La Chartreuse de Charme

Alain Koenig | Mardi 1 septembre 2015

Photo : © Christophe Charpenel


Le mélomane, assoiffé de spiritualité, gagnera son élévation ce mois-ci, en marchant sur les chemins du monastère chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. Autour du thème "L'esprit du chant", les Musicales de Sainte-Croix se déploient cette année sur trois dimanches, durant lesquels la fine fleur du chant rhônealpin viendra baguenauder autour des ermitages. L'Ensemble Tarentule, tout d'abord, vaut à lui seul l'ascension du Pilat, d'autant plus qu'il s'adonnera à son répertoire de prédilection: la musique a cappella de la Renaissance et ses trésors. L'Octuor de l'Orchestre National de Lyon et ses quatre solistes proposeront leur vision du très sombre Octuor à vent en ut mineur KV.388 de Mozart. L'oeuvre témoigne de l'engouement de l'époque pour une formation dont le répertoire comporte, certes, des œuvres originales, comme les sérénades de Mozart, mais qui, depuis la création de l'Harmonie Impériale par Joseph II, permettaient, bien avant l'invention du MP3 de rejouer des transcriptions d'airs que fredonnait le passant viennois, comme les opéras ou les symphonies. De talentueux chanteurs lyonnais, dont l'excellent Paul-Henry Vila, revisiteront La Flûte Enchantée en seconde partie de concert. Enfin, l'Ensemble Emelthée, accompagné de l'Ensemble Orchestral du festival, proposera un recueillement ad hoc, grâce au très zen Requiem, et au très mystérieux Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré. Alain Koenig

Les Musicales de Sainte-Croix-en-Jarez, du 13 au 27 septembre

Légende photo : L'Ensemble Emelthée


Chants Renaissance

Oeuvres de Monteverdi, Marenzio, de Bertrand et Sweelinck, par l'Ens. Tarantule - C. Meens (sop), C. Gallois (alto), F. Baffi (basse) et X. de Lignerolles (tén.)
Eglise de l'Ancienne Chartreuse Le Village Sainte-Croix-en-Jarez
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


W. A. Mozart - autour de la Flûte enchantée, sérénade en do mineur pour oct. à vent

Par l'Octuor de l'Orchestre National de Lyon, solistes : P. Obrecht (sop), P.H. Vila (bar.-basse), P. Stupenengo (bar.-basse), P. Forget (tén.)
Eglise de l'Ancienne Chartreuse Le Village Sainte-Croix-en-Jarez
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gabriel Fauré : Requiem + Cantique de Jean Racine

Par le Choeur Emelthée (dir. Marie-Laure Teissèdre) et l'Ens. orch. des Musiciens Fidèles des Musicales de Sainte-Croix
Eglise de l'Ancienne Chartreuse Le Village Sainte-Croix-en-Jarez
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"Éléonore" : Aime ma sœur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

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Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d’amour, Éléonore accepte un job alimentaire d’assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l’intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l’interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l’export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l’amûr-jolie-madmoizel). Hors d’âge et relativement dispensable.

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Design-moi un demi-ton !

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Alain Koenig | Mardi 5 février 2019

Design-moi un demi-ton !

Ayant longtemps réchauffé le coeur des amoureux, littéralement, "transis" de musique de chambre, la Petite Saison du SyLF pose ses bagages dans la très "conceptuelle" et bien chauffée Cité du design, ce dont vos membres inférieurs, assurément, vous sauront gré. Troquant l’autel de la consumation pour celui de la consommation, ce nouvel écrin conserve pourtant en lieu sûr, l’éclat de la gemme. Le brunch se met, lui aussi, au "goût" du jour. Il gagne en appétence conceptuelle ce qu’il perd en "agapes uderziennes ". Dans ses quartiers d’hiver, le concert intitulé Les grands designers de la musique établira les parallèles entre design et musique classique, où les précurseurs établissent un standard dans lequel s’engouffre l’armée des "suiveurs", créant ainsi modes et styles… La démonstration s’appuiera sur les célèbres trend setters incarnés en leur temps par Mozart, Haydn, Vivaldi ou Schubert. Dans leur sillon, les spin off d’antan furent légion, et leur musique, sans toujours atteindre le pinacle, mérite une ré-écoute attentive, dans sa forme comme son esthétique. Vous prendrez bien une petite coupe de Corelli ou de Salieri avant le brunch ?

