Elvis is in the Kitchen

SCENES | Comédie sociale à l’humour corrosif, La Cuisine d’Elvis offre un savoureux mélange des genres entre la sitcom et le music-hall. La sauce prend grâce au jeu relevé des acteurs dirigés par Pierre Maillet.

Houda El Boudrari | Mercredi 5 octobre 2016

Photo : © Sonia Barcet


A priori, le menu n'est pas très ragoûtant. Une famille disloquée par un accident : père paralytique, ado bourrue se réfugiant dans la bouffe, mère fuyante amourachée d'un jeune pâtissier au magnétisme surligné. Tous les ingrédients du pathos contemporain sont réunis et pourtant. La magie de l'écriture faussement naïve de Lee Hall opère, avec cet humour british qui pimente la saveur des échanges les plus fades. Le tout émaillé de moments oniriques où le paralytique, ancien sosie d'Elvis, se mue en bête de scène dans un décor de music hall.

Métaphore des excès de notre époque

« Comédie dramatique à intervalles musicaux » ou « cabaret tragi-comique » comme la désigne son metteur en scène Pierre Maillet, qui joue aussi le rôle du père dans la pièce, ce spectacle hybride se veut aussi une métaphore des excès de notre époque. Le rapport compulsif à la nourriture incarné à la fois par le mal-être de l'adolescente, mais aussi par l'image tutélaire d'Elvis, sex-symbol des années soixante qui a sombré dans l'obésité à la fin de sa vie. L'écriture anglo-saxonne emprunte les codes de la sitcom, mais déroge aux rôles convenus. L'adolescente que l'on traite de grosse ne l'est pas tant que ça, la mère "cougar alcoolique et anorexique" est surtout une prof quadra qui refuse de faire le deuil de sa vie amoureuse, et le jeune amant gigolo se révèle plus sensible que prévu… Surtout, on devine derrière le kitch apparent de leur mode de vie, une puissance passionnelle en ébullition sous un couvercle qui menace à tout moment de sauter.

La scénographie, signée Marc Lainé, offre une aération à ce huis clos, qui pourrait devenir écœurant dans les odeurs de cuisine (une vraie tourte en préparation pendant le spectacle) et les crises de boulimie de la jeune Jill (qui s'empiffre aussi véridiquement sur scène). Enfin, touche finale de la recette, la tension sexuelle est palpable entre une Cécile Bournay, crédible en ado empotée dans ses bourrelets, et un Matthieu Cruciani, beau-gosse pas si sûr de lui.

La Cuisine d'Elvis, du mardi 11 octobre au vendredi 21 octobre à 20h, à la Comédie


La Cuisine d'Elvis

Texte de Lee Hall, ms Pierre Maillet, avec Cécile Bournay, Matthieu Cruciani, ...
La Comédie de Saint-Etienne Place Jean Dasté Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Mercato | Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa (...)

Nicolas Bros | Vendredi 29 janvier 2021

Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa succession. Ce metteur en scène est directeur du Théâtre Dijon Bourgogne depuis janvier 2013. Il a été élève à l'École Normale Supérieure avant de suivre des cours de théâtre avec Pierre Debauche au début des années 90. Du côté de la scène, il a notamment créé trois pièces de François Bégaudeau : La Grande Histoire en 2014, La Devise  en 2015 et La Bonne Nouvelle en 2016. Il a toujours la volonté de mettre la jeunesse en avant comme le prouve sa mise en scène de Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux en 2017, où il dirige quatre jeunes acteurs en contrat de professionnalisation. Enfin, Saint-Étienne n'est pas

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La Comédie cherche sa direction

SCENES | Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 septembre 2020

La Comédie cherche sa direction

Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier en fin d'année à Grenoble. Une annonce a été postée par la structure d'art dramatique stéphanoise. Avis aux intéressés ! Nous en profitons pour vous rappeler que la saison 20/21 débutera dès le 17 septembre prochain avec le spectacle Angels in America. Toutes les dates sont à retrouver sur cette page.

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La Machine de Cirque dans l'Oeil du Petit Bulletin #26

Cirque québécois | Olivier Lépine & Vincent Dubé nous parlent de "La Galerie" la dernière création de la compagnie Machine de Cirque qui est jouée encore ce soir à La (...)

