Tête de Turc

Alain Koenig | Mardi 4 septembre 2018

Photo : © Mathieu-Lorry-Dupuy


Donné en mars 2009, Saint-Étienne remet ce tube de Mozart à l'affiche. Deux couples d'amants " troquent " leurs conjoints respectifs pour des masques exotiques. La Turquerie fait fureur au XVIIIe siècle, et donne à Mozart, comme d'autres avant lui, l'occasion d'évaluer la " constance " du serment amoureux, encadrée de sages personnages plébéiens. Venu du fond des âges, de Plaute à Molière, de Beaumarchais à Marivaux, on ne se lasse pas du chef-d'œuvre du génial trublion Wolfgang-qui-aime-Dieu. Ce dernier le lui rend bien.

Così Fan Tutte de Mozart, du 1er au 5 février à l'Opéra de Saint-Étienne


Così fan tutte

Opéra bouffe de Mozart, dir. mus. : José Luis Dominguez Mondragon, ms Christophe Gayral, avec Elodie Hache, Marion Lebègue... + l'OSSEL et le Choeur Lyr. St-Etienne Loire
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Elle s'appelait Concepción…

MUSIQUES | Injustement négligé par la postérité, La Vierge, oratorio très inspiré de Jules Massenet, retrouve sur la Colline Villeboeuf, sa poussée ascensionnelle vers (...)

Alain Koenig | Mardi 7 septembre 2021

Elle s'appelait Concepción…

Injustement négligé par la postérité, La Vierge, oratorio très inspiré de Jules Massenet, retrouve sur la Colline Villeboeuf, sa poussée ascensionnelle vers l'extase. Le Dernier sommeil de la Vierge reste une des plus belles pages du maître, inspirant les plus grandes voix de l'art lyrique, de Janine Micheau à Monserrat Caballé, ou plus récemment, Véronique Gens. Massenet administre, encore et toujours, l'éblouissante démonstration de son sens de la fresque et de la profonde spiritualité du sentiment humain. La Vierge, oratorio de Jules Massenet, vendredi 1er octobre à 20h à l'Opéra de Saint-Etienne

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Maure à Venise

Lyrique | « La jalousie aveugle un cœur atteint, et, sans examiner, croit tout ce qu'elle craint » rappelait le génial Corneille. Maître de la flotte (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 juin 2021

Maure à Venise

« La jalousie aveugle un cœur atteint, et, sans examiner, croit tout ce qu'elle craint » rappelait le génial Corneille. Maître de la flotte vénitienne, le maure Othello, épaulé de son fidèle Cassio, file le parfait amour avec son épouse Desdémone. Ivre de haine, le turpide comploteur Iago, instille le poison dans le cœur du Maure, le persuadant, calomnie à l’appui, qu’elle entretient une liaison avec Cassio. Le piège, pas à pas, se referme. Othello, assuré par Iago de sa trahison, tue celle qu’il aime. Si Shakespeare atteint la quintessence de l’âme humaine dans son drame, Verdi, ici à son apogée, le magnifie, touche au sublime. Le dernier souffle de Desdémone dans les bras d’Othello compte parmi les plus belles pages du répertoire lyrique. D’une puissance lacrymogène rare, elle vient aussi rappeler, en ces temps d’extrémismes, que la jalousie éclaire bien plus les failles du bourreau que les faiblesses de la victime. Otello de Giuseppe Verdi, du 11 au 15 juin 2021, Opéra de Saint-Etienne, direction Giuseppe Grazioli.

