Yuval Pick, chorégraphe électrique

SCENES | Chorégraphe exigeant et inventif, Yuval Pick secoue les codes et les corps pour créer de nouvelles manières de danser et d'être ensemble. A l'occasion de sa création « Are friends electric » à Saint-Étienne, retour sur son parcours et son approche de la danse. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 décembre 2015

Photo : © Sébastien Erôme


Depuis 2002, de création en création, obstinément, Yuval Pick construit un univers chorégraphique singulier. Le découvrir pour la première fois n'est pas toujours une expérience évidente, mais une expérience déconcertante et forte. Certains qualifient d'ailleurs sa danse d'abstraite alors même qu'elle s'avère être particulièrement concrète, "brute", viscérale, physique. Le terme "abstraction" doit ici être entendu surtout comme un refus de la narration, de l'unisson, de la recherche de la belle forme. « Selon moi, confie Yuval Pick, la danse est une succession de mouvements et d'états du corps, de rapports entre eux et à l'espace, qui échappent au formatage et aux techniques établies ».

Le chorégraphe est pourtant lui-même passé par un certain « formatage », du moins par nombre d'écoles et de ballets contemporains prestigieux : une école à Tel Aviv dès l'âge de seize ans, la Batsheva de Ohad Naharin, le Ballet de l'Opéra de Lyon... En 2002, à trente-deux ans, l'heure est venue pour lui de trouver « [son] propre poids, [son] propre mouvement ». Il lui faut pour cela s'émanciper des grands chorégraphes avec lesquels il a travaillé, faire table rase du passé. « Je suis parti d'expérimentations simples sur la pesanteur, le déséquilibre, le contact et la fusion entre deux corps, l'élan interne et l'urgence propres à chaque corps. ».

L'esprit expérimental de Cassavetes et Sonic Youth

Dès ses premiers pas de chorégraphe, Yuval Pick déchire le rideau un peu théâtral du beau mouvement et du geste gracieux pour explorer dans les corps des danseurs ce qu'ils ont de plus immédiat, sensible, spontané. Leurs rythmes, leurs pulsions, leurs énergies essentielles. L'artiste est un fervent admirateur du cinéaste John Cassavetes et du groupe new-yorkais Sonic Youth qui, chacun dans leurs domaines, développent une approche similaire de la création artistique. Cassavetes en se fiant à ce qui peut se passer concrètement entre ses acteurs à l'encontre d'un scénario qui les déterminerait en amont. Sonic Youth en cassant les règles habituelles du rock au profit de couches de guitares expérimentales et dissonantes.

Pour Cassavetes, Sonic Youth et Yuval Pick, l'émotion, la beauté et la forme ne peuvent être définies a priori mais pourront apparaître, a posteriori, à partir d'une expérimentation d'éléments quelque peu chaotiques, dissonants, disjoints. Yuval Pick insiste ainsi beaucoup sur les idées de dissymétrie et de déséquilibre. Sa démarche chorégraphique cherche aussi à se ressourcer dans ce que la danse et la musique peuvent avoir de fondamental et d'élémentaire : le rite tribal, la répétition, le rythme vital.

Le romantisme contemporain de Kraftwerk

Il n'y a pour autant chez Yuval Pick nulle nostalgie ni fascination naïve pour l'archaïque, mais la volonté de renouer avec le viscéral pour inventer des mouvements inédits, et, aussi, des configurations inédites de l'être ensemble. Car si tout part du travail sur le corps et l'individualité de l'interprète, tout vise à inventer du collectif, un commun paradoxalement constitué de différences et de singularités. Score en 2010 chorégraphiait par exemple l'urgence à vivre des populations plurielles cohabitant en Israël, Ply en 2014 partait des gestes dispersés et asymétriques de cinq danseurs pour les mettre peu à peu en écho, tisser un "entre-deux" sur la base d'un échange simple : donner et recevoir.

La question du collectif et de la circulation du mouvement à travers le groupe sera l'une des clefs de sa nouvelle création à Saint-Etienne. La musique de Kraftwerk y aidera en évoquant un certain imaginaire et une certaine mémoire collective. Yuval Pick perçoit même chez Kraftwerk un romantisme ultra-contemporain qu'il désire entrelacer à celui de Schubert et au rituel classique du menuet. Ici, comme dans ses autres pièces, le chorégraphe tentera d'associer un travail de décortication (sur l'aspect mécanique et répétitif de la musique de Kraftwerk, sur l'idée de torsion corporelle...) et un travail de reconstruction d'un "danser ensemble" singulier. Telle est l'une des dimensions passionnantes des chorégraphies de Yuval Pick : on y danse ensemble, mais jamais tous de la même façon, on y danse en écho les uns avec les autres sans que jamais groupe n'écrase notre singularité.

Are friends ellectric?, les 8 et 9 décembre à 20h, à la Comédie de Saint-Étienne

Yuval Pick en quelques dates :

1970 : Naissance en Israël. A 16 ans, il rejoint la Bat-Dor Dance School de Tel Aviv

1991 : Intègre la Batsheva Dance Compagny de Ohad Naharin

1995 : A partir de cette année, il dansera pour des chorégraphes comme Carolyn Carlson, Tero Saarinen, Russel Maliphant...

1999 : Intègre le Ballet de l'Opéra de Lyon

2002 : Création à Lyon de la compagnie The Guests

2011 : Succède à Maguy Marin à la tête du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape

2015 : Création de Are Friends Electric? à la Comédie de Saint-Étienne


Are friends electric ?

