Arménie

Niko Rodamel | Mercredi 5 février 2020

Photo : Canticum Novum © Pierre Grasset


Durablement installée dans le paysage culturel hexagonal et international, la compagnie Canticum Novum joue conjointement plusieurs de ses programmes, faisant ainsi fructifier un important travail de création sans cesse renouvelé. En ce début d'année 2020, la compagnie du chanteur Emmanuel Bardon s'apprête notamment à donner un grand nombre de représentations jeune public de Tapanak, son extraordinaire épopée musicale et imagée faisant appel, une fois n'est pas coutume, à la vidéo. Pour les plus grands, l'occasion est donnée de (re)découvrir Ararat, programme qui propose de renouer le dialogue interculturel entre la France et l'Arménie du XIIIè siècle. Au programme : musiques religieuses et mélodies populaires des deux pays, odes liturgiques, danses de cour et chants d'exil, autant de pièces qui toutes évoquent la paix et le respect de l'autre. Le chant fusionne par magie avec les instruments traditionnels, nyckelharpa, kamânsheh, kanun, oud, duduk et autres percussions. Ararat s'inscrit au cœur des musiques anciennes dans la mission fondatrice que s'est donné Canticum Novum : tisser des liens entre la musique d'Europe occidentale et le répertoire du bassin méditerranéen, pour interroger à la fois l'identité, l'oralité, la transmission et la mémoire.

Ararat / Canticum Novum, jeudi 20 février à 20h, Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon


Ararat

Canticum Novum
Théâtre du Parc 1 avenue du Parc Andrézieux-Bouthéon
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Tu mourras à 20 ans" : La vie et rien d’autre

ECRANS | De Amjad Abu Alala (Sou.-Fr.-Ég.-All.-Nor.-Qa., 1h45) avec Mustafa Shehata, Islam Mubarak, Mahmoud Elsaraj…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Soudan. Alors que se tient devant l’ensemble du village une cérémonie célébrant la naissance de Muzamil, le chef religieux prophétise que l’enfant succombera à 20 ans. Consterné, le père s’enfuit travailler à l’étranger et la mère élève Muzamil dans cette unique perspective funeste… Régulièrement dépeint sur nos écrans, le déterminisme social minant l’Occident possède un double maléfique dans les pays où la tradition/l’obscurantisme/la religion (rayez la mention inutile) fait sa loi. Cette fable moderne l’illustre, qui fait froid dans le dos par sa gravité réaliste. Et serre le cœur, à moins d’être totalement dépourvu d’empathie. Car Amjad Abu Alala montre les effets pervers de la malédiction inaugurale : un conditionnement généralisé biaisant toute destinée. Ainsi, sa mère porte le deuil de Muzamil dès le jour de sa naissance et lui interdit quasiment tout contact avec l’extérieur (incitant de fait les autres enfants à l’affubler du charmant sobriquet de Fils-de-la-Mort), ne lui laissant pour seules occupation que la fréquentation de l’école coranique où il pourra enfin bénéficier d’une attention positive après avoir appris par cœur tous les textes sacrés.

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"Adam" : Les délices de Casa

ECRANS | De Maryam Touzani (Mar.-Fr.-Bel., 1h33) avec Lubna Azabal, Nisrin Erradi, Douae Belkhaouda…

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Samia erre dans la Médina, en quête d’un travail. Mais sa situation de jeune femme enceinte seule lui ferme toute les portes. Jusqu’à ce qu’elle arrive chez Abla, veuve revêche qui l’héberge à contrecœur sur l’insistance de sa fille de 8 ans. Les talents de pâtissière de Samia feront le reste… Le chemin du cœur passe par l’estomac, dit la sagesse populaire, qui n’a certes jamais dû ouvrir un manuel d’anatomie. Tout aussi absurde semble l’assertion selon laquelle la gourmandise serait transmissible par le regard… Et pourtant ! Combien nombreux sont les films qui, exaltant les plaisirs du palais, suscitent d’irrépressibles réflexes de salivation pavloviens chez leurs spectateurs ! Adam appartient à cette succulente catégorie d’œuvres où l’art culinaire sert de méta-langage entre les individus, de truchement social et sentimental ainsi que de vecteur nostalgique. Comme dans Le Festin de Babette, La Saveur des ramen ou Les Délices de Tokyo, le miracle qui se produit en bouche redonne vie à des cœurs secs ; la sensualité de la dégustation et la complicité de la préparatio

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"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" : Gavalda remix

ECRANS | De Arnaud Viard (Fr., 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette (une prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte), Mathieu, employé timide et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile… En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions (oui oui) de lecteurs — voire adulateurs — de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est

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Mixture luxuriante

Soirée | Le Gin Tonic Orchestra, c'est tout d'abord une belle claque musicale à chaque set du groupe. Même si la formation se définit dans son dossier de presse (...)

Nicolas Bros | Jeudi 19 décembre 2019

Mixture luxuriante

Le Gin Tonic Orchestra, c'est tout d'abord une belle claque musicale à chaque set du groupe. Même si la formation se définit dans son dossier de presse comme « une idée, un concept, une pensée... [...] une sorte de cocktail sans recette universelle, qui existe et prend son sens à travers un brassage d’ingrédients multiples. » GTO, pour les intimes, symbolise aussi le projet mené par le Stéphanois Victor Dijoud, alias Kaffe Crème qui a sévi sur le label lyonnais Moonrise Hill Material. Il a réuni quelques autres musiciens stéphanois pour former cette mixture groovy et charnelle. Après un premier EP réussi, Stefania, avec un titre en hommage à leur ville, le groupe poursuit son aventure dans cette dernière en prenant régulièrement le contrôle de la cabine du Disorder Club. Ce vendredi, ils prennent carrément le contrôle de la programmation avec une soirée spéciale où ils invitent quelques connaissances : une jam session avec les musiciens de Saint-Étienne en début de soirée, avant de jouer leur live et de laisser la place à Saint-James, du label parisien Chuwanaga. « Une soirée Jazz-Funk, Disco, Soul, Boogie, Latin, World, House... » selon Victor Dijou

