Messe du couronnement

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Photo : Le chef David Reiland © J.-B. Millot


Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d'œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe !

Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne


Requiem

De Verdi, dir. musicale David Reiland, par l'OSSEL, avec Elodie Hache, Aurore Ugolin, Paolo Lardizzone, Wotek Smilek et le Choeur lyrique St-Etienne Loire
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Loi du Silence...

Piano | « Je me demande parfois si le musicien n'est pas là pour célébrer le mystère qui se trouve derrière la musique, le silence duquel elle émerge, plutôt que la (...)

Alain Koenig | Mardi 5 octobre 2021

La Loi du Silence...

« Je me demande parfois si le musicien n'est pas là pour célébrer le mystère qui se trouve derrière la musique, le silence duquel elle émerge, plutôt que la musique elle-même. Le musicien n'existe que pour révéler ce que l'on sait déjà », nous déclarait Pascal Amoyel au cours d'un récent entretien. Redonner vie à l'inclassable héros - Ludwig van Beethoven- relevait pour le plus subtil de nos pianistes français de la gageure, l'extraire du monde du silence dans lequel il s'enfonça toute sa vie. Bustes et commémorations pérennisent un portrait souvent biaisé du compositeur. Pascal Amoyel, en inlassable quête d'absolu et de vérité, rouvrira, mesure après mesure, les portes d'une mémoire injustement sélective. Personnage complexe, Beethoven reviendra habiter son corps grâce aux « cinquante doigts » du célèbre interprète. Des stigmates de l'enfance, des souffrances du jeune homme éconduit, des pathologies souffreteuses de l'adulte naquirent les chefs-d’œuvre, universels, éblouissants. Transcendant l'hôte de leur gestation, le génie recouvrera ses cinq sens, le temps d'un spectacle musical hors normes. Qui d'autre que le pianiste-lumière pouvait-il « look fo

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I love America... 

MUSIQUES | Drame de l’attente amoureuse et du sacrifice, « Madame Butterfly » brille au firmament puccinien. La violence du non-dit déchire le papier japonais, soulignée dans cette nouvelle production, par la sobre mise en scène d’Emmanuelle Bastet.

Alain Koenig | Mardi 5 octobre 2021

I love America... 

Avec Madame Butterfly, Puccini frappe un direct du gauche, laissant l’auditeur au tapis. Inégalé et bouleversant, érudit et populaire, dandy mais indomptable, intellectuel et brutal, génial mélodiste... Que serait l’opéra sans Puccini? La peinture sans Michel-Ange ! Lorsqu’il achève l’ouvrage en 1904, le maestro est porté par ses succès : Manon Lescaut, La Bohème, Tosca... La mode “orientaliste“ alimente l’Europe en fantasmes de sulfureux et exotiques comptoirs. L’argument : Cio-Cio San, geisha de Nagasaki s’éprend du lieutenant américain Benjamin Pinkerton. Le mariage à la japonaise, sans aucune valeur juridique, permet aux marins de l’époque d’apaiser leur conscience extra-conjugale. Pour Cio-Cio San, hélas, l’engagement est total ; elle renie famille et traditions, rêve d’Amérique, de se débrider les yeux... Pinkerton lève l’ancre, promettant de revenir. Elle donne naissance à “leur“ enfant, attend son retour, encore, toujours. Déjouant tous les oracles, il revient, mais accompagné d’une autre Mme Pinkerton, authentiquement américaine. Cio-Cio San renoue avec le code d’honneur nippon : elle se donne la mort par le sabre de son

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Une vie de reine

Règne | 3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Une vie de reine

3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui l’attend après la prise de la Bastille et l’envahissement de Versailles, Marie-Antoinette revit sous la houlette de Thierry Malandain et du ballet de Biarritz, toute en finesse, en toilettes et en éventails. S’appuyant sur trois symphonies de Haydn, appelées Le Matin, Le Midi et Le Soir, le chorégraphe révèle la joie de vivre, la frivolité, l’insouciance mais aussi le désespoir d’une femme délaissée par un mari peu aimant. Marie Antoinette, le 18 novembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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Tutus et Tubas

Tchaïkovsky | Les grands ballets de Tchaïkovski, trop souvent associés à une rhétorique musicale ou chorégraphique un brin surannée, font l'objet d'un « ravalement (...)