Choré. Yuval Pick, av. J. Charbonnier, M. Kobayashi... Mus. de Kraftwerk
La Comédie de Saint-Etienne Place Jean Dasté Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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C’était dans le courant de l’hiver, il y a bientôt un an. Lucides quant à la situation, sentant que l’été 2021 ne serait pas un été « comme avant », les organisateurs du Foreztival décidaient d’annuler leur événement plutôt que d’en proposer un au rabais… Et de le remplacer par une manifestation culturelle sans précédent, susceptible de fédérer tous types de publics, y compris ceux que l’on appelle parfois les « éloignés ». Cet été, la bande d’acharnés a donc élaboré 64 propositions culturelles, en 49 jours d’affilée, dans plus de 60 communes du territoire de l’agglomération Loire-Forez*… Le tout, en formule gratuite. « La base du projet, c’était de proposer des choses à des gens qui n’ont pas forcément accès facilement et régulièrement à la culture live, souligne Marion Berthet, l’une des organisatrices. A l’arrivée, on a touché plus de 10 000 spectateurs. Ça prouve que quand tu vas à la porte des gens, ils ne demandent qu’à participer. » La culture hors de ses murs Alors que, durant la longue pause qui les a coupés de leur public, de nombreux acteurs culturels ont pu prendre le temps de penser en profondeur la question de la culture pour

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Parce que sur le papier, la danse contemporaine pourrait faire peur ; parce qu’on s’imagine déjà assis dans une salle obscure, à ne rien comprendre à ce que l’on voit, quand bien même on admirerait la performance des danseurs, la compagnie Pernette réinvente la forme même du spectacle, en proposant au spectateur d’y prendre part. Avec Le Bal des sortilèges, il sera ainsi question de magie, de sorcellerie, de ronde, de potion magique, de philtre d’amour, et surtout… De suivre le mouvement, même en décalé ! Alors, prêt à lever la patte ? Le Bal des sortilèges, par la compagnie Pernette, le samedi 9 octobre au théâtre du Parc

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A destination des plus jeunes ou des adultes, transportant de chorégraphies en chorégraphie, de compagnie en compagnie, d’univers en univers, la programmation danse du Théâtre du Parc est devenue ces dernières années l’une des références du territoire pour les amateurs d’allegros, de balancés, de battements ou de chassés. A l’aune de son trentième anniversaire, rien de moins surprenant donc, de voir sa saison 2021-2022 s’ouvrir sur un temps fort en danse… Avec pas moins de 6 spectacles à l’affiche en trois semaines. Tour d’horizon. Ensemble Un cérémonial, qui met en scène la fraternité. Chorégraphié par Fouad Boussouf, le fondateur de la compagnie Massala, le spectacle Näss - les gens, en arabe - réunit 7 danseurs issus du hip-hop, de la danse traditionnelle marocaine, et du cirque contemporain. Sur un rythme continu, incessant et obsédant, la danse et les mouvements se font intenses, parfois acrobatiques, exaltant la puissance collective, révélant, à travers cette folle ébullition, l’universalité des dynamiques de groupe. Une fureur de vivre, à la frontière entre le rituel et l’urbain. Naäs, par la compagnie Massala, le

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Le retour de la bamboche

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Le retour de la bamboche

Cela fait partie des traditions qui avaient dû être abandonnées l’an passé, et que tout le monde est bien content de retrouver. Ce vendredi soir, sur le parvis de la Comédie, cap sur une soirée de fête et de retrouvailles, ouverte à tous ceux qui n'ont d'autres prétentions que celle de passer un bon moment. Dès 18 heures en accès libre, il sera possible d’assister à la projection d’un court-métrage, et également à une exposition de costumes. 30 minutes plus tard, cap sur une succession de spectacles, de la lecture musicale proposée par la promotion 31 de l’Ecole, au concert des Semelles Funky, en passant par deux spectacles tout publics mêlant humour et poésie, ainsi que par le désormais célèbre swing made in New Orléans des Po’Boys. Et, pour que la bamboche soit totale… Deux Food trucks, ainsi que le restaurant la Compagnie serviront les ravitaillements. Option bonus : il est aussi possible de venir avec son pique-nique. On dirait bien que le rideau se lève de nouveau… Vendredi 17 septembre dès 18 heures à la Comédie de Saint-Etienne. Entrée libre.

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Benoît Lambert, Artisan de la scène

SCENES | Fraîchement nommé à la tête de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert y portera un projet collectif, mené en synergie avec plusieurs artistes. Portrait d’un penseur, devenu un homme de théâtre d’expérience.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Benoît Lambert, 
Artisan de la scène

Un jeudi matin de la fin du mois d’août, dans les méandres des bureaux de la Comédie de Saint-Etienne. A peine rentré de vacances et déjà au charbon, Benoît Lambert nous accueille, avenant, au sortir d’une réunion avec ses équipes. Tandis qu’en préambule de l’entretien qu’il nous accorde, se pose la question de la photo qui illustrera son portrait, l’homme tranche, un sourire un brin résigné aux lèvres : « De toute manière, les appareils photos ne m’aiment pas ». Auto-flagellation ? Non, du tout. Juste que son « narcissisme n’est pas là ». Nouveau directeur de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert est de ceux qui préfèrent regarder qu’être vus… Spectateur, pas comédien. Rien d’étonnant, donc, à ce que son goût pour le théâtre se soit d’abord concrétisé par la mise en scène. Lui qui, gamin puis ado, éprouvait une certaine fascination pour les acteurs, est devenu « un spectateur qui fabrique lui-même les spectacles qu’il a envie de voir ». Jamais rassasié par Molière, l’ancien directeur du Théâtre Dijon Bourgogne présentera ainsi en janvier prochain son Avare, après avoir déjà monté Les Fourberies de Scapin en 1995, Le Misanthrope en 2006

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Un festival à pi-choré

Danse | Reporté pour cause de Covid, le festival Trax #7 aura finalement lieu en cette rentrée, dans différents lieux de Saint-Etienne. Ouverture au plus grand (...)

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Un festival à pi-choré

Reporté pour cause de Covid, le festival Trax #7 aura finalement lieu en cette rentrée, dans différents lieux de Saint-Etienne. Ouverture au plus grand nombre, soutien à la création émergente : cette année comme les précédentes, l’événement portera haut ses valeurs à travers différents temps forts dédiés à la danse contemporaine. Parmi eux, 2 spectacles de la compagnie stéphanoise Dyptik, un spectacle de la compagnie Racines Carrées, mais aussi un plateau partagé entre la compagnie Diving Leaf et Yohann Hebi Daher, un concours de création chorégraphique, et un masterclass. Festival Trax par la compagnie Dyptik, du 28 septembre au 2 octobre au stade Peyrard, à l’Usine, à la Comète, dans les studios Dyptik et au Parc Couriot à Saint-Etienne. Spectacles en plein-air gratuits.