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"Noura rêve" : Divorce à la tunisienne

ECRANS | De Hinde Boujemaa (Tun.-Bel.-Fr, 1h30) avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi…

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer 5 ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail… De la condition féminine dans les pays du Maghreb post Révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale — à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania —, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leurs compagnons (ou ex-) depuis le début 2019. Il n

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"Papicha" : Liberté, j’écris ton “non“

ECRANS | De Mounia Meddour (Fr.-Alg.-Bel.-Qat., 1h45) avec Lyna Khoudri, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda…

Vincent Raymond | Mercredi 9 octobre 2019

Alger, début des années 1990. Alors que le pays s’enfonce durement mais sûrement dans la terreur, la jeune étudiante Nedjma résiste à sa manière, continuant à affirmer ses désirs de femme libre et indépendante. Mais jusqu’à quand le pourra-t-elle ? Ce brillant portrait d’une “papicha“ — “beau brin de fille“ — à une époque où il ne faisait pas bon être femme ni revendiquer son autonomie, résonne terriblement aujourd’hui : la violence ne s’exerce plus directement pas les armes, mais la pression sociétale est devenue telle que beaucoup d’entre elles ont intériorisé la menace religieuse et masculine. Nedjma apparaît comme une rebelle quand tous les autres jeunes de son âge (filles ou garçons) se soumettent en se voilant ou en préparant leur exil de l’autre côté de la Méditerranée ; tous composent avec les privations de liberté qui s’annoncent, sans même les contester. Sauf Nedjma, donc, qui ironiquement est la seule à manifester un attachement profond à ce pays qui lui veut tant de mal. Près de trente ans après les faits, les blessures algériennes ne sont toujours pas refermées, loin s’en faut. En témoigne le récent soulèvement populai

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Variation sur le volcan

Festival du Volcan du Montpeloux | Construction grandiose de la nature, un cratère vieux de millions d'années forme un amphithéâtre naturel. C'est dans ce cadre, à Saillant dans le (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 2 juillet 2019

Variation sur le volcan

Construction grandiose de la nature, un cratère vieux de millions d'années forme un amphithéâtre naturel. C'est dans ce cadre, à Saillant dans le Puy-de-Dôme, que la 14e édition du polyvalent festival du Volcan du Montpeloux prend ses quartiers. Dans la programmation, on retrouve Leïla Huissoud avec ses chansons délicates, intimes, malicieuses et révoltées. Elle présentera son deuxième album, Auguste, plein de sentiments et d'auto-dérision grinçante. Dans le cratère, les accordéons aux sonorités napolitaines donneront le "la". L’album Disperato de Lalala Napoli explore librement l'imaginaire des chansons italiennes avec chaleur et exubérance. Entre la chanson française et un bal populaire, le concert classique 2 trompettes et un orgue trouve sa place en clôture du festival. L'orgue positif de François Clément et les trompettes solistes de Gilles Mercier et Jean-Marie Cousinié revisiteront les œuvres d'Albinoni, de Monteverdi, d'Haendel ou encore d'Haydn. Positif, on vous dit ! Festival du Volcan du Montpeloux, jusqu'au 22 août dans la Vallée de l'Ance

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Alan Menken : « Il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Aladdin | Compositeur historique des studios Disney, lauréat de huit Oscar — dont deux pour la version animée de Aladdin —, le toujours affable Alan Menken est venu converser (au piano) de son travail au long cours sur ses partitions…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Alan Menken : « Il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Quel a été votre processus d’écriture pour ce film ? S’agit-il d’une “réécriture” ? A.M : Tout d’abord, écrire la musique pour un film animé est différent pour un film en prises de vues réelles : il faut trouver des moments plus intenses et d’autres plus courts, des thèmes qui musicaux qui reviennent encore et encore… Au début d’Aladdin, j’ai été inspiré par des gens comme Fats Waller. Ensuite, pour la comédie musicale Aladdin — qui est sur scène depuis longtemps à Broadway mais n’a pas encore été jouée à Paris —, c’est encore très différent : j’ai dû écrire davantage de chansons et penser différemment… Et enfin, ça a évolué vers cette version en prises de vues réelles, qui a nécessité que je modifie la musique afin qu’elle colle mieux. Écrire trois fois une partition, je l’avais déjà fait pour La Belle et La Bête. La clef pour vraiment y parvenir, c’est de connaître le réalisateur, d’être sur sa même longueur d’onde que lui : ça m’aide à écrire la mus

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"Aladdin" : Super calife agile !

Disney | De Guy Ritchie (É.-U., 2h09) avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Se livrant à ses activités délictuelles dans la cité d’Agrabah, le jeune tire-laine Aladdin sauve de la princesse Jasmine qu’il prend pour une servante et en tombe amoureux. Grâce aux pouvoirs d’une lampe magique (et de son génie), il deviendra prince et sauvera le royaume du félon vizir… Même s’il se montre ici singulièrement calme — oubliez le surmontage rehaussé de ralentis et d’effets de variation de vitesse de défilement dont il est d’habitude si friand — le frénétique Guy Ritchie a d’emblée le mérite de remettre le minaret au centre du village, c’est-à-dire de renvoyer au cimetière du carton-pâte le pitre franchouillard piètre simulacre d’Aladdin en jouant la carte de la superproduction à l’ancienne, avec danseurs par milliers, éléphants et costumes chamarrés pour tout le monde. Bien sûr, il y a du numérique, mais il ne remplace pas les immenses plans d’ensemble où les chorégraphies prennent vie. Will Smith n’étonne guère dans la peau (bleue) du génie : sur le papier, il était évident qu’un showman de sa trempe glisserait aisément ses pieds dans les babouches de Robin Willi

