Des stars comme s'il en pleuvait

Musilac (Savoie) | Phoenix, Ibrahim Maalouf, Jamiroquai, Julien Doré, Two Door Cinema Club, Sting, Texas, Justice, Calypso Rose, Archive, Vianney, Juliette Armanet… Comme chaque année, Musilac aligne les grands noms quatre jours durant. Ce qui ne doit pas faire oublier les autres, plus discrets, moins bankables… Tour d’horizon jour par jour de ce que l’on découvrira à Aix-les-Bains entre le 13 et le 16 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 juillet 2017

Photo : © DR


Amplitude sonique le jeudi

Ça commence fort Musilac le 13 juillet, et tous azimuts avec ça. De Juliette Armanet, la nouvelle petite fiancée des branchés, à l'alien sud-af' Die Antwoord (que ces mêmes branchés aiment pour de toutes autres raisons) ; de la pop variété joueuse de Lulu Gainsbourg (comme Armanet, on aime ou on déteste) aux hardos australiens d'Airbourne, en passant par le rap engagé de Kery James : il va y avoir dès le premier jour de l'amplitude thermique et sonique sur les bords du Lac du Bourget. Or on est loin du compte si l'on n'ajoute pas aussi l'électronicien teuton tout en délicatesse Fritz Kalkbrenner – délicatesse partagée par le duo Paradis, même si leur électronique empreinte des chemins plus pop.

Reste que le gros des troupes est lui, ce soir-là, résolument pop rock : pop dansante chez Two Door Cinema Club, schlass comme jamais chez Warhaus, rentre-dans-lard chez Last Train, renfrognée chez Lescop. Et puis en haut de la pyramide : la grande renaissance curieuse, 4 ans après Bankrupt !, de Phoenix en mode latin lover dans le texte. Ti Amo devrait crier la foule : c'est ce qui est prévu en tout cas.


Tour du monde le vendredi

Musilac c'est aussi un peu un tour du monde, de la Chartreuse (même si les susnommés sont britanniques) à l'Irlande rock de The Strypes, de la Suède de Royal Republic au Liban d'Ibrahim Maalouf, de la Caroline du Nord du crooneur Lee Fields au Béarn de Vianney – le François Bayrou de la chanson française. Et de l'Angleterre de Sting et Archive à l'Australie de Midnight Oil.

Midnight Oil : parlons-en de ces types-là. Il y a trente ans, venus des antipodes, les hommes de Peter Garrett livraient un rock abrasif et terreux, alignant les tubes en essayant d'ouvrir les consciences sur la situation écologique et politique (la cause des minorités aborigènes notamment) de notre monde, se demandant comment on peut bien dormir quand nos lits sont en flammes (Beds are burning). Disparus des radars et rangés des voitures (rouillées), reconvertis (Peter Garrett a été ministre de l'environnement et de l'éducation en Australie), les revoici remontés comme des coucous. Leur place étant d'autant plus chaude que le monde n'a pas fait grand-chose pour rendre leurs hymnes caducs.


Douceurs en douce le samedi

Si l'on excepte le duo mi-bitch mi-riot Death Vally (une guitare, une batterie, de la dentelle mais pas musicale) et l'électro ramenarde et un peu vaine de Justice, il fera plutôt doux sur ce troisième jour Musilacustre. Même les élans glacés de Vitalic ont ceci de sensualistes qu'ils peuvent être ramenés dans cette catégorie – comme ceux de l'ex-Birdy Nam Nam Pone.

Pour le reste, ce sera tout miel : folk bisounours, allant de Lumineers à Cocoon (auteur d'un sublime troisième album) en passant par Olivia Ruiz et même un peu La Maison Tellier ; ou pop évaporée avec le nouveau petit prodige américain Max Jury ou la jeune, mais déjà expérimentée, Birdy : les applis briquets des iPhone vont tourner à plein. Sans compter la voix de velours, soul comme jamais, de Sharleen Spiteri de Texas, ancien amour de jeunesse qu'on retrouvera non sans quelques émois.


Saines découvertes le dimanche

La fin approche et c'est le moment de faire quelques connaissances. Car voilà sans doute la scène la plus découverte de ce festival. L'occasion de se familiariser avec l'électronique de Petit Biscuit et d'Aerobrasil, la soul-funk d'outre-Quiévrain (on utilise rarement cet ensemble de mots dans la même phrase) de Delv!s, la chanson tragi-comique lyonnaise de Ma Pauvre Lucette, l'indie-pop réverbérée de Blossoms, le bluegrass finlandais de Steve'n'Seagulls (spécialisé dans la reprise de standards punk ou hard-rock – une sorte d'anti- Gimme! Gimme! Gimme! qui reprenaient la pop en mode hardcore) ou encore la pop grandiloquente (et un rien pénible) de LP.

L'affaire se jouera quand même avec quelques valeurs sûres comme la coqueluche électro-house Kungs, la vénérable et adulée Calypso Rose, le Janus pop Julien Doré, le magnifiquement techno The Hacker et un autre grand revenant de ce festival et de l'adolescence de beaucoup de monde : Jamiroquai.


Musilac
À Aix-les-Bains du jeudi 13 au dimanche 16 juillet

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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À p

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Musilac tombe à l’eau

Festival | La nouvelle est tombée vendredi 2 avril, à midi pile : l’édition 2021 du festival, censée se dérouler du 8 au 11 juillet, est complètement annulée. Un terrible coup d’arrêt pour un événement qui va connaître une seconde année blanche consécutive.

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Musilac tombe à l’eau

Quel choc ! C’est officiel : il n’y aura donc pas de Musilac pour animer les soirées du début de l’été prochain. La longue incertitude qui planait sur l’événement a pris fin vendredi 2 avril, à l’heure du déjeuner. On savait évidemment que la jauge limitée à 5 000 personnes, assises et distanciées, compliquait sévèrement l’organisation du festival, de même que la probable impossibilité d’y proposer une offre de buvette et de restauration – la source habituelle d’une bonne partie des recettes utiles. Un sondage laissait entendre que le public restait solidaire avec l’équipe, mais réfractaire à une formule de ce type. C’est-à-dire prêt à accepter des contraintes, mais presque unanimement hostile à l’idée d’un festival assis. Une étude était cependant encore en cours pour valider (ou non) la tenue d’un événement sous une autre configuration. Désormais, c’est sûr : rien ne sera possible. « La situation intenable pour nous » Les organisateurs se sont expliqués par le biais d’un communiqué : « Comme il y a un an, trop de choses sont contre nous : la situation sanitaire, tout d’abord, qui reste l’essentiel et dont nous comprenons bien à quel point elle est dif

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Festival | La nouvelle est tombée vendredi 2 avril, à midi pile : l’édition 2021 du festival, censée se dérouler du 8 au 11 juillet, est complètement annulée. Un terrible coup d’arrêt pour un événement qui va connaître une seconde année blanche consécutive.

