IAM : La scène reste le meilleur réseau social

MUSIQUES | Dans l'histoire du rap français, le groupe IAM fait figure de légende. Après la sortie de leurs supposés deux derniers albums (Arts Martiens et... IAM), les cinq Marseillais ont entamé une gigantesque tournée qui les emmènera jusqu'à début 2015. Shurik'n et Imhotep, de passage avec le groupe à Saint-Étienne le 1er février au Zénith, ont pris le temps de répondre à quelques questions. Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Jeudi 26 décembre 2013

Votre dernier album ... IAM sorti en novembre 2013 a été enregistré en même temps qu'Arts Martiens. Est-il son jumeau ?

Shurik'n : Ces deux disques ont en effet été enregistrés à la même période mais ne sont pourtant pas «jumeaux» car chacun a son caractère propre. Mais il y a derrière ces deux albums le même état d'esprit.

Quelles caractéristiques les distinguent justement ?

Imhotep : Il y a des textes plus engagés, plus mordants sur ... IAM ainsi qu'une musique plus «uptempo». Au départ, ce n'était absolument pas calculé. Cela vient simplement du fait que lorsque l'on monte un tracklisting pour un album, au-delà de la qualité des titres que l'on apprécie ou pas, il faut trouver une unité et une cohérence. Nous sommes parfois obligés d'éliminer certains morceaux qui nous plaisent énormément.

A travers vos textes engagés, vous parlez de l'actualité en France qui n'est malheureusement pas souvent très réjouissante. Quel est votre point de vue sur ce que l'on vit en France depuis plusieurs années ?

Imhotep: On parle souvent de crise, nous préférons parler de braquage orchestré par les banquiers et les traders. Nous avons un système économique cruel. On a longtemps espéré que les politiques pourraient changer les choses mais on s'aperçoit aujourd'hui que les politiciens passent et que le système reste le même. On a perdu nos illusions et compris que les politiques ne sont que des marionnettes aux mains des grandes entreprises qui nous gouvernent.

Est-ce que selon vous, le rap doit continuer à dénoncer ce qui ne va pas et appuyer les bonnes initiatives ?

Shurik'n : Bien sûr ! Mais ce que nous demandons surtout, c'est un droit à la diversité et à une certaine nuance. Demande que les autres courants musicaux n'ont pas ou plus à faire. Nous sommes malheureusement en quête d'une place et d'une considération plus grande pour notre musique.

On a lu un peu de partout que ce dernier album pourrait être votre dernier disque. Est-ce que vous pourriez nous parler de votre relation au disque désormais ?

Imhotep : Les maisons de disques, malgré les changements de technologie et de consommation de la musique, ont voulu préserver leur marge. Partant de là, moins on vend, moins on investit sur nous. Il est vrai qu'avec IAM, nous nous sommes habitués à un certain confort de travail. Non pas que nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons avec moins de moyens mais si l'on veut continuer à faire rêver les gens et à rêver nous-même, il faut pouvoir continuer à réaliser des clips, faire de la promo pour les albums, etc. Avec un groupe tel qu'IAM, toutes ces choses demandent certains moyens. Retrouver une maison de disques prête à nous suivre avec les conditions dans lesquelles nous avons l'habitude de travailler, c'est compliqué.

D'ailleurs, l'album... IAM n'était pas sûr de sortir. Sa publication dépendait des chiffres d'Arts Martiens ?

Shurik'n : Il était conditionné par les résultats d'Arts Martiens. Même si les titres présents sur... IAM ont été enregistrés au même moment et qu'une dizaine de morceaux avaient déjà été mixés. Mais cela était déjà arrivé pour certains de nos albums sauf qu'à l'époque, il y avait encore les maxis et nous pouvions offrir des bonus, des versions inédites que nous estimions de qualité.

Donc aujourd'hui, la scène est devenue primordiale pour IAM ?

Shurik'n : Elle l'a toujours été. Avant même de signer notre premier contrat en maison de disques, on avait déjà 200 concerts au compteur. On a commencé par là et c'est resté notre fil conducteur. La scène, la rencontre avec les gens et le feed-back immédiat restent ce que l'on a fait de mieux en matière de réseau social.

Êtes- vous déjà passés à Saint-Étienne ?

Shurik'n : Oui, nous sommes venus très tôt en promo et en concert. J'ai d'ailleurs une pensée émue pour Captain Bob, parti trop tôt, et son émission de radio à laquelle on avait participé avec grand plaisir.

Lors de votre retour le 1er février en terres stéphanoises, qu'allez-vous proposer au public ?

Imhotep : Ce sera le même show que sur les autres dates de la tournée. Même tarif pour tout le monde ! (rires) Nous n'avons pas l'habitude de faire de différence entre les salles. A Saint-Étienne, le public partira pour plus de deux heures de show avec nous, le même qu'à l'Olympia ou à Marseille. Nous allons voyager à travers le temps avec des classiques et des nouveaux titres. Bien sûr, ceux qui nous connaissent savent qu'il y a toujours quelques petites différences, parfois des petites exclus mais il n'y a jamais de grands changements.