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Libre Échange

Opéra bouffe | Dix ans à peine que Cosi Fan Tutte a quitté l'affiche de l'opéra de Saint-Étienne. Sempiternel questionnement de la fidélité amoureuse, qui de Plaute à Molière, (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 janvier 2019

Libre Échange

Dix ans à peine que Cosi Fan Tutte a quitté l'affiche de l'opéra de Saint-Étienne. Sempiternel questionnement de la fidélité amoureuse, qui de Plaute à Molière, Shakespeare à Marivaux ou de Dauvergne à Da Ponte secoue l'humanité, mis en musique par le plus "théophile" des compositeurs. Musicalement, le sextuor de l'acte 2 reste un sommet de l'art du magicien de Salzbourg. Une distribution jeune et fraîche, une mise en scène pétulante et colorée devraient séduire l'initié comme le profane. Cosi Fan Tutte, du 1 au 5 février à l'Opéra de Saint-Étienne

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En pleine lumière

Vitraux | Henri Guérin et Le Corbusier ont eu en commun le fait d’avoir placé l’un comme l’autre la lumière au centre de leurs préoccupations artistiques. La (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 décembre 2018

En pleine lumière

Henri Guérin et Le Corbusier ont eu en commun le fait d’avoir placé l’un comme l’autre la lumière au centre de leurs préoccupations artistiques. La Ville de Firminy avec le Site Le Corbusier ainsi que le village de Sainte-Croix-en-Jarez rendent hommage, dix ans après sa disparition, au prolifique créateur que fut le peintre-verrier. Henri Guérin a en effet laissé derrière lui une œuvre riche de plusieurs centaines de vitraux, de nombreux dessins à la gouache ou à l’encre de Chine, de tapisseries ou encore de textes. L’exposition Lumière(s) se joue en trois temps et trois lieux. Une double-exposition vient prolonger le premier volet que fut Le chemin de croix, mettant en avant les différents chemins esthétiques empruntés par l’artiste. Les salles basses de l’Église Saint-Pierre abritent le programme Patience de la main, tandis que la troisième partie du triptyque, Paysages notre berceau, prend place au sein même de la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez. Visites guidées, projections et ateliers sont proposés jusqu’au 3 mars aux visiteurs pour qui l’accès libre aux expositions ne suffirait pas. Henri Guérin, Lumière(s)

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Logar : « Ma musique prend son temps »

MUSIQUES | Avec A year in a Life, Clément Faure a sorti un premier album folk sous le nom de Logar. Un disque fin, qui se laisse déguster avec plaisir. Une des très belles surprises de cette année qui se produira au Pax mais également dans les médiathèques de Montbrison et Saint-Just-Saint-Rambert en novembre. Rencontre avec cet auteur-compositeur-interprète originaire de la Loire.

Nicolas Bros | Mercredi 7 novembre 2018

Logar : « Ma musique prend son temps »

Quel est votre parcours jusqu'à Logar ? J'ai commencé en autodidacte. C'est mon père qui m'a d'abord montré comment on fait un mi mineur. Il y a à peu près vingt cinq ans... Ensuite j'ai essayé de repiquer toute la musique que j'entendais passer à la maison, en déchiffrant les notes et les sons. Puis, comme je suis de Montbrison, je suis arrivé au GAMM, une école de musique, dans laquelle j'ai rencontré Geoffroy Barthélémy. Il m'a proposé de l'accompagner pour son projet. J'avais alors seize ou dix-sept ans. J'ai également accompagné pour Pierrick Vivarès avec qui je joue toujours. Enfin, j'ai intégré l'ENM de Villeurbanne et le CRA.P où j'ai pu approfondir mes connaissances des musiques actuelles. Pourquoi avoir monté ce projet-là ? J'ai joué pour beaucoup de monde et j'avais des histoires à raconter. J'avais envie d'écrire mes chansons. C'était en 2012. En 2014, il y a eu un premier EP sorti de manière assez confidentielle. Il s'intitule Seasons et constitue la colonne vertébrale de l'album A year in a life sorti en 2018. Avec cette envie de tourner autour de ce thème hyper cyclique des saisons qui ryt

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Là-bas, là-bas, dans la montagne...

