Éric Blanc de la Naulte : « L'Opéra de Saint-Étienne est accessible à tous »

MUSIQUES | Avec une saison 2019/2020 qui mêlera créations, nouveautés et "tubes", l'Opéra de Saint-Étienne poursuit sa mission : faire vivre des émotions uniques à l'ensemble de ses spectateurs ! Rencontre avec son directeur qui nous détaille les spécialités de cette maison d'opéra qui ouvre ses portes à toutes et tous, sans distinction.

La rédaction | Jeudi 2 mai 2019

Photo : © Cyrille Cauvet


L'opéra de Saint-Étienne propose des saisons très riches tout en restant l'un des opéras les plus accessibles de France...

Eric Blanc de la Naulte : L'Opéra de Saint-Étienne est un théâtre extraordinaire dans tous les sens du terme. En terme de levers de rideaux, nous allons produire six ouvrages lyriques, sept concerts symphoniques dont deux avec chœurs, six ballets et dix-huit titres de musique. Ces derniers correspondant aux quatre récitals de piano, sept concerts Afterworks au Novotel et sept concerts de musique au Théâtre Copeau ou au Grand Théâtre Massenet. À cela s'ajoute une quinzaine de titres pour les scolaires. C'est énorme ! Nous avons également un très grand nombre d'actions de médiation telles que des visites guidées, des ateliers parents/enfants, des échauffements du spectateur, des rencontres professionnels/public, des ouvrages lyriques en audiodescription, des résidences à la Maison d'arrêt de La Talaudière, au CHU, des interventions dans les crèches... Ensuite, il est important de rappeler que l'Opéra de Saint-Étienne est le moins cher de France, tout en ayant un rayonnement fort et une qualité de programmation. Les prix des places vont de 5 à 57 euros. L'Opéra de Saint-Étienne est accessible à toutes et tous et est très loin d'être élitiste ! L'opéra est un art qui fait partie de nos vies à tous. Il apporte une grande émotion que nous essayons de faire vivre à nos spectateurs.

L'Opéra de Saint-Étienne est le moins cher de France

Pour cette saison 2019/2020, vous avez programmé plusieurs classiques lyriques dont Don Giovanni de Mozart ou La Traviata de Verdi. C'est une orientation forte que vous avez voulue ?

Oui, c'est un choix fort, encore que Cavalleria rusticana ou I Pagliacci (Paillasse) ne rentrent pas réellement dans cette catégorie même si ce sont de très beaux ouvrages. Mais chaque année, il est vrai que nous produisons des pièces majeures de l'opéra. Ce n'est pas une nouveauté pour nous d'avoir de grands classiques. En revanche, nous n'avons pas de grandes découvertes lyriques si ce n'est que nous allons accueillir en coproduction avec le Palazzetto Bru Zane, Le Docteur Miracle. Cela ne constitue pas une production telle qu'on l'entend mais cela reste un ouvrage lyrique très peu donné dans sa version de Charles Lecocq. Celle la plus souvent jouée étant celle de Bizet. Nous aurons également une résidence inédite du compositeur Benoît Menut et du metteur en scène Kristian Frédric pour la création de Little Benoît in Musicland. Avoir une résidence de compositeur est assez rare et ce sera la première fois à Saint-Étienne. La programmation 2019/2020 répond aux critères que nous nous sommes toujours fixés, à savoir des créations, des nouveautés, la part belle à la musique française et à plusieurs ouvrages très connus comme Don Giovanni ou La Traviata.

En 2019/2020, vous avez également souhaité mettre en avant les femmes dans cette programmation ?

C'est un point fort, notamment de la future saison symphonique, puisque dans l'opéra les femmes sont souvent au centre des ouvrages que nous produisons. Pour cette nouvelle saison symphonique, nous avons souhaité mettre à l'honneur trois compositrices françaises, Armande de Polignac, Marie Jaëll et Louise Farrenc. Leurs œuvres seront servies par des solistes fémi nines : la violoncelliste Emmanuelle Bertrand, la violoniste Sarah Nemtanu ou la pianiste Lilya Zilberstein. Pour l'une des premières fois à l'Opéra de SaintÉtienne, nous allons également accueillir une cheffe d'orchestre, Alexandra Cravero, qui dirigera l'un des sept concerts symphoniques que nous proposons, consacré à Wagner et ses héritiers français.

Nous produisons chaque année des pièces majeures de l'opéra

Vous avez également fait le choix de nommer Guiseppe Grazioli en tant que nouveau chef principal...