Vous êtes mordus de ballon rond et surtout de l'Olympique de Marseille, mais est-ce que vous aimez un peu les Verts de Saint-Étienne ?

Shurik'n : Saint-Étienne, c'est un peu une madeleine de Proust. Ça me ramène des années en arrière. C'était Le Club ! Toute la France était derrière. Beaucoup de jeunes ne comprendront pas trop de quelle époque je parle mais les Verts, ça a été le club qui a donné de l'espoir à tout le pays. Comme pour l'OM, dans toutes les villes il y a des bars de supporters. C'est un phénomène existant seulement pour Marseille et Saint-Étienne.
Imhotep : C'est dans la ferveur des supporters que l'on voit les clubs qui ont une âme. Il y a certains clubs qui ont peut-être plus de budget et de réussite mais il n'ont pas autant d'âme que l'OM et l'ASSE.

Quelle est votre vision de la scène hip hop française actuelle. Est-elle encore créative ?

Shurik'n : Oui, elle reste vivace. Il ne faut pas confondre la partie émergée de l'iceberg et ce qu'elle est réellement. Le rap, comme nous l'appelons, qui est redevenu mainstream aujourd'hui, c'est le rap qui dans les années 90 était underground. Le rap français reste très dynamique. On le voit avec l'arrivée d'artistes comme Orelsan, très créatif autant au niveau visuel que musical, 1995 avec un esprit très «culture hip hop», Youssoupha qui est un auteur de talent, etc. Il faut juste une plus grande médiatisation de ces artistes.
Imhotep : Il faut que les radios de service public passent du rap. Ce serait bien, au bout de 25 ans, qu'elles commencent à diffuser la musique la plus écoutée dans leur pays... C'est pareil pour les radios privées car pour l'instant, il n'y en a qu'une, ce qui permet aux autres de se décharger de leurs responsabilités. Il y a encore du travail dans la reconnaissance de l'importance du rap en France. On le voit d'ailleurs dans la difficulté d'organiser de gros événements musicaux rap par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne.

Certains de vos textes sont désormais utilisés par certains professeurs de français. Est-ce une fierté pour vous ?

Shurik'n : Déjà, ça ferait rire mes anciens profs de français. Ça les estomaquerait même ! (rires)
Imhotep : Cela nous fait extrêmement plaisir, bien entendu. Cela montre que ces profs qui prennent ces initiatives ont pris le temps d'écouter ou de lire nos textes. J'ai été moi-même enseignant et j'avais compris que pour qu'il apprenne, il faut d'abord éveiller le centre d'intérêt chez élève. Pour faire apprécier la poésie aujourd'hui, je ne vois pas d'autre moyen aussi fédérateur que le rap.
Shurik'n : Le rap est un outil conséquent. On peut amener certains jeunes à prendre goût à l'écriture et à l'utilisation des mots.
Imhotep : La prochaine étape consistera en la possibilité pour les profs de musique de créer des mixtapes et des albums avec les élèves et enfin remplacer la flûte à bec. J'ai bon espoir pour que dans une trentaine d'années on y arrive... 

IAM au Zénith de Saint-Etienne, le samedi 1er février 2014 à 20h30


IAM


Zenith de Saint-Etienne Métropole Rue Scheurer-Kestner Saint-Étienne
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Par un post sur ses réseaux sociaux, le Foreztival poursuit ses annonces de programmation pour son édition 2020 (7, 8 et 9 août 2020). Après Tryo, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, Meute ou Skip The Use, ce sont six noms supplémentaires qui viennent d'être annoncés. Tout d'abord, le retour au festival du groupe de rap marseillais IAM qui marque les esprits. La formation était déjà venue en 2014 au Foreztival pour marquer les 10 ans de l'événement de Trelins. Le Jamaïcain Clinton Fearon, Flavia Coelho, Vandal, Danitsa et Dawa HiFi viennent compléter cette annonce. Foreztival, du 7 au 9 août à Trelins. Plus d'infos sur cette page.

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"Le Photographe" : À ton image

ECRANS | De Ritesh Batra (Ind.-All.-É.-U., 1h49) avec Nawazuddin Siddiqui, Sanya Malhotra, Farrukh Jaffar…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Modeste photographe des rues de Bombay, Raphi tombe sous le charme de Miloni, appartenant à une classe supérieure. Pourtant, la jeune étudiante accepte de jouer le rôle de sa fiancée dans le but de persuader la grand-mère de Raphi de continuer à prendre ses médicaments… Ritesh Batra a une cote pas possible depuis le succès de The Lunchbox (2013). Tant mieux pour lui : cette aura lui a déverrouillé les portes trop hermétiques du cinéma occidental, et permis de tourner avec des pointures (Redford, Fonda, Dern, Rampling, Broadbent etc.), pour des résultats hélas mitigés — en témoigne À l’heure des souvenirs (2018). De retour au bercail avec une comédie oscillant entre portrait social et conte romantique, Batra semble fort soucieux de respecter le cahier des charges d’un film “concernant“ portant sur la survivance d’un système violemment hiérarchisé en Inde, où chacun a intégré dès la naissance l’étanchéité des castes et l’impossibilité de lutter contre ce déterminisme. Au