Alain Koenig | Mardi 7 septembre 2021

Tutus et Tubas

Les grands ballets de Tchaïkovski, trop souvent associés à une rhétorique musicale ou chorégraphique un brin surannée, font l'objet d'un « ravalement complet » à l'Opéra de Saint-Étienne. Casse-Noisette, tout d'abord, dont la version « revisitée » par Duke Ellington et le Big Band du Conservatoire, entrera en compétition avec la version symphonique de la célèbre suite. Enfin, Le Lac des Cygnes, littéralement « réincarné» par le chorégraphe le plus génial de notre époque, Angelin Preljocaj. Un éblouissement. Pas de deux, par l'Orchestre Symphonique de Saint-Etienne-Loire et The Nutcracker par le Big Band du Conservatoire Massenet, le 30 novembre à 20h à l'Opéra de Saint-Etienne ; Le Lac des Cygnes de Piotr-Ilyitch Tchaïkovsky, chorégraphie de Angelin Preljocaj, le 5 février à 20h à l' Opéra de Saint-Etienne,

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Pascal Descamps, l’envie d’être ému

Portrait | A quarante-sept ans, Pascal Descamps réalise aujourd’hui pleinement sa passion pour l’écriture et la composition. Pianiste de formation, l’artiste assume tout aussi fièrement sa double culture, à mi-chemin entre la chanson et la musique classique. Deux voies dans lesquelles son talent éclate au grand jour. Créé aux Invalides à Paris en 2014, son "Requiem" est repris à l’Opéra de Saint-Étienne cet automne.

Niko Rodamel | Mardi 6 octobre 2020

Pascal Descamps, l’envie d’être ému

Notre hôte nous reçoit en début de matinée dans sa maison de Marols, village d’artistes accroché aux monts du Forez. À 865 m d'altitude, la soudaine fraîcheur de l’automne frappe aux carreaux. Au salon, la cheminée est allumée, une bûche rougit et crépite. Un parfum d'arabica plane dans l’air, le café fume en cuisine, in the morning… Une partition à la couverture bleue est posée sur le piano blanc qui occupe un bon quart de la pièce : « Pascal Descamps / Requiem pour solistes, chœur et orchestre. » Une statuette en résine de Gaston Lagaffe trône également tout près, sourire en coin, affairé à gratter les cordes de son célèbre gaffophone. Le décor est posé. On devine un garçon pétri d’humour, mais aussi sensible et pudique. Pour le comprendre, il faudrait savoir qui il est, savoir le décor de son enfance et la résonance de ses premiers accords. L’histoire débute en 1973. « Je suis né dans la banlieue lyonnaise, à Tassin-la-Demi-Lune, d’une mère stéphanoise et d’un père clermontois, mais dès ma sixième année nous sommes partis vivre à Montpellier. » Mélomanes, papa et maman écoutent a

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Saint-Marc à Saint-Pierre

Classique | Loués soient les Amis des Orgues de Saint-Pierre, association hyperactive dont le flair n'est plus à démontrer. En programmant les sublimes Vêpres de la (...)

