Dans les pas d'Evora

Sono mondiale | Du Cap-Vert, vous connaissiez sûrement la "Diva aux pieds nus" (Diva dos pés descalços), Cesaria Evora. Dans le sillage de cette immense chanteuse, plusieurs artistes ont émergé dont Mariana Ramos, née à Dakar mais originaire de l'île.

Niko Rodamel | Mercredi 5 avril 2017

Photo : Mariana Ramos © DR 1Mariana Ramos © DR 2Mariana Ramos © DR 3


L'aura de l'irremplaçable Cesaria Evora plane encore et toujours sur les îles du Cap-Vert. Dans son sillon, une nouvelle scène artistique tente de préserver la mémoire musicale du Petit Pays, là-bas mais aussi un peu partout dans le monde. Mariana Ramos compte parmi les expatriées les plus fidèles aux origines. Née à Dakar, la jeune Mariana rejoindra ses parents venus en France pour travailler, après une douce enfance au pays, élevée par sa grand-mère et bercée par les rythmes de son père, Toy Ramos alias Toy de Bibia, guitariste du groupe Voz de Cabo Verde. Adulte et française d'adoption, elle découvrira Nougaro, Jonasz, mais aussi Ella Fitzgerald et Rickie Lee Jones, se produisant parfois avec son père mais aussi chantant et dansant dans un groupe de rock, avant d'opérer un retour aux sources en rencontrant notamment l'un des compositeurs de Césaria Evora, Téofilo Chantre. La chanteuse (re)trouve alors enfin son chemin, une voie toute tracée qu'elle a failli perdre en route à force de dispertion. Suivront, à partir de l'année 2000, cinq albums.

Saudade intranquille

Depuis sa sortie en 2015, la chanteuse n'en finit pas de surfer sur le succès de sa cinquième galette, Quinta, treize titres énergiques et sensuels à la fois, réalisés avec le fleuron des musiciens et compositeurs capverdiens. En portugais (beaucoup), en anglais (un peu) et en français (c'est la vie c'est l'amour), elle chante les espoirs et les déboires de son peuple originel, évoque l'exil ou la diversité des sentiments dans une saudade intranquille qui se décline entre morna (équivalent du fado portugais), coladeira et mazurka, batuque (polyrythmie de l'île de Santiago) et autres sambas évoquant le carnaval de Sao Vicente (qui selon la diva demeure l'une des plus belles îles de son archipel natal). Mariana Ramos ne révolutionne pas la musique traditionnelle capverdienne, elle lui rend plutôt un bel hommage en y ajoutant un assaisonnement très personnel, prolongeant à sa manière le rayonnement culturel du Cap-Vert par le prisme multiculturel de son propre métissage.

Mariana Ramos, samedi 8 avril à 20h30, Le Sou à La Talaudière


Mariana Ramos

"Quinta", mus. cap-verdienne
Centre culturel Le Sou 19 rue Romain Rolland La Talaudière
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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À la Talaudière, le centre culturel Le Sou mise sur l’an prochain

Lieu | Désabusé et lassé des multiples reports et annulations des spectacles programmés depuis un an, Gaël Gaborit, le responsable du Sou, préfère regarder devant lui. A 15 jours d’une réouverture, lui s’impatiente surtout de la saison prochaine, qui s’annonce riche et bien fournie.

Cerise Rochet | Mardi 4 mai 2021

À la Talaudière, le centre culturel Le Sou mise sur l’an prochain

Fin avril, à la Talaudière, un soir de pluie. Désespérément seul dans son bureau, Gaël Gaborit, responsable du centre culturel Le Sou, se languit… Et ce ne sont pas les annonces du président Macron, quelques heures auparavant, qui semblent le consoler. Oui, la réouverture des salles de spectacles semble se dessiner. Mais trop d’inconnues restent encore à éclaircir. Quid des jauges, et de la territorialisation ? La Loire sera-t-elle réellement en capacité d’accueillir prochainement du public, compte tenu de sa situation sanitaire ? « Non, je ne suis pas rassuré, d’autant qu’en plus, on a eu l’habitude des revirements de dernière minute, donc rien n’est encore fait ! », souffle-t-il avec lassitude. Malgré tout, pas mal de choses sont d’ores et déjà arrêtées concernant la programmation du Sou pour ces prochains mois. Le dernier spectacle de la saison, qui devait se tenir fin mai, a finalement été annulé. La salle accueillera une date du festival des 7 Collines, le dimanche 4 juillet à 18 heures. « En fait, la réouverture concernera essentiellement le cinéma, peut-être sur le vendredi soir, samedi et dimanche, ainsi que pendant les vacances scolaires. On sera

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Tu l'as pas volée celle-là !

