Les Djinns toniques

Alain Koenig | Mardi 2 juin 2015

Photo : DR


Une fois n'est pas coutume, autorisons le coq gaulois à se rengorger à la lecture du «programme commun» de l'Ensemble Vocal Universitaire et du Chœur de Femmes du Conservatoire Massenet. Véritable «Lagarde et Michard» à l'usage du choriste français, les deux ensembles enchaînent les joyaux d'un répertoire, étendard d'une sensibilité si particulière pour les oreilles étrangères. Fuyant l'invasion allemande en 1870, Gounod s'installe à Londres. C'est sur les bords de la Tamise qu'il compose Gallia, motet décrivant la Jérusalem détruite, métaphore d'un Paris en ruine, après la tragédie de la Commune. Dans le dernier mouvement, la soprano solo exhorte chœur et orchestre à espérer, dans un élan d'un rare et déchirant lyrisme. Deux pièces incontournables de Fauré prolongent la fête : les étranges et fantomatiques Djinns, ainsi que le bouleversant Cantique de Jean Racine, emblématique d'une musique française racée, subtile et recueillie. Claude Debussy avec «Trois Chansons de Charles d'Orléans», puis l'Ave Maria et le Dextera Domini de César Franck viendront clore ce programme exaltant et hexagonal. Mariette Wilson et Maëlle Defoin-Gaudet auront à cœur d'insuffler à leurs phalanges respectives les phrasés, la diction et les nuances d'un style typiquement français, que la plupart des ensembles vocaux de la planète ont désormais appris à maîtriser. Alain Koenig

Prog."Gallia" par le Groupe Vocal Universitaire et le Choeur de Femmes du Conservatoire Massenet, le 6 juin à 20h30 en l'Église de La Terrasse (Saint-Étienne) et le 7 juin à 17h en la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château


Groupe Vocal Universitaire + Chœur de Femmes du Cons. Massenet

"Gallia" Mus. voc. française de Debussy, Fauré, Gounod et Franck; dir. Mariette Wilson et Maëlle Defoin-Gaudet,
Eglise de La Terrasse 7 avenue de Verdun Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Groupe Vocal Universitaire + Chœur de Femmes du Cons. Massenet

"Gallia" Mus. voc. française de Debussy, Fauré, Gounod et Franck; dir. Mariette Wilson et Maëlle Defoin-Gaudet,
Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château Place des Fours Banaux Saint-Bonnet-le-Château
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Chapeau !

ARTS | ​Dernier témoin de l'activité chapelière de Chazelles-sur-Lyon, l'Atelier-Musée accueille la 13ème édition des Rencontres Internationales des Arts du Chapeau, poursuivant ainsi sa démarche de préservation et de valorisation des savoir-faire liés à la mode et au couvre-chef.

Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

Chapeau !

Le concours porté par l’établissement chazellois récompense cette année 11 créations parmi les 73 chapeaux reçus du monde entier. Sur le thème de la dualité, les œuvres candidates ont été minutieusement scrutées par un jury constitué du grand couturier Franck Sorbier et de trois modistes reconnus. Le palmarès met à l’honneur les Japonaises Svetlana Hattori et Mayumi Takeguchi, la Suissesse Eliane Schneider, les Allemands Felix Weber et Gudrun Sigloch et la Russe Inna Abramkina. Les artistes françaises ne sont pas en reste avec les propositions très remarquées de Béatrice De Beauvoir, Nelly Bichet, Nathalie Ecotière, Shoko Nakamoto et enfin Marion Clément, chapelière modiste stéphanoise qui reçoit le prix de l’innovation pour sa coiffe perruque avec masque intégré en fleurs découpées, réalisé en plastique transparent. Le 5 juin, les défilés chorégraphiés qui précédaient la remise des prix affichaient complets, mais les visiteurs pourront venir admirer les créations jusqu’à l’automne. Un même ticket donne accès à la fois à l'exposition temporaire et à la visite guidée du musée. Magnifiquement restauré dans l'esprit de l'usine, la chapellerie propose de découvrir les étapes de fabr

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Un premier nom de commissaire d'expo de la Biennale connu

Design | La 12e Biennale internationale design de Saint-Étienne 2021 devrait se tenir sur quatre mois (du 28 avril au 22 août 2021) - sous réserve que la (...)

