5 concerts à ne pas manquer

Nicolas Bros | Mardi 5 septembre 2017

Photo : Le groupe Las Aves © Molisanti


Electro-pop turbulente

Comme à l'accoutumée, il y aura du beau monde sur la scène du festival Bois Noirs, niché dans la commune de Saint-Jean-La-Vêtre à quelques encablures de Noirétable. Aux côtés de Rebeka Warrior (moitié de Sexy Sushi) se trouve Las Aves, un des duos pop au son parmi les plus intéressants du moment. Formé à Toulouse, le quatuor a imposé en 2016 un très bon album au nom improbable : Die in Shangaï. Proposant une flopée d'envolées électro-hip-hop ravageuses, ce premier opus concentre toute l'essence de ce groupe à la croisée entre M.I.A. et Crystal Castles. À découvrir absolument sur scène.

Las Aves, vendredi 8 septembre à Saint-Jean-la-Vêtre (dans le cadre du festival Bois Noirs)


À l'extrêmité des peurs contemporaines

C'est un OVNI musical dans le paysage musical français. Formé en 2008 par l'écrivain Arnaud Cathrine et le chanteur Florent Marchet, Frère Animal avait envoyé un premier pavé dans la mare à l'époque. Narrant la souffrance de Thibault, un employé maltraité par son usine, à tel point qu'il y mettra le feu. Avec Second Tour, sorti quelques mois avant l'élection présidentielle de 2017, la fable basée sur les questions sociales a repris de plus belle, avec pour acteurs principaux les vapeurs politiques extremistes nauséabondes, la misère sociale et les peurs. Le résultat est une pièce musicale unique, engagée et diablement efficace.

Frère Animal, samedi 18 novembre à 20h30 à l'Opsis (dans le cadre des Oreilles en Pointe)


L'Aube éternelle

Malgré le départ en 2014 de Francesco Tristano, Aufgang a refait surface deux ans plus tard avec un magnifique troisième album : Turbulences. Enchaînant les titres tous aussi efficaces les uns que les autres, le duo formé de Rami Khalifé (piano) et Aymeric Westrich (batterie) a repris le flambeau, semblant lâcher un peu plus la bride et explorant une palette de sons et influences vertigineusement copieux. Electro dosée, pop mélodique, souffles d'Orient solaires... la musique d'Aufgang est difficile à décrire. Mieux vaut les voir en live.

Aufgang, mardi 28 novembre à 20h30 aux Mardis du Grand Marais à Riorges


Rone, cette valeur sûre

Nous n'avons pas encore écouté son nouvel album Mirapolis, qui sortira en octobre prochain. Mais on peut compter sur Rone, ou Erwan Castex, qui, sans surprise, sort à chaque fois des bombes sonores. À l'image de ce qu'étaient ses deux précédents opus Tohu Bohu et Creatures, le prochain sera sans doute un nouveau bel effort. Après une belle performance au dernier Rock en Seine (quoiqu'un peu courte...) son live sera fignolé et forcément immanquable en fin d'année, lors de son passage stéphanois.

Rone, samedi 9 décembre à 21h au Fil


De Cayenne à Ottawa

Medhi Cayenne fait partie de ces innombrables artistes francophones de qualité au Canada. De l'autre côté de la "flaque", il existe en effet une scène de "chanson" francophone parmi les plus actives. Medhi Cayenne en est un des fiers représentants, vivant actuellement à Ottawa après Montréal. Avec sa musique folk rock où le groove côtoie les textes bien ciselés et sans fioritures, l'artiste canadien impose son style énergique. Sans prétendre changer le monde et loin d'une mélancolie parfois un peu trop prégnante dans la chanson, Medhi Cayenne réussit le pari de divertir sans lourdeur.

Medhi Cayenne, mardi 16 janvier 2018 à 19h au Théâtre des Pénitents de Montbrison (dans le cadre des Poly'Sons)


Las Aves + Mont Analogue + Magic & Naked

+ proj. "MOTR (Music On The Road)" de Yann Le Gruiec & Benoît Pergent
Le Pragniot Centre Saint-Jean-la-Vêtre
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Boule + Frère Animal


Centre Culturel L'Opsis Place Jean Jaurès Roche-la-Molière
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Scampi + Aufgang + Dj Xspiritmental

Salle du Grand Marais 439 avenue Galliéni Riorges
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rone + Leska + Poto Feu event

Le FIL 20 boulevard Thiers Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Mehdi Cayenne + Bonbon Vodou

Théâtre des Pénitents Place des Pénitents Montbrison
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Que la fête continue (ou reprenne) !

Edito | C’est une rentrée presque normale. Les saisons culturelles sont présentées à tour de rôle, les concerts reprennent, les terrasses sont encore ouvertes… Certes, (...)

Nicolas Bros | Mardi 7 septembre 2021

Que la fête continue (ou reprenne) !

C’est une rentrée presque normale. Les saisons culturelles sont présentées à tour de rôle, les concerts reprennent, les terrasses sont encore ouvertes… Certes, il faut son pass sanitaire mais l’offre est bel(le) et bien là. L’éclaircie semble de mise – après un été bien pourri, c’est appréciable. Et elle doit avant tout nous rappeler combien il est plaisant de pouvoir profiter d’un ensemble de propositions aussi diverses et variées que celles que vous trouverez dans ce numéro 97, guide panoramique de votre saison culturelle. Un numéro qui marque également un changement dans les rangs du Petit Bulletin stéphanois, avec l’arrivée d’une nouvelle rédac’chef. C’est Cerise Rochet, que vous lisiez déjà dans nos colonnes, qui reprend le flambeau de ce beau mensuel. Bonne lecture, et bonne rentrée à tous !

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Virginie Tournebise, Auteure stéphanoise

Article Partenaire | Ancienne joueuse de tennis professionnelle, la Stéphanoise Virginie Tournebise a entamé à l’aune de ses 40 ans une formation en ferronnerie d’art et coutellerie, à l’atelier Foultier de Pont-Salomon. Un apprentissage dont elle tire aujourd’hui un ouvrage photographique accompagné de textes en fragments, Traverser. Elle signera lors de la prochaine Fête du Livre sur l'Espace Littérature locale et régionale à la Bourse du Travail, tout nouveau site de l’événement. Là-bas, on pourra découvrir chaque auteur grâce à une lecture et un entretien. L'ambiance y sera très amicale, le lieu jouxtant les Halles Mazerat, qui proposeront elles aussi de l'excellence, mais en nourritures terrestres. En référence au fil rouge design de l’édition 2021 et à quelques semaines de la Fête du Livre, rencontre, avec une sportive qui exprime ce qu’elle a dans le cœur.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Virginie Tournebise, 