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Les rois Dagoba

Metal | La scène metal française est un vivier de talents aux styles multiples et variés. La preuve avec les Marseillais de Dagoba, qui proposent un metal qui (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 novembre 2019

Les rois Dagoba

La scène metal française est un vivier de talents aux styles multiples et variés. La preuve avec les Marseillais de Dagoba, qui proposent un metal qui groove, mélodique et ouvert. Puisant dans le power metal américain des années 90, le groupe fait partie des fers de lances hexagonaux, qui s'exportent bien et qui assurent des lives radicaux comme lors du dernier Hellfest. La même au Fil ? Dagoba, samedi 9 novembre à 20h30 au Fil

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IAM à Sainté en mars 2020

Rap | Alors qu’ils sortent d’une grosse tournée anniversaire pour les 20 ans de leur cultissime L’École du micro d’argent, les Marseillais du (...)

La rédaction | Vendredi 11 octobre 2019

IAM à Sainté en mars 2020

Alors qu’ils sortent d’une grosse tournée anniversaire pour les 20 ans de leur cultissime L’École du micro d’argent, les Marseillais du groupe IAM sont de retour sur le devant de la scène avec un nouvel album (le dixième) prévu pour le 22 novembre et intitulé Yasuke. « IAM résiste. IAM respire. IAM est là ! » annonce le communiqué de presse. On verra ça à l’écoute. Et, surtout, sur scène, là où ils sont toujours excellents. Bonne nouvelle : le Fil les accueillera samedi 7 mars pour un concert qui risque de très vite afficher complet. Mise en vente des billets vendredi 18 octobre à 10h. Plus d'infos et billetterie sur cette page

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"Debout sur la montagne" : Là-haut, y a pas débat

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr., 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Quinze après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire… Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N’aimant rien tant que les histoires de copains en quête d’une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l’île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d’altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d’un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution. Jonglant avec les peurs de l’enfance, les secrets enfouis, l’onirisme, le réalisme premier de

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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Myriam Peres, de l'idée à l'objet

Design | Le concours "révélateur de talents", organisé par la marque Cinna, récompense chaque année les meilleurs jeunes créateurs du moment. En 2019, c'est Myriam Peres, une Parisienne tout juste diplômée de l'ESADSE (École supérieure d'art et design de Saint-Étienne), qui a remporté le premier prix de la catégorie "outdoor" avec son "Jardin d'hiver".

Antoine Desvoivre | Mardi 23 juillet 2019

Myriam Peres, de l'idée à l'objet

« Je pense qu'il ne faut pas faire du design pour soi. » Pour Myriam, la lauréate du concours Cinna 2019, le travail d'un designer est avant tout de créer un objet destiné à l'usage des autres. « Nos créations ne doivent pas être des gadgets. Elles doivent être légitimes, avoir leur place dans le monde réel » explique-t-elle. Si créer comporte son lot de responsabilités, Myriam s'est formée à les endosser aussi bien au cours de son cursus qu'au travers de sa passion pour le dessin. Aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours eu la fibre créatrice. « J'ai commencé à gribouiller à deux ans, puis j'ai dessiné, dessiné, dessiné tout le temps... j'adore ça ! » Mais ce format présente rapidement pour elle certaines limitations. « Quand tu dessines, explique-t-elle, c'est forcément en 2D et moi je voulais donner du volume à tout ça. Le design d'objet répond à cette envie. » Dessiner le réel Le "déclic", elle l'a eu en visitant l'école ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle) à Paris. Elle se rappelle de « l'odeur du bois et des ateliers de menuiserie. Il y avait tous ces gens qui

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Chorégraphie quotidienne

GUIDE URBAIN | Derrière cette vitrine bien singulière, rien n'est à vendre, bien au contraire. C'est une œuvre du quotidien qui s'offre gracieusement au regard des passants. Dans le laboratoire de permanence chorégraphique du Magasin, l'ouverture est une seconde nature.

Antoine Desvoivre | Vendredi 5 juillet 2019

Chorégraphie quotidienne

« Pendant trois mois, j'ai marché trois heures par jour dans la ville de Saint-Étienne et j'ai compté les vitrines vides. » C'est comme ça qu'est venue à Mathieu Heyraud, l'idée d'investir un de ces espaces, pour en faire une vitrine de la création artistique. C'est à deux pas de la place Jacquard que l'on trouve Le Magasin. Ni une salle de spectacle, ni vraiment un studio, c'est un lieu de recherches, pour les artistes qui souhaitent développer de nouvelles formes artistiques. À travers la vitrine, c'est la genèse des œuvres qui s'expose en un tableau urbain et quotidien. Fenêtre sur l'art Pour le chorégraphe de la compagnie R/Ô, « Le Magasin n'est pas un lieu, mais une chorégraphie visible depuis la rue. » C'est cette volonté de placer l'art au cœur de la ville et le public au centre du processus artistique, qui l'a amené à développer ce projet. Derrière cette vitrine, l'objectif n'est pas de monter un spectacle. C'est la recherche et l'expérimentation qui sont mises en scène. Ce concept nouveau, qui investit les vitrines abandonnées, est aussi pour son créateur, « un questionnement sur ces vi

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Country roads

The Green Escape | Le quasi-mythique festival altiligérien remet le couvert pour la 32e année : "the Green Escape is coming back" avec, comme d’hab', le meilleur de la musique country, rock, folk et blues.