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5 grands classiques

Panorama classique/lyrique 20/21 | Soli Deo Gloria* Quelle fraternité unit le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et le Requiem de Pascal Descamps? Poulenc répond (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 septembre 2020

5 grands classiques

Soli Deo Gloria* Quelle fraternité unit le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et le Requiem de Pascal Descamps? Poulenc répond en 1938, qu'il est « sur le point d'entrer dans les ordres ». Pour Pascal Descamps, la spiritualité, consubstantielle et libératrice de la condition humaine, le délivre de son carcan terrestre. Créé en 2014 aux Invalides, son bouleversant Requiem, interprété par quatre merveilleux solistes (Aurélie Ligerot, Anthéa Pichanik, Thomas Bettinger et Philippe-Nicolas Martin), apportera l'apaisement au doute spirituel de son célébrissime aîné. Seule certitude : les étoiles seront visibles depuis la nef de la cathédrale. "Fraternités", Concerto pour orgue de Francis Poulenc et Requiem de Pascal Descamps, dir. Jingkaï Sun, le 17 octobre 2020 à 20h, à la Cathédrale Saint-Charles. *"SDG" ou "Soli Deo Gloria" était un sigle utilisé par JS Bach pour signer ses œuvres signifiant: "à Dieu seul la gloire". Je suis resté fidèle... Bruno Mantovani, désormais à la tête de l'EOC, dirige son premier concert à l'Op

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Design-moi un demi-ton !

Classique | Ayant longtemps réchauffé le coeur des amoureux, littéralement, "transis" de musique de chambre, la Petite Saison du SyLF pose ses bagages dans la très (...)

Alain Koenig | Mardi 5 février 2019

Design-moi un demi-ton !

Ayant longtemps réchauffé le coeur des amoureux, littéralement, "transis" de musique de chambre, la Petite Saison du SyLF pose ses bagages dans la très "conceptuelle" et bien chauffée Cité du design, ce dont vos membres inférieurs, assurément, vous sauront gré. Troquant l’autel de la consumation pour celui de la consommation, ce nouvel écrin conserve pourtant en lieu sûr, l’éclat de la gemme. Le brunch se met, lui aussi, au "goût" du jour. Il gagne en appétence conceptuelle ce qu’il perd en "agapes uderziennes ". Dans ses quartiers d’hiver, le concert intitulé Les grands designers de la musique établira les parallèles entre design et musique classique, où les précurseurs établissent un standard dans lequel s’engouffre l’armée des "suiveurs", créant ainsi modes et styles… La démonstration s’appuiera sur les célèbres trend setters incarnés en leur temps par Mozart, Haydn, Vivaldi ou Schubert. Dans leur sillon, les spin off d’antan furent légion, et leur musique, sans toujours atteindre le pinacle, mérite une ré-écoute attentive, dans sa forme comme son esthétique. Vous prendrez bien une petite coupe de Corelli ou de Salieri avant le brunch ?

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Libre Échange

Opéra bouffe | Dix ans à peine que Cosi Fan Tutte a quitté l'affiche de l'opéra de Saint-Étienne. Sempiternel questionnement de la fidélité amoureuse, qui de Plaute à Molière, (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 janvier 2019

Libre Échange

Dix ans à peine que Cosi Fan Tutte a quitté l'affiche de l'opéra de Saint-Étienne. Sempiternel questionnement de la fidélité amoureuse, qui de Plaute à Molière, Shakespeare à Marivaux ou de Dauvergne à Da Ponte secoue l'humanité, mis en musique par le plus "théophile" des compositeurs. Musicalement, le sextuor de l'acte 2 reste un sommet de l'art du magicien de Salzbourg. Une distribution jeune et fraîche, une mise en scène pétulante et colorée devraient séduire l'initié comme le profane. Cosi Fan Tutte, du 1 au 5 février à l'Opéra de Saint-Étienne

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Là-bas, là-bas, dans la montagne...

Festival classique | Les Musicales de Sainte-Croix-en-Jarez n'en finissent pas de ravir le chartreux, ses ermitages, ses visiteurs, tutoyant les étoiles, élevant l'âme, (...)

Alain Koenig | Mardi 4 septembre 2018

Là-bas, là-bas, dans la montagne...

