Venise n'est pas en Italie

Alain Koenig | Mercredi 1 mars 2017

Photo : Le chef d'orchestre Philippe Péatier © Sylvie Vermorel


Après les ports de la Volga et de la Néva en 2013, la biennale prend, en 2017, le vaporetto. Elle jette l'ancre au pied du Campanile pour un concert d'ouverture très blond...vénitien. En s'emparant de la partition des sublimes Vêpres de la Vierge publiées en 1610, le festival Primavera frappe à la grande porte. Le chef d'œuvre de celui qui devait succéder à Gabrieli au poste de Maestro di cappella de Saint-Marc, Claudio Monteverdi, est à lui seul un voyage au long cours. Dans sa version intégrale, la diversité des formes et effectifs, les chapelets d'hémioles, de ruptures rythmiques, de mélismes, d'audaces harmoniques requièrent, sur presque deux heures, une exigence de tous les instants. Après Venise, Philippe Péatier proposera au Choeur et Orchestre d'Oratorio Philippe Péatier, un tour d'Italie de Naples à Rome via le Duomo, avant un récital lyrique d'airs italiens, pantoufle de vair de Vanessa Bonazzi et Rémy Poulakis. Le festival Primavera des Rencontres Musicales en Loire, se déroulera du 12 au 19 mars 2017.


Concert d'ouverture

Par l'Ens. de mus. anc. Unisoni et choeur des RML (dir. : Philippe Péatier); pièces pour harpe et Vêpres à la Vierge de Monteverdi
Eglise de Saint-Genest-Lerpt Rue Buisson Saint-Genest-Lerpt
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Mozart est là !

Classique | Résurgence de la biennale, les Rencontres Musicales en Loire reprennent deux des grands succès de leur édition de 2010 : la Messe en ut mineur, en (...)

Alain Koenig | Mardi 5 novembre 2019

Mozart est là !

Résurgence de la biennale, les Rencontres Musicales en Loire reprennent deux des grands succès de leur édition de 2010 : la Messe en ut mineur, en alternance avec le Requiem, précédés de la non moins célèbre Symphonie Jupiter du grand Mozart. Pour soutenir les forces vocales locales, un orchestre venu de l'Est, l'Orchestre Symphonique de Voronej. Dimanche 10 novembre (Requiem et Symphonie n°41), Eglise Saint-Firmin de Firminy à 17h et lundi 11 novembre (Messe en ut et Symphonie n°41), Collégiale de Montbrison à 17h

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Ivan Calbérac : « D’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

Venise n’est pas en Italie | Comme un prolongement logique de son roman et de son spectacle, Ivan Calbérac a réalisé le film semi-autobiographique Venise n’est pas en Italie. Une démarche cathartique qui prend la forme d’une comédie, dont il s’est ouvert lors des Rencontres d’Avignon, mais aussi de Gérardmer…

Vincent Raymond | Mercredi 29 mai 2019

Ivan Calbérac : « D’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

L’aventure de Venise n’est pas en Italie a commencé il y a longtemps pour vous… Oui, elle en partie autobiographique parce que mes parents me teignaient les cheveux en blond de sept à treize ans — ouais, c’est moche (rires). À l’époque, ils m’avaient convaincu que j’étais plus beau comme ça. Je pensais que c’était dans mon intérêt, donc j’étais complètement consentant et même limite coopératif : je demandais ma teinture — j’étais vrillé de l’intérieur. Mais en même temps, j’en avais super honte : j’avais toujours peur qu’on dise : « Aïe aïe, il a les cheveux teints, la honte ! », et à 14-15 ans, j’ai voulu arrêter, ils m’ont dit OK. La plupart de mes amis qui me connaissaient à cet âge-là n’étaient pas au courant. Et puis j’ai grandi et à l’âge de 38-40 ans, cette histoire est redevenue présente. De cette sorte de traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle en la racontant d’abord comme un roman. Mais j’avais tout de suite en tête l’envie d’en faire un film, parce que je voyais un road-movie, plein d’images.

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"Venise n'est pas en Italie" : Lacunes sur la lagune

ECRANS | De Ivan Calbérac (Fr., 1h35) avec Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Helie Thonnat…

Vincent Raymond | Mercredi 29 mai 2019

Tout sépare Émile de Pauline, la collégienne dont il est épris : lui vit avec sa famille bohème (les Chamodot) dans une caravane ; elle réside dans la villa cossue des parents bourgeois. Quand elle l’invite à Venise pour l’été, Emile se réjouit… brièvement. Car ses parents veulent l’accompagner. En adaptant ici son propre roman lointainement autobiographique (succès en librairie), déjà porté (avec autant de bonheur) par lui-même sur les planches, le sympathique Ivan Calbérac avait en théorie son film tourné d’avance — le fait d’avoir en sus la paire Poelvoorde/Bonneton parmi sa distribution constituant la cerise sur le Lido. Las ! Le réalisateur a jeté dans un grand fait-tout façon pot spaghetti les ingrédients d’une comédie familiale un peu Tuche et d’une romance d’ados un peu Boum, quelques tranches de road movie, un peu d’oignon pour faire pleurer à la fin, nappé le tout d’une sauce Roméo & Juliette. Et puis il a oublié sa gamelle sous le feu des projecteurs. Résultat ? Un bloc hybride et peu digeste, où l’on distingue trois ou quatre possi