Festival classique | Les Musicales de Sainte-Croix-en-Jarez n'en finissent pas de ravir le chartreux, ses ermitages, ses visiteurs, tutoyant les étoiles, élevant l'âme, (...)

Alain Koenig | Mardi 4 septembre 2018

Là-bas, là-bas, dans la montagne...

Les Musicales de Sainte-Croix-en-Jarez n'en finissent pas de ravir le chartreux, ses ermitages, ses visiteurs, tutoyant les étoiles, élevant l'âme, toujours. L'édition 2018 entend semondre un triumvirat de rêve : Schumann, Schubert et l'indispensable Wolfgang. Le programme invite paradoxalement au péché, un comble en ces lieux ; de gourmandise, naturellement. C'est avec le génial trublion que s'ouvrira l'ascension vers les cimes : la mort du "commandeur" Leopold, son père, coach fusionnel et tyrannique, point entre les lignes de la partition. On ne présente plus la deuxième partie du concert : le célébrissime Quintette pour clarinette K581, une des plus belles pages du maître "maçon" de Vienne. Puis vient le Quintette à deux violoncelles D.956 de Schubert. Ce dernier se sait condamné par le mal silencieux, et compose ces pages, un peu lunatiques parfois, mais toujours magnifiques. Enfin c'est à Schumann qu'incombe de clore l'escalade spirituelle. Le rayonnant Quatuor en la mineur Op.41 invite à un apaisement bienvenu, tandis que le Quintette avec piano en mi bémol majeur Op.44, créé avec sa musicienne d'épouse Clara au piano, nous invite au vo

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Tête de Turc

MUSIQUES | Donné en mars 2009, Saint-Étienne remet ce tube de Mozart à l'affiche. Deux couples d'amants " troquent " leurs conjoints respectifs pour des masques (...)

Alain Koenig | Mardi 4 septembre 2018

Tête de Turc

Donné en mars 2009, Saint-Étienne remet ce tube de Mozart à l'affiche. Deux couples d'amants " troquent " leurs conjoints respectifs pour des masques exotiques. La Turquerie fait fureur au XVIIIe siècle, et donne à Mozart, comme d'autres avant lui, l'occasion d'évaluer la " constance " du serment amoureux, encadrée de sages personnages plébéiens. Venu du fond des âges, de Plaute à Molière, de Beaumarchais à Marivaux, on ne se lasse pas du chef-d’œuvre du génial trublion Wolfgang-qui-aime-Dieu. Ce dernier le lui rend bien. Così Fan Tutte de Mozart, du 1er au 5 février à l'Opéra de Saint-Étienne

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Les nuits sans Kim

Classique | Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, (...)

Alain Koenig | Mardi 6 mars 2018

Les nuits sans Kim

Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, interprètes fétiches de votre discothèque idéale. Mozart et Ravel ("Who else ?") au menu de cette rencontre au sommet, portée à la baguette par un autre Roi...David. Concertos pour piano / Mozart, Ravel, jeudi 29 mars à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Au Bonheur des Gammes

Les Musicales de Pommiers (Loire) | Villégiature estivale des frères La Marca, et de leurs amis, le beau prieuré de Pommiers met en scène une galerie de portraits très "bankables". Notre "Pommiers" sera-t-il, cet été, vraiment en fleur ?