Les Musicales de Sainte-Croix-en-Jarez n'en finissent pas de ravir le chartreux, ses ermitages, ses visiteurs, tutoyant les étoiles, élevant l'âme, toujours. L'édition 2018 entend semondre un triumvirat de rêve : Schumann, Schubert et l'indispensable Wolfgang. Le programme invite paradoxalement au péché, un comble en ces lieux ; de gourmandise, naturellement. C'est avec le génial trublion que s'ouvrira l'ascension vers les cimes : la mort du "commandeur" Leopold, son père, coach fusionnel et tyrannique, point entre les lignes de la partition. On ne présente plus la deuxième partie du concert : le célébrissime Quintette pour clarinette K581, une des plus belles pages du maître "maçon" de Vienne. Puis vient le Quintette à deux violoncelles D.956 de Schubert. Ce dernier se sait condamné par le mal silencieux, et compose ces pages, un peu lunatiques parfois, mais toujours magnifiques. Enfin c'est à Schumann qu'incombe de clore l'escalade spirituelle. Le rayonnant Quatuor en la mineur Op.41 invite à un apaisement bienvenu, tandis que le Quintette avec piano en mi bémol majeur Op.44, créé avec sa musicienne d'épouse Clara au piano, nous invite au vo

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« Toutes les mamas…

MUSIQUES | ... des Antilles, d’Afrique ou Cuba ont de l’or dans la voix » chantait la regrettée Maurane. Le SyLF, pour son traditionnel concert de Noël, (...)

Alain Koenig | Mardi 4 septembre 2018

« Toutes les mamas…

... des Antilles, d’Afrique ou Cuba ont de l’or dans la voix » chantait la regrettée Maurane. Le SyLF, pour son traditionnel concert de Noël, s’offre une vraie tête d’affiche : Dominique Magloire ! Soprano exceptionnelle, à la sensualité " caribéenne " unique, signature vocale identifiable entre mille, elle jouera à la " mama " surdouée, entourée de nos têtes chantantes du conservatoire Massenet, d'autres écoles, lycées et choeurs du territoire. Un moment de partage, d’émotion, de transmission. Il flottera, sur la cathédrale, une douce fragrance de vin chaud à la cannelle. Concert Carols-Chants de Noël avec le SyLF, dimanche 16 décembre à 14h30 et à 17h00

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Ah ! Je ris...

Lyrique | Après Carmen, c'est l'ouvrage lyrique français le plus joué au monde. Un "épais" tourbillon de tubes, fredonnés par nos "aïeux" - dont la gloire est, bien sûr, (...)

Alain Koenig | Mardi 5 juin 2018

Ah ! Je ris...

Après Carmen, c'est l'ouvrage lyrique français le plus joué au monde. Un "épais" tourbillon de tubes, fredonnés par nos "aïeux" - dont la gloire est, bien sûr, "immortelle" - emporte l'adhésion du mélomane, comme du néophyte. Un opéra remboursé par la Sécurité Sociale, où il fait bon vendre son âme au "Veau d'Or" et à la Castafiore, qui est toujours, "Siebel" en son miroir. Faust, vendredi 8 juin et mardi 12 juin à 20h, dimanche 10 juin à 15h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Les nuits sans Kim

Classique | Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, (...)

Alain Koenig | Mardi 6 mars 2018

Les nuits sans Kim

Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, interprètes fétiches de votre discothèque idéale. Mozart et Ravel ("Who else ?") au menu de cette rencontre au sommet, portée à la baguette par un autre Roi...David. Concertos pour piano / Mozart, Ravel, jeudi 29 mars à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Un coup de Mayet

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Un coup de Mayet

Placé sous la direction du très talentueux Florent Mayet, l'Ensemble amateur Telemann s'autorise quelques audaces de programmation en cette rentrée. Le délicieux Concertino pour flûte de Cécile Chaminade, interprété par Marianne Sabatier, bénéficie avec bonheur, de la vague de réhabilitation des compositrices du passé. De son côté, le soliste Louis-Jean Perreau, fera pleurer son archet, aux accents bouleversants du Concerto russe d'Edouard Lalo. Un concert très haut de gamme qui mérite assurément le déplacement ! Ensemble Telemann, samedi 30 septembre, à Saint-Didier-en-Velay

