Sanson et sans reproche

MUSIQUES | Retour sur le concert que donnait Véronique Sanson le 5 novembre au Zénith de Saint-Étienne…

Niko Rodamel | Lundi 16 novembre 2015

Photo : © Niko Rodamel


Le programme annoncé, Les années américaines, n'était finalement qu'un prétexte. Peut-être était-ce pour coller à la récente biographie de la chanteuse et ressortir des archives quelques très belles photos de l'époque piano blanc, pattes d'éph' et couronne à fleurs ? Ou tout simplement pour faire référence à un temps où Sanson brillait tel un soleil rageur sur la chanson francophone ? En effet, la chanteuse est finalement revenue sur presque tout son répertoire, pas seulement sur les trois albums américains, Le Maudit, Vancouver et Hollywood. Les plus grands hits de l'artiste et quelques raretés ont été interprétés lors d'un show de près de deux heures et demie, à grand renfort de lumières tous azimuts et de généreux décibels. Sur cette nouvelle tournée, Sanson est soutenue par deux choristes et accompagnée par huit musiciens, dont quelques vieux briscards comme Basile Leroux à la guitare, Dominique Bertram à la basse et, trônant au milieu d'une belle triplette cuivrée, le trompettiste étasunien Steve Madaio. Avec le temps, Véronique n'a pas perdu grand chose de sa présence scénique. Certes la voix n'atteint plus tout à fait les sommets d'antan, mais la puissance est là et le vibrato, reconnaissable entre tous, toujours en suspension à la fin de chaque vers.

Des mots sur les maux

Chez la pianiste, l'envie de partager semble toujours sincère et c'est sans nul doute bien là l'essentiel. Dans l'immensité d'un Zénith rempli aux trois quarts, Sanson a su toucher, une fois encore, son indéfectible public. Passant la grande majorité des chansons au clavier, elle aime aussi se balader sur les différents niveaux du décor parmi ses compagnons de route et s'autorisera même un ou deux titres à la guitare électrique. La soirée sera ponctuée de quelques moments plus calmes, en duo ou en trio autour du piano, une intimité vocale qui souligne d'encore plus près la profondeur des textes. Il y a ceux qui se mettent dans la peau de personnages pour écrire des chansons et, à travers elles, raconter des histoires qui ne sont pas les leurs. Véronique Sanson n'est pas de ceux-là : qu'elle chante ses propres textes ou ceux de Michel Berger, c'est un peu le fil de sa vie qui défile couplet après couplet, mettant si habilement des mots sur les maux.

La blondinette qui mettait le feu aux planches

La chanteuse explique ironiquement qu'il lui a elle-même fallu trente ans pour comprendre le sens de certaines de ses chansons ! Peu avare d'anecdotes, Véronique a la tchatche facile, mais derrière son côté clown et son sens de l'auto-dérision, on devine la présence d'un gouffre, d'un-trop-plein-de-vide, d'un abysse qui tente en vain de se remplir car, on le sait bien, colmater une brèche peut parfois prendre une vie. Après quelques dérapages déjà pardonnés, on cherche, sous les traits de cette femme de soixante-cinq ans, ceux de la blondinette qui mettait le feu aux planches partout où elle se produisait. Car aujourd'hui, entre sourire et gravité, chaque ride de son visage semble décrire un chemin parcouru, parfois le bon, parfois le mauvais, les amours, les vapeurs d'alcool, la fuite aux États-Unis, la distance, les regrets, la passion assumée, comme une braise silencieuse qui ne veut pas s'éteindre. Mais Sanson est toujours là et bien là, dans son blouson de cuir noir à franges, derrière son piano, donnant tout ce qu'elle a d'énergie à son public, comme une belle leçon de vie.
Ceux qui regrettent peut-être de ne pas avoir été présents au concert stéphanois de Véronique Sanson auront une seconde chance de l'applaudir, le 18 décembre, au Scarabée de Roanne.