Martin de Kerimel | Vendredi 2 avril 2021

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Quel choc ! C’est officiel : il n’y aura donc pas de Musilac pour animer les soirées du début de l’été prochain. La longue incertitude qui planait sur l’événement a pris fin vendredi 2 avril, à l’heure du déjeuner. On savait évidemment que la jauge limitée à 5 000 personnes, assises et distanciées, compliquait sévèrement l’organisation du festival, de même que la probable impossibilité d’y proposer une offre de buvette et de restauration – la source habituelle d’une bonne partie des recettes utiles. Un sondage laissait entendre que le public restait solidaire avec l’équipe, mais réfractaire à une formule de ce type. C’est-à-dire prêt à accepter des contraintes, mais presque unanimement hostile à l’idée d’un festival assis. Une étude était cependant encore en cours pour valider (ou non) la tenue d’un événement sous une autre configuration. Désormais, c’est sûr : rien ne sera possible. « La situation intenable pour nous » Les organisateurs se sont expliqués par le biais d’un communiqué : « Comme il y a un an, trop de choses sont contre nous : la situation sanitaire, tout d’abord, qui reste l’essentiel et dont nous comprenons bien à quel point elle est dif

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Paradis annulée, Maalouf et Hoshi reportés

MUSIQUES | L'une ne viendra pas. Les deux autres en seront bien mais pas tout de suite. Vanessa Paradis devait se produire au Fil le jeudi 25 (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 juin 2020

Paradis annulée, Maalouf et Hoshi reportés

L'une ne viendra pas. Les deux autres en seront bien mais pas tout de suite. Vanessa Paradis devait se produire au Fil le jeudi 25 juin. Elle ne viendra finalement pas en terres stéphanoises, le concert n'étant pas reporté. Les spectateurs en possession d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente jusqu'au 30 septembre 2020. Ibrahim Maalouf et Hoshi viendront bien quant à eux à Saint-Étienne. Le premier devait se produire dans le cadre du prochain festival Rhino Jazz, au Zénith, le 9 octobre 2020. Finalement, ce sera le jeudi 20 mai 2021 toujours au Zénith. Hoshi aussi devait se produire le 19 décembre 2020. Son concert est reporté au vendredi 21 mai 2021 à 20h, également au Zénith de Saint-Étienne. Les billets achetés pour les dates initiales de ces deux concerts restent valables pour les dates de report. Si vous ne pouvez pas vous rendre à cette nouvelle date, les billets sont remboursables jusqu'au 30 août (pour Ibrahim Maalouf) et jusqu'au 30 septembre 2020 (pour Hoshi).

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Vanessa Paradis en concert à Saint-Étienne

Chanson | Voilà une annonce qui devrait réjouir de nombreux fans stéphanois : le 25 juin 2020, Vanessa Paradis foulera la scène du Fil, dans le cadre de sa (...)

Nicolas Bros | Mardi 28 janvier 2020

Vanessa Paradis en concert à Saint-Étienne

Voilà une annonce qui devrait réjouir de nombreux fans stéphanois : le 25 juin 2020, Vanessa Paradis foulera la scène du Fil, dans le cadre de sa tournée Les Sources. La billetterie est d'ores et déjà en ligne sur cette page. Vanessa Paradis, jeudi 25 juin au Fil à Saint-Étienne

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Kadebostany dans l'Oeil du Petit Bulletin #43

Pop | Kadebostany sera en concert pour Muzik'CASTING 2020 au Fil de Saint-Etienne le 11/02. Nous l'avons rencontré et interviewé "Dans l'Oeil du Petit (...)

Nicolas Bros | Lundi 20 janvier 2020

Kadebostany dans l'Oeil du Petit Bulletin #43

Kadebostany sera en concert pour Muzik'CASTING 2020 au Fil de Saint-Etienne le 11/02. Nous l'avons rencontré et interviewé "Dans l'Oeil du Petit Bulletin".

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Les 1ers noms de Musilac 2020

Festival régional | Angèle, - M -, Iggy Pop et Lenny Kravitz sont les quatre premiers noms qui ont été lâchés hier pour dessiner les contours du 19e festival Musilac (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 décembre 2019

Les 1ers noms de Musilac 2020

Angèle, - M -, Iggy Pop et Lenny Kravitz sont les quatre premiers noms qui ont été lâchés hier pour dessiner les contours du 19e festival Musilac d'Aix-les-Bains qui se déroulera du 11 au 14 juillet 2020.

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Un Muzik'Casting tout 9

MUSIQUES | 9e édition pour le tremplin de musiques actuelles Muzik'Casting organisé par le Crédit Agricole Loire Haute-Loire. Ouvert à tous les groupes amateurs et (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 octobre 2019

Un Muzik'Casting tout 9

9e édition pour le tremplin de musiques actuelles Muzik'Casting organisé par le Crédit Agricole Loire Haute-Loire. Ouvert à tous les groupes amateurs et artistes solos résidant en Loire ou Haute-Loire, ce concours est chapeauté cette année par Kadebostany. En neuf éditions, ce sont 40 artistes qui ont été révélés dont les Raqoons (lauréats 2017) ou encore Gat' et Rim' (lauréats 2018). Les groupes et artistes intéressés peuvent poser leur candidature jusqu'au 28 novembre 2019 directement sur www.castingcreditagricole.fr. C'est le vote du public ajouté à la sélection du jury de pros qui permettra de déterminer quel artiste jouera en première partie de Kadebostany sur la grande scène du Fil le 11 février 2020 et pourquoi pas remporter ensuite le tremplin national (lauréat désigné par Kadebostany) qui comporte un accompagnement musical d'une valeur de 6 000€.

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"Joker" : Ris amer

Lion d'Or | La douloureuse naissance de l’antagoniste de Batman en mode rite initiatique sadique et parcours contre-résilient. Bouc émissaire virant bourreau, Joaquin Phoenix est plus qu’inquiétant dans cette copie-carbone du cinéma des 70’s. Un interloquant Lion d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Atteint d’un trouble mental lui provoquant d’irrépressibles fous-rires, Arthur Fleck vit seul avec sa mère grabataire. Effectuant des prestations de clown pour survivre, il ambitionne de se lancer dans le stand-up. Mais rien ne se passe comme prévu, et une spirale infernale l’aspire… Un déclassé humilié par tous dans une grande métropole en crise devenant un héros populaire après avoir commis un acte délictuel ; un humoriste raté se vengeant de ses échecs sur son idole… Une quarantaine d’années environ après Taxi Driver (1976) et La Valse des Pantins (1982), Martin Scorsese vient donc de recevoir (par procuration) le Lion d’Or de la Mostra pour un film portant nombre de ses “stigmates“ — ne manque guère qu’un petit fond de religiosité chez le personnage principal —, mais aussi payant un lourd tribut à Sidney Lumet (Network, Un après-midi de Chien) comme à DePalma, dont le Blow Out (1981) brille au fronton d’un cinéma de Gotham. Todd Philipps a en effet signé avec Joker un excellent film de

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Des voix et des gueules

Nuits de Fourvière | Les Nuits sont chaque été très chaudes du côté de nos voisins lyonnais et plus particulièrement à Fourvière. Côté musique, il y a de quoi faire, notamment grâce à (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 juillet 2019

Des voix et des gueules

Les Nuits sont chaque été très chaudes du côté de nos voisins lyonnais et plus particulièrement à Fourvière. Côté musique, il y a de quoi faire, notamment grâce à des voix inoubliables ! Avec sa douce poésie planante, le Canadien Patrick Watson (lundi 8 juillet) propose une pop où la légereté n'a d'égale que la finesse. En l'écoutant, on pense forcément à cette génération de virtuoses qui le place aux côtés de Sufjan Stevens et Andrew Bird. De l'émotion à l'état pure en somme. Dans le même rayon, on se laisse également bercer par le timbre de Bon Iver (mardi 16 juillet), qui s'avère toujours aussi bon l'été... Justin Vernon, de son vrai nom, revient sept ans après avoir foulé la scène de la colline. Il devrait laisser filtrer quelques titres de son - très attendu - nouvel album. Enfin, on ne peut passer sous silence la venue de deux gueules et deux voix on ne peut plus marquantes. Tout d'abord, celle d'Arthur H qui habillera la musique de l'Orchestre d'harmonie de Bordeaux lors d'un projet inédit (vendredi 19 juillet). Ensuite, celle de Sting, reconnaissable entre mille, qui rallumera les souvenirs d'un théâtre antique forcément archi-comble (m

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Simon Kinberg : « l’émotion primait sur l’action »

X-Men : Dark Phoenix | De passage à Paris (où se déroule l’épilogue du film), l’équipe de X-Men : Dark Phoenix est revenue sur la conception de nouvel opus. Propos rapportés de la conférence de presse.