Nicolas Bros | Vendredi 18 septembre 2020

Un premier nom de commissaire d'expo de la Biennale connu

La 12e Biennale internationale design de Saint-Étienne 2021 devrait se tenir sur quatre mois (du 28 avril au 22 août 2021) - sous réserve que la crise sanitaire ne s'en mêle pas - et aura pour thématique générale Bifurcations. Elle proposera 6 expositions. On connaît désormais le nom d'un des premiers commissaires : Franck Houndégla. Ce dernier invitera « différentes villes et campagnes africaines à exposer des projets » sur 800 m², selon Mélanie Burlet, responsable des contenus de la Biennale 2021. Franck Houndégla se caractérise comme étant un « concepteur spécialisé en scénographie, muséographie, design d'environnement, mise en valeur d’espaces publics et sites du patrimoine en France et à l’étranger. » Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon et doctorant en architecture, il a oeuvré notamment en tant que chef de projet chez l'architecte

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"Éléonore" : Aime ma sœur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d’amour, Éléonore accepte un job alimentaire d’assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l’intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l’interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l’export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l’amûr-jolie-madmoizel). Hors d’âge et relativement dispensable.

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Le ministère de la Culture ouvre une plateforme qui regroupe ses contenus gratuits

Confinement Covid-19 | Pour que le temps passe plus vite dans cette période de confinement, ministère de la Culture ouvre une plateforme avec de nombreux contenus disponibles. L'initiative s'appelle #Culturecheznous.

Nicolas Bros | Mercredi 18 mars 2020

Le ministère de la Culture ouvre une plateforme qui regroupe ses contenus gratuits

« Une seule règle, un seul message : restez chez vous ! » C'est le mot d'ordre pour toutes et tous et c'est ce que rappelle le ministère de la Culture via communiqué. Mais pour faire face à l'ennui ou à l'isolement, de nombreuses initiatives se mettent en place et ce ministère n'est pas en reste. La preuve avec l'initiative #Culturecheznous, une plateforme initiée par Franck Riester et ses équipes, qui recensera « toutes les offres culturelles numériques gratuites. » Au programme, visites virtuelles de musées et d'expos, podcasts, concerts en ligne, jeux, contenus éducatifs pour les enfants... Le site est d'ores et déjà en ligne à cette adresse : https://www.culture.gouv.fr/Culturecheznous

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"10 jours sans maman" : Décharge parentale

ECRANS | De Ludovic Bernard (Fr., 1h38) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David…

Vincent Raymond | Mercredi 19 février 2020

Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début… L’une des plaies modernes du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ni d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la méconnaissance charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la

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​Gémeaux

Jazz | Le Rhino Jazz(s) invite les illustres frères Moutin (Louis à la batterie et François à la contrebasse) à réaliser une résidence en trois actes, déployant leur (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

​Gémeaux

Le Rhino Jazz(s) invite les illustres frères Moutin (Louis à la batterie et François à la contrebasse) à réaliser une résidence en trois actes, déployant leur rythmique fusionnelle et leur synchronicité innée sur pas moins de trois concerts, en quintet ou en quartet, puis en collaboration avec les Conservatoires de Saint-Chamond et Saint-Étienne. L'occasion de retrouver quelques pointures comme Christophe Monniot (saxophone), Manu Codjia (guitare), Paul Lay (piano), Franck Pilandon (tenor) ou Gaspard Baradel (alto). Moutin Factory 5tet, Moutin Blowing 4tet, Moutin’s Musical Workshop, les 8-12-13 octobre à Firminy et Rive-de-Gier dans le cadre du Rhino Jazz festival

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Ballades en "strings"

Cordes en Ballades | Pour souffler les vingt bougies du festival Les Cordes en ballade, le Quatuor Debussy, programmateur et organisateur de l'événement, met les petits (...)

Alain Koenig | Mardi 2 juillet 2019

Ballades en

Pour souffler les vingt bougies du festival Les Cordes en ballade, le Quatuor Debussy, programmateur et organisateur de l'événement, met les petits plats dans les grands. D'Aubignas à Privas, les cordes se feront frapper, pincer ou frotter, tandis que le contre-ténor Daniel Gloger sera l'interprète d'un opéra de poche dans une crypte (Fabula, l'Opéra de Poche). Les Cordes en ballade, jusqu'au 14 juillet

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Des talents se révèlent

Tremplin | À vos radios ! Dix artistes ligériens concourent pour devenir la "révélation 2019 de la musique". Au programme : du rap, de la pop, de la (...)