Niko Rodamel


Véronique Sanson

"Les années américaines"
Le Scarabée Rue du Marclet Riorges
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Dub Inc offre un live en téléchargement gratuit

Live | Le groupe stéphanois Dub Inc vient de sortir, en téléchargement digital gratuit, l'enregistrement live de son concert au Zénith de Saint-Étienne (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 novembre 2018

Dub Inc offre un live en téléchargement gratuit

Le groupe stéphanois Dub Inc vient de sortir, en téléchargement digital gratuit, l'enregistrement live de son concert au Zénith de Saint-Étienne en 2017. L'occasion de (re)découvrir les compositions de leur dernier album So What, disque d'or avec plus de 50 000 albums vendus, et de patienter avant l'éclosion de leur nouvel opus en 2019 et sa tournée qui passera également par le Zénith de Saint-Étienne. Pour télécharger le live de So What, ca se passe sur cette page.

Continuer à lire

Home sweet home

MUSIQUES | Après un passage par le Mexique et la Colombie, Dub Inc revient sur le vieux continent pour une vingtaine de dates jusqu’à Noël. Le concert du 18 novembre (...)

Niko Rodamel | Mardi 31 octobre 2017

Home sweet home

Après un passage par le Mexique et la Colombie, Dub Inc revient sur le vieux continent pour une vingtaine de dates jusqu’à Noël. Le concert du 18 novembre au Zénith de Saint-Étienne promet d’être archi bouillant parce qu’à la maison, à deux pas du chaudron, c’est toujours la méga teuf !

Continuer à lire

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Portrait | Depuis 1879, le flambeau se transmet de père en fils, un trait d’union traversant trois siècles… Déjà. Des mineurs stéphanois du 19e siècle, ils ont conservé cette mâle bravoure, l’humour mutin de ceux qui lovent leur cœur au creux de leur main. Le chœur Les Amis Réunis n’en finit pas de faire vibrer l’âme de la cité, et nous invite au voyage vers un futur… radieux, bien sûr. Texte : Alain Koenig / Photo : Niko Rodamel

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Le pas nerveux, une lueur d’anxiété dans la pupille gauche, Frédéric Grolet, chef de chœur, s’avance vers notre photographe. Allons-nous bien transmettre le message, ne pas trahir la mémoire de cette généalogie hors du commun, saisir l’esprit de corps qui préside au partage entre ces hommes aux vies sereines parfois, cabossées souvent, atypiques et authentiques toujours ? En l’attendant, les conversations vont bon train: un ténor (ou était-ce un baryton ?) explique, dans une langue fleurie, à l’un de ses compagnons, la gratitude éternelle des artilleurs pour la légion. Les souvenirs de régiment s’échangent, tandis que le saucisson du Forez, artisanal bien sûr, se laisse trancher d’une main ferme, entre les "cubis" de Saint Joseph. Alcôve d’improbables répétitions et de prometteuses agapes, l’Amicale Laïque de Chapelon, pourrait avoir vu le tournage de The Others. Les lieux ont une âme, assurément. Où que se porte le regard, articles de vieux journaux, photos sépia, "cartons" de musicien d’harmonie, affiches aux dates intemporelles ornent le champ visuel, comme autant d’ex-voto à une Sainte Cécile omniprésente. Portrait de famille Quelques personnag

Continuer à lire

Julien Doré à Paroles & Musiques 2017

Festival | Le nom du premier artiste du festival Paroles & Musiques 2017 est sorti. Julien Doré, qui vient de sortir un nouvel album & sorti en octobre (...)

Nicolas Bros | Mercredi 21 décembre 2016

Julien Doré à Paroles & Musiques 2017

Le nom du premier artiste du festival Paroles & Musiques 2017 est sorti. Julien Doré, qui vient de sortir un nouvel album & sorti en octobre dernier, sera sur la scène du Zénith vendredi 2 juin à 20h.

