Satire "icône"

Alain Koenig | Mercredi 30 novembre 2016

Photo : © Willliams Bonbon/Opéra-Théâtre de Metz Métropole


Il se sera bien "payé leurs têtes de veaux" aux "Parigots", l'ami Jacob Eberst, dit Jacques Offenbach ! Pourfendeur bienveillant et visionnaire de cette bourgeoisie triomphante, un tantinet niaise et décomplexée, de cette idéologie fondatrice de nos empires et républiques de carton pâte...contemporains ! Le nouveau-riche sonde désespérément le miroir, dans l'espoir d'y voir un aristocrate éclairé, oubliant simplement qu'il l'a décapité un demi-siècle plus tôt... Car la Vie Parisienne nous éclaire sur les travers de ce Paris du 19e siècle, pétri d'orgueil et ivre de vanité, la mise en scène adaptée par feu Jérôme Savary faisant loupe, telle un microscope sur le microcosme... Les Parisiens ne sont pas rancuniers et savent même parfois faire preuve de second degré, qui plébiscitèrent ce vaudeville, en faisant un des plus grands succès que la "capitale-lumière" ait connu... À l'Opéra de Saint-Etienne, du 31 décembre au 3 janvier, fêtons la nouvelle année en riant de tout, riant de tous, mais surtout en riant de nous-mêmes !


La Vie Parisienne

Opéra bouffe de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, dir. mus Benjamin Lévy, par l'OSSEL, le Choeur Lyr. St-Et. Loire, onze danseurs de cancan, avec Mélanie Boisvert, Pauline Sabatier, ...
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
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C’est à l’hiver de sa vie, en Bretagne, qu’Alexandre Dumas père rédige ce condensé d’imaginaire hypergueusique et d’autobiographie culinaire, le Grand Dictionnaire de Cuisine. Chien, autruche, kangourou, baleine ou dauphin, tout se rôtit ou se mitonne à l’escabèche ou à la Dugléré… Dumas s’y insurge aussi contre la « pratique barbare » du gavage des oies, combat prémonitoire de la "bien-pensance" contemporaine. On rit beaucoup, on salive -ou pas- en lisant la recette du "lapin cuit dans sa peau". Alors qu’on attendait naturellement la toque croustillante d’un Rossini, pour mettre en musique cet ana hors du commun, c’est vers un autre bon-vivant que Philippe Forget dirige le mélomane. Dans la Cuisine d’Offenbach, le spectacle musical étoilé au Guide Michelin, déglace le génial talent du Quatuor Debussy, effile les solistes chanteurs de la Compagnie Orphéon et fait monter au beurre la tension zygomatique : Orphée aux Enfers, Les Brigands, La Vie Parisienne ou La Périchole, bottes secrètes d’un spectacle haut en saveurs du génial marmiton, du Mozart des Champs-Elysées, du délicieux juif errant (ne dirait-on pas

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Prenant le contre-pied de ses opéras-bouffes, le testament du compositeur de la Belle Hélène exhale ces effluves de lavande dont s'affublent les vieux messieurs "portant toujours beau". Pour son chant du cygne, délaissant l'archétype très "Second Empire" du tocard nouveau riche, il fuit sa consubstantielle "marque de fabrique". Les mésaventures sentimentales du poète Hoffmann, guidé vers son malheur par des personnages aux patronymes diaboliques (Coppélius, Docteur Miracle, Dapertutto), évoquent toutes les déclinaisons possibles de la parabole de la mort : Olympia n'est qu'une poupée sans vie, la chanteuse Antonia meurt du son de sa propre voix, et Giulietta, cupide, cherche à lui dérober son reflet dans le miroir. Pour incarner les trois femmes aimées, une seule et même artiste : Fabienne Conrad. Rompue à l'exercice, elle a déjà relevé le défi dans une production de l'Opéra de Rouen, dans laquelle elle fut très remarquée. Elle ne sera pas une inconnue pour le superbe chef David Reiland, avec lequel elle incarna, en juin dernier à Leipzig, Marie de Gonzague, dans la très médiatisée reprise du Cinq-Mars de Gounod. Florian Laconi, bien connu des stéphanois, incar

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