Et le hasard fait bien les choses

Danse | Marie-Claude Pietragalla avait enflammé La Bâtie d'Urfé avec La tentation d'Eve. Elle revient illuminer la scène de l'Opéra, mais cette fois avec Julien Derouault, son compagnon à la ville dans "Je t'ai rencontré par hasard".

Monique Bonnefond | Mercredi 5 avril 2017

Photo : © Pascal Elliott


Couple à la ville et à la scène, Marie-Claude Pietragalla et Julien Deroualt font partager, dans Je t'ai rencontré par hasard, leurs émotions et leurs interrogations sur le hasard, la rencontre, le couple et sa durabilité dans le temps. "Pietra" travaille beaucoup sur l'humain, sur ce qui peut nous questionner, comme le hasard qu'elle place au cœur de la rencontre entre deux êtres. Qu'est-ce qui est déterminant dans une rencontre ? Un regard ? Un geste ? Une attitude ? Une étincelle qui jaillit ? "Pietra", qui connaît les grands textes classiques cite Phèdre clamant son amour coupable pour Hippolyte : "Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue". C'est une histoire vieille comme le monde.

Un homme et une femme

Parfois, le hasard fait bien les choses. "Pietra" et Julien se sont rencontrés au Ballet national de Marseille où Julien auditionnait : c'est ce choc amoureux qu'ils dansent. Sur fond de choix musicaux éclectiques, ils revisitent la vie à deux à travers une série de tableaux qui mettent en scène l'évolution d'un couple au quotidien prosaïque autour d'un lit, d'une table, de chaises... Le lien amoureux peut-il résister à l'usure de la vie quotidienne dans son inévitable trivialité : boire le thé ensemble le matin, passer l'aspirateur ? Pour "Pietra" et Julien, ensemble depuis seize ans, 1 et 1 font 3, le troisième élément constituant une entité à part entière avec laquelle le dialogue est à inventer chaque jour, à chaque instant, entre la cuisine et le studio de répétitions. Est-ce le secret de la pérennité du lien amoureux entre ces deux êtres fusionnels, en une osmose telle que chacun achève le tableau ou le geste entamé par l'autre. «En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres, la possibilité d'en faire autant» expliquait Nelson Mandela. Pietra et Julien vont allumer un feu d'artifices à l'Opéra avec ce voyage intime et universel au cœur du lien amoureux.

Je t'ai rencontré par hasard, samedi 22 avril à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne


Je t'ai rencontré par hasard

Par la Cie Pietragalla-Derouault
Opéra de Saint-Etienne Jardin des Plantes Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Au bon moment, au bon endroit

Danse | Si Kaïros est ce petit dieu ailé à qui il est bon de tendre la main au moment où il passe, la dernière création du chorégraphe Yuval Pick doit également être (...)

Nicolas Bros | Mercredi 9 juin 2021

Au bon moment, au bon endroit

Si Kaïros est ce petit dieu ailé à qui il est bon de tendre la main au moment où il passe, la dernière création du chorégraphe Yuval Pick doit également être saisie. Surtout quand elle entre en résonance avec l'exposition d'Hassan Sharif dans l'écrin du Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne. Madoka Kobayashi aura tout le loisir de dialoguer avec les oeuvres plastiques de l'artiste du Moyen-Orient. Kaïros, samedi 12 juin à 11h et 14h au Musée d'art moderne et contemporain (spectacle reportée en 2022)

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Cécile Laloy – In/danse/ité

Portrait | La chorégraphe et danseuse Cécile Laloy fait vivre son art au sens premier du terme, avec fragilité et humanité. Une artiste également attachée au territoire ligérien dans lequel elle évolue et créé depuis 2013. La preuve avec sa dernière production IE [famille] qui verra le jour en mai 2021 en primeur à la Comédie de Saint-Étienne.

Nicolas Bros | Mercredi 9 septembre 2020

Cécile Laloy – In/danse/ité

Dès qu’on évoque son travail, Cécile Laloy a les yeux qui s’illuminent. On y perçoit une passion et un engagement total, qui collent bien à son parcours artistique et aux créations qu’elle a déjà proposées au public au cours des dernières années. Née en région parisienne, Cécile Laloy a beaucoup voyagé avec sa famille via des déménagements successifs en Auvergne et Rhône-Alpes. « J’ai un parcours assez conventionnel, explique-t-elle. J’ai fait de la danse classique petite mais c’est au lycée que j‘ai eu envie de pousser un peu en allant dans un lycée aux horaires aménagés. Nous avions école le matin et danse l’après-midi. Puis j’ai intégré le CNSMD, Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon. » «Les arts martiaux possèdent un rapport au concret, ce qui me manquait parfois dans la danse. » Kung fu, clown et fragilité humaine Un parcours en effet assez classique, mais finalement pas tant que ça, puisque la chorégraphe ne s’est pas seulement nourrie des pas chassés et d’arabesques. « Parallèlement à ce cursus, j’ai fait beaucoup d’arts martiaux (notamment du kung f

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5 pas de danse

Panorama danse 20/21 | Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude (...)

Cerise Rochet | Mercredi 9 septembre 2020

5 pas de danse

Pietra en gala 40 ans de scène. De rencontres. De pas. De pointes. De flexions, de torsions, d’extensions. Dans La Femme qui danse, Marie-Claude Pietragalla, seule en scène, livre sa vie, son rapport à la scène, aux personnages qu’elle a incarnés, à la musique, à ses partenaires, au public… Voyage intime autobiographique, cette expérience sensorielle unique, presque totale, mêle le travail du corps à des textes inédits et dévoile, tout en poésie, l’empreinte inaltérable que laisse la danse derrière son passage. La Femme qui danse, le 6 octobre à l’Opéra de Saint-Etienne Hallelujah Il avait donné son accord, à la création de ce programme. 4 ans après sa disparition, sans doute l’immense Leonard Cohen tirerait-il son chapeau à ceux qui aujourd’hui lui rendent hommage. Conçu comme un portrait de l’artiste découpé en 5 saisons, telles les 5 cycles de l’existence, Dance me s’apprécie comme un dialogue entre la voix grave du maître, et la technicité des 15 danseurs virtuoses du BJM. So artistic, so chic, so iconic… So Cohen. Dance me, vendredi 4 décembre à l’Opéra de Saint-Etienne

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"Les Joueuses #paslàpourdanser" : Les yeux dans les rouges-et-bleues

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de Stéphanie Gillard (Fr., 1h28) avec Wendie Renard, Ada Hegerberg, Delphine Cascarino…Sortie le 9 septembre 2020

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Saison 2018-2019. L’équipe féminine de l’OL est en lice pour un triplé : Championnat et Coupe de France, Championnat d’Europe. Des entraînements aux vestiaires, des terrains aux victoires, le portrait d’un groupe bâtissant sa légende autant qu’il popularise son sport… On pèse nos mots en parlant d’un documentaire historique. Parce que Stéphanie Gillard montre le labeur quotidien de ces pionnières perfectionnistes (« Ce qu’il faut de sanglot pour un air de guitare », dirait Aragon) mais aussi leur enthousiasme à vivre de leur passion — si elles remercient volontiers le Président Aulas, elles le titillent toujours un peu quant à l’écart abyssal entre filles et garçons. Investies sur le terrain comme le prouvent de spectaculaires mais rares images de matches (question de droits, sans doute), les joueuses le sont aussi en faveur de la relève : l’iconique équipe se trouve en effet à un moment charnière où les “aînées“ (Renard, Fischlock, Bouhaddi…) guident avec bienveillance les nouvelles recrues (Bacha…). D’autant plus précieux à voir que la couverture médiatique dont ces athlètes bénéficient demeure insuffisan

