Julien Doré à Paroles & Musiques 2017

Nicolas Bros | Mercredi 21 décembre 2016

Le nom du premier artiste du festival Paroles & Musiques 2017 est sorti. Julien Doré, qui vient de sortir un nouvel album & sorti en octobre dernier, sera sur la scène du Zénith vendredi 2 juin à 20h.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

2021 se déroulera sans Paroles & Musiques

Annulation festival | Comme en 2020, le festival stéphanois Paroles & Musiques est contraint de jeter l'éponge.

Nicolas Bros | Mercredi 28 avril 2021

2021 se déroulera sans Paroles & Musiques

Elle devait se dérouler du 17 au 23 mai mais il n'en sera rien. Malheureusement sans grande surprise, la 30e édition du festival Paroles & Musiques ne pourra pas se tenir ce printemps. L'organisation a décidé de ne pas prendre de risque. « Nous y avons cru longtemps, nous nous sommes adaptés aux préconisations gouvernementales en prévoyant des jauges assises et distanciées ainsi que toutes les mesures adaptées à la situation. Malheureusement, la sortie de crise est plus longue que prévue, et nous n'avons aucune visibilité sur une date de réouverture précise des lieux de spectacles à trois semaines de l'évènement », explique par communiqué le festival stéphanois, avant de donner rendez-vous du 16 au 22 mai 2022 pour la « 30e édition bis ». L'organisation a d'ailleurs précisé quelques points concernant cette édition 2022 : • La Nuit des Stéphanois est reportée au 2 octobre 2021 à 19h au Fil avec Broadway, Arpad Flynn, Doorsfall, Redbong, Radikale Junkypop, An'Om x Vayn et Felower • Le concert de Ben Mazué (+ Martin Luminet) est report

Continuer à lire

Paroles & Musiques dévoile sa programmation 2021

Festival | Une bonne nouvelle dans cette période de doute perpétuel... Le festival Paroles & Musiques avance ses pions et dévoile sa prog' complète pour sa 30e édition prévue du 17 au 23 mai 2021. Une liste d'artistes équilibrée et qui fait envie.

Nicolas Bros | Jeudi 10 décembre 2020

Paroles & Musiques dévoile sa programmation 2021

C'est un doux mélange entre ceux qui ont écrit les plus belles lignes du festival stéphanois et puis de nouvelles têtes rafraîchissantes. « De 1992 à demain » comme le dit Simon Javelle, directeur artistique du festival Paroles & Musiques, qui vient de dévoiler sa programmation pour sa 30e édition qui se tiendra du 17 au 23 mai 2021. Des habitués et des révélations Si le festival a connu trois années compliquées entre 2018 et 2020, on a le sentiment en observant la programmation dévoilée pour 2021 que c'est en quelque sorte une renaissance annoncée pour l'événement musical stéphanois. Sous réserve que la Covid ne vienne pas tout bouleverser, bien entendu. Un retour aux affaires pour le festival Paroles & Musiques, grâce à une programmation qui s'équilibre à merveille entre vieux briscards et jeunes pousses. Ainsi, notons le retour des Ogres de Barback, des Têtes Raides ou encore des Tit'Nassels et de Romain Didier. Des noms qui ont marqué les grandes dates de P&M. Parallèl

Continuer à lire

Source rafraîchissante

Pop-rock | Joseph Chedid a trouvé son chemin. Une voie où se mêlent sa personnalité, sa sincérité et son affranchissement familial. "Source", sorti en 2019, est un opus riche arborant puissance et vulnérabilité assumée. Joseph Chedid se fait un nom et une belle place au soleil. Prenons des couleurs avec lui.

Nicolas Bros | Mardi 6 octobre 2020

Source rafraîchissante

Joseph Chedid assume pleinement ! Avec Source, son premier album sorti en 2019 sous son nom de Joseph Chedid, le troisième enfant de Louis a trouvé sa place. Même si Maison Rock en 2015, édité sous son deuxième prénom de Selim était déjà une forme de prémisse de belles choses, ce nouveau disque semble emprunt d’une sincérité et d’un affranchissement total de la "pression" familiale. Alors, bien sûr, on retrouve un timbre de voix qui rappelle forcément le clan Chedid mais Joseph semble bien avoir trouvé sa propre voie. Entre rock, pop, force et fragilité, il propose un album solide et riche. Alternant phases plus introspectives et lentes à des envolées dansantes ou psychédéliques, Joseph s’affirme comme un savant et inspiré funambule. S’aimer soi-même pour aimer les autres Si Joseph pouvait se sentir dans l’ombre de sa fratrie menée tambour battant par – M –, il a pourtant plusieurs cordes à son arc. Multi-instrumentiste de talent (privilégiant la batterie, il sait manier également la guitare), il a su apprivoiser l’exercice du chant. Une pratique qu’il avait l’habitude de laisser à sa sœur Anna (Nach), avouant avoir eu un petit complexe vo

Continuer à lire

Paroles & Musiques dévoile ses premiers noms pour 2021

Festival | Son trentième anniversaire se déroulera du 17 au 23 mai 2021. Le festival Paroles & Musiques, après avoir dû annuler son édition 2020, proposera 6 jours de festivités musicales avec notmament des noms qui ont marqué le rendez-vous musical de chanson stéphanois.

Nicolas Bros | Vendredi 25 septembre 2020

Paroles & Musiques dévoile ses premiers noms pour 2021

Dans cette période très difficile pour la culture (et pour la société en général), il est ardu de trouver de bonnes nouvelles... En voilà pourtant une qui fait du bien ! Le festival Paroles & Musiques vient de dévoiler quelques noms pour sa future édition de 2021 qui marquera son 30e anniversaire. Au programme, une soirée toute particulière le dimanche 23 mai au Zénith de Saint-Étienne avec la venue de plusieurs artistes ayant marqué l'histoire du festival stéphanois : les Têtes Raides, les Ogres de Barback, les Tit'nassels, la Rue Kétanou et Zoufri Maracas. Parallèlement, le festival propose deux concerts toujours au Zénith : le 20 mai avec Ibrahim Maalouf (en partenariat avec le festival Rhino Jazz) et le 21 mai la venue d'Hoshi. Enfin, signalons qu'en avant-goût, Joseph Chedid sera sur la scène du Pax le 17 octobre prochain. L'occasion de découvrir cet énième talent de "l'écurie" Chedid après Louis (père), -M- et

Continuer à lire

Paroles & Musiques et Jazz à Vienne annulés

Festivals - COVID-19 | C'est officiel depuis les annonces d'Emmanuel Macron ce lundi 13 avril, les festivals qui devaient se dérouler avant mi-juillet sont annulés. C'est (...)

Nicolas Bros | Mardi 14 avril 2020

Paroles & Musiques et Jazz à Vienne annulés

C'est officiel depuis les annonces d'Emmanuel Macron ce lundi 13 avril, les festivals qui devaient se dérouler avant mi-juillet sont annulés. C'est donc le cas de la 29e édition de Paroles et Musiques, qui devait se tenir du 12 au 17 mai à Saint-Étienne. L'équipe organisatrice donne « rendez-vous du 18 au 23 mai 2021 pour la 30ème édition » et communiquera « les démarches à suivre pour le remboursement des billets dans les prochains jours sur [ses] réseaux sociaux et sur [son] site Internet. » Concernant Jazz à Vienne, c'est également un report en 2021 de la 40e édition qui a été acté. Elle devait se dérouler du 25 juin au 11 juillet. « Le report de cette 40e édition met en grande difficulté tous les acteurs liés à cette formidable aventure humaine qu’est le festival Jazz à Vienne : plus de 1 000 artistes et des centaines de prestataires, fournisseurs, intermittents, saisonniers… » détaille l'organisation. Cette dernière a également précisé ses décisions concernant la billetterie : « les

Continuer à lire

On connaît toute la prog de Paroles & Musiques cuvée 2020

Festival | Retour aux sources pour Paroles & Musiques en 2020. Après une virée du côté de Couriot avec une scène imposante, le festival stéphanois revient à ses premières (...)