Nicolas Bros | Mercredi 26 juin 2019

La Machine de Cirque dans l'Oeil du Petit Bulletin #26

Olivier Lépine & Vincent Dubé nous parlent de "La Galerie" la dernière création de la compagnie Machine de Cirque qui est jouée encore ce soir à La Comédie de Saint-Etienne pour le Festival des 7 Collines. En bonus, ils nous chantent aussi un peu de Gilles Vigneault à l'occasion de la La Fête nationale du Québec !

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Arnaud Meunier / Une vie en actes

Portrait | Depuis janvier 2011, Arnaud Meunier dirige La Comédie de Saint-Étienne. Avec pour ligne de mire permanente la création et la transmission, le metteur en scène poursuit son travail mêlant ouverture du théâtre au plus grand nombre, mise en avant d'oeuvres contemporaines et en valeur de la cité stéphanoise.

Nicolas Bros | Mercredi 6 février 2019

Arnaud Meunier / Une vie en actes

Arnaud Meunier est un homme qui semble tout avoir pour être heureux. À la tête de La Comédie de Saint-Étienne, une des plus belles institutions théâtrales de France - n'ayons pas peur des mots - , le metteur en scène met tout en œuvre pour faire rayonner la capitale ligérienne à travers cet art noble qu'est le théâtre. Mais diriger un tel vaisseau artistique tout en continuant son travail de scène accapare beaucoup... La preuve, le matin où nous le rencontrons dans son bureau, situé à l'étage de "la nouvelle Comédie" dans ce bâtiment industriel entièrement rénové du quartier créatif, entre le Zénith et le Fil. Le temps presse car il est en pleine répétition de sa dernière pièce J'ai pris mon père sur mes épaules, écrite par Fabrice Melquiot avec Rachida Brakni et Philippe Torreton au plateau. Un succès public et critique annoncé d'avance, confirmé dès la générale. Couverture presse nationale, retours positifs, cette épopée comique et tragique ne fait que confirmer le talent d'Arnaud Meunier pour transcender les acteurs et les œuvres auxquelles il s'attaque. Mais ce matin-là, malgré le travail de scène à accomplir, il prend le temps de nous expliquer son parcours en dé

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À la dérive

Théâtre | 2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 février 2019

À la dérive

2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses réserves de gaz, de pétrole et d’uranium sont devenus le nouvel d’Eldorado. En mer, l’Arctic Serenity, ancien navire de croisière, est remorqué pour être transformé en hôtel de luxe. À bord, 6 inconnus embarqués clandestinement, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Alors que ce petit monde est en route, le remorqueur abandonne le navire, au beau milieu des eaux glacées internationales. Les passagers vont-ils pouvoir sauver leur peau ? À mi-chemin entre le polar nordique, le thriller politique et la comédie futuriste, Arctique entraîne le spectateur dans une fiction écolo-prémonitoire qui parvient à le tenir en haleine durant près de deux heures et demie. Un huis-clos maritime, des révélations à tiroir, et un travail scénique absolument remarquable mêlant théâtre, musique et vidéo dans un champ/hors champ captivant. Arctique, jeudi 14 et vendredi15 février à 20 heures à la Comédie de Saint-Etienne

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Orelsan, Thiéfaine, Kery James, Radio Elvis pour Saint-Etienne Live 2019

Programmation festival | La programmation de Saint-Étienne Live (désormais ex-festival paroles & Musiques) vient d'être dévoilée. On retrouvera les 14 et 15 juin 2019 au Parc (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 décembre 2018

Orelsan, Thiéfaine, Kery James, Radio Elvis pour Saint-Etienne Live 2019

La programmation de Saint-Étienne Live (désormais ex-festival paroles & Musiques) vient d'être dévoilée. On retrouvera les 14 et 15 juin 2019 au Parc du Musée de la mine de gros noms tels qu'Orelsan, Kéry James, Hubert-Félix Thiéfaine ou encore Radio Elvis. Les places sont d'ores et déjà en vente sur le site du festival. Saint-Étienne Live, les 14 et 15 juin 2019 au Parc Musée de la mine Programmation : Vendredi 14 juin à 19h : - Orelsan - Kery James - Berywam - Zed Yun Pavarotti Samedi 15 juin à 19h : - Hubert-Félix Thiéfaine - Radio Elvis - Boulevard des Airs

