David Rivaton : « Chaque projet est très différent »

Tête(s) de culture | Manager d'artistes avec sa propre structure WAB (We Art Better), co-programmateur du Château du Rozier à Feurs, communicant/RP pour le label Yes Music... David Rivaton est difficile à suivre. Celui qui a permis le développement de plusieurs artistes de notre région ces dernières années revient pour nous sur son métier, son expérience et ses projets.

Nicolas Bros | Jeudi 18 janvier 2018

Photo : © NB


Quel chemin t'a mené à devenir manager d'artistes ?

Pendant mes études, j'ai commencé à faire du management bénévolement pour le rappeur Kefyr. C'était un coup de main que je lui avais donné. Puis j'ai travaillé dans une boîte d'événementiel de la région. Une expérience qui s'est mal terminée. Mais une fois parti, plusieurs artistes m'avaient recontacté suite à nos collaborations car ils cherchaient un manager. Je n'avais pas pensé à cette possibilité, je pensais plutôt me relancer dans l'événementiel. Je me suis lancé avec une troupe de théâtre qui partait pour le festival d'Avignon. Une expérience intense mais je me suis rendu compte que la musique me parlait davantage. J'ai pris un an avant de me lancer réellement dans le métier car je ne connaissais personne à l'époque, il fallait se faire un réseau.

Quel était l'objet initial de cette structure ?

À l'origine, c'était une agence artistique générale. Je me suis retrouvé à faire un peu tout autour des artistes : management, communication ou booking, en apprenant "sur le tas" car je n'ai jamais suivi une formation de management artistique. J'ai fait un IUT Tech de Co, puis un IUP Management, le tout à Saint-Étienne.

Il y a peu de villes qui bénéficient d'une telle structuration

Quand as-tu lancé WAB ?

WAB aura cinq ans en avril 2018. J'ai lancé la structure avec Ladybug and The Wolf, le rappeur Eska puis Doorsfall quelques mois après que Damien de Face B ait accepté de me laisser les manager. En 2014, Raphaël Herrerias a également rejoint le "roster" d'artistes chez WAB.

Saint-Étienne est une ville avec de nombreuses structures d'accompagnement, de soutien et de diffusion d'artistes proportionnellement à sa taille...

Oui, c'est vrai. Il y a peu de villes qui bénéficient d'une telle structuration. Avec la présence notamment de Face B, Le Cri du Charbon, Carotte, Yes Music et Yes High Tech... pour ne citer que quelques organisations, Saint-Étienne est une ville dynamique.

Tu as décidé de recentrer ton activité sur moins d'artistes qu'auparavant ?

À un moment, j'avais six artistes ou groupes à manager. Cela faisait beaucoup. Depuis un an et demi, Doorsfall ainsi que Ladybug and The Wolf ont arrêté, Raphaël Herrerias a décidé de se consacrer à son nouveau projet et nous avons arrêté notre collaboration avec Eska. Tout le "roster historique" de WAB s'est renouvelé. Aujourd'hui, je travaille en management avec trois artistes : DRK, King Child et 1 000 Chevaux-Vapeur.

Tu as également pris d'autres postes ?

Je travaille également pour Yes Music depuis janvier 2016 avec une mission assez vaste de communicant, directeur artistique, de RP, présence sur des rencontres et salons nationaux... Enfin, je suis co-programmateur du Château du Rozier à Feurs depuis le printemps 2017.

On a du mal à te suivre...

Dans WAB, à un certain moment, ça partait dans tous les sens et je me suis dit qu'il fallait que je recentre mon activité sur le management, avec moins d'artistes à gérer. Mais au final, je me suis rendu compte que le management pouvait être épuisant et j'ai eu envie de faire autre chose... Et à ce moment-là, Clément Terrade du Rozier m'appelle, Gaël Bonnefond de Yes Music me contacte et me laisse un bureau puis Raphaël Herrerias veut m'impliquer dans le projet Black Paradiso.

Au début, il fallait que je sois fan de la musique, que je crois à des perspectives de développement et qu'il y ait un rapport humain assez fort. Aujourd'hui, je vois les choses différemment.

Peux-tu d'ailleurs nous en dire un peu plus sur ce projet Black Paradiso qui reste encore assez nébuleux ?

C'est à la fois un collectif d'artistes et une structure d'édition, qui deviendra peut-être une structure de production. C'est un joli projet amené à évoluer vers de belles choses. Depuis un an, l'idée évolue par le biais de discusssions dans des groupes secrets Facebook, avec une communauté qui s'est créée autour... Enfin il y a Terrenoire, groupe composé de Raphaël Herrerias et Théo Herrerias (1 000 Chevaux-Vapeur).

Comment choisis-tu les artistes que tu suis ?

Au début, il fallait que je sois fan de la musique, que je crois à des perspectives de développement et qu'il y ait un rapport humain assez fort. Aujourd'hui, je vois les choses différemment. Je pense toujours qu'il faut aimer la musique, sinon on ne peut pas travailler correctement. Il est important de bien s'entendre avec les artistes, mais il n'y a pas besoin qu'ils deviennent vos meilleurs amis pour autant. Cela reste une relation de travail, humaine. Cependant, mettre moins d'investissement émotionnel permet de se protéger du côté des artistes comme du côté du manager. Par contre, il faut évidemment plus que jamais un potentiel de développement sans que ce soit basé uniquement sur un goût personnel.

J'aimerais beaucoup produire des soirées

Comment a évolué ta vision du métier d'accompagnement d'artistes ?

Je passe toujours beaucoup de temps dans mon travail et mes différentes missions. Chaque projet est très différent. J'aime travailler avec des artistes assez lucides et responsables, ayant presque une vision "entrepreneuriale" de leur travail. Je me situe comme un partenaire qui doit les catalyser et les aider à travailler davantage. Au début, j'ai fait l'erreur de tout gérer à la place des artistes pour les laisser juste créer. Mais cela déresponsabilise les artistes, ce qui est néfaste à terme. Mais pour revenir sur l'avenir de WAB, j'aimerais beaucoup produire des soirées. Cela dit cela fait encore du travail supplémentaire...

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