Nicolas Bros | Jeudi 23 janvier 2020

On connaît toute la prog de Paroles & Musiques cuvée 2020

Retour aux sources pour Paroles & Musiques en 2020. Après une virée du côté de Couriot avec une scène imposante, le festival stéphanois revient à ses premières amours avec des concerts de valeurs sûres et une orientation forte sur les découvertes. Après avoir lâché plusieurs noms en fin d'année 2019, l'équipe organisatrice a dévoilé la totalité de sa programmation via les réseaux sociaux. L'événement, qui se déroulera du 12 au 17 mai 2020 entre le Fil, un chapiteau Magic Mirrors installé à proximité et une incursion au Château du Rozier de Feurs, verra donc 32 artistes se produirent pour son renouveau. Au programme des incontournables (et habitués) du festival tels que le Québécois Pierre Lapointe, les Têtes Raides, Loïc Lantoine et Tim Dup. S'ajoutent à cette liste des découvertes et artistes en pleine phase émergente tels que les Stéphanois de La Belle Vie, le duo electro-pop VIDEOCLUB, le renouveau de la soul/

Continuer à lire

Orelsan, Thiéfaine, Kery James, Radio Elvis pour Saint-Etienne Live 2019

Programmation festival | La programmation de Saint-Étienne Live (désormais ex-festival paroles & Musiques) vient d'être dévoilée. On retrouvera les 14 et 15 juin 2019 au Parc (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 décembre 2018

Orelsan, Thiéfaine, Kery James, Radio Elvis pour Saint-Etienne Live 2019

La programmation de Saint-Étienne Live (désormais ex-festival paroles & Musiques) vient d'être dévoilée. On retrouvera les 14 et 15 juin 2019 au Parc du Musée de la mine de gros noms tels qu'Orelsan, Kéry James, Hubert-Félix Thiéfaine ou encore Radio Elvis. Les places sont d'ores et déjà en vente sur le site du festival. Saint-Étienne Live, les 14 et 15 juin 2019 au Parc Musée de la mine Programmation : Vendredi 14 juin à 19h : - Orelsan - Kery James - Berywam - Zed Yun Pavarotti Samedi 15 juin à 19h : - Hubert-Félix Thiéfaine - Radio Elvis - Boulevard des Airs

Continuer à lire

Dub Inc offre un live en téléchargement gratuit

Live | Le groupe stéphanois Dub Inc vient de sortir, en téléchargement digital gratuit, l'enregistrement live de son concert au Zénith de Saint-Étienne (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 novembre 2018

Dub Inc offre un live en téléchargement gratuit

Le groupe stéphanois Dub Inc vient de sortir, en téléchargement digital gratuit, l'enregistrement live de son concert au Zénith de Saint-Étienne en 2017. L'occasion de (re)découvrir les compositions de leur dernier album So What, disque d'or avec plus de 50 000 albums vendus, et de patienter avant l'éclosion de leur nouvel opus en 2019 et sa tournée qui passera également par le Zénith de Saint-Étienne. Pour télécharger le live de So What, ca se passe sur cette page.

Continuer à lire

Simon Javelle : « Notre objectif était d'avoir une grande scène en plein air en centre-ville »

Festival | Le festival stéphanois Paroles et Musiques change d'envergure cette année avec des dates resserrées sur 5 jours, une grande scène en plein air au Parc-Musée de la mine, un partenariat avec Morgane Production... Mais il conserve son état d'esprit autour de la chanson, tout en laissant sa chance aux artistes émergents. Rencontre avec Simon Javelle, son programmateur, pour évoquer toutes ces évolutions.

Nicolas Bros | Vendredi 22 juin 2018

Simon Javelle : « Notre objectif était d'avoir une grande scène en plein air en centre-ville »

Il y a beaucoup de nouveautés autour de Paroles et Musiques cette année. Pouvez-vous nous les détailler ? Simon Javelle : La grande nouveauté cette année est notre retour en centre-ville et notre installation au Parc-Musée de la mine avec la scène que l'on a appelée La Grande Prairie. Elle sera située dans un bel écrin de verdure, derrière le chevalement. L'espace sera assez grand avec également un espace food trucks, une partie bar et une autre dédiée aux entrées. La scène surplombera le Musée de la mine. Notre objectif était d'avoir une grande scène en plein air en centre-ville, avec La Grande Prairie c'est chose faite. Parallèlement, la scène de la place Jean Jaurès correspond à une autre volonté, celle d'animer l'espace public. Cette année, il y aura deux aprè-midi, de 12h à 18h le samedi 30 juin et le dimanche 1er juillet, avec des concerts de groupes locaux en devenir, une dictée citoyenne, de la capoeira, une démonstration de l'école de musique connectée par l'école de Solaure, des jeux en bois, une expo... mais également des petits showcases surprises de la part des artistes programmés au Pax cette année. Enfin, il y a le nouveau concept de Parole

Continuer à lire

Ben Mazué : « Je me sens comme un militant de l'optimisme »

Interview | Avec Une Femme Idéale, l'auteur-compositeur-interprète d'origine niçoise Ben Mazué a sans doute sorti l'un des plus beaux albums de l'année. Avant qu'il ne vienne présenter son spectacle au festival Paroles & Musiques, nous avons échangé quelques mots avec cet ex-médecin devenu un des meilleurs poètes de la chanson française actuelle.

Nicolas Bros | Mercredi 20 juin 2018

Ben Mazué : « Je me sens comme un militant de l'optimisme »

Vous avez déclaré à plusieurs reprises vous être trouvé musicalement avec cet album La Femme Idéale. Comment avez-vous abordé ce disque ? Je voulais faire un album de chansons et garder tous les poèmes pour la scène. J'ai fait des chansons et après j'ai écrit une histoire que je raconte sur scène. Ce disque est un peu une bande originale de cette histoire qui s'intitule La Princesse et le Dictateur. Je n'ai pas appelé l'album comme cela car je trouvais La Femme Idéale plus joli. La composition de ce disque s'est faite en combien de temps ? J'avais écrit quelques titres sur les deux dernières années mais j'ai composé le plus gros de l'album pendant l'été et l'automne car je n'avais que cela à faire. Ce qui est rare. C'est une chance de ne pouvoir que penser à la composition pendant un temps. Concernant les clips qui illustrent votre album, vous avez notamment sorti une trilogie réalisée par Manu Boyer. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ? J'avais l'idée de faire une espèce de documentaire sur des gens de la vraie vie. Je me suis alors mis en quête d'une équ

Continuer à lire

La Route sauvage (Lean on Pete) : Sans pitié pour le cheval

ECRANS | Cavale épique d’un gamin s’étant piqué d’affection pour un canasson promis à la fin dévolue aux carnes hippiques, cette errance passant du hara qui rit au chaos corral est menée par le prometteur Charlie Plummer, Prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra.

Vincent Raymond | Mercredi 25 avril 2018

La Route sauvage (Lean on Pete) : Sans pitié pour le cheval

Vivant seul avec un père instable, Charley, 15 ans, a su tôt se prendre en charge. À peine arrivé en Oregon, il découvre fasciné le monde hippique et est embauché par l’entraîneur grognon d'un vieux pur-sang, Lean on Pete. Quand il apprend que l’animal est menacé, Charley fugue avec lui. Rebaptisés en débarquant en France, les films étrangers sont souvent gratifiés d’une dénomination outrepassant la pure traduction. Si la mode est aux franglaisicismes approximatifs — The Hangover (La gueule de bois) de Todd Philips se soigne en Very Bad Trip — autrefois, on aimait embrouiller les spectateurs : connu comme La Cinquième Victime, While The City Sleeps (1956) de Fritz Lang pouvait difficilement être traduit par Quand la ville dort, déjà attribué à Asphalt Jungle (1950) de John Huston ! Parfois, les deux titres coexistent. Et se succèdent comme pour témoigner d’une variété de focalisations ou d’inflexions soudaines à venir

Continuer à lire

"9 doigts" : Ossang n’a pas perdu la main

Film du mois de mars 2018 | L’épisodique F. J. Ossang est de retour avec un nouvel objet manufacturé aux saveurs intemporelles, empruntant sa cosmogonie au polar comme au fantastique, et sa linéarité à la courbe d’une spirale. Meilleure réalisation à Locarno, forcément.