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Retour en force

Foreztival (Loire) | Le Foreztival revient en août 2018 après une année de pause. Proposant une programmation musclée, le festival ligérien le plus chaud de l'été est taillé comme les plus grands. Sélection de quatre bonnes raisons d'y faire un saut.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Retour en force

Ayo : joie communicative Si Ayo signifie "joie" en Yoruba, en voyant sur scène Joy Olasunmibo Ogunmakin, on comprend pourquoi ce surnom va si bien à cette chanteuse. Sourire aux lèvres, générosité sans pareille, Ayo est une artiste que l'on aime pour cet amour de la vie qu'elle partage si bien. On l'avait un peu perdue de vue jusqu'en 2017, année de la sortie de son nouvel album, simplement intitulé Ayọ. Si l'on doit avouer que cet opus ne nous a pas transcendé, on ne peut que se réjouir du retour sur scène de cette artiste si facile à apprécier. Préparez à recevoir de l'amour plein les oreilles. NB Le 3 août à Trelins Roméo Elvis : Bruxelles arrive Une voix rauque mais chantante, un rap mélodique posé sur les beats du producteur électro Le Motel, voilà la recette suave des deux derniers albums de Roméo Elvis, sobrement intitulés Morale et Morale 2. Rappeur éclectique, ce Bruxellois de 25 ans, fan de Jimi Hendrix, considère le rap comme de la «

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Ça pulse pour la promo 28

Théâtre | Le spectacle de sortie des élèves de la Comédie, écrit par Pauline Sales et mis en scène par Arnaud Meunier, raconte l’histoire d’une bande d’ados à dix ans d’intervalle. Dans une atmosphère de légèreté estivale, le destin de ces jeunes adultes bascule dans une gravité dictée par un événement imprévu.

Houda El Boudrari | Mardi 5 juin 2018

Ça pulse pour la promo 28

Une bonne fée s’est penchée sur le berceau de la promo 28 de l’école de la Comédie de Saint-Étienne en leur offrant comme marraine Pauline Sales, co-directrice depuis 2009 du Préau (centre dramatique national de Normandie-Vire). Pour leur spectacle de fin d’études, les dix jeunes comédiens (dont six filles) ont eu droit à un texte sur-mesure de la plume incisive de cette talentueuse dramaturge qui dissèque avec minutie, mais non sans humour, les états d’âmes de ses contemporains. « Pas une pièce pour ados à l’américaine » Il y a trois ans, le public de la Comédie de Saint-Étienne avait découvert son art du dialogue dans le truculent feuilleton théâtral Docteur Camiski ou l’esprit du sexe, et les fidèles auront eu l’occasion d’apprécier à nouveau sa plume désopilante cette saison lors de l’excellente pièce J’ai bien fait ?. Cette fois-ci, exit les tribulations d’un sexologue tourmenté et la crise existentielle d’une quadra bobo, c’est sur un tout autre registre que l'institution théâtrale stéphanoise e a convoqué le talent de Pauline Sales : une histoire d’ados pour des ados, programmée d’ailleurs au festival d’Ados de Vire qui s’est tenu

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Respect sur leur nom

Rap belge | La Belgique est le berceau du rap francophone. Bien avant les succès de NTM ou IAM, de l'autre côté de la frontière le rap s'émancipait déjà à (...)

Nicolas Bros | Mardi 6 mars 2018

Respect sur leur nom

La Belgique est le berceau du rap francophone. Bien avant les succès de NTM ou IAM, de l'autre côté de la frontière le rap s'émancipait déjà à la fin des années 80 avec notamment les fameuses compilations Bruxelles Rap Convention. Depuis ces années, le Manneken-Pis a vu l'encre des rappeurs couler et la Belgique est aujourd'hui l'une des terres les plus fertiles du rap. La preuve avec le nombre d'artistes originaires du "plat pays". Roméo Elvis, Damso, Hamza, L’Or du commun, Lord Gasmique... forment ce que l'on appelle souvent la nouvelle vague du rap belge. Parmi cette liste qui ne cesse de grandir, un duo – formation devenue plutôt rare sur la scène rap – impose sa marque dans le "rap jeu". Caballero & JeanJass, deux francs-tireurs qui viennent de sortir leur deuxième disque Double Hélice 2, réunissant au passage ce qui se fait de mieux en producteur rap actuellement. Savant mélange d'ad lib, d'acronymes, de "bangers" et d'une bonne dose de dérision saupoudrée de parmesan, leur album fait allégeance à une trap corsée qui transforme chaque salle en chaudron magique. À Saint-Étienne, l'ambiance ne devrait pas déroger à la règle, « TMTC ».