Auteure stéphanoise

Virginie, pouvez-vous nous expliquer comment on passe du tennis à la forge et à la coutellerie ? Cela paraît surprenant… En réalité, ça ne l’est pas tant que ça. Lorsque j’ai quitté les courts, j’ai intégré le monde salarial, mais en travaillant toujours en lien avec le tennis : j’étais directrice d’une société de construction et d’entretien de terrain de tennis. Puis, j’ai eu envie d’être à mon compte, et j’avais besoin de quelque chose de manuel. Les sportifs ont besoin de beaucoup de choses je crois, ils sont curieux. En tout cas, moi, je le suis ! J’ai choisi la forge parce que je voulais créer, et puis pour le geste. Comme dans le tennis, ce métier sollicite le bras, la main, je savais que je pourrais retrouver des sensations assez proches de ce que j’avais connu comme joueuse de tennis. Mais j’ai aussi le sentiment que ce métier est venu à moi, au moins autant que je ne suis venue à lui. Il s’agit également d’un métier ancestral, et, on peut le dire, en voie de disparition. Est-ce que ce facteur a joué dans votre décision ? Il est vrai que d’une certaine manière, à 40 ans, j’avais envie d’un certain retour a

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5 coups de maîtres

Panorama expos 20/21 | Au train où vont les choses Daniel Sygit s’intéresse à l’univers des gares, attirant notre attention sur la poésie banale que l’on ne sait plus voir. La (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

5 coups de maîtres

Au train où vont les choses Daniel Sygit s’intéresse à l’univers des gares, attirant notre attention sur la poésie banale que l’on ne sait plus voir. La vie du rail est duraille pour les cheminots. Mais pour les voyageurs, le temps s’égrène au fil des longs moments d’attente qui figent les silhouettes. Puis tout s’accélère, le mouvement collectif de la fourmilière reprend à la seconde où les affichages sont mis à jour. Vite, trouver son quai, soulever son sac, traîner sa valise, attraper son train. Daniel Sygit peint comme il regarde le monde, le sien, le nôtre, avec un réalisme bluffant et une bienveillance qui prend son temps. Daniel Sygit, U-topies, du 15 octobre au 14 novembre, galerie Giardi à Saint-Étienne Matrice À la fois atelier de sérigraphie et showroom, Estampille est un lieu à découvrir sous les arcades de l'Hôtel de Ville. Du 16 octobre au 5 novembre y sera présentée L'Anthracite, une collection inédite de cinq coffrets entièrement manufacturés et imprimés en sérigraphie d'art, tirés à quarante exemplaires chacun et proposés à 160 € pièce. Chaque coffret est différent et renferme une sél

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Nos 5 voyages musicaux

Panorama sono mondiale 20/21 | Bossa nova revival Figure engagée de la pop brésilienne, Lucas Santtana opère sur son huitième album un étonnant retour aux sources, alignant dix titres (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Nos 5 voyages musicaux

Bossa nova revival Figure engagée de la pop brésilienne, Lucas Santtana opère sur son huitième album un étonnant retour aux sources, alignant dix titres acoustiques imprégnés d’une bossa nova très fifties, dans un mood intime guitare-voix franchement éloigné des habillages électro auxquels l’artiste nous avait habitué. Mais derrière cette impression de sentimentalisme, transparait un vrai discours politique : Santtana murmure pour mieux se faire entendre dans un monde qui hurle, dénonçant les travers d’un Brésil bolsonarien à la dérive. Lucas Santtana, samedi 10 octobre à 20h30, Théâtre Quarto à Unieux Colombiana Né de la rencontre entre deux musiciens ardéchois (Samantha Guerry à l’accordéon, Vincent Landelle à la contrebasse) et deux chanteurs-percussionnistes colombiens (Mario Vargas, Simon Reina), Curuba Cumbia joue une musique festive 100 % colombienne. Rural et moderne à la fois, le répertoire du quartet s’appuie sur des chansons qui là-bas circulent et se perpétuent de villages en villages, relatant des histoires du quotidien. Des Caraïbes à la côte pacifique, le groupe nous fait traverser la Colombie au

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Nos 5 notes bleues

Panorama jazz/blues 20/21 | Ivre de soul Avec pas moins de trente-cinq concerts annoncés mais aussi de la photo, du cinéma et des conférences, la 42ème édition du Rhino (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Nos 5 notes bleues

Ivre de soul Avec pas moins de trente-cinq concerts annoncés mais aussi de la photo, du cinéma et des conférences, la 42ème édition du Rhino Jazz(s) promet deux belles semaines de festivités. Nous retrouverons notamment la chanteuse canadienne Kellylee Evans, accompagnée du guitariste Hervé Samb, du bassiste Stéphane Castry et du batteur martiniquais Tilo Bertholo. Douée d’une présence scénique ravageuse, Kellylee évoque les coups durs traversés et sa rage de vivre sur fond de sons électros, de jazz, de soul et de groove, dans l'esprit cher à la Motown. Kellylee Evans, vendredi 16 octobre à 20h30, salle Aristide Briand à Saint-Chamond Charlie par coeur L’équipe de Canal Jazz reprend du service dans l’écrin du superbe Théâtre de Roanne, avec notamment la venue du trio Un Poco Loco. Pour sa nouvelle création, le tromboniste Fidel Fourneyron revient, avec la musique de Charlie Parker, à ses premiers amours. Avec ses acolytes Sébastien Beliah (contrebasse) et Geoffroy Gesser (saxophone tenor, clarinette), Fourneyron rend hommage à un monstre du jazz, opérant un vrai travail d’orfèvre dans la réappropriation des t

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5 pas de danse

Panorama danse 20/21 | Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude (...)

Cerise Rochet | Mercredi 9 septembre 2020

5 pas de danse

Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude Pietragalla, seule en scène, livre sa vie, son rapport à la scène, aux personnages qu’elle a incarnés, à la musique, à ses partenaires, au public… Voyage intime autobiographique, cette expérience sensorielle unique, presque totale, mêle le travail du corps à des textes inédits et dévoile, tout en poésie, l’empreinte inaltérable que laisse la danse derrière son passage. La Femme qui danse, le 6 octobre à l’Opéra de Saint-Etienne Hallelujah Il avait donné son accord, à la création de ce programme. 4 ans après sa disparition, sans doute l’immense Leonard Cohen tirerait-il son chapeau à ceux qui aujourd’hui lui rendent hommage. Conçu comme un portrait de l’artiste découpé en 5 saisons, telles les 5 cycles de l’existence, Dance me s’apprécie comme un dialogue entre la voix grave du maître, et la technicité des 15 danseurs virtuoses du BJM. So artistic, so chic, so iconic… So Cohen. Dance me, vendredi 4 décembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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"Pinocchio" : Billot-pic d’une tête de bois