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Une gare, la nuit. Magloire se soustrait à un contrôle de police et court. Sa fuite le mène à un homme agonisant sur une plage, qui lui remet une liasse de billets. Un cadeau empoisonné lui valant d’être traqué par Kurtz et sa bande. Capturé, Magloire va être coopté par ces truands… 9 doigts raconte un peu mais invoque, évoque, provoque. Beaucoup de voix au service d’un film noir à la Aldrich que viendra insidieusement “polluer” une inclusion de radioactivité. Également d'une histoire de survivance paradoxale : celle d’un héros malgré lui, dépositaire d’un trésor qui n’est pas le sien, embarqué dans un rafiot vide au milieu d’escrocs rêvant d’un gros coup, échouant tous à le concrétiser. Une métaphore du cinéma, où pour durer il vaudrait mieux voyager léger, à l’écart des apprentis-sorciers, quitte à se retrouver isolé. Mais libre d’agir à sa guise, de créer un monde non orthodoxe, à gros grain et son saturé, avec des fermetures à l’iris, des ruptures de ton, des ellipses… Ossang ne saurait mentir Fidèle à sa ligne

Continuer à lire

"Jusqu’à la garde" : entre la mère et le pire de famille

Film du mois | Drame familial anxiogène, au réalisme brut et à l’interprétation terrifiante de vérisme, le premier long métrage de Xavier Legrand offre à Denis Ménochet un rôle de monstre ordinaire le faisant voisiner avec le Nicholson de Shining au rayon des pères perturbés.

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

L’an dernier, il fallait en remontrer au jury de la Mostra pour se distinguer sur la Lagune : la sélection vénitienne était en effet aussi éclectique qu’éclatante, comptant notamment Three Billboards…, Mother!, The Shape of Water, Downsizing et L’Insulte. Face à une telle concurrence, qui aurait misé sur le premier long métrage de Xavier Legrand ? Qui aurait imaginé qu’il figurerait doublement au palmarès, meilleur réalisateur et meilleur premier film ? Au moins le public de son court métrage Avant que de tout perdre, prologue de ce film raisonnant aussi fort qu’un uppercut. Jusqu’à la garde s’ouvre dans l’intranquillité d’une audience de séparation entre les époux Besson. Elle, frêle, craintive mais décidée de s’éloigner de lui, massif, menaçant au regard lourd. Entre eux, la garde de leurs enfants. Une fille bientôt majeure et un fils, revendiqué par chacun… Legrand, comme son nom l’indique Xavier Legrand réussit à prolonger (et non adap

Continuer à lire

"Hannah" : Seule avec le silence

ECRANS | de Andrea Pallaoro (Fr.-Bel.-It., 1h35) avec Charlotte Rampling, André Wilms, Jean-Michel Balthazar…

Vincent Raymond | Lundi 29 janvier 2018

L’histoire d’Hannah n’a que peu à voir avec celle de 45 ans sorti l’an dernier ; et la forme des deux films diffère. Pourtant, les deux semblent indissolublement liés par la présence de leur interprète féminine commune, Charlotte Rampling. Comme si la comédienne s’appliquait à réunir, dans sa maturité, une galerie de portraits de femmes éprouvées portant haut leur dignité. Des portraits tels quels avait pu esquisser chez Ozon, où elle offre sans fard la dignité de son délitement et qui lui valent aujourd’hui une razzia de prix : après l’Ours d’argent, elle a ici conquis la Coupe Volpi à Venise. Hannah voit ses repères basculer lorsque son époux est incarcéré pour une histoire dont on comprend peu à peu la sombre nature. Mais cette femme droite tente de faire bonne figure, et de ne rien laisser paraître aux yeux du monde… Peu de dialogue et un minimum d’action marquent cette œuvre d’ambiance “statique” — de photographe, pourrait-on dire, tant soignée est la composition visuelle avec ses pénombres et ses camaïeux de gris. De quoi

Continuer à lire

"In the Fade" : Soudain, le vide

Drame | de Fatih Akın (All.-Fr., avec avertissement, 1h46) avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar…

Vincent Raymond | Jeudi 11 janvier 2018

Allemagne, de nos jours. Katja a épousé Nuri, un commerçant d’origine turque, jadis petit délinquant mais rangé des voitures depuis qu’ils ont eu leur fils Rocco. Leur bonheur familial est brusquement réduit à néant quand un attentat perpétré par des nazis tue Nuri et Rocco… Depuis Head On (2004), on sait qu’il faut compter avec Fatih Akin sur les épaules de qui pèsent la plupart des espoirs placés dans le renouveau du cinéma allemand, après le malheureux feu paille Florian Henckel von Donnersmark. Avec ce film complexe à l’indiscutable maîtrise (successivement une tragédie, un film de procès et un revenge movie), Akin embrasse sans barguigner la somme des réalités contemporaines d’outre-Rhin — notamment la résurgence d’activistes nazis décomplexés. Il signe en sus un bouleversant portrait de femme dans toutes les acceptions organiques du terme, offrant à Diane Kruger son premier réel grand rôle dans sa langue maternelle. Le fort signifiant politique de ce retour aux sources artistique — dûment distingué à Cannes — lui confère une étiquette de c

Continuer à lire

"Vers la lumière" : Paroles, paroles

ECRANS | Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet (...)

Vincent Raymond | Mercredi 10 janvier 2018

Dans la queue de la comète des films de Cannes 2017 (avec In the Fade de Fatih Akin, la semaine prochaine), ce conte de Naomi Kawase est un objet discret, où elle explore une fois encore la question de la perte et de la résilience. On y suit la rencontre entre Misako, audio-descriptrice pour le cinéma et Masaya, photographe rogue ayant perdu la vue, à l’occasion de projections tests d’un film. Deux êtres malheureux, en quête d’absolu et d’épure, dont les solitudes, peu à peu, finiront par s’accorder… Kawase perd en maniérisme ce qu’elle gagne en sentimentalité. Qu’importe l’origine de cet assouplissement de l’âme, puisqu’il bénéficie au public. Au-delà de la bluette amoureuse, ce film s’expose à un terrible paradoxe, puisqu’il a recours à de splendides compositions et lumières pour évoquer la compensation de la cécité par la parole. Par ailleurs, il se révèle particulièrement bavard, ce qui risque de limiter la possibilité de lui offrir une audio-description efficace. Vers la lumière s’adresse donc peu à ceux dont il parle,

Continuer à lire

Nekfeu rejoint la prog de Paroles & Musiques 2018

Festival | Le rappeur Ken Samaras, plus connu sous le pseudo de Nekfeu (1995, S-Crew), rejoint la programmation du festival stéphanois. Il sera sur scène le même (...)

Nicolas Bros | Jeudi 4 janvier 2018

Nekfeu rejoint la prog de Paroles & Musiques 2018

Le rappeur Ken Samaras, plus connu sous le pseudo de Nekfeu (1995, S-Crew), rejoint la programmation du festival stéphanois. Il sera sur scène le même soir que Jain le dimanche 1er juillet, sur la Grande Prairie située devant le Parc-Musée de la mine.