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Sept danseurs, sept suspects, un coupable. 1h20 pour le démasquer. Qui a donc fait disparaître le directeur ? C’est au spectateur, de mener l’enquête. Indice : au cours des sept tableaux qui se succèdent, seul le coupable reproduit invariablement les mêmes gestes. Signé par Denis Plassard et imprégné d’une forte théâtralité, Dans le détail se joue de notre œil, pour notre plus grand plaisir… Alors, à vos lunettes ! Dans le détail, le 7 octobre au théâtre du Parc ; le 8 octobre à la Maison de la Culture de Firminy

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Dans un monde en chute libre, où chacun surveille l’autre autant qu’il est surveillé lui-même, il en est qui résistent. Avec La 5e Colonne, la compagnie stéphanoise Ballet21 nous plonge dans une société orwellienne du contrôle, étouffante, mais dans laquelle, pourtant, la population semble vivre heureuse et sereine. On suit alors la mise en mouvement d’une rébellion, à travers la liberté de trois danseurs en quête de sens et de vérité. La 5e Colonne par la Cie Ballet 21, le 21 janvier 2022 au Théâtre du Parc (Andrézieux-Bouthéon) et le 5 mars 2022 à l'Echappé (Sorbiers)

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3 moments de vie, pour 14 tableaux, qui mettent en scène le destin de la dernière et plus célèbre reine de France. De son arrivée à la cour à 14 ans, à l’échafaud qui l’attend après la prise de la Bastille et l’envahissement de Versailles, Marie-Antoinette revit sous la houlette de Thierry Malandain et du ballet de Biarritz, toute en finesse, en toilettes et en éventails. S’appuyant sur trois symphonies de Haydn, appelées Le Matin, Le Midi et Le Soir, le chorégraphe révèle la joie de vivre, la frivolité, l’insouciance mais aussi le désespoir d’une femme délaissée par un mari peu aimant. Marie Antoinette, le 18 novembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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Hakanaï : mot japonais caractérisant l’éphémère, le fragile, l’évanescent. S’écrit en conjuguant le signe désignant l’homme, et celui désignant le songe. Ce spectacle, les deux créateurs Claire Bardainne et Adrien Mondot l’ont conçu comme un solo dansé en forme de haïku visuels, un enchaînement de tableaux, à l’intérieur d’un cube de tulle blanche, dans lequel des images sont animées en direct. A mi-chemin entre danse et arts numériques, cette performance plonge le spectateur entre rêve et réalité, dans un ballet de lumières et de mouvements. Hakanaï, le 9 octobre au Sou à La Talaudière

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Un cérémonial, qui met en scène la fraternité. Chorégraphié par Fouad Boussouf, le fondateur de la compagnie Massala, le spectacle Näss - les gens, en arabe - réunit sept danseurs issus du hip hop, de la danse traditionnelle marocaine, et du cirque contemporain. Sur un rythme continu, incessant et obsédant, la danse et les mouvements se font intenses, parfois acrobatiques, exaltant la puissance collective, révélant, à travers cette folle ébullition, l’universalité des dynamiques de groupe. Une fureur de vivre, à la frontière entre le rituel et l’urbain. Naäs, le 29 septembre au théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

Au bon moment, au bon endroit

Si Kaïros est ce petit dieu ailé à qui il est bon de tendre la main au moment où il passe, la dernière création du chorégraphe Yuval Pick doit également être saisie. Surtout quand elle entre en résonance avec l'exposition d'Hassan Sharif dans l'écrin du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne. Madoka Kobayashi aura tout le loisir de dialoguer avec les oeuvres plastiques de l'artiste du Moyen-Orient. Kaïros, samedi 12 juin à 11h et 14h au Musée d'art moderne et contemporain (spectacle reportée en 2022)

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Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Rencontre | Benoît Lambert vient d'être nommé directeur de La Comédie de Saint-Étienne et de son école attenante. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir davantage sur la vision qu'il porte sur Saint-Étienne mais également sur ses projets à venir pour le Centre dramatique stéphanois. Échanges.

Nicolas Bros | Mardi 2 février 2021

Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Pourquoi avoir fait le choix de candidater pour la direction de La Comédie de Saint-Étienne ? J’ai candidaté à Saint-Étienne, c’est important de le dire. Ce n’est pas un hasard. Je dirige actuellement le théâtre de Dijon pour lequel j’avais candidaté il y a 8 ans pour des raisons très précises. C’est la même situation avec Saint-Étienne. D’abord, La Comédie de Saint-Étienne est une maison que je connais pour l’avoir fréquentée. Arnaud Meunier m’avait demandé d’être le parrain de la promo 25, la première qu’il avait recrutée à son arrivée. Cela m’a permis de travailler à La Comédie, avec les élèves… Mes spectacles y ont également été accueillis. J’ai passé du temps dans la ville, une ville que j’apprécie beaucoup. Donc la question de cette candidature n’était pas simplement de venir travailler mais de venir vivre à Saint-Étienne, ce qui correspond à un enjeu important pour moi. Ce théâtre a également un tel essor sous l’impulsion d’Arnaud Meunier, qu’il est devenu un des plus beaux théâtres de France. Ce n’est pas de la flagornerie. Ce nouveau bâtiment, le développement de l’école, … c’est un rêve. Et je dois dire aussi que je suis un héritier idéologiq

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Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Mercato | Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa (...)