Antoine Desvoivre | Mercredi 29 mai 2019

Des talents se révèlent

À vos radios ! Dix artistes ligériens concourent pour devenir la "révélation 2019 de la musique". Au programme : du rap, de la pop, de la chanson française, du talent et des jeunes artistes qui espèrent donner un coup de pouce à leur carrière. Vous pouvez les découvrir chaque jour à 18h sur les ondes de France Bleu et récompenser de votre vote celui qui vous aura conquis. Le vainqueur se verra ouvrir les portes de la finale régionale des "révélations France Bleu Auvergne Rhône-Alpes". Si vous voulez en savoir davantage et donnez votre voix à l'un des artistes, rendez-vous sur cette page. Les votes peuvent s'effectuer jusqu'au 9 juin.

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"Mais vous êtes fous" : De la poudre aux yeux

ECRANS | De Audrey Diwan (Fr. 1h35) avec Pio Marmai, Céline Sallette, Carole Franck…

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Dentiste apprécié, mari et papa aimant, Roman cache sa cocaïnomanie. L’une de ses fillettes étant victime d’une surdose, la police et les services sociaux débarquent : la famille entière se révélant positive à la drogue, Les enfants sont placés. Et l’image du bonheur parfait se pulvérise… Audrey Diwan a tiré son argument d’une histoire vraie en modifiant, comme le veut la coutume, les noms et situations des protagonistes afin qu’ils ne soient pas identifiables. De ce fait divers à énigme qui aurait pu ne tenir qu’un court métrage — en clair, comment ont-ils tous pu être contaminés par le père ; ce dernier les a-t-il délibérément empoisonnés ? —, la cinéaste a su étoffer son propos en composant un film où l’addiction prend des significations supplémentaires et se transforme en bombe à fragmentation. S’ouvrant sur la dépendance aux stupéfiants, le drame bifurque en effet vers un récit centré autour du manque : celui éprouvé par des parents privés de leur progéniture, et puis surtout celui que les deux amants Roman et Camille officiellement séparés ressentent l’un pour l’autre et q

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La corde sensible

Chanson | Quand je pense à Fernande, je pense aussi à Pauline Dupuy : l’un des plus beaux hommages que la scène française ait pu rendre à Georges Brassens depuis le (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

La corde sensible

Quand je pense à Fernande, je pense aussi à Pauline Dupuy : l’un des plus beaux hommages que la scène française ait pu rendre à Georges Brassens depuis le jour où celui-ci cassa sa pipe. Quelques-uns s’y sont collés, avec plus ou moins de réussite. Loin de l’humour hyper décalé du groupe The Brassens (rebaptisé La Pompe Moderne suite à une plainte d’Universal), Pauline se réapproprie de façon très personnelle le répertoire du moustachu sétois, réussissant le double challenge de mettre en avant le sens de la mélodie du guitariste et la richesse des textes du poète. Dans un profond respect de l’œuvre originale, la chanteuse et contrebassiste y apporte toute sa fraîcheur. Que ceux qui ont déjà croisé la route de Contrebrassens ne se détournent pas de cette nouvelle date, Pauline Dupuy se produira cette fois-ci en quartet, donnant une nouvelle dimension à son tour de chant avec le multi-instrumentiste Michael Wookey et le duo de cuivres Art Deko, déjà sollicité par Thomas Fersen. Contrebrassens, samedi 16 février à 20h30 au Château du Rozier à Feurs

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Tout un plat

Classique | C’est à l’hiver de sa vie, en Bretagne, qu’Alexandre Dumas père rédige ce condensé d’imaginaire hypergueusique et d’autobiographie culinaire, le Grand (...)