Continuer à lire

"La Villa" : Une calanque en hiver

ECRANS | Page arrachée à son journal intime collectif, le nouveau Robert Guédiguian capte les ultimes soubresauts de jeunesse de ses alter ego, chronique le monde tel qu’il est et croit encore à la poésie et à la fraternité, le tout du haut d’un balcon sur la Méditerranée. De l’utopie vraie.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Depuis un drame intime, Angèle n’était jamais revenue voir son père ni ses frères. Après l’AVC du patriarche, elle redescend pourtant un jour d’hiver dans la calanque familiale. Histoire de régler le présent, solder le passé et peut-être se reconstruire un futur. « J’ai l’impression de faire une espèce de feuilleton depuis trente ans. Sans personnage récurrent, mais avec des acteurs récurrents. Et je joue avec cette ambiguïté. » La confidence de Robert Guédiguian prend d’autant plus de sens ici où le cinéaste convoque un extrait de son film Ki Lo Sa (1985) pour illustrer un flash-back — procédé auquel il avait déjà eu recours dans La Ville est tranquille (2001), agrémenté d’un fragment de Dernier été (1981). « Je serais tenté de le faire souvent, mais ce serait une facilité. Là, par rapport au sujet, ça se prêtait bien », confirme le cinéaste. Bercée par la musique de Bob Dylan, cette réactivation d’une archive ensoleillée du lieu et des protagonistes confère à La Villa

Continuer à lire

"La Lune de Jupiter" : On lévite ou on l’évite

ECRANS | de Kornél Mundruczó (Hon.-All., 2h03) avec Merab Ninidze, Zsombor Jéger, György Cserhalmi…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

La Hongrie, aux portes de l’Europe. Un migrant abattu alors qu’il franchissait la frontière développe un étrange pouvoir de lévitation qu’un médecin véreux et au bout du rouleau va tenter d’exploiter à son profit. Seulement, le “miraculé” suscite d’autres appétits… Comme Lanthimos, Mundruczó se veut moraliste ou prophète 2.0 : il malaxe de vieilles lunes, les amalgame à de l’actualité sensible sérieuse et les nappe de fantastique pour leur donner une aura métaphorique (et capter les amateurs de genre). Sauf que ça sonne creux. On sent le réalisateur sent bien fier de son effet ascensionnel/sensationnel — un Quickening façon transe lente, plutôt réussi la première fois ! L’ennui est qu’il ne manque pas une occasion de le resservir, chaque occurrence le vidant davantage de son caractère exceptionnel. Le soin minutieux apporté à cet effet, à une course-poursuite en voiture ou à tout ce qui a trait à la question technique, tranche violemment avec son apparent désinvestissement pour ce qui concerne le jeu — acteurs mal post-synchronisés, guère plus considérés que du matériel de tourna

Continuer à lire

"Corps et Âme" : Cerf moi fort

ECRANS | Improbable comme la rencontre entre un homme au bras handicapé et une femme légèrement autiste dans un abattoir hongrois, cette romance nimbée d’onirique pleine de vie dans un lieu de mort touche au cœur par sa subtile poésie. Ours d’Or à la Berlinale 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 25 octobre 2017

Contrôleuse qualité récemment arrivée dans l’abattoir que dirige Endre, Mária se distingue par sa distance impassible et sa froideur mécanique. Découvrant par hasard qu’ils effectuent chaque nuit le même rêve, ils tentent de se rapprocher l’un de l’autre les jours suivants. À pas feutrés… À mille lieues du cynisme dont l’époque se pourlèche, deux des plus grands festivals cinématographiques de la planète ont accordé cette année leur distinction suprême à des œuvres présentant une étrange gémellité, ainsi qu’une formidable audace : elles proposaient une authentique romance ; une histoire d’amour pure et simple entre deux être marginalisés par le reste du monde. Ainsi le Lion vénitien a-t-il rugi pour La Forme de l’eau de Guillermo del Toro — patience : il ne sera sur les écrans qu’en février —, et l’Ours berlinois hurlé pour cet apprivoisement délicat, cette union de deux solitudes glacées célébrée par une cinéaste aussi rare que résolue dans ses choix. De l’amour Car tourner une histoire sentimentale sans dérision g

Continuer à lire

Home sweet home

MUSIQUES | Après un passage par le Mexique et la Colombie, Dub Inc revient sur le vieux continent pour une vingtaine de dates jusqu’à Noël. Le concert du 18 novembre (...)

Niko Rodamel | Mardi 31 octobre 2017

Home sweet home

Après un passage par le Mexique et la Colombie, Dub Inc revient sur le vieux continent pour une vingtaine de dates jusqu’à Noël. Le concert du 18 novembre au Zénith de Saint-Étienne promet d’être archi bouillant parce qu’à la maison, à deux pas du chaudron, c’est toujours la méga teuf !

Continuer à lire

"Carré 35" : La vérité sur Christine

ECRANS | de et avec Éric Caravaca (Fr., 1h07) Documentaire

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Adulte, Éric Caravaca a découvert l’existence d’une sœur aînée, morte enfant, dont ses parents lui avaient caché l’existence. Intrigué par ce silence et surtout le secret entourant l’absente, le comédien part en quête de son histoire. Et d’une trace : aucune photo d’elle n’a été conservée… De sa blessure intime toute fraîche (bien qu’ancienne) Caravaca aurait pu faire l’exhibition obscène en fouillant les douleurs et les non-dits familiaux. C’est tout le contraire qu’il obtient dans ce documentaire miraculeux porté par la douceur de sa voix, où l’on perçoit son désir sincère d’offrir une postérité légitime à celle qu’on avait voulu oblitérer. Déjouant les mensonges pudiques ou honteux, les oublis et les refoulés, Caravaca recoupe les témoignages, élucide un à un les mystères : Christine était née “différente”, les circonstances de son décès particulières, tout comme le contexte algérien en ce début des années soixante. Peu à peu se dessinent au milieu de ces vérités exhumées deux portraits entremêlés : celui d’une époque, et le visage de cette sœur inconnue dont ce film devient l

Continuer à lire

Jeune Femme : Sans toit, ni loi, mais avec un chat

ECRANS | de Léonor Serraille (Fr.-Bel., 1h37) avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Jeune Femme : Sans toit, ni loi, mais avec un chat

Paula vivait avec Joachim, un photographe, mais là c’est fini. Alors elle est à la rue, avec son chat et ses pauv’ affaires. Elle tente de se débrouiller en squattant ici ou là, accumulant solutions transitoires et abris de fortune. C’est drôlement chaud, parce que dehors, il fait sacrément froid… Léonor Serraille a eu une chance inouïe que son film concoure à la Caméra d’Or l’année où son jury se trouve présidé par Sandrine Kiberlain. Celle-ci ne pouvait qu’être sensible au charme décousu de sa réalisation, comme au parcours cabossé de son personnage, évoquant fantomatiquement ces silhouettes errantes que la comédienne endossait dans les premiers longs métrages de Lætitia Masson. Mais ce côté “truc d’il y a vingt ans” (voire de soixante, si l’on se réfère au Signe du Lion de Rohmer), c’est un peu le problème global de ce journal aigre-doux de la déchéance de Paula. Enchaînement un peu monotone d’épisodes, vaguement drolatique et social par fulgurances, Jeune Femme est sauvé par la grâce de quelques seconds rôles attachants (la gamine dont Paula “s’occupe”, Yuki sa fausse amie d’en

Continuer à lire

"Mise à mort du cerf sacré" : Brame et Châtiment

ECRANS | de Yórgos Lánthimos (Gr.-G.-B., 2h01, int.-12 ans avec avert.) avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Barry Keoghan…