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Une aussi longue absence

Panorama ciné septembre 2020 | Comédies, documentaires, animation, expérimental ? Tout à la fois, et à profusion ! Et sans blockbuster ni films primés dans les festivals pour capter tous les regards, il faut laisser libre cours à sa curiosité histoire de multiplier les expériences, les sensations, les découvertes…

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Une aussi longue absence

Non fiction L’aventure intérieure du confinement aura-t-elle rendu plus perméable à l’écoute du monde ? Idéal pour voyager en conscience à travers l’histoire et le temps — y compris ici et maintenant —, le documentaire étend le périmètre de nos terræ cognitæ. Et nous conduit entre le Mali et Cuba à la rencontre des survivants d’un orchestre de world music avant l’heure dans Africa Mia de Richard Minier & Edouard Salier (16 septembre), sorte de Buena Vista Social Club marqué par la poisse et la mélancolie. En Macédoine, à la découverte de l’ultime apicultrice traditionnelle du pays se faisant parasiter par une famille tuyau-de-poêle s’installant à côté de chez elle dans l’intrigant Honeyland de Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov (même date). À Lyon, dans les coulisses d’une équipe de talents hauts : les footballeuses de l’OL raflant tous les titres de leur saison et créant leur légende devant la caméra de Stéphanie Gillard pour Les Joueuses #paslàpourdanser (depuis le 2 septembre). À Brive-la-Gaillarde, avec le

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Hérodiade de Massenet en replay gratuit

Opéra | Hérodiade de Jules Massenet, production de l'Opéra de Saint-Étienne donnée en novembre 2018 (dont on vous avait parlée dans cet article), est disponible dès (...)

Nicolas Bros | Vendredi 12 juin 2020

Hérodiade de Massenet en replay gratuit

Hérodiade de Jules Massenet, production de l'Opéra de Saint-Étienne donnée en novembre 2018 (dont on vous avait parlée dans cet article), est disponible dès aujourd'hui à 18h en replay gratuit sur le site de la Ville de Saint-Étienne. L'occasion de replonger dans cette oeuvre du compositeur stéphanois. À la direction musicale, Jean-Yves Ossonce, et au plateau Elodie Hache, Emanuela Pasci, Florian Laconi ou encore Nicolas Cavallier.

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Cache-cache

Théâtre | Monsieur Orgon veut marier sa fille Silvia à Dorante, le fils de l’un de ses amis. Mais, peu emballée à l’idée d’épouser un garçon à l’aveuglette, Silvia (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 mars 2020

Cache-cache

Monsieur Orgon veut marier sa fille Silvia à Dorante, le fils de l’un de ses amis. Mais, peu emballée à l’idée d’épouser un garçon à l’aveuglette, Silvia ruse, en échangeant sa place avec sa servante Lisette, alors que lui arrive pour la courtiser… Ou comment savoir à qui on a affaire, sans se faire repérer. Problème : Silvia ignore que son bellâtre a eu la même idée, en prenant la place de son valet Arlequin. Ainsi, ne connaissant rien des desseins de leurs prétendants, chacun s’étonne bien vite d’être attiré par ceux qu’ils croient être des domestiques. Au détour d’une intrigue qui reprend les rouages de la comédie classique, mêlant quiproquos, manipulation, péripéties, comique des mots et de situation, Le Jeu de l’Amour et du hasard est en réalité une histoire de déterminisme social, de "reconnaissance immédiate" entre personnes du même rang. Lisette et Arlequin, au final, ce pourrait être une lutte des classes qui n’aboutirait pas, XVIIIe siècle oblige. Mais aboutirait-elle, pour une Lisette et un Arlequin du XXIe ? Le Jeu de l’amour et du hasard, du 1er au 3 avril au théâtre du Parc à Andrézieux

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Trois moments de la vie d'une reine

Danse | Après une "Cendrillon" d'anthologie suivie de "La Belle et La Bête" et "Noé", Thierry Malandain nous offre sa dernière création, le sublime ballet "Marie-Antoinette" qui raconte à sa façon la vie incroyable de cette reine venue d'Autriche.

Monique Bonnefond | Mercredi 4 mars 2020

Trois moments de la vie d'une reine

Thierry Malandain pouvait-il retracer la totalité du destin de Marie-Antoinette ? « Pour entamer ce pan de l'histoire, dit-il sur le site concertclassic.com, j'aurais dû toucher au politique et cela devenait trop énorme, trop complexe. » Le chorégraphe a donc choisi de se concentrer sur différents moments qui ont marqué le quotidien de la reine à Versailles. Il dresse en 14 tableaux émouvants et délicats une fresque qui va de son arrivée à la cour à 14 ans où, un soir d'orage, est célébré son mariage avec le futur Louis XVI âgé de 15 ans, à l'envahissement de Versailles par des "gilets jaunes" de l'époque et à l'échafaud. Pour la musique qui permet de cerner l'héroïne, Haydn, que Marie-Antoinette affectionnait particulièrement, s'est imposé. Malandain, qui a "'art de mettre au diapason les entrechats et les coups d'archets", a choisi trois de ses symphonies intitulées n.6 Le Matin, n.7 Le Midi, n.8 Le Soir, faisant parfaitement écho au destin de Marie-Antoinette. Versailles, les fastes d'un monde enfui Thierry Malandain ne prétend pas faire revivre le destin de la dernière reine de France. « Transcri

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Cav and Pag

Lyrique | Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana (...)

Alain Koenig | Mercredi 4 mars 2020

Cav and Pag

Peu d’ouvrages ont scellé leur destin d’une gémellité si grande qu’il semble désormais impensable de les programmer "dé-fusionnés". Cavalleria Rusticana de Mascagni et I Pagliacci de Leoncavallo, opéras fulgurants, font couche commune au Panthéon. Si le label "vériste" fait toujours débat, le courant musical traversant l’Italie lyrique du début du 20e siècle masque des disparités d’aptitudes criantes : Mascagni, Leoncavallo, Cilea ou Giordano aspireront toujours à l’ivresse inspirée du grand Puccini. Quel fil rouge permit donc à "Cav/Pag", unique postérité de leurs auteurs, de transformer l’essai ? Deux faits divers sanglants et passionnels, chargés d’un érotisme torride, Calabre et Sicile sur fond de misère et d’us vernaculaires aux antipodes de ceux du parterre de l’opéra, deux partitions bien léchées, qui suscitent les louanges de la critique, et quelques flèches décochées à l’âme humaine par le truchement d’un lyrisme contagieux mais accessible à tous (Ah ! L’Intermezzo de Cavalleria Rusticana !). Accès idéal pour le profane au temple intimidant de l’art lyrique, "Cav and Pag" allient beauté, intrigue haletante et lyris

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Si c’était de l’amour : InDensité

ECRANS | De Patric Chiha (Fr., 1h22)…

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Si c’était de l’amour : InDensité

Au commencement était une pièce chorégraphique, Crowd. Et puis Patric Chiha a posé ses caméras pour suivre le travail de la troupe de Gisèle VIenne, des répétitions aux coulisses, entremêlant instants de vie et bouts de live… Les premières images surprennent autant qu’elles mettent en condition : elles montrent un homme asperger un par un, comme s’il s’agissait de banales récoltes, des couples s’apprêtant à prendre part à une soirée à musique poup-poum. Plus étrange, cette séquence qui semble singulièrement ralentie, défile à sa vitesse normale : ce sont les protagonistes qui freinent leurs mouvements, synchrones dans leurs gestes retenus. L’effet — réussi — restitue sans ses désagréments collatéraux la pulsion stroboscopique de partager la transe d’une rave, sujet de Crowd. Sensoriel, hypnotique, sensuel également, Si c’était de l’Amour n’est pas la “simple“ captation d’un spectacle dont il ne partage pas le nom, mais une interrogation à l’image de son titre, que les échanges qu’il intègre éclairent délicieusement, sans élucider la question en suspens. Ces irruptions dans le processus créatif montrent des danseurs

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Partager nos différences

Danse | Le thème de la différence ne cesse d'alimenter la réflexion et de susciter de vives réactions. Le spectacle Entité(e)s s'empare de ce thème délicat et questionne notre besoin d'être différents, uniques.

