CharlÉlie Couture : « J'ai souvent comparé mon activité à celle d'un triathlète »

Interview | Avec "Lafayette", son vingtième album studio enregistré en Louisiane, CharlÉlie Couture, artiste touche-à-tout (peinture, photo, littérature et bien entendu musique) a sorti un album fort qui marque le retour "haute-couture musicale" pour le plus Américain des Nancéens. Explications de texte avant son passage en novembre à la Forge pour les Oreilles en Pointe et en janvier au Théâtre des Pénitents à Montbrison.

Nicolas Bros | Mardi 31 octobre 2017

Quelle a été la motivation vous ayant poussé à aller enregistrer cet album en Louisiane ?
Il y a eu plusieurs motivations à ce choix. La première était que, installé aux États-Unis, à New-York, depuis une quinzaine d'années, je porte en moi cette double appartenance à la culture française et américaine. Par ailleurs, avec le nom de CharlÉlie qui est le mien, les gens me demandaient d'où je venais, imaginant qu'avec un tel nom je pouvais être cajun ou autre... Enfin, la "pulse" que j'ai dans la main gauche est davantage du Sud que de la Côte Est des USA. Toutes ces choses ont fait que j'avais envie d'aller voir en Louisiane à quoi cela ressemblait.

Cet album est une sorte de concentré de toute votre carrière, avec un côté très personnel ajouté à une belle ouverture ?
Je crois qu'il y a ce que l'on est et ce que l'on représente. Je me suis efforcé tout au long de ma carrière d'expérimenter des choses très diverses, aussi bien quand j'ai fait la musique de Tchao Pantin que lorsque je travaillais des musiques plus électroniques, cela m'a toujours passionné. Il est vrai que l'image que se fait le public de moi correspond bien à ce qu'il y a dans ce disque. D'ailleurs, je dois avouer que cet album m'est arrivé de manière très naturelle et facile.

Cet album m'est arrivé de manière très naturelle.

Dans le titre éponyme Lafayette, il y a une phrase intéressante : « Si la liberté est reine, je veux être son roi ». Cette sentence résume bien votre carrière et cet album, marqués par une certaine liberté immuable.
Vous avez raison de dire que sous l'aspect d'apparente joie ou musique festive jouée, il y a beaucoup de messages sous-jacents et subliminaux dans ce disque. C'est ce qui fait la particularité de l'amalgame de cultures. Surtout en sachant que, par exemple, lorsque je suis allé faire des concerts en Californie, le public américain s'est très vite aperçu que ce n'était pas exactement de la musique de Louisiane. Ils la connaissent. C'est une musique "plus simple" par rapport à la mienne, qui peut être un peu plus "sophistiquée" dans les enchaînements d'accords, dans le choix des mots... Du coup, c'est ce qui a donné le côté agréable de ce disque où ont participé des musiciens de Louisiane, avec des structures de morceaux venues d'ailleurs.

Ces musiciens sont-ils venus vers vous ou est-ce vous qui êtes allés vers eux ? Nous pensons à Zachary Richard par exemple.
Tout simplement, je lui ai dit que j'étais là et j'étais ravi qu'il puisse se rendre disponible pour participer au disque. Louis Michot des Lost Bayou Ramblers également. Zachary Richard est un artiste connu, qui a fait beaucoup pour la culture cajun mais Louis Michot est un type qui mériterait vraiment d'être connu en France. Il y a beaucoup de musiciens avec qui cela s'est super bien passé.

Votre aventure new-yorkaise s'est arrêtée ? Vous êtes rentré en France ?
C'est plus compliqué que cela. J'ai dit que j'allais passer plus de temps en France. Cela fait 15 ans que je fais des allers-retours. J'ai gardé un atelier et d'autres trucs là-bas, donc j'irai aux États-Unis quand j'aurai des choses à y faire. Malgré tout, comme j'ai la double nationalité, je peux "be there or be here"... (rires)

En France, vous êtes davantage connu pour votre musique plutôt que pour vos autres œuvres. Est-ce que cela vous touche ?
À un moment donné, cela m'attristait un peu de savoir que l'aspect pictural, qui est pourtant essentiel dans ma vie, était considéré comme un "plus". Mais cette idée, c'était avant mon départ à New-York. Depuis, j'ai appris à me construire sur ce que je suis et ce que je fais. Si vous voulez, dans le mois qui vient, j'ai une conférence à faire pour le Salon de la photo, je suis invité d'honneur à la Foire Internationale de Montpellier, j'ai des expos en route... Maintenant si les médias ne veulent pas en parler, et bien tant pis pour eux. J'irai faire des conférences à l'étranger en parlant de l'art, des relations entre l'art et l'artisanat, du rapport entre l'intuitif et le concret, etc. Comme cadeau "bonux", la tournée fonctionne bien et le disque, passé un peu inaperçu lors de sa sortie en 2016, renaît comme un phénix. Chaque fois que l'on se retrouve avec les musiciens, c'est pour prendre notre pied sur scène. Une chose n'empêche pas l'autre. J'ai souvent comparé mon activité à celle d'un triathlète. Toutes mes activités je les mène avec autant d'aciduité, mais si les gens ont pris l'habitude de me voir d'une certaine manière, il est difficile de changer cela.

Vous avez fait le choix d'attaquer la tournée de Lafayette très tard puisque vous aviez décidé de ne faire que des concerts exceptionnels en 2016, expliquant que vous trouviez barbant le côté répétitif des tournées. Est-ce la seule raison de ce choix ?
Il y avait plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, lors de la sortie du disque, les médias n'en ont pas parlé et la maison de disques a baissé les bras tout de suite expliquant que ce disque est un OVNI. Mais je leur ai dit que cela était encore mieux, au contraire, que c'est un disque intemporel, qui aurait pu sortir 10 ans auparavant ou 10 ans plus tard. Dans le monde d'aujourd'hui, les succès doivent être immédiats car une chose chasse très rapidement une autre. Donc, quand le disque n'a pas reçu l'accueil qu'il méritait, j'ai continué et j'ai fait des concerts au coup par coup. Et puis, lorsque je suis rentré en février 2017, les producteurs de la tournée m'ont expliqué être fan de l'album et vouloir lancé des dates. Depuis tout se passe à merveille et les dates vont même perdurer jusqu'en août prochain.

- Soirée Roulez Bayous ! : CharlÉlie Couture + Dans L'Shed, vendredi 10 novembre à 20h30, au Firmament (Firminy) dans le cadre du festival Les Oreilles en Pointe
- CharlÉlie Couture, mardi 9 janvier 2018 à 20h30 au Théâtre des Pénitents (Montbrison)


Dans l'Shed + CharlÉlie Couture


Le Firmament 2 rue Dorian Firminy
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


CharlÉlie Couture

"Lafayette"
Théâtre des Pénitents Place des Pénitents Montbrison
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Marc Chassaubéné : « Nous avons tout fait pour éviter d'engager des frais à perte »

Biennale design | Le président de la Cité du design, vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge du design et adjoint à la culture de la Ville de Saint-Etienne, Marc Chassaubéné, revient pour nous sur la décision de reporter la Biennale internationale design de Saint-Etienne d'une année.

Nicolas Bros | Mercredi 10 mars 2021

Marc Chassaubéné : « Nous avons tout fait pour éviter d'engager des frais à perte »

Décaler de quelques mois la tenue de la Biennale n'était pas envisageable ? Cela faisait partie des options qui étaient sur la table, mais il y a plusieurs difficultés. C'est le calendrier des expositions qui s'enchaînent à la rentrée dans les divers lieux de la Biennale, avec des questions de prêts d'œuvres, et des confrontations d'ordre technique. Le report d'un an offre une certaine sérénité par rapport aux conditions sanitaires, même si nous ne sommes plus sûrs de rien malheureusement... La Biennale internationale design de Saint-Etienne devait se dérouler sur 4 mois d'avril à août avec un investissement de 4 M€ et des retombées estimées à hauteur de 8, 5 M€ ? Nous avons donné ce chiffre-là car c'est celui qui était ressorti de l'étude menée à notre arrivée en 2014, avec plus des retombées se situant à plus de deux fois le budget investi dans l'événement. Ensuite, l'ambition de faire se tenir la Biennale sur toute la période estivale correspond à la volonté de donner une dynamique à tout le territoire dans une période de l'année où nous ne sommes pas identifiés jusqu'à aujourd'hui. Le fait d'aller jusqu'à la fin de l'

Continuer à lire

Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Entretien | Début novembre, Jacques Weber propose de redécouvrir Victor Hugo, à Saint-Just Saint-Rambert. Rencontre avec l’un des plus grands hommes de théâtre de son temps… Et peut-être même plus.

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Avec ce spectacle, vous mêlez un peu toutes les facettes de Victor Hugo, en proposant des lectures de ses textes, lettres, discours, poèmes, romans… Qu’est ce qui vous en a donné envie ? Tout a démarré en 2017, pendant la campagne présidentielle. J’ai constaté que de nombreux candidats citaient Hugo, et j’ai essayé de comprendre pourquoi. Le style épique d’Hugo, son lyrisme, ont ceci d’extraordinaire qu’ils parviennent à faire passer toutes ses idées, et condamnent de fait celui qui écoute à la réflexion. Et puis… J’avais aussi envie de dépiédestaliser cet homme, de le mettre à la portée de n’importe quelle oreille. Donc, je l’ai emmené dans ces endroits pleins d’humanité que sont les bistrots. Des endroits où l’on commente, où l’on s’amuse, où l’on discute. Emmener Hugo au bistrot, c’est aussi permettre à des tas de gens qui ne vont pas au théâtre de le redécouvrir… Il ne faut pas avoir de prétention là-dessus, en se disant qu’on va voir des foules se déplacer. Je crois qu’en France, 1% de la population seulement va au théâtre… Mais oui, d’une certaine manière, on peut malgré tout continuer à espérer que cette prop

Continuer à lire

Terrenoire, la plénitude poétique à la Stéphanoise

Entretien pop | Il existe des moments d’exception et de plénitude que seuls la culture et l’art peuvent apporter. Le premier album du duo Terrenoire est de ceux-là. Raphaël et Théo Herrerias sont une fierté pour notre territoire stéphanois. De véritables artisans de la subtilité, d’une poésie où la sensibilité et la plénitude ont une place à part. Avec Les Forces Contraires, Terrenoire a envoyé un disque en orbite et tout un pan de vie avec. Rencontre avec des frangins entiers et généreux dans leur art. À l'image des Stéphanois en somme.

