Les manchots dansent sur le balcon du monde

Monique Bonnefond | Mardi 2 février 2016

Photo : © Ballets Contemporains Saint-Étienne


Comment expliquer que l'Antarctique, continent le plus froid, le plus sec, le plus venteux suscite une telle fascination ? Est-ce parce qu'il donne envie d'aller toujours plus loin ? De dépasser ses limites ? De se détacher du superflu pour aller à l'essentiel quand les conditions de survie dans un monde hostile sont extrêmes ? L'Antarctique a inspiré à Mireille Barlet la création d'une pièce poétique, ludique, drôle, avec quelques touches d'humour, ce qui n'exclut pas une réflexion sur des thèmes en lien étroit avec l'actualité comme la propriété du territoire, l'immigration, la rencontre de l'étranger, le partage des cultures. Mireille s'est mise Au balcon du Monde, expression qui désigne le pôle Sud, ce vaste continent qui n'appartient à personne... De là, elle embrasse l'immensité de l'espace et nous invite à un voyage imaginaire dans l'Antarctique avec deux explorateurs incarnés par un couple de danseurs de talent : Grégory Alliot et Sara Pasquier qui vont rencontrer une colonie de sept manchots, avec qui ils vont vivre de nombreuses aventures. Jean-Sébastien Poncet, le concepteur de la scénographie a eu l'idée géniale de créer des objets numériques en forme de manchots qui s'allument et se meuvent comme des culbutos imitant le balancement de la démarche gauche des manchots. La musique de Julienne Dessagne (moitié du duo électro allemand Saschienne), électro mais très mélodique est un petit bijou. Cette magnifique création nous invite à repenser le monde « pour que la vie s'habille de fête et que la nuit se change en jour. »

Au Balcon du Monde, par les Ballets Contemporains de Saint-Étienne, vendredi 5 février à 19h30 au Centre culturel de la Ricamarie et vendredi 25 mars à 20h30 à La Trame à Saint-Jean-Bonnefonds


Au balcon du monde

Choré. M. Barlet av. L. Cabrera, M. Cazes et S. Pasquier, dès 5 ans
Centre culturel de la Ricamarie Salle Louis Daquin - Avenue Maurice Thorez La Ricamarie
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Au balcon du monde

Par les Ballets Contemporains de Saint-Étienne
La Trame Rue de la Mairie Saint-Jean-Bonnefonds
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les Présidentes, ce sont Erna, Grete et Marie, trois figures de la majorité silencieuse empêtrées dans leurs minables existences de petites-bourgeoises autrichiennes. Attablées dans la cuisine, elles entament une diarrhée verbale qui va les mener à l’horreur absolue, tandis que le pape parle à la télé. Présidentes de leur égo, c’est peut-être déjà trop. Poète de la merde, chroniqueur du crasse, Werner Schwab nous tend ici un miroir dans lequel on observe avec dégout toutes les bassesses de l’être l’humain. Âmes sensibles s’abstenir, ces trois présidentes-là sont ici pour bousculer le spectateur... Et ce n’est pas seulement scato, mais aussi et surtout, puissant, drôle, émouvant et sidérant. Les Présidentes, du 14 au 17 décembre au Centre Culturel La Ricamarie

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« Cette crise conforte d'autant plus les choix de programmation qui sont les nôtres. Il y a urgence à se poser des questions, à remettre en cause les certitudes, à interroger nos modes de vie, à remettre l'humain au centre de nos valeurs. Il y a urgence aussi à se retrouver pour rire, s'émouvoir, débattre, partager. C'est bien là le sens de notre action. » Voilà sur quelles idées fondatrices l'équipe du Centre Culturel de La Ricamarie a pensé sa saison 2020/2021, pendant laquelle Jean-François Ruiz, son directeur, nous invite à « laisser nos lumières allumées ». Une saison - comme toutes celles qui nous sont présentées - qui pourra être « susceptible d'évoluer en fonction des décisions gouvernementales » liée à la Covid-19... Forcément. Une saison où le théâtre prendra une belle part. Tout d'abord avec les artistes en résidence. Si le metteur en scène stéphanois Grégory Bonnefont poursuit ses interventions avec sa compagnie De l'âme à la vague, il est rejoint cette saison par Laurent Fréchuret, metteur en scène du Théâtre de l'Incendie. Ce dernier débute une résidence de trois ans pendant laquelle il présentera ses créations et entamera un projet avec un établissement s

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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Chanson | Sur "Persona", son dernier album, ce drôle d'oiseau de Belin continue d'élaguer son verbe, de débroussailler le langage, pour faire surgir la poésie contradictoire et empathique d'un monde qui se promet au feu et condamne à la chute des hommes qu'on ne regarde déjà plus.