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Roméo Elvis & Matmatah au Foreztival 2018

MUSIQUES | Après Panda Dub Circle live et Kény Arkana, les noms de la programmation du Foreztival 2018 se dévoilent peu à peu. Le rappeur belge Roméo Elvis et les rockeurs (...)

Nicolas Bros | Vendredi 16 février 2018

Roméo Elvis & Matmatah au Foreztival 2018

Après Panda Dub Circle live et Kény Arkana, les noms de la programmation du Foreztival 2018 se dévoilent peu à peu. Le rappeur belge Roméo Elvis et les rockeurs bretons de Matmatah viennent s'ajouter au line-up de cette 14e édition du festival d'été forézien. De plus, l'organisation vient également de dévoiler l'affiche officielle du festival réalisée par le duo de "Papiers Peintres" stéphanois : Ella & Pitr. À découvrir sur la page Facebook du festival. Des pass 3 jours au tarif "early" ont aussi été mis en vente sur cette page. Foreztival #14, du 3 au 5 août 2018 à Trelins (Loire)

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La fin du salon russe

Théâtre | Dans "Un mois à la campagne", Alain Françon nous offre un condensé du théâtre émotionnel de Tourgueniev, dans une mise en scène au plus près du texte écrit en 1850, serti dans l’écrin d’une nouvelle traduction de Michel Vinaver.

Houda El Boudrari | Mercredi 3 janvier 2018

La fin du salon russe

L’engouement que suscite le théâtre russe sur les planches françaises a gagné la Comédie de Saint-Etienne qui a programmé cette saison une étonnante adaptation des 3 sœurs de Tchekhov par la metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy (What if they went to Moscow ?), suivie de la fusion de ces mêmes Trois sœurs avec Ivanov sous la talentueuse direction de Julie Deliquet (Mélancolie(s) ). Cette fois-ci, retour au classique, à la place du texte et au respect du contexte historique avec Un mois à la Campagne de Tourgueniev mis en scène par Alain Françon. Dans ce "récit dramatique" écrit en 1850, Ivan Tourgueniev explore les conduites amoureuses de ses contemporains. La paisible vie de famille des Islaïev est bousculée par l’arrivée de Beliaev, étudiant moscovite engagé pour l’été comme précepteur. Le côté rustique du jeune russe tranche avec la sophistication vaine et les conventions corsetées de cette aristocratie en déclin. « Cette pièce raconte la fin du salon, un peu comme dans le théâtre d’Ibsen » résume Alain Françon. On découvre chez Tourgueniev une imbrication entre désir amoureux et

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La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Info | Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 août 2017

La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la nouvelle Comédie, le 16 octobre prochain. Situé dans le quartier Manufacture/plaine Achille, à proximité du Fil et d'une surface totale de 8 000 m2, cet équipement culturel accueille notamment deux salles de spectacles avec des capacités de 700 et 300 places. L'après-midi, elle rendra visite à l'équipe du Nouveau Théâtre Beaulieu, qui a subi un incendie de leurs locaux en juin dernier.

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45 occasions de sourire

Théâtre | Avec la pièce écrite par Tanguy Viel pour la promotion 27 de la Comédie, on est transportés dans l’ambiance de tournage d’un film d’action. Des scènes truculentes mêlant auto-dérision et sensibilité poétique.