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La recette est simple

Rap québ' | Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

La recette est simple

Depuis quelques années, une énergie musicale pousse de plus en plus fort de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec. Le rap local s'exporte de mieux en mieux à l'instar de la scène belge. Outre les incontournables et historiques tels que Koriass, de nouvelles têtes ont percé le mur du son. Loud qui a rempli les salles en France l'année dernière ou encore les Alaclair Ensemble et autres Dead Obies sont devenus des valeurs sûres. Mais d'autres formations ne doivent pas être oubliées. Par exemple Random Recipe. Depuis plus de 10 ans, ce groupe remue les scènes où il se produit. En 2018, le quatuor devenu trio a sorti un troisième album flamboyant aux paroles engagées : Distractions. Ce disque rempli de bonnes ondes sonores (jetez une oreille au premier titre Fight this feeling ou à Strawberry Daiquiri) mêle inspirations tropicales, flow ciselé et ambiances groovy. Pour composer les huit titres de ce recueil musical, Fabrizia Di Fruscia, Frannie Holder and Liu-Kong Ha ont fait appel à différents collaborateurs de renom : Foxtrott, la bassiste Rhonda Smith (ayant travaillé avec Prince) ou encore Marie-Pierre Arthur. Un disque qui porte divinement bien son n

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"Nicky Larson et le parfum de Cupidon" : En odeur de sainteté ?

Miracle | De et avec Philippe Lacheau (Fr., 1h39) avec également Élodie Fontan, Tarek Boudali…

Vincent Raymond | Mercredi 6 février 2019

Tsunami de neige à prévoir ? Signe annonciateur de la naissance de l’antéchrist ? Comprenez que l’on soit tourneboulé : voici que l’on s’apprête à vanter les qualités objectives d’un film signé par Philippe Lacheau. Preuve qu’il ne faut jamais désespérer de rien ni de personne et combattre en permanence ses préjugés — quitte à engloutir chaque année autant de navets qu’un troupeau meuglant. Peut-être fallait-il qu’il se plonge dans l’adaptation d’un souvenir d’enfance : la transposition française de l’anime Nicky Larson, lui-même adaptation du manga de Tsukasa Hōjō. Si l’original nippon était plutôt salé, la version hexagonale cultivait pour des raisons de censure une dérision égrillarde pas très éloignées des obsessions gonadotropes de la Bande à Fifi. En cuisinant sa madeleine à sa sauce, Lacheau a intégré ce second degré français, truffé le tout de références générationnelles assez discrètes pour qu’elles ne parasitent pas l’intrigue. Une intrigue taille string, certes, mais suffisante pour porter l’absurdité de cet univers : le détective Nicky Larson, obsédé notoire, est engagé pour retrouve

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"Le Doudou" : Canaille Peluche

Objet transitionnel | Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouille foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier (...)

Vincent Raymond | Vendredi 15 juin 2018

Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouille foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen & Julien Hervé, ce buddy movie des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès commise par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa “fille“, des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à la Danny Glover, effets contenus, celui-ci confirme donc dans la comédie populaire le virage pris avec Comme des rois. C’est donc à Malik Bentalha

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Je rêvais d’un autre monde…

Panorama ciné juin 2018 | Bientôt viendra le moment de vaquer à l’ombre, de se baquer dans l’onde… Rien de tel que l’approche de l'été pour souffler l’envie d’aller voir ailleurs ; rien de mieux qu’un film pour l’exaucer.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Je rêvais d’un autre monde…

L’ailleurs est un territoire de connaissance pour l’enfant, qui fait l’expérience permanente de la découverte — c’est de son âge, pourvu que ça lui reste ! Mais l’ailleurs a des saveurs différentes, selon son “quelque part“ de naissance, comme l’ont chanté Brassens et Le Forestier. Pour Vittoria, fillette sarde de 10 ans, il correspond à la vie dépenaillée d’Angelica, à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf qu’Angelica est sa génitrice biologique… Dans Ma fille (27 juin) Laura Bispuri place la petite Vittoria dans une situation de choix impossible — adoptant souvent son point de vue, le film aurait mérité de s’appeler Mes mères — et offre à Valeria Golino un nouveau rôle de mater dolorosa faisant d’elle l’incontournable Magnani contemporaine. L’image est belle, brûlée par le soleil et le sel, mais l’histoire, imprégnée d’alcool et d’odeurs de poissons, un peu téléphonée. Pour affronter la guerre civi

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Bruno Montcoudiol, un MOF au top

Fine bouche et douceurs | Entrevue avec Bruno Montcoudiol, pâtissier meilleur ouvrier de France (MOF), qui régale les Stéphanois et les Monistroliens depuis 2008 au sein de ses 2 boutiques.

Marion Dubanchet | Mercredi 25 avril 2018

Bruno Montcoudiol, un MOF au top

Malgré une orientation première en charcuterie-traiteur, Bruno Montcoudiol a toujours gardé une affection particulière pour les douceurs. Alléché par les vitrines des pâtissiers stéphanois, Biscarrat entre autres, il décide d’approfondir cette envie et commence un apprentissage en pâtisserie au sein du Nelson qui devait durer un an. La vie se construit souvent suite à des rencontres, et c’est suite à celle de son maître d’apprentissage et de son professeur de CFA qu’il envisage finalement de continuer dans cette voie. Après plusieurs diplômes dans le métier, il continue à faire ses armes auprès de Jean-Jacques Borne, qui gère aujourd’hui l’institut culinaire de l’excellence à Saint-Étienne et de Laurent Le Daniel, meilleur ouvrier de France également. Il se tourne ensuite vers l’enseignement et transmet son savoir au CFA du Puy-en-Velay et à l’École nationale supérieure de la pâtisserie d'Yssingeaux (ENSP). En 2004, il s’inscrit au concours de Meilleur Ouvrier de France, une envie qu’il garde dans un coin de sa tête depuis 1993, lorsqu’encore apprenti, il a pu assister à la finale des MOF qui avait lieu à Yssingeaux. Il réussit l’exercice du premier coup et enchaîne avec les cha

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"Sonate pour Roos" : Nordique sa mère

Glacial | de Boudewijn Koole (P.-B.-Nor., 1h32) avec Rifka Lodeizen, Jakob Oftebro, Elsie de Brauw…