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Steven forme avec Anne un couple huppé de médecins, parents de deux enfants éclatants de bonheur et de santé. Jusqu’à ce que Martin, un ado orphelin de père dont Steven s’est bizarrement entiché, ne vienne jeter l’anathème sur leur vie en imposant un odieux chantage… Cannes 2017, ou l’édition des épigones : pendant que Östlund lorgnait du côté de Haneke avec The Square, Lánthimos jetait d’obliques regards en direction de Lars von Trier avec cette tragédie talionnesque et grandiloquente, où un pécheur — en l’occurrence un médecin coupable d’avoir tué un patient par négligence — se voit condamné à subir une punition à la mesure de sa faute. Mais quand Lars von Trier cherche à soumettre ses personnages à une épreuve, son confrère semble davantage enclin à éprouver son public en usant de basse provocation. Lánthimos aime en effet donner dans le sacrificiel symbolique, ne rechignant pas au passage à un peu d’obscénité putassière : Martin se livre donc ici à une imprécation liminaire, annonçant l’agonie des enfants, afin qu’on “savoure” le plus longtemps possible leur mystéri

Continuer à lire

"The Square" : Sans mobile apparent

ECRANS | de Ruben Östlund (Sue.-All.-Da.-Fr., 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West…

Vincent Raymond | Jeudi 12 octobre 2017

Alors qu’il s’enorgueillit de présenter une exposition visant à tester l’humanisme des visiteurs et secouer les consciences, le directeur d’un musée d’art contemporain se livre à une série d’actes mesquins et pathétiques, révélateurs de son moi profond. La raison ? On lui a volé son portable… On savait depuis Snow Therapy (2015) que Ruben Östlund est du bois dont fait les moralistes, et le monde de l’art contemporain, parcouru de tartuffes de tous poils, propice à l’exploration de l’insondable vanité humaine ; la rencontre entre les deux pouvait (devait) nécessairement produire une “performance” remarquable. Remarquée, elle l’est certes (une Palme d’Or, fût-elle par défaut, ne se trouve pas sous le sabot griffu d’une statue équestre), mais se révèle par trop conforme à ce qu’on pouvait en attendre. The Square vitupère en effet de manière convenue les paradoxes et hypocrisies sociétaux à travers un milieu connu pour être caricatural ; il manque en outre d’homogénéité dans son approche : la satire oscille entre premier et second degrés : la comé

Continuer à lire

3 jours de Fête et de lettres

Fête du livre 2017 | Trois journées bien remplies entre les dédicaces, les conférences-débats, la présence d'auteurs allemands, des master-class à l'université, les Mots en scène place (...)

Nicolas Bros | Lundi 9 octobre 2017

3 jours de Fête et de lettres

Trois journées bien remplies entre les dédicaces, les conférences-débats, la présence d'auteurs allemands, des master-class à l'université, les Mots en scène place Jean Jaurès qui ne désemplirent pas, une première des Mots en magie au Théâtre Métamorphosis, la place Dorian "végétale et gastronomique"... Bref, beaucoup d'animations et de rencontres pendant ce week-end. Avec plus de 270 auteurs présents pendant le week-end, la Fête du livre de Saint-Étienne cru 2017 a attiré la foule. L'organisation réussit depuis deux ans la prouesse de garder une grande quantité d'auteurs présents malgré les nouvelles conditions imposées par le Centre National du Livre (CNL). Ce dernier n'apporte son soutien seulement aux manifestations qui rémunèrent les auteurs invités à prendre la parole. De ce fait, le nombre de conférences a été diminué afin de rentrer "dans les clous". Désérable obtient le Grand Prix de la Ville de Saint-Étienne D'autre part, la Fête du livre est aussi l'occasion de découvrir de belles pépites de la (fameuse) rentrée littéraire. Cette année, parmi les 581 romans sortis pour cette période unique (dont 390 romans français), plusieurs auteurs é

Continuer à lire

Encore en corps, mes très chairs !

ECRANS | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

Continuer à lire

Encore en corps, mes très chairs !

Panorama ciné octobre | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

Continuer à lire

Happy End : Point trop final

ECRANS | de Michael Haneke (Fr.-Aut.-All., 1h48) avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz…

Vincent Raymond | Mercredi 4 octobre 2017

Happy End : Point trop final

Après avoir causé la mort de sa mère dépressive par surdose d’anxiolytique, une pré-adolescente débarque chez son chirurgien de père, qui partage la demeure familiale calaisienne avec un patriarche réclamant l’euthanasie, une sœur entrepreneuse en plein tracas professionnels… Toujours aussi jovial, Michael Haneke convoque ici des figures et motifs bien connus pour une mise en pièce classique d’une caste déclinante, résonnant vaguement avec l’actualité grâce à l’irruption un tantinet artificielle de malheureux migrants. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion ; quant à Huppert, elle fronce le museau, écarquille les sourcils et incarne un bloc de béton congelé — quelle surprise ! Happy End ressemble hélas à du Haneke en kit : si tous les éléments habituels dérangeants sont là, manque un liant — comme la durée obstinée des plans, par exemple. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichie

Continuer à lire

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Portrait | Depuis 1879, le flambeau se transmet de père en fils, un trait d’union traversant trois siècles… Déjà. Des mineurs stéphanois du 19e siècle, ils ont conservé cette mâle bravoure, l’humour mutin de ceux qui lovent leur cœur au creux de leur main. Le chœur Les Amis Réunis n’en finit pas de faire vibrer l’âme de la cité, et nous invite au voyage vers un futur… radieux, bien sûr. Texte : Alain Koenig / Photo : Niko Rodamel

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Le pas nerveux, une lueur d’anxiété dans la pupille gauche, Frédéric Grolet, chef de chœur, s’avance vers notre photographe. Allons-nous bien transmettre le message, ne pas trahir la mémoire de cette généalogie hors du commun, saisir l’esprit de corps qui préside au partage entre ces hommes aux vies sereines parfois, cabossées souvent, atypiques et authentiques toujours ? En l’attendant, les conversations vont bon train: un ténor (ou était-ce un baryton ?) explique, dans une langue fleurie, à l’un de ses compagnons, la gratitude éternelle des artilleurs pour la légion. Les souvenirs de régiment s’échangent, tandis que le saucisson du Forez, artisanal bien sûr, se laisse trancher d’une main ferme, entre les "cubis" de Saint Joseph. Alcôve d’improbables répétitions et de prometteuses agapes, l’Amicale Laïque de Chapelon, pourrait avoir vu le tournage de The Others. Les lieux ont une âme, assurément. Où que se porte le regard, articles de vieux journaux, photos sépia, "cartons" de musicien d’harmonie, affiches aux dates intemporelles ornent le champ visuel, comme autant d’ex-voto à une Sainte Cécile omniprésente. Portrait de famille Quelques personnag

Continuer à lire

"Good Time" : Lose poursuite

ECRANS | de Ben & Joshua Safdie (E.-U.-Lux., 1h40) avec Robert Pattinson, Ben Safdie, Jennifer Jason Leigh…

Vincent Raymond | Jeudi 14 septembre 2017

Connie Nikas et son frère handicapé mental Nick braquent une banque. Dans la fuite, Nick est capturé. Alors Connie fait l’impossible au cours d’une nuit riche en rebondissements pour le libérer. Par les voies légales d’abord. Et puis les autres… Incroyable : Robert Pattinson peut afficher une gueule expressive et des nuances de jeu ! Merci aux frères Safdie pour cette révélation, ainsi que pour ce thriller nocturne haletant rappelant ces polars signés Hill, Carpenter, Scorsese et consorts qui éraflaient le New York crasseux des années soixante-dix. L’effet vintage et déréalisant se trouve conforté par la B.O. synthétique de Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, ainsi que par le matraquage de visages hallucinés, cabossés, arrachés à la pénombre, systématiquement cadrés en gros — voire très gros — plan. Dans leur quête formelle, les Safdie n’empruntent pas le chemin de l’esthétique pure, à la différence de NWR. Et s’ils partagent sa soif d’urgence ou son aptitude à fabriquer des sensations organiques, ils le font sans recourir aux sempiternelles armes à feu. Encore

Continuer à lire

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Interview | Avant d’aller à Cannes à la Quinzaine de Réalisateurs, Carine Tardieu était passée aux Rencontres du Sud pour présenter son film tourné en Bretagne. Rencontre avec une voyageuse…

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Vous abordez ici thème du secret de famille, très fécond au cinéma… CT : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de famille dans lesquelles il y avait des secrets — beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux le connaître le premier… CT : Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette des choses sur eux, qui sont juste une petite partie de leur réa

Continuer à lire

Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

ECRANS | Un démineur breton se trouve confronté à de multiples “bombes” intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante. Quinzaine des Réalisateurs 2017.

