​Le sacre du tympan

Boucan | Barouf : nom masculin, familier, issu de l'italien baruffa, désigne le bruit, le vacarme, le tapage. Synonymes : boucan, raffut, tintamarre. "Cette année, le Rhino Jazz(s) va faire un barouf du tonnerre à Saint-Étienne." Vous voilà prévenus !

Niko Rodamel | Mardi 5 octobre 2021

Photo : Le Grand Barouf © Robert Combas Lionel Martin © Christophe Charpenel


Le jazz reste l'un des courants musicaux les plus inventifs à l'image d'un fleuve impétueux qui a traversé les époques et les paysages, s'enrichissant et se métissant de mille influences, sublimant ses interprètes et accouchant de multiples rejetons répondant aux doux prénoms de Rock, Soul, Funk et autre Rap. Le jazz, c'est la liberté incarnée, une libération, un ensemble de codes que tous les jazzmen ne cessent de réinventer, cherchant, détournant et improvisant pour mieux retomber sur leurs pattes. Une liberté revendiquée, viscérale, intrinsèque, mais toujours exigeante. C'est sans doute de cet esprit de liberté dont souhaite se nourrir la 43ème édition du Rhino Jazz(s) Festival en proposant son Grand Barouf : une liberté créative retrouvée à partager de nouveau. Car c'est bien en live, en concert, en chair et en notes, que le jazz prend tout son sens, celui du partage.

Jazz à tous les étages

En complément au modèle historique du festival (60 concerts dans 26 villes partenaires), le Rhino propose cette année un parcours musical et iconographique sur le site de la Grande Usine Créative à Saint-Étienne. Comme ce fut le cas lors des deux dernières éditions avec de beaux hommages à l'œuvre de David Bowie, la cuvée 2021 du Rhino Jazz(s) souhaite mettre en perspective les différents visages de la création jazzistique et ses prolongements dans les musiques actuelles. Directeur artistique du festival, Ludovic Chazalon évoque « une thématique générale qui s'appuie sur un travelling entre les jazz(s), le rock et la pop. » Au programme : des performances improvisées (le squat créatif de Lionel Martin), des projections de films et documentaires rares, des conférences et bien sûr des concerts avec Palm Unit, Digital Primitives, Yseult, Skulltone, Chromb! et Eric Mingus. Plusieurs expositions feront la part belle aux arts visuels, avec la venue du peintre et musicien Robert Combas ou encore les photographies de Alain Dister, Gilbert Spagnoli et Guy Bonneton.

Le Grand Barouf du Rhino Jazz(s) Festival, du 1er au 24 octobre à la Grande Usine Créative(Cité du Design - bâtiments H) à Saint-Étienne

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D’art d’art

Galerie | La galerie PASQUI fait partie de ces lieux d’art qui ont traversé la crise covidienne sans trop d’encombre, les acheteurs n’hésitant à enrichir leurs (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 juin 2021

D’art d’art

La galerie PASQUI fait partie de ces lieux d’art qui ont traversé la crise covidienne sans trop d’encombre, les acheteurs n’hésitant à enrichir leurs collections en cliquant à distance et à se faire livrer (parfois à l’autre bout du monde) des œuvres choisies sur écran. Un rapport d'Artprice (LA référence) révèle pourtant que, s’il est parvenu à limiter la casse en basculant massivement vers le numérique, le marché de l’art enregistre une perte de seulement 21% de chiffre d'affaires. Entre street art, art brut, abstraction, pop art, art cinétique et sculptures, le catalogue PASQUI regroupe déjà une quarantaine d’artistes, dont plusieurs plasticiens locaux soutenus par la galerie, à l’image de LUMA ou de Viza. Pour son exposition estivale, Agnès Court et David Pasquinelli mettent à l’honneur quelques grands noms : Mr Brainwash, C215, Takashi Murakami, JonOne, Richard Orlinski, Hervé Di Rosa, Robert Combas, Erro et Jef Aérosol, avec des sérigraphies numérotées de Banksy himself et de Shepard Fairey (Obey). Exposition d’été, du 19 juin au 31 juillet, galerie PASQUI à Saint-Étienne

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Let’s dance

De la Loire à Paris | Présentée pour la première fois en 2018 à l’occasion du Rhino Jazz(s), l’exposition-hommage Bowie Odyssée avait reçu plus de 3 000 visiteurs. C’est (...)

Niko Rodamel | Mardi 6 octobre 2020

Let’s dance

Présentée pour la première fois en 2018 à l’occasion du Rhino Jazz(s), l’exposition-hommage Bowie Odyssée avait reçu plus de 3 000 visiteurs. C’est maintenant au tour du public parisien de découvrir cet accrochage qui célèbre cinquante riches années de fan mania. Ludovic Chazalon (programmateur du festival à deux cornes) a notamment réuni les collections privées de deux fans absolus de David Bowie, Jean-Charles Gauthier et Yves Garde. Plus de 1 000 objets rares sont présentés : affiches, photos, pochettes de disques, documents et raretés, produits de merchandising, PLV… Autant d’éléments qui permettent de décrypter les univers visuels et musicaux de l’artiste iconique disparu en 2016. Bowie Odyssée, du 29 octobre 2020 au 10 janvier 2021, Le Palace à Paris

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Angola queen

Sono mondiale | À Riorges, Les Mardi(s) du Grand Marais fêtent cette saison leurs vingt ans en grande pompe, avec une programmation franchement intéressante. Save the (...)