Niko Rodamel | Mardi 2 juillet 2019

Country roads

C’est sans doute grâce à des festivals comme celui-ci que les musiques de cow-boys sont parvenues, en France, à se décrotter des nombreux préjugés, qui voudraient nous faire croire que les amateurs de country sont exclusivement des beaufs à chapeaux qui se prennent pour des Texans. Depuis sa création en 1988, le festival Country Rendez-Vous de Craponne-sur-Arzon n'a cessé de progresser et de se professionnaliser au fil d'un succès populaire grandissant, jusqu'à changer de nom et d'identité visuelle (l'an dernier) au bout de trente années riches de découvertes musicales. The Green Escape met aujourd'hui l’accent sur les grands espaces et un sincère esprit de convivialité. Pour autant, le festoche conserve les fondamentaux autour desquels il a grandit : la country music reste le cœur d'une programmation qui s'ouvre aussi au rock, au folk et au blues. Acte deux de la nouvelle ère, l'édition 2019 promet donc une nouvelle fois un plateau musical éclectique (serait-ce la recette gagnante?), drainant à coup sûr un public aussi nombreux que divers. Jack Bauer Parmi les têtes d’affiche, Elliott Murphy fait évidemment figure de doyen du haut de ses soixante-dix balai

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Benoît Forgeard : « À force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Yves | Quand le cinéaste montre le frigo qui fait du rap, le spectateur peut rire mais aussi s’inquiéter. Benoît Forgeard grime en comédie ses inquiétude devant l’avénement des intelligences artificielles destinées aux consommateurs superficiels

Vincent Raymond | Jeudi 27 juin 2019

Benoît Forgeard : « À force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Après Gaz de France, vous continuez avec un scénario racontant une sorte de fin de monde… Oui c’est vrai : c’est ça la définition d’apocalypse d’ailleurs : pas forcément la destruction de la planète, plutôt le début d’un nouveau monde. Comment Yves a-t-il germé dans votre esprit ? Pendant plusieurs années, je faisais des pitchs de films imaginaires pour la revue SoFilm, et j’avais pour habitude de les écrire de façon assez poétique, sans trop me soucier de leur faisabilité. Là, j’étais allé à une conférence sur la domotique au Collège de France ; un spécialiste parlait des IA domestiques qui allaient arriver dans les maisons, notamment de la voiture automatique de demain qui lorsqu’elle percevra l’abaissement de vos paupières, prendra le contrôle du véhicule, se mettra sur le côté et appellera un proche (rires) Quand j’ai entendu ça, je me suis dit qu’il y avait une possibilité de faire une comédie le potentiel burlesque est important dans cette idée que les IA prennent des initiati

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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"Noureev" : Paris vaut bien une danse

ECRANS | De Ralph Fiennes (G.-B., 2h07) avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos, Raphaël Personnaz…

Vincent Raymond | Mercredi 19 juin 2019

1961. Danseur au Kirov, Rudolf Noureev se distingue par son talent hors normes autant que par son caractère entier. En tournée à Paris avec le ballet russe, il se laisse griser par la vie à l’Ouest, suscitant l’ire du KGB. Au moment du départ, son destin va se jouer en quelques instants… La sympathie immense que l’on éprouve pour le comédien Ralph Fiennes ne doit pas tempérer le jugement que l’on porte sur le travail de Fiennes Ralph, réalisateur amateur de grandes destinées — Coriolan, Dickens et maintenant Noureev. Car si la fresque qu’il nous livre ici possède bien des vertus mimétiques (choix d’un clone de “Rudy” pour le rôle-titre, soin méticuleux dans la reproduction d’un Paris de cartes postales ou de pub de parfum, jolies couleurs satinées d’époque etc.), elle évoque surtout ces cupcakes au glaçage impeccable mais dépourvus de saveur originale. Diluée dans ses deux heures bien tapées d’allers-retours temporels (un non-sens, quand on y pense, puisqu’il s’agit quand même de l’histoire d’un transfuge, donc d’un passage irrévocable d’un état/État à un autre), l’évocation touristique du Paris by Night souffre de

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Des talents se révèlent

Tremplin | À vos radios ! Dix artistes ligériens concourent pour devenir la "révélation 2019 de la musique". Au programme : du rap, de la pop, de la (...)

Antoine Desvoivre | Mercredi 29 mai 2019

Des talents se révèlent

À vos radios ! Dix artistes ligériens concourent pour devenir la "révélation 2019 de la musique". Au programme : du rap, de la pop, de la chanson française, du talent et des jeunes artistes qui espèrent donner un coup de pouce à leur carrière. Vous pouvez les découvrir chaque jour à 18h sur les ondes de France Bleu et récompenser de votre vote celui qui vous aura conquis. Le vainqueur se verra ouvrir les portes de la finale régionale des "révélations France Bleu Auvergne Rhône-Alpes". Si vous voulez en savoir davantage et donnez votre voix à l'un des artistes, rendez-vous sur cette page. Les votes peuvent s'effectuer jusqu'au 9 juin.