Alain Koenig | Mardi 5 février 2019

Tout un plat

C’est à l’hiver de sa vie, en Bretagne, qu’Alexandre Dumas père rédige ce condensé d’imaginaire hypergueusique et d’autobiographie culinaire, le Grand Dictionnaire de Cuisine. Chien, autruche, kangourou, baleine ou dauphin, tout se rôtit ou se mitonne à l’escabèche ou à la Dugléré… Dumas s’y insurge aussi contre la « pratique barbare » du gavage des oies, combat prémonitoire de la "bien-pensance" contemporaine. On rit beaucoup, on salive -ou pas- en lisant la recette du "lapin cuit dans sa peau". Alors qu’on attendait naturellement la toque croustillante d’un Rossini, pour mettre en musique cet ana hors du commun, c’est vers un autre bon-vivant que Philippe Forget dirige le mélomane. Dans la Cuisine d’Offenbach, le spectacle musical étoilé au Guide Michelin, déglace le génial talent du Quatuor Debussy, effile les solistes chanteurs de la Compagnie Orphéon et fait monter au beurre la tension zygomatique : Orphée aux Enfers, Les Brigands, La Vie Parisienne ou La Périchole, bottes secrètes d’un spectacle haut en saveurs du génial marmiton, du Mozart des Champs-Elysées, du délicieux juif errant (ne dirait-on pas

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To be or not be

Classique | Lorsqu’il succombe au subtil Je ne sais quoi de l’actrice Harriet Smithson, l’impétueux Berlioz se doute-t-il qu’il s’engage dans un cycle romantico - (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 janvier 2019

To be or not be

Lorsqu’il succombe au subtil Je ne sais quoi de l’actrice Harriet Smithson, l’impétueux Berlioz se doute-t-il qu’il s’engage dans un cycle romantico - narcissique dont il aura du mal à s’extraire ? Il incombera à Pierre Bleuse, jeune chef et lui-même compositeur, de résoudre cette insondable énigme. On ne présente plus La Mer de Debussy, à l’impressionnisme figuratif, dont les embruns remonteront, en ce début d’année, les courbes du Furan Un concert augurant d’une nouvelle année symphonique pleine d’épistémè. Hommage à Debussy, vendredi 11 janvier 2019 à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Logar : « Ma musique prend son temps »

MUSIQUES | Avec A year in a Life, Clément Faure a sorti un premier album folk sous le nom de Logar. Un disque fin, qui se laisse déguster avec plaisir. Une des très belles surprises de cette année qui se produira au Pax mais également dans les médiathèques de Montbrison et Saint-Just-Saint-Rambert en novembre. Rencontre avec cet auteur-compositeur-interprète originaire de la Loire.

Nicolas Bros | Mercredi 7 novembre 2018

Logar : « Ma musique prend son temps »

Quel est votre parcours jusqu'à Logar ? J'ai commencé en autodidacte. C'est mon père qui m'a d'abord montré comment on fait un mi mineur. Il y a à peu près vingt cinq ans... Ensuite j'ai essayé de repiquer toute la musique que j'entendais passer à la maison, en déchiffrant les notes et les sons. Puis, comme je suis de Montbrison, je suis arrivé au GAMM, une école de musique, dans laquelle j'ai rencontré Geoffroy Barthélémy. Il m'a proposé de l'accompagner pour son projet. J'avais alors seize ou dix-sept ans. J'ai également accompagné pour Pierrick Vivarès avec qui je joue toujours. Enfin, j'ai intégré l'ENM de Villeurbanne et le CRA.P où j'ai pu approfondir mes connaissances des musiques actuelles. Pourquoi avoir monté ce projet-là ? J'ai joué pour beaucoup de monde et j'avais des histoires à raconter. J'avais envie d'écrire mes chansons. C'était en 2012. En 2014, il y a eu un premier EP sorti de manière assez confidentielle. Il s'intitule Seasons et constitue la colonne vertébrale de l'album A year in a life sorti en 2018. Avec cette envie de tourner autour de ce thème hyper cyclique des saisons qui ryt

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Dubois dormant

Classique | Le centenaire de l'Armistice de 1918 offre la double occasion d'exhumer un répertoire musical couché sur papier acide, comme d'offrir une page blanche à de (...)