Niko Rodamel | Mercredi 5 février 2020

Angola queen

À Riorges, Les Mardi(s) du Grand Marais fêtent cette saison leurs vingt ans en grande pompe, avec une programmation franchement intéressante. Save the date, mardi 25 est annoncé un double plateau cent pour cent féminin avec la venue de Yseult (chanteuse, auteure-compositrice et mannequin), mais aussi de Pongo, la nouvelle reine du kuduro révélée l'an passé par son sublime titre Kuzola. C'est en fuyant la guerre civile qui déchirait son Angola natal que la chanteuse découvre à Lisbonne ce style hybride né à la fin des nineties, fait de break dance, de semba angolaise et d’électronique. Issu des ghettos angolais où il servit d’exutoire à la souffrance des prisonniers, le kuduro fut donc à l'origine un genre musical marginal. Forcément plus en phase avec son époque, celui de Pongo est progressif et cathartique, habilement métissé de pop tribale, tantôt nerveux et tantôt lascif. Pour écrire et interpréter sa propre musique, la chanteuse puise dans ses racines africaines, se nourrissant de semba angolaise, de soukous et de ndombolo congolais, ou encore de zouk. Pongo + Yseult, mardi 25 février à 20h30, Les Mardi(s) du Grand Marais à Riorges

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Les yeux dans le jazz

Photos jazz | Pour son quarantième anniversaire, le Rhino Jazz(s) festival investit trois gares ligériennes avec les superbes photos live d’un amoureux de la petite note bleue, le photographe Roger Berthet.

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

Les yeux dans le jazz

Photographier le jazz n'est pas chose facile. Le photographe manque souvent de lumière. Il s'agit alors d'ouvrir grand le diaphragme de l'objectif et bien souvent de flirter avec les hautes sensibilités, qu'elles s'expriment en ASA argentiques ou en ISO numériques. Il faut observer la gestuelle des musiciens, trouver le bon angle, doser la profondeur de champ et déclencher au bon moment, bref, être au rendez-vous du fameux instant décisif cher à Henri Cartier-Bresson. Roger Berthet est de ces photographes discrets qui rôdent à pas de velours au pied des scènes de jazz de la région, de Vienne à Montbrison, en passant bien sûr par le Rhino Jazz(s) qu'il suit depuis ses débuts, autant dire depuis des lustres. Comme bien d'autres de ses confrères, Roger a suivi l'évolution du matériel, délaissant peu à peu la pellicule au profit du capteur, avec ses atouts et ses faiblesses, préférant au simples Jpeg les lourds fichiers RAW qu'il retravaille ensuite patiemment, à œil reposé, sur son écran. Le train sifflera trois fois En partenariat avec la SNCF et avec la bienveillance du Rhino Jazz(s), Roger Berthet présente pas moins de trente-deux clichés en grand format,

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"Rester vivant - méthode" : Comment ça va avec la douleur ?

Aïe ! | de Erik Lieshout (P.-B., 1h10) avec Iggy Pop, Michel Houellebecq, Robert Combas…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

De la douleur surmontée naît la création poétique. Tel est le postulat de l’essai signé par Michel Houellebecq en 1991, Rester vivant, méthode. Un bréviaire dont fait ici son miel Iggy Pop, jadis réputé pour ses performances scéniques limites conjuguant scarifications et auto-mutilations diverses. En vénérable pré-punk apaisé, l’Iguane s’emploie à lire devant la caméra quelques stances de l’ouvrage, à les commenter à la lumière de son parcours ; croisant sa propre vie avec celle d’autres artistes aussi marqués par la souffrance que lui. On y découvre les écrivains écorchés Claire Bourdin et Jérôme Tessier, ainsi que le vibrionnant peintre Robert Combas, témoignant tous de leur rapport intime à la maladie — schizophrénie, dépression ou autre plaie intérieure térébrante qu’ils ont convertie en carburant créatif. Et puis il y a dans un recoin du film, à son extrémité caudale même, un certain “Vincent“, artiste reclus absorbé par un grand œuvre mystérieux. Il s’agit le seul “personnage“ fictif de ce documentaire hybride, interprété par Houellebecq en personne. Visage rongé de stigmates, voix souffreteuse et si

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Lignon de haute lignée

MUSIQUES | Niché sur le plateau du Mézenc, le Festival sur Lignon est éclectique par nature puisque son ambition première est de provoquer la rencontre entre un pays, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 juillet 2016

Lignon de haute lignée

Niché sur le plateau du Mézenc, le Festival sur Lignon est éclectique par nature puisque son ambition première est de provoquer la rencontre entre un pays, ses habitants, son patrimoine et la parole artistique. Pour sa dix-huitième édition sur la commune de Fay-sur-Lignon, le festival propose durant quatre jours une programmation alliant lectures, chanson française, jazz, musique du monde, spectacle jeune-public mais aussi randonnée, dégustations et siestes sonores ! Parmi les différentes formations au programme, Jazz before Jazz réunira deux grands musiciens autour d’un répertoire des plus originaux. Le pianiste Mario Stantchev et le saxophoniste Lionel Martin mettront en lumière quelques perles du répertoire de Louis Moreau Gottschalk, génial et prolifique compositeur natif de La Nouvelle Orléans, véritable extraterrestre au XIXème siècle puisque précurseur du ragtime en pleine époque romantique. Bien entendu, Mario Stanchev et Lionel Martin interprètent à leur sauce harmonique la musique de Gottschalk, empreinte de rythmes caribéens, louisianais et brésiliens. Un voyage aux sources insoupçonnées du jazz. Festival sur Ligno

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