Vincent Raymond | Mercredi 18 avril 2018

Jeune femme en apparence épanouie, Roos s’est fait violence pour venir en Norvège passer quelques jours chez sa pianiste de mère. Pour faire part d’une nouvelle et voir son petit frère. Car avec la distante matriarche, les relations sont polluées depuis longtemps par une vieille querelle… Piano, langue nordique, rivalité mère-fille, maladie incurable… L’ombre de Bergman, et tout particulièrement celle d’une autre sonate (celle-là automnale), pèsent sur ce film aussi froid qu’élégant. La révérence, pour ne pas dire référence, est trop évidente pour qu’on soupçonne le plagiat : parlons ici, pour rester dans le domaine musical, d’une variation autour de la même note fondamentale avec quelques digressions sur les harmoniques. La présence du cadet en est une notable : si lui a répondu aux attentes pianistiques de la mère, ce gamin, dont on ne cesse de se demander comment il peut avoir une génitrice si âgée et un tel écart avec sa sœur, entretient avec cette dernière une complicité filiale qui semble être la clef de l’intrigue… ou d’une partition mystérieuse. Malheureusement, dans cet

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"Luna" : Frime et châtiment

Portrait | de Elsa Diringer (Fr., 1h33) Avec Laëtitia Clément, Rod Paradot, Lyna Khoudri…

Vincent Raymond | Mercredi 4 avril 2018

Encore un peu ado, Luna est accro à Ruben, le beau gosse du groupe. Un soir de beuverie entre potes, elle incite la bande à humilier un type de leur âge, Alex. Lorsque celui-ci débarque dans l’exploitation agricole où elle travaille, sans la reconnaître, elle panique. Puis s’attache à lui… Il est des adéquations naturelles dont l’évidence éclate à l’œil. Telle celle entre Elsa Diringer et sa découverte, la débutante Laëtitia Clément, solaire en dépit du nom de son personnage. Sans l’une ni l’autre, Luna n’aura pas été cet instantané vif et cru d’une jeunesse méridionale traînant ses incertitudes dans les antichambres de la ville, de la vie d’adulte, des responsabilités. Le fait que les deux aient encore un pied, voire un pied et demi dans “le plus bel âge” explique sans doute l’acuité du regard, dépourvu de cynisme ou de désabusement. Pas de contrefaçon non plus dans le langage, les comportement, qui participent d'une revendication sociale, temporelle et géographique. À l’intérieur de ce cadre restreint, Luna va suivre une trajectoire “dardennienne” à la

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Sauvé par le gong

MUSIQUES | Créée en 2002 par le compositeur Jean-Pierre Goudard, la compagnie KOTEKAN rassemble dix-huit musiciens autour d’un gamelan balinais, que viennent (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 avril 2018

Sauvé par le gong

Créée en 2002 par le compositeur Jean-Pierre Goudard, la compagnie KOTEKAN rassemble dix-huit musiciens autour d’un gamelan balinais, que viennent compléter quelques instruments occidentaux. Avec ses deux tonnes de percussions (gongs, cymbales, métallophones et tambours de divers types), le gamelan est un instrument hors norme, reposant sur des conceptions de jeu, de tempo et de justesse très différentes de notre solfège habituel. Chaque élément participe à une nécessaire interdépendance collective, chacune des sonorités entrant en résonnance avec celle du gong-mère. A Bali, le gamelan rythme de façon rituelle la vie sociale. Celui de KOTEKAN est quant à lui engagé dans diverses actions culturelles en lien avec les territoires qui accueillent ses spectacles. D’octobre 2017 à mai 2018 à Montbrison, des lycéens, des écoliers et leur famille ont répété aux côtés de Jean-Pierre Goudard et de son équipe, dans les murs du Lycée de Beauregard puis à la Médiathèque Loire-Forez, préparant le concert final (Les voies du gong) qui sera donné le 27 avril aux Pénitents, mêlant amateurs et professionnels, chant et instruments. Kotekan, vendredi 27 avril au Théâtre d

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Au bout du fil

Galerie | L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. (...)

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

Au bout du fil

L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. Au-delà des formations qui y sont dispensées, conférences et expositions viennent régulièrement ponctuer l’année. Sur le fil forme le premier opus d’un nouveau format d’exposition proposé par l’IRMACC, baptisé Matières vives. Pas moins de quinze artisans d’art dont la pratique a attrait au fil ont confié des pièces d’exception pour constituer le premier volet du programme. L’occasion de découvrir notamment des travaux de design textile de Roxane Andrès et Florence Bost ou des ouvrages de broderie de Christine Peyret et Elisabeth Roulleau. On découvre aux côtés des couturiers Jérémie Tessier et Renaud Aivaliotis, le créations textiles d’Hélène Jospé et Aude Tahon, ainsi que l’univers des plasticiennes Dominique Torrente et Catherine De Robert. Quant à Joëlle Verne (corsetière), Françoise Micoud (dentellière aux fuseaux), Maïté Tanguy (tisserande), Mariam Partskhaladze (feutrière) et Sara Revil (tresseuse), elles font vivre chacune une discipline peu connue du grand public. Matières vives / Sur le fil

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"Un homme intègre" : On ne lâche iran !

ECRANS | de Mohammad Rasoulof (Ir., 1h58) avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi…

Vincent Raymond | Mercredi 6 décembre 2017

Que ce film porte douloureusement bien son titre ! Car il vaut à son auteur Mohammad Rasoulof de se retrouver une nouvelle fois inquiété par les autorités de Téhéran, lui qui avait déjà par le passé écopé d’une peine de prison après une œuvre co-réalisée avec Jafar Panahi, jugée critique à l’égard du régime… Primé lors du dernier Festival Cannes, Un homme intègre cause peut-être de profonds ennuis au cinéaste iranien mais, effet Streisand oblige, met l’accent sur sa situation en incitant à examiner avec acuité ce que son film dit — et de quelle admirable manière. On y découvre le combat digne de l’obstiné Reza, un éleveur de poissons qui pour défendre son bon droit face à une compagnie privée aux méthodes crapuleuses, refuse d’entrer dans le système institué de la corruption locale, bien que lui et sa famille risquent lourd. Rasoulof dresse ici le portrait d’une petite communauté rurale fort peu avenante : un ramassis d’hypocrites serviles, corrompus et combinards aux ordres d’un potentat mafieux. Très éloignée donc des dogmes moraux revendiqués par les mollahs. Des pla