Alain Koenig | Mercredi 4 mars 2020

Saint-Marc à Saint-Pierre

Loués soient les Amis des Orgues de Saint-Pierre, association hyperactive dont le flair n'est plus à démontrer. En programmant les sublimes Vêpres de la Vierge du génial Claudio Monteverdi en l'Eglise Saint-Pierre de Saint-Chamond, ce sont les ors de la Basilique Saint-Marc qui s'invitent en terre ligérienne. Publié en 1610, ce bijou enchâssé entre Renaissance et Baroque révèle les voix, la polyphonie, le foisonnement des thèmes et postures de la foi. Hasard ou calcul, le mystère de la genèse de l'oeuvre ajoute à son impact. Furent-elles composées dans le but d'évincer le vieux maître de chapelle de Saint-Marc, Gabrieli, mort en 1612 ? 1613, Claudio Monteverdi est nommé à ce poste. Les Vêpres sont écrites pour double choeur et la Basilique Saint-Marc possède deux tribunes. Plain-chant, polyphonie, hémioles, doubles choeurs, modulations audacieuses, ruptures, retards insoutenables, le chef d'oeuvre explore tous les domaines connus d'un 17e siècle printannier, et puise son inspiration dans les tréfonds de l'âme humaine. Pour lui redonner vie, le Département de Musique Ancienne, la classe de direction de chœurs et l'Ensemble Vocal du Conservatoire Nationa

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En passant par Niederschaeffolsheim

Classique | Composées sans doute lorsqu'il était au front, les Scènes Alsaciennes (1882) de Jules Massenet, trop rares au concert, évoquent la nostalgie de la délicieuse et (...)

Alain Koenig | Mardi 2 avril 2019

En passant par Niederschaeffolsheim

Composées sans doute lorsqu'il était au front, les Scènes Alsaciennes (1882) de Jules Massenet, trop rares au concert, évoquent la nostalgie de la délicieuse et âprement disputée province rhénane. Couplée à la Symphonie Fantastique de Berlioz, Victorien Vanoosten imprimera force et vigueur à ce menu de roi. Honneur à la musique française, jeudi 11 avril à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Les nuits sans Kim

Classique | Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, (...)

Alain Koenig | Mardi 6 mars 2018

Les nuits sans Kim

Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, interprètes fétiches de votre discothèque idéale. Mozart et Ravel ("Who else ?") au menu de cette rencontre au sommet, portée à la baguette par un autre Roi...David. Concertos pour piano / Mozart, Ravel, jeudi 29 mars à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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David Reiland en Lorraine

MUSIQUES | Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la (...)

Nicolas Bros | Lundi 2 octobre 2017

David Reiland en Lorraine

Alors qu'il entame sa troisième saison en tant que Premier Chef invité à l'Opéra de Saint-Etienne, le Belge David Reiland succédera à Jacques Mercier à la rentrée 2018 pour diriger l'ONL (Orchestre national de Lorraine). Après avoir dirigé l’Orchestre de chambre du Luxembourg de 2013 à 2017, être le chef associé de l’Orchestra of the Age of Enlightenment à Londres, cette nouvelle aventure est le prolongement de ses collaborations avec l'orchestre du nord-est de la France puisqu'il avait déjà été invité à diriger l’Orchestre national de Lorraine cn 2013, 2015 et 2017.

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A bout de "brass"

MUSIQUES | L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, (...)

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

A bout de

L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, bien sûr ! Didier Martin, Jérôme Princé, Thierry Gaillard, Nicolas Vazquez et Joël Castaingts, seront vos compagnons, dans un wagon-restaurant très "cuivré".

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Sunny weather

Jazz vocal | Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Sunny weather

Artiste charismatique et chanteuse virtuose, Youn Sun Nah ouvrira la trente-neuvième édition du Rhino Jazz(s) festival au Grand Théâtre Massenet de l’Opéra de Saint-Étienne, écrin à la mesure de son talent. Sud-coréenne de naissance mais parisienne d’adoption depuis plus de vingt ans, la diva publie presque chaque année un nouvel album depuis 2001. Sorti en 2010, Same Girl (sur lequel figure le remarquable guitariste Ulf Wakenius avec qui la mezzo-soprano se produira plus tard en duo) fut sans doute celui qui installa la belle Asiatique au rang de référence incontournable du jazz actuel. Avec son tout nouvel opus, She moves on, la chanteuse apporte sa touche jazzy et si singulièrement groovy à des titres pop-folk américains empruntés aux song-writers Joni Mitchell, Paul Simon ou Lou Reed, que viennent embrasser de nouvelles compositions emplies d’une poésie délicatement intimiste. Youn Sun Nah sera accompagnée par un quarté gagnant de pointures new-yorkaises : Jamie Saft aux claviers, Brad Jones à la contrebasse, Clifton Hyde aux guitares et Ben Perowsky à la batterie. Un nouveau répertoire pour lequel la chanteuse semble une fois de plus se réinventer. Que d