Alain Koenig | Mercredi 31 octobre 2018

Dubois dormant

Le centenaire de l'Armistice de 1918 offre la double occasion d'exhumer un répertoire musical couché sur papier acide, comme d'offrir une page blanche à de nouveaux compositeurs. L'exercice est un équilibre fragile. Les images sépia se floutent au fil des ans, évoquant trop souvent un coq et une Gaule surannés. Trois œuvres au programme : Gallia, superbe motet composé à Londres en 1871 par Charles Gounod. Il y est question de Jérusalem détruite, métaphore d'un Paris en ruine après le désastre de la Commune. La postérité de Théodore Dubois, quant à elle, est inversement proportionnelle aux honneurs qu'il connut de son vivant. Directeur du Conservatoire de Paris, Prix de Rome, académicien, le réel regain d'intérêt pour sa prolifique musique peine à poindre dans sa Messe de la Délivrance, tant l'emphase répond à un cahier des charges très... patriotique. Le pari était risqué pour le compositeur Pascal Descamps de créer ses Chants d'Argonne sur le même thème. Le bijou brille pourtant de mille feux, retraçant sur trois tableaux, le parcours d'un jeune "poilu", dont on ne comprend que tardivement qu'il est mort au combat. Comme toujours, les thèmes magiques

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Étoiles, étoiles

Festival musique contemporaine | Le télescope magique du Corbusier offre à la deuxième biennale de musique vocale contemporaine - Festyvocal - son écrin naturel. Geneviève Dumas, parrainée par Daniel Kawka, a pour la constellation d’Orion les yeux de Chimène.

Alain Koenig | Mardi 2 octobre 2018

Étoiles, étoiles

Le maître-mot de l'édition 2018 est assurément la création chorale. Après les célestes Poèmes étoilés de Pascal Descamps en 2016, le poème Télescopes versifiés du jeune poète-musicien Jean Massard, endosse la lourde responsabilité d'inspirer les postulants au concours de composition, organisé pour cette deuxième édition. Pierre Badol, corniste de métier, et vainqueur de l'épreuve, ouvrira donc le bal, avec sa mise en musique du superbe texte. Les autres candidats auront également l’honneur d'être incarnés vocalement par le choeur d'application du festival, composé du Choeur Ondaine, de choristes indépendants et d'étudiants. Artmilles, phalange féminine d’exception, proposera, en miroir, une autre création mondiale avec Nos étoiles mêlées de Nicolas Allemand. Professionnels "en béton" Reprenant son souffle après cette luxueuse première, Festyvocal invite trois chœurs de professionnels aguerris : le très "contemporain" New London Chamber Choir, avec la création de Julien Le Hérissier Tes yeux - tes monts - ton âme, le groupe Alter Écho présentant une autre version des Télescopes versifiés, composée par Luis Ernesto

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Sacha, c'est show

Classique | Rescapé de la télé-réalité, le jeune Sacha Morin administre la preuve par neuf que la valeur n'attend pas le nombre des années. Par sa sensibilité, ses (...)

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Sacha, c'est show

Rescapé de la télé-réalité, le jeune Sacha Morin administre la preuve par neuf que la valeur n'attend pas le nombre des années. Par sa sensibilité, ses phrasés, sa musicalité, ce vieux pianiste de 14 ans déjà, imprime sa très sûre griffe, à l'éternelle jeunesse de Haydn et de Debussy. Sacha Morin, jeudi 12 octobre à 18 h 30, à l’Hôtel du Département Réservations obligatoires www.loire.fr/culture

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Cordes en Ballade, le festival vagabond

Cordes en Ballade (Ardèche) | Pour sa 19ème édition, le festival Les Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mardi 4 juillet 2017

Cordes en Ballade, le festival vagabond

Ce festival de musique classique itinérant ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse Cordes en Ballade ne peut que séduire : "cultures en harmonie", où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières ? Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous invitent à un moment de métissage musical, entre un orient et un occident aux sonorités chaudes, aux influences multiples. Un autre soir, à l’église Saint-Louis de Villeneuve de Berg, c’est une autre hi

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Clap doo wap

Mélange | Compagnie des musiques à voir, La Baroufada est née à Saint-Étienne en 2005 sous l’impulsion du percussionniste Franck Desmurs, lequel assure la (...)