Monique Bonnefond | Mercredi 8 janvier 2020

Partager nos différences

Que serait un monde uniforme, monochrome, peuplé d'individus identiques impossibles à différencier ? La création Entité(e)s d'Anne-Charlotte Schoepfer, jeune chorégraphe à la forte personnalité, est née de la constatation sur les réseaux sociaux que tout le monde se ressemblait sous la pression de la société contemporaine de surconsommation, de diktat de l'image. Nous sommes invités "à consommer les mêmes produits", à fréquenter les mêmes lieux où il faut être. À travers son expérience de danseuse, Anne-Charlotte s'est rendu compte que les danseurs se voient aussi, parfois, forcés d'entrer dans un moule imposé par un chorégraphe dont ils deviennent le moyen de communication. Au début d'Entité(e)s, les trois danseuses, parfaitement ensemble, explorent de manière identique, l'espace entre terre et ciel dans une gestuelle contemporaine qui s'alimente de l'énergie du mouvement. La musique originale créée spécialement pour le spectacle, donne le tempo et les danseuses le suivent fidèlement. Pendant douze minutes, chaque chose est à la place indiquée. Puis... Un spectacle toujours différent L'une des danseuses, mue par un impérieux besoin d'exis

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Juste un échange

Danse | Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 4 décembre 2019

Juste un échange

Dans un espace clos en quadri-frontal ceinturé par un gradin en tôle ondulée, à la fois arène et ring, deux hommes face à face font l'épreuve de l'altérité. Inspirée de la somptueuse pièce Dans la solitude des champs de coton où se rencontrent deux hommes que rien ne réunit sinon un accord tacite entre un client qui cherche une chose qu'il n'a pas et un dealer qui la possède, le spectacle Deal repose sur ce prétexte à la discussion et à la confrontation. Les deux circassiens-danseurs Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde investissent les figures du client et du dealer, se livrant à des variations inouïes dans un duo tout en échanges, en jeux d'équilibre de forces, en mouvements croisés. Deal se situe à mi-chemin entre la danse et le cirque et se donne à voir dans un corps à corps chorégraphié où la beauté du geste le dispute à l'intensité des présences. Topons là ! Deal, du mardi 10 au samedi 14 décembre à La Comédie de Saint-Étienne

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Le baroque à San Francisco

Danse | Éblouissant, énigmatique, envoûtant, inventif ! Ces qualificatifs élogieux ne sauraient rendre compte de l'immense talent de l'un des plus grands (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 novembre 2019

Le baroque à San Francisco

Éblouissant, énigmatique, envoûtant, inventif ! Ces qualificatifs élogieux ne sauraient rendre compte de l'immense talent de l'un des plus grands chorégraphes Outre-Atlantique. Véritable « Ballet master de notre temps » selon William Forsythe, Alonzo King célèbre l'union de la danse et de la musique à travers deux perles qui allient technique classique et contemporaine. Avec Händel, la musique des corps des danseurs aux lignes épurées, joue une partition subtile et émouvante qui entre en résonance avec la noblesse de la musique baroque du compositeur. La musique et la danse s'accordent à nouveau dans Common Ground, véritable hommage qu'Alonzo King, en association avec le Kronos Quartet, rend à sa ville natale San Francisco. Une ville en mouvement, métissée, tournée vers l'avenir, reconnue pour l'excellence de sa danse et son multiculturalisme. Les musiciens du célèbre quatuor à cordes accompagnent les danseurs, eux aussi des "masters", emportés dans une chorégraphie inventive, sensuelle et vibrante à l'instar de la ville californienne. Händel & Common ground, vendredi 6 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Faire danser le théâtre

Danse | Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault et Daniel Mesguich se lancent dans une aventure osée en adaptant Lorenzaccio, le drame romantique bien connu (...)

Monique Bonnefond | Mardi 1 octobre 2019

Faire danser le théâtre

Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault et Daniel Mesguich se lancent dans une aventure osée en adaptant Lorenzaccio, le drame romantique bien connu de Musset qui nous plonge dans la Florence débauchée du 16e siècle, sous le joug du tyran Alexandre de Médicis. Pourquoi faire danser le théâtre ? En quoi la danse peut-elle enrichir le théâtre et qu'a-t-elle à lui dire ? Du texte dit (admirablement, par 11 interprètes aussi bons acteurs que stupéfiants danseurs) ou des moments de danse, lesquels vont plus loin ? La danse insuffle son énergie, son érotisme à un texte lui-même bouillonnant. Elle magnifie les mots par sa présence sensuelle, très charnelle. Chaque réplique est suivie d'un geste chorégraphié. Ainsi, les scènes d'orgies inhérentes au pouvoir du duc Alexandre et les scènes de combats ne sont pas seulement dites mais vigoureusement dansées en d'étourdissants tableaux. Ces noces du théâtre et de la danse culminent dans la scène de l'assassinat d'Alexandre par Lorenzaccio. Un spectacle unique, hors normes, alliant subtilement danse et théâtre et où les images en 3D habillent la façade du château de vraies fééries lumineuses. Magique ! Lorenz

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Le Folamour !

Soirées | Ce devait être Bon Entendeur au Fil pour la soirée du 25 septembre dans le cadre de Sainté Accueille Ses Étudiants, ce sera finalement Folamour ! Qu'à cela ne (...)

Nicolas Bros | Jeudi 19 septembre 2019

Le Folamour !

Ce devait être Bon Entendeur au Fil pour la soirée du 25 septembre dans le cadre de Sainté Accueille Ses Étudiants, ce sera finalement Folamour ! Qu'à cela ne tienne... Les étudiants stéphanois sont gâtés dans les deux perspectives. Dans une veine house, groove et tropicale, Folamour est un Dj qui ne cesse de monter. Sous ses Dj set, le chaloupé n'est pas rare et le smile apparaît tout naturellement sur les visages. C'est assurément une bonne pioche pour assurer une soirée d'accueil aux étudiants en bonne et due forme. Folamour, mercredi 25 septembre dès 19h30 au Fil, dans le cadre de Saint-Étienne Accueille Ses Étudiants / Entrée libre

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Toujours plus grand

SCENES | "L'effet domino", cette particularité qu'ont les dominos à pouvoir tomber en chaîne linéaire, interroge chacun sur sa responsabilité dans la chaîne. Un seul (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Toujours plus grand

"L'effet domino", cette particularité qu'ont les dominos à pouvoir tomber en chaîne linéaire, interroge chacun sur sa responsabilité dans la chaîne. Un seul domino pouvant engendrer le meilleur ou le pire, comme le monstre de plastique qui dérive dans le Pacifique. Très préoccupée par l'état de la planète, Virginie Barjonet, danseuse, spécialiste de danse voltige et chorégraphe, propose un spectacle qui évolue entre la terre et l'air, tout de légèreté et de poésie, de doux envols, qui veut mener à la réflexion sur un monde qui déraille. MonDomino, vendredi 4 octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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Danser la joie

SCENES | Allegria. Le titre à lui seul sonne comme une ode à la joie, une invitation à rejoindre la danse de Kader Attou, l'une des plus grandes figures du (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Danser la joie

Allegria. Le titre à lui seul sonne comme une ode à la joie, une invitation à rejoindre la danse de Kader Attou, l'une des plus grandes figures du hip-hop français. Une danse qu'il a voulue joyeuse, légère, cherchant la poésie « partout où elle se trouve-dans le corps des danseurs, dans le quotidien, mais aussi dans la violence du monde actuel ». Avec une nouvelle écriture, toujours virtuose mais teintée parfois de tendresse et de mélancolie, Kader Attou raconte « avec légèreté ce qui se passe de grave dans le monde » qui est peut-être sa façon à lui de le refaire. Allegria, mardi 1er octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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S'ouvrir à l'autre