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Un coup de Mayet

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Un coup de Mayet

Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le délicieux Concertino pour flûte de Cécile Chaminade, interprété par Marianne Sabatier, bénéficie avec bonheur, de la vague de réhabilitation des compositrices du passé. De son côté, le soliste Louis-Jean Perreau, fera pleurer son archet, aux accents bouleversants du Concerto russe d'Edouard Lalo. Un concert très haut de gamme qui mérite assurément le déplacement ! Ensemble Telemann, samedi 30 septembre, à Saint-Didier-en-Velay

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Rubans bissés

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Rubans bissés

Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands du "Siècle d'Or" stéphanois, tirées de poèmes de chansonniers de la "capitale du ruban". Les mélodies de Benjamin Ledin, Henri Chausson ou "Babochi", harmonisées par les élèves des classes de composition du conservatoire, seront interprétées par le choeur Unacorda, et, cette fois-ci, illustrées et étayées par des documents d'archives (photos d'époque, vidéos). Ensemble Unacorda, Chansons de tisserands, lundi 2 octobre à 17h30 au Conservatoire Massenet

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Adriana 42

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Adriana 42

Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au répertoire des plus grandes maisons d'opéra de la planète. Sombre histoire de rivalité entre actrices à l'ego un peu exalté, grande interprète des œuvres de Corneille, la tragédienne Adrienne, égérie de Voltaire, meurt empoisonnée par des fleurs... L'opéra, malgré le kitsch de l'intrigue est un chef d’œuvre musical à découvrir absolument, particulièrement si cet art vous paraît extra-terrestre ! Adriana Lecouvreur, opéra de Cilea, du 24 au 28 janvier 2018 à l'Opéra de Saint-Etienne

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Match point

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Match point

Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de Beethoven. L'intérêt musicologique est évident, à l'occasion du bicentenaire de la mort du compositeur-vedette de la Révolution Française. Pourtant, quelques cruelles minutes suffisent aussi à réattribuer la fulgurance du génie musical. La passion enivrante de David Reiland pour Beethoven, donne des ailes à l'orchestre, et fait de cette Cinquième"un moment de pure grâce. Concert d'ouverture de saison, mardi 3 octobre à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Un festival bien "Bâtie"

Estival de la Bâtie (Loire) | Sous la bienveillante tutelle de leurs parrains attentifs, Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel, l'Estival de la Bâtie-2017 égrène son chapelet sur le département : la chasse au trésor est ouverte.

Alain Koenig | Mardi 4 juillet 2017

Un festival bien

En couplant sur une même date, création ou "revival" de chefs d'œuvres avec des titres emblématiques, testés et éprouvés, l'édition fait preuve d'une sagacité digne de ses parrains... Après avoir habilement couplé la célèbre Sérénade de Tchaïkovski, parangon de la musique tonale, avec le très lyrique Requiem de Pascal Descamps, l'union de Méhul et de Beethoven paraissait, elle aussi, tomber sous le sens. Trop rare à l'affiche de nos orchestres symphoniques, l'auteur d'Euphrosyne ou le Tyran corrigé (dont il n'est pas inutile de mentionner que le Conservatoire Massenet possède un exemplaire de 1790) fut un fervent admirateur de Beethoven, et, en cette fin de 18e siècle, le plus grand compositeur français, le premier de nos Romantiques ! Sous la voûte étoilée, la cour du château sera le tube à essai de fascinants parallèles entre les deux compositeurs. L'évocation de Maria Callas, « drama queen assolutta » de l'opéra par une autre très grande voix, Béatrice Uria-Monzon, ne devrait pas non plus manquer de... piquant. Alain Duault, infatigable réincarnation musicale d'un autre Alain (Decaux ?), devrait faire de sa narration, une odyssée à la gloir