Nicolas Bros | Jeudi 1 octobre 2020

Terrenoire, la plénitude poétique à la Stéphanoise

Vous avez reçu un bel accueil médiatique sur votre premier album. Quelle sensation cela vous apporte ? Raphaël : Nous sommes étonnement calmes et sereins. Ce disque était vraiment un gros morceau à sortir d’un point de vue émotionnel mais également en terme de travail, avec des mois et des mois de concentration sur la création. Nous avons éprouvé une certaine fébrilité et une excitation avant la sortie. Les retours que nous avons ne sont que du bonheur, sans vouloir être cliché. Ce sont des moments qui permettent de se souvenir ce pourquoi on fait autant d’efforts pour faire de la musique. On a reçu des mots qui nous font du bien et on s’en souviendra. « Nous avons un rapport émotif, émotionnel et affectif avec ces titres qui est vraiment très agréable. » Cet album, intitulé Les Forces Contraires, regroupe un peu ce qui fait la puissance sonore de Terrenoire, c’est-à-dire un mélange entre ténèbres, amour et lumière. Comment avez-vous construit ce disque ? L’écriture a-t-elle duré longtemps ? Théo : Les premiers titres ont été écrits il

Continuer à lire

Haut et fort

Chanson & éloquence | S’exprimer et argumenter en public est un exercice très délicat. Le projet Hauts Parleurs mené par la MJC de Rive-de-Gier et le Théâtre Couzon donnent chaque (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 mars 2020

Haut et fort

S’exprimer et argumenter en public est un exercice très délicat. Le projet Hauts Parleurs mené par la MJC de Rive-de-Gier et le Théâtre Couzon donnent chaque année la possibilité aux jeunes de plus de 8 ans de se frotter à cette activité. Stages intensifs de préparation et rendus publics sont au programme jusqu’au challenge final le 4 avril à la salle Jean Dasté. Mais avant cela, une grosse soirée est prévue le samedi 21 mars avec le concert de CharlÉlie Couture, parrain officiel de l’édition 2020. L’occasion pour ce chanteur-peintre-poète de distiller le blues délicat de son 23e album, sorti en 2019 et intitulé Même pas sommeil, après l'avoir déjà fait au Théâtre de Roanne le 11 mars. CharlÉlie Couture, samedi 21 mars à la salle Jean Dasté à Rive-de-Gier

Continuer à lire

Voyou, ce gentil garnement

Pop | Après des expériences au sein d'Elephanz, Pegase et Rhum for Pauline, Thibaud Vanhooland s'est envolé en solo avec le projet Voyou. Coloré mais aussi profond, l'univers de ce jeune auteur, compositeur et interprète est intéressant. Rencontre avec un artiste qui en a sous le pied.

Nicolas Bros | Mercredi 4 décembre 2019

Voyou, ce gentil garnement

Thibaud, l'environnement et la musique que tu proposes sont finalement un peu en contradiction avec ton nom de scène et tes paroles qui traitent d'une vie citadine parfois cruelle, sans jamais pourtant sombrer dans le cynisme ? Je pense qu’il y a de tout dans la musique comme dans les paroles. Parfois des paroles tristes sur fond de musique plutôt joyeuse, parfois l’inverse, je n’ai pas trop de règle la-dessus tant que les deux se repondent le mieux possible. Tu avais déclaré à nos confrères de France Info : « J'ai beaucoup de mal à laisser des gens toucher au moindre arrangement, j'ai une idée très précise de la musique que je veux faire ». Du coup, as-tu tout contrôlé dans le détail pour ton album "Les Bruits de la ville" ? Oui beaucoup. Après, j’ai quand même coréalisé le disque avec Antoine Gaillet et Diogo Strauss, mais je suis arrivé en studio avec des morceaux deja très arrangés et très proches de leur version finale. Cela nous a laissé le temps de travailler le son, les textures, et d’aller chercher encore un peu plus loin dans les arrangements pour que chaque morceau transmette le plus justement p

Continuer à lire

Axel Kahn : « Un combat magnifique et incontestable »

Culture scientifique | Axel Kahn, médecin, ancien chercheur en génétique et président d'université, essayiste humaniste est devenu président de la Ligue contre le cancer en juin 2019. Il sera de passage à Saint-Étienne jeudi 26 septembre pour une conférence à propos d'un de ses sujets de prédilection : l'éthique. Rencontre avant sa venue en terres foréziennes.

Nicolas Bros | Mercredi 18 septembre 2019

Axel Kahn : « Un combat magnifique et incontestable »

Vous êtes président de la Ligue contre le cancer depuis fin juin 2019. Comment cette nouvelle mission se passe ? Axel Kahn : Cela se passe de manière intense. C'est un combat magnifique et incontestable. Je le dis assez souvent, il est rare que l'on mène une action, un combat qui ne peuvent être contestés. Ici, on lutte contre les cancers et personne ne peut être pour les cancers. On lutte en faveur des personnes malades et personne ne peut être contre ces personnes malades. Cela étant dit, l'éventail de ce qu'il y a à faire contre le cancer, qui est un véritable fléau de société, frappant toutes les familles, est tel que, même lorsqu'on a fait tout ce qu'il était possible de faire compte tenu des heures ouvrées, de la nécessité de dormir un tout petit peu, on n'a malgré tout jamais assez fait. Cela associé à la structure compliquée de la Ligue fait que c'est une tâche extrêmement prenante. Néanmoins, c'est une grande satisfaction. Lutter de toutes nos forces pour éviter que les jeunes tombent dans les trois grandes causes de cancer que sont le tabac, l'alcool et la malbouffe/obésité.

Continuer à lire

Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Chanson | Christian Olivier, chanteur emblématique des Têtes Raides, a sorti un second album solo en juin dernier. Intitulé "After/Avant", cet opus reste dans une veine engagée et musicalement intéressant pour son ouverture à des sons différents de ce dont nous a habitué l'intéressé. Rencontre avec Christian Olivier, avant son passage au Clapier ce vendredi 21 décembre.

Nicolas Bros | Lundi 17 décembre 2018

Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Pourquoi avoir fait le choix de vous lancer en solo en 2016 avec On/Off. Était-ce pour faire une pause avec Les Têtes Raides ? Oui, il était temps de faire une petite pause. Il y avait eu plus de 25 ans de route. C'était une manière de "breaker" un peu et de se ressourcer. J'avais le désir de continuer de faire de la musique, de poursuivre mes histoires graphiques, de lectures musicales, de bande originale de films... Concernant On/Off, j'avais envie d'essayer de nouvelles choses, de travailler avec des gens différents... Par exemple, Edith Fambuena à la réalisation et ça a vraiment été un plaisir. Ça m'a permis de me mettre dans une autre situation. Sur After/Avant, avez-vous travaillé avec la même réalisatrice ? Non, je l'ai fait avec un mec rencontré en studio et avec qui je me suis très bien entendu. Il s'appelle Félix Remy. On a enregistré au studio Pigalle à Paris. Il a vraiment cerné mes attentes. En chemin, je me suis mis à travailler avec Peter Combard, un des deux guitaristes avec qui j'avais déjà travaillé sur On/Off et qui est venu m'épauler sur les machines pour ce deuxième album. F

Continuer à lire

Therapie Taxi : « Être cru est un exercice qui nous plaît, assez grisant »

Pop | Phénomène générationnel du moment chez les millennials multipliant les concerts sold-out, les Français de Therapie Taxi font mouche aux commandes d'une pop frondeuse et tubesque dont les textes explicites et cathartiques cachent une forme de romantisme décadent. Explication de textes avec la chanteuse du groupe, Adé, à l'occasion de la réédition augmentée de leur album "Hit Sale" et d'un concert (sold-out, forcément) au Fil.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Therapie Taxi : « Être cru est un exercice qui nous plaît, assez grisant »

Therapie Taxi c'est d'abord le contraste entre une forme très tubesque et un fond assez noir et violent. Mais surtout des textes très crus et un sujet récurrent, le sexe, abordé très frontalement. Comment avez-vous défini cette approche, assez nouvelle hors du rap ? Adélaïde Chabannes de Balsac, dite Adé : On ne l'a pas vraiment définie. C'est un peu arrivé comme ça. Le premier parti pris a été de chanter en français. C'est un choix qu'on a fait très tôt, avant même de s'appeler Therapie Taxi. On avait commencé à chanter en anglais, comme tout le monde, mais on a vite vu que c'était assez pourri (rires). Et puis, ça nous a amené une certaine liberté par rapport aux textes, davantage dans l'intimité de ce qu'on raconte. Il y a d'abord eu Salop(e) que Raph [le chanteur du groupe – NDLR] ava

Continuer à lire

Première vidéo "Dans l'Oeil du Petit Bulletin Saint-Étienne"

Nouveau format d'interview | Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 novembre 2018

Première vidéo

Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier Bachelard de l'association Face à Face qui s'est prêté au jeu. Vous pouvez retrouver cette première juste en -dessous. N'hésitez pas à partager cette vidéo et à nous donner votre avis sur notre page Facebook.