Vincent Raymond | Mercredi 5 juin 2019

Simon Kinberg : « l’émotion primait sur l’action »

Pourquoi vous êtes-vous focalisée ici sur le personnage de Jean Grey ? Simon Kinberg : D’abord, je suis tombé amoureux du personnage de Phoenix : je le trouvais absolument fascinant, comme tout le monde parmi les X-Men. J’aimais aussi l’idée d'un personnage qui perdait à la fois sa tête et ses pouvoirs, mais également voir de quelle manière cela affectait tous les X-Men ; comme des ennemis deviennent des amis, comment des amis, au contraire, devenaient des ennemis. Et puis il y avait ce dilemme : lorsque l’on a des amis proches qui perdent temporairement pied, quand cesse-t-on de vouloir les sauver ? Il était important ici de montrer que les conséquences du combat intérieur de Jean Grey font souffrir les autres autant qu'elle-même. Il fallait donc que le film ait une qualité intime humaine presque primitive ; et que l’on sente ce combat jusque dans le style, les acteurs ainsi qu'un forme plus naturaliste. Quand on a une telle distribution, il faut lui donner de vraies scènes afin que les acteurs puissent exercer leurs super-pouvoirs — qui est d'être formidables.

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"X-Men : Dark Phoenix" : 50 nuances de Grey

ECRANS | De Simon Kinberg (E.-U., avec avert. 1h40) avec James McAvoy, Sophie Turner, Michael Fassbender…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juin 2019

1992. Partie avec les X-Men à la rescousse d’astronautes en détresse, Jean Grey est submergée par un magma cosmique qui déchaîne ses pouvoirs en puisant dans les aspects obscurs de son passé. Incontrôlable et dangereuse, elle rejette Xavier et compte sur l’aide de Magneto… L’absence de Bryan Singer, mis à l’index pour ses histoires de pantalon, serait-elle à déplorer ? Force est de reconnaître que l’avance prise par la bande à Xavier sur la troupe de Stark a fondu comme la calotte polaire : la surmultipliée déployée par les Avengers dans le diptyque habité par Thanos a rattrapé et ordonné l’accumulation foutraque (parfois poussive) qui diluait les enjeux à force de tonalités divergentes. Limitant ses spin-off aux aventures de Wolverine — achevées en apothéose dans Logan —, voire à l’inclassable Deadpool, les X-Men avaient pour eux une cohérence globale, conséquence directe des schémas narratifs reposant sur des oppositions duelles (Xavier contre Magneto, humanité contre mutants etc…) ; de bonnes rivalités bipolaires fondées sur des présupposés manichéens ainsi que sur la puissance

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Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Rap | Le duo de rap stéphanois Gat & Rim se débrouille pas mal. À l'aune de la sortie de leur premier EP ou album - l'avenir nous le dira - ils ont remporté un joli tremplin qui les engage sur une belle voie musicale. Rencontre avec deux jeunes artistes (19 et 21 ans) très complémentaires. #breizhequateur !

Nicolas Bros | Vendredi 22 février 2019

Gat & Rim : « On avance en échangeant énormément »

Quelles sont les origines du groupe ? Comment en êtes-vous arrivés à faire de la musique ensemble ? Gat' : J'écrivais mes petites chansons dans ma chambre depuis longtemps. À un moment donné, je me suis entouré d'un musicien mais l'expérience n'a rien donné. Je me suis remis à la recherche de quelqu'un qui pourrait me proposer des instrus, en gros je cherchais "mon Voulzy". Je suis tombé sur un son qu'avait produit Renan. Je me suis mis en contact avec lui par l'intermédiaire d'un ami commun. C'était il y a deux ou trois ans en arrière. Rim, tu es originaire de Bretagne et Gat d'Équateur. Est-ce que ces origines influencent votre musique ? Rim : D'une certaine manière, un peu. Pour les prochains sons qui arriveront, on retrouvera un côté exotique. Mais le côté Breizh/Équateur, mélange de nos origines, c'est quelque chose d'assez fou, pas trop vu. Gat : Et c'est surtout une grosse blague... C'est un délire de potes. Nous avons commencé à divulguer malencontreusement un #breizhequateur sur nos réseaux et c'est devenu un peu plus important que ce que l'on ava

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Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Tremplin | Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 février 2019

Gat' et Rim' remportent Muzik'Casting 2018

Théo Bonneville et Renan Montabrut, alias Gat' & Rim', duo de rap stéphanois viennent de remporter le tremplin Muzik'Casting 2018 organisé par le Crédit Agricole. Après avoir fait forte impression en première partie de Hoshi sur la scène du Fil le 8 janvier dernier, le groupe a brillamment brigué la première place de ce concours en Auvergne-Rhône-Alpes. Il remporte un accompagnement musical d'une valeur de 6 000 €, comprenant notamment un booking de plusieurs dates. Rappelons que l'année dernière c'était d'ores et déjà des Ligériens qui avaient remporté ce tremplin : les rockeurs du groupe Raqoons.

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Sam Morel / Facteur de contrebasses

Portrait | À vingt-cinq ans, Sam Morel est un luthier surdoué. Formé à l’école de lutherie de Mirecourt, "monsieur contrebasse" au sein de la team Patrick Charton à Saint-Étienne, il vient de remporter un prix lors d’un prestigieux concours à Cleveland, pour lequel il présentait une contrebasse made in France qui lui a demandé près de huit mois de travail. Rencontre avec un jeune homme passionné.

Niko Rodamel | Mardi 4 décembre 2018

Sam Morel / Facteur de contrebasses

Second d’une fratrie de quatre garçons, Sam Morel est né en décembre 1993 dans le treizième arrondissement de Paris. Pas vraiment de musiciens dans la famille. Partie s’installer à Dinan, la petite famille assiste régulièrement à des concerts de jazz dans un bar où se produit le guitariste Martin Taylor. A peu près à cette époque, Sam tombe sur une vieille collection de disques de jazz. Après des envies de saxophone, l’idée de faire de la contrebasse germe petit à petit, mais le prix d’un tel instrument décourage rapidement le jeune homme qui se rabattra sur une basse électrique. « J’étais en cinquième. Même si je commençais à écouter attentivement les grands jazzmen, ma première motivation était alors de faire du rock dans un garage avec les copains du collège ! » Toujours en Bretagne, les années lycées défilent, Sam prépare un bac L. « La filière littéraire était celle qui comptait le moins d’heures de cours, ce qui me laissait le temps de traîner dans les ateliers de lutherie de la région. » Travailler le bois au service de la musique Le projet professionnel de Sam s’affine, il se verrait finalement bien luthier plutôt qu’architecte. T

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"Les Frères Sisters" : De sang et d’or

Lion d’Argent Venise 2018 | de Jacques Audiard (Fr., 1h57) avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Mieux vaut ne pas avoir ne différend avec le Commodore. Car il envoie ses deux dévoués Charlie et Eli Sisters, tireurs d’élite et cogneurs patentés. Les deux frères vont pourtant faire défection quand une de leurs proies explique avoir découvert un procédé permettant de trouver de l’or… On attendait, en redoutant que la greffe transatlantique ne prenne pas, cette incursion de Jacques Audiard en un territoire aussi dépaysant par les décors, les usages ou les visages, que familier par son poids mythologique et les séquences fondatrices ayant dû sédimenter dans son imaginaire. Mais même délocalisé, le cinéaste n’est pas abandonné en zone hostile. D’abord, il se trouve toujours escorté par son partenaire, le magique coscénariste Thomas Bidegain ; ensuite la langue anglaise ne peut constituer un obstacle puisque son langage coutumier se situe au-delà des mots, dans la transcendance de personnages se révélant à eux-mêmes et aux autres, grâce à un “talent“ vaguement surnaturel. Le tout, dans un contexte physiquement menaçant. Empli de poudre, de sang et de traumas, ce néo-western-pépite