Houda El Boudrari | Mardi 6 juin 2017

45 occasions de sourire

Vous n’étiez pas à Cannes ? La Comédie vous offre une séance de rattrapage avec une montée des marches à l’Usine. L’occasion de faire des adieux grandioses à la salle avenue Emile Loubet avant l’inauguration de la nouvelle Comédie à la rentrée. Écrite pour la promotion 27 par Tanguy Viel et mise en scène par Pierre Maillet, 45 possibilités de rencontres raconte l’histoire d’un tournage. Et de l’envers du décor... Une équipe de cinéma séjourne dans un hôtel en Bretagne pour un projet ambitieux mené par un jeune réalisateur en vogue : un film d’action en forme de comédie musicale, adaptée d’un roman policier (L’absolue perfection du crime d’un certain Tanguy Viel). L’argument du film : une famille mafieuse, un braquage, une trahison, une poursuite. Cascadeuse philosophe La pièce raconte la vie commune de l’équipe entre le plateau et l’hôtel. Dans une mise en perspective inversée, le tournage en arrière-plan sert l’action qui se passe dans les coulisses. Une manière de mettre en lumière ces personnages de l’ombre : les petites mains du monde du spectacle. Où l’on découvre la voix intime de la maquilleuse (Elsa Verdon), dont la prof

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Le club des 5

Naming du site de la future ex-Comédie | Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom (...)

Nicolas Bros | Mercredi 15 février 2017

Le club des 5

Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom définitif. Après avoir lancé un appel à participer à la population stéphanoise pour le choix de l'appellation de ce futur équipement, la Ville de Saint-Étienne a retenu cinq propositions : Les Tréteaux, La Comète, La Scène, Le Panassa et L'Alpha. Dès le 16 février et jusqu'au 31 mars, les Stéphanois sont appelés à voter pour leur nom favori en se connectant sur le site de la municipalité (www.saint-etienne.fr). Pour rappel, le calendrier des travaux prévoit une démolition du coeur de l'îlot concerné de mai à juillet 2017, puis une préparation et un début des travaux en octobre 2017 pour une ouverture du nouvel équipement prévue au cours du premier semestre 2019. Le budget total du projet est de 7, 64 M€ (dont 4, 85 M€ de travaux HT), cofinancé par la Ville de Saint-Étienne et la Région Auvergne-Rhô

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L’argent et Moi

Théâtre | Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on (...)

Houda El Boudrari | Mardi 10 janvier 2017

L’argent et Moi

Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on s’identifie très vite. L'enfance, avec les premières étrennes, encore empreinte d’URSS, de culture marxiste, d’argent de poche et de rock. L'âge des possibles, où l'on apprend à dépenser l’argent qu’on n’a pas toujours, avec les copains ; y défilent le chanteur Renaud, l’Inde, Darty. Enfin, le fric qu’on gagne vraiment, pour assurer son ménage, une enfant, c’est l’avènement du libéralisme sauvage. Puis le divorce, les pensions alimentaires, l’espoir des économies alternatives, et avec l’âge, un certain détachement. Mon Fric balaie ces soixante-dix ans d’existence, à cheval entre deux siècles, durant lesquels les paradigmes changent à l’instar de la monnaie, avec une belle énergie, et semble nous raconter notre histoire intime, tant l’argent nous révèle aussi. Mon Fric est une épopée musicale, chorale, drôle et légère. Après nous avoir enchanté la saison dernière avec Les glaciers grondants, comédie scientifico-romantique sur le climat, David Lescot signe encore une fois un texte

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Dans la roue d’Holloway Jones

SCENES | La programmation théâtrale cette année donne plus de place aux adolescents, ces adultes en devenir à la croisée de chemins. Holloway Jones porte le nom de la (...)

Houda El Boudrari | Mardi 1 novembre 2016

Dans la roue d’Holloway Jones

La programmation théâtrale cette année donne plus de place aux adolescents, ces adultes en devenir à la croisée de chemins. Holloway Jones porte le nom de la prison où elle est née, mais refuse de suivre la voie du déterminisme social. Elle enfourche un BMX comme planche de salut et file, s'envole, loin de la prison où elle rend, parfois, visite à sa mère. Un coach l’a repérée, il a de l'ambition pour elle, il veut qu'elle intègre l'équipe junior des Jeux Olympiques. Sur le chemin il y a aussi Avery, petit voyou chef de bande qui perturbe l'itinéraire à sa façon. Holloway pédale comme elle peut, s'arrête et repart. La pièce écrite par un jeune auteur anglo-canadien, Evan Placey, mise en scène par la lyonnaise Anne Courel, revisite le genre de fables initiatiques. Le racing est partout présent : en images mentales, dans l’énergie des personnages, chez le coach, dans la vitesse des changements de séquences… Le vélo imprime le rythme de la pièce. Dangereuse, acrobatique, spectaculaire, comme la vie d’Holloway. Holloway Jones, par la compagnie Ariadne, les 24 et 25 novembre à 20h au Centre Culturel de la Ricamarie