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph. Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires. Plateau de fruits de père(s) Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un — gigantesque — adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement dans la position d’un rejeto

Continuer à lire

Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

LE RÉALISATEUR DE PETIT PAYSAN | Petit Paysan deviendra-t-il grand cinéaste ? C’est bien parti pour Hubert Charuel, qui signe un premier long métrage troublant. Entretien cartes sur étable.

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

De quelle(s) épidémie(s) vous êtes-vous inspiré ? HC La maladie du film est fictive : elle présente plusieurs symptômes de maladies réelles, mais qui se soignent. J’ai grandi pendant la période de vaches folles et de fièvre aphteuse. On était dans cet esprit de paranoïa : l’angoisse de mes parents, de ma familles, des amis aux alentours était totale, personne ne comprenait ce qui se passait. Les vétérinaires ne savaient pas ce qu’était Creutzfeld-Jacob, n’avaient pas les résultats… Ça a vraiment choqué beaucoup de monde. Les abattages, c’est horrible : les gens arrivaient, on tuait tous les animaux, on creusait une fosse au milieu de la ferme, on brûlait les animaux sur place. Un traumatisme pour les éleveurs et les vétérinaires. Certains ne s’en sont pas remis de faire des abattages totaux à la chaîne. D’autres ne s’en pas remis financièrement. Quand on dit à l’éleveur qu’il va toucher des indemnités, c’est plus complexe que ça. Elles viennent parfois un an, deux ans après ou jamais. En attendant, il y a un crédit à rembourser, des emprunts pou

Continuer à lire

"Petit Paysan" : De mal en pis

ECRANS | Un petit éleveur bovin tente de dissimuler l’épidémie qui a gagné son cheptel. Ce faisant, il s’enferre dans des combines et glisse peu à peu dans une autarcie paranoïaque et délirante. Une vacherie de bon premier film à voir d’une traite.

Vincent Raymond | Mardi 22 août 2017

Difficile d’être plus en phase avec l’actualité qu’Hubert Charuel. Au moment où l’on s’interroge sur la pérennité des aides à l’agriculture biologique, et où l’on peine à mesurer les premières conséquences du n-ième scandale agro-industriel, son film nous met le nez dans la bouse d’une réalité alternative : celle des petits paysans. Ceux qui n’ont pas encore succombé, rongés par l’ingratitude de leur métier et les marges arrières de la grande distribution, ni été aspirés par leurs voisins, gros propriétaires fonciers ou de fermes automatisées — on en voit ici. Sans foin ni loi Pierre est un petit paysan à la tête d’un domaine raisonnable — c’est-à-dire qu’il la gère tout seul, mais en lui consacrant tout son temps. Lorsqu'il détecte dans son troupeau des animaux malades d’une mystérieuse fièvre hémorragique, il redoute le pire : l’abattage de la totalité de ses bêtes. La dissimulation lui offre une illusion de répit, mais les conséquences ne font qu’aggraver le problème. Hubert Charuel signe un portrait “empathique” de ce prolétaire rural, a

Continuer à lire

Lou et l’île aux sirènes : Plage musicale

ANIMATION JAPONAISE | de Masaaki Yuasa (Jap., 1h52) avec les voix de Shôta Shimoda, Kanon Tani, Akira Emoto…

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Lou et l’île aux sirènes : Plage musicale

Ado taciturne vivant dans un village de pêcheurs, Kai aime se réfugier dans sa musique. Se laissant convaincre par deux amis de lycée, il forme avec eux un groupe qui séduit une incroyable fan : Lou, jeune sirène mélomane. Le groupe va tenter de la faire accepter par les villageois… Depuis Takahata et Miyazaki, on sait l’importance du commerce que les Japonais entretiennent avec la Nature, s’incarnant dans de multiples divinités protectrices et volontiers farceuses (voir Pompoko). Nouvel avatar de cette innocence joviale, Lou poursuit l’inscription de ce patrimoine traditionnel dans le monde moderne, luttant contre la voracité humaine pour y préserver leur place — il y aura au moins une morale à en retirer. Si le fond est connu, la forme innove. Au classique duo poétique/grotesque courant dans l’anime nippon, Masaaki Yuasa ajoute des éclats de ce néo-screwball héritier de Tex Avery qu’on rencontre dans Gumball ou Adventure Time pour quelques séquences débridées (ah, le frénétique générique !) ; mais aussi des moments plus abstraits, où le graph

Continuer à lire

L’incompris

"Faute d’amour" | « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Deux parents obnubilés par leurs égoïstes bisbilles vont méditer sur Lamartine après que leur fils a disparu. Un (trop modeste) Prix du Jury à Cannes a salué ce film immense et implacable du puissant Zvyagintsev.

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

L’incompris

Moscou, de nos jours. Un couple se déchire dans la séparation, se querellant sur la vente de son appartement et se désintéressant du fruit de son union, Alyocha. Lorsque celui-ci disparaît subitement, ils prennent conscience de leur faute d’amour. Mais n’est-ce pas trop tard ? « Une bête, il faudrait être une bête pour ne pas être ému par la dernière scène de "Paris, Texas". » C’est par ces mots que Serge Daney débutait sa critique du film de Wim Wenders (1984) dans Libération, trahissant l’urgence de se délivrer (et de partager) l’absolue incandescence d’une séquence rejaillissant sur un film tout entier. Gageons que Daney aurait éprouvé un bouleversement jumeau devant Faute d’amour, et ce plan aussi admirable qu’atroce sur le visage défiguré par la douleur d’un garçon hurlant un cri muet, et dont le silence va résonner longtemps dans le crâne des spectateurs. Ce masque de désespoir flottant dans la pénombre, c’est l’effondrement en temps réel d’un enfant qui, témoin invisible d’une dispute entre ses parents, a compris qu’il était de trop.

Continuer à lire

JLG, Portrait chinois

"Le Redoutable" | Une année à part dans la vie de Godard, quand les sentiments et la politique plongent un fer de lance de la Nouvelle Vague dans le vague à l’âme. Une évocation fidèle au personnage, à son style, à son esprit potache ou mesquin. Pas du cinéma juste ; juste du cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

JLG, Portrait chinois

1967. Au sommet de sa gloire, Jean-Luc n’est pas à une contradiction près : s’il provoque en public en professant des slogans marxistes ou égalitaristes, il aspire en privé à une union conformiste de petit-bourgeois jaloux avec la jeune Anne. Tiraillé entre son Mao et son Moi, le cinéaste passe de l’idéologie au hideux au logis. L’insuccès de La Chinoise ne va rien arranger… Toutes proportions gardées, la vision du Redoutable rappelle celle de AI (2001), cette étonnante symbiose entre les univers et manière de deux cinéastes (l’un inspirateur, l’autre réalisateur), où Spielberg n’était jamais étouffé par le spectre de Kubrick. L’enjeu est différent pour Hazanavicius, à qui il a fallu de la témérité pour se frotter à un Commandeur bien vivant — certes reclus et discret, mais toujours prompt à la sentence lapidaire ou la vacherie définitive. Hommage et dessert En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Hazanavicius a extrait du récit autobiographique d’Anne Wiazemsky Un an après une substance p

Continuer à lire

Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

120 BATTEMENTS PAR MINUTE | Auréolé du Grand Prix du Jury au Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de 120 battements par minute revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

Robin Campillo : « Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu »

Comment évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up Paris : il y avait un type qui fait l’accueil, qui expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression que les choses arrivaient sans qu’il ait le temps d’en prendre conscience. Les films sont beaucoup plus forts quand on s’y perd un peu, quand on ne sait pas ni où ni à quel moment on est. Et comme ce

Continuer à lire

Le guide des festivals de l'été 2017

Festival | La saison des festivals est lancée ! Pour choisir où aller bronzer, écouter du bon son, sortir votre petit cousin ou étrenner vos nouvelles bottes en caoutchouc, nous vous avons concocté une frise chronologique consacrée aux festivals d’été en région Auvergne-Rhône-Alpes. Naviguez, faites vos choix !

