Le chant de Bataille

Marc Chassaubene | Lundi 4 février 2013

Après la sortie de son disque consacré à Pierre Boulez, Daniel Kawka enregistre avec l'Ensemble Orchestral Contemporain son dernier opus discographique consacré à Edison Denisov : «Au plus haut des cieux». L‘année discographique aura été particulièrement prolifique pour l'éclectique chef de l'E.O.C. «Au plus haut des cieux» est une œuvre vocale initialement composée pour le dixième anniversaire de l'Ensemble Intercontemporain en 1987. Les textes de Georges Bataille mis en musique par Denisov, tirés de son livre Expérience intérieure sont interprétés, dans cette version pour harmonia mundi, par la soprano Brigitte Peyré.

C'est Chostakovitch lui-même qui encouragea Denisov dans la voie de la composition alors que ce dernier  se prédestinait à des activités scientifiques, couronnées par une thèse sur «l'analyse des fonctions». À la musique vocale s'ajoutent deux œuvres purement orchestrales : Symphonie de chambre n°1 et n°2.

Si la musique de Denisov représente la quintessence du paradigme compositionnel de la «musique contemporaine» d'un XXème siècle tourmenté par les conflits politiques, sociaux ou culturels, elle fut vécue par son auteur sur le mode de la spiritualité. «Toute ma musique est spirituelle» affirmait Denisov. La musique expérimentale du siècle dernier parviendra-t-elle à se frayer un chemin dans les cœurs et les esprits des humains du nouveau millénaire?

Alain Koenig  

E.Denisov : «Au plus haut des cieux» - E.O.C. direction : Daniel Kawka - harmonia mundi.

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Alchimie

Symphonie poétique | Depuis la création de sa compagnie Nomade in France, Abdel Sefsaf ne cesse de donner naissance à des spectacles alliant brillamment musiques métissées, (...)

Niko Rodamel | Mercredi 31 octobre 2018

Alchimie

Depuis la création de sa compagnie Nomade in France, Abdel Sefsaf ne cesse de donner naissance à des spectacles alliant brillamment musiques métissées, formes théâtrales et profonde réflexion sur un monde où les peuples s’échinent à trouver leur place par-delà les frontières ou les murs qui se dressent entre eux. En attendant sa prochaine création à l'automne 2019, la compagnie fait tourner des pièces qui ont déjà connu un vrai succès auprès de publics nombreux, comme Si loin si proche ou Médina Mérika. Pour Symbiose, Abdel s’est associé à l’Orchestre Symphonique Ose ! que dirige Daniel Kawka depuis 2013. Ce spectacle poético-symphonique pour voix et orchestres mêle la parole de grands poètes de la Méditerranée aux musiques plurielles de compositeurs des deux rives, avec pas moins de cinquante musiciens sur scène et la participation du oudiste Grégory Dargent. Symbiose nous embarque dans un périple entre Orient et Occident, véritable plongée dans cette mer intérieure où sont nées nos identités culturelles. La poésie crée ici le lien entre les différentes pièces qui constituent ensemble un univers global. Symbiose, v

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Bowie revient

Jazz | Le Rhino Jazz(s) poursuit son exploration musicale de la planète Bowie avec deux nouvelles créations mondiales placées sous la direction artistique de (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

Bowie revient

Le Rhino Jazz(s) poursuit son exploration musicale de la planète Bowie avec deux nouvelles créations mondiales placées sous la direction artistique de Daniel Yvinec. Après un volet acoustique où l’on retrouvera notamment la chanteuse Sandra Nkaké (le 4 octobre au Fil), le volet symphonique rassemblera quant à lui un casting de luxe avec le pianiste Eric Legnini et le trompettiste Erik Truffaz, les chanteuses Ala.Ni et Krystle Warren, mais aussi l’ensemble OSE ! dirigé par Daniel Kawka. Énorme ! Bowie Symphonic, samedi 6 octobre à 20h, Opéra de Saint-Étienne, dans le cadre du Rhino Jazz(s)

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Une création mondiale à l'Opéra

Lyrique | En ce début du mois de mai, l'Opéra de Saint-Étienne accueille une création mondiale contemporaine : Fando & Lis, opéra en 3 actes du compositeur Benoît Menut sur un livret de Kristian Frédric, à partir de l'oeuvre de l'Espagnol Fernando Arrabal, initiateur du mouvement "Panique". Un pari pour l'institution stéphanoise.