Théâtre musical | On avait quitté Fred Radix alors qu'il sifflait encore, le voilà de retour en nous donnant une grande claque ! Nous parlons bien ici (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 décembre 2020

Tu l'as pas volée celle-là !

On avait quitté Fred Radix alors qu'il sifflait encore, le voilà de retour en nous donnant une grande claque ! Nous parlons bien ici des claqueurs, ces personnes qui faisaient la pluie et le beau temps sur les pièces théâtrales et opéras par leurs applaudissements, rires ou huées. Faire la claque, comme l'on disait jusqu'à l'abolition de cette pratique en 1902. La Claque que Radix nous propose ici constitue un spectacle complet, mêlant humour, histoire et musique. Un moment interactif pour le public, entraîné par Fred Radix et ses deux acolytes : Alice Noureux et Guillaume Collignon. Ici, on apprend à vraiment bien applaudir. La Claque de Fred Radix, samedi 19 décembre 19H30 au Centre Culturel Le Sou de La Talaudière

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Belin croque le monde

Chanson | Bertrand Belin est plus que jamais connecté. Connecté et lucide sur le monde qui l'entoure. Même si le style totalement épuré fait vibrer son dernier (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Belin croque le monde

Bertrand Belin est plus que jamais connecté. Connecté et lucide sur le monde qui l'entoure. Même si le style totalement épuré fait vibrer son dernier album, Persona, le dandy rock breton expose une très grande richesse et une profondeur qui impose le respect. La suite des titres de ce disque aussi classe que son compositeur, nous plonge au coeur de destins d'humains qui vacillent. Les Persona que l'on retrouve ici sont celles du quotidien. C'est touchant, puissant. Du grand Bertrand Belin. Bertrand Belin, samedi 22 février 2020, Centre Culturel Le Sou à La Talaudière

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Un élan de fraternité

Spectacle interdisciplinaire | Après plus de deux ans de réflexion, la compagnie De l'Âme à la Vague propose la totalité de l'adaptation du livre Shantala: un art traditionnel, le massage des enfants de Frédérick Leboyer. Un spectacle interdisciplinaire et plein d'amour.

Nicolas Bros | Vendredi 19 avril 2019

Un élan de fraternité

Après avoir mûri son projet pendant plus de deux ans, Grégory Bonnefont et sa compagnie De l'Âme à la Vague sont enfin arrivés au bout de l'adaptation du livre de Frédérick Leboyer, Shantala: un art traditionnel, le massage des enfants de Frédérick Leboyer. Ce dernier traite du massage indien des nourrissons. Construite en trois parties, tout comme l'ouvrage éponyme, cette création artistique correspond à un spectacle interdisciplinaire où s'entremêlent théâtre, danse, musique et vidéo. « Je suis tombé au printemps 2016, en plein état d'urgence, dans une période très dure, sur ce livre rempli d'amour, explique Grégory Bonnefont. Artistiquement, j'ai très vite eu envie d'adapter cet écrit en partageant un temps d'amour. Dans ce spectacle, on tente de traiter la dimension citoyenne et politique de l'amour. Ce n'est pas l'amour "bisounours" ou religieux. » Un spectacle pour re-consacrer l'importance du corps Parti pour mettre sur pied un spectacle en forme réduite, l'artiste se rend vite compte qu'il y a matière à voir plus grand. Après avoir présenté la première partie (questionnement à propos de l'origine, de la naissance

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La belle ébène

Sono mondiale | Presque six ans jour pour jour après un concert qui avait marqué les esprits, la magnifique Dobet Gnahoré remet le couvert au Sou. Si aujourd’hui elle ne (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 janvier 2019