Stéphane Duchêne | Mercredi 5 février 2020

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Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe et donc le chant belinien semblent évoluer vers l'abstraction. On le constate à chacun de ses albums, le Breton Bertrand va toujours plus loin vers ce far west d'épure et de chanson à l'os, son plat de plus en plus traditionnel. Mais c'est sans doute à force de « parler en fou » (de Bassan), ainsi qu'il le confessait sur un précédent disque, Cap Waller ; à force de jouer la poésie d'un hasard qui n'en est pas vraiment un, d'une contingence et il faut bien le dire, d'une élégance folle, d'une sorte de désinvolture imitant la pose et la pause du dandy-moqueur, qu'il trouve sa manière de solidification, déjoue la question de la profondeur par le superficiel apparent, affronte la réalité comme le pic-vert attaque l'arbre, à coups aussi répétés que millimétrés. Si un disque de Bertrand Belin symbolise cette approche singulière, c'est sans doute Persona, où le chanteur-guitariste-auteur-compositeur-conteur démontre à quel point ce "parler fou" est le langage de la lucidité, se nourrit d'une logique implacable pour déciller les

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Niko Rodamel | Mardi 3 septembre 2019

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Eclectique et inventif grâce aux moult croisements ou métissages qui en font une musique résolument vivante, le jazz voit pourtant passer encore quelques OVNI qui chamboulent l'ordre plus ou moins établi. The Very Big Experimental Toubifri Orchestra est un big band délicieusement déjanté, à la fois sauvage et poétique, 18 musicos pas si foutraques qui envoient du gros son autour de Loïc Lantoine, chanteur-énergumène, obsédé textuel à fleur de peau et humaniste-funambule. Loïc Lantoine & The Very Big Experimental Toubifri Orchestra, vendredi 27 septembre à 20h, salle Daquin à la Ricamarie

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Lever de rideau

SCENES | Une saison riche en réflexions et en émotions se prépare au centre culturel de la Ricamarie. Au travers de ses 20 spectacles, la programmation propose une thématique dominante sur la relation au pouvoir ainsi que des pièces centrées sur des histoires et des destins hors du commun.

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Cette saison, au centre culturel de la Ricamarie, les acrobates tutoient les empereurs romains, les résistants chantent, les sourds trouvent leur voix et les scientifiques donnent la réplique aux dévots. Certains brisent les codes et d'autres partent jouer en forêt. On peut être poète, enfant ou Don Juan... La cage s'est ouverte et les rêvent s'échappent. Trois récits de vie, trois époques et trois pays, voici trois histoires vraies qui se sont glissées dans cette programmation. Comment subit-on la violence ? Comment réagit-on à la tyrannie ? Ce sont les questions que pose Une Opérette à Ravensbrück. Adaptée du livre de la résistante Germaine Tillon, l'oeuvre dépeint en théâtre et en chansons, la vie dans les camps de concentration. La pièce, mise en scène par Claudine Van Beneden, raconte comment, afin de préserver leur dignité et leur sanité, Germaine et certaines de ses codétenues, montent une opérette au sein du camp. Un bel exemple de résistance par l'art, qui leur a permis de créer des moments de vie, de joie et d’espoir au cœur de l'horreur. C'est un autre type de réflexion que propose Le Projet Rimb

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Théâtre | Avec Le Nouveau Monde, Gilles Cailleau et la compagnie Attention Fragile présentent une histoire du début du XXIe siècle. Sauf qu’en fait, il ne sait (...)

