Sous la peau, l'amour

Florence Barnola | Mardi 3 mai 2016

Photo : © Niko Rodamel


La majorité des fictions tourne autour de l'amour. Et on ne s'en lasse pas surtout quand l'angle pris pour raconter une histoire est singulier. C'est le cas de Surface(s), une performance théâtrale, dansée et filmée. Le binôme de metteurs en scène Maud Peyrache et Grégory Bonnefont nous invitent à la table d'un couple, sur laquelle trône un gratin de courgettes. Tout part de la courgette pour nous conduire, en passant par l'écriture, à la peau, la surface du corps. « Il n'y a pas d'intrigue particulière du genre : l'amant dans le placard et pourtant il y a quelque chose », explique Gregory Bonnefont, « Ce quelque chose serait le mystère de la présence de l'autre. L'autre et sa présence, que l'on comprend par la vue, par le toucher et le rapport à cette peau. » Une peau tellement obsessionnelle qu'elle s'affiche sur les murs de l'appartement le transformant en mémoire des corps… Pour Maud Peyrache, « Il s'agit de poser des questions sur nos manières de vivre ensemble, en couple, à deux ou à plusieurs. Le point de vu apporté tente de prendre en compte les multiples couches qui fondent chaque instant, de s'attarder sur cette surface pour voir ce qu'y s'y joue… » A voir seul(e) ou accompagné(e). FB

Surface(s) de Maud Peyrache et Gregory Bonnefont, du 19 au 24 mai au Théâtre Le Verso


Surface(s)

Par la Cie L'âme à la vague
Travelling Théâtre Le Verso 61 rue de la Richelandière Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Avignon vs Saint-Étienne

Scènes | A l’invitation du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, une quinzaine de compagnies de théâtre se sont retrouvées en Avignon, pour le festival auquel quelques-unes d’entre elles prenaient part. L’occasion de dresser ensemble un état des lieux et de se projeter dans la nouvelle saison.

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

Avignon vs Saint-Étienne

Depuis Jean Dasté, Saint-Étienne demeure une ville de théâtre, mais chaque été Avignon en est la Mecque incontestable. Après l’annulation du festival l’an passé, l’édition 2021 était pour les artistes celle de la résistance. Pour sa 75ème édition dans la cour d’honneur du Palais des Papes, la programmation officielle (45 pièces et 300 levés de rideau) intronisait notamment Tiago Rodrigues, lequel mettait en scène Isabelle Huppert dans La Cerisaie de Tchekhov et prendra la place d’Olivier Py en 2023 à la tête de l’institution. Côté OFF, les dédales de la cité papale accueillaient cette année pas moins de 1070 spectacles, joués par 752 compagnies françaises et 66 compagnies étrangères, présentés dans 116 lieux du 7 au 31 juillet. Des chiffres impressionnants, pourtant en légère baisse. Pour les compagnies stéphanoises, jouer en Avignon représente tout autant un passage obligé qu’une vitrine à ne pas négliger, avec son effet tremplin, son bouche-à-oreille et surtout la présence de très nombreux programmateurs venus faire leur marché pour plusieurs saisons à venir. Cet été, quelques-unes d’entre elles prenaient part au OFF, à l’image de l’ensemble Cappella Forens

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À l’Est

Théâtre | Inspiré du roman Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin, Václav​ et Tomas met en scène la dissidence, la résistance, le combat, le (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 mars 2020

À l’Est

Inspiré du roman Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin, Václav​ et Tomas met en scène la dissidence, la résistance, le combat, le totalitarisme. 1989, à Prague. La révolution de Velours triomphe, en portant le dramaturge Vaclav Havel au pouvoir. Pour Tomas, il s’agit d’un jour radieux… Propice au souvenir de ce qui les a conduits à ce jour si particulier. 20 ans plus tôt, à Trutnov, Tomas, cheminot, travaille dur, comme « un chien » même. Alors qu’une troupe de théâtre s’installe dans sa ville, il fait connaissance et se lie d’amitié avec Václav, séduit par sa foi en la culture et l’avenir… Une rencontre qui va changer sa vie. Opposé au régime, Václav est surveillé, et tandis que son nouvel ami s’engage de plus en plus à ses côtés, il est emprisonné… Fortement inspirée de l’histoire, Václav et Tomas raconte comment, sans violence, la culture peut vaincre la tyrannie, et comment parfois le destin porte les gens simples jusqu’à la grande Histoire. Václav​ et Tomas, vendredi 4 décembre à 20h30 en direct sur www.lechambon.fr

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Un élan de fraternité

Spectacle interdisciplinaire | Après plus de deux ans de réflexion, la compagnie De l'Âme à la Vague propose la totalité de l'adaptation du livre Shantala: un art traditionnel, le massage des enfants de Frédérick Leboyer. Un spectacle interdisciplinaire et plein d'amour.