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"Photo de famille" : Dans la famille clichés…

Soirée diapo | de Cecilia Rouaud (Fr., 1h38) avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps…

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

La mort d’un grand-père place une famille éclatée face à une épineuse question : que faire de la grand-mère qui perd la boule ? Le fils pense à la maison de retraite, le petit-fils se défausse mais deux des petites-filles proposent de l’héberger à tour de rôle. Crêpages de chignons en vue… Depuis le succès de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, les films de famille sont produits par wagons entiers et déversés en toute saison sur les écrans. Parfois l’on trouve une variante “de remariage“ ou une sous-espèce “avec des morceaux d’Alzheimer dedans“, — voire un hybride des deux comme ici —, mais le principe actif est le même : une fratrie de petits-bourgeois se déchire, découvre une ou deux vérités profondes façon secret de feuilleton avant de recoller les morceaux en faisant trompéter ses mouchoirs à l’unisson autour d’un mariage/d’un enterrement/d’une bar-mitsva de la réconciliation. Bref, une trame convenue pour des films globalement inutiles car redondants, que peuvent sauver une écriture atypique et/ou des comédiens bien guidés. Las ! Cecilia Rouaud charge sa barque avec tant de personnag

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Un tremplin plein d'espoir

Tremplin | Le Crédit Agricole remet le couvert avec la 8e édition du tremplin Musik'CASTING. Un concours musical ouvert aux musiciens amateurs, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 23 août 2018

Un tremplin plein d'espoir

Le Crédit Agricole remet le couvert avec la 8e édition du tremplin Musik'CASTING. Un concours musical ouvert aux musiciens amateurs, donnant l'opportunité de fouler la scène du FIL en première partie de têtes d'affiche. L'an dernier, ce furent les Raqoons qui avaient ouvert le bal du groupe Broken Back avant d'aller jusqu'à l'Olympia en devenant le "super-lauréat" national Muzik'CASTING 2017. Pour l'édition 2018, les inscriptions sont ouvertes aux formations locales (résidant en Loire et Haute-Loire) et se font sur le site www.casting-creditagricole.fr, jusqu'au 17 septembre. Cinq groupes de la région seront sélectionnés grâce aux votes du public et un jury sélectionnera le vainqueur de chaque secteur (Saint-Étienne, Lyon, Annecy, Grenoble et Clermont-Ferrand). Chaque formation assurera la 1ere partie d'un groupe dans les différentes salles des musiques actuelles de chaque ville concernée. Enfin, dernière étape, le super lauréat national

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Dans le grand bain

Musilac (Savoie) | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoches, jeunes pousses, smoothies de genres, et autres étrangetés à découvrir, le festival lacustre baigne l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Dans le grand bain

Jeudi : old wave D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80, quand les uns martèleraient : « I Just can get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me

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"Un couteau dans le cœur" : Lesbien descendu ?

Sapho-melon | de Yann Gonzalez (Fr., 1h42) avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran…

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Productrice de séries Z porno gays, Anne digère mal sa rupture avec Loïs, sa monteuse. À ses finances déclinantes s’ajoute une épidémie de meurtres sanglants ravageant son équipe, laissant indifférente la police en cette fin des années 1970. Pourtant, Anne s’obstine à tourner… Copains comme cochons, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico ont biberonné aux mêmes sources filmiques et partagent le désir de fabriquer un cinéma pétri de leurs références esthétiques. Mais quand le réalisateur des Garçons sauvages bricole un univers cohérent et personnel où affleure un subtil réseau d’influences savamment entremêlées, Gonzalez produit un bout-à-bout de séquences clinquantes et boiteuses se réfugiant derrière l’hommage à Argento, Jess Franco, Jean Rollin — qui sais-je encore parmi les vénérables du genre horifico-déshabillé — pour en justifier la kitschissime maladresse ou l’outrageuse complaisance. Tout ici semble procéder d’une extrême roublardise. En premier lieu le choix de “l’icône” Vanessa Paradis, dont les qualités d’actrice ne sont, hélas, plus à espérer, et

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Tribute

Jazz et autres | Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de (...)

Niko Rodamel | Vendredi 8 juin 2018

Tribute

Yannick Robert (guitare), Gilles Coquard (basse) et Cédric Affre (batterie) revisitent de façon très inspirée l'album Soul Cages, troisième EP studio de Sting, sorti en janvier 1991. Les trois jazzmen (mais pas que !) se réapproprient des titres devenus d'incontournables standards pop-rock. Soul Cages Trio est LE nouveau projet du musicien et pédagogue Yannick Robert qui évolue au sein de plusieurs formations, toujours aux frontières du jazz, du blues et du rock. En étroite collaboration avec la marque nipponne Ibanez, Yannick a également développé un étonnant modèle de guitare fretless qui porte sa signature, s'il vous plait ! On retrouve dans le power trio l'un des frères Coquard, fratrie bien connue dans notre région, qui remplace brillamment le contrebassiste initial, Bruno Schorp. Soul Cages Trio, samedi 9 juin 20h30, Château du Rozier à Feurs

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"Frost" : Ça craint en Ukraine

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit.-Fr.-Ukr.-Pol., 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre — une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des “humanitaires” pour qu’ils se trouvent — ou du moins parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger — histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard — rappelle la démarche de John Locke, héros de

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Sting de retour à Vienne

Rock | L'ex-leader de The Police est de retour dans la région. Le lundi 16 juillet 2018, il sera sur la scène du Théâtre Antique de Vienne (Isère - 38), trois ans (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 décembre 2017

Sting de retour à Vienne

L'ex-leader de The Police est de retour dans la région. Le lundi 16 juillet 2018, il sera sur la scène du Théâtre Antique de Vienne (Isère - 38), trois ans après s'y être déjà produit dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Pour plus d'infos, rendez-vous sur cette page.

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"Maryline" : Démise en scène

ECRANS | de Guillaume Gallienne (Fr., 1h47) avec Adeline D'Hermy, Vanessa Paradis, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mercredi 15 novembre 2017

Venue de sa province, Maryline se rêve comédienne. Outre la blondeur attachée à son prénom si lourd à porter, elle dégage un je-ne-sais quoi séduisant les cinéastes. Las ! Son incapacité à fendre l’armure la plombe et elle végète, quand elle ne s’auto-détruit pas dans l’alcool… La bonne nouvelle, c’est que Guillaume Gallienne a renoncé à jouer dans son second long métrage — il nous devait bien cela, après avoir doublement imposé sa présence dans Les Garçons et Guillaume, à table ! La mauvaise, c’est le choix de la presque jeune Adeline D’Hermy, empruntée au Français. Son visage marqué est dépourvu de la cinégénie requise pour ce rôle : on ne perçoit jamais la radieuse séduction censée émaner de son personnage. La malheureuse semble pourtant se donner du mal pour être à la hauteur ; sans beaucoup de succès malheureusement : on est plus enclin à la conspuer avec ses opposants qu’à éprouver de la compassion pour elle. Paradoxalement, le réalisateur parvient à tirer de ce malaise un effet productif à la toute fin de son film, quand Maryline au bord

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Tremplin Muzik’Casting 2017

MUSIQUES | Vous souhaitez encourager les jeunes musiciens de la région et élire l’artiste qui aura la chance de se produire en première partie de Broken Back ? C’est par ici avec le tremplin Muzik’Casting du Crédit Agricole!