Enter the VOD | Cela se voyait comme le nez au milieu la figure : le Pinocchio de Matteo Garrone allait être le grand film d’art et d’essai familial des vacances de Pâques au cinéma. Les événements auront fait mentir cette prédiction : il sera celui de la rentrée de mai. Dans votre salon…

Vincent Raymond | Mercredi 6 mai 2020

Italie, dans un XIXe siècle parallèle. Geppetto, brave et pauvre menuisier, sculpte dans une bûche magique un pantinturbulent qu’il baptise Pinocchio. Celui-ci va s’animer, accumulant les bêtises, avant de s’enfuir, incapable de céder à ses envies naïves. Mais sa bonne fée veille… Transposer Pinocchio pour un cinéaste italien revient de notre côté des Alpes à porter à l’écran Les Misérables : au prestige du roman dans la culture nationale et internationale s’ajoute le poids des devanciers ayant voulu donner leurs vision et images d’un texte aussi emblématique. Difficile, donc, de se ménager une place. Sauf si l’on a les arguments et la légitimité. Il n’échappera à personne que Matteo Garrone dispose des arguments artistiques et techniques, autant que de légitimité pour entreprendre un conte dont le protagoniste est, une fois encore après Dogman ou Reality, un candide. Un être simple à la croisée de deux mondes ; celui des rêves dans lesquels il se figure être et celui de la réalité où il évolue — l’enje

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Janvier : On s’émancipe ?

Panorama ciné | Changement d’année, remise à zéro des compteurs, attente du printemps… Dans l’air flotte comme une envie de se débarrasser de ses vieux oripeaux ; de s’affirmer parmi le groupe dans toute son identité et sa singularité. Avec plus ou moins de bonheur sur les écrans…

Vincent Raymond | Mercredi 8 janvier 2020

Janvier : On s’émancipe ?

Une fois n’est pas coutume, c’est avec un trio de courts métrages jeune public d’une stupéfiante qualité graphique que l’on débutera notre panorama. Donnant son titre au programme, L'Odyssée de Choum (29 janvier) nous fait suivre le parcours d’une petite chouette à peine éclose recherchant l’œuf lui tenant lieu de frère ou de sœur, emporté par une tempête. Une histoire tendre et enlevée, où l’on perçoit chez le réalisateur Julien Bisaro tant l’influence des maîtres nippons contemporains que l’affirmation d’un style autonome. Très prometteur. Autre histoire de fratrie, Waves (même date). Les ambitions de Trey Edward Shults sont manifestes : illustrer la théorie des dominos en l’appliquant à une famille où la pression paternelle exercée sur le fiston, apprenti lutteur, va provoquer une cascade de drames. Volontiers démonstratif — et surtout, répétitif — dans son arsenal stylistique qui multiplie panoramiques circulaires en milieu clos et effets clinquants, Shults s’offre cependant une belle séquence abstr

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Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Portrait | Commissaire principale de la Fête du Livre de Saint-Etienne, Isabelle Rabineau est du genre à n'en faire qu'à sa tête. Jamais à cours d'envies, toujours pleine d'idées, elle bouscule et révolutionne tout ce qu'elle touche... Et le meilleur, c'est que ça marche.

Cerise Rochet | Mardi 1 octobre 2019

Isabelle Rabineau, Poupée punk du livre

Elle porte la frange courte et le rouge à lèvres rosé, le perfecto de cuir et la jupe cintrée, les ongles vernis et les talons carrés. Gamine, elle était bonne élève, mais faisait ses devoirs « n'importe comment », durant l'interclasse ou à la récré. Commissaire à la voix douce, passionnée de culture et de foot, rêveuse déterminée, Isabelle Rabineau est une tout-et-son-contraire, une hors-cadre, une faiseuse-de-ponts. Elle a 18 ans, lorsque, bac en poche et raide dingue d'un peintre, elle quitte son Strasbourg natal pour le rejoindre dans la capitale, lecture et écriture chevillées au corps. Là-bas, la brillante littéraire suit des cours à la Sorbonne, tout en multipliant les petits boulots pour remplir le frigo. Elle atterrit à Beaubourg, où elle remet les livres en place, sur les étagères. Un « début de quelque chose » qu'Isabelle évoque aujourd'hui avec des papillons dans les yeux : « Ça m'a beaucoup aidée, de comprendre ce que lisaient les gens. Et puis, j'étais tellement fière, je travaillais à Beaubourg, c'était fou. » De rencontre en rencontre, elle collabore ensuite à l'écriture du magazine de psychanalyse L'Âne, di

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Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman | Un brave toiletteur pour chiens et une brute qui le traite pis qu’un chien sont au centre de Dogman, le nouveau conte moral de Matteo Garrone. Une histoire italienne d’aujourd’hui récompensée par le Prix d’interprétation masculine à Cannes pour Marcello Fonte.

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman est inspiré d’un fait divers ? MG : Oui, il s’est déroulé à la fin des années 1980, et il est très célèbre en Italie parce qu’il a été particulièrement violent. Mais je tiens à dire qu’on s’en est très librement inspiré : on l’a retravaillé avec notre imagination. Il n’a jamais été question de reconstruire dans le détail ce qui s’était passé. On a également changé la fin, puisque Marcello est un personnage doux, incapable de violence. Dans le film, il agit par légitime défense, non par préméditation. Je suis particulièrement content que le film soit présenté dans un pays où ce fait divers n’est absolument pas connu : le spectateur idéal, c’est celui qui verra ce film sans avoir cette histoire en tête et sans comparaison avec la réalité. En Italie, le film a un peu souffert de ce fait divers — en tout cas au début. Certains spectateurs se disaient « ça va être extrêmement violent, donc je n’irai pas le voir ». Ensuite, le bouche-à-oreille l’a aidé. En fait, la violence

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"Dogman" : Un chien de sa chienne

Drame | de Matteo Garrone (It., int. -12 ans, 1h42) avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria… Sortie le 11 juillet

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Toiletteur pour chiens dans une cité délabrée, Marcello la bonne pâte devient le larbin d’une brute toxicomane terrorisant le quartier, Simoncino, lequel ne manque pas une occasion d’abuser de sa gentillesse. Mais après une trahison humiliante de trop, le frêle Marcello réclame son dû… « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » Blaise Pascal pressentait-il le décor de Dogman en rédigeant ses Pensées ? Vaste étendue ouverte sur une non moins interminable mer, cette scène rappelle l’agora de Reality, ce microcosme dans lequel une kyrielle de drames peut éclore et se jouer aux yeux de tous ; chacun étant libre d’ouvrir ou de fermer les yeux sur ce qui se déroule sous ses fenêtres. Et de se claquemurer dans une passivité complice, surtout, quand un fou-furieux a fait du secteur son espace de jeu. Mettre au ban une de ses victimes, la plus inoffensive (en l’occurence le serviable Marcello) tient de la pensée magique ou de l’exorcisme : en se rangeant implicitement du côté du bourreau, on espère

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De la croissance et du bonheur

Culture scientifique | Laurie Bréban, maître de conférences en sciences économiques à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste de "l'économie du bonheur" est invitée aux côtés d'Axelle Bonhomme, psychologue à Sorbiers, pour un café science & philo assez inédit autour du lien entre "Bonheur & Science". L'occasion de voir en quoi consiste exactement l'économie du bonheur.

