Emmanuelle, toujours plus belle

Classique | Direction artistique de plusieurs festivals, sortie d'un nouveau CD, l'ambassadrice du violoncelle français, grande dévoreuse de kilomètres, mérite bien une pause sur la terre de son enfance, pas plus de 24 heures...

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Photo : La violoncelliste stéphanoise Emmanuelle Bertrand © Niko Rodamel


Entre deux TGV, elle apparaît, lumineuse comme toujours, sourire radieux qui abat les montagnes et soulève les âmes, humble et vrai. L'occasion pour nous de retrouver la trépidante musicienne, qui ne s'égare jamais dans la flagornerie endémique et pailletée de la "planète classique". De son CD consacré à Saint-Saëns chez Harmonia Mundi, elle livrera au public de l'Opéra de Saint-Étienne le célèbre Premier Concerto. Toujours très impressionnant par sa redoutable virtuosité, il est aussi l'occasion pour les interprètes d'apposer leur sceau sur des enregistrements de légende. Interrogée sur ce "silence habité" précédent l'exécution d'une page aussi célèbre, elle confie : « La plupart des concertos débutent par une introduction de l'orchestre seul, un temps d'introspection pour le soliste, entrant peu à peu dans l'œuvre. Le Premier Concerto de Saint-Saëns, à l'inverse, commence à vif, sans aucune préparation. Il propulse interprète et auditeur dans le tumulte de l'œuvre, un concerto d'un seul tenant, sans interruption entre les mouvements. Un peu comme le déroulement d'une vie, comportant passion, errance ou émerveillement ! »

La vraie merveille !

Alors comment aborder un tel monument ? L'artiste doit-il chercher à imprimer sa marque pour se distinguer ou n'être qu'un simple relais ? « Assurément, cette œuvre donne le sentiment d'incarner le "héros" d'une grande aventure, qui prend vie dans la confrontation entre le soliste, l'orchestre, le chef, mais aussi le public » poursuit-elle. « Ce concerto est magnifiquement bien conçu pour le violoncelle. Utilisant un vaste registre de modes de jeux, expressifs ou virtuoses, il transcende le langage romantique. Avec en prime, cette touche d'élégance "à la française", il continue de susciter l'enthousiasme bien au-delà de nos frontières. Je dis souvent à mes étudiants que certaines musiques se racontent et d'autres s'incarnent. C'est le cas de celle-ci ! » Le mélomane stéphanois sera, bien sûr, au rendez-vous de son égérie, trop rare, comme les grands crus... « C'est une émotion très particulière pour moi que de partager cette œuvre avec le public stéphanois, une manière de lier les sources de mes origines à la fois affectives et artistiques. » Les absents, qui, on le sait depuis longtemps, ont toujours tort, rangeront le CD dans leur "discothèque idéale".

Contes russes / Concerto en la mineur de Saint-Saëns, par Emmanuelle Bertrand, violoncelle et José Luis Dominguez, direction, jeudi 18 mai à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne + rencontre d'avant-spec. avec E. Bertrand 1 heure avant la représentation


Contes Russes

Œuvres de Moussorgski, Saint-Saëns, Liadov, Stravinsky; dir. mus. J.L. Dominguez Mondragon, violoncelle E. Bertrand, par l'OSSEL
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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« Je me demande parfois si le musicien n'est pas là pour célébrer le mystère qui se trouve derrière la musique, le silence duquel elle émerge, plutôt que la musique elle-même. Le musicien n'existe que pour révéler ce que l'on sait déjà », nous déclarait Pascal Amoyel au cours d'un récent entretien. Redonner vie à l'inclassable héros - Ludwig van Beethoven- relevait pour le plus subtil de nos pianistes français de la gageure, l'extraire du monde du silence dans lequel il s'enfonça toute sa vie. Bustes et commémorations pérennisent un portrait souvent biaisé du compositeur. Pascal Amoyel, en inlassable quête d'absolu et de vérité, rouvrira, mesure après mesure, les portes d'une mémoire injustement sélective. Personnage complexe, Beethoven reviendra habiter son corps grâce aux « cinquante doigts » du célèbre interprète. Des stigmates de l'enfance, des souffrances du jeune homme éconduit, des pathologies souffreteuses de l'adulte naquirent les chefs-d’œuvre, universels, éblouissants. Transcendant l'hôte de leur gestation, le génie recouvrera ses cinq sens, le temps d'un spectacle musical hors normes. Qui d'autre que le pianiste-lumière pouvait-il « look fo