La belle ébène

Presque six ans jour pour jour après un concert qui avait marqué les esprits, la magnifique Dobet Gnahoré remet le couvert au Sou. Si aujourd’hui elle ne bénéficie peut-être pas tout à fait de la même visibilité médiatique que ses consœurs Rokia Traoré ou Fatoumata Diawara, elle fut pourtant en 2010 la première artiste ivoirienne à remporter un Grammy Awards et continue de se produire dans le monde entier. Soyons clairs : la puissance scénique de Dobet est bluffante et son africanité imparablement hypnotique. Originaire de l'Ouest de la Côte d'Ivoire, fille aînée du maître percussionniste Boni Gnahoré, elle s’est initiée dès l’âge de douze ans aux arts de la scène, se formant au théâtre, à la danse, à la musique et au chant au sein de diverses compagnies, avant de former le duo Ano Neko avec le guitariste français Colin Laroche de Féline et de composer avec lui un premier album éponyme qui sortira en 2004. Suivront trois autres LP de 2007 à 2014, jusqu’à un cinquième album, Misiki, réalisé l’an passé par Nicolas Repac, guitariste-compositeur-arrangeur-producteur, homme de l’ombre et maître du sample à qui l’on doit déjà d’avoir fait si joliment chanter Mamani Keïta.

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Les belles saveurs de La Talaudière

Resto santé | Un bar d’un nouveau genre a investi La Talaudière depuis août 2017 : Mon Bar à Saveurs. Nous sommes allés à la rencontre de Sandy Montabonel afin qu'elle nous en dise un peu plus sur son concept qui propose de "manger sain et gourmand".

Marion Dubanchet | Mercredi 16 mai 2018

Les belles saveurs de La Talaudière

Poke bowls, wraps, et autres smoothies, si vous n’êtes pas familier avec ces termes, il est temps de vous mettre à la page. Pour cela, on vous emmène faire un tour du côté de La Talaudière et plus précisément dans le tout nouveau Mon Bar à Saveurs. Après des études dans le commerce international et de nombreux stages à l’étranger, puis une réorientation en licence de mode à Lyon, Sandy Montabonel trouve finalement un emploi du côté de Sorbiers. Elle se rend très rapidement compte qu’il manque, dans cette zone géographique, une offre saine et rapide pour la restauration de midi. Désireuse depuis longtemps de se lancer à son compte, elle voit donc là une belle opportunité à saisir. Faire découvrir des mets nouveaux Elle se lance donc dans ce projet de restauration et se met à la recherche d'un local à La Talaudière, « une ville dynamique et au coeur d’un vivier d’entreprises » selon elle. Après de nombreux travaux et un joli travail sur l’identité visuelle avec une de ses anciennes camarades de commerce international, Mon Bar à Saveurs ouvre ses portes le 29 août 2017.

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La recette pour s'aimer

Danse | "Au tango comme en amour, on n'est rien sans son partenaire". Comment faire pour aller à sa rencontre, dépasser la peur de l'autre ? Comme on fait un (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 4 avril 2018

La recette pour s'aimer

"Au tango comme en amour, on n'est rien sans son partenaire". Comment faire pour aller à sa rencontre, dépasser la peur de l'autre ? Comme on fait un flan. Prenez quatre musiciens, un couple de danseurs, une pincée d'humour, un peu de rêve. C'est prêt. A déguster sans modération. L'amour au flan, jeudi 26 avril à 20h30 au Centre Culturel du Sou

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Albin parmi nous

Chanson | Si l'on souhaite circonscrire l'univers complexe d'Albin de la Simone, alors il suffit de jeter un œil à son dernier clip, celui de la chanson Dans (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 3 janvier 2018

Albin parmi nous

Si l'on souhaite circonscrire l'univers complexe d'Albin de la Simone, alors il suffit de jeter un œil à son dernier clip, celui de la chanson Dans la tête, extraite de son dernier album L'un de nous. Rien que le fait qu'il mette en scène la comédienne Emmanuelle Devos et l'humoriste Régis Laspallès (dans le rôle d'Albin vieilli - si l'on comprend bien) dessine le mélange de mélancolie, de fantaisie et de poésie qui font le sel d'un chanteur ne sachant jamais si l'humour est la politesse du désespoir ou le désespoir le prolongement de la dérision. C'est pourtant bien la deuxième option que l'on trouve sur L'un de nous où, plus encore que sur Un Homme, son précédent disque, Albin de la Simone remise le boute-en-train sous un voile de gravité. Un album écrit après que son auteur ait failli se rendre ad patres à la suite d'un problème cardiaque, épisode évoqué dans un sens, et dans un frôlement, sur La Fleur de l'âge et dans l'autre sur À quoi. Qu'on se le dise, Albin de la Simone est en pleine forme (y compris discographique) et foulera la scène du Centre Culturel Le Sou à La Talaudière le 3 février prochain .

