Label "Hautbois-gourmand"

Alain Koenig | Mardi 31 octobre 2017

Photo : © Cyrille Cauvet


Amoureux d'une jeune fille - trop jeune, dirait-on aujourd'hui - âgé lui-même de 56 ans, la genèse de la 6e Symphonie de Bruckner aurait presque tout pour évoquer un moment d'égarement. Dans un corpus dont le dénominateur commun est le doute, elle étonne par sa spontanéité, relative certes, et un lâcher-prise inhabituels. L'Angst toute germaine de l'organiste-compositeur semble apaisée, comme caressée par les ailes du désir. Un autre organiste, parangon de légèreté, Olivier Messiaen, passera lui, toute sa vie à essayer de couper le cordon qui l'unissait à sa mère, le grand poète Cécile Sauvage. L'Ascension, ou quatre méditations pour orchestre, reste une "ode à la joie très intérieure", voire égocentrée. Seul rayon de soleil au tableau de ce programme, le merveilleux Concerto pour hautbois de Richard Strauss. Interprété par le très talentueux Sébastien Giebler, ouvrage pourtant tardif dans la chronologie de l'immense compositeur, le concerto semble décoller, porté par de voluptueux papillons, au zéphyr d'un doux et alpestre printemps. L'œuvre est techniquement redoutable, et les Stéphanois pourront mesurer la chance qu'ils ont d'abriter en leurs murs un si bel interprète.

6e Symphonie de Bruckner, mardi 21 novembre à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne


6e Symphonie de Bruckner

Oeuvres de Bruckner, Messiaen et Strauss; dir. musicale : Maxime Tortelier, par l'OSSEL avec Sébastien Giebler (hautbois)
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Alain Koenig | Mercredi 9 septembre 2020

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Soli Deo Gloria* Quelle fraternité unit le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et le Requiem de Pascal Descamps? Poulenc répond en 1938, qu'il est « sur le point d'entrer dans les ordres ». Pour Pascal Descamps, la spiritualité, consubstantielle et libératrice de la condition humaine, le délivre de son carcan terrestre. Créé en 2014 aux Invalides, son bouleversant Requiem, interprété par quatre merveilleux solistes (Aurélie Ligerot, Anthéa Pichanik, Thomas Bettinger et Philippe-Nicolas Martin), apportera l'apaisement au doute spirituel de son célébrissime aîné. Seule certitude : les étoiles seront visibles depuis la nef de la cathédrale. "Fraternités", Concerto pour orgue de Francis Poulenc et Requiem de Pascal Descamps, dir. Jingkaï Sun, le 17 octobre 2020 à 20h, à la Cathédrale Saint-Charles. *"SDG" ou "Soli Deo Gloria" était un sigle utilisé par JS Bach pour signer ses œuvres signifiant: "à Dieu seul la gloire". Je suis resté fidèle... Bruno Mantovani, désormais à la tête de l'EOC, dirige son premier concert à l'Op

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Nicolas Bros | Vendredi 12 juin 2020

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Hérodiade de Jules Massenet, production de l'Opéra de Saint-Étienne donnée en novembre 2018 (dont on vous avait parlée dans cet article), est disponible dès aujourd'hui à 18h en replay gratuit sur le site de la Ville de Saint-Étienne. L'occasion de replonger dans cette oeuvre du compositeur stéphanois. À la direction musicale, Jean-Yves Ossonce, et au plateau Elodie Hache, Emanuela Pasci, Florian Laconi ou encore Nicolas Cavallier.

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Cav and Pag

Lyrique | Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana (...)

Alain Koenig | Mercredi 4 mars 2020

Cav and Pag

Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana de Mascagni et I Pagliacci de Leoncavallo, opéras fulgurants, font couche commune au Panthéon. Si le label "vériste" fait toujours débat, le courant musical traversant l’Italie lyrique du début du 20e siècle masque des disparités d’aptitudes criantes : Mascagni, Leoncavallo, Cilea ou Giordano aspireront toujours à l’ivresse inspirée du grand Puccini. Quel fil rouge permit donc à "Cav/Pag", unique postérité de leurs auteurs, de transformer l’essai ? Deux faits divers sanglants et passionnels, chargés d’un érotisme torride, Calabre et Sicile sur fond de misère et d’us vernaculaires aux antipodes de ceux du parterre de l’opéra, deux partitions bien léchées, qui suscitent les louanges de la critique, et quelques flèches décochées à l’âme humaine par le truchement d’un lyrisme contagieux mais accessible à tous (Ah ! L’Intermezzo de Cavalleria Rusticana !). Accès idéal pour le profane au temple intimidant de l’art lyrique, "Cav and Pag" allient beauté, intrigue haletante et lyris

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Chausson aux clones

Classique | Hypnotique fascination qui envoûta toute l'Europe (ou presque) musicale, celle du maître de Bayreuth, le grand Richard W. Beaucoup d'appelés, mais peu (...)