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Avec Madame Butterfly, Puccini frappe un direct du gauche, laissant l’auditeur au tapis. Inégalé et bouleversant, érudit et populaire, dandy mais indomptable, intellectuel et brutal, génial mélodiste... Que serait l’opéra sans Puccini? La peinture sans Michel-Ange ! Lorsqu’il achève l’ouvrage en 1904, le maestro est porté par ses succès : Manon Lescaut, La Bohème, Tosca... La mode “orientaliste“ alimente l’Europe en fantasmes de sulfureux et exotiques comptoirs. L’argument : Cio-Cio San, geisha de Nagasaki s’éprend du lieutenant américain Benjamin Pinkerton. Le mariage à la japonaise, sans aucune valeur juridique, permet aux marins de l’époque d’apaiser leur conscience extra-conjugale. Pour Cio-Cio San, hélas, l’engagement est total ; elle renie famille et traditions, rêve d’Amérique, de se débrider les yeux... Pinkerton lève l’ancre, promettant de revenir. Elle donne naissance à “leur“ enfant, attend son retour, encore, toujours. Déjouant tous les oracles, il revient, mais accompagné d’une autre Mme Pinkerton, authentiquement américaine. Cio-Cio San renoue avec le code d’honneur nippon : elle se donne la mort par le sabre de son

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3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui l’attend après la prise de la Bastille et l’envahissement de Versailles, Marie-Antoinette revit sous la houlette de Thierry Malandain et du ballet de Biarritz, toute en finesse, en toilettes et en éventails. S’appuyant sur trois symphonies de Haydn, appelées Le Matin, Le Midi et Le Soir, le chorégraphe révèle la joie de vivre, la frivolité, l’insouciance mais aussi le désespoir d’une femme délaissée par un mari peu aimant. Marie Antoinette, le 18 novembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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Les grands ballets de Tchaïkovski, trop souvent associés à une rhétorique musicale ou chorégraphique un brin surannée, font l'objet d'un « ravalement complet » à l'Opéra de Saint-Étienne. Casse-Noisette, tout d'abord, dont la version « revisitée » par Duke Ellington et le Big Band du Conservatoire, entrera en compétition avec la version symphonique de la célèbre suite. Enfin, Le Lac des Cygnes, littéralement « réincarné» par le chorégraphe le plus génial de notre époque, Angelin Preljocaj. Un éblouissement. Pas de deux, par l'Orchestre Symphonique de Saint-Etienne-Loire et The Nutcracker par le Big Band du Conservatoire Massenet, le 30 novembre à 20h à l'Opéra de Saint-Etienne ; Le Lac des Cygnes de Piotr-Ilyitch Tchaïkovsky, chorégraphie de Angelin Preljocaj, le 5 février à 20h à l' Opéra de Saint-Etienne,

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BWd12, le festival de la fin du mois d'août de Saint-Victor, revient mettre du baume au cœur cette année, avec toujours cet accent mis sur la musique de chambre. Mais un accent en forme de trémas, ceux de Saint-Saëns plus particulièrement. Les œuvres du compositeur, dont on fête en 2021 le centenaire, seront particulièrement mises à l'honneur par les musiciens conviés par le violoncelliste Samuel Etienne, également directeur artistique du festival. Si l'on connaît tous le Carnaval des animaux ou encore la Danse Macabre de Saint-Saëns, on se pressera au Château de Saint-Victor pour (re)découvrir des pièces telles que la sonate opus 75 ou encore le quintette piano et cordes, opus 14. Parallèlement, deux autres créateurs auront les honneurs cette année, à savoir l'Argentin Astor Piazzolla (dont on fête également le centenaire, mais cette fois-ci de la naissance) et Gabriel Fauré. Bref, trois programmes définis et une autre avec des œuvres choisies par le public viendront sublimer les débuts de soirées de la fin août sur la terre des Croque-Cerises. Festival BWd12, du 27 au 29 août au Château de Saint-Victor-sur-Loire Plus d'infos sur