Continuer à lire

Jeanne d’Arc sort le costard à Payet

Humour | Alors que le cinéma français lui fait les yeux doux depuis une petite dizaine d’années, Manu Payet remonte sur scène pour un deuxième one-man où il se livre… quasi entièrement. Rencontre.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Jeanne d’Arc sort le costard à Payet

Pourquoi un deuxième spectacle 10 ans après le premier ? La scène vous manquait ? Je crois que j’ai juste été pas mal occupé… Lorsqu’on a arrêté de tourner avec le 1er spectacle, je suis parti sur des films, et puis vous savez, je suis un garçon, je ne peux faire qu’une seule chose à la fois ! Et puis le public a semblé être demandeur d’un nouveau spectacle. Je me suis finalement laissé amadouer par les petits mots trop charmants des gens. Pas trop difficile, de se retrouver tout seul, après de nombreuses aventures collectives ? En fait, je suis vraiment très heureux de retrouver la scène. Ça aurait été con de ne pas y aller. J’avais oublié cette sensation, la scène, c’est un saut en parachute, un vertige que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Je trouve qu’il y a une limite très ténue entre se raconter et concerner tout le monde, et se raconter et gêner tout le monde. Dans ce spectacle, vous vous racontez, beaucoup… Ce n’est pas un peu impudique, de parler de soi comme ça ? Je trouve qu’il y a une limite très ténue entre se raconter et concerner t

Continuer à lire

Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Fête du livre | Le Normand Michel Bussi, professeur de géographie à l'université de Rouen, est également un écrivain à succès. Parrain de la 33e édition de la Fête du livre, il présentera Sang Famille, son dernier ouvrage et sera omniprésent entre dédicaces, Mots en scène et débats. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 2 octobre 2018

Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Que représente pour vous le fait d'être parrain de la Fête du livre de Saint-Étienne ? Michel Bussi : Je suis venu déjà à trois reprises à la Fête du livre et j'ai beaucoup aimé l'ambiance très particulière qui règne dans ce salon, son originalité... Je suis très fier d'en être le parrain cette année. C'est un événement regroupant le livre, le théâtre, la musique... Il y a énormément de choses qui se passent dans ce salon. Ce n'est pas seulement venir signer des livres, c'est une véritable fête. Rendre le livre le plus accessible possible, le mélanger à plein d'autres émotions, c'est ça qui m'a plu. Qu'est-ce que vous aimez particulièrement à Saint-Étienne ? C'est objectivement un des plus gros salons en France, tout en restant à taille humaine. On ne ressent pas cette oppression qui peut se faire ressentir dans certaines grosses manifestations littéraires gigantesques, qui peuvent perdre leur âme. À Saint-Étienne, ça reste très populaire, organisé avec de nombreux événements. Ça me fait un peu penser à Quais du polar dans cette volonté d'être original tout en restant proche des lecteurs. La Fête du livre est au cœur de l

Continuer à lire

Afrodisiaque

Sono mondiale | Depuis vingt et un ans déjà, le festival La Rue des Artistes promet trois jours de cirque et de musique tous azimuts, dans la rue comme sur scène. Parmi (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 juin 2018

Afrodisiaque

Depuis vingt et un ans déjà, le festival La Rue des Artistes promet trois jours de cirque et de musique tous azimuts, dans la rue comme sur scène. Parmi les têtes d’affiche du cru 2018, CharÉlie Couture (en plein bayou), Sergent Garcia (avec Bruno mais sans Bernardo) et Magyd Cherfi (qui avait fait faux bond l’an passé). Les nostalgiques de la grande époque des Touré Kunda seront aussi à la fête : la mythique fratrie sénégalaise fait cette année son grand retour avec l’album Lambi Golo (Soulbeat Records), mettant ainsi fin à dix ans de silence radio. Par son travail de défricheur à l’aube des années quatre-vingts, le groupe a servi de boussole pour d'autres artistes africains qui se sont imposés à leur tour dans le paysage musical international. Les Frères Smith sont quant à eux frangins par la musique et non pas par le sang. Entre afrobeat, afrofunk et ethiopic, le même afrogroove coule dans les veines de ces onze musiciens-contrebandiers. Le collectif parisien arpente les scènes françaises et européennes depuis une grosse décennie, avec une énergie explosive et contagieuse. Les Frères Smith le 16 juin, Touré Kunda le 17 juin, au parc Nelson Mandela à

Continuer à lire

Couture, Cherfi et Garcia dans la Rue des Artistes

Festival | La 21e édition du festival couramiaud de musique et d'art de rue La Rue des Artistes a dévoilé son affiche et sa programmation. Comme d'habitude, des têtes (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 mars 2018

Couture, Cherfi et Garcia dans la Rue des Artistes

La 21e édition du festival couramiaud de musique et d'art de rue La Rue des Artistes a dévoilé son affiche et sa programmation. Comme d'habitude, des têtes d'affiches prendront place dans le parc Nelson Mandela. Cette année, ce sont Magyd Cherfi (Zebda), CharlÉlie Couture et sa musique du Bayou, Sergent Garcia, Touré Kunda ou encore Che Sudaka qui se présenteront à Saint-Chamond. 21e Rue des Artistes, du 15 au 17 juin 2018 dans le parc Nelson Mandela à Saint-Chamond Plus d'infos et programmation complète du festival à retrouver juste ici

Continuer à lire

Haroun : « L'humour ne doit pas vexer »

Humour | Incontournable sur YouTube où il a successivement "cassé la télé", organisé une "tournée des barbeuks" et mis en ligne des sketchs et spectacles inédits, le jeune humoriste Haroun est désormais en tournée. Il passera au Centre des Congrès pour le festival des Arts Burlesques avec un seul mot d'ordre : #OnRigoleBienSaintEtienne !

Nicolas Bros | Mardi 6 février 2018

Haroun : « L'humour ne doit pas vexer »

Vous avez débuté par l'impro et la danse hip-hop. Comment en êtes-vous arrivé à l'humour ? Haroun : J'ai toujours voulu faire de l'humour. L'idée a germé assez tôt dans ma tête. Un jour, un ami m'a inscrit en secret à un festival de café-théâtre étudiant. J'ai eu un mois pour écrire un sketch, je l'ai fait et cela a très bien marché. J'ai eu envie de poursuivre sur le format "seul-sur-scène", en stand-up. Le stand-up correspond à la contrainte de devoir jouer dans différentes scènes ouvertes, avec seulement un micro. Cette simplicité m'a plu et j'ai commencé à me produire dans ces salles presque tous les soirs au cours de l'année 2015. Vous êtes passé par le Jamel Comedy Club et d'autres scènes. Qu'est-ce que cela apporte ? Le Jamel Comedy Club correspond à un moment où j'avais déjà une expérience scénique avancée. C'est en faisant des scènes ouverte, avec très peu de spectateurs, que l'expérience se forge. Il faut essayer de capter un public qui ne vous attend pas forcément, en quelques minutes, au milieu d'une liste d'humoristes qui se succèdent. C'est là que l'on apprend à jouer avec les silences, avec son rythme, a

Continuer à lire

Rone : "Faire un album plus solaire"

Electro | Le funambule électronicien Rone est de retour avec "Mirapolis", un quatrième album plus coloré et aux sons mêlant encore davantage électronique et organique. Sublimé par une pochette et un univers dessiné par Michel Gondry, cet opus est une envolée dans les méandres d'une ville magique où Erwan Castex (vrai nom de Rone) nous guide.

Nicolas Bros | Mardi 28 novembre 2017

Rone :

Mirapolis est beaucoup moins sombre que Creatures, votre opus précédent. Pourquoi un tel changement ? Il y a une part d'inconscient là-dedans. Les compositions sont très liées à des périodes de ma vie. Pour Creatures, je traversais un moment un peu difficile et je pense que cela a déteint sur ma musique. En commençant Mirapolis, je souhaitais faire un album plus solaire car je m'étais rendu compte qu'il existait une certaine noirceur dans Creatures. Mais je ne suis finalement pas totalement maître de cela. Quand je compose, je me laisse porter par la musique. Le résultat peut inclure de la mélancolie. D'ailleurs, Mirapolis contient tout de même une grande part de mélancolie... Oui, mais je pense que ce disque est plus contrasté que le précédent. Il possède quelque chose de mélancolique tout en tirant vers le haut, en étant plus joyeux. Vous vous êtes encore entouré de nombreux artistes dont Saul Williams, Baxter Dury ou John Stanier (B

Continuer à lire

Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Rencontre | Avec Un Loup pour l'homme, nominé pour les prix Goncourt et Fémina, Brigitte Giraud livre le roman qui l'habitait depuis toujours et l'histoire dont elle est issue. Celle d'Antoine, un appelé d'Algérie qui découvre en soignant les autres les horreurs de cette guerre dont tout le monde tait le nom. Et de sa femme venue donner la vie sur ce théâtre de mort.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Un Loup pour l'homme romance l'expérience de votre père durant la guerre d'Algérie et de votre mère qui l'a rejoint pour vous mettre au monde. Comment ce qui était au départ un sujet familial est devenu un sujet littéraire ? Brigitte Giraud : De plus en plus, je pense être devenue écrivain pour écrire ce livre. Sur ma carte d'identité, il est écrit « née à Sidi-Bel-Abbès, Algérie » et ce mot, Sidi-Bel-Abbès, est devenu quelque chose de très intime. J'avais ça dans un coin pas tellement reculé de ma tête mais cela m'effrayait d'ouvrir la boîte noire contenant ce qui s'était passé pour mon père pendant la guerre d'Algérie. Il fallait que je prenne le temps de parler avec lui. Ce n'était pas impossible ou tabou mais parfois il faut des années pour s'embarquer sur une voie aussi forte. Il fallait aussi que je me sente un peu plus armée en tant qu'écrivain pour construire un objet littéraire à partir de cela. Et d'un autre côté, ce qui m'a fait ouvrir cette boîte, c'est que je voulais le faire pendant qu'il était temps. Vous n'en aviez jamais parlé avec votre père ? Mon père disait simplement qu'il n'avait ja

Continuer à lire

CharlÉlie revient à la haute Couture

Chanson / rock | Mettant en avant son incompréhension voire son dégoût face à l’élection de Donald Trump (« ce taré de première a changé la donne et me donne des haut-le-cœur (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

CharlÉlie revient à la haute Couture

Mettant en avant son incompréhension voire son dégoût face à l’élection de Donald Trump (« ce taré de première a changé la donne et me donne des haut-le-cœur chaque fois que je vois sa gueule de con proférer des ignominies » et paf !), CharlÉlie Couture met fin à quinze années d’exil artistique, quittant New-York pour revenir à la case départ sur le vieux continent. Grand bien lui fasse, le chanteur touche-à-tout, artiste complet, écrivain, conférencier, dessinateur, sculpteur, peintre ou photographe quand il déchante comme un avion sans aile, CharÉlie "is coming back" avec un nouvel album, Lafayette. À soixante et un balais, le bonhomme a fait le ménage dans sa galerie de Manhattan mais conserve un pied-à-terre dans Big Apple et sa double-nationalité. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Pour autant, le natif de Nancy ne cesse de chanter en français dans le texte. Après l’album ImMortel qu’avait produit en 2014 le Lyonnais (nul n’est parfait) Benjamin Biolay, Monsieur Couture s’habille de musique cajun pour ce vingtième album studio, avec une "treizaine" de nouveaux titres emprunts d’un blues chaud et humide comme le bayou, enregistrés en L

Continuer à lire

Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

SCENES | Directeur de La Comédie de Saint-Étienne depuis 2011, Arnaud Meunier a fait de l’ouverture à la diversité et de la programmation d’auteurs vivants sa marque de fabrique. Il nous explique comment La Nouvelle Comédie lui donne les moyens de plus grandes ambitions.