Alain Koenig | Mardi 4 juillet 2017

Au Bonheur des Gammes

Incontournable égérie de l'opera seria made in France, star du trident, du casque à pointe, version plumes ou hauts-de-chausses, notre Farinelli de Saint-Germain, Philippe Jaroussky soi-même, foulera cet été le sol ligérien à Pommiers-en-Forez. Déferlement médiatique assuré. La billetterie risque d'imploser. « À vos marques. Prêts. Réservez. » On vous aura prévenus... Un programme loin des machines de scène baroques, puisque dédié aux mélodies et chansons françaises : Debussy et Hahn, miel du musicologue, mais aussi, Fauré, Ferré, Trénet, Brassens... La "Comédie" fraîchement ouverte, sèchera ses plâtres au son de la voix d'ange du plus célèbre contre-ténor gaulois. Autre date saillante : un "boeuf" exécuté par la crème de la crème de l'ivoire et des cordes français, autour de Jean-Sébastien Bach : Brandebourgeois, concertos et divers entremets, au menu participatif de ce concert autour d'un food truck... Adam Laloum, habitué des scènes ligériennes, marchera dans le sillage de Kempf, Brendel ou Argerich pour évoquer tour à tour, la gravité ou légèreté idoines, des sonates de Schubert et Beethoven. Une autre "folle soirée" - tendance forézienne

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La Voix du Mort

Opéra | Le Requiem de Mozart reprendra vie du côté de l'Opéra de Saint-Étienne en ce début de mois de janvier avec un très beau casting vocal sous la direction de David Reiland. Une occasion bénie de revenir sur les clichés véhiculés autour de cette oeuvre mais aussi et surtout de la réécouter.

Alain Koenig | Mercredi 4 janvier 2017

La Voix du Mort

Reprise d'une pièce du grand Pouchkine par Peter Schaffer, Amadeus de Milosz Forman, perpétue un aguichant scénario policier, aussi mince historiquement qu'une augmentation de salaire de la fonction publique. Grand buzz de la musique classique, ce "Petits Meurtres entre compositeurs" véhicule tous les clichés des mythes héroïques. D'éminents musicologues (dont la stéphanoise Florence Badol-Bertrand) y apportent un catégorique démenti : Mozart est mort dans la misère totale. Faux ! "Panier percé" assurément, mais compositeur admiré et reconnu, il venait de créer La Clémence de Titus pour le couronnement de Leopold II et La Flûte Enchantée. Salieri était un compositeur frustré, besogneux, jaloux compulsif de Mozart. Archi-faux ! Nommé compositeur de la cour en 1774, il connut des succès retentissants, comme Les Danaïdes. Il se vit même confier l'éducation musicale du fils de Mozart par sa veuve. Une mère confierait-elle son fils à l'assassin, même présumé, de son époux ? Reste pourtant un très beau film... La mort aux trousses 1791, course désespérée de Mozart contre l'inévitable ! Catalyseur inachevé de la musique européen

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Le pré carré d'Hermès

MUSIQUES | Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir (...)

Alain Koenig | Mardi 2 juin 2015

Le pré carré d'Hermès

Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir transmis sa séquence ADN à des sacs à main, fut aussi le messager des dieux de l'Olympe, l'icône des alchimistes et de l'hermétisme. Il prête ici son patronyme terrestre à un duo de charme. Nathalie Cornevin à la harpe et Valérie Perrotin à la flûte traversière insuffleront vie à un répertoire souvent oublié des compositeurs : tout le monde ne s'appelle Mozart dans la genèse du répertoire. Les deux complices n'hésitent donc pas à recourir à la transcription lorsque le compositeur fait défaut. De sa madeleine bretonne, Valérie Perrotin réveillera le souvenir du compositeur le plus océanique du siècle dernier : Jean Cras. Juste retour du Gulf Stream pour ce marin-compositeur dont les œuvres - ici une Suite en concert- pleines de poésie laissent parfois douter du bien-fondé de certaines postérités... Jean-Sébastien sera bien sûr convié à ce dîner aux chandelles avec une transcription de sa Sonate en sol mineur. Saint-Saëns, trop souvent «boudi-boudé» en France, sera l'objet de tous les égards de nos duettistes avec sa

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Les Djinns toniques

MUSIQUES | Une fois n'est pas coutume, autorisons le coq gaulois à se rengorger à la lecture du «programme commun» de l'Ensemble Vocal Universitaire et du Chœur de (...)