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Après quelques tâtonnements, le festival Baroque en Forez revient en force, en puisant à la source de son ADN. Qui d'autre que le grand Jean-Sébastien pouvait venir en aide aux programmateurs de ce délicieux festival d'altitude ? En gage d'éternelle reconnaissance, Florent Mayet collectionnera les pépites, grand public (Passion selon Saint-Jean le 11 octobre ou Suites pour violoncelle par Emmanuelle Bertrand le 10 octobre à Saint-Bonnet-le-Château), ou plus intimes, dépouillées (Variations Goldberg le 5 octobre à Marols, Sonates pour violon et continuo le 5 octobre à Périgneux, Fantaisies et Partitas le 7 octobre à Margerie-Chantagret). L'érudition se mettra au service et à la portée d'un public toujours plus avide de sens, avec les interventions du très compétent et sympathique Julien Garde. Soli Deo Gloria... Festival Baroque en Forez, du 3 au 11 octobre dans divers lieux du Forez (Monbrison, Saint-Bonnet-le-Château) Plus d'infos sur www.baroque-en-forez.fr

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Alors que son CD consacré aux Suites pour violoncelle de Bach provoque quelques répliques sismiques, assurément prévisibles, Emmanuelle Bertrand, mue par le zéphyr d'un mutin dieu lare, pose le pied sur sa terre natale pour un prestigieux concert symphonique. Après l'Elégie de Fauré, œuvre-phare dans laquelle son public sera déjà conquis, elle se prêtera au jeu du "revival" d'une pépite oubliée : le Concerto pour violoncelle, de l'ombrageuse mais résolument fascinante Marie Jaëll. Grande lisztienne, pianiste virtuose ayant légué à la postérité sa pédagogie de l'instrument, la compositrice est encore connue aujourd'hui pour sa célèbre "Méthode Marie Jaëll". L'air du temps médiatique élude parfois le discernement au profit de l'intriguant concept artistique de parité. Or, voici un corpus passionnant, cohérent et une compositrice au talent éblouissant, à qui il convenait indubitablement de redonner toute sa place dans la frise chronologique de la musique. Emmanuelle Bertrand saura bien sûr, faire éclater ce pur diamant, puis laissera la place à un tube planétaire, dont l'auteur, Maurice Ravel, dira lui-même : « Je n'ai écrit qu'un seul chef-d'œuvre, l

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Fort heureusement, elles n’ont pas attendu les réseaux sociaux, le grand buzz des chaînes en continu, ni l'anathème porcin pour avoir du talent, avec fougue, passion et surtout dignité. Le très inspiré et passionné Concerto pour violoncelle de Marie Jaëll (1846-1925), superbe compositrice, sera magnifié par le sublime et mystique archet d’Emmanuelle Bertrand que l’on ne présente plus au lecteur. Un simple rappel pour les pousses du jour en mal de reconnaissance, de l’universalité du génie humain, hommes et femmes, mus par un même et grand geste artistique. Le violoncelle au féminin, Emmanuelle Bertrand (violoncelle) et OSSEL, dir. G.Grazioli, à l'Opéra de Saint-Étienne, mardi 19 novembre 2019 à 20h

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Bach ? Chiche !

Festival classique | Mûri au soleil des éditions précédentes, le projet d'un festival dédié au Cantor aboutit enfin. Quelle fête ! Un rosaire de chefs d'œuvres et de têtes (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 janvier 2019

Bach ? Chiche !