SCENES | La jeune compagnie stéphanoise Sans lettres avait fortement marqué les esprits avec le solo Le dernier qui s'en souvienne parlant de (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

S'ouvrir à l'autre

La jeune compagnie stéphanoise Sans lettres avait fortement marqué les esprits avec le solo Le dernier qui s'en souvienne parlant de l'inexorabilité de l'oubli. Et le mur fut ma porte mêle danse, théâtre, musique et arts numériques pour aborder cette fois la question de l'altérité et des difficultés à rencontrer l'autre. Un comédien et un danseur enfermés dans deux espaces parallèles étriqués se heurtent au mur de l'incommunicabilité. Mais une brèche se creuse et la porte s'ouvre sur un monde onirique plein de beauté. Et le mur fut ma porte, Vendredi 11 octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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Le théâtre qui danse

SCENES | Une danseuse splendide, Pietragalla, un danseur-acteur, Julien Derouault et l'homme de théâtre par excellence, Daniel Mesguich, unissent leur expérience (...)

Monique Bonnefond | Mardi 3 septembre 2019

Le théâtre qui danse

Une danseuse splendide, Pietragalla, un danseur-acteur, Julien Derouault et l'homme de théâtre par excellence, Daniel Mesguich, unissent leur expérience artistique au service d'une œuvre majeure, Lorenzaccio. Cette création à six mains répond au même désir de faire danser le théâtre, de chercher du sens à travers le corps et les mots « pour dire le refoulé du texte ». Un subtil mélange très réussi de théâtre, de danse, d'images 3D et de musique électro qui efface la frontière entre les arts vivants. Lorenzaccio, vendredi 11 octobre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Chorégraphie quotidienne

GUIDE URBAIN | Derrière cette vitrine bien singulière, rien n'est à vendre, bien au contraire. C'est une œuvre du quotidien qui s'offre gracieusement au regard des passants. Dans le laboratoire de permanence chorégraphique du Magasin, l'ouverture est une seconde nature.

Antoine Desvoivre | Vendredi 5 juillet 2019

Chorégraphie quotidienne

« Pendant trois mois, j'ai marché trois heures par jour dans la ville de Saint-Étienne et j'ai compté les vitrines vides. » C'est comme ça qu'est venue à Mathieu Heyraud, l'idée d'investir un de ces espaces, pour en faire une vitrine de la création artistique. C'est à deux pas de la place Jacquard que l'on trouve Le Magasin. Ni une salle de spectacle, ni vraiment un studio, c'est un lieu de recherches, pour les artistes qui souhaitent développer de nouvelles formes artistiques. À travers la vitrine, c'est la genèse des œuvres qui s'expose en un tableau urbain et quotidien. Fenêtre sur l'art Pour le chorégraphe de la compagnie R/Ô, « Le Magasin n'est pas un lieu, mais une chorégraphie visible depuis la rue. » C'est cette volonté de placer l'art au cœur de la ville et le public au centre du processus artistique, qui l'a amené à développer ce projet. Derrière cette vitrine, l'objectif n'est pas de monter un spectacle. C'est la recherche et l'expérimentation qui sont mises en scène. Ce concept nouveau, qui investit les vitrines abandonnées, est aussi pour son créateur, « un questionnement sur ces vi

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Heureux élus

SCENES | Le hip-hop stéphanois est mis à l'honneur par la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Les auteurs-chorégraphes et fondateurs de la (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 18 juin 2019

Heureux élus

Le hip-hop stéphanois est mis à l'honneur par la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Les auteurs-chorégraphes et fondateurs de la compagnie Dyptik, Souhail Marchiche et Mehdi Meghari, ont été sélectionnés, ce lundi 17 juin 2019, dans la catégorie "Nouveau talent, chorégraphie". Une jolie récompense pour les deux artistes stéphanois qui se sont rencontrés et ont appris la danse dans le même quartier.

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En-chanter au château

Festival celtique | Les murailles du Château de Rochetailliée s’apprêtent à vibrer au rythme des tambours, des cornemuses et des pas de danses irlandaises. C'est au au (...)

Antoine Desvoivre | Mardi 4 juin 2019

En-chanter au château

Les murailles du Château de Rochetailliée s’apprêtent à vibrer au rythme des tambours, des cornemuses et des pas de danses irlandaises. C'est au au sein ce lieu historique, que les artistes des Roches Celtiques vont, à nouveau, poser leurs valises. Sur ce festival Stéphanois se retrouvent et se découvrent des artistes de tous horizons. Ils arrivent de toute la France ainsi que d'Écosse, d'Irlande, de Hongrie et même de Pologne et d'Italie. Avec 22 concerts programmés, dont deux premières françaises, la fête va battre son plein aux abords du château. Mais les scènes rupisciennes n'ont pas le monopole du festival, qui s'aventurera jusqu'au cœur de Saint-Étienne. Menées par Alberto Massi, les cornemuses de The Heart of Italy Pipe band sonneront, le long des arches de l'Hôtel de Ville, pour le plaisir des passants. Les artistes se mêleront ensuite au public lors de ''masterclass'' qu'ils animeront eux-même au gymnase des Condamines à Saint-Victor. « L'idée, c'est de privilégier la rencontre des musiciens qui viennent au festival avec les Stéphanois et les Ligériens », explique Djamel O'Touïl, directeur artistique du festival. Après une initiation aux tambours écossais, aux

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Une société qui danse

Festival danse & ciné | Le festival DesArts//DesCinés laisse cette année sa place à DAN.CIN.FEST. Un rassemblement qui met à l'honneur un genre cinématographique à part entière et qui a le vent en poupe : le film dansé sociétal. Explications.

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Une société qui danse

Exit DesArts//DesCinés, bienvenue à DAN.CIN.LAB. L'association Stéla, après avoir été porteuse entre 2010 et 2018 du festival DesArts//DesCinés à propos des relations entre danse et cinéma, a décidé de réorienter légèrement son action. Depuis la rentrée 2018, c'est une nouvelle plateforme qui permet à l'association de structurer son action autour de différents pôles de travail de projets mêlant danse et image. Ainsi, ce sont quatre activités qui se retrouvent engagées dans ce nouveau projet : DAN.CIN.FILMS pour la production de projets de danse pour l’écran, DAN.CIN.PASS. pour l’accompagnement d’équipes chorégraphiques professionnelles en France et à l’étranger, DAN.CIN.PROD. pour la conception et la production d’événements et DAN.CIN.FEST qui remplace le précédent festival. « L'idée était de regrouper les différentes activités de Stéla autour d'une structure porteuse, avec une concentration sur le film dansé sociétal qui est un genre cinématographique à part, explique Anna Alexandre, directrice de la structure. Il est important de distinguer la vidéodanse qui correspond à de la danse pour l'écran comme les vidéoclips, du film dansé sociétal qui utilise la danse po

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Cosaques toujours

Festival folklore | Promouvoir une culture diverse et de qualité accessible au plus grand nombre ! Parce que la culture constitue un formidable levier de développement (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 juin 2019

Cosaques toujours

Promouvoir une culture diverse et de qualité accessible au plus grand nombre ! Parce que la culture constitue un formidable levier de développement artistique, économique, social, individuel et collectif ; une véritable ouverture aux autres, à la tolérance, à la citoyenneté. Bref, d'un ensemble de vecteurs de cohésion sociale. Tel est le projet mis en œuvre par le festival Chants Danses et musiques du monde créé en 2005 par l'association Festi' Roche, composée de bénévoles passionnés et dévoués, travaillant inlassablement pour faire découvrir des artistes talentueux dignes des plus grandes scènes. Cette 14e édition sera marquée, entre autres, par la présence exceptionnelle d'un Ballet Russe à Veauche qui accueillera à l'Escale le 14 juin le théâtre de danse d'état "Cosaques de Russie", l'une des principales compagnies de danse professionnelles qui donnera un spectacle unique de très haut niveau. Composée de danseurs bondissants, de musiciens et choristes professionnels à la voix puissante, la troupe fera découvrir un large éventail du folklore russe et la richesse des traditions des cosaques, ces hommes libres des steppes russes. Festival Festi' Roche, vendredi