Nicolas Bros | Mercredi 2 mai 2018

Une création mondiale à l'Opéra

Proposer une création est toujours un risque pour une maison d'opéra. À Saint-Étienne, Éric Blanc de la Naulte, directeur du théâtre situé sur la colline de Villeboeuf, tente le coup, en cette fin de saison, avec Fando & Lis, un ouvrage issu de la pièce de théâtre de l'Espagnol Fernando Arrabal. Initiateur du mouvement artistique Panique, aux côtés d'Alejandro Jodorowsky et Roland Tapor, Arrabal garnit du refus de toute règle préétablie ses oeuvres, à l'image du dadaïsme, du surréalisme ou du postisme. Fando & Lis s'inscrit totalement dans cette ligne artistique, mettant en scène un couple - Fando & Lis - parti à la recherche d'un monde fantasmé, la cité de Tar. De cette pièce, un opéra en trois actes a été composé par le Brestois Benoît Menut, récipiendaire du Grand Prix Sacem 2016 de la musique symphonique (jeune compositeur), sur un livret de Kristian Frédric. La direction musicale sera assurée à Saint-Étienne par le chef ligérien Daniel Kawka (connu par le biais de l'EOC Ensemble Orchestral Contemporain). Une fable cruelle et "buñueliste" En tant que pièce de théâtre, Fando & Lis n'était donc pas desti

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Fais-moi un cygne

Lyrique | Sous l'énigmatique blancheur du cygne, Lohengrin aime, sur terre, la belle et courageuse Elsa. Il doit taire son nom, comme le fit Calaf avec la (...)

Alain Koenig | Mercredi 7 juin 2017

Fais-moi un cygne

Sous l'énigmatique blancheur du cygne, Lohengrin aime, sur terre, la belle et courageuse Elsa. Il doit taire son nom, comme le fit Calaf avec la cruelle, mais "convertible" Turandot. Le faix d'Elsa, lesté par l'intrigante et perverse Ortrud, ne fond que dans la symbiose entre le masculin et le féminin, bien sûr "complémentaires". Daniel Kawka, qui nous téléportera musicalement à Bayreuth, précise aussi : « Toute la phraséologie d'Elsa est une carrure par quatre avec une cohérence dans la ligne, dans le registre, vers les climax. Celle d'Ortrud est en carrures irrégulières, qui font qu'à la fois il y a une confiance, mais aussi une hystérie. Ce qui, chez Elsa, conduit toujours vers les climax de l'amour, Ortrud ne les atteint jamais ». "Théâtre total", ouvrage hypnotique et personnel, Lohengrin fascine autant musicalement que symboliquement. Louis Désiré en fait une lecture scénographique dépoussiérée mais fidèle. Cécile Perrin, vocalement transfigurée, incarne avec sa ténébreuse contrepartie, Catherine Hunold, un idéal duo clair-obscur, tandis que le rôle de Lohengrin exige un Heldentenor en titane. Le choeur partira en quête de son propre Graal dans u

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Daniel Kawka, le contemporain qui "Ose"

Portrait | Éclectique et passionné, le célèbre chef d'orchestre aux modestes origines, moissonne aujourd'hui ses blés. Graal du sage ou désarmant truisme, ses rêves aujourd'hui reviennent à lui, tout naturellement ! Un labeur acharné et de belles cartes postales plein son viatique : Oural ou Toscane, Tibre ou Néva sont pour lui, autant de sensations à revisiter... en musique !

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Daniel Kawka, le contemporain qui

Toujours ponctuel, un physique imposant emplit l'entrebâillement de la porte. Les retrouvailles avec Daniel Kawka sont toujours précédées du petit pincement au cœur qui sied aux grands rendez-vous. Après les civilités d'usage, la tonalité passe très vite en ré majeur, avec une infinie simplicité. Ayant quitté deux postes de Premier Chef Invité, et pas des moindres, voici l'enfant du pays de retour dans l'Hexagone, où ses projets se concrétisent les uns après les autres. De son long séjour en Italie, à la tête de l'Orchestre de la Toscane, il a le sentiment d'avoir effectué ce qu'il nomme très justement ses « humanités », ce qui en langage " chef d'orchestre " signifie : jouer le grand répertoire du XIXe siècle : les Schumann, Mendelssohn, Beethoven... Un passage obligé pour ne pas être catalogué jusqu'à la fin de ses jours " Monsieur musique d'aujourd'hui " ! Daniel Kawka est un homme libre, et revendique ses choix musicaux sur une échelle de Richter, graduée de Wagner à Jimmy Hendrix. « À l'origine, j'ai fait ce métier parce que j'avais entendu Parsifal de Wagner à Orange. Je suis un amoureux fondamental de la musique ! » Dans une corporation, où l'on

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L'E.O.C. fait un Mahler !

MUSIQUES | Mahler pourrait être à l'Ensemble Orchestral Contemporain ce que Clément Janequin est au Philharmonique de Berlin. Pourtant, l'anachronisme académique de (...)

Alain Koenig | Mardi 3 mai 2016

L'E.O.C. fait un Mahler !