Nicolas Bros | Vendredi 19 avril 2019

Un élan de fraternité

Après avoir mûri son projet pendant plus de deux ans, Grégory Bonnefont et sa compagnie De l'Âme à la Vague sont enfin arrivés au bout de l'adaptation du livre de Frédérick Leboyer, Shantala: un art traditionnel, le massage des enfants de Frédérick Leboyer. Ce dernier traite du massage indien des nourrissons. Construite en trois parties, tout comme l'ouvrage éponyme, cette création artistique correspond à un spectacle interdisciplinaire où s'entremêlent théâtre, danse, musique et vidéo. « Je suis tombé au printemps 2016, en plein état d'urgence, dans une période très dure, sur ce livre rempli d'amour, explique Grégory Bonnefont. Artistiquement, j'ai très vite eu envie d'adapter cet écrit en partageant un temps d'amour. Dans ce spectacle, on tente de traiter la dimension citoyenne et politique de l'amour. Ce n'est pas l'amour "bisounours" ou religieux. » Un spectacle pour re-consacrer l'importance du corps Parti pour mettre sur pied un spectacle en forme réduite, l'artiste se rend vite compte qu'il y a matière à voir plus grand. Après avoir présenté la première partie (questionnement à propos de l'origine, de la naissance

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Perché

Expo dans un théâtre | Dans cette ruelle en pente pas encore forcément connue de tous les Stéphanois (c’est bien dommage), se tiennent à quelques mètres l’un de l’autre deux théâtres (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

Perché

Dans cette ruelle en pente pas encore forcément connue de tous les Stéphanois (c’est bien dommage), se tiennent à quelques mètres l’un de l’autre deux théâtres qui sont aussi des lieux d’exposition. Le Verso domine le Chok de quelques mètres dans la rue Bernard Palissy, mais les deux s’entendent à merveille. Celui d’en haut (le Verso, vous suivez ?) accueille une double-expo qui promet de vous aérer les neurones. L’artiste MP0804-h (ne cherchez pas, il a pris le nom de son disque dur) propose simultanément l’installation Theory of Everything et la série photographique Lovestream. La première présente un dispositif musical et visuel qui détourne la lumière industrielle des néons pour en tirer les impulsions orageuses d’un ciel artificiel. La seconde rassemble des captures d’écran puisées dans un flux de communications vidéos intercontinentales, figeant le souvenir de relations amoureuses dans une imagerie que les bugs informatiques ont rendu monstrueuse. Intrigués ? Allez voir par vous-même au Verso. Theory of Everything + Lovestream de MP0804-h, du 18 au 29 octobre au Verso

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J'ai bu tous vos livres

SCENES | Le théâtre du Verso accueille deux représentations d'une pièce qui marie brillamment le verbe de Bukowski et les envolées du jazz. Une exploration musicale improvisée pour cinq musiciens et un comédien.

Niko Rodamel | Mardi 17 octobre 2017

J'ai bu tous vos livres

Que vous appréciez sa prose imbibée ou qu’il vous débecte, l’écrivain américain d’origine allemande Henry Charles Bukowski a laissé au monde littéraire une œuvre considérable qui ne peut laisser quiconque indifférent. Car quels que soient les visages qu’aient pu prendre son écriture, poèmes, nouvelles, romans ou même articles, c’est sans doute cette oralité décomplexée qui fait toute la singularité de la patte du grand Buk, cette plume qui prend un malin plaisir à faire fi de toute convention, de l'apparence bienséante et, cela va de soi, du politiquement correct. Nombre de Français découvrirent le bonhomme, haut en couleur et en taux d’alcoolémie, lorsqu’il anima de ses frasques le propret plateau de l’émission Apostrophes (c’était en 1978), grand moment de télévision qui fait aujourd’hui encore le bonheur des bêtisiers nourris aux archives de l’INA. Le jazz fait la java Avec Don’t try, la compagnie Après le déluge et son metteur en scène Willy Play ont choisi de faire cohabiter dans un même spectacle des textes issus de L'Amour est un Chien de l'Enfer, Les Contes de la Folie Ordinaire et Souvenirs d

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Quand le Pilat se pose des questions sur ses "migrants"

SCENES | Pour sa 29ème édition, le festival de théâtre contemporain de Pélussin se saisit tout aussi bien des grands sujets d’actualité que des petites anecdotes du quotidien en propulsant de jeunes compagnies prometteuses. A boire et à manger mais surtout à réfléchir !