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"Les Météorites" : Des étoiles dans les yeux

ECRANS | De Romain Laguna (Fr., 1h25) avec Zéa Duprez, Billal Agab, Oumaima Lyamouri…

Vincent Raymond | Jeudi 2 mai 2019

Nina, 16 ans, a lâché le lycée et bosse pour l’été dans un parc d’attraction. Seule à voir une météorite zébrer le ciel, elle y lit un signe du destin et se sent invincible. Alors Nina ose, agit selon son cœur et ses envies, quitte à essuyer de cosmiques déconvenues. Elle grandit… Bonne nouvelle : une génération de comédiennes est en train d’éclore et en plus, on leur écrit des rôles à la hauteur de leur talent naissant, donnant au passage de la jeunesse d’aujourd’hui une image plutôt féminine et volontaire. Après la révélation Noée Abita dans Ava de Léa Mysius (2017), voici Zéa Duprez en Nina — la prévalence des prénoms mono ou di-syllabiques riches en voyelles étant fortuite. Mais le volontarisme de Nina n’exclut pas une dose d’ingénuité lorsqu’il s’agit d’affaires de cœur : on n’est pas sérieux quand on a 16 ans, on croit en l’éternité de l’amour et l’on déchante avec d’autant plus de cruauté. Romain Laguna fixe des instantanés d’un été à part, ainsi que les mille et unes facettes d’une héroïne tantôt farouche et rugueuse quand elle roule des épaules

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13 bulles d'amour

Danse | Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles (...)

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

13 bulles d'amour

Non ! Piaf n'est pas morte. Traversant le temps, toutes générations confondues, son hymne à l'amour s'exprime avec la même force dans l'une des 13 bulles chorégraphiques qui constituent la belle promenade dansée imaginée par Yan Raballand, dans les allées du parc du château de Bouthéon. Il fallait bien ce magnifique décor bucolique pour servir d'écrin aux 13 petites formes qui font circuler la danse contemporaine dans un lieu chargé d'histoire que le public est invité à redécouvrir. Insolite, émouvante, légère, chaque bulle a sa vie propre mais toutes sont reliées par un florilège de quelques unes des plus belles chansons d'amour qui renvoient à ce thème éternel. De Piaf, bien sûr, à Léo Ferré, en passant par Gainsbourg, Juliette Gréco, les Platters, Benjamin Biolay et même Schubert, ces bulles nous emmènent dans une promenade à travers les siècles et les styles. De petites bulles pour de grosses bulles d'amour « le temps d'une chanson ». Les Bulles chorégraphiques, dimanche 19 mai à 17h au parc du château de Bouthéon

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Faire danser la Callas

Danse | 40 ans après sa disparition, on se souvient de Maria Callas, de son cou paré, de ses chignons soigneusement tirés et, bien sûr de sa voix. Reinhild (...)

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

Faire danser la Callas

40 ans après sa disparition, on se souvient de Maria Callas, de son cou paré, de ses chignons soigneusement tirés et, bien sûr de sa voix. Reinhild Hoffmann, chorégraphe emblématique du Tanztheater, remonte Callas, spectacle créé en 1983 qui mêle danse et jeu d'acteurs. La pièce est directement inspirée par l'œuvre de la "diva assoluta". Par ses performances d'abord puisque le ballet s'accompagne d'opéras célèbres ayant été interprétés par la célébrissime soprano. Par sa carrière ensuite, les huit tableaux somptueux qui composent le ballet reflétant tous une facette de son parcours marqué par la rigueur de son travail, son engagement sans limites, son rapport avec le public et avec les hommes. Chaque tableau est basé sur des trouvailles bouleversantes. L'une des plus inspirées est l'évocation de l'un des grands rôles de la Callas : lady Macbeth. Dans des gestes d'un esthétisme renversant, elle chausse des souliers rouges qui laisseront sur sa robe la marque indélébile de ses meurtres. Autre moment d'une grande beauté, la table de banquet faite d'un énorme drap blanc sur lequel évolue la Callas. Spectacle magnifique et émouvant par l'incroyable et bouleversante présence

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Émergence de nouveaux talents

Festival danse hip hop | Reconnu aujourd'hui au niveau national, le festival Trax dédié à la danse hip-hop revient pour une 6e édition particulièrement riche et variée dont l'unité se fait autour du thème de l'émergence.

Monique Bonnefond | Jeudi 2 mai 2019

Émergence de nouveaux talents

Fidèle à sa volonté de fédérer le plus grand nombre autour de la danse, le festival Trax, très attendu par le public, travaille sans cesse à des sujets forts de société. Cette année encore, il donne l'occasion de découvrir la jeune création, de mettre en lumière des chorégraphes prometteurs et engagés, dans des lieux avec lesquels il entretient des liens privilégiés comme la Maison de l'Université (le 28 mai), le centre culturel de La Ricamarie (le 24 mai), le Fil (1er juin). Donner la parole aux sans voix, la liberté à tous ceux que des entraves aliènent, est présent dans le festival Trax, à travers le pouvoir émancipateur du hip-hop. Nido-le nid- est une création franco-colombienne de la compagnie Hylel où la danse et les mots, français et espagnols, racontent des moments de vie dans un quartier populaire. Après avoir lu l'Enfer de Dante, Santiago, de la compagnie Phorm, nous invite, à la suite d'une relecture contemporaine de la divine Comédie, à traverser un enfer constitué d'un monde composé d'écrans et de flux d'informations, un lieu de non droit, terrain de jeu du voyeurisme, de l'exhibitionnisme et de l'isolement qui, sous des apparences libératrices, peut const

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À poil !

Danse contemporaine | Au rayon des spectacles qui valent le détour, le Chok Théâtre nous propose ce mois-ci de la danse contemporaine, avec N.A.K.E.D 348. 348, pour 348 (...)

Cerise Rochet | Jeudi 2 mai 2019

À poil !

Au rayon des spectacles qui valent le détour, le Chok Théâtre nous propose ce mois-ci de la danse contemporaine, avec N.A.K.E.D 348. 348, pour 348 performances. 348, pour 348 besoins de désobéir à l’habitus. 348, pour 348 manières de révéler l’objet poétique qui se cache derrière le fait de se mettre à nu. Extrait de La Grande Chute de Peter Handke, N.A.K.E.D 348 est chorégraphié par Davide Finelli et Mélanie Venino. N.A.K.E.D 348, les 23 et 24 mai à 20h30 au Chok Théâtre de Saint-Étienne

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C'est toi ? C'est moi !

Danse | Après le four historique de sa Carmen, Bizet eût-il pu imaginer son interstellaire postérité? Choix cornélien entre « la critique de la raison (...)

Alain Koenig | Jeudi 2 mai 2019

C'est toi ? C'est moi !

Après le four historique de sa Carmen, Bizet eût-il pu imaginer son interstellaire postérité? Choix cornélien entre « la critique de la raison pure » de Micaëla, et le délétère embrasement des sens par la tabagique héroïne, Don José est pris en otage. Mise en flamenco et en voix, cette adaptation de l'immortel chef d'œuvre en préservera l'andalouse moiteur. Carmen Flamenco, mardi 21 mai à l'Opéra de Saint-Étienne

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Dansez jeunesse

Danse | Les arts de la rue occupent la scène depuis des temps immémoriaux. S'emparant du thème intemporel des gens du voyage, le chorégraphe Anthony Egéa remet au goût (...)