Mûri au soleil des éditions précédentes, le projet d'un festival dédié au Cantor aboutit enfin. Quelle fête ! Un rosaire de chefs d'œuvres et de têtes d'affiches ouvre le bal. Emmanuelle Bertrand partagera l'intériorité céleste des Suites pour violoncelle avec un public tout "ouïe", en tandem avec son complice organiste – compositeur : Thierry Escaich. Le duo vaut le Voyage à Leipzig, pardon, Saint-Genest-Lerpt, et rappellera aux anciens un pèlerinage enchanté. Anne-Catherine Vinay, claveciniste d'élite, contribuera elle aussi au rayonnement de son instrument, avec un ouvrage très intimiste du grand Jean-Sébastien. Carnet de notes, expérimentation harmonique, sonore, mélodique, tout a été dit sur ces Variations Goldberg, mystère des infinis. Lorsque Bach envoie à l'Électeur de Saxe sa Missa en 1733 - Kyrie et Gloria, ancêtres de la Messe en si -, avec le secret espoir de fuir la médiocratie municipale de Leipzig, se doute-t-il qu'il bouleverse l'ordre musical mondial ? Question à jamais sans réponse, pour un chef d'œuvre qui requiert de ses interprètes, une résilience esthétique exceptionnelle, des cordes vocales en titane, et l'humil

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David Reiland en Lorraine

MUSIQUES | Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la (...)

Nicolas Bros | Lundi 2 octobre 2017

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Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la rentrée 2018 pour diriger l'ONL (Orchestre national de Lorraine). Après avoir dirigé l’Orchestre de chambre du Luxembourg de 2013 à 2017, être le chef associé de l’Orchestra of the Age of Enlightenment à Londres, cette nouvelle aventure est le prolongement de ses collaborations avec l'orchestre du nord-est de la France puisqu'il avait déjà été invité à diriger l’Orchestre national de Lorraine cn 2013, 2015 et 2017.

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A bout de "brass"

MUSIQUES | L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, (...)

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

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L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, bien sûr ! Didier Martin, Jérôme Princé, Thierry Gaillard, Nicolas Vazquez et Joël Castaingts, seront vos compagnons, dans un wagon-restaurant très "cuivré".

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Sunny weather

Jazz vocal | Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

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Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand Théâtre Massenet de l’Opéra de Saint-Étienne, écrin à la mesure de son talent. Sud-coréenne de naissance mais parisienne d’adoption depuis plus de vingt ans, la diva publie presque chaque année un nouvel album depuis 2001. Sorti en 2010, Same Girl (sur lequel figure le remarquable guitariste Ulf Wakenius avec qui la mezzo-soprano se produira plus tard en duo) fut sans doute celui qui installa la belle Asiatique au rang de référence incontournable du jazz actuel. Avec son tout nouvel opus, She moves on, la chanteuse apporte sa touche jazzy et si singulièrement groovy à des titres pop-folk américains empruntés aux song-writers Joni Mitchell, Paul Simon ou Lou Reed, que viennent embrasser de nouvelles compositions emplies d’une poésie délicatement intimiste. Youn Sun Nah sera accompagnée par un quarté gagnant de pointures new-yorkaises : Jamie Saft aux claviers, Brad Jones à la contrebasse, Clifton Hyde aux guitares et Ben Perowsky à la batterie. Un nouveau répertoire pour lequel la chanteuse semble une fois de plus se réinventer. Que d

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Messe du couronnement

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Messe du couronnement

Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Un festival bien "Bâtie"

Estival de la Bâtie (Loire) | Sous la bienveillante tutelle de leurs parrains attentifs, Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel, l'Estival de la Bâtie-2017 égrène son chapelet sur le département : la chasse au trésor est ouverte.