Houda El Boudrari | Mardi 5 juillet 2016

Quand le Pilat se pose des questions sur ses

Bientôt trente ans que le mois d’août vibre, pendant une semaine, au rythme de la passion du théâtre du charmant village de Pélussin. Les Bravos de la Nuit se renouvelle cette année en accueillant la compagnie Sens Inverse pour une résidence d’un an sur la migration dans le Pilat Rhodanien. A l’heure où la peur du migrant cristallise le mal-être de nos sociétés contemporaines, le village de Pélussin choisit de porter un autre regard sur ces mouvements d’exode et de transhumance qui ont toujours traversé l’humanité d’ici et d’ailleurs. « Nous sommes tous à un moment en migration. Les enfants partent pour leurs études, reviennent ou non. Nous arrivons pour un travail, pour notre retraite ou, au contraire, c’est le moment de partir. Nous voyageons par nécessité, par hasard ou au gré d’une rencontre. Nous venons de Saint-Étienne, de Lyon, ou de plus loin, voire encore plus loin ! ». Dialoguer avec la mort Questionnement, réflexion, remise en question…mais pas que ! Les amateurs de légèreté et de douce poésie estivale auront tout intérêt à faire le déplacement à Pélussin. Comme chaque année, le festival donne la part belle aux contes qui ravis

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Être ou ne pas être, l’A45

SCENES | En avril prochain nous allons enfin savoir si l’A 45 sera ou ne sera pas. Comme le foot, le projet de cette autoroute reliant la capitale ligérienne à (...)

Florence Barnola | Mardi 2 février 2016

Être ou ne pas être, l’A45

En avril prochain nous allons enfin savoir si l’A 45 sera ou ne sera pas. Comme le foot, le projet de cette autoroute reliant la capitale ligérienne à celle des Gaules, déchaîne les passions. Ligériens ou Lyonnais, certains sont pour, d’autres contre, tous ont des arguments. La compagnie stéphanoise, De l’âme à la vague, menée tambour battant par Gregory Bonnefont, s’est penchée sur cet épineux dossier à travers un travail en trois volets (exposition/pièce/débat) s’intitulant Avant l’A45 ? Laissez parler les terres. Un joli titre qui inclut la réalité du problème : la géographie physique et humaine. L’exposition signée par notre confrère et collègue photographe Niko Rodamel "préface" la pièce. On y découvre des clichés de ce territoire sur lequel se projette l’autoroute, ses habitants, ses élus, ses acteurs, on suit Gregory Bonnefont, chef d’orchestre de ce triptyque, auteur et metteur en scène de la pièce, Saint-Chamonais de naissance. Subrepticement, nous voilà entrainés dans cette histoire autoroutière, la sienne, happés par ses paysages qui nous paraissent familiers. Assis confortablement face à la scène, l

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Dédale A45

ARTS | Grégory Bonnefont, auteur, comédien et metteur en scène et Niko Rodamel, photographe et journaliste, ont mêlé leurs arts pour l’exposition Avant l’A45 ? Laissez parler les terres. En trois temps, cette « introspection territoriale » questionne le projet de l’A45 d’un point de vue neutre, entre détracteurs et défenseurs.

Marlène Thomas | Lundi 4 janvier 2016

Dédale A45

« J’ai grandi avec le projet de l’A45 sur mes terres. Très jeune, je me souviens du géomètre foulant le pré de mes grands-parents pour tracer l’autoroute », raconte Grégory Bonnefont. Cet homme de théâtre a eu l’idée de ce projet en triptyque, composé d’une exposition photographique réalisée avec le photographe Niko Rodamel, d’une pièce de théâtre et d’un débat. Au centre de ces créations, le projet très controversé de construction de l’autoroute A45, entre la Fouillouse et Brignais, pour désenclaver l’A47, notamment au niveau de Givors. Depuis plusieurs générations, ce nouveau tracé plane au-dessus de la vie des Ligériens et Rhodaniens, telle une épée de Damoclès pour certains, ou une baguette magique pour d’autres… Accomplissement d’un long travail d’une année, l’exposition, déjà présentée à la Buire jusqu’au 16 janvier, constitue au départ une réflexion citoyenne. Les deux hommes, en sillonnant monts, vallées et autoroutes, ont pris conscience du caractère sensible et fondamentalement politique de ce projet. En dix-huit tirages, l’exposition retrace avec brio les problématiques inhérentes à ce nouvel axe routier et à la diversité des opinions des nombreuse

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