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Rire pour de bon

Festival Du Rire de l'Yssingelais | Depuis 1992, de nombreux humoristes ont foulé les planches du festival du rire de l'Yssingelais : Boujenah, Semoun, Gerra, Roumanoff, Mezrahi... Référence (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 juillet 2017

Rire pour de bon

Depuis 1992, de nombreux humoristes ont foulé les planches du festival du rire de l'Yssingelais : Boujenah, Semoun, Gerra, Roumanoff, Mezrahi... Référence parmi les festivals d'humour de France, ce rassemblement de fin d'été propose chaque année des têtes d'affiche et de jeunes talents. La preuve l'année dernière avec le trio "suédois" infernal Blønd and Blōnd and Blǒnd qui rend Hømåj à la chanson française, Arnaud Ducret ou encore le YouTubeur Pierre Croce. Pour sa 26e édition, outre le si peu délicat Jean-Marie Bigard, le festival invite notamment Chris Esquerre et le Comte de Bouderbala. Ces deux personnages aux parcours atypiques sont aussi attachants l'un que l'autre. Le premier, un temps consultant pour Andersen Consulting, change de voie et passe sur les ondes (France Bleu, RFI, Radio Nova puis France Inter) avant de se lancer dans le seul-en-scène. Le second a un temps beaucoup joué au basketball, jusqu'à être pro avant de troquer les baskets montantes contre un micro de scène. Avec eux deux, attention aux zygomatiques ! Festival du Rire de l'Yssingelais, du 26 août au 02 septembre à Yssingeaux (Haute-Loire)

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"Je danserai si je veux" : trois femmes (palestiniennes) puissantes

ECRANS | de Maysaloun Hamoud (Pal.-Isr.-Fr., 1h42) avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura…

Vincent Raymond | Mercredi 12 avril 2017

Dans un petit appartement de Tel Aviv, elles sont trois colocataires aux mœurs, origines et parcours différents : Laila, l’avocate indépendante et séductrice ; Salma, la DJ cachant à ses parents son homosexualité ; et Nour, une étudiante très religieuse. Trois victimes en puissance des hommes… ou de la "puissance" des hommes. La jeune réalisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud offre un très intéressant changement de paradigme sur une région souvent montrée comme morcelée et divisée par la religion : ici, le clivage s’opère entre les hommes et les femmes. Et il y a même une sorte d’union sacrée cultuelle implicite pour pérenniser l’oppression ordinaire ou la sujétion des femmes. Ce kaléidoscope est d’autant plus triste que les plus libéraux (en apparence), qu’ils soient chrétiens ou musulmans, justifient leurs agissements et soignent leur hypocrisie en se réfugiant derrière les plus vils archaïsmes. À la fois état des lieux, cri de colère et manifeste, Je danserai si je veux est une réponse volontaire à un patriarcat chancelant, un médius haut tendu à ses ultimes tentatives pour maintenir sa férule sur la gent fémini

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Un Candide drôle et bizarre

Théâtre | Dans un dispositif scénique en perpétuel mouvement, la quête de Candide se transforme en une course effrénée. Cinq jeunes comédiens à l’énergie débordante y incarnent (...)

Houda El Boudrari | Mercredi 5 avril 2017

Un Candide drôle et bizarre

Dans un dispositif scénique en perpétuel mouvement, la quête de Candide se transforme en une course effrénée. Cinq jeunes comédiens à l’énergie débordante y incarnent une vingtaine de personnages, sans jamais quitter le plateau. C’est drôle, rafraîchissant et ça donne à voir la magie du théâtre dans sa plus grande simplicité. Candide - Si c'est ça le meilleur des mondes, mercredi 12 avril et jeudi 13 avril à 20h, au Théâtre du Parc à Andrézieux

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Leïla Huissoud : « Pour moi, la musique est au service des textes »

Chanson | Telle une funambule, Leïla Huissoud slalome entre ses textes tantôt doux tantôt piquants, mais toujours justes. Sortie indemne de The Voice en 2014, elle a su utiliser cette exposition médiatique comme un tremplin et non comme un gouffre artistique. La preuve avec un premier album L'Ombre, enregistré en live, qui démontre tout le talent de la jeune artiste.

Nicolas Bros | Jeudi 9 mars 2017

Leïla Huissoud : « Pour moi, la musique est au service des textes »

Pourquoi avoir décidé de sortir un premier album « live » plutôt qu'un album « studio » ? C'est vrai que cela ne se fait plus trop en tant que premier album. La raison est que je suis habituée à la scène. Le studio, cela s'apprend et j'estimais être meilleure en live qu'en studio. Pour certains artistes, c'est l'inverse. J'avais envie de faire un album mais je n'étais pas prête pour le studio. Entre temps, j'ai rencontré des personnes qui m'ont fait comprendre que c'était autre chose que de chanter dans une boîte... Mais, pour ma part, c'était inconcevable de faire autrement pour ce premier disque. Il y a un mélange dans cet album d'anciens titres et de nouvelles compositions ? Il y a un ensemble de chansons que j'ai écrites entre mes 16 ans et mes 20 ans. Vous vous êtes entourée de Kevin, chanteur et musicien de Ladybug and The Wolf également connu pour son projet solo Tom Bird. Pourquoi ce choix ? Nous nous sommes rencontrés par des copains en commun. Nous étions à une soirée et il s'est mis à m'accompagner à la guitare alors que l'on ne se connaissait pas et que personne n'osait jouer

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Le Comte de Bouderbala : « J'aborde des sujets clivants »

Humour / Rencontre | Sami Ameziane ou Le Comte de Bouderbala, a tourné pendant huit ans avec son premier "seul en scène". Cette année, il propose sa deuxième mouture. Cet ancien joueur international de basket-ball, passé par les USA et le slam, est un humoriste au parcours atypique portant un regard aiguisé sur le monde qui l'entoure. Rencontre avec le "Comte du Ghetto".