La rédaction | Mercredi 5 juillet 2017

Le guide des festivals de l'été 2017

Continuer à lire

120 battements par minute : Charge virale

120 battements par minute | de Robin Campillo (Fr., 2h20) avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel… (sortie le 23 août)

Vincent Raymond | Lundi 21 août 2017

120 battements par minute : Charge virale

Histoires de révoltes et de combats. Celles des militants d’Act Up Paris à l’orée des années 1990 pour sensibilisant à coup d’actions spectaculaires l’opinion publique sur les dangers du sida et l’immobilisme de l’État. Et puis la romance entre Nathan et Sean, brisée par la maladie… Grand Prix à Cannes, ce mixte d’une chronique politique et d’une histoire sentimentale est aussi une autobiographie divergée de Robin Campillo. Ancien membre d’Act Up, il a toute légitimité pour évoquer le sujet de l’intérieur, en assumant sa subjectivité, et tenant compte du temps écoulé. Le portrait collectif qu’il signe n’est ainsi ni un mausolée aux victimes, ni un panégyrique aux survivants, ni un documentaire de propagande : il s’inscrit dans un contexte historique, à l’instar d’un conflit armée. Campillo emprunte d’ailleurs sa construction aux films de guerre, chaque génération ayant les siennes — les AG étant les réunions d’état-major avant les actions et manifs ; le champ de bataille les lieux d’intervention. Sauf qu’il y a ici deux guerres à mener : l’une, visible, contre les institutions et les labos pharmaceutiques ; l’autre,

Continuer à lire

Quoi de neuf dans les festivals ?

En bref | 1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juillet 2017

Quoi de neuf dans les festivals ?

1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions eu très peur de ne jamais revoir le festival de musique de Trelins sur pied. Mais très vite, nos inquiétudes ont été balayées par les organisateurs qui nous ont assuré avoir mis le festival en « jachère » cette année pour mieux revenir les 3, 4 et 5 août 2018 avec la 14e édition. En attendant, il y a de quoi se réjouir avec tout d'abord le festival de rue qui, pour sa part, est maintenu le 5 août prochain. Suivront deux soirées en forme de warm-up du Foreztival 2018. Tout d'abord, le 22 septembre au Château du Rozier de Feurs puis le 2 décembre au Fil de Saint-Etienne. Les "line-up" de ces soirées nous sont encore inconnus à l'heure où nous écrivons ces lignes. 2 - Une ville en ébullition Le Puy-en-Velay s'apprête à vivre un très "gros" mois de juillet ! Tout d'abord parce que la préfecture de la Haute-Loire sera pendant 3 jours accaparée par le Tour de France (les 16, 17 et 18 juillet 2017) en étant ville-étape et en héritanti d'un jour de repos. Mais ce n'est pas tout. Depuis maintenant 3 ans, la ca

Continuer à lire

Des stars comme s'il en pleuvait

Musilac (Savoie) | Phoenix, Ibrahim Maalouf, Jamiroquai, Julien Doré, Two Door Cinema Club, Sting, Texas, Justice, Calypso Rose, Archive, Vianney, Juliette Armanet… Comme chaque année, Musilac aligne les grands noms quatre jours durant. Ce qui ne doit pas faire oublier les autres, plus discrets, moins bankables… Tour d’horizon jour par jour de ce que l’on découvrira à Aix-les-Bains entre le 13 et le 16 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 juillet 2017

Des stars comme s'il en pleuvait

Amplitude sonique le jeudi Ça commence fort Musilac le 13 juillet, et tous azimuts avec ça. De Juliette Armanet, la nouvelle petite fiancée des branchés, à l'alien sud-af' Die Antwoord (que ces mêmes branchés aiment pour de toutes autres raisons) ; de la pop variété joueuse de Lulu Gainsbourg (comme Armanet, on aime ou on déteste) aux hardos australiens d'Airbourne, en passant par le rap engagé de Kery James : il va y avoir dès le premier jour de l'amplitude thermique et sonique sur les bords du Lac du Bourget. Or on est loin du compte si l'on n’ajoute pas aussi l'électronicien teuton tout en délicatesse Fritz Kalkbrenner – délicatesse partagée par le duo Paradis, même si leur électronique empreinte des chemins plus pop. Reste que le gros des troupes est lui, ce soir-là, résolument pop rock : pop dansante chez Two Door Cinema Club, schlass comme jamais chez Warhaus, rentre-dans-lard chez Last Train, renfrognée chez Lescop. Et puis en haut de la pyramide : la grande renaissa

Continuer à lire

Ava : Jeune fille en fleur avant l’ombre

ECRANS | Dernier été pour les yeux d’Ava, ado condamnée à la cécité s’affranchissant des interdits ; premiers regards sur le cinéma de Léa Mysius (coscénariste des Fantômes d’Ismaël) avec ce film troublant et troublé, ivre de la séduction solaire de la jeune Noée Abita.

Vincent Raymond | Mercredi 28 juin 2017

Ava : Jeune fille en fleur avant l’ombre

Ava a treize ans, une mère célibataire fantasque, une petite sœur au biberon et une maladie qui va la rendre aveugle à la fin des grandes vacances. Loin de s’apitoyer sur son sort, l’ado profite de ce qui lui reste de vue pour longer les marges avec un jeune gitan qui la fascine… Bonne pioche pour la Semaine de la Critique que ce premier long métrage de Léa Mysius, tout à la fois empli de la vitalité rebelle de la jeunesse et confronté à l’inéluctable d’une disparition précoce. Un poème sensoriel débarrassé d’un ancrage forcené au réalisme, Ava qui s’octroie des parenthèses de folie douce lorsqu’il s’agit d’évoquer le ressenti de la liberté, le frisson de l’incertain. Une révolte métaphorique dans une fuite à la poursuite de la beauté, où la suggestion discrète l’emporte sur la pataude monstration. Garde à vue On sait combien un film peut se trouver transfiguré par son acteur·trice grâce à l’accord intime entre l’interprète et son personnage. Ce que livre ici la débutante Noée Abita tient de la vibration : à l’âge

Continuer à lire

20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Interview électro/hip-hop | Après Hocus Pocus et C2C, le Dj et beatmaker nantais 20Syl s'est lancé dans un nouveau projet electro/hip-hop au nom très spirituel : AllttA. Aux côtés de Mr J. Medeiros (du groupe The Procutions), ils ont dévoilé The Upper Hand, un opus de belle facture qui secoue les têtes et fait vibrer les mollets. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 6 juin 2017

20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Est-ce que vous pouvez nous expliquer la rencontre avec Mr J. Medeiros ? C'était en 2004 ou 2005, lorsqu'on était en studio avec Hocus Pocus en train d’enregistrer l’album 73 Touches. On a vu The Procussions, le groupe de Jason en concert et nous avons eu un vrai coup de cœur. Nous les avons invités le temps d’une journée "off" sur leur tournée à nous rejoindre en studio et dans notre émission de radio. La connexion s’est faite comme ça et depuis nous sommes restés en contact jusqu'à monter AllttA ensemble. Est-ce plutôt vous ou lui qui êtes à l’initiative du projet AllttA ? C'est "J" qui m’a proposé ce nom AllttA et ça a été le déclic visuel pour moi. J’ai réussi à me projeter, à imaginer les choses qu’on allait pouvoir décliner à partir de là. J’ai besoin de ce côté visuel pour me lancer dans un projet musical. À partir de là, nous avons commencé à réunir toute la matière que nous avions déjà échangée dans le but de sortir un EP ou un album. Lorsque l'on écoute votre album The Upper Hand, on sent un côté sonore très organique et hip-hop malgré le fait qu'il y ait beaucoup d’électro. C