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"Elvis & Nixon" : la rencontre improbable

ECRANS | de Liza Johnson (É.-U., 1h26) avec Michael Shannon, Kevin Spacey, Alex Pettyfer… (sortie le 20 juillet)

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

À l’écran, les canailles authentiques et les immenses stars font d’épatants personnages : ils le sont déjà dans l’inconscient collectif. Leur aura habitant presque totalement le rôle, il ne reste souvent au comédien qu’un reliquat de job à accomplir. Certains feignants s’en accommodent, misant tout sur le seul mimétisme, à coup de grimaces et de maquillage. D’autres investissent l’intériorité de leur modèle, la personnalité davantage que le personnage. C’est le cas dans ce tête-à-tête insolite, mariage d’une carpe et d’un lapin à peine apocryphe, puisque le rockeur halluciné a bien rencontré le président revêche pour lui proposer ses services comme “agent détaché du FBI”, histoire de prémunir la jeunesse des ravages de la drogue — et d’avoir, surtout, un insigne argenté. À peine grimés, Shannon et Spacey évoquent les contours d’Elvis et Nixon. Mais ce qu’ils dégagent se révèle infiniment plus précieux qu’une banale ressemblance. Cette réflexion sur les illusions des apparences, la vanité de la célébrité, du pouvoir ou de l’argent apparaît en filigrane tout au long du film, culminant lorsque le Chef du Monde libre se rend compte qu’il pèse moins aux yeux de sa fille que

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Radio Elvis ouvre une nouvelle voie pour la chanson

MUSIQUES | Parmi les jeunes vedettes mises en avant par le festival Nouvelles voix, on retrouve les épatants Radio Elvis, dignes représentants d'une chanson française pop qui s'habille de post-modernité musicale et de référence littéraire sans jamais avoir l'air déguisée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Radio Elvis ouvre une nouvelle voie pour la chanson

Quand on jette un œil sur les photos de Pierre Guénard de Radio Elvis, on revoit presque le Morrissey des jeunes années, coquettement affublé de lunettes de non-vue sous sa banane flambante (mais prolongé Daho période rennaise). Et quand il chante, c'est comme s'il accompagnait Dominique A sur les tombes de Bashung et Ian Curtis. C'est que cette génération, celle à laquelle appartiennent aussi leurs jeunes cousins surdoués de Feu ! Chatterton, a poussé le post-modernisme jusque dans le fossé pour brouiller tous les codes en vigueur et en faire une énigme. On a déjà tout entendu – puisque tout a été fait – mais eux en font un thésaurus rock, grimoire dansant sur lequel ils viennent consigner des textes en français, tordant le cou à la théorie selon laquelle les moins de trente ans ne savent plus écrire leur nom, mais sans jamais prétendre faire de la littérature musicale. Il s'agit bien de bâtir des chansons – des chansons rock, ce monstre du French Loch Ness – comme on allume un feu. Le résultat est parfois étourdissant et embrase souvent l'Atlas de la pop, ravageant la new-wave (Demande à la poussière, Dominique A désossant John Fante) ou accostant

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Godot serait-il un passeur ?

SCENES | Dans la mise en scène tricéphale d’"En attendant Godot", les deux rôles principaux confiés à des acteurs africains confèrent au texte une résonance particulière puisant ses racines dans l’actualité. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 3 novembre 2015

Godot serait-il un passeur ?