Houda El Boudrari | Mardi 12 septembre 2017

Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

Que symbolise cette nouvelle Comédie pour la ville, sa politique culturelle et son rayonnement national, voire international ? Cette nouvelle Comédie s’inscrit pleinement dans le renouveau de l’image de Saint-Etienne à travers trois grands marqueurs que sont le design, le sport et la culture, avec sur ce dernier volet une importance singulière pour le théâtre. Car il ne faut pas oublier que la ville a été pionnière dans la politique de décentralisation menée après-guerre avec la création par Jean Dasté de La Comédie de Saint-Etienne en 1947, juste après le CDN de Colmart. La visibilité du théâtre stéphanois se mesure au nombre de représentations des spectacles produits par La Comédie de Saint-Étienne et au prestige des lieux qui les accueillent. Truckstop 1, a été programmé l’année dernière au In du festival d’Avignon pour la première fois depuis 45 ans. Grâce aux moyens techniques de notre nouveau bâtiment, nous pourrons désormais produire des spectacles de plus grande envergure, qui représenteront dignement le théâtre stéphanois. Ma

Continuer à lire

Mathieu Boogaerts : « La chanson, je l’ai au bout de la langue »

MUSIQUES | Vous avez déclaré pouvoir « passer plus de 25 heures à parler de vos chansons », est-ce vrai ? Tout à fait, j’en parle bien dans le sens où je maîtrise le (...)

Nicolas Bros | Vendredi 2 juin 2017

Mathieu Boogaerts : « La chanson, je l’ai au bout de la langue »

Vous avez déclaré pouvoir « passer plus de 25 heures à parler de vos chansons », est-ce vrai ? Tout à fait, j’en parle bien dans le sens où je maîtrise le sujet, je suis très loquace et j’aime bien expliquer ce que je fais. Par contre, il demeure une zone de mystère, à savoir pourquoi j’ai envie de faire ça, pourquoi ce que je fais ressemble à ça et pas à autre chose. Je n'ai pas d’explication sur le fait que la musique que je fais est ce qu’elle est et pourquoi je ne fais pas du hard-rock ou encore de la boucherie ou de la peinture de bâtiment. Je n’en ai aucune idée. À propos de votre dernier album Promeneur, j'ai lu que vous avez mis plus d'une année à l'enregistrer. Est-ce votre manière habituelle de fonctionner ? C’est faux, je n’ai pas mis plus d’un an. Pour moi, un disque correspond à deux choses. Tout d’abord écrire un répertoire de chansons. La deuxième étape, c’est de fixer ce répertoire, de l’enregistrer, de le photographier... En ce qui concerne l’écriture des chansons, cela m’a pris le même temps que d’habitude, c’est difficile à quantifier car quand je commence à écrire, je ne pars pas de r

Continuer à lire

20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Interview électro/hip-hop | Après Hocus Pocus et C2C, le Dj et beatmaker nantais 20Syl s'est lancé dans un nouveau projet electro/hip-hop au nom très spirituel : AllttA. Aux côtés de Mr J. Medeiros (du groupe The Procutions), ils ont dévoilé The Upper Hand, un opus de belle facture qui secoue les têtes et fait vibrer les mollets. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 6 juin 2017

20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Est-ce que vous pouvez nous expliquer la rencontre avec Mr J. Medeiros ? C'était en 2004 ou 2005, lorsqu'on était en studio avec Hocus Pocus en train d’enregistrer l’album 73 Touches. On a vu The Procussions, le groupe de Jason en concert et nous avons eu un vrai coup de cœur. Nous les avons invités le temps d’une journée "off" sur leur tournée à nous rejoindre en studio et dans notre émission de radio. La connexion s’est faite comme ça et depuis nous sommes restés en contact jusqu'à monter AllttA ensemble. Est-ce plutôt vous ou lui qui êtes à l’initiative du projet AllttA ? C'est "J" qui m’a proposé ce nom AllttA et ça a été le déclic visuel pour moi. J’ai réussi à me projeter, à imaginer les choses qu’on allait pouvoir décliner à partir de là. J’ai besoin de ce côté visuel pour me lancer dans un projet musical. À partir de là, nous avons commencé à réunir toute la matière que nous avions déjà échangée dans le but de sortir un EP ou un album. Lorsque l'on écoute votre album The Upper Hand, on sent un côté sonore très organique et hip-hop malgré le fait qu'il y ait beaucoup d’électro. C

Continuer à lire

Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

Interview | Cinquième long-métrage de Valérie Lemercier, "Marie-Francine" est sans doute le plus réussi. Et n’est pas (uniquement) une comédie. Rencontre avec la coscénariste/réalisatrice/interprète.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

Est-il facile de signer une comédie romantique ? Valérie Lemercier : C’est ma première histoire d’amour au cinéma, et elle est venue malgré moi. À l’écriture avec Sabine Haudepin, je redoutais que ce soit "uc-uc". Le sujet était la résurrection de Marie-Francine, je ne voulais pas qu’elle soit trop victime : les victimes, on a envie de leur en remettre un coup, c’est humain. Alors j’ai beaucoup raccourci au montage. Il y a une évidence entre Patrick Timsit et vous à l’écran. Comment est né ce couple ? Cette évidence était évidente pour moi ! Elle ne l’était probablement pas sur le papier, mais je savais que le choix de Patrick serait bon, car il me plaisait dans la vie – ce n’est pas plus compliqué que cela. Il a du charme, c’est l’homme idéal, il a l’âge du rôle, il pouvait faire portugais… Et je voulais qu’on voie ce que moi j’avais vu – même si je ne l’avais jamais vu sur scène avant de lui proposer le rôle. Je voyais bien qu’il pouvait être Miguel et que ce ser

Continuer à lire

Flavia Coelho : « Toujours garder du positif »

Sono mondiale / Festival | La chanteuse brésilienne Flavia Coelho possède cet optimiste ultra-communicatif, au quotidien mais aussi et surtout sur scène. Avec son troisième album Sonho Real, elle continue son petit bout de chemin pour proposer une lecture musicale unique, avec un son rythmé et mélangé tout en possédant un caractère engagé. Rencontre.

Nicolas Bros | Mercredi 7 juin 2017

Flavia Coelho : « Toujours garder du positif »

Il paraîtrait que Sonho Real, votre dernier album sorti en 2016, n'était pas réellement prévu et que votre maison de disques vous a poussé à le faire. Comment la composition de cet album s'est-elle déroulée ? Flavia Coelho : La composition s'est faite comme d'habitude avec Victor Vagh, mon producteur depuis le début de mes aventures musicales. En fait, ce qui s'est passé avec cet album, c'est que la maison de disques était très contente du deuxième album et m'a dit: « c'est très bien Flavia, on n'a pas besoin d'album, rentre à la maison, fais ta vie ! » Avec Victor, nous nous sommes retrouvés dans notre studio et nous avons commencé à composer de nouveaux titres, mais sans pression, puisque nous ne devions pas sortir de nouvel album... Quelques mois sont passés et la maison de disques est revenue à la charge en nous disant qu'elle aimerait finalement un nouveau disque mais pas un EP, un album complet. Nous avions déjà une dizaine de titres composés. C'est vrai que nos chansons se sont créees au fil de la tournée car nous n'arrêtons jamais. Nous allons d'ailleurs fêter no

Continuer à lire

"Les Fantômes d’Ismaël" : critique et entretien avec Arnaud Desplechin

Le film de la semaine | Arnaud Desplechin entraîne ses personnages dans un enchâssement de récits, les menant de l’ombre à la lumière, de l’égoïsme à la générosité dans un thriller romanesque scandé de burlesque, entre John Le Carré, Bergman, Allen et Hitchcock. Vertigineusement délicieux.

Vincent Raymond | Mercredi 17 mai 2017

Revoici Desplechin en sa pépinière cannoise, là où il a éclos et grandi. Qu’il figure en compétition ou pas importe peu, désormais : les jurys l'ont, avec une constance confinant au gag, toujours ignoré. De par sa distribution glamour internationale, Les Fantômes d’Ismaël convient à merveille pour assouvir l’avidité multimédiatique d’une ouverture de festival. Il allie en sus les vertus quintessentielles d’un film d’auteur — d’un grand auteur et d’un grand film. Ismaël en est le héros paradoxal : inventeur d’histoires, ce cinéaste se trouve incapable de tourner après que Carlotta, son épouse disparue depuis vingt ans, a refait surface dans sa vie. Plus fort que ses fictions, ce soudain coup de théâtre a en outre provoqué le départ de sa compagne Sylvia… Du grand spectral Si Desplechin exprime ici un désir frénétique de romanesque, il montre que l’imprévisibilité de l’existence surpasse par son imagination la plus féconde des machines à créer… dans le temps qu’il démultiplie les déploiements

Continuer à lire

Les premiers noms des Oreilles en Pointe 2017

Festival | Deux premiers noms de la 27e édition du festival découverte chansons en Ondaine, Les Oreilles en Pointe, viennent d'être dévoilés. Tout d'abord, les rockers (...)