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L'épopée des cartes

Musée | Au XVIIe et XVIIIe siècles, la donne cartographique en France a fondamentalement changé grâce aux Cassini. César-François Cassini et son (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 septembre 2017

L'épopée des cartes

Au XVIIe et XVIIIe siècles, la donne cartographique en France a fondamentalement changé grâce aux Cassini. César-François Cassini et son fils Jean-Dominique Cassini ont ainsi réalisé, à l'échelle 1/86 400, la cartographie de l'ensemble du Royaume de France. Une prouesse à l'époque qui continue d'être une référence pour tout géographe qui se respecte. À la Maison du patrimoine et de la mesure de La Talaudière, l'exposition Les cartes de Cassini, l'histoire d'une fantastique épopée propose de plonger dans les cartes et leur parcours de création. Les cartes de Cassini, l'histoire d'une fantastique épopée, jusqu'au 27 avril 2018 à la Maison du patrimoine et de la mesure

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On visite quoi samedi soir ?

Nuit des musées | Pour sa 13ème édition, la Nuit des musées se déroulera ce samedi 20 mai dans toute l’Europe. Comme chaque année, les musées ouvriront gratuitement leurs portes de 18h à minuit. Une beau prétexte pour (re)découvrir les musées du département en nocturne.

Léa Pternitis | Mardi 30 novembre 1999

On visite quoi samedi soir ?

Notre sélection dans la programmation : À Saint-Étienne - Au Musée d’art moderne et contemporain : visite libre ou guidée (de 18h30 à 23h, départs toutes les 30 minutes) + MAMC SESSION, intervention de la Cie Dyptik - Au Puits Couriot - Parc-Musée de la mine : visite du musée + balades contées en musique + projections - Au Musée d’art et d’industrie : visite + light painting avec le photographe Romain Millet + présentation d’appareils cinématographiques d’époque À Montbrison - Au Musée d’Allard : visite + lectures pour adultes et enfants par la troupe Voix-ci Voix-là en lien avec l'exposition Chimères, êtres hybrides et fantastiques (à 15h, 17h et 19h) + concert avec la participation de la Maîtrise de la Loire (à 21h) À Roanne - Au Musée des Beaux arts et d’archéologie Joseph Déchelette : visite + découverte sur les célébrités roannaises qui ont entre autres laissé leur e

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Léa Pternitis | Vendredi 19 mai 2017

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Être ou ne pas être, l’A45

SCENES | En avril prochain nous allons enfin savoir si l’A 45 sera ou ne sera pas. Comme le foot, le projet de cette autoroute reliant la capitale ligérienne à (...)

Florence Barnola | Mardi 2 février 2016

Être ou ne pas être, l’A45

En avril prochain nous allons enfin savoir si l’A 45 sera ou ne sera pas. Comme le foot, le projet de cette autoroute reliant la capitale ligérienne à celle des Gaules, déchaîne les passions. Ligériens ou Lyonnais, certains sont pour, d’autres contre, tous ont des arguments. La compagnie stéphanoise, De l’âme à la vague, menée tambour battant par Gregory Bonnefont, s’est penchée sur cet épineux dossier à travers un travail en trois volets (exposition/pièce/débat) s’intitulant Avant l’A45 ? Laissez parler les terres. Un joli titre qui inclut la réalité du problème : la géographie physique et humaine. L’exposition signée par notre confrère et collègue photographe Niko Rodamel "préface" la pièce. On y découvre des clichés de ce territoire sur lequel se projette l’autoroute, ses habitants, ses élus, ses acteurs, on suit Gregory Bonnefont, chef d’orchestre de ce triptyque, auteur et metteur en scène de la pièce, Saint-Chamonais de naissance. Subrepticement, nous voilà entrainés dans cette histoire autoroutière, la sienne, happés par ses paysages qui nous paraissent familiers. Assis confortablement face à la scène, l

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Thérapie scénique

MUSIQUES | Est-il vraiment utile de présenter encore cette immense artiste qu’est Fatoumata Diawara ? Véritable touche-à-tout à la personnalité bien trempée, la (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 février 2016

