Elle préfère l'amour en mer

Florence Barnola | Mardi 29 septembre 2015

Photo : DR


Cap sur l'Espérance, un joli nom pour un paquebot. Grisée par tant de promesses, Suzy, double fictif de la chanteuse des années trente Suzy Solidor, embarque sur ce navire afin d'animer en chansons un mariage. Accompagnée de son accordéon, shootée par l'air iodé qu'elle croit propice à l'amour, Suzy raconte comme une chanteuse réaliste ses amours. Seulement, à force de les chanter à tue-tête, les souvenirs l'enivrent et le désespoir s'installe… J'ai fait une belle croisière avec Jean-Pierre est un spectacle cabaret-seul-en-scène orchestré par Julien Geskoff, co-écrit et interprété par Cécile Bournay. Le binôme se connaît depuis quelques années pour avoir fait ensemble l'École de la Comédie entre 1999 et 2002. Ils n'avaient encore jamais marié leur univers dans un spectacle. C'est heureux qu'ils l'aient fait, leur travail est teinté de sensibilité et d'humour touchant ainsi un large public, qui ne sait plus s'il rit aux larmes ou pleure de rire. Une question peut demeurer cependant : qui est donc ce Jean-Pierre ? Le marié mais aussi, surtout, un matelot. « Ma belle, veux-tu voir les deux pôles, les Amériques, le Labrador ? » dit le marin empreint de poésie virile dans la chanson de 1934. « À deux heures de barque légère, à deux cents yards de Saint-Malo, j'ai fait ma plus belle croisière, avec Jean-Pierre, le matelot… » Nous, c'est avec l'équipe du Bruit des Couverts que nous allons faire un beau voyage au Pôle du Fay. FB

J'ai fait une belle croisière avec Jean-Pierre, mise en scène Julien Geskoff, vendredi 16 et samedi 17 octobre à 20h, au Pôle Festif du Fay


Les Baladins + J'ai fait une belle croisière avec Jean-Pierre

Cie Art'Deko et Cie Le Bruit des couverts
Pôle festif du Fay Quartier du Fay Saint-Jean-Bonnefonds
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Seul·e, bien ou mal accompagné·e ?

Panorama ciné janvier 2018 | Femmes seules ou le devenant, colocataires aigris, ménages à trois ou quatre, zoo à domicile… Il y a en a pour tous les goûts, y compris les becs sucrés en ce début d’année…

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Comme un contrecoup des fêtes de fin d’année, propices aux réunions familiales : une ribambelle de films présentent des trajectoires de femmes seules ou sur le point de l’être. Le décevant L’Échappée belle (3 janvier) de Paolo Virzi associe une Helen Mirren en sursis à un Donald Sutherland façon Alzheimer pour une virée en camping car entre vieux soixante-huitard dans l’Amérique trumpisante. Un ennui poli saluera ce road movie faisant fausse route, voire du sur-place. Charlotte Rampling de son côté, poursuit sa fructueuse quête de rôles abrupts d’épouses esseulées. Après l’Ours d’argent pour 45 ans, elle a conquis la Coupe Volpi avec Hannah (24 janvier) d’Andrea Pallaoro, où elle campe une femme dont l’existence bascule lorsque son époux est incarcéré pour une histoire dont on comprendra peu à peu la sombre nature. Une œuvre “statique” et d’ambiance, de photographe pourrait-on dire, où la comédienne offre sans fard la dignité de son délitement.

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Houda El Boudrari | Mercredi 3 janvier 2018

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Notre société prône la jeunesse comme seule valeur valable, voire acceptable. Que faisons-nous de cette contradiction ? En évoquant la vieillesse, la dépendance et la mise en institution, Emmanuelle Hiron, Comédienne membre de La Cie L’unijambiste basée à Limoges, ne cherche pas à donner des réponses, mais à se poser la question collective de notre rapport à la mort et de ses conséquences. À (re)mettre aussi au centre de l’attention les vieux, Les Résidents, ceux qu’elle a rencontrés, filmés et qui ont amené cette réflexion. Ce théâtre-documentaire s’articule autour de séances filmées dans un EHPAD et le monologue de la comédienne inspiré de ses échanges avec une amie gériatre. Ses interrogations sont aussi nourries par les écrits d’un psychiatre, Jean Maisondieu, qui a abordé ces questions épineuses liées à la place des vieux dans notre société. Si l’approche peut paraître moralisatrice, le spectacle - puisque c’en est un - mêle harmonieusement l’écriture théâtrale et le réel de ces résidents en proie à différentes formes de démence. Et c’est bien le rôle du théâtre d’orienter notre regard vers des directions inhabituelles, et parfois de le figer sur ce qui