Les saisons culturelles offrent cette année une lecture polyphonique d’un des textes les plus connus et les plus joués de Beckett. Trois Godot à voir dans la région en l’espace de quelques mois : Jean-Pierre Vincent, Laurent Fréchuret, et nos trois metteurs en scène qui nous préoccupent ici, se sont intéressés à la pièce de Samuel Beckett. Il pourrait y avoir encore vingt autres créations et nous découvririons à chaque fois des sens cachés dans ce texte énigmatique. On reconnaît les grandes pièces à leur universalité, elles sont comme un passepartout qui ouvre n’importe quelle serrure. La mise en scène tricéphale du texte de Beckett est intéressante à bien des égards. D’abord ce sont trois regards croisés bien distincts sur l’oeuvre du dramaturge irlandais. Jean Lambert-Wild (qui a fait ses armes plusieurs années auprès de Matthias Langhoff), Marcel Bozonnet (longtemps sociétaire de la Comédie Française) et Lorenzo Malaguerra (qui signe là sa deuxième co-mise-en-scène avec Lambert-Wild) ne sont pas des nouveaux venus, ils ont de belles (et différentes) expériences à leur actif et donc des choses à dire. La Cr

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Parole d’écoliers

SCENES | La compagnie Tire pas la nappe revient sévir en terre ligérienne avec une nouvelle création drôle et émouvante, "La Classe Vive", qui s’adresse aux petits comme aux grands. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 31 mars 2015

Parole d’écoliers

Il était une fois trois filles qui avaient décidé de s'engager dans le théâtre, le conservatoire de Montpellier. Mais bien avant qu’on ne les cantonne dans des travaux bien peu passionnants, elles avaient décidé de n’en faire qu’à leur tête. Alors elles ont créé, Tire pas la nappe, une compagnie théâtrale qui leur ressemble pour s’engager elles-mêmes dans des productions parfois loufoques, toujours très humaines, souvent très drôles, avec un zest de je-ne-sais-quoi à chaque fois. Et on ne le regrette pas, car ce sont vraiment de Drôles de dames... Elles sont de retour ! Les trois drôles de dames du théâtre, toutes brunes, Marion Aubert (elle écrit et joue), Marion Guerrero (elle met en scène et joue aussi) et Capucine Ducastelle (elle joue). La compagnie Tire pas la nappe est associée à la Comédie de Saint-Étienne depuis 2011. L’année dernière on avait ri et adoré le Rendez-vous de l’infra-ordinaire à l’extraordinaire version Saint-Étienne (d’autres versions existent : Valence, Brest, San Francisco) donné à l’Usine où nos adolescents et leur us et coutumes étaient passés à la loupe. Quelques spécimens stéphanois faisaient partie de la distribution jouant leur propre rôl

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"Un jeune se tue", un groupe s'envole

SCENES | Les élèves de troisième année de l’Ecole de la Comédie de Saint-Etienne, dite promotion X, interprètent le texte de Christophe Honoré mis en scène par Robert Cantarella. Une avant-première stéphanoise attendue, précédant leur programmation au Festival d’Avignon cet été. Regard sur un groupe lumineux. Grégory Bonnefont

Grégory Bonnefont | Lundi 28 mai 2012

D’abord, d’abord il y a eux. Les X. Le groupe, beau, vivant, une promesse de l’avenir, tant leurs propositions théâtrales révèlent la maîtrise de l’art scénique. Car chez ces gens-là, Monsieur, on ne joue pas, on ne ment pas, on vit. On incarne la parole, dans une choralité la plus totale et une capacité d’écoute, d’être à l’autre. «Cela a été divin !» de les rencontrer pour Robert Cantarella, qui les met en scène dans Un jeune se tue. On salue l’initiative de Arnaud Meunier qui a impulsé ce projet d’envergure en conclusion de leur formation au CDN. L’un d’entre eux, Arthur Fourcade, dit du théâtre qu’il lui prouve l’existence de l’autre. Celui dont on vante l’agilité et la puissance physique, se décrit comme un grand timide mais sa voix en dit long sur l’endroit d’où jaillit la parole. Cette dernière si chère à Clémentine Desgranges, «un petit jedi» m’a-t-on dit au sujet de sa combativité et de sa quête, émue d’expliquer la permanence d’une parole corporelle qui permet de se sentir vivre. Puis il y a Lucile Paysant, dont une seule larme dit l’âme. Autant dans le triptyque anglais, monté récemment par le groupe, que dans Pelléas et Mélisande proposé pa

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