Nicolas Bros | Mardi 28 novembre 2017

De la croissance et du bonheur

Est-ce que vous pourriez nous rappeler votre parcours universitaire et de recherche qui vous a mené à vous intéresser à "l'économie du bonheur" ? Pour être plus précise, je suis économiste spécialisée de l'histoire des pensées économiques. J'ai fait des études d'économie assez "standards". Arrivée à ma quatrième année d'études, je trouvais que l'économie, telle que l'on nous l'enseignait, était une discipline un peu froide... Il manquait une dimension humaine qui m'avait poussée à m'intéresser à l'économie au lycée. Mais j'ai eu la chance d'assister à un cours à l'université Paris I, qui portait sur l'histoire de la pensée économique et notamment sur Adam Smith. Ce dernier est considéré aujourd'hui comme celui qui a fondé l'économie, alors qu'il était avant tout un philosophe. Je me suis aperçue que l'économie était une discipline où les actions humaines jouent un rôle prépondérant via les échanges mais également les interactions sociales, morales, etc. J'ai donc décidé de faire une thèse en histoire de la pensée économique et plus particulièrement sur Adam Smith. Ce qui m'intéressait au départ, ce n'était pas le bonheur en particulier, mais un ouvrage où

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Rone : "Faire un album plus solaire"

Electro | Le funambule électronicien Rone est de retour avec "Mirapolis", un quatrième album plus coloré et aux sons mêlant encore davantage électronique et organique. Sublimé par une pochette et un univers dessiné par Michel Gondry, cet opus est une envolée dans les méandres d'une ville magique où Erwan Castex (vrai nom de Rone) nous guide.

Nicolas Bros | Mardi 28 novembre 2017

Rone :

Mirapolis est beaucoup moins sombre que Creatures, votre opus précédent. Pourquoi un tel changement ? Il y a une part d'inconscient là-dedans. Les compositions sont très liées à des périodes de ma vie. Pour Creatures, je traversais un moment un peu difficile et je pense que cela a déteint sur ma musique. En commençant Mirapolis, je souhaitais faire un album plus solaire car je m'étais rendu compte qu'il existait une certaine noirceur dans Creatures. Mais je ne suis finalement pas totalement maître de cela. Quand je compose, je me laisse porter par la musique. Le résultat peut inclure de la mélancolie. D'ailleurs, Mirapolis contient tout de même une grande part de mélancolie... Oui, mais je pense que ce disque est plus contrasté que le précédent. Il possède quelque chose de mélancolique tout en tirant vers le haut, en étant plus joyeux. Vous vous êtes encore entouré de nombreux artistes dont Saul Williams, Baxter Dury ou John Stanier (B

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Encore en corps, mes très chairs !

ECRANS | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

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Encore en corps, mes très chairs !

Panorama ciné octobre | Morte saison pour la nature, l’automne est au contraire celle d’une insolente éclosion de nouveautés dans les salles — avec le risque pour certaines de finir précocement au tapis. Une vigueur marquée par une étrange surreprésentation de corps exclus, usés ou en lambeaux…

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Encore en corps, mes très chairs !

On commence par le toujours aussi jovial Michael Haneke, convoquant dans Happy End (4 octobre) une pré-ado matricide et un grand-père traîne-la-patte désireux de se faire euthanasier pour éviter de choir dans le gâtisme, le tout au milieu d’une grande famille du Calaisis. Dans le rôle du patriarche appelant la mort, Trintignant joue une extension de son personnage de Amour — il y fait explicitement allusion. Hélas le film ressemble à du Haneke en kit : si les comédiens et thèmes moraux/dérangeants habituels sont là, manque un liant : la durée obstinée des plans. Privé des longues séquences de tension faisant l’ordinaire si perturbant du cinéaste autrichien, Happy End paraît superficiel et anecdotique. The Square de Ruben Östlund (18 octobre) a dû absorber la substance vitale hannekienne. Loin d’être d’une parfaite homogénéité ni une réussite indiscutable, la Palme d’Or 2017 (attribuée par défaut ?) recèle deux de ces séquences aptes à plonger le public dans une situation malaisante : les deux commencent par un sourire et s’achèven

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Frère Animal, la fable musicale qui fait mal

MUSIQUES | Formé en 2008 par le musicien Florent Marchet et l'écrivain Arnaud Cathrine, Frère Animal est un OVNI dans le paysage musical français. Après avoir jeté un premier pavé dans la mare avec un premier roman musical éponyme, le projet a repris vie en 2016 à l'occasion de la Présidentielle. Intitulé Second Tour, cette nouvelle fable pop balance et fait réfléchir même après le résultat sorti des urnes. Rencontre avec deux artistes investis.

Nicolas Bros | Mardi 3 octobre 2017

Frère Animal, la fable musicale qui fait mal

En 2008, quelle a été la motivation initiale du projet Frère Animal ? Florent Marchet : Avant tout, il y avait le fait de faire quelque chose avec Arnaud. Nous nous sommes rencontrés en 2004 et avons rapidement commencé à effectuer des lectures musicales, mélangeant des extraits de romans d'Arnaud à mes créations musicales. Cela a bien fonctionné. Parallèlement, nous nous sommes rendus compte que nous arrivions à écrire ensemble, ce qui n'est pas si évident car ce n'est pas facile de partager l'écriture. C'est très intime comme processus de création. Du coup, nous avons eu envie d'aller plus loin. Quelle a été la raison de ce Second Tour ? Arnaud Cathrine : Il y a deux choses qui entrent en jeu. Dans le premier volet, pour aller au bout de la tournée, nous avons appelé à rescousse Nicolas Martel et Valérie Leulliot. Au fil des dates, nous sommes vraiment devenus un groupe. Au départ, c'est Florent qui assumait la musique live, aidé par quelques bandes sons. Mais nous nous sommes vite rendus compte que si nous voulions passer un pallier en terme de live, il allait falloir que tout le monde s'y mette. Valérie s'es

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AbraKadabra

Panorama Sono Mondiale 17/18 | À la croisée des folklores russo-ukrainiens et des musiques actuelles, le groupe DakhaBrakha est un OVNI musical qui débarque presque de nulle part, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