Alain Koenig | Mardi 2 juin 2015

Les Djinns toniques

Une fois n'est pas coutume, autorisons le coq gaulois à se rengorger à la lecture du «programme commun» de l'Ensemble Vocal Universitaire et du Chœur de Femmes du Conservatoire Massenet. Véritable «Lagarde et Michard» à l'usage du choriste français, les deux ensembles enchaînent les joyaux d'un répertoire, étendard d'une sensibilité si particulière pour les oreilles étrangères. Fuyant l'invasion allemande en 1870, Gounod s'installe à Londres. C'est sur les bords de la Tamise qu'il compose Gallia, motet décrivant la Jérusalem détruite, métaphore d'un Paris en ruine, après la tragédie de la Commune. Dans le dernier mouvement, la soprano solo exhorte chœur et orchestre à espérer, dans un élan d'un rare et déchirant lyrisme. Deux pièces incontournables de Fauré prolongent la fête : les étranges et fantomatiques Djinns, ainsi que le bouleversant Cantique de Jean Racine, emblématique d'une musique française racée, subtile et recueillie. Claude Debussy avec «Trois Chansons de Charles d'Orléans», puis l'Ave Maria et le Dextera Domini de César Franck viendront clore ce programme exaltant et hexagonal. Mariette Wilson et Maëlle Defoin-

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«Éviter d'estropier la musique»

MUSIQUES | Directeur Général de l'Opéra de Lausanne, mais aussi metteur en scène, Eric Vigié est un amoureux de voix. A la magnifique mise en scène de "La Flûte Enchantée", initialement créée par son mentor Pet Halmen, il ajoute une pointe de mouvement et de fluidité, dans l'absolu respect des chanteurs, de la musique, et du chef d'oeuvre de Mozart. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

«Éviter d'estropier la musique»

Je crois savoir que vous avez repris une mise en scène de Pet Halmen. En quoi la version revisitée par Eric Vigié diffère-t-elle de celle de Pet Halmen ? Tout d'abord, il faut situer cette reprise dans une démarche plus globale de ma part. Je fus le premier assistant de Pet Halmen en 1986 lorsqu'il débuta sa carrière de metteur en scène, à la suite du décès de Jean-Pierre Ponnelle, dont il était le décorateur et costumier durant bien des années. Je dois dire qu'il fut mon maître pour la scénographie et les costumes (plus de 50 productions réalisées). J'ai fait un nombre important de productions avec lui entre 1986 et 1994. Lorsque je suis devenu administrateur artistique, puis directeur, je l'ai toujours invité dans les théâtres que je dirigeais. Jusqu'à cette Flûte faite à Lausanne en 2008, et qui a été la dernière production de son vivant, car il devait décéder six mois plus tard. J'ai décidé de la reprendre à Vichy, puis à Saint-Étienne, dans un souci de respect pour Pet, mais aussi pour y gommer ou extrapoler certaines de ses idées car je les connaissais bien. Je fus son assistant sur sa première Flûte en 1991 à Pretoria, et nous av

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Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, unique et incontournable

CONNAITRE | Trésor architectural préservé par de régulières campagnes de restauration, la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez est un lieu unique en France par son histoire et par sa situation. Abritant annuellement un festival de musique classique incontournable, la Chartreuse interpelle toutes les âmes qui s'y laissent glisser.