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Rubans bissés

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Rubans bissés

Après le Musée d'Art et d'Industrie, c'est au Conservatoire Massenet d'accueillir cette très belle initiative : le revival des chansons de tisserands du "Siècle d'Or" stéphanois, tirées de poèmes de chansonniers de la "capitale du ruban". Les mélodies de Benjamin Ledin, Henri Chausson ou "Babochi", harmonisées par les élèves des classes de composition du conservatoire, seront interprétées par le choeur Unacorda, et, cette fois-ci, illustrées et étayées par des documents d'archives (photos d'époque, vidéos). Ensemble Unacorda, Chansons de tisserands, lundi 2 octobre à 17h30 au Conservatoire Massenet

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Adriana 42

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Adriana 42

Engoncé entre d'illustres figures de proue du mouvement "vériste", Cilea aurait pu tomber aux oubliettes, si son Adriana Lecouvreur n'était passée au répertoire des plus grandes maisons d'opéra de la planète. Sombre histoire de rivalité entre actrices à l'ego un peu exalté, grande interprète des œuvres de Corneille, la tragédienne Adrienne, égérie de Voltaire, meurt empoisonnée par des fleurs... L'opéra, malgré le kitsch de l'intrigue est un chef d’œuvre musical à découvrir absolument, particulièrement si cet art vous paraît extra-terrestre ! Adriana Lecouvreur, opéra de Cilea, du 24 au 28 janvier 2018 à l'Opéra de Saint-Etienne

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Messe du couronnement

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Messe du couronnement

Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Match point

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Match point

Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de Beethoven. L'intérêt musicologique est évident, à l'occasion du bicentenaire de la mort du compositeur-vedette de la Révolution Française. Pourtant, quelques cruelles minutes suffisent aussi à réattribuer la fulgurance du génie musical. La passion enivrante de David Reiland pour Beethoven, donne des ailes à l'orchestre, et fait de cette Cinquième"un moment de pure grâce. Concert d'ouverture de saison, mardi 3 octobre à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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La petite datcha dans la prairie

Classique/Lyrique | Étrange univers que cet Eugène Onéguine. Génétiquement slave dans son rythme, symbole du Romantisme littéraire et musical russe, ses grands moments de lyrisme concourent à la signature musicale de l'auteur de "Casse-Noisette" ou de la "Cinquième symphonie".

Alain Koenig | Mercredi 5 avril 2017

La petite datcha dans la prairie

De ses six années d'exil, Pouchkine revient avec un bissac empli de trouvailles littéraires. Eugène Onéguine, publié à partir de 1821, pendant presque dix ans en chapitres successifs, se distingue par son écriture en vers. Cette versification repose essentiellement sur le "tétramètre iambique", très prisé des auteurs russes. En termes simples, la scansion s'articule sur le principe: "syllabe courte-syllabe longue", répété quatre fois dans le même vers. Lorsqu'il compose Eugène Onéguine, avec le librettiste Chilovsky, en 1877-78, Tchaïkovsky tient à préserver le "spleen" ambiant créé par le poète. Ce souhait entre vraisemblablement en résonance avec la vie privée du compositeur, aussi placide que les puissants flots de la Néva ! Ce procédé rythmique récurrent confère à certaines scènes un phrasé particulier, où la musique semble découler de la magie du verbe. L'argument, qui n'est pas sans rappeler le synopsis très tourmenté de Werther, relate les déboires sentimentaux d'Eugène, jeune dandy désabusé et égocentrique, abusant des largesses financières paternelles pour ses menus plaisirs. Il fait la connaissance de Lenski, lui-même grand lecteur d

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La Voix du Mort

Opéra | Le Requiem de Mozart reprendra vie du côté de l'Opéra de Saint-Étienne en ce début de mois de janvier avec un très beau casting vocal sous la direction de David Reiland. Une occasion bénie de revenir sur les clichés véhiculés autour de cette oeuvre mais aussi et surtout de la réécouter.