Monique Bonnefond | Mardi 2 avril 2019

Dansez jeunesse

Les arts de la rue occupent la scène depuis des temps immémoriaux. S'emparant du thème intemporel des gens du voyage, le chorégraphe Anthony Egéa remet au goût du jour le ballet créé par Roland Petit en 1945 sur la musique d'Henri Sauguet. Il nous donne avec Les Forains une œuvre singulière au confluent du classique et du hip-hop. Ce subtil croisement détonant et très réussi où la légèreté du travail aérien et l'élégance propres à la danse classique s'imprègnent des fulgurances du hip-hop nous livre un "Objet Chorégraphique Non Identifié". Ce métissage festif où les influences et esthétiques venues d'univers sociaux différents se côtoient, s'enrichissent, est porté par la musique symphonique de Sauguet enrichie des délires électroniques de Frank2 Louise. « Vraie fête de la jeunesse et de la danse » disait Jean Cocteau du ballet Les Forains, Anthony Egéa revisite cette fête qui enchantera les plus jeunes et les grands enfants que nous sommes tous restés. Les Forains, jeudi 11 et vendredi 12 avril au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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"C'est ça l'amour" : Papa poule, papa coule

ECRANS | De Claire Burger (Fr., 1h38) avec Bouli Lanners, Justine Lacroix, Sarah Henochsberg…

Vincent Raymond | Mercredi 27 mars 2019

Sa femme l’ayant quittée, Mario est tout tourneboulé. S’accrochant à l’espoir de la voir revenir, il tente avec sa maladresse bienveillante de préserver ses filles du cataclysme qui les ronge tous. Mais rien n’est facile dans cette famille de guingois : même l’amour en a pris un coup. Ce portrait-mosaïque d’une famille bohème — très loin d’être bourgeoise — dynamitée par la défection maternelle fait penser à un jeu de billard américain, quand la blanche vient de casser le paquet et que les boules s’échappent en tout sens : Claire Burger s’attache en effet à la trajectoire de chacun personnages de la famille atomisée, dans l’apprentissage de ses nouveaux repères, si bancals soient-ils. Car Mario n’occupe pas seul les premiers plans (à la différence du père joué par Romain Duris dans Nos batailles, confronté à une situation similaire) : le film ménage de la place aux filles, dans leur émancipation de l’âge d’enfant, leur confrontation aux chamboulements multiples secouant par ailleurs l’adolescence (premières amours, les désir d’indépendance).

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Vincent Lindon : « On fait ce métier pour s’oublier »

Dernier Amour | Passionné comme toujours et comme toujours passionnant, Vincent Lindon évoque sa nouvelle collaboration avec l’un de ses metteurs en scène fétiche. De l’approche d’un rôle historique et de la philosophie de l’interprétation des personnages…

Vincent Raymond | Jeudi 21 mars 2019

Vincent Lindon : « On fait ce métier pour s’oublier »

Comment avez-vous convaincu Benoît Jacquot, avec qui vous avez une longue complicité, de vous confier ce rôle de Casanova ? Vincent Lindon : Au départ, je venais le chercher pour déjeuner, il était dans son bureau et il parlait de son prochain film avec ses producteurs. Il m’a annoncé : « Je vais faire Casanova » Et j’ai aussitôt répondu : « Non, c’est moi qui vais faire Casanova. — Non, il a 26 ans, c’est l’histoire d’un jeune Casanova avec une dame plus âgée. — Ben, c’est plus ça. Il y a bien un moment où il est vieux ? — Tu plaisantes ? — Non, non, je suis très sérieux. — Fais attention, Vincent : si je te prends au mot, tu vas être bien embêté — Pas du tout : prends-moi au mot ! — Il y a bien un épisode avec la Charpillon… » Et ils ont bifurqué sur cette histoire. Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point dans ce personnage ? Casanova, quand même ! Il n’y a pas beaucoup de personnages de cette dimension. J’ai fait Rodin, le professeur Charcot.

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"Dernier Amour" : Plaire, aimer, éconduire vite

ECRANS | De Benoît Jacquot (Fr., 1h38) avec Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino…

Vincent Raymond | Jeudi 21 mars 2019

Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie aventureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil ; un souvenir douloureux lié à une femme dont il s’est épris, qui jamais n’a cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits… Comment diable éprouver de l’empathie pour la personne de Casanova, l’aventurier qui épousa le XVIIIe siècle en triomphant des geôles, des duels et des revers de fortune ; l’infaillible séducteur que sa réputation en tout lieues précédait et qui, de surcroît taquina la muse pour composer en sus de ses mémoires, quelques ouvrages réputés ? En le dépeignant dépourvu de ses talents et mérites, chevalier à la triste figure confronté au doute, à l’échec et à la déchéance. En rendant, en fait, à ce héros hors normes sa qualité d’humain. Le Casanova façonné par Benoît Jacquot pour Vincent Lindon (et réciproquement) apparaît ainsi comme une montagne de fragilité et de doute, au moment où la certitude de son prestige commence à s’effilocher, où de l’adret son charme verse dans l’ubac. Da

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La danse de la musique

Danse/Jeune public | Tchaï-Kov-Ski, trois syllabes pour les trois pièces de danse créées par Davy Brun sur la musique du célèbre compositeur. Eloignée de tout académisme, cette création (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 mars 2019

La danse de la musique

Tchaï-Kov-Ski, trois syllabes pour les trois pièces de danse créées par Davy Brun sur la musique du célèbre compositeur. Eloignée de tout académisme, cette création montre que la musique de Tchaïkovski qui magnifie la gestuelle est une musique dansante. Tchaï-Kov-Ski, samedi 16 mars à 17h à l'Opéra de Saint-Étienne

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La communauté des différences

Danse | Nous vivons une époque où affirmer sa singularité, affirmer sa différence dans une société où l'Autre est stigmatisé, souvent parce qu'il fait peur, demande un (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 mars 2019

La communauté des différences

Nous vivons une époque où affirmer sa singularité, affirmer sa différence dans une société où l'Autre est stigmatisé, souvent parce qu'il fait peur, demande un certain courage. Comment trouver sa place parmi les autres ? C'est cette relation entre l'individu et le groupe que Rachid Ouramdane invente dans la création Murmuration. Quand les vingt danseurs rassemblés sur le plateau recouvert d'un tapis blanc exécutent des sauts, des tours, chutent, c'est un foisonnement qui s'étoile en autant de directions qu'il y a d'interprètes, rappelant les trajectoires collectives des essaims d'oiseaux évoqués par le mot anglais murmuration. Cette même notion de groupe se retrouve dans la création de Marcus Morau qui s'inspire des artistes du surréalisme, notamment de Luis Bunuel pour qui le tambour, grande passion de Marcos Morau, est un instrument qui fait « trembler le sol sous nos pieds » et peut devenir porteur d'une révolution. Pour Morau, c'est un acte de pratique collective, de communication où la diversité devient communauté. Le Ballet de Lorraine réussit ce Tour de force qui propose un diptyque fort qui interroge notre époque et notre capacité à composer av

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Avancer ensemble

Danse | Etape difficile que celle de l'adolescence où un jeune être en devenir éprouve paradoxalement le besoin de se couler dans un moule connu et le désir d'être (...)