Thérapie scénique

Est-il vraiment utile de présenter encore cette immense artiste qu’est Fatoumata Diawara ? Véritable touche-à-tout à la personnalité bien trempée, la trentenaire s’illustre aussi bien (et toujours avec brio) dans la chant, la danse, la pratique instrumentale, la comédie musicale, le cinéma ou le théâtre… rien que ça ! Ses nombreuses collaborations l’ont fait parcourir le monde entier, comme une fuite en avant. Partout elle a pu faire éclater son talent, s’appuyant bien sûr sur ses racines africaines, aux côtés des chanteuses Oumou Sangaré, Dee Dee Bridgewater et Mamani Keita, auprès d’Herbie Hancock et, plus récemment, en tournée avec le pianiste cubain Roberto Fonseca. Sur scène, la chanteuse-guitariste livre un véritable ode à l’Afrique. Des ballades d’une grande sensualité, un folk-blues à l'africaine inspiré par la harpe wassalou. Les textes interpellent en dénonçant l’excision, le mariage forcé ou l'éducation des enfants par d'autres parents. Mais Fatoumata chante, en filigrane, sa propre histoire : les souffrances d’une enfance déchirée entre Côte d’Ivoire et Mali, avant la fugue à Paris. Pour échapper aux griffes de la société ouest-africaine qui aurait p

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Musiques du monde : le cinq majeur

MUSIQUES | Alors on transe Avec sur scène dix musiciens et un VJ, Urban Shaman propose une expérience unique, tant visuelle qu’auditive, portée par une musique (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 septembre 2015

Musiques du monde : le cinq majeur

Alors on transe Avec sur scène dix musiciens et un VJ, Urban Shaman propose une expérience unique, tant visuelle qu’auditive, portée par une musique sauvage qui prône « l’ouverture au monde, l’ensemencement de terres inconnues et la fertilisation des terroirs du futur », rien de moins ! Véritable performance d’improvisation collective, Urban Shaman invite à la transe, une transe urbaine aux accents actuels et immémoriaux, joyeuse et féroce à la fois. Irrésistible. Niko Rodamel Urban Shaman, jeudi 29 octobre à 19h30, le Fil à Saint-Étienne Mise à flow Étoile montante du reggae français, Naâman s’est taillé la part du lion à vitesse grand V sur la scène internationale. Il cristallise presqu’à lui seul une jeune génération qui ouvre de nouvelles pistes sans oublier les racines du genre. Mêlant avec un talent bluffant hip-hop et sonorités jamaïcaines, l’énergie et la musicalité de Naâman servent avec un élan nouveau des messages de paix, d’amour et de liberté, délivrés dans un flow efficace et généreux. NR Naâman, vendredi 6 novembre à 20h30, le Fil

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Le Souffle

ECRANS | D’Alexander Kott (Russie, 1h37) avec Elena An, Karim Pakachakov…

Christophe Chabert | Mardi 9 juin 2015

Le Souffle

Face au Souffle, on pense spontanément à un autre film venu de l’Est : La Terre éphémère, sorti en fin d’année dernière et hélas trop peu vu. Alexander Kott, comme George Ovashvili, situe son film dans un bout de terre abandonnée (une maison branlante, un arbre, un lit qui sert de banc et le désert partout autour) où vivent un père et sa fille, très belle et saisie à l’âge de ses premiers émois. Deux garçons lui tournent autour, un Kazakh et un Russe, et de mystérieux militaires font irruption dans ce no man’s land sans qu’on sache précisément pourquoi. La comparaison ne s’arrête pas à l’intrigue : elle est aussi dans le dispositif formel, où l’absence totale de dialogues et le choix d’une sidération visuelle permanente s’équilibrent constamment. De chaque plan émane une spectaculaire beauté, la lumière, les compositions et les positions des acteurs créant une harmonie absolue. Il y a bien sûr un risque, que La Terre éphémère contournait par un sens solide de la dramaturgie : celui de tomber dans l’exercice de style contemplatif, de

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Réminiscences et balles de nuit

SCENES | Des confessions en cuisine avec les 7 doigts de la main à du jonglage magique à six mains de nuit. Voici deux créations («Cuisines & Confessions» et «Nuit») qui ont retenu toute notre attention parmi un programme des 7 Collines 2015 riche et singulier. Monique Bonnefond