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Un peu plus près des étoiles

Classique | À la fois auteur-compositeur, pianiste et chanteur, Pascal Descamps est un artiste sensible et inspiré, aussi à l’aise dans l’univers de la chanson (...)

Niko Rodamel | Mercredi 7 juin 2017

Un peu plus près des étoiles

À la fois auteur-compositeur, pianiste et chanteur, Pascal Descamps est un artiste sensible et inspiré, aussi à l’aise dans l’univers de la chanson française que dans celui de la grande musique. Depuis quelques années le musicien se met corps et âme au service de la musique sacrée. Après l’encourageant Rivages créé en 2011, suivront un Pater Noster, un Ave verum corpus puis un vibrant Ave Maria. Pour autant, Pascal ne délaisse en rien la chanson, continuant d’écrire paroles et musiques pour la troupe Mosaïque (Starmania en 2011 et Marvin en 2018) dans la même veine french-pop-rock que ses deux albums sortis au début des années 2000. Le Stéphanois sera cette année à l’honneur de L’Estival de la Bâtie dont il fera l’ouverture avec son œuvre la plus aboutie, un Requiem de toute beauté, aussi flamboyant qu’envoûtant, créé à Paris en 2014 aux Invalides et depuis édité par Universal Music. Le 28 juin à 20h30, en la cathédrale Saint-Charles de Saint-Étienne.

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Emmanuelle, toujours plus belle

Classique | Direction artistique de plusieurs festivals, sortie d'un nouveau CD, l'ambassadrice du violoncelle français, grande dévoreuse de kilomètres, mérite bien une pause sur la terre de son enfance, pas plus de 24 heures...

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Emmanuelle, toujours plus belle

Entre deux TGV, elle apparaît, lumineuse comme toujours, sourire radieux qui abat les montagnes et soulève les âmes, humble et vrai. L'occasion pour nous de retrouver la trépidante musicienne, qui ne s'égare jamais dans la flagornerie endémique et pailletée de la "planète classique". De son CD consacré à Saint-Saëns chez Harmonia Mundi, elle livrera au public de l'Opéra de Saint-Étienne le célèbre Premier Concerto. Toujours très impressionnant par sa redoutable virtuosité, il est aussi l'occasion pour les interprètes d'apposer leur sceau sur des enregistrements de légende. Interrogée sur ce "silence habité" précédent l'exécution d'une page aussi célèbre, elle confie : « La plupart des concertos débutent par une introduction de l'orchestre seul, un temps d'introspection pour le soliste, entrant peu à peu dans l'œuvre. Le Premier Concerto de Saint-Saëns, à l'inverse, commence à vif, sans aucune préparation. Il propulse interprète et auditeur dans le tumulte de l'œuvre, un concerto d'un seul tenant, sans interruption entre les mouvements. Un peu comme le déroulement d'une vie, comportant passion, errance ou émerveillement ! » La

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Le mépris de Godard !

Classique | Ayant enregistré cette Deuxième Symphonie de Benjamin Godard avec le magnifique Orchestre de la Radio Bavaroise de Munich, David Reiland réhabilite ce (...)

Alain Koenig | Mercredi 1 février 2017

Le mépris de Godard !