Alain Koenig | Mercredi 5 février 2020

Chausson aux clones

Hypnotique fascination qui envoûta toute l'Europe (ou presque) musicale, celle du maître de Bayreuth, le grand Richard W. Beaucoup d'appelés, mais peu d'élus flirteront avec le cénacle de la gloire. Prélude et Mort d'Isolde est un tel tsunami émotionnel ! Peu de pages méritent, avec Bach, d'être expédiées dans l'espace pour incarner l'âme humaine. Les profanes ou réfractaires à la musique dite "classique" trouveront avec ce Wagner-là, l'antidote qu'ils appellent de leurs voeux. Les anti-Wagnériens (car il s'en trouve) vacillent dans les affres du doute, à l'écoute de cette incroyable musique. De ce côté-ci du Rhin, les élèves de César Franck lui vouent un culte "total" si j'ose dire. Les disciples de César se nomment Chabrier, Chausson, Duparc, D'Indy ou Lekeu et laissent à la postérité de superbes pages qu'on aurait tort de bouder. La magnifique Symphonie de Chausson est, au même titre que l'Ouverture de Gwendoline (Opéra d'Emmanuel Chabrier) une pépite que la direction d'Alexandra Cravero devrait magnifier. Wagner et ses héritiers français, concert symphonique, Opéra de Saint-Etienne, le 10 février à 20h

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Éblouissant, énigmatique, envoûtant, inventif ! Ces qualificatifs élogieux ne sauraient rendre compte de l'immense talent de l'un des plus grands chorégraphes Outre-Atlantique. Véritable « Ballet master de notre temps » selon William Forsythe, Alonzo King célèbre l'union de la danse et de la musique à travers deux perles qui allient technique classique et contemporaine. Avec Händel, la musique des corps des danseurs aux lignes épurées, joue une partition subtile et émouvante qui entre en résonance avec la noblesse de la musique baroque du compositeur. La musique et la danse s'accordent à nouveau dans Common Ground, véritable hommage qu'Alonzo King, en association avec le Kronos Quartet, rend à sa ville natale San Francisco. Une ville en mouvement, métissée, tournée vers l'avenir, reconnue pour l'excellence de sa danse et son multiculturalisme. Les musiciens du célèbre quatuor à cordes accompagnent les danseurs, eux aussi des "masters", emportés dans une chorégraphie inventive, sensuelle et vibrante à l'instar de la ville californienne. Händel & Common ground, vendredi 6 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Alain Koenig | Mercredi 31 octobre 2018

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L'OSSEL fait bourgeonner l'esprit romantique : de ses prémices avec l'Héroïque de Beethoven, à son incarnation avec la Symphonie Inachevée de Schubert, via sa puberté avec l'ouverture connue comme La Chasse du Jeune Henri de Méhul. Mozart ne disait-il pas de ses contemporains français : « Tant de bonnes idées, si mal exploitées ». À vous de juger. Jeunes Romantiques, jeudi 29 novembre 2018 à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Alain Koenig | Mercredi 2 mai 2018

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Après l'EOC tout récemment, c'est à l'autre grande phalange ligérienne de se lancer dans la 4e Symphonie de Mahler. En première partie, le très médiatique violoncelliste virtuose, Edgard Moreau, interprètera Tout un monde lointain de Dutilleux, œuvre atonale, témoignage de l'écriture savante du XXe siècle. 4e Symphonie de Malher, mardi 15 mai à 20h à l'Opéra

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Traversée

Danse | Traversée du plateau scénique dont les dix danseurs prennent entièrement possession, qu'ils arpentent inlassablement sur l'air enchanteur de la messe en si (...)