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Zed Yun Pavarotti : « J'aurai beaucoup d'affects avec ce concert »

Rap | Le jeune rappeur stéphanois Zed Yun Pavarotti ne cesse de grimper et de gagner en notoriété avec son flow éthéré et ses titres entêtants aux lyrics à l'abstraction orfévrée. Désormais installé à Paris pour travailler, il revient sur sa terre natale pour un concert qu'il attend avec une pointe d'appréhension mais également une envie débordante. Rencontre avec ce petit génie de la scène rap française.

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Zed Yun Pavarotti : « J'aurai beaucoup d'affects avec ce concert »

Comment en es-tu arrivé à la musique ? Tout cela a commencé par un effet de groupe, d'entraînement où on rappait un peu avec des amis. On freestylait. À un moment, j'ai essayé de faire un morceau en solo, en regroupant les idées que j'avais et en les structurant avec un refrain, des couplets. Je me suis rendu compte que le résultat était correct, ça m'a plu et je n'ai jamais arrêté... Pourquoi Zed Yun Pavarotti ? À un moment donné, j'ai dû choisir quel nom porté, et je ne voulais absolument pas quelque chose de périmé... Zed, c'est en lien avec mon nom de famille. J'avais acheté un vinyle de Pavarotti à Sainté et à force de le voir et de l'écouter, je me suis intéressé à son histoire, à lui. C'est un clin d'œil pour ce personnage dont je suis très fan. Tu ne produis pas toi-même de musique. Tu as commencé d'ailleurs avec des instrumentales que tu recevais par le web ? À l'époque j'en recevais un peu mais pas tant que ça. Je connaissais aussi des producteurs à Saint

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"Just Charlie" : Surface de séparation

ECRANS | De Rebekah Fortune (G.-B., 1h39) avec Harry Gilby, Karen Bryson, Scot Williams…

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent mal dans sa peau : au plus profond de lui, il se sait femme. Quand son entourage l’apprend, les réactions divergent… Il en va du football comme d’un culte en Angleterre (et tout particulièrement à Manchester) : on s’y consacre avec dévotion, on entre dans un centre de formation comme dans les ordres avec, outre l’ambition de faire triompher les couleurs de son Église/club, la promesse d’un paradis bien terrestre. Ce prérequis semble nécessaire pour comprendre pourquoi la “confession“ courageuse — en réalité, l’affirmation de son identité — de Charlie est perçue par certains proches comme la trahison d’un apostat. Pour son père, qui fantasmait une carrière par procuration, c’est une double peine : croyant perdre un fils et un futur glorieux, son rejet égoïste est aussi violent que celui des homophobes excluant Charlie… ou lui cassant la figure. Girl de Lukas Dhont avait déjà l’an dernier, on s’en so

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Jérémie Janot : Des pieds et des mains

Portrait | Gardien emblématique des Verts durant 16 ans, Jérémie Janot retrace les grandes étapes de sa vie et de son parcours dans un livre d’entretien, qui paraitra prochainement. Ou comment aller très loin en ne partant de rien.

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

Jérémie Janot : Des pieds et des mains

À l’école, dans la rue, au supermarché, sur son vélo… Gamin, le t’cho Jérémie n’a jamais pu aller quelque part sans trimballer son ballon avec lui, bien calé sous son bras. Une sorte de meilleur copain avec qui découvrir le monde, une occupation fidèle, pour lui qui, sans père, ni frère, ni sœur, attend chaque soir le retour de sa mère, aussi aimante qu’absente, forcée d’enchaîner les petits boulots pour assurer le quotidien. Sa vocation, Jérémie Janot la doit à Jojo, son oncle, gardien d’une petite équipe fanion réputé un brin kamikaze. Plonger, si possible dans la boue ou dans les flaques. Voilà, ce qui a conduit le petit gars du Nord à devenir un jour l’emblématique portier stéphanois. Il a 5 ans, lorsqu’il signe sa première licence, à l’US Valenciennes-Anzin. Et, dès ses débuts, c’est entre les poteaux, qu’il veut être. « Le plus bel endroit du monde. » Pourtant, déjà, Jérémie est petit. Mais qu’importe. Jérémie plonge, même quand la balle passe à 5 mètres des cages. Janot, petit, mais costaud « J’ai fait toutes mes classes à l’US Valenciennes. Un club extraordinaire. Où l’on m’a appris à devenir un homme, avant même de m’apprendr

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13 bulles d'amour

Danse | Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles (...)