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Avec Le Nouveau Monde, Gilles Cailleau et la compagnie Attention Fragile présentent une histoire du début du XXIe siècle. Sauf qu’en fait, il ne sait plus très bien quand a démarré le XXIe siècle. A quel moment, a-t-on plongé dans cet immense bordel ? Lors de la chute du mur de Berlin ? Des attentats du 11 septembre ? Ou bien carrément, en 1984, lors du début de l’épidémie du Sida, alors que l’humanité passe de la confiance en l’autre à la méfiance de l’autre ? Il se demande, Gilles, si le nouveau siècle n’a pas démarré ce jour-là, si ce n’est pas ce jour-là que la sécurité a gagné la guerre qui l’opposait à la liberté, si tout ce qui a suivi depuis ne vient pas de là. Avec son spectacle conçu de bric et de broc, le comédien et metteur en scène et circassien s’interroge à la manière d’un enfant, sur ce qui peut bien nous attendre maintenant, alors que les deux tours se sont cassé la gueule, alors que les migrants crèvent en mer, alors que l’Occident n’a pas tenu ses promesses et se fait haïr pour cela, alors que la planète devient irrespirable…. Le Nouveau Monde, les 21 et 22 mars à 20 heures au Centre Culturel La Ricamarie

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Avancer ensemble

Danse | Etape difficile que celle de l'adolescence où un jeune être en devenir éprouve paradoxalement le besoin de se couler dans un moule connu et le désir d'être (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 février 2019

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Etape difficile que celle de l'adolescence où un jeune être en devenir éprouve paradoxalement le besoin de se couler dans un moule connu et le désir d'être soi-même, d'affirmer son individualité. C'est à ce voyage dans l'adolescence que nous invitent les jeunes danseurs de la compagnie Les orteils de sable qui, conduits par Mireille Barlet, figure de proue tutélaire, nous emmènent sur un chemin extraordinaire. Les trois parties du spectacle éclairent les phases du cheminement de ces jeunes vers un monde où, solidaires, on peut avancer ensemble mais où chacun, pourtant, tient un rôle singulier. Au départ, les danseurs forment un groupe homogène, répètent les mêmes mouvements sur la musique hypnotique du Boléro de Ravel. Puis, dans la deuxième partie, les danseurs passent "De l'autre côté du miroir" et basculent dans un univers fantastique où apparaissent des personnages atypiques, singuliers, étranges, différents de l'ordre établi. La dernière partie marque le retour à la réalité. Ces jeunes danseurs préparent demain avec leur passion et apportent un battement d'espérance aux battements de cœur du monde. Sur un chemin extraordinaire, v

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ARTS | Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 septembre 2018

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Dans le cadre de sa résidence artistique Lugares (2018-2019) à la Ricamarie, la plasticienne Sandra Sanseverino présente une nouvelle série de toiles, Lignes aériennes. Fidèle à son univers en nuances de gris, Sandra s'inscrit pour autant dans une recherche picturale permanente. Le trait épuré, fait d'entrelacements de lignes doucement brisées, laisse entrevoir derrière le geste graphique une quête assurément spirituelle. Les œuvres sur papier entrent en dialogue avec l'architecture de la Médiathèque, des murs au sol, jusqu'à l'esplanade extérieure avec les back-paintings. La ligne d'encre de Chine en mouvement révèle le sens de la transmission et l'échange entre art et culture. Le jeudi 11 octobre à partir de 19h, l'artiste invite le public à participer à la création d'un grand papier peint. Sandra explique : « le projet est de créer un dialogue pictural entre mes compositions, des productions issues des ateliers-laboratoires vécus avec les habitants et enfin les interventions du public le jour du vernissage. Il s'agit donc de développer les trois dimensions de la résidence : artistique d'une part, culturel

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Qu’avons-nous fait de nos vieux ?

Théâtre | Notre société prône la jeunesse comme seule valeur valable, voire acceptable. Que faisons-nous de cette contradiction ? En évoquant la vieillesse, la (...)

Houda El Boudrari | Mercredi 3 janvier 2018

Qu’avons-nous fait de nos vieux ?

Notre société prône la jeunesse comme seule valeur valable, voire acceptable. Que faisons-nous de cette contradiction ? En évoquant la vieillesse, la dépendance et la mise en institution, Emmanuelle Hiron, Comédienne membre de La Cie L’unijambiste basée à Limoges, ne cherche pas à donner des réponses, mais à se poser la question collective de notre rapport à la mort et de ses conséquences. À (re)mettre aussi au centre de l’attention les vieux, Les Résidents, ceux qu’elle a rencontrés, filmés et qui ont amené cette réflexion. Ce théâtre-documentaire s’articule autour de séances filmées dans un EHPAD et le monologue de la comédienne inspiré de ses échanges avec une amie gériatre. Ses interrogations sont aussi nourries par les écrits d’un psychiatre, Jean Maisondieu, qui a abordé ces questions épineuses liées à la place des vieux dans notre société. Si l’approche peut paraître moralisatrice, le spectacle - puisque c’en est un - mêle harmonieusement l’écriture théâtrale et le réel de ces résidents en proie à différentes formes de démence. Et c’est bien le rôle du théâtre d’orienter notre regard vers des directions inhabituelles, et parfois de le figer sur ce qui