La rédaction | Jeudi 5 octobre 2017

Tremplin Muzik’Casting 2017

Le Crédit Agricole Loire Haute-Loire a lancé la septième édition du concours Muzik’Casting. Il est ouvert à tous les groupes amateurs et artistes solo résidant en Loire ou en Haute-Loire. L’objectif : encourager l’émergence des jeunes talents locaux d’une part, et organiser un bel événement musical avec une tête d’affiche internationale d’autre part. Une initiative inédite qui participe à l’animation et l’attractivité du territoire. Après Skip the Use, les BB Brunes ou encore Charlie Winston, c’est la révélation indie pop Broken Back qui partage sa scène cette année. Lors des précédentes éditions, Hope Ration a joué aux côtés de Synapson (en 2016), Life Opus a rejoint la scène de Charlie Winston (2015) et les Tontons d’Alice ont joué avec As Animals (en 2014). Pour voter et élire le talent de votre région, rien de plus simple : rendez-vous sur www.casting-creditagricole.fr et suivez les étapes pour accéder aux œuvres des 19 musiciens en lice en Loire et Haute-Loire. Le vainqueur du tremplin sera invité à se produire

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Percez le secret de Broken Back

Concours Muzik'Casting 2017 | Chaque année, la banque Crédit Agricole donne l'occasion à des groupes locaux (résidant en Loire et Haute-Loire) de participer au tremplin (...)

Nicolas Bros | Lundi 11 septembre 2017

Percez le secret de Broken Back

Chaque année, la banque Crédit Agricole donne l'occasion à des groupes locaux (résidant en Loire et Haute-Loire) de participer au tremplin Muzik’CASTING, leur permettant d'accéder à la scène du Fil à Saint-Étienne en première partie d'un groupe pro. Après avoir reçu Skip The Use, Charlie Winston ou encore les BB Brunes, c'est Broken Back qui prendra d'assaut le 28 novembre la scène stéphanoise. Le groupe sera précédé par une formation locale sélectionnée par les internautes. Pour les jeunes talents qui souhaitent participer, le tremplin Muzik’CASTING se déroule en 3 temps : - Avant le 17 septembre, inscription des groupes sur cette page - Du 18 septembre au 5 novembre : chaque internaute écoute les différentes créations et vote pour son groupe préféré - le mardi 28 novembre : concert privé au Fil à Saint-Étienne avec le lauréat du Tremplin Muzik’CASTING 2017 en 1ère partie de Broken Back Une place à l'Olympia également en jeu Pour cette 7ème édition du tremplin, un des cinq lauréats 2017 aura la chance d'être accueilli en 1ère partie du concert de Brok

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Julien Doré à Paroles & Musiques 2017

Festival | Le nom du premier artiste du festival Paroles & Musiques 2017 est sorti. Julien Doré, qui vient de sortir un nouvel album & sorti en octobre (...)

Nicolas Bros | Mercredi 21 décembre 2016

Julien Doré à Paroles & Musiques 2017

Le nom du premier artiste du festival Paroles & Musiques 2017 est sorti. Julien Doré, qui vient de sortir un nouvel album & sorti en octobre dernier, sera sur la scène du Zénith vendredi 2 juin à 20h.

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Une "Hope Ration" bien menée

Muzik'Casting 2016 | Le sixième tremplin de talents amateurs Muzik'Casting, organisé par cinq caisses régionales du Crédit Agricole, a vu ses lauréats désignés par secteur. Pour la zone (...)

Nicolas Bros | Lundi 21 novembre 2016

Une

Le sixième tremplin de talents amateurs Muzik'Casting, organisé par cinq caisses régionales du Crédit Agricole, a vu ses lauréats désignés par secteur. Pour la zone Loire-Haute-Loire, c'est le groupe de reggae roots Hope Ration, originaire de Saint-Martin-la-Plaine, qui aura le privilège de partager la scène avec Synapson pour un concert inédit demain soir au Fil. Une aubaine pour les cinq Ligériens qui avaient sorti leur premier album Get Ready en 2014 où se mêlent, outre le reggae roots, du funk, du jazz et du rock. Le groupe a su marquer les internautes avec leur musique sans bornes et ont récolté 840 votes au total.

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Appel aux talents locaux

MUSIQUES | Groupes ou artistes solos amateurs, résidant en Loire ou Haute-Loire, vous êtes invités à proposer vos créations musicales pour le tremplin Muzik'Casting 2016, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 septembre 2016

Appel aux talents locaux

Groupes ou artistes solos amateurs, résidant en Loire ou Haute-Loire, vous êtes invités à proposer vos créations musicales pour le tremplin Muzik'Casting 2016, organisé par le Crédit Agricole Loire/Haute-Loire. Première étape avec une inscription sur ce site, jusqu'au 18 septembre, puis une écoute et un vote effectués par les internautes et peut-être une 1e partie du groupe Synapson au Fil à Saint-Étienne, lors d'un concert privé le mardi 22 novembre. Cette formation succédera au groupe Life Opus, lauréat en 2015 et qui avait partagé la scène du Fil avec Charlie Winston. Synapson + gagnant du Tremplin Musik'Casting 2016, mardi 22 novembre, au Fil (concert privé, invitations à demander au Crédit Agricole Loire/Haute-Loire)

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Musilac : le feu au lac

MUSIQUES | Aussi foisonnante que pointue, éclectique que bien choisie, populaire (Les Insus, Elton John) que fureteuse (Barns Courtney), hurlante (Mass Hysteria) que sussurante (Lou Doillon), la programmation de Musilac est un joyeux casse-tête autant qu'un labyrinthe où il fait bon se perdre. Et où nous avons posé ça et là quelques balises.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 juillet 2016

Musilac : le feu au lac

Grand Blanc L'Australie, La Réunion, Aix-les-Bains : on ne peut plus se baigner tranquille. La nature est devenue tellement folle, que l'on ne peut plus barboter deux secondes dans l'insouciance estivale sans se faire croquer par un requin, ici un Grand Blanc. Certes, Grand Blanc le groupe ne mord pas vraiment mais pour ce qui est de venir souffler de l'intranquillité sur la nuque de vos aspirations festives, il n'y a pas mieux, c'est même un peu le concept du dernier album, qui est d'ailleurs le premier, de ces lorrains à la discold-wave dévastatrice et aux tubes dévorants. Ils ne sont peut-être pas des têtes d'affiche du festival au sens premier du terme. Mais ils en ont la gueule. Et grande ouverte avec ça. Sur la scène Le Korner le samedi 9 juillet à 15h25 Foals À quoi voit-on qu'une sauce est en train de prendre pour de bon ? C'est simple : quand certains commencent, affublés d'une grimace de doute, à l'accuser d'avoir tourné. C'est bien le phénomène qui commence à se produire avec F

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Les groupes amateurs invités à concourir

MUSIQUES | Après les Tontons d'Alice l'année dernière, qui sera le groupe ou l'artiste qui jouera en première partie de Charlie Winston le 18 novembre prochain au Fil de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 2 septembre 2015

Les groupes amateurs invités à concourir

Après les Tontons d'Alice l'année dernière, qui sera le groupe ou l'artiste qui jouera en première partie de Charlie Winston le 18 novembre prochain au Fil de Saint-Étienne ? Si vous vous sentez capable de relever le défi, vous avez jusqu'au 13 septembre pour vous inscrire au 5ème concours Musik Casting. Les artistes seront départagés par un vote des internautes du 14 septembre au 25 octobre.

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Le feu au lac

MUSIQUES | Festival atypique par sa capacité à conjuguer sur une même programmation exigences artistiques et exigences financières, Musilac impressionne édition après (...)

