet. Ce spectacle-concert est l'émanation des travaux de recherche de Florence Badol-Bertrand. Grande spécialiste de la musique de cette époque, elle a exhumé les partitions des compositeurs que Mozart a rencontrés lors de son second séjour parisien, séjour marqué par le décès de sa mère, et d'une manière plus musicologique, par la découverte de nouvelles techniques de jeu pour instruments à vent. Ce spectacle permettra d'entendre, outre des oeuvres de Mozart, des oeuvres de Garnier, Pleyel ou Gossec, projet audacieux et passionnant qui a su séduire nos amis musiciens d'outre-Rhin. Quand le talent stéphanois s'exporte...

Le SyLF au festival des Monts de la Madeleine à partir du début juillet. CD disponible fin juin.

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