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

13 bulles d'amour

Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles chorégraphiques qui constituent la belle promenade dansée imaginée par Yan Raballand, dans les allées du parc du château de Bouthéon. Il fallait bien ce magnifique décor bucolique pour servir d'écrin aux 13 petites formes qui font circuler la danse contemporaine dans un lieu chargé d'histoire que le public est invité à redécouvrir. Insolite, émouvante, légère, chaque bulle a sa vie propre mais toutes sont reliées par un florilège de quelques unes des plus belles chansons d'amour qui renvoient à ce thème éternel. De Piaf, bien sûr, à Léo Ferré, en passant par Gainsbourg, Juliette Gréco, les Platters, Benjamin Biolay et même Schubert, ces bulles nous emmènent dans une promenade à travers les siècles et les styles. De petites bulles pour de grosses bulles d'amour « le temps d'une chanson ». Les Bulles chorégraphiques, dimanche 19 mai à 17h au parc du château de Bouthéon

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RK s'ajoute à la programmation de Saint-Etienne Live

Festival / Rap | Avec une soirée très orientée rap le vendredi 14 juin, le nouveau format du festival Paroles & Musiques, Saint-Etienne Live, a ajouté RK dans le (...)

Nicolas Bros | Jeudi 4 avril 2019

RK s'ajoute à la programmation de Saint-Etienne Live

Avec une soirée très orientée rap le vendredi 14 juin, le nouveau format du festival Paroles & Musiques, Saint-Etienne Live, a ajouté RK dans le line-up aux côtés d'Orelsan, Kery James, le local ZED Yun Pavarotti et Berywam. Toutes les infos du festival ainsi que la billetterie sont disponibles sur cette page.

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C'est mou, c'est dur

ARTS | Formé à Saint-Étienne puis Genève, Nicolas Momein expose ses travaux depuis bientôt dix ans, de Nantes à Milan en passant notamment par Luxembourg, Bruxelles, (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 avril 2019

C'est mou, c'est dur

Formé à Saint-Étienne puis Genève, Nicolas Momein expose ses travaux depuis bientôt dix ans, de Nantes à Milan en passant notamment par Luxembourg, Bruxelles, Genève, Paris, Lyon ou Marseille... L'an passé le plasticien traversait l'Atlantique pour représenter la galerie Ceysson & Bénétière à la foire internationale d'art contemporain de Los Angeles aux côtés de Chris Hood, Lionel Sabatté et Jesse Willenbring. Pour sa nouvelle exposition l'artiste présente des œuvres inédites pour lesquelles, comme souvent dans son travail, les propriétés de la matière demeurent centrales. Faisant référence au concept de "mouité" cher à l'inclassable philosophe Jean-Baptiste Botul (1896-1947) dans son ouvrage La métaphysique du mou, Nicolas Momein détourne de leur usage des matériaux peu conventionnels, transitoirement souples et fluides, qui se solidifient sous le contrôle et selon le dessein de l’artiste. L'accrochage Finger trap de Nicolas Momein est à découvrir du 18 avril au 1er juin à la galerie Ceysson-Bénétière avant d'être prolongé et complété à Paris l'année prochaine. Nicolas Momein, Finger trap, du 18 avril au 1er juin à la galerie Cey

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Miaou

Rap poétique | CHATON vient se faire les griffes au "Rozier". Cet animal poétique du rap a (re)surgi il y a un an, en mars 2018, avec Possible, un album composé de (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 avril 2019

Miaou

CHATON vient se faire les griffes au "Rozier". Cet animal poétique du rap a (re)surgi il y a un an, en mars 2018, avec Possible, un album composé de titres aux textes uniques en leur genre. Un brin désabusé, le félin cha(n)tonne un rap légèrement auto-tuné sur des rythmes délicatement "dubbés", entêtants et addictifs. Récidevera-t-il avec Brune Platine, son second opus ? On espère regoûter à cette anesthésie sonore si douce. CHATON, vendredi 26 avril à 20h30 - soirée warm-up du Foreztival 2019

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The Melvins & Delinquent Habits au Fil

Rock & Hip hop | Deux dates incontournables de la fin de saison viennent d'être dévoilées par les équipes du Fil. D'un côté, la venue de The Melvins le 7 juillet pour une date (...)

Nicolas Bros | Jeudi 7 mars 2019

The Melvins & Delinquent Habits au Fil

Deux dates incontournables de la fin de saison viennent d'être dévoilées par les équipes du Fil. D'un côté, la venue de The Melvins le 7 juillet pour une date unique en France au sein de leur European Tour 2019. Groupe de rock culte, oscillant entre noise, hard et experimental, la formation de Buzz Osborne et de Dale Corner délivre des concerts d'une énergie dingue. De l'autre côté, un autre groupe mythique, mais du côté hip hop ce coup-ci : Delinquent Habits. La formation californienne se produira le samedi 25 mai sur la scène du Fil avec leur rap latino qui fait forcément penser à Cypress Hill. - Delinquent Habits + Dj Fly, samedi 25 mai au Fil - The Melvins + Knuckle Head, dimanche 7 juillet au Fil

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In dub we trust

20 ans de Dub stéphanois | Le musicien stéphanois Martin Nathan marque d’une pierre blanche les vingt ans du projet Brain Damage : une alléchante soirée live avec une belle brochettes d’invités accompagnera la sortie d’un album revisitant tout le parcours du serial dubber.