AbraKadabra

À la croisée des folklores russo-ukrainiens et des musiques actuelles, le groupe DakhaBrakha est un OVNI musical qui débarque presque de nulle part, entre Carpates et mer Noire, dynamitant d’étonnants chants polyphoniques à grands coups de percussions et de violoncelle échevelé. Lena, Irina, Nina et Marko puisent ainsi dans les répertoires régionaux d’un pays tourmenté, leur Ukraine natale, redéployant habilement leur culture populaire nationale sur un dubstep des plus atypiques ! DakhaBrakha, mardi 10 octobre à Firminy, 20h30 au Majestic

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Militante

Panorama Sono Mondiale 17/18 | À travers ses textes engagés, la chanteuse et guitariste Souad Massi poursuit depuis une quinzaine d’année le même combat, celui pour le maintien (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Militante

À travers ses textes engagés, la chanteuse et guitariste Souad Massi poursuit depuis une quinzaine d’année le même combat, celui pour le maintien de la liberté et la justice des deux côtés de la Méditerranée. La poésie des mots et l’altruisme du message sont habillés de folk-rock, de chaâbi et d’influences arabo-andalouses, parcimonieusement distillés par les fidèles complices de Souad, le guitariste Medhi Dalil et le percussionniste Rabah Khalfa. Souad Massi, samedi 25 novembre à 20h30 au Centre Culturel Le Sou (La Talaudière) + samedi 27 janvier 2018 à 20h30 salle Jean Dasté (Rive-de-Gier)

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Rencontre

Panorama Sono Mondiale 17/18 | Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Rencontre

Décidément assoiffé d’expérimentations musicales inédites, Martin Nathan entame une nouvelle collaboration dans l’esprit de celles vécues précédemment avec High Tone et Vibronics. Pour le tout nouveau projet de Brain Damage, l’artiste stéphanois invite Harrison Stafford (charismatique "Professor" de Groundation) sur un album commun, Liberation Time. Les deux musiciens y bousculent ensemble et avec intelligence les codes du dub et du reggae roots. Brain Damage meets Harrison Stafford, samedi 21 octobre à 20h30 au Clapier

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Melting pote

Panorama Sono Mondiale 17/18 | Avec plus de vingt ans de musique derrière lui, Taïro est aujourd’hui une des références françaises en matière de reggae dancehall. Très (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Melting pote

Avec plus de vingt ans de musique derrière lui, Taïro est aujourd’hui une des références françaises en matière de reggae dancehall. Très présent sur les sound systems à la grande époque du ragga parisien, les albums et les tournées se succèdent avec le même message positif depuis l’aube des années 2000, multipliant les featurings aux côtés d’artistes tels que Disiz, Faf Larage, Passi, Flya ou encore Youssoupha. Un cocktail de mélodies accrocheuses et de riddims efficaces. Taïro & The Family Band, samedi 14 octobre à 20h30 au Fil

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Dub night

Panorama Sono Mondiale 17/18 | La nuit sera chaude et longue pour la sixième session du Sainté Dub Club, samedi 7 octobre au Fil. Sont notamment attendus, côté club, les Stéphanois (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Dub night

La nuit sera chaude et longue pour la sixième session du Sainté Dub Club, samedi 7 octobre au Fil. Sont notamment attendus, côté club, les Stéphanois de Green Tingz sound (feat. General Bundi), Rakoon, Tiburk et Thriakis Dub Destroyer. Côté grande salle, se succèderont Charlie P & Green Cross, les Anglais d’Iration Steppas et légende du Dub UK, Neil Fraser aka Mad Professor. À soixande-deux ans, le génial bricoleur n’a pas perdu la pêche. Il tournait encore l’an passé avec Lee "Scratch" Perry et aura à ses côtés la chanteuse Aisha pour un set qui s’annonce mémorable. Sainté Dub Club, samedi 7 octobre à 20h30 au Fil

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Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Panorama Danse 17/18 | Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 septembre 2017

Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations infinies. Cécile Laloy, à travers Duo, explore, avec l'écriture intuitive, sensible qui est sa marque, l'aspect fusionnel de l'amour incarné par un danseur, très grand, et une frêle jeune fille. Points de contact étroits, étreintes, portés, deux corps dansent les affres de la passion amoureuse entre fusion et obsession. Duo, de Cécile Laloy, du mardi 21 au jeudi 23 novembre à la Comédie de Saint-Étienne Toujours plus haut François Veyrunes réunit les trois femmes de Chair Antigone et les trois hommes de Tendre Achille dans Sisyphe heureux qui clôt sa trilogie. L'ombre de Camus et sa thématique de l'absurde plane sur ce héros emblématique condamné éternellement à un labeur inutile. Mais c'est surtout "la recherche des sommets" qui intéresse Veyrunes. La lenteur du mouvement dansé capte l'attention sur ces corps proches de leurs limites, qui basculent de l'horizontale à la verticale, érigeant des portés étonnants qui

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Confluences

Panorama Jazz 17/18 | Il y a comme ça des groupes qui vous donnent la banane : le Trio Barolo. Francesco Castellani (trombone), Philippe Euvrard (contrebasse) et (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Confluences

Il y a comme ça des groupes qui vous donnent la banane : le Trio Barolo. Francesco Castellani (trombone), Philippe Euvrard (contrebasse) et Rémy Poulakis (accordéon) ont trouvé la recette qui fait mouche. Les trois artistes jouent avec une belle complicité une musique voyageuse où le jazz devient musique du monde et où le chant vient couronner les instruments. Ajoutez à cela un humour délicat : tout y est, ça sent presque les épices et le bon vin. Irrésistible. Trio Barolo & guests, dimanche 10 décembre à 18h au Fil

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L’accord parfait

Panorama jazz 17/18 | L’album Riddles qui les a réunis annonce la couleur : les pianistes Ray Lema et Laurent de Wilde proposent un voyage à quatre mains dans (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

L’accord parfait

L’album Riddles qui les a réunis annonce la couleur : les pianistes Ray Lema et Laurent de Wilde proposent un voyage à quatre mains dans lequel le mariage du rythme et de l’harmonie tient de la magie. Un face à face inattendu, une rencontre au sommet de deux personnalités dont la symbiose enchante les tympans, à la croisée des chemins que les deux musiciens ont longuement écumés durant leurs parcours respectifs. Ils joueront ensemble le moins de notes possibles, rien que les bonnes. Laurent De Wilde & Ray Lema, mercredi 22 novembre à 20h30 au Fil

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Beau oui comme Bowie

Panorama Jazz 17/18 | Sous la direction musicale de Daniel Yvinec, le Rhino Jazz(s) festival propose avec We could be heroes un hommage appuyé au regretté David (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Beau oui comme Bowie

Sous la direction musicale de Daniel Yvinec, le Rhino Jazz(s) festival propose avec We could be heroes un hommage appuyé au regretté David Bowie, à travers une série de concerts prouvant que la force gravitationnelle du rockeur atteint tout aussi bien les musiciens de jazz. Le volet 2017 du projet met en œuvre deux groupes français, l’Impérial Quartet et le Possible(s) Quartet, ainsi que, le samedi 21 octobre au Fil, The Band From David Bowie’s Blackstar : la dream team de l’album-testament de la star. Rien que du lourd ! Hommage à David Bowie, plusieurs dates pendant le Rhino Jazz(s) Festival

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Oh my God !