Monique Bonnefond | Mardi 6 mars 2018

Traversée

Traversée du plateau scénique dont les dix danseurs prennent entièrement possession, qu'ils arpentent inlassablement sur l'air enchanteur de la messe en si de Bach. Traversée de la planète vers un ailleurs espéré meilleur, par des populations fuyant leur pays, depuis les protestants au 17e jusqu'aux récents mouvements migratoires syriens d'une brûlante actualité. On suit le parcours de ces êtres humains dans leur marche incessante. On frémit quand certains s'écroulent lourdement. On retient son souffle quand ils courent éperdument, s'enfuient, s'accrochent-naufragés de la vie-à un élément du décor qui semble être un radeau. Tous se soutiennent, s'entraident et enfin l'espoir est là. La libération par la solidarité débouche sur un formidable élan de joie. Avec Mass B, Béatrice Massin, spécialiste du baroque, renouvelle le genre. Elle crée une grande fresque humaine à la fois baroque et contemporaine sur un savant arrangement musical qui mêle des phrases de Ligeti et de Bach. Une création poignante et terriblement actuelle. Mass B, samedi 7 avril à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Panorama Danse 17/18 | Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 septembre 2017

Une rentrée danse sous le signe de l'amour

Amour entre fusion et obsession L'amour est un mystère. Il s'adresse à notre part d'inconnu et soulève de multiples questions inspiratrices de créations infinies. Cécile Laloy, à travers Duo, explore, avec l'écriture intuitive, sensible qui est sa marque, l'aspect fusionnel de l'amour incarné par un danseur, très grand, et une frêle jeune fille. Points de contact étroits, étreintes, portés, deux corps dansent les affres de la passion amoureuse entre fusion et obsession. Duo, de Cécile Laloy, du mardi 21 au jeudi 23 novembre à la Comédie de Saint-Étienne Toujours plus haut François Veyrunes réunit les trois femmes de Chair Antigone et les trois hommes de Tendre Achille dans Sisyphe heureux qui clôt sa trilogie. L'ombre de Camus et sa thématique de l'absurde plane sur ce héros emblématique condamné éternellement à un labeur inutile. Mais c'est surtout "la recherche des sommets" qui intéresse Veyrunes. La lenteur du mouvement dansé capte l'attention sur ces corps proches de leurs limites, qui basculent de l'horizontale à la verticale, érigeant des portés étonnants qui

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Match point

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Match point

Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de Beethoven. L'intérêt musicologique est évident, à l'occasion du bicentenaire de la mort du compositeur-vedette de la Révolution Française. Pourtant, quelques cruelles minutes suffisent aussi à réattribuer la fulgurance du génie musical. La passion enivrante de David Reiland pour Beethoven, donne des ailes à l'orchestre, et fait de cette Cinquième"un moment de pure grâce. Concert d'ouverture de saison, mardi 3 octobre à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Un festival bien "Bâtie"

Estival de la Bâtie (Loire) | Sous la bienveillante tutelle de leurs parrains attentifs, Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel, l'Estival de la Bâtie-2017 égrène son chapelet sur le département : la chasse au trésor est ouverte.

Alain Koenig | Mardi 4 juillet 2017

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En couplant sur une même date, création ou "revival" de chefs d'œuvres avec des titres emblématiques, testés et éprouvés, l'édition fait preuve d'une sagacité digne de ses parrains... Après avoir habilement couplé la célèbre Sérénade de Tchaïkovski, parangon de la musique tonale, avec le très lyrique Requiem de Pascal Descamps, l'union de Méhul et de Beethoven paraissait, elle aussi, tomber sous le sens. Trop rare à l'affiche de nos orchestres symphoniques, l'auteur d'Euphrosyne ou le Tyran corrigé (dont il n'est pas inutile de mentionner que le Conservatoire Massenet possède un exemplaire de 1790) fut un fervent admirateur de Beethoven, et, en cette fin de 18e siècle, le plus grand compositeur français, le premier de nos Romantiques ! Sous la voûte étoilée, la cour du château sera le tube à essai de fascinants parallèles entre les deux compositeurs. L'évocation de Maria Callas, « drama queen assolutta » de l'opéra par une autre très grande voix, Béatrice Uria-Monzon, ne devrait pas non plus manquer de... piquant. Alain Duault, infatigable réincarnation musicale d'un autre Alain (Decaux ?), devrait faire de sa narration, une odyssée à la gloir

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Le poison d'amour

Danse/Ballet | Six ans après avoir présenté sa vision de Roméo et Juliette, Joëlle Bouvier explore à nouveau un grand mythe, celui de Tristan et Isolde, sur la musique de Wagner, dans une chorégraphie ciselée, pleine d'émotion et de passion qui projette les vingt et un danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève vers l'excellence.