Niko Rodamel | Mercredi 1 mars 2017

Clap doo wap

Compagnie des musiques à voir, La Baroufada est née à Saint-Étienne en 2005 sous l’impulsion du percussionniste Franck Desmurs, lequel assure la direction artistique de nombreux projets menés par un collectif à géométrie variable composé de musiciens, compositeurs, chanteurs, comédiens et danseurs. Depuis douze ans les spectacles et les collaborations se sont multipliés, en salle et dans la rue, à la croisée du théâtre, de la danse et de la musique. La règle d’or est la récupération et le détournement d’objets, la recherche de sons nouveaux et l’élaboration de mises en scène inédites. Après deux résidences de création (en février au Chambon Feugerolles puis en mars au Fil), la Baroufada dévoile sa nouvelle création, Anatomix, mélange de musiques corporelles, de sons électros, de vidéos et de chant, questionnant les interactions qui se jouent entre l’Homme et la machine, entre body electro pop music et intelligence artificielle. À découvrir en famille le 31 mars 2017 à l'Espace Culturel Albert Camus du Chambon-Feugerolles.

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Good Luck Algeria

ECRANS | Critique du film Good Luck Algeria de Farid Bentoumi (Fr, 1h30) avec Sami Bouajila, Franck Gastambide, Chiara Mastroianni…

Vincent Raymond | Mercredi 30 mars 2016

Good Luck Algeria

Aux origines, une belle histoire… qui donne naissance à un film joliment ourlé. Pas si fréquent sous nos latitudes, alors qu'Hollywood est coutumier de ces contes exaltant le dépassement de soi, forgés à partir d’un exploit individuel accompli dans un cadre absurde. Comparable au mémorable Rasta Rocket (1994) et voisin de Eddie the Eagle (narrant le parcours du premier sauteur à ski olympique britannique, en avril sur les écrans), Good Luck Algeria s’inspire des rocambolesques péripéties du frère du réalisateur, un Rhônalpin désireux de concourir pour les JO et “promené” par les responsables de la fédération algérienne de ski, moins intéressés par l’athlète que par l’aubaine d’une subvention à détourner — des notables ici moqués avec causticité. À partir de l’anecdote familiale, Farid Bentoumi tisse un scénario plus complexe, où le résultat devient annexe, le défi seul étant prétexte à une redécouverte par le héros, Sam, de ses origines doubles ainsi qu’à une mise à plat des rapports entre lui, son père et ses oncles restés au bled. Si pour la course Sam affiche son attachement au drapeau paternel (ses racines retro

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Vingt ans d'assaut, session 2

ARTS | À quelques pas de la gare de Carnot, il est un lieu pas forcément connu du grand public stéphanois, en dehors bien sûr des habitués des réseaux de l’art (...)

Niko Rodamel | Mardi 29 septembre 2015

Vingt ans d'assaut, session 2

À quelques pas de la gare de Carnot, il est un lieu pas forcément connu du grand public stéphanois, en dehors bien sûr des habitués des réseaux de l’art contemporain. Pourtant, L’Assaut de la Menuiserie souffle sa vingtième bougie au 11 de la rue Bourgneuf. Ancienne menuiserie réaménagée en atelier côté cour, puis en galerie d’exposition côté rue, le local a tout d’abord servi de vitrine aux artistes membres fondateurs de l’association, avant d’y inviter d’autres plasticiens pour des expos temporaires. Et le chemin a été long avant que l’Assaut trouve un fonctionnement économique durable permettant aux artistes d’être accompagnés et exposés sans apport financier personnel. Forte de vingt années d’expérience, l’équipe ambitionne de faire un jour de la Menuiserie un Centre d’Art. Pour ses vingt ans, l’Assaut de la Menuiserie a programmé deux expositions sur deux mois. Après celle de septembre, la seconde session réunira en octobre cinq artistes (Christophe Vailati, Jérôme Mayer, Franck Lestard, Armand Lestard et Bayrol Jiménez) pour une création protéiforme commune qui sera réalisée en quelques jours (ouvert au public), avant d’être exposée la semaine suivante. Le

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La Chartreuse de Charme

MUSIQUES | Le mélomane, assoiffé de spiritualité, gagnera son élévation ce mois-ci, en marchant sur les chemins du monastère chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. Autour du (...)