Nicolas Bros | Vendredi 28 avril 2017

Les premiers noms des Oreilles en Pointe 2017

Deux premiers noms de la 27e édition du festival découverte chansons en Ondaine, Les Oreilles en Pointe, viennent d'être dévoilés. Tout d'abord, les rockers bretons de Matmatah qui reviennent en 2017 avec un nouvel album, Plates coutures, après neuf ans d'absence et qui fouleront la scène de La Forge au Chambon-Feugerolles le 16 novembre prochain. Le 10 novembre ce sera CharlÉlie Couture qui montera sur la scène du Firmament de Firminy. Matmatah, le 16 novembre à 20h30 à La Forge au Chambon-Feugerolles CharlÉlie Couture, le 10 novembre à 20h30 au Firmament à Firminy Plus d'infos sur le festival : Les Oreilles en Pointe

Continuer à lire

Spagg (Le Peuple de l'Herbe) : « C'est joli de pouvoir durer »

Interview | Huitième album et 20 ans de carrière, Le Peuple de l'Herbe arrive à se renouveler et à continuer d'exister malgré les années qui passent... Spagg : Oui, on (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 avril 2017

Spagg (Le Peuple de l'Herbe) : « C'est joli de pouvoir durer »

Huitième album et 20 ans de carrière, Le Peuple de l'Herbe arrive à se renouveler et à continuer d'exister malgré les années qui passent... Spagg : Oui, on peut dire que c'est pas mal. C'est assez joli de pouvoir durer comme ça. Nous essayons de nous renouveler. C'était déjà le cas sur l'album précédent en 2014, où il y avait un nouveau guitariste et un côté rock un peu plus présent. Sur ce huitième disque, Varou, le guitariste, s'est réellement adapté et est complètement intégré. Et le grand changement sur ce nouvel album, c'est l'arrivée d'Oddateee au chant. C'est une évolution significative pour nous, car la venue d'un nouveau chanteur c'est important. Il s'est intégré au groupe assez facilement. Il est originaire du Bronx à New-York mais il vit à Lyon depuis longtemps. Il est là pour toutes les répétitions. Oddateee a été lié pendant un temps au groupe High Tone, qui est assez proche de vous. Est-ce la raison de sa venue dans le groupe ? Pour le septième album, nous n'avions plus que JC 001 au chant. Auparavant, Sir Jean était notre deuxième chanteur depuis longtemps. Nous avions l'habitude d'avoir de

Continuer à lire

Rover : « Enregistrer sur un chant céleste »

Pop-rock | Après l'impressionnant Aqualast, le vagabond Rover, revenu de tout et surtout de partout, a passé avec succès l'épreuve de la confirmation avec Let it Glow. Réussissant le tour de force, aux commandes de cette étrangeté apatride qui fait sa singularité, de faire plus avec moins et de sonner cosmique avec des méthodes d'enregistrement terre à terre. Rencontre du troisième type et du second album. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 mars 2017

Rover : « Enregistrer sur un chant céleste »

Avec votre premier album Aqualast, vous êtes passé en quelques mois d'une vie à reconstruire après votre expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment avez-vous encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'Aqualast, dans quelles conditions et quel état d'espr

Continuer à lire

Olivier Peyricot : « Le design est un acteur de poids dans la société »

3 questions à... | Directeur Scientifique de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2017, Olivier Peyricot est également directeur du pôle Recherche de la Cité du design. Il revient pour nous sur la thématique et les orientations de cette 10ème édition entre mutation du design objet vers un design d'usage et la volonté de mettre en lumière l'expérimentation.

Nicolas Bros | Jeudi 9 mars 2017

Olivier Peyricot : « Le design est un acteur de poids dans la société »

Pourquoi avoir choisi la thématique des mutations du travail ? La question du travail est un sujet en tension dans la société. Il est affleurant un peu partout. Avoir un travail pour avoir une présence sociale, cela compte beaucoup dans notre mode de vie. Il y a également de nombreuses tensions économiques et politiques autour du travail. L'actualité est très forte autour de ce sujet. Il suffit de se tourner vers la loi El Khomri et d'observer tout ce que ce changement cristallise. Il y a aussi une différence à entrevoir entre "travail" et "emploi". Ce n'est pas forcément fait dans les médias ou par les politiques. L'emploi, tel qu'on l'a connu, disparaît. Ce qui n'est pas le cas pour le travail. Ce dernier est en train de muter avec l'arrivée du numérique ou de nouvelles organisations sociales et innovantes... Les choses changent et c'est ce que nous allons essayer de pointer durant la Biennale. Sachant que le design change également. « Le design est sous influence des usages.» Nous passons d'un design d'objet à un design d'usage ? Le design est sous influence des usages. Il y a eu

Continuer à lire

Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Rencontre | Avec Et si je les tuais tous madame ?, l’auteur et metteur en scène burkinabé nous offre un spectacle poético-politique, mêlant la violence d’un texte incisif au rythme de la musique hip hop du groupe Faso Kombat. Propos recueillis par Houda El Boudrari.

Houda El Boudrari | Mercredi 1 février 2017

Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Quelque part dans le monde, un homme sur le trottoir d’une ville interpelle une conductrice qui attend que le feu passe au vert. Dans ce moment de suspension, Lamine dévide son histoire, celle de sa famille, et les tourments de son exil. Comment raconter toute une vie le temps d’un feu rouge ? Aristide Tarnagda : Au départ, j’avais écrit ce texte pour l’acteur qui le joue, Lamine Diarra, en réponse à une première pièce Les larmes du ciel d’août qui donnait la voix à la femme restée seule au pays à attendre le père de son enfant. Mais pendant la mise en scène, j’ai ressenti la nécessité d’introduire de la musique pour donner corps à ce texte, et incarner cette parole portée par plusieurs voix : Lamine, l’ami d’enfance Robert mort de n’avoir pas pu soigner son paludisme, le père, la mère. Pour la scénographie, j’ai décidé de faire confiance à la magie des mots et l’intelligence du spectateur. Le feu n’est donc pas représenté, pas de signe de voiture, rien qu’un plateau nu : que des mots, le corps, la voix, et l’énergie de l’acteur devraient participer à créer l’illusion de la rue. On a l’impression que le "ciel d’

Continuer à lire

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

4 questions à... | Après avoir campé dans Steve Jobs un créateur d’ordinateur, Michael Fassbender endosse pour l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed le double rôle de Cal et d’Aguilar, coiffant en sus la capuche de coproducteur. Il mise gros jeu…

Vincent Raymond | Mercredi 4 janvier 2017

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la “physicalité” du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa “mémoire génétique”. Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écrits, pour avoir

Continuer à lire

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clefs fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [NDLR le créateur d’Actuel et de Nova] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen — qui, dans la vraie vie, fait de la boxe — s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ? Il a été une sorte d’accoucheur pour ce road movie que je ne voulait pas linéaire, ni plat. J’avais lu ses scénarios pour Pierre Salvadori (Hors de Prix, De vrais mensonges…) ou Anne Fontaine (La Fi

Continuer à lire

1000 Chevaux Vapeur : « De l'amour pour la musique »

MUSIQUES | Il a la fougue de la jeunesse et propose une musique sans pression. Théo Herrerias, petit-frère de Raphaël, propose, avec son projet 1 000 Chevaux Vapeur, un univers musical baignant dans une electronica très actuelle, où sa voix côtoie les sons synthétiques doux et colorés. Une découverte stéphanoise qui devrait faire parler d'elle, notamment en étant le seul artiste stéphanois retenu dans la sélection Rhône-Alpes pour le Printemps de Bourges 2017. Rencontre avec le jeune homme de 20 ans qui vient de sortir son premier EP Animals.

Nicolas Bros | Jeudi 1 décembre 2016

1000 Chevaux Vapeur : « De l'amour pour la musique »

Comment en êtes-vous arrivé jusqu'au projet 1000 Chevaux Vapeur ? J'ai aujourd'hui 20 ans mais j'ai commencé à faire de la réalisation, des productions depuis que j'ai 14 ans. Tout cela avant de monter le groupe ARTFKT, dans lequel je chante et je joue du saxophone. Du coup, j'avais un profil sur soundcloud qui était mon labo d'expérimentation sur lequel je partageais mes créations perso. Cela m'a permis d'obtenir des avis sur ce que je faisais mais également d'être repéré par David Rivaton de l'agence WAB. L'idée ensuite était d'ancrer un projet musical avec un nom, une orientation. D'où l'aventure 1000 Chevaux Vapeur. Dans 1000 Chevaux Vapeur, vous continuez à jouer du saxo ? Oui, même si c'est moins présent que lorsque je joue avec ARTFKT par exemple. Je trouve intéressant le fait que quelqu'un qui soit derrière les machines puisse aussi jouer d'un instrument organique sur scène. C'est important. Comment êtes-vous arrivé au saxophone ? La véritable raison est une BD de Martine... Je me souviens d'une illustration d'un saxophone dans une page de Martine à la fête foraine

Continuer à lire

Dub Inc, le grand périple

MUSIQUES | Après la sortie de son sixième album So What en septembre dernier, Dub Inc repart sur les routes d'Europe et du monde pour une nouvelle tournée avec quatorze nouveaux titres toujours aussi punchy. Avant le très attendu concert au Zénith de Saint-Etienne le 17 décembre, nous avons rencontré deux membres incontournables du collectif, tout d'abord, Komlan, chanteur.