Nicolas Bros | Mardi 30 juin 2015

Le feu au lac

Festival atypique par sa capacité à conjuguer sur une même programmation exigences artistiques et exigences financières, Musilac impressionne édition après édition. Cette année, aux côtés du spécialiste du combo "marcel, bras en l'air, touche start-stop de platine mp3" (alias Guetta), on retrouvera de belles pointures. En premier lieu Hot Chip et son électro-pop qui ferait danser jusqu'au pachyderme parkinsonien. Les cinq Londoniens possèdent cette force mystique de ne produire que des missiles sonores, armes de retournements massifs de dancefloor. Mais gardez-vous bien de réduire les titres de la "puce chaude" à un simple catalyseur podal. Car, en grattant un peu, on trouve matière à penser. Autre moment d'exception avec le guitariste ter-"riff"-ique et chevelu Slash qui viendra entouré de ses amis Myles Kennedy & The Conspirators pour ce qui s'annonce comme un retour pas piqué des hannetons. Enfin, notons également la présence du dandy cool Baxter Dury, la pop triturée d'Alt-J ou encore l'électro chevaleresque de The Shoes. Du beau linge, rien que du beau linge. NB Musil

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Inherent vice

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Inherent vice

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture beatnik, adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent vice rappelle les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman — Le Privé — ou les frères Coen — The Big Lebowski. Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si Vice caché se nourrissait de cette mythologie propre à la littérature criminelle, il la cabossait par un réflexe hautement pop où une profusion de

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Phoenix

ECRANS | Après Barbara, Christian Petzold et son actrice Nina Hoss explorent de nouveau l’histoire allemande — ici, le retour des camps — mais sur un mode labyrinthique et hitchcockien. Un très grand film sur l’identité et l’inexprimable. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 janvier 2015

Phoenix

Fidèle au précepte d’un Claude Lanzman, Christian Petzold ouvre Phoenix sur ce que l’on ne peut pas montrer : l’horreur des camps de concentration nazis. Il le fait à travers le visage d’une rescapée, Nelly, recouvert par des bandelettes tel Rock Hudson dans Seconds. Défigurée, quasi-mutique, elle est prise en charge par Lene, qui veut lui offrir un nouveau visage et une nouvelle vie, dans une Palestine qui ne s’appelle pas encore l’État d’Israël. Mais l’opération réussie, Nelly ne se reconnaît pas et se voit comme une autre. On ne saura jamais si cette sensation de dédoublement est une conséquence psychologique du martyre qu’elle a subi — provoquant une cassure irrémédiable entre son moi d’avant et ce qu’il en reste aujourd’hui — ou si, effectivement, elle relève d’une vraie transformation physique. Ce trouble-là, que Petzold entretient magistralement, le film le redouble encore quand Nelly retrouve son mari Johnny, ancien pianiste désormais homme à tout faire dans un cabaret au milieu des ruines berlinoises. Johnny est redevenu Johannes et, quand il croise Nelly, ce n’est pas sa femme qu’il voit, mais son sosie. Là encore, l’ambiguïté est à son comble

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Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

ECRANS | Rencontre avec Alain Cavalier, autour de son dernier film, Le Paradis. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

Comment jugez-vous le retour de la fiction dans votre œuvre entre Pater et Le Paradis ? Est-ce une suite logique ou est-ce plus accidenté ?Alain Cavalier : Je n’ai jamais fait de différence entre fiction et documentaire. Quand je faisais de la fiction, je copiais la vie ; je regardais comment parlaient les gens, comment ils vivaient et quand j’écrivais un scénario, j’essayais de reconstituer ce qui m’avait intéressé dans la vie. Après, pour changer un petit peu, je suis allé filmer les gens directement dans leur vie, comment ils travaillaient… Ce qui m’intéresse, c’est regarder la vie et la copier le mieux possible avec ma caméra pour la proposer au spectateur. Je vous pose cette question car je me souviens qu’au moment de René, vous assumiez le fait d’avoir essayé de réinjecter la fiction dans votre nouvelle manière de tourner…Avant cela, j’avais rencontré quatre jeunes gens pour faire un film qui s’appelait Le Plein de super ; j’avais envie de tourner av

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Le Paradis

ECRANS | En 70 minutes, avec sa seule petite caméra, quelques objets et quelques visages, Alain Cavalier raconte les grandes fictions qui ont marqué son enfance : les Évangiles et l’Odyssée d’Homère. Un film sublime, à la fois simple et cosmique, sur la vie, la mort, la mémoire, la grâce et l’origine. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 6 octobre 2014

Le Paradis

Voici le corps inerte d’un petit paon, que deux mains manipulent pour constater son absence de vie. On le déposera au pied d’un arbre et des charognards viendront l’emporter. Mais pour garder la trace de son passage sur terre, on construira un mausolée de fortune ; d’abord une pierre, puis quelques clous courbés en croix pour la maintenir. Les saisons passeront, l’arbre sera coupé, la neige l’ensevelira, mais le mausolée résiste et la mémoire du petit paon avec lui. À intervalles réguliers, comme un fil rouge de ce Paradis, Alain Cavalier reviendra filmer ce monument dérisoire mais qui, par la force de son regard, devient essentiel. Non pour célébrer une mystique panthéiste, mais pour montrer que l’acte de se souvenir peut inverser le cycle de la vie et de la mort. Un homme et des Dieux Alors Cavalier se souvient… Il se souvient de ses années au pensionnat catholique où on lui a appris des histoires fantastiques qui n’ont depuis jamais cessé de l’habiter, comme des fictions fécondes ayant forgé son imaginaire. Il en retient deux : les Évangiles et L’Odyssée d’Homère. D’un côté, l’histoire d’un homme qui se prétend fils de Dieu, effectue des mi

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Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

ECRANS | Moins flamboyante que l’an dernier, la rentrée cinéma 2014 demandera aux spectateurs de sortir des sentiers battus pour aller découvrir des films audacieux et une nouvelle génération de cinéastes prometteurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 3 septembre 2014

Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

Si l’extraordinaire Leviathan ne lui avait ravi in extremis la place de chouchou de la rentrée cinéma, nul doute qu’elle aurait échu à Céline Sciamma et son très stimulant Bande de filles (sortie le 22 octobre). Troisième film de la réalisatrice déjà remarquée pour son beau Tomboy, il suit le parcours de Meriem, adolescente black banlieusarde qui refuse la fatalité d’une scolarité plombée et se lie d’amitié avec une «bande de filles» pour faire les quatre cents coups, et en donner quelques-uns au passage afin d’affirmer sa virilité dans un monde où, quel que soit son sexe, la loi du plus fort s’impose à tous. Cette éducation par la rue et le combat n’est pas sans rappeler les deux derniers films de Jacques Audiard ; Un prophète en particulier, puisque Sciamma cherche elle aussi à filmer l’éclosion dans un même mouvement d’une héroïne et d’une actrice — formidable Karidja Touré. S’il y a bien une comédienne qui est en train d’exploser sur les écrans, c’est d’évidence Shailene Woodley. Star de la saga teen

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Her

ECRANS | En racontant l’histoire d’amour entre un homme solitaire et une intelligence artificielle incorporelle, Spike Jonze réussit une fable absolument contemporaine, à la fois bouleversante et effrayante, qui fait le point sur l’humanité d’aujourd’hui du point de vue du surhumain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 mars 2014

Her

Les open spaces, les appartements hi-tech, la ville tentaculaire, froidement encadrée par des buildings mais magnifiée par des couchers de soleil rendus surréels par la pollution ; et au milieu de tout ça, des gens qui parlent seuls dans les rues… Theodore Twombly (Joaquin Phoenix, touchant d'hébétude enfantine) est de ceux-là : mal remis d’une rupture, il écrit des lettres d’amour pour les autres et n’échange plus que virtuellement avec son oreillette pour administrer ses messages ou pratiquer le sexe on-line avec une inconnue. Quelque chose manque à cet individu solitaire et dépressif : un amour qui ne serait pas lié à ce foutu facteur humain. Il va le trouver lorsqu’il acquiert un nouvel «OS», une intelligence artificielle douée d’une faculté cognitive exceptionnelle, qu’il baptise Samantha (héroïque prestation vocale de Scarlett Johansson) et qu’il pense modeler selon son désir tout en admirant sa "personnalité". 2014, odyssée de l’amour Toute la beauté de Her tient dans le dialogue qui se noue entre cet homme et sa machine, celle-ci devenant au cours du film une forme à la fois sublime et cauchemardesque du surhumain. Comme s’il v