Ayant enregistré cette Deuxième Symphonie de Benjamin Godard avec le magnifique Orchestre de la Radio Bavaroise de Munich, David Reiland réhabilite ce compositeur français, à la postérité injustement fragile, et nous offre un très beau CD, vivement recommandé au mélomane. La veine créative est fluide, la sensibilité indubitablement romantique, et l'on s'étonne du peu d'intérêt pour cette musique de nos grands programmateurs institutionnels. Remercions donc le Premier Chef invité de l'Orchestre Symphonique Saint-Étienne-Loire de nous gratifier d'une vraie première musicale à Saint-Étienne. L'œuvre n'a pas à rougir d'être sur le podium aux côtés du Triple Concerto de Beethoven ou du poème symphonique de César Franck Le Chasseur Maudit. Cette "musique à programme", aux accents berlioziens, inspiré d'un poème de Bürger, relate les déboires et tourments spirituels du Comte du Rhin, parti pour la chasse, malgré les objurgations des cloches du village à respecter le sabbat dominical... Tout un programme donc ! AK

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La Voix du Mort

Opéra | Le Requiem de Mozart reprendra vie du côté de l'Opéra de Saint-Étienne en ce début de mois de janvier avec un très beau casting vocal sous la direction de David Reiland. Une occasion bénie de revenir sur les clichés véhiculés autour de cette oeuvre mais aussi et surtout de la réécouter.

Alain Koenig | Mercredi 4 janvier 2017

La Voix du Mort

Reprise d'une pièce du grand Pouchkine par Peter Schaffer, Amadeus de Milosz Forman, perpétue un aguichant scénario policier, aussi mince historiquement qu'une augmentation de salaire de la fonction publique. Grand buzz de la musique classique, ce "Petits Meurtres entre compositeurs" véhicule tous les clichés des mythes héroïques. D'éminents musicologues (dont la stéphanoise Florence Badol-Bertrand) y apportent un catégorique démenti : Mozart est mort dans la misère totale. Faux ! "Panier percé" assurément, mais compositeur admiré et reconnu, il venait de créer La Clémence de Titus pour le couronnement de Leopold II et La Flûte Enchantée. Salieri était un compositeur frustré, besogneux, jaloux compulsif de Mozart. Archi-faux ! Nommé compositeur de la cour en 1774, il connut des succès retentissants, comme Les Danaïdes. Il se vit même confier l'éducation musicale du fils de Mozart par sa veuve. Une mère confierait-elle son fils à l'assassin, même présumé, de son époux ? Reste pourtant un très beau film... La mort aux trousses 1791, course désespérée de Mozart contre l'inévitable ! Catalyseur inachevé de la musique européen

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Requiem for a dream

MUSIQUES | Le compositeur stéphanois Pascal Descamps nous revient mi-septembre à la Collégiale de Montbrison, avec son immense Requiem, oeuvre récemment signée chez Universal, avant d'aller proposer en novembre prochain ses Poèmes étoilés sous la voûte du domaine architectural Le Corbusier de Firminy, tout juste classé à l'UNESCO. Histoire d'un artiste d'exception.

Nicolas Bros | Mercredi 7 septembre 2016

Requiem for a dream

S'il existe des moments musicaux d'exception, des pièces qui vous transportent dès les premières notes, la musique sacrée composée par le Stéphanois Pascal Descamps fait assurément partie de cette catégorie. Tout en douceur et en délicatesse, ce passionné sait mieux que quiconque la valeur du travail en musique mais également de la puissance de la poésie tonale. Accumulant les prix dès sa plus tendre jeunesse, depuis le conservatoire jusqu'à un premier prix d’excellence au concours national de piano Madeleine de Valmalète, Pascal Descamps a continué à naviguer, avec toujours pour fil conducteur de transmettre des émotions à travers les mélodies, les mots et les notes. Lorsqu'il s'engage en 2011 dans un cycle de création consacrée à la muisique sacrée avec une première oeuvre majeure : la messe Rivages puis un Pater Noster, un Ave maria et un Ave verum corpus, le compositeur impose un style et connaît un succès mérité. Mais c'est surtout grâce à son Requiem, composé en 2013 et parrainé par un autre pianiste émérite, un certain Pascal Amoyel, que cet artiste lyrique à l’Opéra de Saint-Étienne, pianiste et chef de chant