Nicolas Bros | Mercredi 1 février 2017

Le Comte de Bouderbala : « J'aborde des sujets clivants »

Pourquoi avoir attendu neuf ans avant de faire un second spectacle ? J'ai eu la chance d'avoir un très bon "bouche-à-oreille" sur le premier spectacle et j'ai pu jouer dans de très nombreuses villes en France et à l'étranger. Du coup, j'ai pu évoluer avec lui pendant plusieurs années. Quant à ce second spectacle, je l'ai travaillé en continu. Au final, je l'ai écrit en deux mois et enrobé lors du troisième. Mais j'écris énormément, tout le temps. Au final, j'avais trois ou quatre spectacles de côté... Depuis que vous avez débuté le stand-up, les sujets et "le rire" ont-ils évolué avec le temps ? Il y a forcément toujours un lien avec l'actualité. Mais je pense qu'en France, il y a des sujets qui reviennent tout le temps. C'est d'ailleurs ce que je disais dans mon premier spectacle. La France accuse aussi vingt à trente ans de retard par rapport aux Américains. Il suffit de traiter ce dont parlaient les humoristes américains il y a plusieurs années pour voir que c'est la même chose chez nous. Est-ce qu'on ose plus aux États-Unis lorsqu'on est humoriste ? Non, chaque société a ses tabous e

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Eska nous invite à bord

Vidéo | Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 décembre 2016

Eska nous invite à bord

Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant les nouveaux titres qui composeront ce disques. Ces prises nous invitent à découvrir des titres pris en live acoustique, dans lesquels l'artiste partage l'affiche avec d'autres créateurs. Le premier épisode propose un duo de l'auteur-compositeur avec la jeune et talentueuse Leïla Huissoud.

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L'amoureuse des mots

Chanson | Leïla Huissoud est un petit bout de jeune femme. Telle une funambule elle slalome entre ses textes tantôt doux tantôt piquants, mais toujours justes. Si ses (...)

Nicolas Bros | Vendredi 4 novembre 2016

L'amoureuse des mots

Leïla Huissoud est un petit bout de jeune femme. Telle une funambule elle slalome entre ses textes tantôt doux tantôt piquants, mais toujours justes. Si ses mélodies penchent toujours vers une simplicité presque nue, elles s'accordent à merveille avec sa plume fine et virevoltante. Sortie indemne d'une énième édition de l'émission "radio-crochet" The Voice en 2014, elle a su se renouveler en utilisant cette exposition médiatique comme un tremplin et non comme un gouffre artistique. Prenant son temps, elle travaille sur un premier album qui devrait sortir au début de l'année 2017. Accompagnée par Kevin Fauchet (moitié du duo Ladybug and The Wolf), elle propose également des sets enjoués et sautillants, qui glissent tout seul et donnent un goût d'en avoir toujours un peu plus. Elle sera à l'affiche en novembre de la première édition du festival Femme(s) de la salle du Pax, qui accueillera également l'excellente Mesparrow ou le trio folk de Ceti Cantat dans le cadre de ce nouveau rendez-vous musical destinée aux artistes féminines. Leïla Huissoud [+ Ceti Cantat], vendredi 11 novembre à 17h, au Pax, dans le cadre du festival Femme(s)

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Stéphane Buriez : « Le metal, c'est ma vie »

Loudblast | Loudblast, c'est plus de trente ans d'existence et six albums aussi furieux les uns que les autres. Un groupe de trash et de death metal, pionnier du genre en France, qui continue de représenter fièrement la scène française dans le monde et qui n'est - bizarrement - jamais passé à Saint-Étienne. L'occasion était belle de parler de ce genre souvent mis de côté à tort par les médias. Rencontre avec Stéphane Buriez, fondateur, chanteur et guitariste du groupe, qui présente également la seule émission metal du PAF : Une Dose 2 Metal.

Nicolas Bros | Mardi 1 novembre 2016

Stéphane Buriez : « Le metal, c'est ma vie »

Comment la scène metal a-t-elle évolué depuis 30 ans en France ? Stéphane Buriez : Je t'avouerais qu'il y a 30 ans, on n'appelait même pas ce style du "metal" mais du "hard rock". Quand on a débuté avec Loudblast, en 85, nous étions un groupe de lycéens, de potes. Nous avons commencé à faire ça en tant que fans de musique, nous avons appris à jouer de nos instruments et de fil en aiguille nous sommes devenus professionnels. Aujourd'hui, le metal est un style musical parmi les plus prolifiques. On a tendance à dire que le metal reste le même genre de musique, avec les clichés qui s'y rapportent : des mecs aux cheveux longs qui jouent sur des grattes saturées et qui font du bruit... Mais c'est surtout un grand sous-ensemble du rock'n'roll, tout simplement. Quand tu es ado, tu es attiré par le côté le plus extrême de cette musique et tu évolues en grandissant. C'est d'ailleurs ce qui est génial avec ce style. Si tu creuses un peu, les grands-parents du metal étaient Elvis, Deep Purple ou encore Black Sabbath. J'ai eu la chance d'avoir un oncle qui m'a donné toute sa collection de disques et des amis de mon grand-frère qui écoutaient AC/DC, P

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

ECRANS | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt avec une délicatesse infinie. Un premier long métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; un chef-d’œuvre. VINCENT RAYMOND

Vincent Raymond | Mercredi 5 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. “Tout est affaire de décor” écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentales, des maltraitances enfantines, d’énurésie d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, donc, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés. Voilà pour le premier décor.

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Des T(h)races interculturelles

MUSIQUES | « Le regard tourné vers l'Occident et l'âme vers l'Orient », voilà qui résume l'ADN du nouveau programme proposé par l'Ensemble Canticum Novum : T(h)races. (...)