Alain Koenig | Mardi 4 juillet 2017

Un festival bien

En couplant sur une même date, création ou "revival" de chefs d'œuvres avec des titres emblématiques, testés et éprouvés, l'édition fait preuve d'une sagacité digne de ses parrains... Après avoir habilement couplé la célèbre Sérénade de Tchaïkovski, parangon de la musique tonale, avec le très lyrique Requiem de Pascal Descamps, l'union de Méhul et de Beethoven paraissait, elle aussi, tomber sous le sens. Trop rare à l'affiche de nos orchestres symphoniques, l'auteur d'Euphrosyne ou le Tyran corrigé (dont il n'est pas inutile de mentionner que le Conservatoire Massenet possède un exemplaire de 1790) fut un fervent admirateur de Beethoven, et, en cette fin de 18e siècle, le plus grand compositeur français, le premier de nos Romantiques ! Sous la voûte étoilée, la cour du château sera le tube à essai de fascinants parallèles entre les deux compositeurs. L'évocation de Maria Callas, « drama queen assolutta » de l'opéra par une autre très grande voix, Béatrice Uria-Monzon, ne devrait pas non plus manquer de... piquant. Alain Duault, infatigable réincarnation musicale d'un autre Alain (Decaux ?), devrait faire de sa narration, une odyssée à la gloir

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Des douceurs estivales très "classiques"

Festival | L'Estival de la Bâtie revient sur le devant de la scène du 28 juin au 21 juillet. Toujours pluridisciplinaire, le festival propose une soixantaine d'événements et spectacles pour tous mais avec une orientation marquée vers la musique classique avec le parrainage inédit de la violoncelliste ligérienne Emmanuelle Bertrand et du pianiste Pascal Amoyel.

Nicolas Bros | Vendredi 12 mai 2017

Des douceurs estivales très

Festival pluridisciplinaire qui égaie les journées et soirées de fin juin et d'une grande partie du mois de juillet, l'Estival de la Bâtie s'impose chaque année davantage. 2017 ne fait pas exception avec une programmation concoctée avec soin, notamment grâce à l'apport de deux figures du "classique français" : Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel. « Nous avons conçu une programmation en musique classique que nous espérons riche et variée » assure le couple. Il semblerait que le pari sera réussi, non pas seulement en ce qui concerne le classique. Classique mais frais ! Certes, la patte des deux solistes apparaît distinctement dans la programmation du festival avec plusieurs moments d'exception en musique classique. Tout d'abord la représentation en ouverture en la cathédrale Saint-Charles-de-Borromée de Saint-Étienne (le 28/06) du magnifique Requiem du compositeur stéphanois de talent Pascal Descamps qui verra encore une fois la magnifique voix de Dominique Magloire venir faire résonner la beauté dans les tympans des chanceux spectateurs. Autre moment unique avec la venue de la soprano Béatrice Uria-Monzon

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Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Panorama 16/17 | Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir (...)

Alain Koenig | Mardi 6 septembre 2016

Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir avec panache le public populaire, ressort de sa manche une arme d'effusion massive ! Le Violon Magique est un programme (gratuit) articulé autour des plus belles pages du répertoire consacrées à cet instrument. Le festival Montrond'n dièse donnera aussi sa soirée de gala au Casino JOA, avec l'immense violoncelliste Emmanuelle Bertrand, une vraie magicienne ! AK Emmanuelle Bertrand & l'Ensemble SyLF, mercredi 14 septembre à 20h30, au Casino Joa, dans le cadre du festival Montrond'n dièse Haute saison C'est sur un vol Venise-Buenos Aires que David Reiland nous propose d'embarquer avec ce premier volume de la saison symphonique de l'OSSEL. L'écossais post-minimaliste Max Richter, adepte du déphasage, revisite le tube mondial des Quatre Saisons pour en donner une version aux séquences répétitives hypnotiques. Un habile transit à Mar del Plata permettra d'entendre trois pièces du « bandonéoniste qui voulait être Bach », Astor Piazzola. Une s

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Le SyLF appuie sur dièse

MUSIQUES | "Style" musical déjà très actif dans la région en matière de festivals, la musique classique verra un nouveau rendez-vous pointer le bout de son nez dès juillet (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 juillet 2016