Alain Koenig | Mercredi 4 janvier 2017

La Voix du Mort

Reprise d'une pièce du grand Pouchkine par Peter Schaffer, Amadeus de Milosz Forman, perpétue un aguichant scénario policier, aussi mince historiquement qu'une augmentation de salaire de la fonction publique. Grand buzz de la musique classique, ce "Petits Meurtres entre compositeurs" véhicule tous les clichés des mythes héroïques. D'éminents musicologues (dont la stéphanoise Florence Badol-Bertrand) y apportent un catégorique démenti : Mozart est mort dans la misère totale. Faux ! "Panier percé" assurément, mais compositeur admiré et reconnu, il venait de créer La Clémence de Titus pour le couronnement de Leopold II et La Flûte Enchantée. Salieri était un compositeur frustré, besogneux, jaloux compulsif de Mozart. Archi-faux ! Nommé compositeur de la cour en 1774, il connut des succès retentissants, comme Les Danaïdes. Il se vit même confier l'éducation musicale du fils de Mozart par sa veuve. Une mère confierait-elle son fils à l'assassin, même présumé, de son époux ? Reste pourtant un très beau film... La mort aux trousses 1791, course désespérée de Mozart contre l'inévitable ! Catalyseur inachevé de la musique européen

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Opéra : la saison des amours

MUSIQUES | Si le cru 2015/2016 a été marqué par des représentations magistrales du côté du répertoire lyrique (la Flûte Enchantée de Mozart, le Roi d'Ys de Lalo ou encore (...)

Nicolas Bros | Jeudi 28 avril 2016

Opéra : la saison des amours

Si le cru 2015/2016 a été marqué par des représentations magistrales du côté du répertoire lyrique (la Flûte Enchantée de Mozart, le Roi d'Ys de Lalo ou encore Tosca de Puccini), des voix (des récitals de Karine Deshayes ou de Béatrice Uria Monzon) ou encore des ballets qui auront marqué les esprits (Casse-Noisette par le Ballet du Grand Théâtre de Genève ou Cendrillon par le Malandain Ballet Biarritz), la saison 16/17 s'annonce elle aussi très puissante avec programmation orientée vers l'amour. Paradoxalement, avec un budget artistique est contraint à 4 380 000 euros, la maison stéphanoise se permet une année riche en émotions avec une liste d’œuvres et d'artistes trépidante, basée sur des piliers forts. Une saison lyrique haute en couleurs Avec six œuvres (une septième si l'on intègre le Requiem de Mozart dans la liste), la saison lyrique fera très belle figure. D'autant plus, que plusieurs titres seront produits (ou co-produits) par les équipes de l'Opéra municipal. Ainsi Aladin de Nino Rota, Norma de Bellini (co-produit avec le théâtre des Champs-Élysées), Le Dialogue des carmélites

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La prise de la pastille

MUSIQUES | Si les opéras traduits en français de l'Opéra-Comique vous font toujours hoqueter de rage, si un concerto de Bach joué sur piano moderne vous donne un bouton (...)