Monique Bonnefond | Mardi 2 juin 2015

Réminiscences et balles de nuit

Ah ! la bonne odeur de la soupe au pistou qui fait soudain surgir des marchés de Provence, le bruit soyeux d'une bouche posée sur une autre bouche ! Tout le monde connaît ce régal des sens qui réveille des souvenirs inscrits dans nos histoires personnelles. Cuisine et confessions de la compagnie québécoise Les 7 Doigts de la Main dose savamment des ingrédients qui sollicitent nos cinq sens : le toucher qui restitue la sensation des mains qui pétrissent, l'odeur des biscuits sortant du four... le tout agrémenté d'une «sauce musicale bien épicée» qui charme nos oreilles avec une reprise acoustique de You're the one that I want de Grease. On se délecte de ce menu revigorant préparé sous nos yeux par neuf circassiens qui échangent des propos, souvent drôles, avec le public invité à «mettre son grain de sel» et à partager un moment festif et convivial. Cet aspect communicatif se trouve aussi dans Nuit où le «langage jonglé» est source de dialogue. La Nuit ! Trois hommes et des balles. Que se passe-t-il entre eux ? Tout ce que le Collectif Petit Travers a imaginé, avec en plus, une touche de magie concoctée par Yann Frisch. «Du côté de ch

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Obrigado Flavia !

ARTS | Il y a un certain temps que je n’avais pas assisté à un concert de musique brésilienne. Il fut pourtant une époque où la note bleue ne m’avait pas encore (...)

Niko Rodamel | Mercredi 6 mai 2015

Obrigado Flavia !

Il y a un certain temps que je n’avais pas assisté à un concert de musique brésilienne. Il fut pourtant une époque où la note bleue ne m’avait pas encore envoûté, où le jazz ne m’émouvait pas plus que la java et où mes oreilles lorgnaient davantage du côté sud-américain. J’ai donc eu ma période Gilberto Gil et Caetano Veloso (les deux compères seront d’ailleurs ensemble au théâtre antique de Vienne en juillet prochain). J’ai écouté tout Carlos Jobim. J’ai lu quelques controverses sur les origines de la bossa nova. J’ai chanté Aguas de Março sous la douche et sous la tente, en Super 5 et en Fiat Uno, à Salamanque et aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en presque-portuguais et en français (Les eaux de Mars). Je me suis bien souvent évadé loin-très-loin sur les tubes de Milton Nascimento dont le superbe Ponta de Areia, avec Môssieur Wayne Shorter himself au saxophone soprano, ne quittera probablement jamais le top-ten de mes thèmes préférés. J’ai encore le souvenir du concert que le Roi Lézard donna à la fin des années quatre-vingts dans le grand amphi de la fac Tréfilerie, alors que je débutais mes études d’Histoire option baby-foot. Aujourd’hui encore je conserve préc

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La Botte pleine de musique

MUSIQUES | Chef de gare dans le Piémont jusqu'en 2007, Gianmaria Testa est un auteur-compositeur-interprète autodidacte comme on en voit peu. Avec finesse, il chante mélancolies et bonheurs de la vie. "Men at work", son live sorti en 2013, a marqué les 20 ans d'une discographie taille patron. Il revient fin mars dans la Loire pour nous donner un peu de sa poésie. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 4 mars 2014

La Botte pleine de musique

Italie, terre sacrée de musiques entraînantes et entêtantes... Tu ne nous as pas toujours gâtés ces dernières décennies, en nous envoyant les Ricci e Poveri, Umberto Tozzi et autres Eros Ramazotti. Heureusement qu'en écoutant de plus près, tu regorges de talents bruts. A l'instar de Paolo Conte, Gianmaria Testa fait partie des ces artistes incontournables de la scène italienne contemporaine. Guitariste autodidacte, cet ancien chef de gare piémontais est un musicien et un auteur d'une grande qualité. Depuis son premier album solo Montgolfières sorti en 1995, le "Brassens italien" s'est tracé une belle route artistique entre la mélancolie et la joie, deux sentiments qu'il chante à merveille. Parallèlement, il n'hésite pas à tenter diverses expériences musicales comme le concept-album Da Questa Parte del Mare en 2006 sur le thème des migrations modernes et à l'appartenance culturelle ou encore Altre Latiduni, un album dénudé, minimal et acoustique sorti en 2003. Gianmaria Testa s'entoure également de quelques noms parmi les plus imposants du milieu du jazz. On a retrouvé à ses côtés sur scène les prestigieux Frères Moutin, le trompettiste David Lewis, le

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