Panorama Jazz 17/18 | Attention phénomène ! Puissamment suave, Jennifer Jenesis Thames (J.J. pour les intimes) mixe blues et gospel, rock et pop, funk et soul (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Oh my God !

Attention phénomène ! Puissamment suave, Jennifer Jenesis Thames (J.J. pour les intimes) mixe blues et gospel, rock et pop, funk et soul avec une présence scénique qui vous scotche à votre siège, brûlant les planches partout où elle se produit des deux côtés de l’Atlantique. Avec son nouvel album, Raw Sugar, la diva n’en finit pas de faire la démonstration d’une impressionnante aisance vocale et d’une énergie jouissivement communicative. J.J. Thames, mercredi 11 octobre à 20h30, au Centre Culturel l’OPSIS (Roche-la-Molière)

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Notre sélection de 5 pièces

Panorama théâtre 17/18 | Silence, on tourne ! What if They Went to Moscow ? est à la fois une pièce et un film. La pièce jouée, est filmée par une équipe caméra sur le plateau, (...)

Houda El Boudrari | Mardi 5 septembre 2017

Notre sélection de 5 pièces

Silence, on tourne ! What if They Went to Moscow ? est à la fois une pièce et un film. La pièce jouée, est filmée par une équipe caméra sur le plateau, et le film, monté en direct, est projeté simultanément dans une salle adjacente. Le spectateur assiste à la représentation, puis à la projection, ou inversement. Les Trois Sœurs de Tchekhov revisitée par la metteure en scène et réalisatrice brésilienne Christiane Jatahy met en perspective la question de l’utopie – cet ailleurs auquel on aspire – par le biais de cet ingénieux dispositif. What if they went to Moscow ? du 11 au 13 octobre à la Comédie de Saint-Étienne Un Trump africain Inspiré de Ubu Roi de Jarry, Baabou Roi met en scène l’arrivée au pouvoir d’un dictateur sanguinaire dans un État africain fictif. A travers ce personnage frustre et bestial qui amuse la galerie par ses pitreries et ses excès, l’auteur nigérian Wole Soyinka parodie les dictateurs africains et ceux du monde entier. Spectacle de masques, Baabou Roi réunit trois comédiens congolais de la compagnie kinoise Théâtre des Intrigants et trois de la compagnie

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Un coup de Mayet

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Un coup de Mayet

Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le délicieux Concertino pour flûte de Cécile Chaminade, interprété par Marianne Sabatier, bénéficie avec bonheur, de la vague de réhabilitation des compositrices du passé. De son côté, le soliste Louis-Jean Perreau, fera pleurer son archet, aux accents bouleversants du Concerto russe d'Edouard Lalo. Un concert très haut de gamme qui mérite assurément le déplacement ! Ensemble Telemann, samedi 30 septembre, à Saint-Didier-en-Velay

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Rubans bissés

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Rubans bissés

Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands du "Siècle d'Or" stéphanois, tirées de poèmes de chansonniers de la "capitale du ruban". Les mélodies de Benjamin Ledin, Henri Chausson ou "Babochi", harmonisées par les élèves des classes de composition du conservatoire, seront interprétées par le choeur Unacorda, et, cette fois-ci, illustrées et étayées par des documents d'archives (photos d'époque, vidéos). Ensemble Unacorda, Chansons de tisserands, lundi 2 octobre à 17h30 au Conservatoire Massenet

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Adriana 42

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Adriana 42

Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au répertoire des plus grandes maisons d'opéra de la planète. Sombre histoire de rivalité entre actrices à l'ego un peu exalté, grande interprète des œuvres de Corneille, la tragédienne Adrienne, égérie de Voltaire, meurt empoisonnée par des fleurs... L'opéra, malgré le kitsch de l'intrigue est un chef d’œuvre musical à découvrir absolument, particulièrement si cet art vous paraît extra-terrestre ! Adriana Lecouvreur, opéra de Cilea, du 24 au 28 janvier 2018 à l'Opéra de Saint-Etienne

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Messe du couronnement

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Messe du couronnement

Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Match point

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Match point

Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de Beethoven. L'intérêt musicologique est évident, à l'occasion du bicentenaire de la mort du compositeur-vedette de la Révolution Française. Pourtant, quelques cruelles minutes suffisent aussi à réattribuer la fulgurance du génie musical. La passion enivrante de David Reiland pour Beethoven, donne des ailes à l'orchestre, et fait de cette Cinquième"un moment de pure grâce. Concert d'ouverture de saison, mardi 3 octobre à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Le temps ne fait (toujours) rien à l’affaire

Panorama ciné avril | Coincé entre l’orgie de mars et les promesses de mai, avril joue l’éternel rôle de mois-tampon. Où l’on se rend compte qu’il ne fait pas toujours bon vieillir, et que sa propre vie vaut souvent mieux que celle des autres…

Vincent Raymond | Mercredi 5 avril 2017

Le temps ne fait (toujours) rien à l’affaire

Un jour viendra où les spectateurs finiront par hurler leur lassitude devant la déferlante biopic. Un genre devenu mode trahissant — dans la triste majorité des cas — une pénurie de créativité, un manque d’ambition ou de foi dans l’écriture cinématographique ainsi que le désir régressif de se réfugier dans les bras chauds de célébrités à la destinée édifiante ; un appât pur sucre, enfin, pour comédiens gourmands de récompenses. Se revendiquant de personnes authentiques, ces hagiographies filmées n’aiment pourtant rien tant que prendre des libertés avec l’authenticité. Preuve en est avec l’attendu Django de Etienne Comar (26 avril). Campé par un Reda Kateb appliqué, impeccable aux six-cordes, cet énigmatique portrait de Django Reinhardt se focalise sur la période de l’Occupation et donne l’impression de vouloir plus qu’exonérer le guitariste jazz de son insouciance d’alors en le transformant en proto-résistant. Jusqu’où un cinéaste peut-il laisser voguer son imagination sans travestir l’Histoire, fût-ce en invoquant une licence artistique de Mardi-gras ?

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Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Panorama 16/17 | Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir (...)