Alain Koenig | Vendredi 15 janvier 2016

La prise de la pastille

Si les opéras traduits en français de l'Opéra-Comique vous font toujours hoqueter de rage, si un concerto de Bach joué sur piano moderne vous donne un bouton de fièvre, si l'irrévérence à l'égard des « espagnolades » de Bizet vous rend intolérant au gluten, alors fuyez ! De cette Garonne frondeuse, inondant de son humour vernaculaire les cités du Sud Ouest, ces toulousains ont su exporter cette «pointe d'ail» iconoclaste qui convient finalement si bien à l'Art Lyrique. Un peu de recul donc, messieurs (et mesdames!) les puristes, abonnés du parterre de l'Opéra Bastille, car c'est à l'Opéra-Pastille qu'ils vous convient. Et cette pastille-là n'est pas fabriquée dans les eaux mollement gazéifiées des curistes de Vichy ! Non, ici tout déraille, tout dérape. Rien ne se perd non plus, tout se recycle. Le « O Fortuna » de Carmina Burana échoue chez Michael Jackson dans le parc de Neverland, les aventures d'Aïda et Radamès, débarquent d'Egypte sur Ryanair dans une interprétation surréaliste -et on ne parle pas des costumes-, se définissant comme «acide lyrique». Vous serez donc vertement tancés si l'on vous y prend à ronchonner, bougonner, lever les yeux au ciel. Le diagnostic

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Classique/Lyrique : Les cinq incontournables

MUSIQUES | Voici la sélection de concerts de musique classique/lyrique de la rédaction du Petit Bulletin Saint-Étienne pour la saison 15/16.

Alain Koenig | Mardi 1 septembre 2015

Classique/Lyrique : Les cinq incontournables

Pourquoi votre fille est muette... C'est au célèbre tandem Barbier-Carré que Carvalho, directeur du Théâtre-Lyrique, confia d'intercaler dans la pièce de Molière, des textes chantés qui pussent rehausser la farce du grand Molière. Comme le fera plus tard Massenet avec sa Cendrillon, les références au 17e siècle sont légion. Empreinte de ce bon sens populaire, dont notre génie national ne se départit jamais, ce Médecin malgré lui, revisité par Gounod est assaisonné à la sauce Rossini et se déguste tel un Beaujolais nouveau. Parfait pour un public familial. AK Le Médecin malgré lui, vendredi 16 et samedi 17 octobre à 20h au Grand Théâtre Massenet de l'Opéra de Saint-Étienne Le chouchou de la Castafiore... Merci à Puccini et à ses deux librettistes d'avoir réussi à faire oublier la naphtaline grandiloquente de la pièce de Victorien Sardou. La postérité n'aura retenu que le chef d'œuvre passionnel et brutal du maître de Lucques, et qui s'en plaindra ? Apogée du vérisme, véritable juke-box de mélodies toutes plus belles les unes que les autres. Comment s'étonner du triomp

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La Chartreuse de Charme

MUSIQUES | Le mélomane, assoiffé de spiritualité, gagnera son élévation ce mois-ci, en marchant sur les chemins du monastère chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. Autour du (...)

Alain Koenig | Mardi 1 septembre 2015

La Chartreuse de Charme

Le mélomane, assoiffé de spiritualité, gagnera son élévation ce mois-ci, en marchant sur les chemins du monastère chartreux de Sainte-Croix-en-Jarez. Autour du thème "L'esprit du chant", les Musicales de Sainte-Croix se déploient cette année sur trois dimanches, durant lesquels la fine fleur du chant rhônealpin viendra baguenauder autour des ermitages. L'Ensemble Tarentule, tout d'abord, vaut à lui seul l’ascension du Pilat, d'autant plus qu'il s'adonnera à son répertoire de prédilection: la musique a cappella de la Renaissance et ses trésors. L'Octuor de l'Orchestre National de Lyon et ses quatre solistes proposeront leur vision du très sombre Octuor à vent en ut mineur KV.388 de Mozart. L'oeuvre témoigne de l'engouement de l'époque pour une formation dont le répertoire comporte, certes, des œuvres originales, comme les sérénades de Mozart, mais qui, depuis la création de l'Harmonie Impériale par Joseph II, permettaient, bien avant l'invention du MP3 de rejouer des transcriptions d'airs que fredonnait le passant viennois, comme les opéras ou les symphonies. De talentueux chanteurs lyonnais, dont l'excellent Paul-Henry

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La musique, c'est Brou !

MUSIQUES | A l'écart des flux mélo-migratoires, notre GPS a repéré une oasis, aptement sise dans l'Ain, «number one» des départements français. Et les Estivales de Brou (...)