Monique Bonnefond | Mardi 5 février 2019

Avancer ensemble

Etape difficile que celle de l'adolescence où un jeune être en devenir éprouve paradoxalement le besoin de se couler dans un moule connu et le désir d'être soi-même, d'affirmer son individualité. C'est à ce voyage dans l'adolescence que nous invitent les jeunes danseurs de la compagnie Les orteils de sable qui, conduits par Mireille Barlet, figure de proue tutélaire, nous emmènent sur un chemin extraordinaire. Les trois parties du spectacle éclairent les phases du cheminement de ces jeunes vers un monde où, solidaires, on peut avancer ensemble mais où chacun, pourtant, tient un rôle singulier. Au départ, les danseurs forment un groupe homogène, répètent les mêmes mouvements sur la musique hypnotique du Boléro de Ravel. Puis, dans la deuxième partie, les danseurs passent "De l'autre côté du miroir" et basculent dans un univers fantastique où apparaissent des personnages atypiques, singuliers, étranges, différents de l'ordre établi. La dernière partie marque le retour à la réalité. Ces jeunes danseurs préparent demain avec leur passion et apportent un battement d'espérance aux battements de cœur du monde. Sur un chemin extraordinaire, v

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Coups de Rain

Danse | Quinze ans après sa création, le spectacle d'Anne Teresa De Keersmaeker, "Rain", entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 2011, reste époustouflant. La preuve le 15 février à l'Opéra de Saint-Étienne

Monique Bonnefond | Mardi 5 février 2019

Coups de Rain

Rain d'Anne Teresa De Keersmaeker, entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 2011, reste une pièce maîtresse de la danse contemporaine malgré ses 15 ans d'âge. L'alchimie opère toujours autant entre la complexité géométrique de la chorégraphie, l'hypnotique partition du musicien minimaliste Steve Reich et l'irrépressible énergie collective des danseurs. Il semble pleuvoir sur le plateau grâce à un rideau semi-circulaire de fines cordes de chanvre qui tombent des cintres et seront en mouvement à deux reprises créant à la fin du spectacle une véritable onde générée par une danseuse. La scène semble vide mais le dense tapis de figures géométriques qui recouvre le sol et constitue presque un élément du décor, ordonne, avec une rigueur stupéfiante, les déplacements des dix danseurs dont les trajectoires et les croisements sont calculés au millimètre près. Tel un battement de cœur Soutenus par l'entêtante pulsation musicale de la partition du compositeur minimaliste Steve Reich : Music for 18 musicians, les danseurs parcourent le plateau ceint par le mur circulaire de cordes tombantes. Deux phrases chorégraphiques, l'une écrite pour l

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Corps et lumière

Danse | Avec "Flux", sa dernière création, Yan Raballand associe, dans une architecture lumineuse, les trajectoires de six projecteurs automatiques qui sculptent l'espace aux mouvements de huit danseurs s'élançant dans un flux continu. Puissant comme la vie.

Monique Bonnefond | Mardi 8 janvier 2019

Corps et lumière

Depuis la création de sa compagnie Contrepoint, ce jeune chorégraphe poursuit sa recherche autour de l'alchimie entre musicalité, écriture chorégraphique et relation aux interprètes. Dans Flux, les mouvements des danseurs répondent à ceux des projecteurs dans un véritable dialogue entre gestuelle et jeux de lumière particulièrement sophistiqués. Le contrepoint s'inscrivant moins ici entre gestes et musique qu'entre gestes et lumière. Le plateau sombre où seule une douche de lumière éclaire par intermittences une danseuse, toute de noir vêtue, marque la frontière entre ombre et lumière. Entrée dans un tunnel, plongée dans l'obscurité, sortie éblouissante sont autant de variations qui créent une véritable dramaturgie lumineuse. Elan vers un nouveau flux de vie « Danser, c'est lutter contre tout ce qui retient, tout ce qui enfonce, tout ce qui pèse et alourdit, c'est découvrir avec son corps l'essence, l'âme de la vie » disait Jean-Louis Barrault. Devant le constat sombre et fataliste de l'état du monde, Yan Raballand met au cœur de Flux, le désir d'aller de l'avant, de se projeter dans le mouvement, de poursuivre sa recherche sur l

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La communauté de l'oubli

Danse | Les chorégraphes et les danseurs sont les sismographes de leur époque. Avec son spectacle Mémoire d'un oubli, Robin Lamothe, témoin comme un chacun d'une (...)

Monique Bonnefond | Mardi 8 janvier 2019

La communauté de l'oubli

Les chorégraphes et les danseurs sont les sismographes de leur époque. Avec son spectacle Mémoire d'un oubli, Robin Lamothe, témoin comme un chacun d'une actualité marquée par le repli idéologique, invite à reconsidérer la notion de communauté pour en créer une autre, inédite, comme les oubliés de Tromelin auxquels il prête vie. Ce groupe d'esclaves malgaches venant de différentes régions, avec leurs propres coutumes, abandonnés sur une île minuscule durant quinze ans, ignorés de tous, ont dû apprendre à vivre ensemble, à créer une autre forme de communauté. Le chorégraphe, s'interrogeant sans cesse sur "l'être ensemble", transpose cette histoire vraie dans une boîte de nuit oubliée, où deux êtres errent, selon des codes qui nous échappent. Ne se voyant pas, l'enjeu ayant été fixé de ne jamais se regarder, les deux danseurs, coincés dans les méandres d'une danse de couple inconnue, indéchiffrée, se cherchent, en quête de ce partenaire manquant. À travers ce duo d'âmes à la poursuite d'une rencontre improbable, Robin Lamothe tente lui aussi de recréer une communauté qui ne soit pas référencée mais qui conduise de l'oubli à la mémoire. Mémoire d'un o

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Corps à corps

Danse | Un décor épuré, des portés acrobatiques virtuoses, le spectacle Reflets dans un œil d'homme exploite le thème du désir et invite le spectateur à partager les (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 décembre 2018

Corps à corps

Un décor épuré, des portés acrobatiques virtuoses, le spectacle Reflets dans un œil d'homme exploite le thème du désir et invite le spectateur à partager les émois, sensations et interrogations d'un trio brûlant composé de deux hommes et une femme qui n'hésitent pas à dévoiler leur intimité. Les corps, beaux comme des sculptures, portés par le désir, sont mis en avant, mais si les artistes exécutent des portés en étant nus ou presque, ils parviennent à éviter les écueils de la provocation ou de la vulgarité d'une approche qui ne serait que sexuelle. L'acte acrobatique, sensuel, intime revêt une beauté naturelle et alimente la réflexion sur le désir et ses divers processus d'attraction très différents selon le vécu de chacun. Certains spectateurs se questionneront sur le rapport entre désir et amour, sur le libertinage, la pornographie, d'autres sur la tendresse, l'orgasme, l'étrangeté de notre société qui, au nom de l'égalité hommes-femmes, nie parfois la différence des sexes tout en l'exacerbant à travers les industries de la beauté et du sexe. Spectacle très esthétique qui offre une approche intime sur le désir, une quête de beauté pour un reflet dans un œil d'homme.

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Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

Un amour impossible | Après Laetitia Colombani et sa variation sur Pourquoi le Brésil ?, Catherine Corsini adapte à son tour un livre de Christine Angot empreint d’un vécu douloureux et de secrets vénéneux. Un grande fresque digne.