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Les vieux causent toujours

Panorama théâtre 17/18 | L’actrice Emmanuelle Hiron a suivi le médecin gériatre Laure Jouatel pendant plus d’un an dans son travail auprès des "résidents"  : des personnes (...)

Houda El Boudrari | Mardi 5 septembre 2017

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L’actrice Emmanuelle Hiron a suivi le médecin gériatre Laure Jouatel pendant plus d’un an dans son travail auprès des "résidents"  : des personnes âgées en maison de retraite médicalisée. L’actrice dit les paroles de la gériatre, en dialogue constant avec un film documentaire sur ces "vieux". Sans pathos, ce discours de vérité, entre documentaire et théâtre, nous émeut par sa sincérité et sa justesse. L’actrice restitue aux résidents leur humanité, tout simplement. Les résidents, le 27 janvier 2018 à La Trame (Saint-Jean-Bonnefonds)

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A la recherche du Nord perdu

SCENES | En plein drame des migrants, Les Désorientés met en scène deux personnages abandonnant leur lieu de vie à la suite d’une catastrophe qui a défiguré leur pays. Les (...)

Florence Barnola | Lundi 10 octobre 2016

A la recherche du Nord perdu

En plein drame des migrants, Les Désorientés met en scène deux personnages abandonnant leur lieu de vie à la suite d’une catastrophe qui a défiguré leur pays. Les protagonistes prennent le large à bord d’un radeau de fortune ne sachant pas quelle est leur destination. Don Quichotte et Sancho modernes, ils dérivent en essayant de passer des frontières, de se cacher des autorités, d’éviter les contrôles… « Ils vont migrer tant bien que mal entre déracinement, perte d’identité, violence, et rêve d’un autre monde » raconte le metteur en scène et auteur de la pièce Karim Demnatt qui interprète l’un des exilés aux côtés de Fabien Bassot. Les personnages représentent des migrants parmi tant d’autres, leurs noms sont des adjectifs ordinaux italiens. Primo se révèle loquace, il philosophe sur un monde abandonné à la barbarie. Il persuade Secondo de le suivre dans sa quête d’un ailleurs, meilleur, qui le verra sans doute roi. Les deux protagonistes tentent de prendre la fuite en espérant atteindre un univers rêvé qui ne veut finalement pas d'eux. Deux visions du monde vont se confronter dans cette pièce ultra contemporaine. Le spectateur vogue aux côtés de ces "héros", e

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L’autre côté du monde

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Niko Rodamel | Mardi 1 mars 2016

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Dans la sono mondiale, les métissages donnent bien souvent naissance aux musiques les plus subtiles ou les plus complexes, parfois les plus belles. Le projet Bab Assalam est la rencontre de deux musiciens syriens, deux frères, Khaled Aljaramani (oûd / chant) et Mohanad Aljaramani (percussions / chant) avec le clarinettiste français Raphaël Vuillard, dans la cité d’Alep en 2005. Après sept années de concerts au Moyen Orient, en Afrique et en Europe, le trio devient quatuor avec l’arrivée du guitariste Philippe Barbier. Bab Assalam est une invitation au voyage et au rapprochement des Hommes, notamment à travers la musique. S’il est ici question d’exil, l’espoir se nourrit du lien qui ne cesse de raccrocher l'Occident à l'Orient. Sous une immense toile rappelant les tentes des peuples nomades et sur laquelle des images sont projetées, la guitare électrique embarque avec elle la clarinette et le oûd, sur des rythmes et des chants qui font monter la transe de façon irrépressible. C’est tout un folklore acoustique qui s’électrise en temps réel, développant une palette sonore aussi riche que magnétique. Niko Rodamel Bab Assalam, vendredi 25 mars à 20h

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A la poursuite du cerf-bipède

SCENES | 30/40 Livingstone met en scène un sacré duo d’acteurs promenant le spectateur aux confins du fantastique et de l’absurde. Sergi Lopez et Jorge Pico, (...)