Alain Koenig | Mardi 30 juin 2015

La musique, c'est Brou !

A l'écart des flux mélo-migratoires, notre GPS a repéré une oasis, aptement sise dans l'Ain, «number one» des départements français. Et les Estivales de Brou n'hésitent pas à planter leur Colonne Maurice à Bourg-en-Bresse ! Après l'intervention décalée du New Lyrique Boys Band, sifflant le coup d'envoi du festival, Laurent Touche mettra sa battue au service de la sagesse du grand Mozart, pour un opéra dont c'est la quintessence: La Flûte Enchantée. Emplie de juvénile maturité, oxymore pertinent tant pour le livret que les voix invitées, la distribution tiendra ses promesses: la Reine de la Nuit de la valeur montante Julie Mathevet, la très belle Pamina de Catherine Bernardini, le très mâle Sarastro de Florian Westphal, l'héroïque Tamino de Richard Bousquet, ou l'éternel teen-ager Papageno de Frédérik Prévault. Un récital de l'excellente soprano Ingrid Perruche, accompagnée par Laurent Touche qui, pour l'occasion, retrouvera ses claviers, prolongera la villégiature lyrique. Enfin, l'épique 8ème Symphonie de Mahler convoquera les moissons de cette 25ème édition, dans un grand éla

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La prise de la pastille

MUSIQUES | Si les opéras traduits en français de l'Opéra-Comique vous font toujours hoqueter de rage, si un concerto de Bach joué sur piano moderne vous donne un bouton (...)

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

La prise de la pastille

Si les opéras traduits en français de l'Opéra-Comique vous font toujours hoqueter de rage, si un concerto de Bach joué sur piano moderne vous donne un bouton de fièvre, si l'irrévérence à l'égard des « espagnolades » de Bizet vous rend intolérant au gluten, alors fuyez ! De cette Garonne frondeuse, inondant de son humour vernaculaire les cités du Sud Ouest, ces toulousains ont su exporter cette «pointe d'ail» iconoclaste qui convient finalement si bien à l'Art Lyrique. Un peu de recul donc, messieurs (et mesdames!) les puristes, abonnés du parterre de l'Opéra Bastille, car c'est à l'Opéra-Pastille qu'ils vous convient. Et cette pastille-là n'est pas fabriquée dans les eaux mollement gazéifiées des curistes de Vichy ! Non, ici tout déraille, tout dérape. Rien ne se perd non plus, tout se recycle. Le « O Fortuna » de Carmina Burana échoue chez Michael Jackson dans le parc de Neverland, les aventures d'Aïda et Radamès, débarquent d'Egypte sur Ryanair dans une interprétation surréaliste -et on ne parle pas des costumes-, se définissant comme «acide lyrique». Vous serez donc vertement tancés si l'on vous y prend à ronchonner, bougonner, lever les yeux au ciel. Le diagnostic

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«Éviter d'estropier la musique»

MUSIQUES | Directeur Général de l'Opéra de Lausanne, mais aussi metteur en scène, Eric Vigié est un amoureux de voix. A la magnifique mise en scène de "La Flûte Enchantée", initialement créée par son mentor Pet Halmen, il ajoute une pointe de mouvement et de fluidité, dans l'absolu respect des chanteurs, de la musique, et du chef d'oeuvre de Mozart. Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

«Éviter d'estropier la musique»

Je crois savoir que vous avez repris une mise en scène de Pet Halmen. En quoi la version revisitée par Eric Vigié diffère-t-elle de celle de Pet Halmen ? Tout d'abord, il faut situer cette reprise dans une démarche plus globale de ma part. Je fus le premier assistant de Pet Halmen en 1986 lorsqu'il débuta sa carrière de metteur en scène, à la suite du décès de Jean-Pierre Ponnelle, dont il était le décorateur et costumier durant bien des années. Je dois dire qu'il fut mon maître pour la scénographie et les costumes (plus de 50 productions réalisées). J'ai fait un nombre important de productions avec lui entre 1986 et 1994. Lorsque je suis devenu administrateur artistique, puis directeur, je l'ai toujours invité dans les théâtres que je dirigeais. Jusqu'à cette Flûte faite à Lausanne en 2008, et qui a été la dernière production de son vivant, car il devait décéder six mois plus tard. J'ai décidé de la reprendre à Vichy, puis à Saint-Étienne, dans un souci de respect pour Pet, mais aussi pour y gommer ou extrapoler certaines de ses idées car je les connaissais bien. Je fus son assistant sur sa première Flûte en 1991 à Pretoria, et nous av

