Le mépris de Godard !

Alain Koenig | Mercredi 1 février 2017

Photo : © Cyrille Cauvet


Ayant enregistré cette Deuxième Symphonie de Benjamin Godard avec le magnifique Orchestre de la Radio Bavaroise de Munich, David Reiland réhabilite ce compositeur français, à la postérité injustement fragile, et nous offre un très beau CD, vivement recommandé au mélomane. La veine créative est fluide, la sensibilité indubitablement romantique, et l'on s'étonne du peu d'intérêt pour cette musique de nos grands programmateurs institutionnels. Remercions donc le Premier Chef invité de l'Orchestre Symphonique Saint-Étienne-Loire de nous gratifier d'une vraie première musicale à Saint-Étienne. L'œuvre n'a pas à rougir d'être sur le podium aux côtés du Triple Concerto de Beethoven ou du poème symphonique de César Franck Le Chasseur Maudit. Cette "musique à programme", aux accents berlioziens, inspiré d'un poème de Bürger, relate les déboires et tourments spirituels du Comte du Rhin, parti pour la chasse, malgré les objurgations des cloches du village à respecter le sabbat dominical... Tout un programme donc ! AK


2e Symphonie de Godard

+ César Franck + Beethoven, dir mus. David Reiland, viol. Pascal Monlong, Piano Laurent Wagschal, par l'OSSEL
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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D’où parle Jean-Luc Godard aujourd’hui ? D’un lieu double, comme l’est son dernier film : si l’on suit la première partie — «La Nature» — ce serait quelque part du côté du lac de Genève, où transitent deux types de fantômes, ceux des touristes arrivés des bateaux de plaisance battant alternativement pavillon suisse et pavillon français, et ceux de Lord Byron et Mary Shelley, dans un exil romantique forcé qui donne naissance au fameux Frankenstein. Mais selon la deuxième partie — «La Métaphore» — Godard nous parle d’un lieu plus mystérieux, un au-delà du langage où il retrouve son outil et se fait peintre du monde, de ses bruissements, de ses êtres mis à nu. Cette dualité n’est pas neuve chez lui : elle dure au moins depuis Nouvelle Vague, où la noyade d’un homme entraînait l’apparition de son double. Nouvelle Vague était aussi un film d’exil : le premier à montrer ce bout de Suisse dans laquelle Godard s’est réfugié et le premier à mettre en scène un Alain Delon qui n’hésitait pas à y faire quelques navettes pour planquer son pognon — l’exilé romantique et l’exilé fiscal, la nature et la métaphore. Or, depuis ce film matrice d

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