Nicolas Bros | Vendredi 29 janvier 2021

Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa succession. Ce metteur en scène est directeur du Théâtre Dijon Bourgogne depuis janvier 2013. Il a été élève à l'École Normale Supérieure avant de suivre des cours de théâtre avec Pierre Debauche au début des années 90. Du côté de la scène, il a notamment créé trois pièces de François Bégaudeau : La Grande Histoire en 2014, La Devise  en 2015 et La Bonne Nouvelle en 2016. Il a toujours la volonté de mettre la jeunesse en avant comme le prouve sa mise en scène de Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux en 2017, où il dirige quatre jeunes acteurs en contrat de professionnalisation. Enfin, Saint-Étienne n'est pas

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Boule à paillettes

Théâtre | En la voyant posée sur le bureau de tonton Gilbert, on a toujours trouvé ça très moche. Tantôt utilisée comme presse-papier, tantôt comme objet de décoration ou comme (...)

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Boule à paillettes

En la voyant posée sur le bureau de tonton Gilbert, on a toujours trouvé ça très moche. Tantôt utilisée comme presse-papier, tantôt comme objet de décoration ou comme gadget pour amuser les enfants, la boule à neige est bien souvent considérée comme le comble du mauvais goût… Mais si l’on s’accorde généralement sur son côté kitsch, que se cache-t-il, derrière ceux et celles qui les collectionnent ? Boule d’histoires Exposées aux yeux de tous sur une étagère au milieu du salon, ou secrètement gardées dans une malle du grenier, les boules à neige renferment un tas d’aventures, des voyages, des récits. La légende d’un artisan-verrier qui aurait conçu la toute première pour conquérir sa douce. L’histoire de l’exposition universelle de 1878, où les maîtres-verriers étaient mis à l’honneur. Celle de la deuxième exposition universelle de Paris, en 1889, où ceux qui étaient venus admirer la grande tour Eiffel repartirent avec une miniature enflaconnée. Celle du Front populaire, qui vit naître de l’instauration des congés payés une déferlante de boules, que chacun ramenait alors en souvenir comme pour dire « regarde où j’étais cet été ! » Et puis… Celle de

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Cécile Laloy – In/danse/ité

Portrait | La chorégraphe et danseuse Cécile Laloy fait vivre son art au sens premier du terme, avec fragilité et humanité. Une artiste également attachée au territoire ligérien dans lequel elle évolue et créé depuis 2013. La preuve avec sa dernière production IE [famille] qui verra le jour en mai 2021 en primeur à la Comédie de Saint-Étienne.

Nicolas Bros | Mercredi 9 septembre 2020

Cécile Laloy – In/danse/ité

Dès qu’on évoque son travail, Cécile Laloy a les yeux qui s’illuminent. On y perçoit une passion et un engagement total, qui collent bien à son parcours artistique et aux créations qu’elle a déjà proposées au public au cours des dernières années. Née en région parisienne, Cécile Laloy a beaucoup voyagé avec sa famille via des déménagements successifs en Auvergne et Rhône-Alpes. « J’ai un parcours assez conventionnel, explique-t-elle. J’ai fait de la danse classique petite mais c’est au lycée que j‘ai eu envie de pousser un peu en allant dans un lycée aux horaires aménagés. Nous avions école le matin et danse l’après-midi. Puis j’ai intégré le CNSMD, Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon. » «Les arts martiaux possèdent un rapport au concret, ce qui me manquait parfois dans la danse. » Kung fu, clown et fragilité humaine Un parcours en effet assez classique, mais finalement pas tant que ça, puisque la chorégraphe ne s’est pas seulement nourrie des pas chassés et d’arabesques. « Parallèlement à ce cursus, j’ai fait beaucoup d’arts martiaux (notamment du kung f

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5 pas de danse

Panorama danse 20/21 | Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude (...)

Cerise Rochet | Mercredi 9 septembre 2020

5 pas de danse

Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude Pietragalla, seule en scène, livre sa vie, son rapport à la scène, aux personnages qu’elle a incarnés, à la musique, à ses partenaires, au public… Voyage intime autobiographique, cette expérience sensorielle unique, presque totale, mêle le travail du corps à des textes inédits et dévoile, tout en poésie, l’empreinte inaltérable que laisse la danse derrière son passage. La Femme qui danse, le 6 octobre à l’Opéra de Saint-Etienne Hallelujah Il avait donné son accord, à la création de ce programme. 4 ans après sa disparition, sans doute l’immense Leonard Cohen tirerait-il son chapeau à ceux qui aujourd’hui lui rendent hommage. Conçu comme un portrait de l’artiste découpé en 5 saisons, telles les 5 cycles de l’existence, Dance me s’apprécie comme un dialogue entre la voix grave du maître, et la technicité des 15 danseurs virtuoses du BJM. So artistic, so chic, so iconic… So Cohen. Dance me, vendredi 4 décembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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La Comédie cherche sa direction

SCENES | Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 septembre 2020

La Comédie cherche sa direction

Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier en fin d'année à Grenoble. Une annonce a été postée par la structure d'art dramatique stéphanoise. Avis aux intéressés ! Nous en profitons pour vous rappeler que la saison 20/21 débutera dès le 17 septembre prochain avec le spectacle Angels in America. Toutes les dates sont à retrouver sur cette page.

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"Les Joueuses #paslàpourdanser" : Les yeux dans les rouges-et-bleues

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de Stéphanie Gillard (Fr., 1h28) avec Wendie Renard, Ada Hegerberg, Delphine Cascarino…Sortie le 9 septembre 2020

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Saison 2018-2019. L’équipe féminine de l’OL est en lice pour un triplé : Championnat et Coupe de France, Championnat d’Europe. Des entraînements aux vestiaires, des terrains aux victoires, le portrait d’un groupe bâtissant sa légende autant qu’il popularise son sport… On pèse nos mots en parlant d’un documentaire historique. Parce que Stéphanie Gillard montre le labeur quotidien de ces pionnières perfectionnistes (« Ce qu’il faut de sanglot pour un air de guitare », dirait Aragon) mais aussi leur enthousiasme à vivre de leur passion — si elles remercient volontiers le Président Aulas, elles le titillent toujours un peu quant à l’écart abyssal entre filles et garçons. Investies sur le terrain comme le prouvent de spectaculaires mais rares images de matches (question de droits, sans doute), les joueuses le sont aussi en faveur de la relève : l’iconique équipe se trouve en effet à un moment charnière où les “aînées“ (Renard, Fischlock, Bouhaddi…) guident avec bienveillance les nouvelles recrues (Bacha…). D’autant plus précieux à voir que la couverture médiatique dont ces athlètes bénéficient demeure insuffisan