Le SyLF appuie sur dièse

"Style" musical déjà très actif dans la région en matière de festivals, la musique classique verra un nouveau rendez-vous pointer le bout de son nez dès juillet 2016. Du côté du Casino Joa de Montrond-les-Bains, l'Ensemble SyLF (Symphonique Loire Forez) bousculera les codes établis avec un festival ouvert à tous, qui se déroulera en trois actes, intitulé #Montrond'n Dièse. Première date interactive et vivante le dimanche 10 juillet avec un concert à la criée où le SyLF jouera les pièces choisies par le public présent. Le 14 septembre, c'est avec une très grande soliste, la violoncelliste ligérienne Emmanuelle Bertrand, que l'Ensemble proposera un panel de pièces célèbres de Vivaldi à Britten en passant par Dvorak. Enfin, le 10 octobre, un événement un peu particulier se profile avec un concert/découverte d'un instrument, en l'occurence un violon, qui sera construit sous les yeux du public. Conçu comme un puzzle par le luthier Richard Gonon, ce violon sera le prétexte à un parcours musical allant de Mozart à Piazolla en passant par Brahms ou Bartok. Festival #Montrond'n Dièse, les 10 juillet, 14 septembre et 10 octobre au Casino Joa

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Fleurs de Liszt...

MUSIQUES | Bling-Bling et Lang-Lang n'ont qu'à bien se tenir ! C'est un "sacre du printemps" pour Pascal Amoyel, grand félin du clavier : un CD des Polonaises de Chopin, un nouveau spectacle musical, une actualité préfigurant une hausse du mercure dans la Loire, voire en Haute-Loire.

Alain Koenig | Mardi 31 mai 2016

Fleurs de Liszt...

Après Cziffra, son mentor, Pascal Amoyel esquisse un nouveau portrait : autre Hongrois, autre immense virtuose, le plus grand peut-être... Avec Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt, ce nouveau "voyage en musique" trouvera une étrange résonance personnelle par l'aspect spirituel et ascétique de ce qu'il qualifie de « période du retrait de la gloire et des paillettes » de Liszt. Chaîne invisible et intemporelle, le plus racé des pianistes français actuels incarnera cet artiste auréolé, adulé, séducteur, ayant pourtant su faire taire son ego, et renoncer aux vanités terrestres, « après avoir connu un succès équivalent à celui d'une rock star aujourd'hui ! » explique-t-il. Du grain à moudre... Fil rouge dans l'actualité de l'artiste, comment ne pas évoquer Chopin lorsqu'on incarne Liszt, fût-ce sur scène ? Les intersections de ces deux vies méritaient bien un nouvel enregistrement. Voilà qui est fait, avec la sortie sous le label Dolce Vita du CD Polonia. Fuyant la Pologne envahie par les russes, Chopin évoque à travers ses Polonaises son amour du pays natal. Contrairement aux Nocturnes, enreg

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Quand l'Estival (s')emballe

CONNAITRE | L'Estival de la Bâtie marquera sa sixième édition cette année, du 30 juin au 23 juillet, avec un programme équilibré et intéressant entre musique classique, jazz, sono mondiale et spectacle vivant. Revue de spectacles. NB

Nicolas Bros | Vendredi 29 avril 2016

Quand l'Estival (s')emballe

Avec des résultats 2015 encourageants (13 000 spectateurs accueillis au cours d'une cinquantaine de spectacles pour un taux de remplissage de 92%), l'Estival de la Bâtie a véritablement pris sa place dans le paysage festivalier ligérien. Boosté par le Département de la Loire, cet événement prenant place principalement dans la cour et les jardins du château de la Bâtie d'Urfé à Saint-Étienne-le-Molard - mais pas seulement - voit cette année sa programmation continuer sur sa lancée. De la musique classique, du jazz, de la variété, du nouveau cirque, du jeune public, ... bref il y en a réellement pour tout le monde dans ce festival aux allures de rencontres familiales estivales, en décontraction et sérénité. Car c'est bien cela qui se dégage de ce festival se déroulant au mois de juillet, une bouffée de fraîcheur lorsque le soleil est au zénith. Une programmation qui se tient Avec un équilibre entre les différentes disciplines, nous retiendrons pourtant quelques noms qui marqueront cette sixième édition. En premier lieu, un couple d'habitués des représentations dans le département : la violoncelliste Emmanuelle Bertrand - née dans la Loire - et son acolyte de

