L'oeuf se met à table

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Photo : L'Oeuf © Eric Soudan


Pour son nouveau projet un peu dingue, le Big band de l'œuf réunit sur scène 18 musiciens de jazz autour d'un chef cuisinier, invitant les spectateurs à explorer en musique les plaisirs de la table. Après une première partie où le public est appelé à déguster des bouchées apéritives au son d'une mini fanfare, chaque spectateur s'installe dans la salle avec en mains le menu lui permettant de choisir les morceaux qui seront joués, et les plats qui seront préparés en direct sur scène par le chef. Pour faire mijoter ses compositions, le tromboniste Pierre Baldy Moulinier a réuni une dream team d'excellents musiciens rhonalpins. Aux cuivres : Hervé Salamone, Jean-François Baud, Christophe Metra, Vincent Stephan, Olivier Destephany, Jean Crozat et Vincent Ollier. Aux saxophones : Boris Pokora, Hervé Francony, Eric Prost, Antoine Bost et Sylvain Félix. La section rythmique sera assurée par Hervé Humbert (batterie), Basile Mouton (basse) et Fabien Rodriguez (percussions). David Bressat sera aux claviers et Bruno Simon à la guitare. Benjamin Gagnaire, cuisinier du Solar, sera quant à lui aux fourneaux.

Le Big band de l'œuf, Petits plats pour Grand Ensemble, vendredi 15 octobre à 20h au Panassa à Saint- Étienne

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Simple et basique

Rap | Un rap simple, basique mais pas dénué d'intérêt. Orelsan s'est imposé logiquement comme un artiste populaire, une valeur sûre en l'espace d'une décade et (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Simple et basique

Un rap simple, basique mais pas dénué d'intérêt. Orelsan s'est imposé logiquement comme un artiste populaire, une valeur sûre en l'espace d'une décade et de trois albums à l'esthétique totalement maîtrisée. Tout cela malgré les polémiques récurrentes liées à la Saint-Valentin... Orelsan est bel et bien sorti de sa chambre d'ado il y a bien longtemps et préfère squatter de plus grands espaces et les scènes des festivals. En ouvrant davantage son travail au grand public que n'ont pu le faire nombre de rappeurs et avec un background social à mille lieux des clichés du genre - fils de professeurs et ancien élève d'école de commerce -, le Caennais a su fédérer autour de thématiques et gimmicks qui parlent à un très grand nombre tels que les jeux vidéos, Internet, boîtes de nuit, junk food... Si La Fête est finie, elle se poursuit assurément chez Orelsan dont on devrait entendre le flow tout casser pendant encore de nombreuses années. Orelsan, vendredi 14 juin au Zénith

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"Meltem" : Avec le temps, avec le vent

ECRANS | De Basile Doganis (Fr.-Gr. 1h27) avec Daphne Patakia, Rabah Naït Oufella, Lamine Cissokho…

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Un an après le décès de sa mère, Elena se rend sur l’île de Lesbos solder la succession en compagnie de deux potes, afin d’éviter de rester en tête-à-tête avec son beau-père. Le trio va se dessiller en découvrant les réfugiés sur place et Elena peu à peu se rabibocher avec son passé… Sous des dehors de comédie d’été entre grands ados à la plage, sentant bon la mélancolie et le sable chaud, Basile Doganis signe un premier film joliment ambitieux, tissant beaucoup de thèmes sans jamais s’emmêler. Il faut en effet une enviable finesse pour raconter l’accomplissement d’un deuil, mettre en perspective l’écartèlement entre plusieurs cultures d’hier et d’aujourd’hui, selon que l’on vienne de France ou de Syrie, et parsemer ces sujets graves de grâce et d’insouciance — qualités naturelles infusant le cœur et le corps des jeunes adultes. Doux-amer et pétillant, ce cocktail chavirant en un clin d’œil de la gravité à la légèreté, rappelle le (bon) cinéma de Klapsich, dans les questionnements métaphysiques que se posent (ou s’imposent) les personnages, et leur volonté de se positionner dans

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"Border" : Aux limites du genre

Conte de faits | La rencontre de deux êtres à la monstruosité apparente, une enquête sur des monstruosités cachées et des éveils sensuels peu humains… Chez Ali Abbassi, la Suède est diablement fantastique et plus vraie que nature. Prix Un Certain Regard Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mercredi 9 janvier 2019

Dotée d’un physique ingrat, Tina possède un odorat hors du commun lui permettant de repérer les fraudeurs à la frontière où elle est douanière. Un jour, elle détecte un suspect au physique aussi repoussant que la sien, Vore. En sa compagnie, Tina va découvrir qui elle est réellement… Par ses personnages rivalisant avec l’immonde Jo “Le Ténia“ Prestia (Irréversible) ou le répugnant Willem “Bobby Peru“ Dafoe (Sailor & Lula), Ali Abbasi interroge ici en premier chef la féconde question de la monstruosité, travaillant le traditionnel syntagme affichée/effective : la disgrâce physique n’étant pas le réceptacle obligé d'une âme hideuse — le fantastique abonde d’exemples contraires ; souvenons-nous de Freaks ou de La Belle et la Bête. Mais s’il tient du conte initiatique, Border ne se borne pas à traiter des seules apparences et oppositions ; il explore cette zone grise, intermédiaire, aux contours indistincts et flous constituant la frontière, dans les nombreuses acceptions du concept. Et m

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The Nice Guys

ECRANS | de Shane Black (E.-U., 1h56) avec Ryan Gosling, Russell Crowe, Kim Basinger…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

The Nice Guys

On ne s’étonnera pas de voir derrière The Nice Guys le producteur Joel Silver, qui a bâti une partie de sa fortune grâce au buddy movie avec 48 heures et les quatre volets de L’Arme fatale — parler de tétralogie en l’occurrence risquerait de froisser Wagner. Il avait déjà accompagné Shane Black, scénariste de L’Arme fatale, pour Kiss Kiss Bang Bang (2005) — un précédent réussi narrant association entre une carpe et un lapin sur fond d’investigation privée — il remet donc le couvert avec un nouveau duo chien et chat. Pourquoi diable changer des recettes qui fonctionnent et qui, justement, en rapportent ? Une fois que l’on a admis que le tonneau sur pattes à la carrure depardieutesque est Russell Crowe, on embarque pour un plaisant voyage carrossé jusqu’au bout du col pelle-à-tarte vintage années 1970. Plutôt que d’enchaîner les refrains connus à tour de platines, la B.O. procède en finesse en distillant des intros funky, groovy et disco. Shane Black met aussi la pédale douce du côté des répliques, abandonnant l’épuisante distribution de vannes surécrites. Du coup, on s’attache dav

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