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Une aussi longue absence

Panorama ciné septembre 2020 | Comédies, documentaires, animation, expérimental ? Tout à la fois, et à profusion ! Et sans blockbuster ni films primés dans les festivals pour capter tous les regards, il faut laisser libre cours à sa curiosité histoire de multiplier les expériences, les sensations, les découvertes…

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Une aussi longue absence

Non fiction L’aventure intérieure du confinement aura-t-elle rendu plus perméable à l’écoute du monde ? Idéal pour voyager en conscience à travers l’histoire et le temps — y compris ici et maintenant —, le documentaire étend le périmètre de nos terræ cognitæ. Et nous conduit entre le Mali et Cuba à la rencontre des survivants d’un orchestre de world music avant l’heure dans Africa Mia de Richard Minier & Edouard Salier (16 septembre), sorte de Buena Vista Social Club marqué par la poisse et la mélancolie. En Macédoine, à la découverte de l’ultime apicultrice traditionnelle du pays se faisant parasiter par une famille tuyau-de-poêle s’installant à côté de chez elle dans l’intrigant Honeyland de Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov (même date). À Lyon, dans les coulisses d’une équipe de talents hauts : les footballeuses de l’OL raflant tous les titres de leur saison et créant leur légende devant la caméra de Stéphanie Gillard pour Les Joueuses #paslàpourdanser (depuis le 2 septembre). À Brive-la-Gaillarde, avec le

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Et après ?

Témoignages | Nous avons demandé à quelques responsables de lieux culturels où ils en étaient et comment ils envisageaient la suite des événements... Propos recueillis par Cerise Rochet et Nicolas Bros

La rédaction | Mardi 9 juin 2020

Et après ?

Flou complet au Zénith « Très honnêtement, nous n'avons pas une grosse visibilité sur l'automne » Sylvie Liogier, directrice du Zénith Saint-Étienne ne cache pas ses inquiétudes... « Nous sommes fermés jusqu'à fin août, avec des reports de spectacles sur la fin de l'année et sur 2021. Si on peut jouer dans des conditions "normales", c'est-à-dire avec du gel hydroalcoolique, un choix laissé aux spectateurs de porter ou non le masque et sans distanciation, ça reprendra normalement. Si la règle des 4 m² est encore là, ce n'est pas jouable ! Si nous ne pouvons faire rentrer que 1 500 personnes au Zénith, ce n'est pas rentable et pas confortable pour le public qui, lui, vient pour se détendre. » Pour la plus grande salle du département, l'impact économique est très important. « C'est catastrophique. Si on ne pouvait pas jouer jusqu'à janvier 2021, ce serait un impact de plus d'un million d'euros... confie la dirigeante. Je ne connais pas de société qui peuvent tenir avec deux mois de recettes et 10 mois sans recette. On sait qu'il y a des périodes plus calmes que d'autres mais là, ce n'est pas tenable ni pour nous, ni pour l

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Trois moments de la vie d'une reine

Danse | Après une "Cendrillon" d'anthologie suivie de "La Belle et La Bête" et "Noé", Thierry Malandain nous offre sa dernière création, le sublime ballet "Marie-Antoinette" qui raconte à sa façon la vie incroyable de cette reine venue d'Autriche.

Monique Bonnefond | Mercredi 4 mars 2020

Trois moments de la vie d'une reine

Thierry Malandain pouvait-il retracer la totalité du destin de Marie-Antoinette ? « Pour entamer ce pan de l'histoire, dit-il sur le site concertclassic.com, j'aurais dû toucher au politique et cela devenait trop énorme, trop complexe. » Le chorégraphe a donc choisi de se concentrer sur différents moments qui ont marqué le quotidien de la reine à Versailles. Il dresse en 14 tableaux émouvants et délicats une fresque qui va de son arrivée à la cour à 14 ans où, un soir d'orage, est célébré son mariage avec le futur Louis XVI âgé de 15 ans, à l'envahissement de Versailles par des "gilets jaunes" de l'époque et à l'échafaud. Pour la musique qui permet de cerner l'héroïne, Haydn, que Marie-Antoinette affectionnait particulièrement, s'est imposé. Malandain, qui a "'art de mettre au diapason les entrechats et les coups d'archets", a choisi trois de ses symphonies intitulées n.6 Le Matin, n.7 Le Midi, n.8 Le Soir, faisant parfaitement écho au destin de Marie-Antoinette. Versailles, les fastes d'un monde enfui Thierry Malandain ne prétend pas faire revivre le destin de la dernière reine de France. « Transcri

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Partager nos différences

Danse | Le thème de la différence ne cesse d'alimenter la réflexion et de susciter de vives réactions. Le spectacle Entité(e)s s'empare de ce thème délicat et questionne notre besoin d'être différents, uniques.