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De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

ECRANS | Avec Phantom of the paradise, au menu du prochain Tout le monde il est beau… du Méliès, Brian De Palma réinventait en plein Nouvel Hollywood la comédie musicale rock, passée au prisme des films d’horreur, du queer et de son maître Hitchcock. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

Alors que le piteux Passion sonnait comme un chant du cygne pour Brian De Palma, son œuvre passée n’en finit plus de ressurgir sur les écrans : après Blow out, Pulsions, Scarface et même Les Incorruptibles, c’est Phantom of the paradise qui a droit à une copie restaurée numériquement. Celui qui fut longtemps le moins fréquentable des réalisateurs nés du Nouvel Hollywood a conquis une étiquette de «classique» plutôt amusante quand on juge l’impureté des œuvres qu’il tournait à l’époque, empruntant à Hitchcock et Antonioni, mais aussi aux séries B horrifiques et au giallo italien ou, comme ici, à la comédie musicale. Dans Phantom of the Paradise, De Palma entonne déjà un chant du «cygne», du nom du producteur maléfique Swan, croisement entre Phil Spector et Elton John, incarnation à la fois du côté obscur du music business et d’une culture queer alors naissante — on nous glisse que le personnage s’inspire surtout de Claude François et de sa manière très personnelle "d’aud

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The Immigrant

ECRANS | Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens (...)

Christophe Chabert | Lundi 25 novembre 2013

The Immigrant

Les premiers plans de The Immigrant mettent l’Amérique au cœur de son sujet : la statue de la liberté, Ellis Island, une file d’immigrants européens attendant leur visa… C’est aussi une image forte venue du cinéma américain, celle qui ouvrait Le Parrain II. En se transportant au début du XXe siècle, James Gray semble promettre une grande fresque en costumes, éminemment romanesque, qui le placerait en descendant naturel de Coppola. Mais une fois ses rôles principaux distribués — d’un côté, Ewa, Polonaise prête à tout pour retrouver sa sœur, restée en quarantaine sur l’île, et de l’autre, Bruno, souteneur qui lui promet de l’aider si elle accepte de rejoindre sa «famille» —, le film se jouera avant tout en intérieurs : un théâtre burlesque, des bains publics ou l’appartement de Bruno Weiss, qui devient une nouvelle prison pour Ewa. En cela, The Immigrant tient plus du roman russe que de la reconstitution hollywoodienne, et la mise en scène de Gray, somptueuse, d’une sidérante fluidité, préfère l’intimisme à la démesure. Chaque miroir, chaque vitre est à la fois un cadre enserrant Ewa à l’intérieur du cadre, mais aussi une paroi sale ou r

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Prince of Texas

ECRANS | De David Gordon Green (ÉU, 1h34) avec Paul Rudd, Emile Hirsch…

Christophe Chabert | Lundi 28 octobre 2013

Prince of Texas

Après trois comédies graduellement décevantes, Prince of Texas marque le retour en forme de David Gordon Green, dont on avait tant aimé L’Autre rive. Retour discret toutefois : ce road movie minimaliste où deux hommes tracent une route au milieu de nulle part séduit par sa nonchalance, son humour pince-sans-rire et son goût des creux dramatiques. Il ne s’y passe donc pas grand chose, et lorsque des événements importants arrivent aux personnages, c’est hors de leur périmètre, méticuleusement respecté. Le film ne quitte donc jamais cette route sans début ni fin, mais y fait transiter des lettres, des anecdotes et des fantômes, le temps de séquences suspendues où les caractères vacillent peu à peu — le psychorigide comprend la vacuité de son existence, le chien fou se découvre doué d’une forme insoupçonnée de compassion. Petit film donc, parfait pour patienter avant le prochain David Gordon Green, Joe, avec Nicolas Cage. Christophe Chabert

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L’Éden version Dub Inc

MUSIQUES | Le groupe stéphanois Dub Inc, emblème du reggae made in France à travers le monde, revient ce mois-ci avec un nouvel album intitulé Paradise. Après le (...)

Nicolas Bros | Dimanche 22 septembre 2013

L’Éden version Dub Inc

Le groupe stéphanois Dub Inc, emblème du reggae made in France à travers le monde, revient ce mois-ci avec un nouvel album intitulé Paradise. Après le documentaire Rude Boy Story retraçant leurs parcours et une grande tournée estivale, Bouchkour, Komlanet leurs comparses proposent un nouveau projet musical haut en couleurs. Ce cinquième opus studio nous invite à repartir dans l'univers rempli de diversités et de voyage du groupe. Mélangeant de nombreux styles et influences du reggae roots au dancehall, les treize titres de Paradise sont très riches, réhaussés par des interprétations et des textes engagés. Dub Inc continue ainsi à explorer tout en portant cet album vers une pureté sonore intense. Avec Hors Contrôle en 2010, les membres du groupe avaient mis la barre haute avec un disque ancré dans le reggae classique possédant également des touches modernes, fruit de leur voyage en Jamaïque. Sur Paradise, Dub Inc enfo

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Les Amants du Texas

ECRANS | De David Lowery (ÉU, 1h37) avec Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster…

Christophe Chabert | Mardi 17 septembre 2013

Les Amants du Texas

L’ombre de Terrence Malick plane d’un bout à l’autre de ces Amants du Texas, à commencer justement par son atmosphère planante, cotonneuse, mais aussi par sa voix-off qui, sous couvert d’échanges épistolaires, emmène le film vers des rivages poétiques proches du grand Terry. Sans parler de son intrigue, où un couple de jeunes braqueurs se retrouve séparé, lui en prison, elle en liberté et enceinte. Quatre ans plus tard, il s’évade pour la retrouver, mais la distance s’est creusée, sa responsabilité de mère l’emportant sur sa jeunesse fougueuse. Sans parler du rôle joué par un shérif prévenant, qui pourrait faire un bon père de substitution. Il y a du Badlands là-dedans, mais aussi dans les paysages peints par Lowery, où la nature semble aussi apaisée que les amants sont tourmentés. Les Amants du Texas souffre cependant de ce maniérisme paralysant, qui impacte particulièrement le jeu des acteurs : leur retenue paraît forcée, et le film s’emploie à tout dédramatiser, jusqu’à tendre vers l’anodin et l’ennui. Dommage, du coup, d’avoir embarqué la sublime Rooney Mara dans l’aventure : explosive et sensuelle chez Fincher, elle semble pétrifiée ici, s

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Gravité sur la rentrée ciné

ECRANS | Après un été en demi-teinte, les quatre prochains mois devraient confirmer le cru exceptionnel de cette année 2013. Avec les locomotives cannoises et une pléiade d’auteurs dont on trépigne de découvrir les nouveaux opus, la rentrée est en effet salement musclée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 30 août 2013

Gravité sur la rentrée ciné

Après le marteau-piqueur estival qui faisait résonner semaine après semaine le même air connu fait de blockbusters, d’animation pour gamins décérébrés, de films d’auteur qu’on ne savait pas où mettre ailleurs et de comédies françaises dont tout le monde se fout, le cinéma reprend ses droits comme à chaque rentrée, avec des œuvres plus audacieuses et moins routinières. C’est évidemment le cas des deux gagnants du dernier Cannes, en l’occurrence La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (9 octobre) et Inside Llewin Davis des frères Coen (6 novembre). Rien de commun toutefois entre le roman naturaliste sur les amours adolescentes déployé magistralement, trois heures durant, par Kechiche, et le vagabondage d’un folkeux dépressif et poissard dans l’Amérique des années 60 raconté en mode faussement mineur et vraiment métaphysique par les Coen. Rien, sinon une envie de pousser les murs du cinéma, en faisant imploser les limites de la durée d’un côté, et celles des structures scénaristiques de l’autre. En cela, ce sont les deux grands films insoumis de cette rentrée. On espère pouvoir y adjoindre en cours de route le nouveau Bong Jo

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Pachyderme que ça !