Nicolas Bros | Mardi 31 mai 2016

Des T(h)races interculturelles

« Le regard tourné vers l'Occident et l'âme vers l'Orient », voilà qui résume l'ADN du nouveau programme proposé par l'Ensemble Canticum Novum : T(h)races. Cette création initiée pour l'édition 2016 du Festin Musical, rendez-vous des musiques anciennes dans le magnifique cadre de la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, proposera une avancée vers la pointe orientale de l'Europe, les fameuses Thraces. Une terre de migrations, de mélanges et de partages et une oeuvre qui, forcément, résonne avec l'actualité marquée par les flux migratoires. Mais comme toutes les créations de Canticum Novum, T(h)races est surtout caractérisée par une volonté farouche de partager une interculturalité sur scène. « Chaque musicien possède sa propre culture musicale », explique Emmanuel Bardon, directeur musical de l'ensemble. « Avec T(h)races, nous nous retrouvons à la période des croisés de la moitié du XIIIe siècle à la moitiré du XVe. » Comme à chaque création, l'ensemble convie un de ses musiciens à apporter sa culture. Ici c'est la Grèce qui sera mise en avant avec d'une part Ourania Lampopoulou (jouant du santouri) et la chanteuse Maria Simoglou, spéci

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Aux confins des lueurs sonores

MUSIQUES | Musiques persanes, séfarades, kurdes, ... voici quelques unes des cultures se mariant dans le spectacle Yakinthé de la formation de musiques (...)

Marlène Thomas | Mardi 2 juin 2015

Aux confins des lueurs sonores

Musiques persanes, séfarades, kurdes, ... voici quelques unes des cultures se mariant dans le spectacle Yakinthé de la formation de musiques anciennes Canticum Novum. Isabelle Courroy, joueuse de flûtes kaval (flûtes de tradition pastorale jouées dans toute l’Europe Orientale et l’Anatolie), sera en leur compagnie lors du 7ème Festin Musical, le 14 et 17 juin à Sainte-Croix-en-Jarez. L'occasion de découvrir un trio né du désir de poursuivre l'aventure du spectacle L'immobile voyage où Isabelle Courroy s'illustrait aux côtés de la musicienne iranienne-kurde Shadi Fathi. Gülay Hacer Toruk au chant vient parfaire ce tandem, apportant avec elle son influence turque. Isabelle Courroy évoque des «rencontres humaines et de répertoires» enrichissantes, facilitées par une esthétique musicale proche. «À une certaine époque, toutes ces cultures vivaient dans les mêmes quartiers et se croisaient beaucoup» explique la flûtiste. Ce spectacle conte la vie de Yakinthos, un jeune homme aimé des dieux Apollon et Zéphyr, à la lueur des sons chauds et lancinants des mélodies turques, persanes, arméniennes, kurdes et grecques.

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Herrerias s'envole

MUSIQUES | Faire le choix de se consacrer à la création de sa propre musique plutôt que de continuer à collaborer avec des émissions musicales à succès est un choix compliqué (...)

Nicolas Bros | Mardi 24 février 2015

Herrerias s'envole

Faire le choix de se consacrer à la création de sa propre musique plutôt que de continuer à collaborer avec des émissions musicales à succès est un choix compliqué mais courageux. Le natif de Firminy, Raphaël Herrerias a pourtant fait le pas en stoppant son travail de responsable de la production musicale pour l'émission The Voice après avoir été remarqué grâce à un passage dans l'émission X-Factor en 2011. Et le résultat de cette renaissance vient de sortir : sa première épreuve de cinq titres en auto-production s'intitule J'étais l'oiseau soudain. Inspiré et poétique, cet EP, quoique s'approchant parfois dangereusement de la variété, retranscrit cependant très bien l'univers de l'artiste. Prometteur et chaleureux, ce mini-album possède le défaut de ne contenir que seulement cinq titres là où on en écouterait volontiers un peu plus. Au-delà du disque, la musique d'Herrerias se découvre surtout sur scène. Accompagné par ses acolytes musiciens passionnés et habités par la musique de l'Appelou, la prestation live du groupe apporte une couleur différente au disque et s'apprécie différemment grâce à une structure musicale variée, telle une belle histoire qui nous est donnée

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Coldwater

ECRANS | De Vincent Grashaw (ÉU, 1h44) avec P. J. Boudousqué, James C. Burns…

Christophe Chabert | Mardi 8 juillet 2014

Coldwater

Ce premier film tourné par le producteur de l’excellent Bellflower se situe à l’intersection du cinéma à sujet et du cinéma de genre, l’un conférant à l’autre son originalité : Grashaw montre en effet une prison à ciel ouvert, en fait un centre de détention pour mineurs où les adolescents sont envoyés sans procès, sur simple demande de parents dépassés. Les figures imposées sont là : brutalité des conditions de détention et des matons, tensions entre détenus et naissance d’un héros qui s’endurcit au contact de la vie carcérale pour espérer s’en affranchir ensuite. La teneur dénonciatrice du propos offre quant à elle la meilleure idée au film : montrer ce camp comme une lointaine résurgence des violences militaires post-Irak ou post-Afghanistan appliquées à de simples citoyens américains. Coldwater, toutefois, n’arrive jamais à développer une singularité visuelle ou narrative, donnant l’impression de recycler des clichés plutôt que de renouveler des codes. Il faut dire que les personnages sont particulièrement stéréotypés et que la narration, mélange d’ellipses et de flashbacks, ne confère aucune épaisseur à leur parcours. Grashaw se repose sur la violen

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Du goudron et des plumes

ECRANS | De Pascal Rabaté (Fr, 1h30) avec Sami Bouajila, Isabelle Carré, Daniel Prévost…

Christophe Chabert | Mardi 8 juillet 2014

Du goudron et des plumes

Il aura fallu trois films pour que l’auteur de BD Pascal Rabaté réussisse sa mue de cinéaste, c’est-à-dire qu’il sorte d’un cinéma de la vignette pour développer une réelle dynamique de mise en scène où l’invention graphique se met au service de son récit et de ses personnages. Ce qui, dans Les Petits ruisseaux et Ni à vendre, ni à louer, semblait figé et ricanant, devient dans Du goudron et des plumes vivant et empathique. Christian, commercial divorcé aux combines peu reluisantes, perd son boulot et l’estime de sa fille, mais gagne le cœur d’une jeune femme, elle aussi mère célibataire. Ne reste plus qu’à accomplir l’exploit qui va le faire sortir de son rôle de gentil poissard : ce sera le Triathlon de l’été, sorte de mini-Intervilles local télédiffusé, compétition dans laquelle il va s’investir corps et âme. Rabaté en fait une sorte d’anti-héros français d'aujourd'hui, métissé et râleur, qui se fond dans le décor intemporel d’un Montauban fait de pavillons anonymes, de ronds-points, de boîtes de nuit tristes et de salles de sport municipale… Maniant le gag visuel et sonore avec une minutie à la Tati, cherchant dans le quotidien le plus triv