Monique Bonnefond | Mercredi 8 janvier 2020

Partager nos différences

Que serait un monde uniforme, monochrome, peuplé d'individus identiques impossibles à différencier ? La création Entité(e)s d'Anne-Charlotte Schoepfer, jeune chorégraphe à la forte personnalité, est née de la constatation sur les réseaux sociaux que tout le monde se ressemblait sous la pression de la société contemporaine de surconsommation, de diktat de l'image. Nous sommes invités "à consommer les mêmes produits", à fréquenter les mêmes lieux où il faut être. À travers son expérience de danseuse, Anne-Charlotte s'est rendu compte que les danseurs se voient aussi, parfois, forcés d'entrer dans un moule imposé par un chorégraphe dont ils deviennent le moyen de communication. Au début d'Entité(e)s, les trois danseuses, parfaitement ensemble, explorent de manière identique, l'espace entre terre et ciel dans une gestuelle contemporaine qui s'alimente de l'énergie du mouvement. La musique originale créée spécialement pour le spectacle, donne le tempo et les danseuses le suivent fidèlement. Pendant douze minutes, chaque chose est à la place indiquée. Puis... Un spectacle toujours différent L'une des danseuses, mue par un impérieux besoin d'exis

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Juste un échange

Danse | Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 4 décembre 2019

Juste un échange

Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la somptueuse pièce Dans la solitude des champs de coton où se rencontrent deux hommes que rien ne réunit sinon un accord tacite entre un client qui cherche une chose qu'il n'a pas et un dealer qui la possède, le spectacle Deal repose sur ce prétexte à la discussion et à la confrontation. Les deux circassiens-danseurs Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde investissent les figures du client et du dealer, se livrant à des variations inouïes dans un duo tout en échanges, en jeux d'équilibre de forces, en mouvements croisés. Deal se situe à mi-chemin entre la danse et le cirque et se donne à voir dans un corps à corps chorégraphié où la beauté du geste le dispute à l'intensité des présences. Topons là ! Deal, du mardi 10 au samedi 14 décembre à La Comédie de Saint-Étienne

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Faire danser le théâtre

Danse | Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault et Daniel Mesguich se lancent dans une aventure osée en adaptant Lorenzaccio, le drame romantique bien connu (...)

Monique Bonnefond | Mardi 1 octobre 2019

Faire danser le théâtre

Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault et Daniel Mesguich se lancent dans une aventure osée en adaptant Lorenzaccio, le drame romantique bien connu de Musset qui nous plonge dans la Florence débauchée du 16e siècle, sous le joug du tyran Alexandre de Médicis. Pourquoi faire danser le théâtre ? En quoi la danse peut-elle enrichir le théâtre et qu'a-t-elle à lui dire ? Du texte dit (admirablement, par 11 interprètes aussi bons acteurs que stupéfiants danseurs) ou des moments de danse, lesquels vont plus loin ? La danse insuffle son énergie, son érotisme à un texte lui-même bouillonnant. Elle magnifie les mots par sa présence sensuelle, très charnelle. Chaque réplique est suivie d'un geste chorégraphié. Ainsi, les scènes d'orgies inhérentes au pouvoir du duc Alexandre et les scènes de combats ne sont pas seulement dites mais vigoureusement dansées en d'étourdissants tableaux. Ces noces du théâtre et de la danse culminent dans la scène de l'assassinat d'Alexandre par Lorenzaccio. Un spectacle unique, hors normes, alliant subtilement danse et théâtre et où les images en 3D habillent la façade du château de vraies fééries lumineuses. Magique ! Lorenz

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Toujours plus grand

SCENES | "L'effet domino", cette particularité qu'ont les dominos à pouvoir tomber en chaîne linéaire, interroge chacun sur sa responsabilité dans la chaîne. Un seul (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Toujours plus grand

"L'effet domino", cette particularité qu'ont les dominos à pouvoir tomber en chaîne linéaire, interroge chacun sur sa responsabilité dans la chaîne. Un seul domino pouvant engendrer le meilleur ou le pire, comme le monstre de plastique qui dérive dans le Pacifique. Très préoccupée par l'état de la planète, Virginie Barjonet, danseuse, spécialiste de danse voltige et chorégraphe, propose un spectacle qui évolue entre la terre et l'air, tout de légèreté et de poésie, de doux envols, qui veut mener à la réflexion sur un monde qui déraille. MonDomino, vendredi 4 octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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Danser la joie

SCENES | Allegria. Le titre à lui seul sonne comme une ode à la joie, une invitation à rejoindre la danse de Kader Attou, l'une des plus grandes figures du (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Danser la joie

Allegria. Le titre à lui seul sonne comme une ode à la joie, une invitation à rejoindre la danse de Kader Attou, l'une des plus grandes figures du hip-hop français. Une danse qu'il a voulue joyeuse, légère, cherchant la poésie « partout où elle se trouve-dans le corps des danseurs, dans le quotidien, mais aussi dans la violence du monde actuel ». Avec une nouvelle écriture, toujours virtuose mais teintée parfois de tendresse et de mélancolie, Kader Attou raconte « avec légèreté ce qui se passe de grave dans le monde » qui est peut-être sa façon à lui de le refaire. Allegria, mardi 1er octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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S'ouvrir à l'autre

SCENES | La jeune compagnie stéphanoise Sans lettres avait fortement marqué les esprits avec le solo Le dernier qui s'en souvienne parlant de (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

S'ouvrir à l'autre

La jeune compagnie stéphanoise Sans lettres avait fortement marqué les esprits avec le solo Le dernier qui s'en souvienne parlant de l'inexorabilité de l'oubli. Et le mur fut ma porte mêle danse, théâtre, musique et arts numériques pour aborder cette fois la question de l'altérité et des difficultés à rencontrer l'autre. Un comédien et un danseur enfermés dans deux espaces parallèles étriqués se heurtent au mur de l'incommunicabilité. Mais une brèche se creuse et la porte s'ouvre sur un monde onirique plein de beauté. Et le mur fut ma porte, Vendredi 11 octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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Le théâtre qui danse

SCENES | Une danseuse splendide, Pietragalla, un danseur-acteur, Julien Derouault et l'homme de théâtre par excellence, Daniel Mesguich, unissent leur expérience (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Le théâtre qui danse

Une danseuse splendide, Pietragalla, un danseur-acteur, Julien Derouault et l'homme de théâtre par excellence, Daniel Mesguich, unissent leur expérience artistique au service d'une œuvre majeure, Lorenzaccio. Cette création à six mains répond au même désir de faire danser le théâtre, de chercher du sens à travers le corps et les mots « pour dire le refoulé du texte ». Un subtil mélange très réussi de théâtre, de danse, d'images 3D et de musique électro qui efface la frontière entre les arts vivants. Lorenzaccio, vendredi 11 octobre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Chorégraphie quotidienne

GUIDE URBAIN | Derrière cette vitrine bien singulière, rien n'est à vendre, bien au contraire. C'est une œuvre du quotidien qui s'offre gracieusement au regard des passants. Dans le laboratoire de permanence chorégraphique du Magasin, l'ouverture est une seconde nature.