Florence Barnola | Jeudi 3 mars 2016

A la poursuite du cerf-bipède

30/40 Livingstone met en scène un sacré duo d’acteurs promenant le spectateur aux confins du fantastique et de l’absurde. Sergi Lopez et Jorge Pico, artistes engagés (enragés ?) signent un spectacle drôle, fou et corrosif avec une grande virtuosité. Ils sont espagnols (catalan pour l’un) et jouent en Français, enfin l’un parle et l’autre brame. Sergi Lopez campe un explorateur obsessionnel (et obnubilé par le tennis) partant à la recherche d’une créature légendaire jouée par Jorge Pico. La bête cornée jamais découverte à ce jour est une proie difficile à chasser car invisible pour l’œil humain. On dit d’elle qu’elle serait dotée d’une âme… La forte complicité qui unit les deux compères est le fuit d’une longue amitié qui débuta sur les bancs de l’Ecole Internationale de Théâtre de Jacques Lecoq, au début des années 1990. En 2011, ils ont imaginé, écrit (en catalan puis en français et espagnol) mis en scène, "30/40 Livingstone", qu'ils interprètent encore aujourd'hui. Cette fable délirante, qui a connu un énorme succès au "off" d’Avignon il y a deux ans, pousse le spectateur à accepter son animal intérieur avec force

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Elle préfère l’amour en mer

SCENES | Cap sur l’Espérance, un joli nom pour un paquebot. Grisée par tant de promesses, Suzy, double fictif de la chanteuse des années trente Suzy Solidor, (...)

Florence Barnola | Mardi 29 septembre 2015

Elle préfère l’amour en mer

Cap sur l’Espérance, un joli nom pour un paquebot. Grisée par tant de promesses, Suzy, double fictif de la chanteuse des années trente Suzy Solidor, embarque sur ce navire afin d’animer en chansons un mariage. Accompagnée de son accordéon, shootée par l’air iodé qu’elle croit propice à l’amour, Suzy raconte comme une chanteuse réaliste ses amours. Seulement, à force de les chanter à tue-tête, les souvenirs l’enivrent et le désespoir s’installe… J’ai fait une belle croisière avec Jean-Pierre est un spectacle cabaret-seul-en-scène orchestré par Julien Geskoff, co-écrit et interprété par Cécile Bournay. Le binôme se connaît depuis quelques années pour avoir fait ensemble l’École de la Comédie entre 1999 et 2002. Ils n’avaient encore jamais marié leur univers dans un spectacle. C’est heureux qu’ils l’aient fait, leur travail est teinté de sensibilité et d’humour touchant ainsi un large public, qui ne sait plus s’il rit aux larmes ou pleure de rire. Une question peut demeurer cependant : qui est donc ce Jean-Pierre ? Le marié mais aussi, surtout, un matelot. « Ma belle, veux-tu voir les deux pôles, les Amériques, le Labrador ?

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Entrez dans la danse

SCENES | Venez « Guincher » au FIL le 29 juin prochain à l’occasion du premier « bal contemporain » scénographié par les Ballets contemporains de Saint-Etienne. Avec pour fil conducteur la comédie musicale américaine « West Side Story » (1961), demandez à votre mère sa robe vintage, et prévoyez la gomina.

Julie Chalayer | Dimanche 20 mai 2012

Entrez dans la danse

Pour sortir des clivages entre danseurs de ballets et danseurs de balloches, le bal contemporain offre un espace de liberté décomplexé aux curieux du dancefloor. Sous la houlette de danseuses exprérimentées, Marie Serhochian, assistée de Mireille Barlet et Laurie Sauphar-Cabrera, tous les publics sont conviés à  venir partager « un moment de danse collectif ». Une expérience inédite dans laquelle il faut se laisser guider, se laisser surprendre et apprivoiser … Si si, vous aussi vous savez danser !! Quand la notion de pudeur s’évapore et cède place à la notion de plaisir, l’individu prime sur le groupe. L’orchestre du conservatoire Massenet, présent au cœur d’une salle customisée aux couleurs des sixties, aidera les amateurs présents à se dégivrer  les clavicules. Avec des exercices simples, les professionnelles  nous accompagnent pour sortir de notre retenue. Fini de la représentation, place au  rythme et à la musique. Plus fa

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