Continuer à lire

C’était (pas) mieux avant... Les vieux d’la vieille

MUSIQUES | À la fraîche saison des chrysanthèmes, ils seront nombreux les vieux d’la vieille à venir fouler les scènes ligériennes. Une belle brochette, jugez plutôt, (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 novembre 2015

C’était (pas) mieux avant... Les vieux d’la vieille

À la fraîche saison des chrysanthèmes, ils seront nombreux les vieux d’la vieille à venir fouler les scènes ligériennes. Une belle brochette, jugez plutôt, s’enchaîneront notamment Véronique Sanson (le 5 au Zénith), Dany Brillant (le 14 à Lorette) et Adamo (le 15 à Saint-Chamond). La première, avec l’intelligent prétexte de revenir sur ses années américaines se paie le luxe d’utiliser pour sa com' des photos datant d’une époque où elle portait sans complexe le bikini et la couronne de fleurs, posant innocemment devant une bagnole dont le capot avant rivalisait de longueur avec son piano à queue. C’est vraie qu’elle était craquante, la p’tite Véro… Le second (Danny), était vieux déjà jeune, cultivant le style rétro-décalé d’un Paris qui n’existe plus depuis la seconde guerre mondiale. Quant à ce cher Salvatore, en voilà un que je croyais à jamais perdu (qu’il me pardonne). Novembre sera aussi l’occasion d’aller écouter (ou pas) des revivals, entre hommage et imitation, avec The Rabeats (quatre garçons dans la brise) et ze Best of Floyd, toujours le bec dans l’eau. Pour finir, veuillez m’excuser d’avoir oublié, le mois dernier, d’évoquer la venue de trois monstres sacrés à Saint-É

Continuer à lire

IAM : La scène reste le meilleur réseau social

MUSIQUES | Dans l'histoire du rap français, le groupe IAM fait figure de légende. Après la sortie de leurs supposés deux derniers albums (Arts Martiens et... IAM), les cinq Marseillais ont entamé une gigantesque tournée qui les emmènera jusqu'à début 2015. Shurik'n et Imhotep, de passage avec le groupe à Saint-Étienne le 1er février au Zénith, ont pris le temps de répondre à quelques questions. Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Jeudi 26 décembre 2013

IAM : La scène reste le meilleur réseau social

Votre dernier album ... IAM sorti en novembre 2013 a été enregistré en même temps qu'Arts Martiens. Est-il son jumeau ?Shurik'n : Ces deux disques ont en effet été enregistrés à la même période mais ne sont pourtant pas «jumeaux» car chacun a son caractère propre. Mais il y a derrière ces deux albums le même état d'esprit. Quelles caractéristiques les distinguent justement ?Imhotep : Il y a des textes plus engagés, plus mordants sur ... IAM ainsi qu'une musique plus «uptempo». Au départ, ce n'était absolument pas calculé. Cela vient simplement du fait que lorsque l'on monte un tracklisting pour un album, au-delà de la qualité des titres que l'on apprécie ou pas, il faut trouver une unité et une cohérence. Nous sommes parfois obligés d'éliminer certains morceaux qui nous plaisent énormément. A travers vos textes engagés, vous parlez de l'actualité en France qui n'est malheureusement pas souvent très réjouissante. Quel est votre point de vue sur ce que l'on vit en France depuis plusieurs années ?

Continuer à lire

L’Éden version Dub Inc

MUSIQUES | Le groupe stéphanois Dub Inc, emblème du reggae made in France à travers le monde, revient ce mois-ci avec un nouvel album intitulé Paradise. Après le (...)

Nicolas Bros | Dimanche 22 septembre 2013

L’Éden version Dub Inc

Le groupe stéphanois Dub Inc, emblème du reggae made in France à travers le monde, revient ce mois-ci avec un nouvel album intitulé Paradise. Après le documentaire Rude Boy Story retraçant leurs parcours et une grande tournée estivale, Bouchkour, Komlanet leurs comparses proposent un nouveau projet musical haut en couleurs. Ce cinquième opus studio nous invite à repartir dans l'univers rempli de diversités et de voyage du groupe. Mélangeant de nombreux styles et influences du reggae roots au dancehall, les treize titres de Paradise sont très riches, réhaussés par des interprétations et des textes engagés. Dub Inc continue ainsi à explorer tout en portant cet album vers une pureté sonore intense. Avec Hors Contrôle en 2010, les membres du groupe avaient mis la barre haute avec un disque ancré dans le reggae classique possédant également des touches modernes, fruit de leur voyage en Jamaïque. Sur Paradise, Dub Inc enfo

Continuer à lire