Alain Koenig | Mardi 6 septembre 2016

Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir avec panache le public populaire, ressort de sa manche une arme d'effusion massive ! Le Violon Magique est un programme (gratuit) articulé autour des plus belles pages du répertoire consacrées à cet instrument. Le festival Montrond'n dièse donnera aussi sa soirée de gala au Casino JOA, avec l'immense violoncelliste Emmanuelle Bertrand, une vraie magicienne ! AK Emmanuelle Bertrand & l'Ensemble SyLF, mercredi 14 septembre à 20h30, au Casino Joa, dans le cadre du festival Montrond'n dièse Haute saison C'est sur un vol Venise-Buenos Aires que David Reiland nous propose d'embarquer avec ce premier volume de la saison symphonique de l'OSSEL. L'écossais post-minimaliste Max Richter, adepte du déphasage, revisite le tube mondial des Quatre Saisons pour en donner une version aux séquences répétitives hypnotiques. Un habile transit à Mar del Plata permettra d'entendre trois pièces du « bandonéoniste qui voulait être Bach », Astor Piazzola. Une s

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Théâtre : notre sélection

Panorama saison 16/17 | La voix des invisibles Chaque rentrée a désormais sa pièce de lutte sociale : après Florange l’année dernière, ce sont les Fralibs que défend un Philippe (...)

Houda El Boudrari | Mardi 6 septembre 2016

Théâtre : notre sélection

La voix des invisibles Chaque rentrée a désormais sa pièce de lutte sociale : après Florange l’année dernière, ce sont les Fralibs que défend un Philippe Durand porte-voix des anciens ouvriers Lipton, en lutte pendant 1336 jours contre la fermeture de leur usine par Unilever. « 1336 » est aussi aujourd’hui la nouvelle marque des thés produits par la SCOP qu’ils ont créée en 2015. Une lecture de témoignages recueillis sur le vif par le comédien et restitués avec l’accent marseillais d’origine… 1336 (Parole de Fralibs), du 11 au 14 octobre à la Comédie de Saint-Etienne Un Macbeth africain C’est l’histoire de quatre acteurs sud-africains qui vont tenter de jouer les personnages de Macbeth. Tous vivent à Johannesburg. Là-bas, ils sont aussi linguistes, rappeurs, chanteurs, professeurs d'université, danseurs, poètes. D’étranges interférences entrelacent leurs vies intimes et la pièce de Shakespeare. Jean-Paul Delore, le metteur en scène, a beaucoup travaillé en Afrique et poursuit ici ses aventures avec ce continent à la recherche d’une poésie universelle.

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Insomniaque panorama 16/17

MUSIQUES | Le Petit Bulletin crew, au Fil Depuis plusieurs années, le Fil propose des afterworks gratuits où se succèdent les mixes de tout poil. Pour la première (...)

Nicolas Bros | Jeudi 15 septembre 2016

Insomniaque panorama 16/17

Le Petit Bulletin crew, au Fil Depuis plusieurs années, le Fil propose des afterworks gratuits où se succèdent les mixes de tout poil. Pour la première fois et à l'instar du Transbo' à Lyon, le Fil s'associe au Petit Bulletin afin de proposer un afterwork un peu spécial. Se succéderont aux platines les équipes du PB afin de vous proposer leurs sélections musicales qui vont inviteront tantôt à vous dandiner, tantôt à sautiller, tantôt à laisser vibrer en vous le roi du twist. Le but étant de vous faire oublier que les jours se raccourcissent et à vous montrer au moyen de quel bois se (ré)chauffent nos équipes. Au Fil, le 02/11. Cabaret Voltaire, au Palais des Spectacles La ville anglaise de Sheffield est une cité qui fut connue sous l'ère industrielle pour son activité sidérurgique. Mais les années 70 ont eu raison, comme dans de nombreuses autres villes, de cette période de développement économique.Sur les cendre encore fumantes de ce déclin industriel, va naître la scène de Sheffield avec de nombreux groupes qui ont marqué l'histoire de la musique. De Joe Cocker à Def Leppard en passant par Human League ou Pulp, de grands noms sont sortis de là

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2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne — plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Vendredi 15 janvier 2016

2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent moins nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24/02) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il sera

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Qu’est-ce que le hasard ?

CONNAITRE | On appelle hasard ce qui est imprévisible. Mais le "vrai" hasard pourrait bien ne se manifester qu’à l’échelle de l’infiniment petit. Jacques Guarinos

Nicolas Bros | Mardi 3 novembre 2015

Qu’est-ce que le hasard ?

Le hasard, c’est une rencontre fortuite dans la rue, c’est le résultat du lancement d’un dé… On sait que chaque face du dé a 1 chance sur 6 de sortir, mais le résultat est imprévisible. Il est la conséquence d’un enchevêtrement de microphénomènes connus, mais dont le calcul global est d’une complexité rédhibitoire : gravité, frottement de l’air, rebonds sur la table, position du dé lors du lancer… La physique classique est résolument déterministe : le hasard n’y est que le fruit de l’ignorance ou de l’incapacité à calculer l’effet global de toutes les variables. Au 19ème siècle, l’idée apparaît que les phénomènes de la nature peuvent recéler une part de hasard intrinsèque. Maxwell, par exemple, introduit la notion de probabilité dans sa théorie du mouvement des molécules d’un gaz. Il faut attendre le 20ème siècle pour que le hasard et ses manifestations – phénomènes aléatoires, désordre – deviennent un véritable sujet d’étude. La physique mais aussi l’informatique théorique ou les sciences sociales en bénéficient. En biologie, la découverte des mutations de l'ADN permet d’identifier un important facteur d’intervention du hasard dans l’évolution de

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L’évolution de l’Homme

CONNAITRE | L’Homo sapiens est un primate dont les plus proches cousins sont les chimpanzés et les bonobos. Il est issu d’une évolution buissonnante, au cours de laquelle ont cohabité de nombreuses espèces. Cette évolution est toujours en cours. Jacques Guarinos

Nicolas Bros | Mardi 29 septembre 2015

L’évolution de l’Homme

L’étude des fossiles et celle des données génétiques nous ont beaucoup appris sur l’évolution de l’Homme. Quel chemin cette dernière a-t-elle suivi depuis le dernier ancêtre commun à l’Homme et au chimpanzé ? À défaut d’en connaître les détails, les paléoanthropologues entrevoient les grandes lignes de cette histoire longue de six à huit millions d’années, dont les seuls témoins directs sont les fossiles, rares et souvent incomplets. Le genre Homo apparaît en Afrique il y a environ deux millions d’années. L’Homo habilis, capable de fabriquer des outils et pourvu de tout ce qui permet le langage articulé, en a peut-être été l’un des premiers représentants. Très vite, notre ancêtre migre en Asie, où on pense qu’il donne naissance à l’Homo erectus, aujourd’hui disparu. Mais ce sont les espèces restées en Afrique qui, il y a moins de deux cent mille ans, donnent naissance à l’Homo sapiens. Il y a cent mille ans, ce dernier quitte à son tour le continent qui l’a vu naître et conquiert l’ensemble de la planète. Au passage, il supplante l’Homme de Neandertal, disparu il y a seulement trente mille ans après avoir cohabité un temps avec l’Homo sapiens. Les interactions sociales