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

In dub we trust

Putain, vingt ans ! Peu d’artistes ligériens peuvent s’enorgueillir d’une telle longévité, combinant régularité et renouvellement, tout en conservant son ancrage territorial. Exit le gringo mytho à l’oreille percée qui chantait Saint-Étienne avant de se perdre dans mille vies fantasmées, on the road again mais loin des terrils de son enfance… Presque effacé le souvenir des concerts de ouf donnés par les Babylon Fighters… Mutique notre cher Mickaël Furnon, leader-ermite du regretté combo Mickey 3D… Non, vraiment, seuls la Dub Inc et Brain Damage semblent tenir le cap, rayonnant aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’international, sans renier leurs origines stéphanoises. Rapprochant de façon visionnaire les univers du sound system et du live en créant l’un des premiers live-machine du genre à la veille de l’an 2000, Brian Damage est considéré depuis comme l’un des fondateurs de la scène dub en France. Follow the bass Avec quatorze albums au compteur et plus de sept cent concerts, Martin Nathan fête donc aujourd’h

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La recette est simple

Rap québ' | Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

La recette est simple

Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à l'instar de la scène belge. Outre les incontournables et historiques tels que Koriass, de nouvelles têtes ont percé le mur du son. Loud qui a rempli les salles en France l'année dernière ou encore les Alaclair Ensemble et autres Dead Obies sont devenus des valeurs sûres. Mais d'autres formations ne doivent pas être oubliées. Par exemple Random Recipe. Depuis plus de 10 ans, ce groupe remue les scènes où il se produit. En 2018, le quatuor devenu trio a sorti un troisième album flamboyant aux paroles engagées : Distractions. Ce disque rempli de bonnes ondes sonores (jetez une oreille au premier titre Fight this feeling ou à Strawberry Daiquiri) mêle inspirations tropicales, flow ciselé et ambiances groovy. Pour composer les huit titres de ce recueil musical, Fabrizia Di Fruscia, Frannie Holder and Liu-Kong Ha ont fait appel à différents collaborateurs de renom : Foxtrott, la bassiste Rhonda Smith (ayant travaillé avec Prince) ou encore Marie-Pierre Arthur. Un disque qui porte divinement bien son n

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#BreizhEquateur

Rap | Le duo de rappeurs stéphanois Gat & Rim ne cesse de faire parler de lui. Après avoir sorti en 2017 un très « stromaesque » titre Le (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

#BreizhEquateur

Le duo de rappeurs stéphanois Gat & Rim ne cesse de faire parler de lui. Après avoir sorti en 2017 un très « stromaesque » titre Le Stylo, politiquement engagé et avec un joli petit succès, Théo & Ronan ont connu un début d'année 2019 agité avec une victoire sur Muzik'Casting, des titres qui continuent de faire florès sur le web et la sortie imminente d'un EP qui pourrait finalement bien devenir un véritable album. Affaire à suivre. Gat & Rim, dimanche 24 mars à 17h au Pax

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Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Rap | Le duo de rap stéphanois Gat & Rim se débrouille pas mal. À l'aune de la sortie de leur premier EP ou album - l'avenir nous le dira - ils ont remporté un joli tremplin qui les engage sur une belle voie musicale. Rencontre avec deux jeunes artistes (19 et 21 ans) très complémentaires. #breizhequateur !

Nicolas Bros | Vendredi 22 février 2019

Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Quelles sont les origines du groupe ? Comment en êtes-vous arrivés à faire de la musique ensemble ? Gat' : J'écrivais mes petites chansons dans ma chambre depuis longtemps. À un moment donné, je me suis entouré d'un musicien mais l'expérience n'a rien donné. Je me suis remis à la recherche de quelqu'un qui pourrait me proposer des instrus, en gros je cherchais "mon Voulzy". Je suis tombé sur un son qu'avait produit Renan. Je me suis mis en contact avec lui par l'intermédiaire d'un ami commun. C'était il y a deux ou trois ans en arrière. Rim, tu es originaire de Bretagne et Gat d'Équateur. Est-ce que ces origines influencent votre musique ? Rim : D'une certaine manière, un peu. Pour les prochains sons qui arriveront, on retrouvera un côté exotique. Mais le côté Breizh/Équateur, mélange de nos origines, c'est quelque chose d'assez fou, pas trop vu. Gat : Et c'est surtout une grosse blague... C'est un délire de potes. Nous avons commencé à divulguer malencontreusement un #breizhequateur sur nos réseaux et c'est devenu un peu plus important que ce que l'on ava

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Sors de ta tanière

Soirée concerts | C'est à un événement inédit que nous convie la toute nouvelle association L'Oiseau Moqueur. Le vendredi 15 février, la Fête de l'Ours prendra d'assaut tout (...)