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Ultra « Violette »

MUSIQUES | Piano-chant flétri par les ans, "Violetta", version française de la "Traviata", aurait pu rester en jachère sur les étagères de la médiathèque du conservatoire. C'était sans compter sur le sens inné du revival de Robert Parize et de ses talentueux acolytes lyriques ! Alain Koenig

Alain Koenig | Mercredi 31 août 2016

Ultra « Violette »

En s'engageant dans son projet d'élève, le metteur en scène Robert Parize, qui s'était déjà affirmé comme une vraie pointure dans Cendrillon de Pauline Viardot, s'élance, à l'assaut d'un véritable sanatorium. Cette Traviata, en version française, ressuscitée avec la fraîcheur des alpages et beaucoup de second degré, devient, avec la complicité de la musicologue Florence Badol-Bertrand, son trésor de guerre. Il décape le blockbuster planétaire de Verdi, dans sa délicieuse traduction d'Édouard Duprez, très Salle Favart, subtilement surannée : « L'amour m'enivre, je veux te suivre...Bientôt fraîche et plus jolie, la rose à ton front renaîtra... ». Il faut dire que la distribution, présentée lors d'une très opportune sortie de résidence, est un sans faute ! Ultra-chic Amélie Grillon, que les amoureux de belles voix connaissent bien, s'impose comme une évidence vocale et scénique dans ce rôle si périlleux où tant de sopranos lyriques se sont abîmées. Aurélien Raymond, Rodolphe (Alfredo) ténor de charme est tout aussi convaincant que sa contrepartie féminine, tandis qu'il incombe à François Gauthier la lourde charge d'incarner le truche

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By the rivers of Babylon

MUSIQUES | Opéra-tremplin pour le jeune Verdi que ce Nabucco, créé à La Scala en 1842. De puissants ingrédients, savamment mêlés, projettent le jeune compositeur de (...)

Alain Koenig | Mardi 31 mai 2016

By the rivers of Babylon

Opéra-tremplin pour le jeune Verdi que ce Nabucco, créé à La Scala en 1842. De puissants ingrédients, savamment mêlés, projettent le jeune compositeur de l'ombre à la lumière. Sur un livret de Solera se déroule le drame de l'exil des hébreux à Babylone, sur fond d'amours entrelacées, de filiations trahies et de conversion subite à l'humanisme de Nabuchodonosor. Rencontre d'un compositeur avec l'humeur de ses congénères, l'ouvrage deviendra vite l'étendard derrière lequel se rallieront les partisans de l'unité italienne. Le chœur des esclaves hébreux, se remémorant leur tendre Jérusalem - « Va pensiero » - incarnera l'hymne de toute une nation pour se libérer du joug autrichien. Dans un casting de haute tenue (A. Heyboer, N. Cavallier, M. Karall, J.-N. Briend), Cécile Perrin, absente de Saint-Étienne depuis 2009, nous revient en Abigaïlle aux forces vocales décuplées. Elle redéfinira avec musicalité le terme puissance lyrique pour les oreilles parfois somnolentes des abonnés du parterre. Cet opéra, qui n'est pas sans receler quelques invitations à la pause apéritive, dévoilera, sous la baguette magique de David Reiland, ses plus beaux atours. Alain Koen

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Ultra « Violette »

MUSIQUES | Piano-chant flétri par les ans, Violetta, version française de la Traviata, aurait pu rester en jachère sur les étagères de la médiathèque du conservatoire. C'était sans compter sur le sens inné du revival de Robert Parize et de ses talentueux acolytes lyriques ! Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 5 avril 2016

Ultra « Violette »