C'est un chef que l'on a accueilli très souvent à Saint-Étienne pour diriger des ouvrages symphoniques ou lyriques. Nous lui avons demandé s'il souhaitait pour les saisons à venir, devenir le chef principal de l'Opéra, sachant que David Reiland, qui était premier chef invité pendant quatre ans, prend son envol sur d'autres maisons. C'est la loi du genre et nous sommes obligés de renouveler les forces artistiques. Giuseppe Grazioli, un chef reconnu, nous a fait l'amitié d'accepter notre proposition. Il va assumer la responsabilité de l'Orchestre Symphonique SaintÉtienne Loire (OSSEL) au travers d'une programmation qu'il élaborera sous mon couvert. Il sera force de proposition et ses orientations se traduiront surtout à partir de la saison 2020/2021 car nous avions d'ores et déjà beaucoup avancé sur 2019/2020. Cela dit, il fera travailler l'orchestre cette saison et dirigera deux ouvrages lyriques et trois ouvrages symphoniques.

La saison 19/20 sera donc à l'honneur des femmes

La saison symphonique 19/20 sera, comme d'habitude, un mélange dosé entre musique française et "tubes" ?

Oui, cette programmation va répondre à ce critère que nous nous sommes toujours fixé, à savoir de mêler des titres français à des “tubes” et des découvertes. Nous allons avoir le Boléro de Ravel, la Symphonie du Nouveau Monde, les Symphonies six et sept de Beethoven, le Requiem de Brahms...

Concernant la danse, quel est le programme ?

Nous avons une nouvelle coproduction avec le CNN Ballet Biarritz de Thierry Malandain sur sa création Marie Antoinette. Nous travaillons depuis très longtemps avec cette compagnie. Elle tourne beaucoup à travers le monde. La dernière production que nous avons eue avec elle étaitNoé qui a dû tourner dans 25 à 30 pays et cela valorise l'image de l'opéra et de la ville de Saint-Étienne tout comme on peut le faire avec nos productions lyriques. Nous avons également une programmation éclectique en danse. Il y aura également D'Est en Ouest de la compagnie Grenade de Josette Baïz, Dance'N Speak Easy de la Compagnie Wanted Posse... des spectacles qui n'ont rien à voir avec la danse dite “classique”. Nous aurons également le plaisir d'accueillir à nouveau le Théâtre du Corps Pietragalla – Derouault pour Lorenzaccio d'après l'œuvre d'Alfred de Musset. C'est un vrai spectacle chorégraphique et théâtral qui constitue une véritable prouesse technique et physique.

Vous lancez également cette saison une nouveauté avec les Afterworks de l'Opéra au nouvel hôtel Novotel à Châteaucreux ?

L'Hôtel Mercure, devenu désormais Novotel après son déménagement à Châteaucreux, est un partenaire historique de l'Opéra. Nous avons souhaité développer d'octobre 2019 à mai 2020, un jeudi par mois, les Afterworks de l'Opéra. Ces événements feront appel à des artistes de l'Opéra, issus du chœur ou de l'orchestre, qui proposeront une programmation éclectique avec des airs d'opéras, des soirées à thèmes sur les chansons françaises, le jazz de Broadway, du violon tzigane... Ces moments permettront aux spectateurs de venir partager un verre, une assiette de charcuterie ou de fromages entre amis tout en profitant d'un bon moment musical. Attention, il n'y aura à chaque fois que 50 places...

- Abonnements saison 2019/2020
Disponibles dès maintenant à l'Opéra (du lundi au vendredi de 12h à 19h et les soirs de spectacle), par renvoi d'un bulletin d'abonnement, par téléphone au 04 77 47 83 40 ou en ligne sur www.opera-saint-etienne.fr
- Ouverture de la billetterie à l'unité dès le 24 juin 2019

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Nicolas Bros | Lundi 6 mars 2017

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Le nom du "nouveau" directeur de l'Opéra de Saint-Étienne vient de tomber. C'est Éric Blanc de la Naulte qui est reconduit pour 3 ans (jusqu'en 2020) à la direction de l'établissement culturel municipal stéphanois. « Après une pré-sélection de cinq candidatures parmi les nombreux curriculum vitae reçus, puis une short list de deux candidats, c'est son projet qui a fait l'unanimité auprès des membres du jury. » explique le communiqué de presse diffusé en début d'après-midi. Il a donc séduit le jury de sélection composé de représentants de la ville, du département de la Loire et de l'État (avec la Direction régionale des affaires culturelles - DRAC). Après la suspension de l'ancien directeur Vincent Bergeot en juin 2014, il avait repris la direction par interim avant d'être titularisé en janvier 2015 à ce poste. Âgé de 49 ans, Éric Blanc de la Naulte avait également exercé dans l'établissement stéphanois de 2002 à 2009 en tant que directeur adjoint.

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