MUSIQUES | Leur nom pourrait faire plutôt penser à une vitesse réduite. Mais pourtant ces deux-là n'arrêtent pas de courir depuis quelques temps. Lisa et François, les deux (...)

Nicolas Bros | Mercredi 21 août 2013

Pachyderme que ça !

Leur nom pourrait faire plutôt penser à une vitesse réduite. Mais pourtant ces deux-là n'arrêtent pas de courir depuis quelques temps. Lisa et François, les deux artistes du duo Eléphant fondé en 2009, ont réussi à se faire une belle place cette année dans la jungle de talents dont regorge la chanson française. Notamment grâce à leur titre Collective mon amour qui a fait partie des sempiternels "méga tubes de l'été" de la bande FM française. Mais au-delà de ce succès somme toute mérité, les deux artistes ayant réuni leur prénom afin de trouver un nom de groupe (L et Fran), se considèrent toujours comme des outsiders. Repérés et soutenus par Benjamin Biolay, The Dø ou encore Vannessa Paradis, Eléphant ne révolutionne pas le schmilblick en traitant dans son album principalement d'un thème vieux comme Hérode, j'ai nommé l'Amour. Mais avec sa fougue, sa générosité sans faille et une "non-prise de tête" assumée, le groupe arrive à nous faire oublier sa formule finalement assez peu innovante en laissant sur nos visages une large banane et, en nous faisant nous trémousser. Bref, Elephant ne nous trompe pas sur la marchandise ! Alors pour attraper une grande dose de bonne

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Quadrophenia, un film à la Mods

ECRANS | Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia passionnant à (...)

Christophe Chabert | Mardi 25 juin 2013

Quadrophenia, un film à la Mods

Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia passionnant à redécouvrir 35 ans après sa réalisation, à la fois évocation d’une époque passée — le courant Mods, à son apogée dans les années 60 — et œuvre importante du réalisme à l’Anglaise au même titre que les premiers Loach ou les téléfilms d’Alan Clarke. Jimmy, le jeune héros de Quadrophenia, tente d’échapper à sa poisse sociale — coincé entre une famille qu’il ne supporte plus et un boulot merdique — en courant après un rêve dérisoire : intégrer les Mods et leur existence sexe, drogue, rock’n’roll et scooter customisé. Frank Roddam, le réalisateur, surveillé de près par Pete Townshend et Roger Daltrey, s’autorise un grand pont entre ce courant finalement éphémère et le punk qui alors faisait figure de culture dominante dans la jeunesse anglaise. Quadrophenia n’est ainsi pas très loin de la démarche de certains cinéastes du Nouvel Hollywood : la musique entre dans le film comme dans Mean Streets de Scorsese, au détour d’un juke box ou d’une radio, et le parcours de Jimmy, direction Brig

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«Je ne fais pas des films avec des idées»

ECRANS | Cette semaine sort au Méliès la version restaurée de La Porte du Paradis, film mythique et longtemps mutilé, supervisée par son réalisateur Michael Cimino. Entretien avec cette légende vivante du cinéma américain. Propos recueillis et traduits par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 26 février 2013

«Je ne fais pas des films avec des idées»

Quelle est l’importance pour vous de cette ressortie de La Porte du Paradis ?Michael Cimino : C’est n’est pas une reprise au sens classique du terme. Cette version est plus qu’une version restaurée, c’est une version améliorée, au niveau du son, de l’image, des couleurs, du montage. Je la vois comme LA sortie du film. Il y a donc encore des différences avec la précédente version de 220 minutes ?Oui, car celle-ci a été entièrement refaite en numérique. Il y a des choses que j’ai pu faire en numérique qui étaient impossibles il y a trente ans. Cela donne une clarté que vous n’avez jamais vue auparavant. Certains passages ont l’air d’être en 3D, notamment parce que j’ai utilisé un objectif 30 mm qui permet de voir les détails à l’infini. C’est grandiose pour les paysages, mais aussi pour les gros plans, car ça leur donne un aspect monumental. À l’époque du tournage de La Porte du Paradis, on devait passer par un laboratoire optique pour effectuer des changements sur l’image et cela pouvait durer trois semaines ou un mois. Maintenant, il suffit d’appuyer sur un

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The Master

ECRANS | Après «There will be blood», Paul Thomas Anderson pousse un cran plus loin son ambition de créer un cinéma total, ample et complexe, en dressant le portrait d’un maître et de son disciple dans une trouble interdépendance. Un film long en bouche mais qui fascine durablement. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 8 janvier 2013

The Master

Depuis sa problématique mise en chantier, The Master était annoncé comme un film sur l’église de scientologie. Ce qui, de la part de Paul Thomas Anderson, n’aurait pas été étonnant puisque son œuvre revient comme un aimant vers la question religieuse, tantôt pour en faire un soubassement moral (Magnolia), tantôt pour la mettre en pièces (le pasteur sournois incarné par Paul Dano dans There will be blood). Or, non seulement The Master ne parle pas directement de la scientologie — le «Maître» Lancaster Dodd a bien fondé une nouvelle doctrine, mais celle-ci s’appelle «La Cause» — mais surtout, il n’en fait jamais son sujet. Ce qui intéresse Anderson est ailleurs, et c’est ce qui rend le film si complexe — ses détracteurs diront "confus" : il ne se fixe jamais sur un sujet central, ou plutôt, celui-ci semble se déplacer à mesure que le récit avance. De l’alcool contre une famille Au départ, il y a un ancien soldat revenu brisé psychologiquement du front Pacifique, Freddie. Visiblement obsédé sexuel, mollement reconverti en photographe dans une galerie commerciale, il fabrique sa propre gnole et se biture

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Paradis : Amour

ECRANS | D’Ulrich Seidl (Aut, 2h) avec Margarete Tiesel, Peter Kazungu…

Christophe Chabert | Mardi 8 janvier 2013

Paradis : Amour

Le hasard a voulu que deux cinéastes autrichiens intitulent leur film de la même manière : Michael Haneke et Ulrich Seidl — le «Paradis» est en fait le titre d’une trilogie dont le prochain volet s’appellera Foi et sortira en mars. Ceci étant, là où Haneke prend ce sentiment au premier degré, Seidl se situe immédiatement dans l’ironie : ici, l’amour, c’est celui que prodiguent contre rémunération des Kenyans à de vieilles autrichiennes venues faire du tourisme sexuel. L’une d’entre elle, plus naïve et moins cynique, espère trouver un amant désintéressé, mais elle ne tombe que sur des escrocs plus rusés que la moyenne. Seidl se moque de son héroïne et de ses compatriotes, moches, stupides, racistes, jusqu’à cette scène authentiquement pornographique où elles tentent de faire bander un gigolo black dans leur chambre d’hôtel. Mais il ne suffit pas de dénoncer le racisme pour ne pas tomber dedans : les Kenyans sont aussi observés avec une distanciation glaciale qui les transforme en clichés — fourbes, fainéants, cupides. En fait, ce n’est que la conséquence d’une misanthropie détestable qui s’affichait au grand jour dès le générique, où Seidl fixait sa caméra sur l

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