Niko Rodamel | Mercredi 30 novembre 2016

Dub Inc, le grand périple

Avec son reggae ravageur métissé de dancehall, de musique kabyle et diverses autres influences world, Dub Inc s'est imposé comme la formation la plus emblématique du genre, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de l'Hexagone. La production discographique régulière du groupe permet de relancer de façon quasi-ininterrompue de longues séries de concerts, lesquelles font à leur tour la preuve d'un succès qui ne cesse de grandir et de s'exporter sur les cinq continents. Komlan tente d'expliquer les raisons d'une telle longévité. « Dub Inc est né il y a dix-huit ans et je pense que l'on a su garder un certain équilibre entre nous. On reste un groupe de potes qui aiment faire de la musique ensemble, comme une seconde famille au sein de laquelle tout le monde est au même niveau, sans aucune hiérarchie. Le fait que notre travail porte ses fruits facilite pas mal les choses, l'aventure continue dans une émulation toujours positive. Et puis, avec le temps, on a su s'entourer de gens qui ont une énergie plutôt cool, avec qui on est humainement en phase. C'est très important. » Le tout nouvel album semble apporter un vent de fraîcheur au collectif, avec des sonorités inéd

Continuer à lire

Stéphane Buriez : « Le metal, c'est ma vie »

Loudblast | Loudblast, c'est plus de trente ans d'existence et six albums aussi furieux les uns que les autres. Un groupe de trash et de death metal, pionnier du genre en France, qui continue de représenter fièrement la scène française dans le monde et qui n'est - bizarrement - jamais passé à Saint-Étienne. L'occasion était belle de parler de ce genre souvent mis de côté à tort par les médias. Rencontre avec Stéphane Buriez, fondateur, chanteur et guitariste du groupe, qui présente également la seule émission metal du PAF : Une Dose 2 Metal.

Nicolas Bros | Mardi 1 novembre 2016

Stéphane Buriez : « Le metal, c'est ma vie »

Comment la scène metal a-t-elle évolué depuis 30 ans en France ? Stéphane Buriez : Je t'avouerais qu'il y a 30 ans, on n'appelait même pas ce style du "metal" mais du "hard rock". Quand on a débuté avec Loudblast, en 85, nous étions un groupe de lycéens, de potes. Nous avons commencé à faire ça en tant que fans de musique, nous avons appris à jouer de nos instruments et de fil en aiguille nous sommes devenus professionnels. Aujourd'hui, le metal est un style musical parmi les plus prolifiques. On a tendance à dire que le metal reste le même genre de musique, avec les clichés qui s'y rapportent : des mecs aux cheveux longs qui jouent sur des grattes saturées et qui font du bruit... Mais c'est surtout un grand sous-ensemble du rock'n'roll, tout simplement. Quand tu es ado, tu es attiré par le côté le plus extrême de cette musique et tu évolues en grandissant. C'est d'ailleurs ce qui est génial avec ce style. Si tu creuses un peu, les grands-parents du metal étaient Elvis, Deep Purple ou encore Black Sabbath. J'ai eu la chance d'avoir un oncle qui m'a donné toute sa collection de disques et des amis de mon grand-frère qui écoutaient AC/DC, P

Continuer à lire

Arno : « Il n'y a plus de rock'n'roll »

MUSIQUES | Après trente-deux albums studio, Arno est revenu en humain, tout simplement. Recentré sur la voix, la guitare, la basse et la batterie, Human Incognito est un album qui laisse apparaître une certaine nostalgie mais qui conserve l'énergie qui a fait le succès du plus grand rocker belge. Rencontre épique avec le très direct Arno, avant sa venue aux Oreilles en Pointe 2016.

Nicolas Bros | Lundi 7 novembre 2016

Arno : « Il n'y a plus de rock'n'roll »

Vous dites que vous êtes un voyeur de l'être humain et que vous absorbez tout ce qui se passe autour de vous. C'est tout ceci qui vous aide à écrire ? L'être humain est mon inspiration pour faire de la musique et pour écrire des textes. Comme je l'ai toujours dit, je suis influencé par tout ce qu'il fait de bien mais aussi de mal. Tout le bazar qu'il peut faire. On vit peut-être pour le moment comme dans les années 30. Je n'ai pas vécu cette décennie mais de ce que je sais de l'histoire, on se retrouve dans le même bazar... Le conservatisme est en érection comme la Tour Eiffel. Mais ce n'est pas seulement en Europe. Quand tu regardes ce qu'il se passe en Amérique, avec une figure comme Donald Trump pouvant devenir président des États-Unis... il y a cinq ans c'était impossible. « Quand je m'ennuie, je suis dans les bars et c'est très mauvais pour mon foie. » Est-ce que les attentats ont provoqué une réaction des artistes du côté de la Belgique ? Il n'y a rien eu du tout. Nous ne sommes pas dans les années 60... Aujourd'hui, il n'y a plus de rock'n'roll. Il n'y a plus de révolution d

Continuer à lire

The Dizzy Brains

3 questions à | Quatuor venu de Madagascar, The Dizzy Brains fait sensation depuis six mois par des prestations scéniques incandescentes où garage rock à la Stooges mâtiné de french pop sixties se mêlent pour en faire l'un des groupes les plus excitants du moment. Propos recueillis par Sébastien Broquet

Sébastien Broquet | Mardi 5 juillet 2016

The Dizzy Brains

Qu'apportez-vous de plus pour susciter un tel engouement depuis les Transmusicales ? Dans notre musique, rien : on a pris du vieux pour faire du neuf. Rien ne se crée plus dans le rock, il faut juste que tu aies les bonnes bases pour faire du bon rock. Mais la chose que l'on a apporté, c'est le fait de montrer, que ce soit aux yeux de Madagascar ou aux yeux du reste du monde, que les Malgaches font aussi du rock. C'est possible. Comment êtes-vous perçus à Madagascar ? Quand on a commencé à faire des petits tours dans les bars de Tana (ndlr : Antananarivo, la capitale), on nous montrait du doigt comme étant des mauvais garçons (qui n'ont pas réussi leurs vies, qui sont là à fumer devant une guitare) ; mais malgré tout, on n'a jamais voulu abandonner, on organisait nos concerts. Même s'il n'y avait personne. Après, on a commencé à être "connus" dans le pays parce qu'on jouait aux Transmusicales de Rennes. Là tout d'un coup, la majorité des Malgaches s'étonnent et aiment ce que l'on fait... Un phénomène qui parfois nous énerve, mais en même temps nous fait chaud au cœur : rien de tel comme public que tes compatriotes. Mais

Continuer à lire

Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

ECRANS | Revenu bredouille de Cannes, The Neon Demon avait pourtant tout pour plaire à George Miller : c’est un film d’horreur adolescent. Explications par ce pince-sans-rire élégant qu’est Nicolas Winding Refn.

Vincent Raymond | Mercredi 8 juin 2016

Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le milieu de la mode ? En fait, je ne l'ai pas choisi, je voulais faire un film sur la beauté. Tout le monde a un avis sur cette notion : soit pour la considérer comme étant dépourvue d’intérêt, soit comme étant une valeur absolue. Même si elle apparaît largement dans de nombreuses facettes de notre vie, c’est évidemment dans l'univers de la mode qu’elle est la plus célébrée. Nous vivons dans un monde totalement obnubilé par la beauté, elle est devenue une obsession artistique et générale. Cette “monnaie” n’a jamais été dévaluée, mais sa durée de vie devient de plus en plus éphémère et se récolte de plus en plus jeune. The Neon Demon n’est-il pas plus particulièrement un film sur l’intoxication par la beauté — ce qui, au passage, vous a fait encourir un risque de surdose en dirigeant Elle Fanning ? (rires) Il n’y aurait pas de film sans Elle, c’est sûr ! La diversité d’opinions qui existent sur ce thème est très intéressante. Les gens partent du

Continuer à lire

Oum : « Je me contente de refléter ce que je suis »

MUSIQUES | Avec son dernier album Zarabi - "Tapis" en arabe - enregistré en partie dans le désert, la chanteuse marocaine Oum tresse des fils soyeux et chatoyants entre rythmes jazzy, langueurs orientales et percussions africaines. Rencontre avec une artiste dont les poésies envoûtantes chantent le désir féminin et exaltent un hédonisme empreint de sagesse.

Houda El Boudrari | Mardi 31 mai 2016

Oum : « Je me contente de refléter ce que je suis »

Vous incarnez l’image d’une femme arabo-musulmane libre, à la fois fière de sa culture et ouverte sur le monde. Avez-vous conscience du symbole que vous représentez dans le contexte actuel d’exacerbation des replis identitaires ? Oum : Oui, c’est une image que j’assume parfaitement, sans pour autant l’avoir préméditée. Je me contente de refléter ce que je suis, dans la diversité de mes composantes identitaires : mes racines sahraouis, mon ancrage africain, ma culture arabo-musulmane, ma francophilie et mes influences occidentales. Je suis consciente qu’en tissant une synthèse apaisée de ces identités, j’offre un autre visage de la femme marocaine et arabe, loin des représentations stéréotypées du voile et de la soumission. Je me donne pour mission de porter cette réalité-là aussi auprès des Marocains, afin de les réconcilier avec leurs identités plurielles, et peut-être modestement contribuer à forger d’autres modèles d’identification féminine. Votre musique puise dans la soul, le jazz, les percussions africaines, la musique orientale et même le rythme afro-cubain, et pourtant le résultat de cet assemblage hétéroclite est d’une harmonieu

Continuer à lire

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

ECRANS | Choc des Rencontres cinématographiques du Sud d’Avignon, où il a été projeté en avant-première, L’Origine de la violence a été présenté par un Élie Chouraqui combatif et serein.