Alain Koenig | Mardi 1 septembre 2015

La Chartreuse de Charme

Le mélomane, assoiffé de spiritualité, gagnera son élévation ce mois-ci, en marchant sur les chemins du monastère chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. Autour du thème "L'esprit du chant", les Musicales de Sainte-Croix se déploient cette année sur trois dimanches, durant lesquels la fine fleur du chant rhônealpin viendra baguenauder autour des ermitages. L'Ensemble Tarentule, tout d'abord, vaut à lui seul l’ascension du Pilat, d'autant plus qu'il s'adonnera à son répertoire de prédilection: la musique a cappella de la Renaissance et ses trésors. L'Octuor de l'Orchestre National de Lyon et ses quatre solistes proposeront leur vision du très sombre Octuor à vent en ut mineur KV.388 de Mozart. L'oeuvre témoigne de l'engouement de l'époque pour une formation dont le répertoire comporte, certes, des œuvres originales, comme les sérénades de Mozart, mais qui, depuis la création de l'Harmonie Impériale par Joseph II, permettaient, bien avant l'invention du MP3 de rejouer des transcriptions d'airs que fredonnait le passant viennois, comme les opéras ou les symphonies. De talentueux chanteurs lyonnais, dont l'excellent Paul-Henry

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Le pré carré d'Hermès

MUSIQUES | Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir (...)

Alain Koenig | Mardi 2 juin 2015

Le pré carré d'Hermès

Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir transmis sa séquence ADN à des sacs à main, fut aussi le messager des dieux de l'Olympe, l'icône des alchimistes et de l'hermétisme. Il prête ici son patronyme terrestre à un duo de charme. Nathalie Cornevin à la harpe et Valérie Perrotin à la flûte traversière insuffleront vie à un répertoire souvent oublié des compositeurs : tout le monde ne s'appelle Mozart dans la genèse du répertoire. Les deux complices n'hésitent donc pas à recourir à la transcription lorsque le compositeur fait défaut. De sa madeleine bretonne, Valérie Perrotin réveillera le souvenir du compositeur le plus océanique du siècle dernier : Jean Cras. Juste retour du Gulf Stream pour ce marin-compositeur dont les œuvres - ici une Suite en concert- pleines de poésie laissent parfois douter du bien-fondé de certaines postérités... Jean-Sébastien sera bien sûr convié à ce dîner aux chandelles avec une transcription de sa Sonate en sol mineur. Saint-Saëns, trop souvent «boudi-boudé» en France, sera l'objet de tous les égards de nos duettistes avec sa

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français — Camille redouble — conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule — ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès est

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Steak (R)évolution

ECRANS | De Franck Ribière (Fr, 2h10) documentaire

Christophe Chabert | Mercredi 12 novembre 2014

Steak (R)évolution

Le projet peut paraître gonzo, mais il est plus malin qu’il n’y paraît : Franck Ribière, qui a grandi dans une famille d’éleveurs, en a gardé une passion pour la viande de bœuf, et décide de partir caméra au poing à la recherche du meilleur steak du monde. Un itinéraire qui l’emmène de l’Amérique au Japon, de l’Argentine au Brésil, de l’Italie à l’Espagne, soit autant de rencontres avec des éleveurs, des bouchers et des chefs pour qui la viande est une affaire sérieuse qui nécessite du temps, de l’amour et une véritable philosophie. Avec le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec comme guide éclairé, Ribière accouche d’un film dont la plus grande qualité est d’être autant pédagogique que joyeux, instructif que festif. Pas question de s’apitoyer sur quoi que ce soit, ni de dénoncer ceux qui font mal leur boulot — même si on voit apparaître en transparence le spectre d’un fiasco de l’agriculture industrielle ; ici, il s’agit d’affirmer le plaisir d’une viande de qualité, produite selon des méthodes respectueuses des écosystèmes et des paysages. Et surtout d’y goûter : les instants de dégustation vont faire saliver même le plus ardent des vegan sans pour autant lui donner

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Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Barbecue

Le concept — une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc — pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l’air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d’un des mecs riches présents sur l’écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n’en as pas, ben t’es qu’un gros raté. On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu’elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque — exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre — la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l’autre : vive la sociale ! Christophe Chabert

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Boule et Bill

ECRANS | De Alexandre Charlot et Frank Magnier (Fr, 1h30) avec Marina Foïs, Frank Dubosc, Charles Crombez...