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Anagramme folklore et renouveau

SCENES | La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 avril 2016

Anagramme folklore et renouveau

La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs palestiniens autodidactes bondissant avec une vitalité débordante, emportés dans une danse jubilatoire et fédérative à la croisée de différents arts : danse contemporaine, hip-hop, cirque, capoeira, musique live, théâtre, arts visuels qui viennent métisser la dabke, danse folklorique pratiquée lors des mariages et autres festivités. Le titre du spectacle Badke est l'anagramme de dabke (coup de pied). Une inversion pour renverser la vision qu'on porte sur la Palestine. Les danseurs tendent tous les mains devant eux, geste invitant au partage et à la joie de danser ensemble malgré la guerre. Réponse par la danse à la dureté du monde actuel auquel Badke donne un coup de pied et offre une image différente de la Palestine dans un spectacle qui a un impact émotionnel très fort. Monique Bonnefond Badke, vendredi 15 et samedi 16 avril à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Bel est Sébastien...

MUSIQUES | Menant sa carrière avec passion, patience et sagacité, Sébastien Guèze, ayant conquis le monde, revient à Saint-Étienne, en « ténor frémissant », comme il lui plaît de se définir. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 1 mars 2016

Bel est Sébastien...

En consultant le calendrier très chargé de votre carrière "exponentielle", un rôle semble vous coller à la peau : Rodolfo... Pour vous avoir entendu dans la production de Bordeaux avec Nathalie Manfrino, ainsi qu'à Saint-Étienne, on dirait que Puccini l'a écrit pour vous sur mesure... Mais est-ce le ressenti de l'interprète ? N'y-t-il pas un risque à être identifié à un rôle ? J'ai chanté Rodolfo dans une quinzaine de productions à ce jour, et avec le recul, je suis moi-même surpris de ce nombre. Sur dix ans de carrière avec les autres rôles au milieu, cela me semble intense. Mais c'est une grande histoire d'amour depuis le début. Je me souviens précisément de la première fois où on me l'a proposé ; je n'y croyais pas. Pour moi, ce rôle était le grand rôle du répertoire de ténor, à chanter un jour, le "tube" incontournable. Et cela m'arrivait: c'était incroyable ! Je sortais du conservatoire, je venais d'être primé au concours Opéralia Placido Domingo, je marchais dans les rues de Paris, il était 18h, j'allais voir un spectacle à Bastille, et soudain un coup de téléphone. Mon agent me dit : « veux tu chanter Rodolfo à l'Opéra d'Athènes dans u

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée à l'Opéra de de Saint-Étienne. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 janvier 2016

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin 2014 du festival de l'Espace Gerson à Lyon, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations profession

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Prospère, la Chaise-Dieu !

MUSIQUES | La «Casa Dei» ne connaît (presque) pas la crise. Aujourd'hui, le club des «grandes maisons» se mue en refuge d'altitude pour un public dérouté par la confusion des genres musicaux. Alors élitisme ou simplement culture de l'excellence ? Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 30 juin 2015

Prospère, la Chaise-Dieu !