Nicolas Bros | Mardi 31 mars 2015

Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, unique et incontournable

Intemporelle et hors du commun, la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez est une construction parmi les plus atypiques de France et de Navarre. Construit en 1280 par Béatrix de Roussillon, cet ensemble architectural n'a cessé d'évoluer au fil des siècles qu'il a traversés. Initialement lieu de vie spirituel pour les moines Chartreux, ce bâtiment est successivement devenu bien national à la Révolution française puis ensemble d'habitations privées. Cette transformation d'un bâti monastique en logements privatifs est une particularité assez inédite dans le paysage français. Théâtre des Musicales de Sainte-Croix en septembre, la Chartreuse possède un double intérêt architectural et culturel. Patrimoine préservé, cette construction abrite aussi des éléments artistiques inédits telles les quatre fresques figuratives ornant l'église primitive, peintes entre 1327 et 1340, alors que la décoration des églises de moines était proscrite par la règle de Saint-Bruno. Ces réalisations exceptionnelles par leur caractère un peu subversif pour l'époque vont être remises en état parallèlement à la rénovation complète du choeur de l'édifice. Une raison supplémentaire de découvrir ce lieu emblématique

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Mozart : un maître de lumière

MUSIQUES | En composant «Die Zauberflöte» au printemps 1791, Wolfgang, dont la longévité n'excèdera pas six mois, semble plus préoccupé par la santé de Constance, son épouse enceinte, partie prendre «les eaux» à Baden. Et pourtant, décrire «La Flûte Enchantée» comme le pinacle de son œuvre serait un lieu commun ou une dérisoire litote ! Genèse d'un chef d'œuvre. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

Mozart : un maître de lumière

Génial trublion de la musique, agitateur d'harmonie, créateur transcendant et intemporel, que dire de cet homme qui, avec Bach, ne se laisse pas incarcérer dans nos geôles lexicales ? La biographie de ces deux génies fondateurs laisse toujours perplexe, tant l'absence de corrélation entre leurs vies terrestres et l'infini de leur héritage paraît troublante. Peut-être faut-il retourner quelque pierre, pour accéder à un tracé biographique de Mozart plus satisfaisant pour l'esprit, en cette fin de siècle traumatisé par la Révolution Française. Son grand mécène, l'empereur Joseph II vient de mourir, et c'est Léopold II, frère de la future décapitée Marie-Antoinette qui lui succède. Sans intérêt particulier pour les arts, tenant pour responsable du cruel destin de sa sœur, l'idéal maçonnique du Siècle des Lumières, Léopold augure de funestes lendemains pour Mozart. Aussi n'est-il pas surprenant que ce dernier s'allie à son ami majuscule, Schikaneder, directeur du Theater auf der Wieden et dont il fréquentait assidûment la troupe, pour écrire un quatre mains, inspiré du recueil de contes de Wieland, La Flûte Enchantée. Et de sagesse Composant d

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Titus, le «Seria» Killer

MUSIQUES | En 1791, l'opéra «seria» et ses divinités grecques offensées, ses castrats emplumés égrenant des da capo interminables, ne fait plus recette. Art de cour versé dans l'ostentation et l'adulation des divas, comment le dernier opéra de Mozart a-t-il pu, en cette fin de XVIIIe siècle, être composé dans ce style suranné? Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 3 février 2015

Titus, le «Seria» Killer

1791: la plume de Mozart crisse incessante. Mû par une extraordinaire ivresse créatrice, il enchaîne les merveilles, et entre à son insu, au Panthéon de l'Humanité. C'est l'année de La Flûte Enchantée, du Concerto pour clarinette, du célébrissime Ave Verum et de son universel testament : le Requiem. Une mythologie sulfureuse autour de sa mort, entretenue par sa veuve, perdure jusqu'à nos jours, relancée par le film Amadeus de Milos Forman. Composé en six semaines, en cette année où rien ne semble pouvoir étancher sa soif compositionnelle, «l'opera seria» La Clémence de Titus laissera perplexes des générations de mozartiens, parmi les plus aguerris. Il faut attendre les années 70 (1970 s'entend !) pour que la corporation musicologique adoube la partition et lui décerne l'Oscar suprême de «chef d’œuvre». Car c'en est un ! Une mise en garde s'impose toutefois, si vous êtes néophyte. On ne saurait trop vous recommander les propos d'avant concert de Florence Badol-Bertrand, éminente spécialiste de Wolfgang... Un opera seria, fût-il un grand cru mozartien, ne se livre pas au premier venu.

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