Continuer à lire

Lettre de Cannes #5

Festival de Cannes 2017 | Ou comment on prend un aller simple de la Black Lodge à l'Hôpital du Vinatier

Christophe Chabert | Vendredi 26 mai 2017

Lettre de Cannes #5

Cher PB, laisse-moi te raconter une scène vue sur la Croisette, qui illustre à mon sens la folie qui gagne le festival, et peut-être plus que ça, le pays tout entier – à moins que ce ne soit le micro-climat du sud, mais je ne mange pas de ce pain-là. En plein carrefour, un type se fait renverser en scooter par une voiture. Rien de bien grave a priori, car le propriétaire du deux roues, assez vénér’, est déjà en train de tambouriner contre la vitre de l’automobiliste en le traitant de… Bon, pas besoin de te faire un dessin ou d’aligner des grossièretés. Un des mille policiers aux abords du Palais vient alors se mêler à l’affaire pour calmer le différend. Et là, sidération totale, l’homme au scooter s’adresse au représentant des forces de l’ordre – note l’expression – et lui demande s’il a le droit de « frapper » le mec dans la voiture. Sérieusement. Même pas pour rire. Gloups ! De folie, il fût question ces derniers jours dans les films de Cannes, alors que la compétition touchait à sa fin avec les films de François Ozon – rires – de Fatih Akin – argh – et de Lynne Ramsay – tout à l’heure. D’abord avec ce qui restera comme le choc ultime du festival : les deu

Continuer à lire

Lettre de Cannes #6

Festival de Cannes 2017 | Ou comment un dernier film vient relancer la compétition, et où il faut apprendre à finir.

Christophe Chabert | Lundi 29 mai 2017

Lettre de Cannes #6

Cher PB, je t’envoie cette dernière lettre à quelques heures d’un palmarès que, comme à son habitude, la presse s’empressera de mettre en pièces. Habitude étrange, à vrai dire : qui, du cinéaste et des acteurs qui font des films et composent un jury collectif ou du critique qui se contente de les voir, est le plus apte à en juger la valeur ? Qui est le meilleur spectateur de cinéma ? Vaste question que je ne trancherai pas ici, car bon, j’ai autre chose à faire. Mais l’an dernier, quand l’agora critique hurlait à la mort après la Palme remise à Moi, Daniel Blake, estimant qu’il s’agissait d’une « mauvaise Palme », on pouvait légitimement lui rétorquer que le film ne la DÉMÉRITAIT pas, quand bien même d’autres films la méritaient tout autant, sinon plus. The Last face, le film de Sean Penn, eût été d’évidence une mauvaise palme, car personne – à part Luc Besson, c’est dire – n’a défendu la chose, la jugeant unanimement nulle et nocive pour le cinéma. De toute façon, l’envie de réécrire l’histoire d’un palmarès à l’aune de ses choix personnels tient tout autant de l’égocentrisme que de l’illusion rétrospective, ce fléau qui empêche d’accepter la réalité telle qu’elle es

Continuer à lire

Lettre de Cannes #4

Festival de Cannes 2017 | Ou comment on fête un anniversaire, et comment Nicole Kidman est devenue notre copine de festival

Christophe Chabert | Jeudi 25 mai 2017

Lettre de Cannes #4

Cher PB, hier soir, le festival de Cannes fêtait son soixante-dixième anniversaire, dans une cérémonie qui faisait des ponts entre passé, présent et je ne sais pas quoi, avec des palmés passés – dont David Lynch, prêt à présenter les premiers épisodes de la nouvelle saison de Twin Peaks que tu as déjà dû voir, petit coquinou, en streaming sur je ne sais quelle plateforme de mauvaise vie –, des palmés futurs – Sorrentino et Park Chan-wook, cette année préposés à la remise de palme au sein du jury – et des presque palmés – Pedro Almodovar, dans le rôle du cinéaste cocu mais bon joueur au milieu des ex-vainqueurs. On notait quelques absences de poids : Terrence Malick, qui pourtant n’a plus peur de montrer sa trogne en public ; les frères Dardenne, pourtant grands potes de Therry Frémaux ; Steven Soderbergh, sans doute un peu vexé que son dernier Logan Lucky est atterri piteusement au Marché du film cette année ; les frères Coen, Nuri Bilge Ceylan ou encore Lars Von Trier, dont on ne sait trop s’il est encore persona non grata au festival, ou simplement retenu par le montage de son dernier film, ou si son camping car est au garage pour réparation – va lire le d

Continuer à lire

Lettre de Cannes #3

Festival de Cannes 2017 | Ou comment la courtoisie est une valeur qui se perd, un grand cinéaste se suicide à Cannes, et Netflix invente le vidéo-film.

Christophe Chabert | Mardi 23 mai 2017

Lettre de Cannes #3

Cher PB, Au son d’un hélicoptère tournoyant dans le ciel, loin au-dessus de la croisette, je t’écris à nouveau pour te parler de cinéma. Mais avant, j’aimerais te raconter un petit jeu que je pratique avec quelques amis depuis que je me rends au festival. Ce jeu, qui est plutôt une forme de compétition honorifique, s’appelle le Prix de la courtoisie. Rien à voir avec la radio d’extrême droite éponyme — cela me rappelle qu’autrefois, quand moi-même je faisais de la radio, un des animateurs ne cessait de présenter les titres musicaux en parlant d’albums « éponymes », sans trop savoir ce qu’il racontait puisqu’il allait jusqu’à dire de certains qu’ils étaient « parfaitement éponymes », laissant penser que d’autres étaient « un peu éponymes » et d’autres encore « moyennement éponymes »… Le Prix de la courtoisie consiste à saluer chaleureusement TOUS les agents d’accueil que l’on croise avant d’accéder aux projections, de les remercier chaque fois qu’ils font quelque chose pour nous — biper nos badges, nous indiquer nos places… — et, plus globalement, de leur sourire et de ne pas les traiter comme des paillassons. La base, quoi… Sauf au festival de Cannes où les

Continuer à lire

Lettre de Cannes #2

Festival de Cannes 2017 | Ou comment une projection vire à la farce, des militants bouleversent la Croisette et un cinéaste parle à un autre cinéaste.

Christophe Chabert | Lundi 22 mai 2017

Lettre de Cannes #2

Cher PB, il faut que je te raconte ce qui s’est passé l’autre matin à la projection d’Okja, le film Netflix de Bong Joon-ho. Depuis l’annonce par Thierry Frémaux de l’entrée en compétition de deux films coproduits mais surtout distribués par l’opérateur de vidéo à la demande par abonnement à 10 boules par mois, plus en version HD, les exploitants français ne cessent de faire les scrogneugneus, et de réclamer peu ou prou qu’on chasse ses malotrus yankees qui viennent sur le territoire français bousiller notre sacro-sainte exception culturelle. On ne leur fera pas l’injure, à certains du moins, de leur rappeler qu’ils ont tous très bien sortis les précédents films de Bong Joon-ho ou de Noah Baumbach, l’autre social-traître à avoir signé chez Netflix. C’est vrai, merde, Mistress America, quoi, au moins 800 salles l’ont programmé ! Et Mother, j’en parle même pas… Et pendant des mois en plus ! Toujours est-il qu’ils avaient prévu leur coup : à peine le logo Netflix apparu sur l’écran, la bronca s’est levée dans le Grand Théâtre Lumière, et s’ils avaient pu passer les portiques de sécurité avec des piques et des fourches pour traîner jusq

Continuer à lire