Jerôme Dittmar | Mardi 26 février 2013

Boule et Bill

La BD et le cinéma français, c'est un peu l'échec permanent. Pour preuve encore Boule & Bill, prévisible catastrophe industrielle vu le matériau d'origine. Mais ce qui étonne le plus dans cette adaptation, c'est sa capacité à décevoir. Car Boule et Bill le film n'est pas la comédie neuneu pour marmots à laquelle on pouvait s'attendre. Oui il y a quelques gags mais qui tombent tous à plat. Oui on entend la voix du chien qui pense et c'est navrant. Le plus curieux, c'est que les auteurs du film se foutent presque de Roba et sa mythologie, reléguée aux cinq dernières minutes. Ils préfèrent s'intéresser à l'époque où la BD vivait son heure de gloire, tournant un film rétro au look bâtard sur l'émancipation de la femme dans la France des années 70. Seule compte ainsi la mère, héroïne d'un film pensé comme une préquelle réflexive à la BD, où le père serait Roba découvrant son inspiration après avoir fuit la cité dortoir où sa famille s'était installée. Nul, et à la fois limite intriguant. Jérôme Dittmar

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Comme les rois mages en Galilée…

MUSIQUES | Noël, ses crèches, ses fragrances de résine et de cannelle qu’essaime le traîneau du Père Noël bat tous les ans le rappel des ensembles vocaux du monde chrétien. La Loire n’est pas en reste. Penchons-nous sur notre petite étable… Alain Koenig

Alain Koenig | Jeudi 15 novembre 2012

Comme les rois mages en Galilée…

Honneur aux dames. Au château de Bouthéon, le 9 décembre à 17 heures, les rois mages auront le parfum des anges. Le titre de ce concert, interprété par l’ensemble féminin «Mora Vocis», laisse entrevoir une soirée d’exception où le public, à la faveur des bougies goûtera au spirituel et à la sensualité des voix célestes. Grâce à une amplitude historique de plus de quatre siècles, nous passerons tour à tour du grégorien aux premières grandes polyphonies des XIIème et XIIIème siècles, pour accéder à des œuvres plus tardives, dont un Gloria du manuscrit de Chypre du début du XVème siècle. Des voix pures et envoûtantes restitueront la palette sonore d’un répertoire trop peu joué en raison de sa grande difficulté, et de l’érudition musicale nécessaire à son interprétation. Dieu soit loué - c’est le cas de le dire - il n’est pas nécessaire d’être érudit, ni croyant pour goûter aux délices de ce chant sacré! Le 21 décembre, au Chambon-Feugerolles à 20h30, le sympathique «Chœur de l’Ondaine» mené par la dynamique Geneviève Dumas mettra à l’honneur le musicien des têtes couronnées de la famille Windsor, le compositeur préféré de Stéphane Bern, John Rutter soi-même.

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Les Seigneurs

ECRANS | D’Olivier Dahan (Fr, 1h37) avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Ramzy, JoeyStarr, Gad Elmaleh, Franck Dubosc…

Christophe Chabert | Vendredi 21 septembre 2012

Les Seigneurs

Typique du cinéma industriel qui se développe en ce moment dans l’Hexagone, Les Seigneurs est avant tout un film de producteur, en l’occurrence l’ancien comédien Isaac Sharry. Olivier Dahan, certes réalisateur de La Môme mais qu’il avait tourné juste après une commande déjà bien foireuse pour Luc Besson (Les Rivières pourpres 2), ne vient donc qu’apporter sa griffe à un récit archi-calibré (en gros, un entraîneur à la dérive est engagé pour s’occuper d’une équipe de dernière zone sur l’île de Molène, Bretagne, et convainc tous ses anciens camarades de renfiler les gants pour défendre l’usine menacée de fermeture). Le problème, c’est que Dahan est plus une erreur de casting qu’un atout : il ne sait manifestement pas mettre en scène de la comédie, sinon en surdécoupant le jeu de ses comédiens ou en les cadrant large quand ils font leur numéro, et en jouant sur des effets qui rappellent rien moins que Les Fous du stade avec Les Charlots. Quant au foot, n’en parlons même pas — de toute façon, seul Carlos Reygadas a su le filmer dans Batalla en el cielo. Dès qu’il esquisse un pas de côté vers la chronique sociale ou l’émotion, on sent Dahan

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