Mahler pourrait être à l'Ensemble Orchestral Contemporain ce que Clément Janequin est au Philharmonique de Berlin. Pourtant, l'anachronisme académique de surface ne résiste pas à l'analyse, tant les musiciens de la talentueuse phalange sont aguerris à tous les répertoires de la frise chronologique. Troquant leurs coutumières créations pour un grand cru du plus célèbre directeur de l'Opéra de Vienne, l'E.O.C. se lance, avec cette 4e Symphonie, dans les grandes boutiques. Daniel Kawka, de retour de Nantes, revisitera ses classiques, puisque c'est la transcription d'Erwin Stein qu'il nous livrera pour ce concert exceptionnel. Achevée par Mahler pendant l'été 1900, l'étonnante mais très respectueuse orchestration de Stein voit le jour en 1921. Soucieuse de respecter les lignes mélodiques, cette dernière réduit l'effectif au quatuor à cordes, contrebasse, flûte, hautbois, clarinette, piano, harmonium et percussions. Gageons que l'ouvrage, fils spirituel des Knaben Wunderhorn du tourmenté maître autrichien, dégagera à l'Hôtel du Département, le grand lyrisme de ses premières symphonies ! Alain Koenig Mahler, Symphonie n°4 (transcription d'E.Stein),

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Notre-Dame du Questionnement

MUSIQUES | Daniel Kawka nous invite le 22 mai à 20h30 à fêter les vingt printemps de l’Ensemble Orchestral Contemporain. L’occasion pour cette phalange et son chef résolument proactif, de donner quatre créations mondiales dans un lieu de questionnements architecturaux, acoustiques, philosophiques et spirituels : l’église Saint-Pierre de Firminy. ALAIN KOENIG

Alain Koenig | Vendredi 20 avril 2012

Notre-Dame du Questionnement

Il en est des églises comme des êtres humains, certaines enchantent le monde, d’autres le dominent. L’église Saint Pierre de Firminy, quant à elle “déroute“, au sens littéral. Elle contraint à prendre la tangente, à nous détourner de la voie tracée, à reconsidérer le cercle, le carré, la verticalité, la résonance, le cosmos. De son «toit télescope», on rejoint les étoiles. Bien qu’autoproclamé athée, Le Corbusier semble vouloir nous inviter à goûter une spiritualité où l’infiniment grand rejoint l’infiniment petit, où la lumière rejoint les ténèbres, où la vibration sonore s’élève vers la constellation d’Orion. Merveilleux héritage architectural, symbolique et assurément spirituel d’un homme qui aura toute sa vie questionné la société, la place de l’homme sur la terre, de la pierre, du béton, de la cité, du bonheur…de l’ordre ?  On pourrait imaginer que le “Grand Saint-Étienne“, doté d’un édifice aussi emblématique, en ferait la “pierre angulaire“ de sa politique culturelle… Daniel Kawka, dans notre numéro de mars, s’autorisait à rêver à haute voix de projets fédérateurs et structurants, dans cet espace Le Corbusier, hautement chargé de symbolisme, doté d’une propensio

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Rencontre avec Daniel Kawka

MUSIQUES | Le très charismatique directeur musical de l’Ensemble Orchestral Contemporain publie en ce début d’année son nouvel opus discographique : Dérive 1 et Dérive 2 de Pierre Boulez sous le label Naïve. Principal chef invité de l’Orchestra della Toscana et tout récemment de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, Daniel Kawka parcourt le monde, dirigeant, en tant que chef invité, les plus grands orchestres internationaux. Tout vient à point à cet enfant du pays, qui a su porter à maturation ses projets musicaux. Avec la sagesse du bon jardinier, il laisse aujourd’hui les fruits de son labeur venir à lui, sans vraiment s’en étonner, et accueille de diriger Brahms, Strauss et Wagner comme une évidence, celle de tout un parcours…

Alain Koenig | Dimanche 26 février 2012

Rencontre avec Daniel Kawka

Daniel Kawka, comment définiriez-vous votre relation avec Pierre Boulez, avec sa musique et son influence ?Elle débute comme la relation studieuse d’un jeune étudiant avec ses écrits, sa direction musicale, et enfin, avec son œuvre. Son exemple a été un véritable fil conducteur dans mon propre chemin artistique. En dix ans, j’ai pratiquement dirigé toute sa musique, pas nécessairement avec l’E.O.C., mais avec la plupart des orchestres européens. Nos contacts professionnels sont devenus des liens amicaux. Il est symbolique, qu’aujourd’hui, il accepte que ce soit moi qui propose la matrice d’une œuvre qu’il ne dirige pas, ce qui est le cas avec Dérive 2. En ce qui concerne son héritage, j’ai le sentiment que la postérité retiendra, comme pour la plupart des compositeurs, les œuvres marquantes et belles. Des œuvres-clefs comme le Marteau sans Maître ou Dérive 2 seront pérennes. Dérive 2 est une œuvre de synthèse, dont l’écriture s’est étalée sur vingt ans. Quand je joue cette œuvre, je « vois » le cubisme, je « vois » l’abstraction de Kandinsky, qui passe par des étagements de quelque chose de très plastiq

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