En s'engageant dans son projet d'élève, le metteur en scène Robert Parize, qui s'était déjà affirmé comme une vraie pointure dans Cendrillon de Pauline Viardot, s'élance, à l'assaut d'un véritable sanatorium. Cette Traviata, en version française, ressuscitée avec la fraîcheur des alpages et beaucoup de second degré, devient, avec la complicité de la musicologue Florence Badol-Bertrand, son trésor de guerre. Il décape le blockbuster planétaire de Verdi, dans sa délicieuse traduction d'Édouard Duprez, très Salle Favart, subtilement surannée : « L'amour m'enivre, je veux te suivre...Bientôt fraîche et plus jolie, la rose à ton front renaîtra... ». Il faut dire que la distribution, présentée lors d'une très opportune sortie de résidence, est un sans faute ! Ultra-chic Amélie Grillon, que les amoureux de belles voix connaissent bien, s'impose comme une évidence vocale et scénique dans ce rôle si périlleux où tant de sopranos lyriques se sont abîmées. Aurélien Raymond, Rodolphe (Alfredo) ténor de charme est tout aussi convaincant que sa contrepartie féminine, tandis qu'il incombe à François Gauthier la lourde charge d'incarner le truche

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Anagramme folklore et renouveau

SCENES | La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 avril 2016

Anagramme folklore et renouveau

La Palestine évoque un pays ravagé par la guerre. On est donc un peu surpris de voir de larges sourires sur les visages rayonnants des dix jeunes danseurs palestiniens autodidactes bondissant avec une vitalité débordante, emportés dans une danse jubilatoire et fédérative à la croisée de différents arts : danse contemporaine, hip-hop, cirque, capoeira, musique live, théâtre, arts visuels qui viennent métisser la dabke, danse folklorique pratiquée lors des mariages et autres festivités. Le titre du spectacle Badke est l'anagramme de dabke (coup de pied). Une inversion pour renverser la vision qu'on porte sur la Palestine. Les danseurs tendent tous les mains devant eux, geste invitant au partage et à la joie de danser ensemble malgré la guerre. Réponse par la danse à la dureté du monde actuel auquel Badke donne un coup de pied et offre une image différente de la Palestine dans un spectacle qui a un impact émotionnel très fort. Monique Bonnefond Badke, vendredi 15 et samedi 16 avril à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Bel est Sébastien...

MUSIQUES | Menant sa carrière avec passion, patience et sagacité, Sébastien Guèze, ayant conquis le monde, revient à Saint-Étienne, en « ténor frémissant », comme il lui plaît de se définir. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 1 mars 2016

Bel est Sébastien...

En consultant le calendrier très chargé de votre carrière "exponentielle", un rôle semble vous coller à la peau : Rodolfo... Pour vous avoir entendu dans la production de Bordeaux avec Nathalie Manfrino, ainsi qu'à Saint-Étienne, on dirait que Puccini l'a écrit pour vous sur mesure... Mais est-ce le ressenti de l'interprète ? N'y-t-il pas un risque à être identifié à un rôle ? J'ai chanté Rodolfo dans une quinzaine de productions à ce jour, et avec le recul, je suis moi-même surpris de ce nombre. Sur dix ans de carrière avec les autres rôles au milieu, cela me semble intense. Mais c'est une grande histoire d'amour depuis le début. Je me souviens précisément de la première fois où on me l'a proposé ; je n'y croyais pas. Pour moi, ce rôle était le grand rôle du répertoire de ténor, à chanter un jour, le "tube" incontournable. Et cela m'arrivait: c'était incroyable ! Je sortais du conservatoire, je venais d'être primé au concours Opéralia Placido Domingo, je marchais dans les rues de Paris, il était 18h, j'allais voir un spectacle à Bastille, et soudain un coup de téléphone. Mon agent me dit : « veux tu chanter Rodolfo à l'Opéra d'Athènes dans u

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée à l'Opéra de de Saint-Étienne. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 janvier 2016

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin 2014 du festival de l'Espace Gerson à Lyon, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations profession

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