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Catherine Corsini : « L’inceste n’est pas le sujet »

À quelle occasion avez-vous découvert le roman de Christine Angot ? CC : Par ma productrice, trois-quatre mois après sa parution. J’ai mis un peu de temps à le lire d’ailleurs, mais je suis tombé dedans : je l’ai ressenti à la fois comme une lectrice extrêmement bouleversée et comme une cinéaste qui prend de la hauteur. Il y avait un incroyable mélo à faire ! Et moi qui sortais de La Belle Saison, j’avais curieusement cette envie de mélodrame — une envie qui vient de mon amour des films de Douglas Sirk, revisitée ensuite par Todd Haynes ; ce truc assez formidable de parler des années 1950 jusqu’à aujourd’hui en essayant de moderniser le mélodrame classique hollywoodien. Comment Christine Angot a-t-elle reçu votre proposition ? C’était très courtois, elle a réfléchi. Ensuite, c’était une histoire d’engagement et d’argent, avec une liberté totale d’écrire, en lui soumettant le scénario une fois qu’il était terminé — et le fait qu’elle pouvait retirer son nom et la ment

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"Un amour impossible" : Odieux le père

Drame | de Catherine Corsini (Fr., 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth…

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le “roman autobiographique“ — on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique — de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui si elle évoque dans la forme le dénouement le dénouement Psychose, où le compor

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Novembre : Au(x) détour(s) du regard

Panorama ciné | On le sait, voir n’est pas regarder. Ainsi, il est des films qu’on peut laisser filer d’un œil distrait et d’autres à scruter. Et puis d’autres encore, où la question d'un regard attentif se révèle cruciale…

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Novembre : Au(x) détour(s) du regard

Commençons par regarder au-delà de notre champ de vision, à perte de vue, en compagnie de Thomas Vinterberg. On l’avait quitté évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté (2017), le réalisateur de Submarino (!) persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec Kursk (7 novembre) récit inspiré par la tragédie du sous-marin nucléaire russe homonyme passé par le fond avec son équipage en 2000. Terriblement d’actualité, alors que les tensions est/ouest regèlent, ce drame raconte l’obstination mortifère des nations et des militaires — quel que soit leur pavillon —, davantage prompts à sauver leurs vaniteuses apparences que leurs marins. Sobrement spectaculaire, cette superproduction internationale travaille les formats d’image, la dilatation du temps et le son avec une enviable finesse. Pour High Life (même date), Claire Denis s’échappe quant à elle totalement de l’orbite terrestre pour un conte de science-fiction zonant plu

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7m² de beauté

Danse | Dans un espace de 7m², se détachant du clair-obscur environnant, deux silhouettes noires, main dans la main, semblent scruter l'éternité. Un savant jeu de (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 31 octobre 2018

7m² de beauté

Dans un espace de 7m², se détachant du clair-obscur environnant, deux silhouettes noires, main dans la main, semblent scruter l'éternité. Un savant jeu de lumières délimite l'espace, le structure, crée, en découpant des tranches plus particulièrement éclairées, une véritable sculpture chorégraphique où les arts visuels rencontrent une danse théâtralisée. La chorégraphe Aurélia Chauveau s'est inspirée pour cette création des travaux d'Anthony Mc Call, plasticien d'avant-garde, bien connu pour ses installations de "lumière-solide". Évoluant dans cette architecture de lumières, les deux danseurs se jouent des représentations d'enfermement, d'espérance et de liberté présentes dans le conte des Frères Grimm, Hänsel et Gretel où deux enfants perdus dans la forêt par leurs parents se trouvent aux prises avec une sorcière anthropophage. Epuré et minimaliste, ce spectacle d'une très grande beauté visuelle repose sur le vécu intérieur qui conduit au geste et immerge le spectateur dans un véritable espace de contemplation où il vit une expérience chorégraphique visuelle, émotionnelle et sensorielle qui fascine. Un petit espace pour de grands rêves !

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"L'Amour flou" : Auto-psy d’un couple

Ex tape | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr., 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Jeudi 11 octobre 2018

Il se sont aimés, ont eu beaucoup enfants (enfin…deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle “désamoureux“ hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors, si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance ; parfois indiscret, mais pas impudique. Fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle Clémentine Autain

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"Voyez comme on danse" : Les lauriers sont fanés

Suite | de et avec Michel Blanc (Fr., 1h28) avec également Karin Viard, Carole Bouquet, Charlotte Rampling…

Vincent Raymond | Jeudi 11 octobre 2018

Quinze ans environ après leurs premières aventures, le groupe d’Embrassez qui vous voudrez poursuit sa vie : Véro la poissarde, Elizabeth la distinguée et son fraudeur fiscal de mari, Lucie et son nouveau jules, Julien, un parano qui la trompe. Sans compter la descendance… On attendait avec une confiance raisonnable Michel Blanc pour cette suite d’un divertissement pimpant ayant laissé un agréable souvenir dans le flot des comédies chorales — ce désormais genre en soi qui nous gratifie trop souvent de représentants de piteuse qualité, à oublier comme de vieux mouchoirs. Force est de constater que le comédien-réalisateur et (jadis brillant) scénariste dilue ici paresseusement un ou deux rebondissements et quiproquos à l’ancienne (genre XIXe siècle) en rentabilisant les personnages caractérisés dans l’opus précédent. Seul Jean-Paul Rouve, très bon en velléitaire chronique, apporte un soupçon de fraîcheur. Cela devient une habitude chez lui, entre la vocation et l’apostolat, de sauver l’honneur des machins de guingois. Quant à la fin, comme sabor

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Trois "brèves" de danse contemporaine

Danse | La diversité des esthétiques de la danse contemporaine est mise en lumière par trois compagnies qui signent avec Formes courtes, de petites pépites (...)

Monique Bonnefond | Mardi 2 octobre 2018

Trois

La diversité des esthétiques de la danse contemporaine est mise en lumière par trois compagnies qui signent avec Formes courtes, de petites pépites chorégraphiques d'une extraordinaire densité. D'abord, l'intense expressivité de la danseuse Fanny Sage immerge le spectateur dans la mémoire vacillante d'un vieil homme, le dernier qui se souvienne d'elle. Ce solo qui nous rappelle qu'"avec le temps [...], oui tout s'en va" est absolument bouleversant. Puis Contrepoint, duo de Yann Raballand, nous offre une danse musicale, une sorte de musique pour les yeux. Enfin, un trio de danseurs-acrobates, visage caché, s'impose par sa virtuosité. Formes courtes, jeudi 4 octobre au Théâtre du Parc à Andrézieux

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Un, deux, trois, Gallois

Danse | Jann Gallois, l’étoile montante du hip-hop et de la danse contemporaine française, présente Compact, véritable performance technique et poétique. Un duo, qui (...)

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Un, deux, trois, Gallois

Jann Gallois, l’étoile montante du hip-hop et de la danse contemporaine française, présente Compact, véritable performance technique et poétique. Un duo, qui repose sur une seule et unique contrainte : le contact extrême et permanent. Le temps de cette danse, les deux artistes ne font plus qu’un, et l’apparent duo devient solo. Compact sera suivi de Carte Blanche, un trio féminin interactif. Ici, Gallois propose un spectacle inventif, s’amusant à laisser les rênes au public en lui confiant la direction du spectacle. Compact/Carte Blanche, samedi 6 octobre à 20 heures à l’Echappé de Sorbiers

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Octobre : Restons groupés !

Un mois de cinéma | Mois à cinq mercredis + vacances scolaires + poids lourds de Cannes et Venise = le plus gros embouteillage de l’année sur les écrans. Bienvenue en enfer. Pardon : en octobre.

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Octobre : Restons groupés !

Chaque année c’est pareil, en pire : barycentre de la rentrée cinématographique, octobre concentre un nombre croissant de films art et essai à fort potentiel, propulsés par les festivals et soucieux de se faire une place au box office avant la saison des récompenses. Et surtout avant le raz-de-marée des fêtes, confisquées par les grosses productions famille et jeune public. Est-ce par osmose ? L’effet foule semble déteindre sur des films où le collectif a le beau rôle. Dring & plouf Désormais genre en soi, la comédie chorale n’échappe pas au mouvement avec plusieurs représentants de qualité inégale et d’étonnantes surprises. Ainsi, on attendait avec une confiance raisonnable Michel Blanc pour Voyez comme on danse (10 octobre) ; force est de constater que cette suite d’Embrassez qui vous voudrez (2002) dilue paresseusement un ou deux rebondissements et quiproquos à l’ancienne (genre XIXe siècle) en rentabilisant les personnages caractérisés dans l’opus précédent. Seul Jean-Paul Rouve, très bon en velléit

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