Vincent Raymond | Mercredi 25 mai 2016

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Y a t-il de la violence en vous ? Avez-vous réussi à en déterminer l’origine ? Il y en a, oui. J’ai fait un peu d’analyse, je me suis fait “suivre”, comme on dit, parce que j’avais des questions auxquelles personne n’avait répondu. Des vides dans mon passé, des inquiétudes, des angoisses — qui m’habitent toujours, qui ne sont pas complètement dissipées — m’empêchant parfois de “bien” vivre. J’avais tendance à me mettre dans des situations désagréables alors que ce n’était pas du tout indispensable. J’ai compris pourquoi. Maintenant, je vais mieux (rires). Je suis beaucoup plus apaisé. Vous évoquez à travers le film les interdits pesant sur la représentation des camps d’extermination — et l’impossibilité de montrer des déportés en train de rire. C’est rare… Ce principe de Claude Lanzmann, selon lequel on ne montre pas l’immontrable, c’est comme un lieu commun, c’est stupide. Pardon pour Lanzmann, pour lequel j’ai beaucoup de respect, mais il n’est pas question de garder les choses mystérieuses, sans en parler. Il faut au contraire tout montrer et tout analyser — si possible avec talent et intelligence. On a non seulement l

Continuer à lire

Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

MUSIQUES | Fascinante hydre pop à cinq têtes, Feu! Chatterton est la créature la plus singulière du rock et de la chanson depuis des lustres. Entre transe(s) musicale(s) et textes ébouriffants, elle a su imposer un style aussi unique que volatile. Entretien avec son chanteur et parolier Arthur Teboul, avant le concert au Fil dans le cadre du festival Paroles et Musiques. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mai 2016

Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

Dans le groupe, vous avez tous des profils, des goûts musicaux très différents. Pourtant, vous produisez quelque chose d'à la fois singulier et cohérent. À quel moment vous êtes-vous dit : le style musical, les textes, l'image, tout concorde ? Arthur Teboul : Ce n'est jamais vraiment arrivé. C'est encore une quête. Assembler des pièces pour former un tout, c'est ce qui est assez excitant. L'ambition est venue tardivement. Si on essaie de se mesurer immédiatement à quelque chose de très élevé, on est pétrifié. Il y a toujours un moment où, comme tout jeune groupe, on se dit « je veux être cool » mais c'est une fois qu'on parvient à se débarrasser de cette idée qu'on fait quelque chose d'original. Le fait de s'amuser, de tâtonner ensemble, de s'écouter, d'apprendre de l'autre, le respect mutuel... si tu fais cet effort, à la fin, il y a un beau cadeau : c'est ce moment que tu vas vivre sur scène, charrié par une intention, un travail, une relation, parfois même ce qu'on n'aime pas chez l'autre, parce que c'est important. Votre style et

Continuer à lire

Grand Blanc : « Opérer un grand écart »

MUSIQUES | Parmi les multiples artistes de la "relève" de la scène musicale française programmés au festival Paroles & Musiques cette année, Grand Blanc vient avec son très attendu premier album Mémoires Vives. Sur cet opus, leur cold wave post-industrielle se colore d'esthétique plus pop. Cœur d'acier avec les doigts et entretien avec Benoît David, chanteur charismatique. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mai 2016

Grand Blanc : « Opérer un grand écart »

Après vos EP, très orientés indus / cold wave, l'album Mémoires vives semble marquer une ouverture esthétique, comme si vous passiez, à l'image des pochettes de vos disques, du noir et blanc à la couleur. Avez-vous profité du long format et de l'expérience accumulée pour vous affranchir de votre image et de votre marque sonore initiale ? Benoît David : La seule consigne que l'on s'est donné en faisant cet album, c'est de ne pas se brider. On est quatre à composer, on a bossé de manière très foisonnante, sans trop se poser de questions. Chacun a mis ce qu'il voulait et ça donne un disque d'autant plus ouvert. Sur un LP, on avait une place plus large pour s'exprimer. Sur les EP, on a beaucoup cherché une proposition musicale qui nous satisfassent tous les quatre, c'était peine perdue. Notre groupe était foutu de telle manière qu'il ne fallait pas chercher à harmoniser les choses. Il nous a semblé intéressant de ne pas travailler cet album à partir d'un corpus fermé. Le jeu est de savoir jusqu'où

Continuer à lire

Bel est Sébastien...

MUSIQUES | Menant sa carrière avec passion, patience et sagacité, Sébastien Guèze, ayant conquis le monde, revient à Saint-Étienne, en « ténor frémissant », comme il lui plaît de se définir. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 1 mars 2016

Bel est Sébastien...

En consultant le calendrier très chargé de votre carrière "exponentielle", un rôle semble vous coller à la peau : Rodolfo... Pour vous avoir entendu dans la production de Bordeaux avec Nathalie Manfrino, ainsi qu'à Saint-Étienne, on dirait que Puccini l'a écrit pour vous sur mesure... Mais est-ce le ressenti de l'interprète ? N'y-t-il pas un risque à être identifié à un rôle ? J'ai chanté Rodolfo dans une quinzaine de productions à ce jour, et avec le recul, je suis moi-même surpris de ce nombre. Sur dix ans de carrière avec les autres rôles au milieu, cela me semble intense. Mais c'est une grande histoire d'amour depuis le début. Je me souviens précisément de la première fois où on me l'a proposé ; je n'y croyais pas. Pour moi, ce rôle était le grand rôle du répertoire de ténor, à chanter un jour, le "tube" incontournable. Et cela m'arrivait: c'était incroyable ! Je sortais du conservatoire, je venais d'être primé au concours Opéralia Placido Domingo, je marchais dans les rues de Paris, il était 18h, j'allais voir un spectacle à Bastille, et soudain un coup de téléphone. Mon agent me dit : « veux tu chanter Rodolfo à l'Opéra d'Athènes dans u

Continuer à lire

Mélina Tobiana : "Chanter était ce qui me motivait le plus dans la vie"

MUSIQUES | Avec un timbre de voix très doux, la jeune Mélina Tobiana s'impose parmi la relève du jazz vocal sans œillères, allant jusqu'à fureter du côté du rythm'n'blues ou de la pop. Entre son quintet (avec lequel elle passera aux "Jazzeries d'Hiver", la formation "Bloom" ou même des "side projects" tels que le livre CD "Nanan !", Mélina Tobiana est une artiste ultra-dynamique. Rencontre avec cette étoile montante avant son passage stéphanois. Propos recueillis par Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 5 janvier 2016

Mélina Tobiana :

Vous avez à peine trente ans et déjà une grosse expérience de la scène : quel parcours ! Durant mon enfance mes parents m’ont beaucoup emmenée au théâtre, mais c’est seulement à dix-huit ans, après douze ans de piano classique, que j’ai pris conscience que chanter était ce qui me motivait le plus dans la vie. Je suis alors entrée à l’Institut Art Culture Perception à Paris, tout en chantant le plus souvent possible dans des clubs, des cabarets ou des cafés-concerts. J’ai notamment travaillé pendant deux ans avec le batteur Leon Parker, avec qui j’ai beaucoup appris. On vous retrouve sur divers projets musicaux : est-ce une nécessité d’évoluer simultanément au sein de plusieurs formations ? Toutes ne tournent pas forcément beaucoup, ni simultanément ! Mon quintet m’a pris beaucoup de temps, c’est un gros projet avec des compositions originales. La formation Bloom est plus légère car nous sommes trois filles, les tâches sont partagées et c’est autre chose que de devoir gérer quatre mecs ! (Rires). Quant à Nanan !, c’est un spectacle jeune public sur lequel je ne suis qu’invitée, je ne suis là que lorsque l’on a bes

Continuer à lire

Barcella : « J'aime l'idée que les chansons reflètent nos vies »

MUSIQUES | Propos recueillis par Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 5 janvier 2016

Barcella : « J'aime l'idée que les chansons reflètent nos vies »

Comment qualifieriez-vous votre univers pour des personnes ne vous connaissant pas ? Barcella : Les gens ont en général du mal à me ranger dans une catégorie et c'est une belle fierté pour moi. J'ai donc le sentiment que je possède une réelle identité. On peut dire évidemment que je suis dans le monde de la chanson. Après on peut dire que je tire mon côté atypique de mon éclectisme. J'aime autant aller piocher dans le style des chansons d'hier tout en « urbanisant » un peu le tout. C'est un micmac un peu intemporel. La qualité première de ce que j'essaie de proposer aux gens est incluse dans les textes, mon amour des mots et les histoires que je veux proposer. Je ne m'interdis rien musicalement. Comment se déroule votre travail de composition ? Je travaille d'abord entièrement seul, en guitare-chant. Ensuite j'essaie de faire aboutir mes idées de bases en matière d'arrangements. Puis je fais intervenir un réalisateur pour mettre au point l'album. Par exemple, j'ai fait deux albums avec Jeff Delort, qui a travaillé avec Higelin, Pauline Croze ou encore Tété. C'est avec lui que l'on va réellement habiller l

Continuer à lire

Yuval Pick : « On n'a pas besoin de créer davantage mais de réorganiser ce qui existe »

SCENES | Rencontre avec Yuval Pick, chorégraphe de talent, avant la présentation de sa nouvelle création "Are frinds electric?" à la Comédie de Saint-Étienne, sur une musique de Kraftwerk. Propos recueillis par Monique Bonnefond.