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"L'Echappée belle" : Vieux routards que jamais

ECRANS | de Paolo Virzì (It.-Fr., 1h52) avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay… (3 janvier)

Vincent Raymond | Mercredi 20 décembre 2017

Ella et John ont décidé de rouler vers le Sud à bord de leur vieux camping-car, comme autrefois, mais à l’insu de leurs enfants — ce qui n’est pas pour les rassurer, car John est atteint d’Alzheimer et Ella d’une autre saloperie. Il s’agit sans doute de leur dernière balade en amoureux… L’affiche et la thématique visent les spectateur·trice·s susceptibles de s’identifier à des comédiens avec qui ils partagent, outre les tracas de l’âge, le privilège d’appartenir à une génération “à part” : celle, notamment de la libération sexuelle ou des luttes contre la Guerre au Vietnam. Voir ces témoins du Flower Power sillonner, éberlués, leur Amérique en train de se recroqueviller sur Trump ou se pencher sur les cause de la rupture générationnelle existant entre ces géniteurs décomplexés et leurs enfants bien plus coincés, aurait pu s’avérer captivant. Malheureusement, les considérations socio-politiques passent au second plan, s’effaçant au profit de séquences plus “faciles” en émotions. Et si l’empathie que l’on éprouve pour le duo Mirren-Sutherland atténue l’agacement, elle ne

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Panorama théâtre 17/18 | L’actrice Emmanuelle Hiron a suivi le médecin gériatre Laure Jouatel pendant plus d’un an dans son travail auprès des "résidents"  : des personnes (...)

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L’actrice Emmanuelle Hiron a suivi le médecin gériatre Laure Jouatel pendant plus d’un an dans son travail auprès des "résidents"  : des personnes âgées en maison de retraite médicalisée. L’actrice dit les paroles de la gériatre, en dialogue constant avec un film documentaire sur ces "vieux". Sans pathos, ce discours de vérité, entre documentaire et théâtre, nous émeut par sa sincérité et sa justesse. L’actrice restitue aux résidents leur humanité, tout simplement. Les résidents, le 27 janvier 2018 à La Trame (Saint-Jean-Bonnefonds)

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Monique Bonnefond | Mercredi 5 avril 2017

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Si l'art éveille l'émotion, certaines de ses branches tel l'opéra jugées élitistes, nous laissent insensibles. Mais il arrive qu'un art qui nous touche profondément nous donne accès à ce qui nous rebutait. Avec sa création Puccini, Julien Lestel, danseur et chorégraphe a fait le pari audacieux, mais superbement réussi, de créer un ballet sur les plus beaux arias de l'illustre compositeur Puccini. Il a su trouver par la danse la juste transposition de sa musique et dégager le superflu pour ne garder que l'essentiel : l'émotion, suscitée par la gestuelle sans retenue, conjuguant force, douceur, puissance, sensualité et poésie. Julien Lestel magnifie les destins tragiques des grandes héroïnes de Puccini : Manon Lescaut, Tosca, Madame Butterfly, bouleversantes, laissant paraître une sincérité et une intimité qu'elles puisent au plus profond de leur âme mise à nue. Un ballet hors normes, irrésistible et poignant qui comblera aussi bien les amateurs de danse néo-classique que d'opéra. Puccini, vendredi 7 avril à 20h30, à l'Échappé à Sorbiers

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Comment expliquer que l'Antarctique, continent le plus froid, le plus sec, le plus venteux suscite une telle fascination ? Est-ce parce qu'il donne envie d'aller toujours plus loin ? De dépasser ses limites ? De se détacher du superflu pour aller à l'essentiel quand les conditions de survie dans un monde hostile sont extrêmes ? L'Antarctique a inspiré à Mireille Barlet la création d'une pièce poétique, ludique, drôle, avec quelques touches d'humour, ce qui n'exclut pas une réflexion sur des thèmes en lien étroit avec l'actualité comme la propriété du territoire, l'immigration, la rencontre de l'étranger, le partage des cultures. Mireille s'est mise Au balcon du Monde, expression qui désigne le pôle Sud, ce vaste continent qui n'appartient à personne... De là, elle embrasse l'immensité de l'espace et nous invite à un voyage imaginaire dans l'Antarctique avec deux explorateurs incarnés par un couple de danseurs de talent : Grégory Alliot et Sara Pasquier qui vont rencontrer une colonie de sept manchots, avec qui ils vont vivre de nombreuses aventures. Jean-Sébastien Poncet, le concepteur de la scénographie a eu l'idée géniale de créer des objets numérique

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