Monique Bonnefond | Mardi 6 juin 2017

Le poison d'amour

Il fallait le faire ! Joëlle Bouvier l'a fait. Pari risqué que de chorégraphier l'opéra magistral de Wagner, tant sa musique, cérébrale, est réputée indansable. « On a l'impression que le corps, il s'en fiche. Il passe plutôt par l'esprit, par l'âme » dit Joëlle Bouvier. Dès lors, comment réussir le mariage harmonieux de la danse et de la musique ? La chorégraphe a choisi de recentrer l'œuvre sur une période de 1h30, de sélectionner des pépites et de proposer des lignes narratives avec lesquelles les spectateurs vont tisser un spectacle autour de l'amour de Tristan et Isolde. Pour que le mariage entre la chorégraphie et la musique soit réussi, que les danseurs existent malgré l'ampleur de la musique, il fallait qu'ils soient, non seulement des danseurs de haut niveau, mais qu'ils aient envie de vivre l'aventure en l'interprétant, qu'ils passent par leurs émotions pour entrer dans la musique et nous entraîner dans les vertiges de cette passion éternelle. Eros et Thanatos Isolde n'était pas destinée à Tristan. Selon la tradition, il devait aller chercher Isolde et la ramener à son oncle, le roi Marc qui devait l'épouser. L'amour entre Tristan et Isol

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Daniel Kawka, le contemporain qui "Ose"

Portrait | Éclectique et passionné, le célèbre chef d'orchestre aux modestes origines, moissonne aujourd'hui ses blés. Graal du sage ou désarmant truisme, ses rêves aujourd'hui reviennent à lui, tout naturellement ! Un labeur acharné et de belles cartes postales plein son viatique : Oural ou Toscane, Tibre ou Néva sont pour lui, autant de sensations à revisiter... en musique !

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Daniel Kawka, le contemporain qui

Toujours ponctuel, un physique imposant emplit l'entrebâillement de la porte. Les retrouvailles avec Daniel Kawka sont toujours précédées du petit pincement au cœur qui sied aux grands rendez-vous. Après les civilités d'usage, la tonalité passe très vite en ré majeur, avec une infinie simplicité. Ayant quitté deux postes de Premier Chef Invité, et pas des moindres, voici l'enfant du pays de retour dans l'Hexagone, où ses projets se concrétisent les uns après les autres. De son long séjour en Italie, à la tête de l'Orchestre de la Toscane, il a le sentiment d'avoir effectué ce qu'il nomme très justement ses « humanités », ce qui en langage " chef d'orchestre " signifie : jouer le grand répertoire du XIXe siècle : les Schumann, Mendelssohn, Beethoven... Un passage obligé pour ne pas être catalogué jusqu'à la fin de ses jours " Monsieur musique d'aujourd'hui " ! Daniel Kawka est un homme libre, et revendique ses choix musicaux sur une échelle de Richter, graduée de Wagner à Jimmy Hendrix. « À l'origine, j'ai fait ce métier parce que j'avais entendu Parsifal de Wagner à Orange. Je suis un amoureux fondamental de la musique ! » Dans une corporation, où l'on

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Et le hasard fait bien les choses

Danse | Marie-Claude Pietragalla avait enflammé La Bâtie d'Urfé avec La tentation d'Eve. Elle revient illuminer la scène de l'Opéra, mais cette fois avec Julien Derouault, son compagnon à la ville dans "Je t'ai rencontré par hasard".

Monique Bonnefond | Mercredi 5 avril 2017

Et le hasard fait bien les choses

Couple à la ville et à la scène, Marie-Claude Pietragalla et Julien Deroualt font partager, dans Je t'ai rencontré par hasard, leurs émotions et leurs interrogations sur le hasard, la rencontre, le couple et sa durabilité dans le temps. "Pietra" travaille beaucoup sur l'humain, sur ce qui peut nous questionner, comme le hasard qu'elle place au cœur de la rencontre entre deux êtres. Qu'est-ce qui est déterminant dans une rencontre ? Un regard ? Un geste ? Une attitude ? Une étincelle qui jaillit ? "Pietra", qui connaît les grands textes classiques cite Phèdre clamant son amour coupable pour Hippolyte : "Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue". C'est une histoire vieille comme le monde. Un homme et une femme Parfois, le hasard fait bien les choses. "Pietra" et Julien se sont rencontrés au Ballet national de Marseille où Julien auditionnait : c'est ce choc amoureux qu'ils dansent. Sur fond de choix musicaux éclectiques, ils revisitent la vie à deux à travers une série de tableaux qui mettent en scène l'évolution d'un couple au quotidien prosaïque autour d'un lit, d'une table, de chaises... Le lien amo

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La Belle et le Best

MUSIQUES | Ils sont talentueux, célèbres et beaux, et vous n'êtes pas dans l'inextinguible "saga-TV" de la famille Forrester, mais à l'Opéra de Saint-Étienne. (...)