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Valeria Bruni-Tedeschi survole "Folles de Joie"

ECRANS | Un film de Paolo Virzì (It, 1h56) avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaela Ramazzotti, Bob Messini…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juin 2016

Valeria Bruni-Tedeschi survole

Atypique cavale que celle de Beatrice et Donatella : bien que pensionnaires de la Villa Biondi — une institution dévolue aux femmes atteintes de troubles psychiques —, ces deux fugueuses n’ont rien en commun. Aristo mythomane et extravertie, qui plus est joueuse compulsive, la première a été placée là par son entourage pour que sa gênante présence disparaisse des portraits de famille ; quant à la seconde, pauvre fille paumée accusée d’infanticide, elle rêve de revoir son fils. Ensemble, elle forment équipage, jouant les Thelma et Louise à travers l’Italie. Plus qu’explicite, la référence au film de Ridley Scott fait même l’objet d’une citation visuelle appuyée lorsque les deux complices se retrouvent par hasard à bord d’une décapotable. L’un des fugaces moments de liberté et de bonheur de ce film portant un regard sensible sur ce que l’on nomme par commodité la “folie” — un terme générique confortable recouvrant bien des situations, représentée ordinairement par des poncifs affligeants. Paolo Virzì montre que Beatrice et Donatella sont avant tout des victimes exprimant dans

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« Din din crà crà boum boum tac tac »

MUSIQUES | Lorsqu'en 1813, il compose L'Italienne à Alger, Gioachino Rossini subodore-t-il qu'il marque de son sceau un style dont il est le génial instigateur ? (...)

Alain Koenig | Mardi 1 décembre 2015

« Din din crà crà boum boum tac tac »

Lorsqu'en 1813, il compose L'Italienne à Alger, Gioachino Rossini subodore-t-il qu'il marque de son sceau un style dont il est le génial instigateur ? Reprenant peu ou prou l'intrigue abracadabrante de L'Enlèvement au Sérail, "turquerie" suprême de l'illustre Wolfgang, il se démarque du "goût" en vogue au XVIIIe siècle. Désormais, il faudra compter avec "l'opera buffa" rossinien, caractérisé par l'attribution à des plébéiens (soubrettes, barbiers ou princesses de pacotille) de la prouesse vocale, jusqu'alors réservée au cénacle des dieux emplumés de la Tragédie Lyrique ! "L'Italienne" débute une longue liste d'opéras à la postérité aujourd'hui assurée : Le Barbier de Séville, Cenerentola, Semiramide, parmi tant d'autres... Avec ce fameux bon-vivant, au tournedos éponyme, mieux vaut savoir vocaliser en apnée, jouer la comédie, être doté d'un puissant organe vocal et articuler sur des paroles évoquant onomatopées ou borborygmes, comme ceux très évocateurs de ce titre. Lionel Sarrazin, mentor d'une intarissable écurie de talents lyriques éblouissants (Stanislas de Barbeyrac, Dominique Magloire, Thomas Bettinger..

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La Botte pleine de musique

MUSIQUES | Chef de gare dans le Piémont jusqu'en 2007, Gianmaria Testa est un auteur-compositeur-interprète autodidacte comme on en voit peu. Avec finesse, il chante mélancolies et bonheurs de la vie. "Men at work", son live sorti en 2013, a marqué les 20 ans d'une discographie taille patron. Il revient fin mars dans la Loire pour nous donner un peu de sa poésie. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 4 mars 2014

La Botte pleine de musique

Italie, terre sacrée de musiques entraînantes et entêtantes... Tu ne nous as pas toujours gâtés ces dernières décennies, en nous envoyant les Ricci e Poveri, Umberto Tozzi et autres Eros Ramazotti. Heureusement qu'en écoutant de plus près, tu regorges de talents bruts. A l'instar de Paolo Conte, Gianmaria Testa fait partie des ces artistes incontournables de la scène italienne contemporaine. Guitariste autodidacte, cet ancien chef de gare piémontais est un musicien et un auteur d'une grande qualité. Depuis son premier album solo Montgolfières sorti en 1995, le "Brassens italien" s'est tracé une belle route artistique entre la mélancolie et la joie, deux sentiments qu'il chante à merveille. Parallèlement, il n'hésite pas à tenter diverses expériences musicales comme le concept-album Da Questa Parte del Mare en 2006 sur le thème des migrations modernes et à l'appartenance culturelle ou encore Altre Latiduni, un album dénudé, minimal et acoustique sorti en 2003. Gianmaria Testa s'entoure également de quelques noms parmi les plus imposants du milieu du jazz. On a retrouvé à ses côtés sur scène les prestigieux Frères Moutin, le trompettiste David Lewis, le

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Lundi 28 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer ; avec lui, elle veut avoir un enfant. Pendant ce temps, son frère se meurt du SIDA et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait à peu près la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie — qui, pas de bol, est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur — passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie — Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à l’affaire Laurence Anyways… Dommage, car Bruni Tedeschi a progressé en tant que cinéaste, moins arc-boutée sur ses intentions, plus concentrée sur

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