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Tale of Tales

ECRANS | De Matteo Garrone (It-Fr-Ang, 2h13) avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones…

Christophe Chabert | Mardi 30 juin 2015

Tale of Tales

Que Matteo Garrone n’ait pas souhaité s’enfermer dans le réalisme suite au succès de Gomorra est une bonne chose ; d’ailleurs, lorsqu’il osait la stylisation dans Reality, il parvenait à déborder l’hommage à l’âge d’or de la comédie italienne pour en retrouver l’esprit esthétique. Avec Tale of Tales, les choses se compliquent : abordant un genre en vogue — les contes et l’heroic fantasy — via l’adaptation d’un classique de la littérature italienne, il tente le grand pont vers l’imaginaire pur, entrecroisant plusieurs récits où l’on retrouve des monstres, des sorcières, un roi, des reines et des princesses. Or, le style Garrone s’avère assez vite à la remorque de son ambition : jamais la mise en scène ne parvient à donner le souffle nécessaire pour nous faire pénétrer cet univers baroque et fantastique. D’où une suite d’hésitations fatales : entre le sérieux et la dérision, l’auteurisme et le divertissement, le film à sketchs et le film choral… Mal construit — l’épisode des faux jumeaux est de loin le plus faible, et le scénario le traîne comme un boulet jusqu’à son terme — pas toujours convaincant dans ses décors et ses eff

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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Le mystère de la vie, sur Terre ou ailleurs

CONNAITRE | Omniprésente sur Terre, la vie est un phénomène insaisissable pour lequel il n’existe toujours pas de définition satisfaisante. Vous pourrez participer au second café sciences & philo de l'association Astronef organisé sur ce thème le 27 mai. Jacques Guarinos

Nicolas Bros | Mercredi 4 juin 2014

Le mystère de la vie, sur Terre ou ailleurs

La vie est apparue sur Terre il y a près de 4 milliards d’années. Après une évolution qui lui a permis de prendre les formes les plus diverses, la vie a envahi notre planète, modifié la composition de son atmosphère et transformé ses paysages. Même dans des milieux longtemps considérés comme incompatibles avec elle, on a découvert des organismes qui s’étaient adaptés aux conditions les plus extrêmes. Pourtant, bien que les scientifiques nourrissent l’espoir de découvrir des preuves de la présence passée ou actuelle de formes de vie sur d’autres astres du système solaire, notre planète reste à ce jour le seul corps céleste sur lequel l’existence de la vie est avérée. Pour combien de temps encore ? Quelques semaines à peine après l’annonce de la découverte de la première exoplanète de même taille que la Terre dans la zone « habitable » de son étoile, il est tentant de se dire que nous sommes proches d'obtenir la preuve de l’existence de la vie ailleurs. Mais, au-delà des difficultés techniques, il pourrait y avoir un obstacle de taille : il n’est pas sûr que la vie soit un phénomène suffisamment fréquent pour qu’on puisse espérer faire un jour la découverte d'un autre endroit où e

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Panorama Ciné 2014

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 3 janvier 2014

Panorama Ciné 2014

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d’Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l’animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire, dont on vous parle juste à côté. Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le Volume 1 nous a conquis par son insolente liberté de forme et de ton ; le même jour, par un hasard de calendrier, Riad Sattouf, formidable auteur de BD et réalisateur d’une des meilleures comédies françaises de ces dernières années (Les Beaux Gosses), mettra lui aussi Charlotte Gainsbourg à l’honneur dans sa fable caustique Jacky au royaume des filles. Belles et bêtes Au petit jeu des comédiens qui vont truster l’affiche en 2014, on trouve,

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Delon, de l’ombre au Plein soleil

ECRANS | Séquence émotion au cours du dernier festival de Cannes : en séance de clôture de Cannes Classics, Alain Delon vient présenter la version restaurée de Plein soleil (...)

Christophe Chabert | Lundi 8 juillet 2013

Delon, de l’ombre au Plein soleil

Séquence émotion au cours du dernier festival de Cannes : en séance de clôture de Cannes Classics, Alain Delon vient présenter la version restaurée de Plein soleil — à redécouvrir cette semaine au Méliès. On s’attend à voir l’éternel délire mégalo de l’acteur prendre toute la place mais, surprise, le voici au bord des larmes, submergé par l’émotion, évoquant René Clément comme celui sans qui sa carrière n’aurait pas été celle qu’elle est. En effet, Clément est celui qui a fait de Delon une star, le faisant basculer de son statut de second rôle dans des films populaires à celui de comédien majeur dont le magnétisme noir aspire tout sur son passage. De plus, Plein soleil inscrit à même son intrigue ce passage de l’ombre à la lumière. Delon y est Tom Ripley, mais dans les premières séquences, Tom Ripley n’est pas grand chose. Juste un petit escroc que l’on paie 5000 dollars pour convaincre Philippe, un riche héritier, de cesser sa vie de playboy sous le soleil italien pour revenir dans ses pénates familiales. Ripley fait ce qu’il peut pour accomplir sa mission, mais il est renvoyé dans les cordes par la désinvolture canaille et le tempérament de noceur de

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Antiviral

ECRANS | De Brandon Cronenberg (Canada, 1h48) avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon…

Christophe Chabert | Lundi 11 février 2013

Antiviral

Soyons honnêtes : le premier film de Brandon Cronenberg provoque des réactions diamétralement opposées chez les spectateurs. Mais pas forcément comme ceux de son père, qui cristallisent les avis autant par leurs sujets que par leur traitement. Ici, il s’agit de savoir si on est face à une œuvre prometteuse d’un auteur en prise directe avec son époque, ou au contraire à un gros fiasco écrit et réalisé par un geek ne vivant le monde que par la procuration de son ordinateur. On penche clairement pour la deuxième proposition : Antiviral, de son argument de départ — un trafic de maladies prélevées sur des stars et injectées ensuite à leurs fans — à son système figuratif — des décors cliniques, aseptisés, insonorisés, percés seulement par des spots publicitaires — et ses dialogues — un imbitable charabia de termes compliqués et de marques inventées — a quelque chose du court métrage de fin d’étude étiré, visant ouvertement au statut de film culte. Vincenzo Natali, quand il est peu inspiré, fait des trucs dans ce genre-là. Peut-être qu’avec le temps, Brandon Cronenberg réussira-t-il son Splice à lui ? Christophe Chabert

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