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Mozart : un maître de lumière

MUSIQUES | En composant «Die Zauberflöte» au printemps 1791, Wolfgang, dont la longévité n'excèdera pas six mois, semble plus préoccupé par la santé de Constance, son épouse enceinte, partie prendre «les eaux» à Baden. Et pourtant, décrire «La Flûte Enchantée» comme le pinacle de son œuvre serait un lieu commun ou une dérisoire litote ! Genèse d'un chef d'œuvre. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

Mozart : un maître de lumière

Génial trublion de la musique, agitateur d'harmonie, créateur transcendant et intemporel, que dire de cet homme qui, avec Bach, ne se laisse pas incarcérer dans nos geôles lexicales ? La biographie de ces deux génies fondateurs laisse toujours perplexe, tant l'absence de corrélation entre leurs vies terrestres et l'infini de leur héritage paraît troublante. Peut-être faut-il retourner quelque pierre, pour accéder à un tracé biographique de Mozart plus satisfaisant pour l'esprit, en cette fin de siècle traumatisé par la Révolution Française. Son grand mécène, l'empereur Joseph II vient de mourir, et c'est Léopold II, frère de la future décapitée Marie-Antoinette qui lui succède. Sans intérêt particulier pour les arts, tenant pour responsable du cruel destin de sa sœur, l'idéal maçonnique du Siècle des Lumières, Léopold augure de funestes lendemains pour Mozart. Aussi n'est-il pas surprenant que ce dernier s'allie à son ami majuscule, Schikaneder, directeur du Theater auf der Wieden et dont il fréquentait assidûment la troupe, pour écrire un quatre mains, inspiré du recueil de contes de Wieland, La Flûte Enchantée. Et de sagesse Composant d

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Titus, le «Seria» Killer

MUSIQUES | En 1791, l'opéra «seria» et ses divinités grecques offensées, ses castrats emplumés égrenant des da capo interminables, ne fait plus recette. Art de cour versé dans l'ostentation et l'adulation des divas, comment le dernier opéra de Mozart a-t-il pu, en cette fin de XVIIIe siècle, être composé dans ce style suranné? Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 3 février 2015

Titus, le «Seria» Killer

1791: la plume de Mozart crisse incessante. Mû par une extraordinaire ivresse créatrice, il enchaîne les merveilles, et entre à son insu, au Panthéon de l'Humanité. C'est l'année de La Flûte Enchantée, du Concerto pour clarinette, du célébrissime Ave Verum et de son universel testament : le Requiem. Une mythologie sulfureuse autour de sa mort, entretenue par sa veuve, perdure jusqu'à nos jours, relancée par le film Amadeus de Milos Forman. Composé en six semaines, en cette année où rien ne semble pouvoir étancher sa soif compositionnelle, «l'opera seria» La Clémence de Titus laissera perplexes des générations de mozartiens, parmi les plus aguerris. Il faut attendre les années 70 (1970 s'entend !) pour que la corporation musicologique adoube la partition et lui décerne l'Oscar suprême de «chef d’œuvre». Car c'en est un ! Une mise en garde s'impose toutefois, si vous êtes néophyte. On ne saurait trop vous recommander les propos d'avant concert de Florence Badol-Bertrand, éminente spécialiste de Wolfgang... Un opera seria, fût-il un grand cru mozartien, ne se livre pas au premier venu.

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