Le festival renoue avec son ADN en confiant l'ouverture du bal au luxueux tandem Emmanuelle Bertrand – Pascal Amoyel. Ce dernier n'est-il pas en effet le disciple de György Cziffra, fondateur de ce grand rendez-vous en 1966 ? L'ambitus sonore impressionnant des deux complices dominera : Bach, Schumann, Chopin, rien de moins ! L'édition 2015 s'articule autour d'événements tous plus enthousiasmants les uns que les autres, et il faudra jouer des coudes pour faire partie des «happy few du jubé», expression d'une célèbre musicologue ! En convoquant Bach, Haendel et Scarlatti, tous trois nés en 1685, l'équipe du festival entrouvre la porte du Jardin d’Éden. Que serait, en effet, La Chaise-Dieu sans un hommage appuyé au compositeur dont la restitution du portrait a fait couler beaucoup d'encre: le Cantor de Leipzig ? Dans ce verger luxuriant, deux soirées seront consacrées à sa Messe en si, autre retour aux sources de la musique d'un Occident que l'on voit s'essouffler tous les jours un peu plus. Les "émergents" sont français ! Tout a été écrit sur cette "Pierre de Rosette", œuvre enivrante, déraisonnable

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Le pré carré d'Hermès

MUSIQUES | Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir (...)

Alain Koenig | Mardi 2 juin 2015

Le pré carré d'Hermès

Sous-exploité dans l'anthologie chambriste, l'hymen harmonieux de la flûte et de la harpe exhale un doux parfum estival. Hermès, bien avant d'avoir transmis sa séquence ADN à des sacs à main, fut aussi le messager des dieux de l'Olympe, l'icône des alchimistes et de l'hermétisme. Il prête ici son patronyme terrestre à un duo de charme. Nathalie Cornevin à la harpe et Valérie Perrotin à la flûte traversière insuffleront vie à un répertoire souvent oublié des compositeurs : tout le monde ne s'appelle Mozart dans la genèse du répertoire. Les deux complices n'hésitent donc pas à recourir à la transcription lorsque le compositeur fait défaut. De sa madeleine bretonne, Valérie Perrotin réveillera le souvenir du compositeur le plus océanique du siècle dernier : Jean Cras. Juste retour du Gulf Stream pour ce marin-compositeur dont les œuvres - ici une Suite en concert- pleines de poésie laissent parfois douter du bien-fondé de certaines postérités... Jean-Sébastien sera bien sûr convié à ce dîner aux chandelles avec une transcription de sa Sonate en sol mineur. Saint-Saëns, trop souvent «boudi-boudé» en France, sera l'objet de tous les égards de nos duettistes avec sa

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Emmanuelle comme un soleil...

MUSIQUES | Sortie d’un nouveau CD consacré à Chostakovitch, une tournée en France et dans le monde, le concert d’ouverture du festival "Jeunes talents” de Montrond-les-Bains... Il était temps de faire le point avec la plus envoûtante des violoncellistes françaises, Emmanuelle Bertrand, la ligérienne... Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Vendredi 18 janvier 2013

Emmanuelle comme un soleil...

Vous étiez récemment au coeur d’un documentaire consacré au “violoncelle des tranchées” sur France2, d'où vient votre intérêt pour cet instrument? Maurice Maréchal était, avec Rostropovitch, un des plus grands violoncellistes du XXème siècle, pour moi le plus grand! J'avais connaissance de l'existence de ce violoncelle de guerre, car Maréchal était le maître de mon maître Jean Deplace, professeur au CNSM de Lyon. Les années passant, ayant une meilleure connaissance de ce qu'était le jeu de Maréchal, j’ai compris qu’il y avait une filiation innée. Dans la généalogie de l’instrument, cette branche-là me fait chavirer, me fait fondre... Il était devenu urgent pour moi de témoigner, car les jeunes violoncellistes savent à peine qui est Maréchal! Et puis, il y a cette expérience ahurissante puisque, en 1914, il est mobilisé. Ses copains de régiment, Neyen et Plicque, ébénistes, lui disent: “un violoncelle c'est en bois, on va t'en fabriquer un avec les moyens du bord”. Ils l'ont baptisé le «poilu» et Maréchal l'a joué pendant toute la guerre. Il y tenait autant qu'à son violoncelle de concert. Jean-Louis Prochasson, mon luthier, m’en a confectionné une copie, d

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