Alain Koenig | Mercredi 2 novembre 2016

La Belle et le Best

Ils sont talentueux, célèbres et beaux, et vous n'êtes pas dans l'inextinguible "saga-TV" de la famille Forrester, mais à l'Opéra de Saint-Étienne. Elle : israélienne, virtuose de la guitare classique, emblématique d'une génération d'artistes en quête de sens, aussi à l'aise dans Bach que dans les teintes bistrées castillanes ou orientales, raflant tous les prix internationaux sur sa route. Lui : américain, ténor-étoile dans un univers où se côtoient beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Il est partout chez lui au Met, à Covent Garden, Paris, Berlin, Madrid, Sydney, Vienne, Barcelone, San Francisco entre autres. La chanson populaire espagnole et son alter ego mélodique français feront l'objet d'une rencontre au sommet... des Pyrénées, habituées qu'elles sont à être soulevées ! Charles Castronovo établissant de son timbre de ténor lyrique les ponts stylistiques entre De Falla, Rodrigo, Granados ou Albéniz, Ravel, Fauré et Massenet. Aranjuez mon amour, double récital très haut de gamme, ouvre la boîte de Pandore de toutes les "Espagne" : la torride andalouse nostalgique, autant que celle fantasmée dans nos cœurs. AK Liat Cohen & Charles Castronovo, je

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Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Panorama 16/17 | Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir (...)

Alain Koenig | Mardi 6 septembre 2016

Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir avec panache le public populaire, ressort de sa manche une arme d'effusion massive ! Le Violon Magique est un programme (gratuit) articulé autour des plus belles pages du répertoire consacrées à cet instrument. Le festival Montrond'n dièse donnera aussi sa soirée de gala au Casino JOA, avec l'immense violoncelliste Emmanuelle Bertrand, une vraie magicienne ! AK Emmanuelle Bertrand & l'Ensemble SyLF, mercredi 14 septembre à 20h30, au Casino Joa, dans le cadre du festival Montrond'n dièse Haute saison C'est sur un vol Venise-Buenos Aires que David Reiland nous propose d'embarquer avec ce premier volume de la saison symphonique de l'OSSEL. L'écossais post-minimaliste Max Richter, adepte du déphasage, revisite le tube mondial des Quatre Saisons pour en donner une version aux séquences répétitives hypnotiques. Un habile transit à Mar del Plata permettra d'entendre trois pièces du « bandonéoniste qui voulait être Bach », Astor Piazzola. Une s

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Mozart : un maître de lumière

MUSIQUES | En composant «Die Zauberflöte» au printemps 1791, Wolfgang, dont la longévité n'excèdera pas six mois, semble plus préoccupé par la santé de Constance, son épouse enceinte, partie prendre «les eaux» à Baden. Et pourtant, décrire «La Flûte Enchantée» comme le pinacle de son œuvre serait un lieu commun ou une dérisoire litote ! Genèse d'un chef d'œuvre. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

Mozart : un maître de lumière

Génial trublion de la musique, agitateur d'harmonie, créateur transcendant et intemporel, que dire de cet homme qui, avec Bach, ne se laisse pas incarcérer dans nos geôles lexicales ? La biographie de ces deux génies fondateurs laisse toujours perplexe, tant l'absence de corrélation entre leurs vies terrestres et l'infini de leur héritage paraît troublante. Peut-être faut-il retourner quelque pierre, pour accéder à un tracé biographique de Mozart plus satisfaisant pour l'esprit, en cette fin de siècle traumatisé par la Révolution Française. Son grand mécène, l'empereur Joseph II vient de mourir, et c'est Léopold II, frère de la future décapitée Marie-Antoinette qui lui succède. Sans intérêt particulier pour les arts, tenant pour responsable du cruel destin de sa sœur, l'idéal maçonnique du Siècle des Lumières, Léopold augure de funestes lendemains pour Mozart. Aussi n'est-il pas surprenant que ce dernier s'allie à son ami majuscule, Schikaneder, directeur du Theater auf der Wieden et dont il fréquentait assidûment la troupe, pour écrire un quatre mains, inspiré du recueil de contes de Wieland, La Flûte Enchantée. Et de sagesse Composant d

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