Nicolas Bros | Mercredi 13 février 2019

Sors de ta tanière

C'est à un événement inédit que nous convie la toute nouvelle association L'Oiseau Moqueur. Le vendredi 15 février, la Fête de l'Ours prendra d'assaut tout le quartier autour de la place Jules Guesde en le faisant vibrer au son de la musique locale. Six bars accueilleront six artistes locaux pour des concerts qui se succéderont de 19h à 1h en proposant différents styles musicaux. Au programme notamment le rap de l'indémodable Eska (ex-Eska Crew) aux côtés de Blu Jaylah (22h au bar Chez Lulu), la chanson délicate et enjouée de Mam'Zelle Lune (à 23h au Club Spirit - ndlr : elle se produira également la veille au Théâtre Métamorphosis) ou encore la chanson engagée de Jasmine à 20h au Pied de Biche. Une belle initiative qui permet la mise en valeur de ce quartier assez unique avec la présence d'un grand nombre d'établissements à proximité. La Fête de l'Ours, vendredi 15 février dès 18h autour de la place Jules Guesde à Saint-Étienne / concerts en entrée libre

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Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Tremplin | Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit Agricole. Après avoir fait forte impression en première partie de Hoshi sur la scène du Fil le 8 janvier dernier, le groupe a brillamment brigué la première place de ce concours en Auvergne-Rhône-Alpes. Il remporte un accompagnement musical d'une valeur de 6 000 €, comprenant notamment un booking de plusieurs dates. Rappelons que l'année dernière c'était d'ores et déjà des Ligériens qui avaient remporté ce tremplin : les rockeurs du groupe Raqoons.

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Bregovic, Guts et L'Entourloop au Foreztival 2019

Festival | C'est désormais un petit rituel, toutes les semaines de nouveaux noms du Foreztival sont droppés. Et pour le moment, rien à redire. Après Thérapie Taxi, Vald et (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Bregovic, Guts et L'Entourloop au Foreztival 2019

C'est désormais un petit rituel, toutes les semaines de nouveaux noms du Foreztival sont droppés. Et pour le moment, rien à redire. Après Thérapie Taxi, Vald et Ska-P, c'est au tour de L'Entourloop, Goran Bregovic et Guts de rejoindre le line-up du festival d'été de Trelins, dans le Forez. Rappelons que cette 15e édition du festival se déroulera les 2, 3 et 4 août 2019. Rappelons également que le festival met en place comme d'habitude différentes soirées warm-up. La prochaine se déroulera au Château du Rozier de Feurs le 26 avril avec la poésie urbaine de Chaton.

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"Les Drapeaux de papier" : Petit pavillon

Drame | De Nathan Ambrosioni (Fr., 1h42) avec Guillaume Gouix, Noémie Merlant, Sébastien Houbani…

Vincent Raymond | Vendredi 15 février 2019

Charlie habite seule, entre ses rêves artistiques et son boulot de caissière, au seuil de la précarité. Débarque alors dans sa vie Vincent, son frère aîné libéré de prison. Une cohabitation de fait s’engage, d’autant plus difficile que Vincent doit se réinsérer et apprendre à gérer sa colère… Abordons d’emblée la question de l’âge du réalisateur, puisque sa grande jeunesse (19 ans) n’a pas manqué d’être divulguée : entre l’“argument de vente“ et la performance, elle constitue objectivement une curiosité, tant la précocité est monnaie peu courante dans l’industrie cinématographique. Elle permet également de rappeler la réelle proximité entre l’âge des personnage et celui de l’auteur, mais aussi d’expliquer — voire excuser — sa naturelle et sans doute inconsciente porosité aux atmosphères et/ou situations déployées par quelques devancier.es. Ainsi en est-il de ce frère dévoré par une rage incoercible, gâchant les chances qui lui sont offertes, cousin lointain de celui interprété par Viggo Mortensen dans Indian Runner (1991) de Sean Penn. Ou de ces scènes

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Sur les traces de Paul Auster

Photos | Capturer New York et en particulier Manhattan n'est pas chose aisée. Le photographe ligérien Arnaud Rodamel s'est frotté à cette problématique alors (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 février 2019

Sur les traces de Paul Auster

Capturer New York et en particulier Manhattan n'est pas chose aisée. Le photographe ligérien Arnaud Rodamel s'est frotté à cette problématique alors qu'il se lance dans un voyage vers la "Grosse Pomme" en octobre 2013. « Comment photographier l'un des quartiers les plus célèbres du monde ? [...] Que pouvais-je apporter de nouveau à ce qui avait déjà été fait notamment par des artistes beaucoup plus talentueux que moi ? » s'inquiète-t-il en préparant son périple, lui qui s'avère plus habitué au Mali ou au Burkina Faso, ses terrains de jeux photographiques favoris. C'est en plongeant dans ses souvenirs littéraires qu'Arnaud Rodamel trouve l'angle qu'il décide d'emprunter pour ramener ses clichés de Manhattan. Il décide de suivre l'itinéraire parcouru par Quinn, le personnage du tome 1 : La cité de verre de la trilogie new-yorkaise de Paul Auster dans les méandres du quartier le plus vivant du globe. En s'imposant la contrainte technique de n'utiliser que des focales entre 35 mm et 50 mm « pour restituer au mieux l'angle du champ de vision humain », Arnaud Rodamel a réalisé 47 photos en noir et blanc, chargées d'humanité(s) et concentrant toute l

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Trois premiers noms pour le Foreztival

Festival | Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui (...)

Nicolas Bros | Vendredi 1 février 2019

Trois premiers noms pour le Foreztival

Le Foreztival de Trelins fête sa 15e édition les 2, 3 et 4 août prochains. L'occasion de balancer de gros noms et ça commence déjà avec les trois premiers qui sont le rappeur Vald, Thérapie Taxi et Ska-P. Ça s'annonce chaud du côté du Forez cet été.

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