Monique Bonnefond | Mardi 1 décembre 2015

Yuval Pick : « On n'a pas besoin de créer davantage mais de réorganiser ce qui existe »

L'attention à l'autre, l'idée de fraternité, le rapport entre l'individu et le groupe, la survie de l'homme dans un environnement urbanisé et mécanisé vous importent énormément. Rien de ce qui est humain ne vous est étranger. Est-ce tout cela qui est au cœur de votre création ? Yuval Pick : Oui, il y a beaucoup de ça. J'ai choisi la musique de Kraftwerk, les pères de la musique électronique parce que le son était analogique et pas encore digital. Cela touche une mémoire collective avec laquelle la musique pop permet de converser, de définir les rapports entre l'individu et le collectif. J'ai trouvé dans les albums de la période de 1974 à 1978 comme Autobahn, Trans-Europe Express et Die Mensch-Maschine des rythmes qui m'évoquent les battements d'un cœur, un mouvement de respiration, une marche, quelque chose de très romantique qui naît. Un nouveau romantisme européenréinterprétant la relation de l'homme à son environnement, un environnement urbanisé et toujours plus mécanisé qui aliène l'homme. Devant l'accélération encore plus démentielle des rythmes et le constat que la machine se grippe, comm

Continuer à lire

Le Fils de Saul

ECRANS | Comment raconter une tragédie intime au sein de l’une des plus immenses et indicibles tragédies de l’histoire humaine ? László Nemes s’y risque dans son premier long métrage. Grand Prix à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Fils de Saul

Représenter la Shoah figure parmi les pires casse-dents pour un artiste, en particulier au cinéma. Trop peu montrer la réalité des camps d’extermination, c’est risquer d’en minorer l’abomination, voire de la nier à force de prendre des précautions : il faut avoir le sens de la symbolique comme Costa-Gavras dans Amen et être capable d’activer un hors-champ suffisamment puissant pour faire comprendre, par l’absence ou à travers les réactions des observateurs directs, ce que la monstruosité provoque. Mais trop montrer, c’est encourir l’obscénité et la spectacularisation de l’horreur — soit, sa banalisation. Pendant près de trois quarts de siècle, les cinéastes ont rivalisé d’acrobaties éthiques pour parvenir à une mise en image digne dans des films à vocation historique. Peut-être parce qu’il appartient à une toute jeune génération, bien à distance des faits (il a 38 ans), László Nemes ose se servir de ce contexte douloureusement sacré pour y installer une fiction — qui n’a rien d’anodine. Membre des Sonderkommandos (ces détenus en sursis chargés de "l’entretien" des fours crématoires d’Auschwitz), Saul reconnaît son fils parmi les corps qu’il doit brûler. Avec o

Continuer à lire

Les Fatals Picards : « Le moule des maisons de disques ne nous correspondait pas  »

MUSIQUES | Après deux créations live en 2015 : un album (14.11.14) et un DVD, le groupe de rock humoristique Les Fatals Picards est en pleine élaboration de son huitième album studio. Avant de dévoiler ce nouvel opus en 2016, le groupe sera en concert au Fil, le 19 novembre prochain. Laurent Honel, guitariste du groupe, a accepté de répondre à nos questions en toute honnêteté et sans langue de bois. Propos recueillis par Marlène Thomas.

Marlène Thomas | Lundi 9 novembre 2015

Les Fatals Picards : « Le moule des maisons de disques ne nous correspondait pas  »

Vous avez récemment sorti un DVD live entièrement financé par le crowdfunding. Pourquoi avoir privilégié ce financement ? Laurent Honel : C’est parti d’un constat relativement simple, nous avions décidé de ne plus avoir de maison de disque. Nous sommes devenus indépendants, mais qui dit indépendants ne dit pas forcément riches. Pour réaliser un DVD de qualité, il fallait un certain budget que nous n’étions pas capables de fournir par nous-mêmes. Nous avons souvent été boudés par les médias, les radios, les TV, mais notre public, lui, nous a toujours été très fidèle. Finalement, c’était une bonne manière de proposer quelque chose qui impliquerait les seules personnes sur lesquelles nous avons toujours pu compter. Le moule des maisons de disques ne nous correspondait pas, nous étions déjà notre propre tourneur depuis des années. Notre façon de travailler est très indépendante et notre timing ne correspondait jamais au leur. Ce n’est pas un reproche, mais un constat d’incompatibilité. Être indépendant nous permet de tout gérer à 100 %, c’est plutôt agréable. Pour notre prochain album, il y aura un distributeur, mais pour la production, nous sommes en train d

Continuer à lire

JP Nataf : « Nous sommes devenus les amis que nous n'avions pas eu le temps d'être auparavant »

MUSIQUES | Désormais en duo, Les Innocents ont renoué avec la scène puis le studio en sortant un très bon nouvel album, "Mandarine", faisant oublier leurs quinze années d'absence sur disque. JP Nataf revient pour nous sur la genèse de ce come-back réussi. Propos recueillis par Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 3 novembre 2015

JP Nataf : « Nous sommes devenus les amis que nous n'avions pas eu le temps d'être auparavant »

Quand avez-vous décidé de relancer un projet d'album avec Les Innocents ? Après 1999 et les deux/trois années d'éloignement avec Jean-Chri [ndlr : Jean-Christophe Urbain, autre moitié du duo], nous avons rapidement renoué amicalement. Nous nous sommes retrouvés assez tranquillement, en partant sur des bases différentes, sans les obligations liées au groupe. Nous sommes devenus les amis que nous n'avions pas eu le temps d'être auparavant. Nos vies nous ont rapprochés humainement mais aussi physiquement car nous sommes passés de cent cinquante kilomètres de distance à trois minutes à pied. À partir de 2007, on a commencé à reprendre les concerts ensemble. Nous avons toujours été très complémentaires et nous prenions du plaisir à jouer tous les deux. Jouer seul des titres des Innocents, ce n'est pas la même chose. Par exemple, jouer Un Homme Extraordinaire sans la voix de Jean-Chri ce n'est pas la même énergie, Un Autre Finistère sans la guitare de Jean-Chri ce n'est pas très drôle... De plus, le quatrième album des Innos n'avait jamais été joué sur scène puisque Jean-Chri était parti juste après sa sortie. Suite à ces concerts, no

Continuer à lire

O. Martin-Salvan : « Chacun de nos spectacles naît de la frustration du précédent »

SCENES | Inoubliable Pantagruel la saison dernière, Olivier Martin Salvan est à l’affiche de "Bigre", pièce burlesque sans parole qu’il a co-écrite avec Pierre Guillois. Entre la tournée de "Bigre" et les répétitions d’un nouveau spectacle à Brest, il répond à nos questions.

Florence Barnola | Mardi 29 septembre 2015

O. Martin-Salvan : « Chacun de nos spectacles naît de la frustration du précédent »

Vous jouez souvent des personnages excessifs, clownesques. Est-ce dans votre nature de comédien ? Le premier rôle que j’ai joué était Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme, nous l’avons tourné 9 ans. Très vite j’ai senti que le rire est intéressant, qu’il peut mener plus loin. Plus tard j’ai travaillé le chant lyrique (ndlr : Ô Carmen) qui est quelque chose de fort, le spectateur est tout de suite happé par ça. Il aime bien voir le dépassement de soi, comme au cirque quand le fil de ferriste fait peur parce qu’il chavire mais qu’il se récupère, il y a quelque chose comme ça dans l’art de l’acteur. J’ai aussi travaillé avec Valère Novarina qui demande beaucoup à l’acteur, son langage est inventé, du coup tous les repères sont remis à zéro. Pour moi, le spectacle total est le cirque, j’essaie de m’y approcher avec ce vécu-là. Sergueï Bubka disait qu’il n’a pas battu des records du monde pour que quelqu’un d’autre ne le fasse pas plus tard, mais pour que sa discipline grandisse. Michel Fau a-t-il été une inspiration pour vous ? C’est l’acteur suprême. Il dépasse ses limites. C’est un grand exemple

Continuer à lire

CharlÉlie Couture : «J'ai le sentiment d'avoir été un peu mis à l'écart»

MUSIQUES | Avec "I m M o r t e l", CharlÉlie Couture a sorti à la rentrée 2014 son dix-neuvième disque studio. Une épreuve où, pour la première fois, il a confié les clefs de sa réalisation à un autre artiste, à savoir Benjamin Biolay. Un peu boudé par les médias français, le dandy blues-rock, à qui l'on doit notamment le célèbre "Comme un avion sans aile", vient en ce mois de juillet faire résonner sa voix nasillarde si particulière à la Forge dans le cadre de l'Estival de la Bâtie. Propos recueillis par NB.

Nicolas Bros | Jeudi 18 juin 2015

CharlÉlie Couture : «J'ai le sentiment d'avoir été un peu mis à l'écart»

Comment est intervenu Benjamin Biolay sur I m M o r t e l ? Benjamin Biolay s'est occupé de la réalisation de l'album. Comme un metteur en scène va travailler sur un scénario existant, il a apporté une couleur particulière à l'album, sa patte. C'était une nouveauté pour moi. J'ai été ravi de faire cette expérience du fait de la complicité avec Benjamin. Sur les vingt disques que j'ai faits, c'est vraiment la première fois que je « laisse les clefs » à quelqu'un. Je suis ravi du résultat. Est-ce que votre live a évolué depuis le début de la tournée I m M o r t e l ? En fait, je suis sans cesse en train d'expérimenter différentes formules. Hier soir, j'étais par exemple en concert à Harlem en duo avec Karim (NDLR : Karim Attoumane, guitariste complice de longue date de CharlÉlie Couture), deux jours auparavant j'étais en quartet à Alphabet City dans un club avec deux musiciens américains en plus ave

Continuer à lire

Peuple de l’Herbe : «Notre ouverture d’esprit fait partie de notre identité»

MUSIQUES | Fondé en 1997, le collectif Le Peuple de l’Herbe a sorti en 2014 son septième album "Next Level". Plus rock, cet album a marqué le retour sur scène du Peuple qui passera au Palais des Spectacles, en clôture du festival Paroles et Musiques, aux côtés d'autres "anciens" que sont les Anglais d'Asian Dub Foundation. Rencontre avec Psychostick, le batteur du groupe. Propos recueillis par Marlène Thomas.

Marlène Thomas | Jeudi 11 juin 2015

Peuple de l’Herbe : «Notre ouverture d’esprit fait partie de notre identité»

En plus de quinze ans d’existence, votre groupe a connu de nombreux changements. Avec Next Level, vous avez pris un virage plus "rock". Ne craignez vous pas de décevoir votre public ? Psychostick : Non, car dans nos albums précédents nous avons toujours mis un point d’honneur à ne pas nous enfermer dans un style précis. La guitare avait déjà été intégrée à plusieurs titres de nos précédents albums. Et puis, Next Level n’est pas non plus un album de rock’n’roll ! Je comprends que certaines personnes puissent être déçues ou du moins déstabilisées, mais notre ouverture d’esprit fait également partie de notre identité. La guitare remplace désormais la trompette comme élément mélodique principal, comment s’est passée la transition ? Avant que Varou, le guitariste, n'arrive, nous avions déjà composé quelques chansons. Nous avons donc dû adapter nos titres à ce nouvel instrument, en intégrant les nouvelles idées de Varou. Je dirais que c’est presque plus facile de cette manière. La trompette est un instrument peu courant dans la musique électro. C’est un instrument certes mélodique mais presqu

Continuer à lire