Antoine Desvoivre | Vendredi 5 juillet 2019

Chorégraphie quotidienne

« Pendant trois mois, j'ai marché trois heures par jour dans la ville de Saint-Étienne et j'ai compté les vitrines vides. » C'est comme ça qu'est venue à Mathieu Heyraud, l'idée d'investir un de ces espaces, pour en faire une vitrine de la création artistique. C'est à deux pas de la place Jacquard que l'on trouve Le Magasin. Ni une salle de spectacle, ni vraiment un studio, c'est un lieu de recherches, pour les artistes qui souhaitent développer de nouvelles formes artistiques. À travers la vitrine, c'est la genèse des œuvres qui s'expose en un tableau urbain et quotidien. Fenêtre sur l'art Pour le chorégraphe de la compagnie R/Ô, « Le Magasin n'est pas un lieu, mais une chorégraphie visible depuis la rue. » C'est cette volonté de placer l'art au cœur de la ville et le public au centre du processus artistique, qui l'a amené à développer ce projet. Derrière cette vitrine, l'objectif n'est pas de monter un spectacle. C'est la recherche et l'expérimentation qui sont mises en scène. Ce concept nouveau, qui investit les vitrines abandonnées, est aussi pour son créateur, « un questionnement sur ces vi

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Heureux élus

SCENES | Le hip-hop stéphanois est mis à l'honneur par la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Les auteurs-chorégraphes et fondateurs de la (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 18 juin 2019

Heureux élus

Le hip-hop stéphanois est mis à l'honneur par la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Les auteurs-chorégraphes et fondateurs de la compagnie Dyptik, Souhail Marchiche et Mehdi Meghari, ont été sélectionnés, ce lundi 17 juin 2019, dans la catégorie "Nouveau talent, chorégraphie". Une jolie récompense pour les deux artistes stéphanois qui se sont rencontrés et ont appris la danse dans le même quartier.

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En-chanter au château

Festival celtique | Les murailles du Château de Rochetailliée s’apprêtent à vibrer au rythme des tambours, des cornemuses et des pas de danses irlandaises. C'est au au (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 4 juin 2019

En-chanter au château

Les murailles du Château de Rochetailliée s’apprêtent à vibrer au rythme des tambours, des cornemuses et des pas de danses irlandaises. C'est au au sein ce lieu historique, que les artistes des Roches Celtiques vont, à nouveau, poser leurs valises. Sur ce festival Stéphanois se retrouvent et se découvrent des artistes de tous horizons. Ils arrivent de toute la France ainsi que d'Écosse, d'Irlande, de Hongrie et même de Pologne et d'Italie. Avec 22 concerts programmés, dont deux premières françaises, la fête va battre son plein aux abords du château. Mais les scènes rupisciennes n'ont pas le monopole du festival, qui s'aventurera jusqu'au cœur de Saint-Étienne. Menées par Alberto Massi, les cornemuses de The Heart of Italy Pipe band sonneront, le long des arches de l'Hôtel de Ville, pour le plaisir des passants. Les artistes se mêleront ensuite au public lors de ''masterclass'' qu'ils animeront eux-même au gymnase des Condamines à Saint-Victor. « L'idée, c'est de privilégier la rencontre des musiciens qui viennent au festival avec les Stéphanois et les Ligériens », explique Djamel O'Touïl, directeur artistique du festival. Après une initiation aux tambours écossais, aux

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Une société qui danse

Festival danse & ciné | Le festival DesArts//DesCinés laisse cette année sa place à DAN.CIN.FEST. Un rassemblement qui met à l'honneur un genre cinématographique à part entière et qui a le vent en poupe : le film dansé sociétal. Explications.

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Une société qui danse

Exit DesArts//DesCinés, bienvenue à DAN.CIN.LAB. L'association Stéla, après avoir été porteuse entre 2010 et 2018 du festival DesArts//DesCinés à propos des relations entre danse et cinéma, a décidé de réorienter légèrement son action. Depuis la rentrée 2018, c'est une nouvelle plateforme qui permet à l'association de structurer son action autour de différents pôles de travail de projets mêlant danse et image. Ainsi, ce sont quatre activités qui se retrouvent engagées dans ce nouveau projet : DAN.CIN.FILMS pour la production de projets de danse pour l’écran, DAN.CIN.PASS. pour l’accompagnement d’équipes chorégraphiques professionnelles en France et à l’étranger, DAN.CIN.PROD. pour la conception et la production d’événements et DAN.CIN.FEST qui remplace le précédent festival. « L'idée était de regrouper les différentes activités de Stéla autour d'une structure porteuse, avec une concentration sur le film dansé sociétal qui est un genre cinématographique à part, explique Anna Alexandre, directrice de la structure. Il est important de distinguer la vidéodanse qui correspond à de la danse pour l'écran comme les vidéoclips, du film dansé sociétal qui utilise la danse po

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Cosaques toujours

Festival folklore | Promouvoir une culture diverse et de qualité accessible au plus grand nombre ! Parce que la culture constitue un formidable levier de développement (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 juin 2019

Cosaques toujours

Promouvoir une culture diverse et de qualité accessible au plus grand nombre ! Parce que la culture constitue un formidable levier de développement artistique, économique, social, individuel et collectif ; une véritable ouverture aux autres, à la tolérance, à la citoyenneté. Bref, d'un ensemble de vecteurs de cohésion sociale. Tel est le projet mis en œuvre par le festival Chants Danses et musiques du monde créé en 2005 par l'association Festi' Roche, composée de bénévoles passionnés et dévoués, travaillant inlassablement pour faire découvrir des artistes talentueux dignes des plus grandes scènes. Cette 14e édition sera marquée, entre autres, par la présence exceptionnelle d'un Ballet Russe à Veauche qui accueillera à l'Escale le 14 juin le théâtre de danse d'état "Cosaques de Russie", l'une des principales compagnies de danse professionnelles qui donnera un spectacle unique de très haut niveau. Composée de danseurs bondissants, de musiciens et choristes professionnels à la voix puissante, la troupe fera découvrir un large éventail du folklore russe et la richesse des traditions des cosaques, ces hommes libres des steppes russes. Festival Festi' Roche, vendredi

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13 bulles d'amour

Danse | Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles (...)