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Cloud Atlas

ECRANS | Projet épique, pharaonique et hors des formats, Cloud Atlas marque la rencontre entre l’univers des Wachowski et celui du cinéaste allemand Tom Tykwer, pour une célébration joyeuse des puissances du récit et des métamorphoses de l’acteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 mars 2013

Cloud Atlas

Qu’est-ce que cette «cartographie des nuages» qui donne son titre au nouveau film des Wachowski ? Stricto sensu, c’est une symphonie qu’un jeune ambitieux (et accessoirement, homosexuel) va accoucher de l’esprit d’un vieux musicien reclus qui fait de lui son assistant. Métaphoriquement, mais toujours dans le film, c’est cette comète, marque de naissance qui relie les personnages principaux par-delà les lieux et les époques, dessinant peu à peu le plan du dédale narratif qui se déroule sous nos yeux (ébahis). Plus symboliquement encore, on sent ici que Lana et Andy Wachowski ont trouvé dans le best seller qu’ils adaptent une matière à la hauteur de leurs ambitions, un film qui se voudrait total, englobant le ciel et la terre, le passé, le présent et le futur. Mégalomanes mais conscients de l’ampleur du projet, ils ont su délégué une part de la tâche à l’excellent cinéaste allemand Tom Tykwer, donnant une singularité supplémentaire à Cloud Atlas, qui n’en manquait déjà pas : celle d’une œuvre absolument personnelle signée par des personnalités extrêmement différentes. Partouze des genres Or, justement, Cloud Atlas ne parle que d

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Retours en série

ECRANS | Une première au Méliès ce mois-ci : une nuit pour découvrir, gratuitement et dans son intégralité, la première saison d’une série télé. Pas n’importe laquelle : Les Revenants, accueillie comme la meilleure série française contemporaine par une presse extatique. Et un peu excessive, sur ce coup. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 4 mars 2013

Retours en série

Depuis le temps qu’on entend la phrase : «Les séries télé d’aujourd’hui sont meilleures que la plupart des films de cinéma», il était logique qu’un jour celles-ci viennent se répandre sur les grands écrans. Le Méliès prend donc les devants ce mois-ci en organisant une nuit Les Revenants, où la première saison de la série créée par Fabrice Gobert — adaptée du beau film de Robin Campillo — sera diffusée dans son intégralité — 8 heures ! L’événement, gratuit qui plus est, sonne comme un moment de vérité pour cette série quasi-unanimement accueillie par des «vivas !» de la presse et des professionnels, puis par des audiences historiques pour son producteur Canal +. Pour l’avoir engouffrée en deux jours en DVD, on peut témoigner de son potentiel addictif, même si au fil du visionnage, les réserves étaient nombreuses sur sa qualité réelle. Morts mais bien vifs Les quatre premiers épisodes ont vraiment le cul entre deux chaises : refusant le traitement réaliste et politique de Campillo, Gobert n’en prend pas non plus le contrepied exact. En regardant le phénomène inexpliqué du retour à la vie de disparus qui entendent reprendre leur place auprès de leur famil

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Into the Wilde

MUSIQUES | Le pianiste Laurent De Wilde ouvrira la troisième édition des Jazzeries d’Hiver en trio et autour de "Over The Clouds". Son nouvel opus fait la part belle à l'acoustique et à la composition. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Lundi 17 décembre 2012

Into the Wilde

Malgré son histoire de plus d’un siècle, la richesse de ses nombreux métissages et cette étonnante capacité de perpétuel renouvellement, le jazz trimballe encore cette image de musique pour têtes grises écoutant du New Orleans en sirotant un pur malt dans un fauteuil club ! Pourtant, on est en droit de penser que le jazz a encore de belles soirées devant lui, à en juger par le nombre toujours croissant des festivals en France et partout ailleurs, par la profusion discographique qui ne fléchit pas et, plus localement, par le vivier plutôt dense des jazzmen rhônalpins, qu’ils se forment dans les conservatoires régionaux ou qu’ils se lancent dans l’aventure d’un trio, d’un quartet ou encore d’un collectif à géométrie variable. A Saint-Étienne, l’association Gaga Jazz est justement au cœur de cette entreprise de dépoussiérage et de promotion d’un jazz de qualité ouvert à tous les styles et tous les publics. En plus d’une programmation désormais bimensuelle au FIL et au Café Jules de l'Opéra Théâtre, la fine équipe remet donc le couvert pour la troisième année avec une nouvelle édition de son festival qui n’a pas froid aux yeux : les Jazzeries d’Hiver. Trio de tête

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Une famille respectable

ECRANS | De Massoud Bakhshi (Iran-Fr, 1h30) avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian…

Christophe Chabert | Lundi 29 octobre 2012

Une famille respectable

S’inscrivant dans le courant, visiblement en plein essor, du réalisme social iranien, Massoud Bakhshi jette un regard particulièrement sombre et désespéré sur son pays. Le destin du protagoniste se retrouve ainsi obstrué de tous les côtés : le souvenir douloureux d’une enfance où son père, violent et tyrannique, est allé jusqu’à faire subir des électrochocs à sa propre femme qui le déteste au point de refuser l’argent qu’il lui lègue, et qui lui permettrait de quitter le pays ; et la rigidité bureaucratique de l’état iranien, qui refuse à ce professeur d’enseigner librement, mais aussi de rentrer en Europe où il a pourtant passé la majeure partie de sa vie. Avec des éclats de cinéma qui rappellent le film noir — l’enlèvement au début filmé en caméra subjective, mais aussi la séquence avec le frère dans la tour — Une famille respectable révèle un cinéaste à suivre, même s’il lui manque encore le style et la rigueur d’un Asghar Farhadi. Christophe Chabert

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