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

13 bulles d'amour

Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles chorégraphiques qui constituent la belle promenade dansée imaginée par Yan Raballand, dans les allées du parc du château de Bouthéon. Il fallait bien ce magnifique décor bucolique pour servir d'écrin aux 13 petites formes qui font circuler la danse contemporaine dans un lieu chargé d'histoire que le public est invité à redécouvrir. Insolite, émouvante, légère, chaque bulle a sa vie propre mais toutes sont reliées par un florilège de quelques unes des plus belles chansons d'amour qui renvoient à ce thème éternel. De Piaf, bien sûr, à Léo Ferré, en passant par Gainsbourg, Juliette Gréco, les Platters, Benjamin Biolay et même Schubert, ces bulles nous emmènent dans une promenade à travers les siècles et les styles. De petites bulles pour de grosses bulles d'amour « le temps d'une chanson ». Les Bulles chorégraphiques, dimanche 19 mai à 17h au parc du château de Bouthéon

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Faire danser la Callas

Danse | 40 ans après sa disparition, on se souvient de Maria Callas, de son cou paré, de ses chignons soigneusement tirés et, bien sûr de sa voix. Reinhild (...)

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

Faire danser la Callas

40 ans après sa disparition, on se souvient de Maria Callas, de son cou paré, de ses chignons soigneusement tirés et, bien sûr de sa voix. Reinhild Hoffmann, chorégraphe emblématique du Tanztheater, remonte Callas, spectacle créé en 1983 qui mêle danse et jeu d'acteurs. La pièce est directement inspirée par l'œuvre de la "diva assoluta". Par ses performances d'abord puisque le ballet s'accompagne d'opéras célèbres ayant été interprétés par la célébrissime soprano. Par sa carrière ensuite, les huit tableaux somptueux qui composent le ballet reflétant tous une facette de son parcours marqué par la rigueur de son travail, son engagement sans limites, son rapport avec le public et avec les hommes. Chaque tableau est basé sur des trouvailles bouleversantes. L'une des plus inspirées est l'évocation de l'un des grands rôles de la Callas : lady Macbeth. Dans des gestes d'un esthétisme renversant, elle chausse des souliers rouges qui laisseront sur sa robe la marque indélébile de ses meurtres. Autre moment d'une grande beauté, la table de banquet faite d'un énorme drap blanc sur lequel évolue la Callas. Spectacle magnifique et émouvant par l'incroyable et bouleversante présence

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Émergence de nouveaux talents

Festival danse hip hop | Reconnu aujourd'hui au niveau national, le festival Trax dédié à la danse hip-hop revient pour une 6e édition particulièrement riche et variée dont l'unité se fait autour du thème de l'émergence.

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

Émergence de nouveaux talents

Fidèle à sa volonté de fédérer le plus grand nombre autour de la danse, le festival Trax, très attendu par le public, travaille sans cesse à des sujets forts de société. Cette année encore, il donne l'occasion de découvrir la jeune création, de mettre en lumière des chorégraphes prometteurs et engagés, dans des lieux avec lesquels il entretient des liens privilégiés comme la Maison de l'Université (le 28 mai), le centre culturel de La Ricamarie (le 24 mai), le Fil (1er juin). Donner la parole aux sans voix, la liberté à tous ceux que des entraves aliènent, est présent dans le festival Trax, à travers le pouvoir émancipateur du hip-hop. Nido-le nid- est une création franco-colombienne de la compagnie Hylel où la danse et les mots, français et espagnols, racontent des moments de vie dans un quartier populaire. Après avoir lu l'Enfer de Dante, Santiago, de la compagnie Phorm, nous invite, à la suite d'une relecture contemporaine de la divine Comédie, à traverser un enfer constitué d'un monde composé d'écrans et de flux d'informations, un lieu de non droit, terrain de jeu du voyeurisme, de l'exhibitionnisme et de l'isolement qui, sous des apparences libératrices, peut const

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Ça a fait boum

Théâtre | Après avoir traversé des univers imprégnés d’actualité ces dernières années, Brunot Meyssat pose aujourd’hui son regard sur le nucléaire, et de ce qu’il entraîne (...)

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

Ça a fait boum

Après avoir traversé des univers imprégnés d’actualité ces dernières années, Brunot Meyssat pose aujourd’hui son regard sur le nucléaire, et de ce qu’il entraîne lorsque les choses se passent mal. Parti du dramatique accident de Fukushima, le metteur en scène interroge ici ses conséquences… Et également, la situation telle qu’elle existe, ici, chez nous. 20MSV, les 15 et 16 mai à 20 heures la Comédie de Saint-Étienne

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À poil !

Danse contemporaine | Au rayon des spectacles qui valent le détour, le Chok Théâtre nous propose ce mois-ci de la danse contemporaine, avec N.A.K.E.D 348. 348, pour 348 (...)

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

À poil !

Au rayon des spectacles qui valent le détour, le Chok Théâtre nous propose ce mois-ci de la danse contemporaine, avec N.A.K.E.D 348. 348, pour 348 performances. 348, pour 348 besoins de désobéir à l’habitus. 348, pour 348 manières de révéler l’objet poétique qui se cache derrière le fait de se mettre à nu. Extrait de La Grande Chute de Peter Handke, N.A.K.E.D 348 est chorégraphié par Davide Finelli et Mélanie Venino. N.A.K.E.D 348, les 23 et 24 mai à 20h30 au Chok Théâtre de Saint-Étienne

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